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Full text of "Le théâtre de la Monnaie : depuis sa fondation jusqu'à nos jours"

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LE THÉÂTRE DE LA MONNAIE 



BRUXELLES. — IMP. A. LEFEVRE, 9, RUE SAINT-PIERRE. 






LE THÉÂTRE 



DE LA MONNAIE 



Depuis sa Fondation jusqu'à nos Jours 



par Jacques ISNARDON 



Préface de Arthur POUGIN 



Illustrations de DARDENNE 



Phototypies AUBRY. 



Photogravures MALVAUX. — Photographies DUPONT. 




SCHOTT frères, éditeurs, BRUXELLES 

PARIS. — LONDRES. — MAYENCE. — SIDNEY 

leipzig, OTTO JUNNE. 
1890, 



HAROLD B. LEE LIBRARY 

BB1QHAMYOUNGUN1VERSITY 

PROVO, UT AH 







PROTECTRICE DES ARTS 



Comme un humble témoignage de reconnaissance et de respect 



JE DEDIE CE LIVRE 



J. ISNARDON. 




AYANT~P^OPO£ 



a Monsieur Félix DELHASSE. 



Bruxelles. 



Cher Monsieur Delhasse, 

Autre chose est de rêcitev des phrases apprises par cœur, autre chose de 
composer un ouvrage en prose dans notre belle langue française que les criti- 
ques, ces «hommes qui savent lire, et qui apprennent aux autres à lire», 
ont, tant de fois, si spirituellement maniée autour de nous. Je ne vous dissi- 
mulerai pas que je tremble plus aujourd'hui qiià mes débuts sur la scène, 
quand je m'essayai dans un art longuement étudié... 

A mon arrivée au Théâtre de la Monnaie, je fus surpris de son impor- 
tance, du zèle consciencieux qui toujours y accompagne l exécution de toutes 
les œuvres, de la valeur de ceux qui président aux destinées de la Maison. J'ai 
constaté, de visu, le favorable accueil que réserve aux artistes l'hospitalière 



II AVANT-PROPOS. 



Belgique (dont les théâtres peuvent rivaliser avec les premiers de V Europe). 
J'ai vu avec quelle assiduité jalouse le public s'intéresse à V Opéra de 
Bruxelles, — point de mire des compositeurs comme de leurs interprètes, — 
et combien, pour tout ce qui a trait à la musique, les Belges sont de l'avant- 
garde! 

Et nul ouvrage n'avait été spécialement écrit sur le Théâtre de la 
Monnaie l 

Quoi? pensais-je, voici des murs entre lesquels, depuis près de deux siècles, 
tous les soirs, pendant plusieurs heures, hommes et femmes de toutes conditions, 
de tout esprit, de tout âge, — la Reine comme son soldat, — toute une ville est 
venue pleurer, rire, trembler en commun! C'est là qu'un peuple entier — chaque 
jour — entend Mozart le charmer par la grâce de Chérubin, Rossini prêter 
son rire à Figaro, Meyerbeer sangloter avec Valentine, Wagner faire tonner 
Wothan, Gouuod soupirer pour Marguerite, — tous les genres, toutes les 
écoles, — toute la musique! Et pas un « didactique » ri a songé à révéler à 
tant de monde les métamorphoses successives de ce théâtre! Comment? ce livre 
n'existe pas? — // existera! Audentes fortuna juvat! 

« Public », m' écriai- je, en marchant tout seul, très agité, « tu ne m'en 
voudras pas de ma présomption, tu me pardonneras ma hardiesse, 

Et, si de t'agréer je n'emporte le prix. 

J'aurai du moins l'honneur de l'avoir entrepris. » 

C'était un âpre travail, une tâche bien lourde pour mes faibles épaules. En 
dépit des conseils d'Horace, de Boileau, de Vida, et si chargé que fût cet 
autre char de Thespis, je m'y attelai. 

Je pensais accomplir une œuvre utile... 

Mais je veux tout de suite proclamer que, partout, m'ont secondé les encou- 
ragements. 

Auprès de vous, d'abord, cher Monsieur Délitasse, qui m'avez proposé si 
spontanément vos précieuses collections, et qui, le premier, m'avez soutenu, 
conseillé, aidé, dans mon rude labeur ; vous, l'érudition incarnée en semblable 
matière, vous qui êtes, autant que moi-même, le père de cet ouvrage. 

Je tiens encore à m acquitter du tribut de la reconnaissance, 

Envers : M. Gevaert, le grand artiste et le grand savant, mais aussi 
l'homme affable, par excellence; 

M. Wauters, cet autre érudit, si modeste, si bon, qui a ouvert devant moi 
les salles des archives, et dont le personnel dévoué — M. Van Malderghem en 



AVANT-PROPOS. III 



tête — m a permis de bouleverser des montagnes de paperasses jaunies par la 
poussière de plus d'un siècle, et de ne pas entasser sans résultat Ossa sur Pélion; 

M. Fêtis, réminent directeur de la Bibliothèque Royale; 

M. Letellier, le digne fils de l'ancien directeur de la Monnaie, qui avait su 
conserver dans ses cartons plus d'une page originale, plus d'un document 
fort utile; 

M. Mertens, brave choriste, qui a eu la louable patience d 'annoter, jour à 
jour, depuis vingt-cinq ans, les moindres faits qui se sont produits dans le 
théâtre ; 

MM. Dupont et Lapissida, dont les bons conseils et... la mémoire ni ont 
été d'un secours si avantageux, etc., etc. 

Puis, quand il s'est agi de V édition, la maison Schott et son habile succes- 
seur, M. Yunne, se sont emparés du livre, pour ne pas laisser à d'autres le 
soin de présenter un travail qui avait rapport à la Musique et à Bruxelles. Ils 
n'ont reculé devant aucuns frais. Qu'ils agréent V expression émue de ma plus 
profonde gratitude. 

C'est alors que j'ai eu la chance — une bonne fortune n'arrive jamais 
seule — de rencontrer des artistes tels que mon ami Léon Dardenne, dent le 
crayon fantaisiste a décoré la couverture de cette Histoire d'une si originale 
figure allégorique; M me Dupont, qui depuis nombre d'années reproduit avec 
tant de goût, à la Monnaie, les traits des artistes ravis, et qui a très 
aimablement fourni à ce volume les clichés de toutes les planches photogra- 
phiques ; M. Aubry, à qui je suis redevable des photolypies dont le lecteur 
appréciera le fini. 

Comment n'être pas en resté, d'autre part, avec la presse, toujours si 
bienveillante envers moi, et qui m'a prouvé, une fois de plus, ce que peut 
attendre de sa puissance un modeste comédien que « double » un écrivain bien 
novice; avec M. Arthur Pougin, dont l'indulgente préface contient à mon 
égard, au milieu de la trame savante de ses opinions magistiales, des éloges 
d'autant plus flatteurs qu'ils émanent d'un maître es critique et d'un expert 
dans l'histoire de la musique. 

Pour rien au monde je n'omettrais le nom de M. le Marquis de la Boëssière- 
Thiennes qui, après m' avoir honoré, à diverses reprises, de sa haute bienveil- 
lance, a si délicatement encouragé mes débuts de... compilateur. 

Décidément, je n'avais à mon baptême que de bonnes fées. 

Aussi, fai reçu de tous le plus généreux accueil. Que tous sachent bien que 
je ne suis pas un ingrat. 



IV AVANT-PROPOS. 



L'ouvrage qui suit ri a point de prétention littéraire. Ce ri est, je le répète, 
qu'une compilation, où ri a rien à voir V amour-propre de styliste. J'ai 
compulsé des documents, mis en ordre des renseignements cueillis un peu sur 
tous les buissons, glané, de ci, de là, et, selon le mot célèbre « pris mon 
bien partout où je le trouvais ». Le plus possible, au courant du texte, fat 
indiqué les sources, et mieux que personne vous saurez vous convaincre de 
leur multitude, vous, Monsieur Delhasse, qui avez l'habitude de ces travaux. 

Ici, nul système philosophique, aucun préjugé de critique, pas de théories. 
Je ri ai voulu que relater des faits. Si, par hasard, il passe un bout d'oreille, 
la responsabilité en incombe à l'histoire, et non à l'historien. 

Dans les dentiers chapitres, j'ai tenté d'initier un peu le lecteur à l'existence 
de derrière le rideau, à cette vie de coulisses, que si souvent le public ignore, et 
dont il est toujours friand. 

Je n'ai pas résisté au plaisir d'emmener avec moi quelques visiteurs. 

C'est la partie lapins délicate, la plus dangereuse. J'aurais dû peut-être 
brûler ces feuillets, où j'ai mis en scène des personnages vivants, avec qui je 
suis en rapports quotidiens. Tant pis! Je ri ai voulu louer, blâmer ni juger 
personne, dans le griffonnage de mes modestes croquis. A défaut de talent, 
j'ai dessiné avec sincérité ces silhouettes qui rient, pleurent ou grimacent. 
Vous le remarquerez, mon cher Monsieur Delhasse, je n'ai tracé que les 
grandes lignes en biographie; soucieux de rester indemne du crime de lèse- 
galanterie, j'ai souvent passé sotcs silence quelques dates, qui se fussent 
dressées dans la vie des dames-artistes comme le « Mane, Thecel, Phares » 
du Festin de Balthazar. Trop de scrupule confinait au manque de savoir- 
vivre. D'ingénieuses hypothèses suppléeront, pour qui voudra, à une réserve 
que je crois de bon aloi. 

Et maintenant, je sais que tout lecteur est un juge. Je m'incline. 
Quelques « camarades » charitables insinueront peut-être que je fusse resté 
mieux dans mon rôle en songeant à jouer l'opéra comique qu'en essayant de 
tailler sans esprit la plume de Figaro. Je subirai quantité de remontrances 
qui se résumeront toutes en ces quelques mots, démarqués de Boileau : 

Soyez plutôt chanteur, si c'est votre talent. 

Il est probable qu'on m appellera « jeune présomptueux ». Encore une fois, 
tant pis! Je ne suis qu'un enfant en littérature, et j'invoque humblement le 
Maxima debetur puero reverentia... 



AVANT-PROPOS. 



Si Von ni estime coupable, les criminels sont inviolables près de V autel des 
dieux : je me réfugie sous votre patronage, mon cher Monsieur Délitasse; 
vous ne me refuserez pas un asile que vous m avez si cordialement offert. 

Agréez les remerciements et le respect de celui qui vous porte un cœur filial. 



Jacques ISNARDON. 



Bruxelles, i er Septembre 1889. 





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P^ÉBA@E 



C'est une chose assez singulière qu'après une existence 
presque deux fois séculaire, un théâtre aussi important, aussi 
intéressant, aussi vivant et aussi brillant que celui de la Mon- 
naie, de Bruxelles, n'ait pas jusqu'à ce jour trouvé d'historien. 
Dieu sait cependant si la mode est au théâtre, et si, aujour- 
d'hui surtout, on s'en occupe plus que jamais! Critiques et 
chroniqueurs, écrivains sérieux ou légers, philosophes cha- 
grins, annalistes scrupuleux, tous ont chaque jour la plume à 
la main pour retracer, analyser, enregistrer, commenter, envi- 
sager à leur point de vue non seulement les hauts faits, mais 
jusqu'aux plus menus incidents qui se produisent quotidienne- 
ment dans ces établissements artistiques auxquels la civilisa- 
tion actuelle fait une si grande place et donne une si grande 
importance. De tous côtés, en France, en Italie, en Alle- 
magne, en Angleterre, on s'occupe des théâtres et de leur 
histoire, on cherche, en ce qui les concerne, à percer les voiles 



VIII PREFACE. 



du passé, on retrace leurs premiers pas, on établit leurs réper- 
toires, on rappelle le souvenir des grands artistes qui les ont 
illustrés, des auteurs, des musiciens de génie qui ont fait leur 
fortune et leur gloire. 

Je vois qu'en Italie, depuis un certain nombre d'années, 
surgissent de tous côtés des publications relatives à l'histoire 
des théâtres les plus importants, de ceux qui ont joué un rôle 
dans l'existenee artistique de ce noble pays. Pour Milan, c'est 
le Teatro alla Scala, de M. Luigi Romani (1862), et le livre 
très intéressant de M. Pompeo Cambiasi sur la Scala et la 
Canobbiana (1872); pour Venise, c'est la Fenice, de M. Luigi 
Lianovosani (1878), et i Teatri musicali di Vene\ia nel 
secoloXVII, de M. Livio Nisio Galvani (1879) î pour Bologne, 
c'est Intorno al Gran Teatro del Comune e ad altri minori in 
Bologna, de Gaetano Giordani (i855); pour Gênes, c'est il 
Teatro Carlo Felice, de M. Cesare da Prato (1875) ; pour 
Padoue, c'est Dell Ar te e del Teatro di Padova, de M. C. Leoni 
(1873), etc. En Allemagne, les travaux historiques relatifs aux 
théâtres ne sont guère moins nombreux. En France, il devient 
difficile de les pouvoir compter, car chaque année en voit 
naître de nouveaux, et il serait malaisé, à l'heure présente, 
d'en dresser une bibliographie exacte et complète. 

Et ce ne sont pas seulement les grands théâtres qui excitent 
la sollicitude des écrivains français. Si l'Opéra et la Comédie- 
Française, si l'Opéra-Comique et l'Odéon ont trouvé des 
historiens en foule, les autres scènes parisiennes moins impor- 
tantes n'ont pas manqué de chroniqueurs pour retracer les 
péripéties de leur existence plus ou moins agitée. Et ce sont 
souvent des littérateurs en renom qui se sont attachés à por- 
traiturer les plus infimes. N'a-t-on pas vu Jules Janin écrire 
X Histoire du Théâtre à quatre sous, et Champfleury jeter au vent 
ses Souvenirs des Funambules? On a été plus loin, et l'on ne 
s'est pas borné aux théâtres, grands ou petits; un flâneur a 
percé pour nous les Petits Mystères de l Ecole lyrique, un 
chansonnier nous a gratifiés d'une Histoire des cafés-concerts, 
tandis qu'un pseudo-moraliste nous faisait connaître les Bals 
publics de Paris et qu'un autre nous ouvrait Bouis-bouis, 



PREFACE. IX 



Bastringues et Caboulots. Arrêtons-nous! Ceci ne touche plus 
à l'art. Mais la province, relativement au théâtre, n'a pas 
voulu être en reste sur Paris, et Bordeaux, Rouen, Saint- 
Quentin, le Mans, dix, vingt autres villes nous ont donné des 
histoires de leurs théâtres. 

Il y a donc lieu de s'étonner qu'en Belgique, où l'on est fou 
de spectacle presque autant qu'en France, que surtout dans 
cette aimable, accueillante et charmante ville de Bruxelles, si 
intelligente et si foncièrement artiste, il ne se soit pas trouvé 
jusqu'ici un amateur, un lettré, un érudit pour remuer les 
documents et recueillir tout ce qui avait trait à la longue et 
brillante existence de ce Théâtre de la Monnaie, de façon à 
en retracer l'histoire exacte et complète. Remarquez que cela 
s'est fait, en Belgique même, pour d'autres villes que Bruxelles 
et pour d'autres théâtres que celui de la Monnaie. M. Jules 
Martiny a publié une Histoire du Théâtre de Liège, à laquelle 
on peut joindre les trois volumes du Répertoire dramatique 
belge, de feu Alexandre Dupont; M. Albin Body a donné, en 
1872, Histoire anecdotique du Théâtre de Spa, et, en i885, 
l'opuscule plus complet le Théâtre et la musique à Spa; on 
doit à M. Clément Bovie des Annales du Théâtre d'Anvers, 
qu'avait précédé l'Opéra à Anvers de 1673 à 1834, de 
M. Edouard Gregoir. Le plus ancien ouvrage de ce genre est 
celui du Théâtre de Gand de 1750 à 1828, par A. Neuville. 
Peut-être existe-t-il d'autres écrits de ce genre, que j'ignore ou 
que j'oublie. Et rien, rien, rien sur la Monnaie, dont l'histoire 
est autrement intéressante, originale, active et mouvementée ! 

Eh bien, pour ma part, je ne le regrette pas, puisque cette 
histoire, qui existe maintenant, que voici, et pour laquelle 
on m'a demandé comme une sorte de petit chapitre prélimi- 
naire, puisque cette histoire est due à un des miens, à un de 
mes compatriotes, à un Français, qui, après avoir charmé par 
son double talent de chanteur et de comédien le public si 
difficile et si connaisseur de la Monnaie, lui offre aujourd'hui 
les annales vivantes et pittoresques de ce théâtre qu'il a appris 
à connaître de près — d'aussi près que possible, puisqu'il en 
a foulé les planches, touché les murs, et qu'il s'y est fait 



PREFACE. 



applaudir. L'histoire du plus grand théâtre de Bruxelles écrite 
par un Parisien de Marseille, c'est un lien de plus, si léger 
qu'il soit, entre la Belgique et la France, entre ces deux pays 
qui s'aiment, qui s'estiment, et que l'emploi d'une langue com- 
mune, joint à un fréquent et naturel voisinage, ne pourra 
jamais qu'attacher davantage l'un à l'autre. Il me plaît, je le 
confesse, qu'il en soit ainsi. 

Un chanteur qui se fait l'historien du théâtre auquel il a 
appartenu, où il a fait apprécier ses rares qualités artistiques, 
où il a obtenu de vifs et nombreux succès, le fait est nouveau 
(je n'en sache pas, pour ma part, d'autre exemple) et ne 
manque ni de saveur ni d'originalité. Mais comment cette 
pensée est-elle venue à M. Isnardon d'écrire l'histoire du 
Théâtre de la Monnaie? C'est là une question à laquelle je ne 
pourrais répondre, car je n'en sais absolument rien, et peut- 
être ne le sait-il pas lui-même davantage. D'ailleurs, qui pour- 
rait dire quand et comment nous vient, à nous autres écri- 
vains, l'idée de traiter tel ou tel sujet? Cette idée germe à notre 
insu dans notre esprit, sans que la plupart du temps nous 
puissions nous en rendre compte. 

Il est vrai que M. Isnardon n'est pas un écrivain de profes- 
sion. Mais c'est là qu'est précisément le côté intéressant et 
curieux de sa tentative — tentative singulièrement heureuse, 
car il a réussi du premier coup à faire un livre à la fois utile 
et attrayant, ce à quoi nous autres, qui avons l'expérience et 
la pratique des choses, ne réussissons pas toujours. Du mon- 
ceau de papiers et de documents divers qu'il a dû chercher, 
découvrir, soulever, colliger, mettre en ordre, pour choisir et 
réserver ensuite ceux qui lui pouvaient être utiles, pour en 
prendre le suc et la moelle, pour les présenter au lecteur dans 
un ordre rationnel et logique, dédaignant ceux-ci, émondant 
ceux-là, les éclairant tous d'une réflexion piquante, d'un rap- 
prochement curieux, d'une idée ingénieuse, il a su tirer le 
meilleur, le plus complet et le plus heureux parti. 

Ce n'est pas, et il faut bien le constater, que tout fût 
absolument inconnu dans ce qu'il a su réunir ici. Quand j'ai 
dit qu'il n'existait point d'histoire du Théâtre de la Monnaie, 



PREFACE. XI 



je n'ai pas voulu dire qu'il n'existât rien sur l'histoire de ce 
théâtre. Tous ceux, en effet, qui s'intéressent à ces questions, 
connaissent le bel ouvrage que le regretté Frédéric Faber 
publiait il y a quelque quinze ans sous le titre d'Histoire du 
théâtre français en Belgique, ouvrage si fertile en pièces origi- 
nales et en documents jusqu'alors ignorés. Faber avait lui- 
même puisé, dès lors, dans une publication précédente, le 
Panthéon musical, de M. Edouard Gregoir, où il avait trouvé, 
au tome VI, un chapitre fort important sur l'Opéra de 
Bruxelles, auquel je crois bien que mon vieil ami M. Félix 
Delhasse n'était pas complètement étranger, et qui, lui aussi, 
abondait en révélations curieuses. Mais quoi? on n'invente 
pas les documents, cela est certain. En se servant de ceux-ci, 
ce qu'il ne pouvait ne pas faire, M. Isnardon n'a pas laissé que 
d'en découvrir d'autres, fort nombreux, et il a eu l'habileté de 
savoir les employer, et il a su enfin construire avec eux un 
livre solide et brillant, attrayant et instructif, et, qui plus est, 
un livre neuf, que personne avant lui n'avait osé entreprendre 
et qu'il a la gloire d avoir mené à bien. 

Tracer cette histoire d'un théâtre justement célèbre comme 
celui de la Monnaie, la reconstituer jour à jour, mois par 
mois, année par année, n'eût été certainement chose facile 
pour personne. Mais je me demande comment l'auteur a pu 
trouver le temps et la patience de l'exécuter. Est-ce donc que, 
tenant à ce théâtre un emploi si important que celui des 
basses chantantes, il courait aux archives ou à la Bibliothèque 
royale, ou dans le cabinet d'un collectionneur émérite au sortir 
d'une répétition, pour dépister, déterrer et découvrir les pièces 
si curieuses qu'on rencontre en foule dans ce volume, affiches, 
portraits, programmes, répertoires de toutes sortes? Est-ce 
donc que le soir, venant de jouer les Contes d' Hoffmann 
ou le Médecin malgré lui, au lieu de prendre en rentrant au 
logis un repos bien mérité, il passait les nuits à sa table de 
travail, mettant en ordre ses paperasses, les choisissant, les 
dépeçant, les classant, les piquant à la place qu'elles devaient 
occuper, procédant à la rédaction de son récit et se disant : 
— « Vous chantiez, j'en suis fort aise, eh bien ! écrivez 



XII PREFACE. 



maintenant »? Où trouvait-il, ce chanteur que la scène récla- 
mait toujours, le loisir nécessaire pour se livrer à son œuvre 
d'érudit et de lettré? Faut-il donc croire que pendant son 
séjour relativement court à Bruxelles, il s'est dispensé complè- 
tement de manger, de boire et de dormir? Ceci est invraisem- 
blable. Et pourtant, comment expliquer cette étonnante acti- 
vité, cette double et continuelle tension desprit, ce travail 
tout ensemble divers et incessant? Ma foi, j'y renonce. 

Une remarque à faire à l'avantage de M. Isnardon écrivain; 
c'est que tout en faisant un livre d'un caractère sérieux quant 
au fond, il ne s'est pas cru, quant à la forme, autorisé à pren- 
dre la plume d'un pédant pour écraser le lecteur sous le poids 
d'une érudition aussi profonde qu'insupportable. Son sujet 
comportant de la variété, il en a su tirer profit et, se souvenant 
du précepte d'Horace, il a joint habilement l'agréable à l'utile. 
Il a donc agrémenté son récit de digressions aimables, d'anec- 
dotes piquantes, par lesquelles il a rendu facile la lecture d'un 
ouvrage qui, en d'autres mains, eût pu devenir aisément lourd, 
compassé et, tranchons le mot, ennuyeux. Sa plume alerte et 
vive s'est même exercée d'une façon toute particulière, avec 
finesse, avec légèreté, dans la gracieuse série de portraits qu'il 
a, d'une main courante, tracés de tous les artistes, ses cama- 
rades, qui faisaient en même temps que lui partie de la troupe 
de la Monnaie. Par une modestie dont on pourrait le blâmer 
s'il ne fallait l'en louer, dans cette galerie très curieuse il n'a 
oublié que lui-même. Comblerai- je cette lacune et tenterai-je 
d'esquisser le profil de cet artiste si bien doué, qui, ne se bor- 
nant pas à être le chanteur et le comédien expert que Ton sait, 
s'avise aujourd'hui de manier la plume comme un écrivain 
de profession, se jugeant apte à toutes choses et briguant toutes 
les couronnes? Je ne m'en sens pas le talent. Et d'ailleurs, à 
quoi bon? S'il n'a pas voulu lui-même reproduire sa physio- 
nomie, comme il l'a fait pour tous les compagnons qu'il avait 
trouvés à la Monnaie, son éditeur a eu la bonne idée de placer 
son portrait en tète de ce volume, où tous ceux qui l'ont vu le 
pourront facilement reconnaître. C'est bien lui en effet, avec 
son front large et développé, son œil vif et brillant, son regard 



PREFACE. XIII 



pénétrant et un peu gouailleur, sa bouche sensuelle, son sou- 
rire engageant, tout l'ensemble enfin de sa physionomie essen- 
tiellement originale et mobile... Mais je m'arrête, car un peu 
plus, j'allais refaire ce portrait, et le crayon que j'en donnerais 
ne supporterait pas la comparaison avec ceux que lui-même a 
tracés. 

Et maintenant, que me reste-t-il à dire? Rien, sinon que je 
souhaite au livre que voici tout le succès qu'il mérite. Mais 
j'aurai la franchise d'avouer que ce souhait me paraît superflu, 
le succès étant assuré d'avance, et par le sujet même de ce 
livre, et par la façon dont il est traité. Je le constatais au début 
de cette préface : l Histoire du Théâtre de la Monnaie n'existait 
pas, et il semblait que nul jusqu'à ce jour n'eût songé à l'entre- 
prendre. M. Isnardon l'a osé, il est sorti victorieux de la tâche 
si difficile qu'il s'était imposée, et l'œuvre à laquelle il a 
attaché son nom est une œuvre accomplie. L'Histoire du 
théâtre de la Monnaie est faite aujourd'hui, et bien faite. Tout 
l'honneur lui en revient, et je n'hésite pas à me porter garant 
de l'accueil flatteur et sympathique que lui fera le public belge, 
pour qui elle a été écrite. 

Arthur POUGIN. 



V 





Origine de l'Opéra à Bruxelles 



(1531-1700) 




u xvi e siècle, existait en face la rue des Cheva- 
liers (ou des Fripiers), l'hôtel des d'Ostrevant, 
descendants des comtes de Hainaut et de 
Hollande. Vers 1531, ce bâtiment — qui ser- 
vait à atelier monétaire — fut démoli, le 
terrain qu'il occupait déblayé; on combla un vaste 
étang que formait, derrière l'ancien hôtel, le fossé 
de la ville et qui était passé entre les mains des reli- 
gieux d'Afflighem, et l'on fonda la rue ou place de la 
Monnaie. En réalité, ce n'était qu'une voie assez irré- 
guhère, qui servit pendant quelque temps de Marché- 
au-Bois. 
C est sur cet emplacement que furent construites successivement 
les trois salles de spectacle dont nous avons entrepris d'écrire l'his- 
torique et qui constituèrent le Théâtre de la Monnaie. 

L origine de Topera à Bruxelles doit être portée vers la fin du 
xvii e siècle. A cette époque, la Cour — jalouse de ce qui se passait 
a 1 étranger en matière de spectacles scéniques, surtout en France, 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1 531-1700. 



où l'opéra se jouait depuis 1645 — voulut se mettre au niveau de 
Paris et n'eut bientôt rien à lui envier, car elle donna des représen- 
tations où tout était réuni : musique, danses, costumes, décors, 
machines, etc. C'est certainement là que se forma le noyau de 
l'Opéra bruxellois. Mais il prit ses éléments de vie dans les repré- 
sentations qui avaient lieu aux divers collèges dirigés par des reli- 
gieux et notamment par les jésuites. « En général, les jésuites 
peuvent être considérés comme ayant contribué largement à la 
fondation et à la propagation du drame lyrique dans les Pays- 
Bas. » (1) 

Jusqu'à l'établissement des théâtres réguliers, le public ne connut 
que les mystères et pièces mythologiques qu'on représentait dans 
les couvents et les farces jouées par les chambres de rhétorique. Le 
vrai spectacle populaire se donnait dans la rue, le jour de la sortie 
de \ Ommegang. 

Les représentations musicales, données au théâtre de la Cour, 
avaient longuement éveillé la curiosité publique, d'autant qu on y 
admettait les seules personnes attachées à la famille souveraine et 
les dignitaires, et que ces fêtes étaient connues par de vagues 
récits. On désirait ardemment posséder un théâtre où le peuple fût 
admis. Aussi, à peine l'opéra venait-il de naître au Palais de 
Bruxelles, qu'on sentit la nécessité de construire une salle spéciale 
pour les représentations publiques. 

En 1681, deux étrangers, Jean-Baptiste Petrucci et Pierre Faris- 
seau, louèrent un terrain situé près du Quai au Foin et y firent 
construire un théâtre qu'ils décorèrent du nom pompeux d'Aca- 
démie de Musique. 

On y joua l'opéra italien, — fort en vogue alors; mais l'entre- 
prise ne réussit pas et, en 1688, le matériel fut saisi et vendu à la 
requête des créanciers. 

Une autre salle de spectacle avait été élevée dans le voisinage de 
la montagne Sainte-Elisabeth. Il en est resté le nom de la rue des 
Comédiens. 

On avait aussi songé à percer une rue, de l'hôpital Saint- Jean à 
la Madeleine et à ériger une salle de spectacle sur ce vaste empla- 
cement. « Les instances des religieuses, qui redoutaient ce voisinage 
profane, firent échouer ce projet. » (2) 



( r) Edmond Van dcr Stractcn. 
(:) llcnnc et Wautcrs. 



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Le Théâtre de la {Monnaie. — 1 531-1700. 



Plus tard, un théâtre s'ouvrit dans l'estaminet du Coffy, à la 
Grand'Place ; un sieur Martin y faisait représenter des farces 
italiennes, par une troupe de comédiens amateurs. 

La déconfiture de Petrucci et Farisseau fut cause qu'on attendit 
plusieurs années avant de rien tenter; mais, après le bombardement 
de 1695, °l u i détruisit une partie de la ville, « une véritable fièvre 
de bâtir s'était emparée de Bruxelles. » (1) 

En 1700, l'Electeur de Bavière — sur la demande d'un archi- 
tecte italien, Paul de Bombarda — décréta la construction d'un 
théâtre sur la place de la Monnaie. 

Les travaux furent poussés avec une rare activité, car, dès 
l'hiver 1700, on y donnait des représentations. 

L'emplacement qu occupait 1 Opéra n était pas exactement celui 
du théâtre actuel : la façade se trouvait beaucoup plus en dehors 
et flanquée de maisons des deux côtés. La place de la Monnaie 
n'était donc qu'un simple passage de la rue des Fripiers à la rue 
Neuve, appelée alors rue Notre-Dame. 

« La rue Léopold actuelle était fermée aux deux bouts par des 
maisons. Le pâté formé par la Montagne-aux-Herbes-Potagères, la 
rue du Fossé-aux-Loups, la place de la Monnaie et la rue de 
l'Ecuyer n'offrait aucune solution de continuité. Le centre qu'oc- 
cupent aujourd'hui le nouveau théâtre et les rues adjacentes était un 
vaste terrain où paissaient des chèvres et des ânes et où les ména- 
gères étendaient du linge parmi les décombres de l'ancien couvent 
des Dominicains et les hangars servant de magasin de décors. » 

Les terrains nécessaires à lédification du théâtre avaient coûté 
18,000 florins argent fort ou 21,000 florins argent courant. Si la 
façade offrait un aspect banal, en revanche, l'intérieur de la salle 
avait un certain caractère de distinction. Point de colonnes, sinon à 
l'avant-scène ; le pourtour en forme de guitare, les loges assez basses 
et sans séparation apparente. Les décorations étaient de Servandoni, 
célèbre artiste de Paris. Enfin, lensemble des dépenses s'éleva au 
delà de 100,000 écus, chiffre considérable à cette époque. 

Sur l'emplacement du Café des Mille Colonnes, se trouvait le Café 
de la Monnaie; puis, dans le bâtiment du théâtre, la porte des voi- 
tures, l'estaminet de la Lunette et — tout comme aujourd'hui — 
la « Sortie des piétons *). 

Bombarda donna à son théâtre la dénomination de Grand-Opéra. 



(1) Louis Ilymans. Bruxelles a travers les âges. 



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Octroi Bombarda 
(1700-25) 

1705 - DE FONPRÉ — 1706 - DE PESTEL 

1709 - D'ANGELÏS et GRIMBERGS 

17 12 - M me DUJARDIN— 171 5 - MOLÏN 




#^ es représentations qui eurent lieu dès 1 700 furent don- 
nées par des troupes de passage, ainsi que le prouve 
suffisamment le document suivant : 

ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME — CONSEIL D'ÉTAT. 
{Carton n° il], intitulé : Comédies, Théâtres.) 

A Son Excellence, 

Remontre avec respect la compaignie des comédiens dans cette ville de Bruxelles, que 
non obstant qu'elle est passagère, sans fixe résidence ou domicile, logeant dans des cabarets 
comme font les estrangers, estant venue en ville pour donner le divertissement à la noblesse 
et autres inhabitants, il se trouve a présent, qu'on l'a mis et tauxé dans la capitation, et 
quelqu'unes d'entre eux a de grosses et considérables sommes, mesme sans vouloir consi- 
dérer que leur proffit est si médiocre qu'elle est au contraire fort arriérée, mais comme il est 
porté par l'acte d'agreation de Votre Excellence qu'elle a le pouvoir et faculté de déclarer 
franc et libre tous ceux, qu'il trouvera convenir, cause que ladite compaignie se iette aux 
pieds de Votre Excellence. 

La suppliant très-humblement que son bon plaisir soit de déclarer que ladite compaignie 
est franc, libre et exempt de ladite capitation, ordonnant à tous ceux, a qui il pourroit appar- 
tenir de se régler a l'advenant, quoy faisant, etc. 

Adresse : Au Magistrat de la ville. — 20 janvier 1703. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25. 



Nous trouvons clans le précieux volume de Félix Delhasse : 
l'Opéra de Bruxelles, les lignes suivantes : 

« II nous est tombé sous la main une petite plaquette de 16 pages, imprimée à Bruxelles, 
chez George de Backer (le millésime a été coupé sur notre exemplaire), et qui ne paraît pas 
avoir été connue des bibliographes. Elle a pour titre : « Vers d'un ballet à l'honneur de 
Philippe V, roi d'Espagne, représentez sur le théâtre de l'Opéra de Bruxelles devant 
Son Altesse électorale de Bavière. » 

A la suite de ce ballet il y a cette note : « Les dances de ce balet sont de la façon du sieur 
Deschars, la musique est de la composition du sieur Fiocco, si célèbre par ses airs italiens, 
et qui en fait de si beaux sur les paroles françoises que si nous avons jamais un digne succes- 
seur de Lulli, nous le devrons encore à l'Italie. » 

La proclamation de Philippe V, comme roi d'Espagne, étant du 24 novembre 1700, c'est 
vers cette date que fut représenté à l'Opéra de Bruxelles le ballet en question. Nous n'en 
avons trouvé trace nulle part. » 

Cette spéculation fut aussi peu lucrative que celle de Petrucci, 
car, en 1703, dans une requête adressée au magistrat, les comédiens 
criaient famine. 

Afin d'assurer son exploitation, Bombarda demanda un octroi 
lui permettant d'exploiter seul 1 opéra à Bruxelles. Il lui fut 
accordé, le 20 janvier 1705, « pour trente années consécutives et 
moyennant une reconnaissance annuelle de 50 florins, pour faire 
représenter les opéras, comédies et donner des bals avec réserve des 
droits de l'amman et non compris les comédies des bourgeois, danseurs 
de cordes et marionnettes ». 

Le premier directeur à qui Bombarda livre le théâtre est de 
Fonpré, qui en fait la véritable inauguration avec sa troupe. Le 
nom de cet imprésario figure sur la liste des artistes nomades qui 
jouèrent en 1 700. 

Des représentations, qui durent être nombreuses pendant l'année 
1705, les Relations véritables ne mentionnent que celles données dans 
les circonstances solennelles. On joua, le 1 1 juillet, Acis et Galathèe 
et, le 19 décembre, Alceste, de Lully, sous la direction de Fiocco. 
C'est la deuxième fois que le nom de cet artiste est mentionné. 
11 est probable qu'il fut chef d'orchestre à l'Opéra de Bruxelles, 
après avoir été maître de musique à la chapelle royale de la Cour. 
On l'avait surnommé le Trop bon, et il excellait « clans les pro- 
ductions de son art » ; il fut l'objet de nombreuses admirations et 
l'un de ses contemporains en parle avec le plus grand enthousiasme. 
Pierre-Antoine Fiocco mourut le 8 novembre 1 7 1 4 ; ses descen- 
dants habitent encore la Belgique. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25. 



Un opuscule, le Parnasse Belgique, donne des notes biogra- 
phiques sur les artistes qui composèrent la troupe de l'Académie 
de Musique pendant l'année 170 5- 1706. Elles sont tellement 
curieuses, elles ont une telle couleur archaïque, que, pour faire 
connaître les comédiens qui ont occupé le théâtre tout à fait à son 
origine, nous n'hésitons pas à en reproduire quelques-unes, avec 
leur crudité naïve, à seul titre documentaire : 

L'ARBITRE PERNICIEUX. — Brochet. 

Ecolier du Trop bon, et l'un des flatteurs en titre. Il s'est trouvé dans plusieurs Académies, 
et a de la capacité, dont il est tellement persuadé que par des discours étudiez, et dans le 
fond intéressez, il prétend avoir un discernement infaillible; ce qu'il n'a jamais pu prouver 
en produisant le Capricieux et la Bacchante, dont nous parlerons ci-après. Cet homme, 
dis-je, s'est rendu tellement nécessaire, que le Trop bon a préféré de mauvais sujets à de 
médiocres, à sa persuasion, parce que ceux-ci n'étoient pas gens de bonne chère et de jeu. 
Sa manière de persuader est d'un fin connoisseur ; ce qu'il ne fut jamais non plus que sa 
femme qui cent fois s'est trouvée seule dans le parterre à applaudir une mauvaise actrice 
pour en imposer contre la vérité. Cet homme n'a rien de distingué ni dans sa taille, ni dans 
sa mine. Ce qui fait le plus bel endroit de son histoire, c'est l'appui de la Synagogue ; ce 
qu'il ne prouve que trop, lorsqu'il parle de religion. 

LA GOTHIQUE. — La Barbier. 

Ainsi nommée par son ancienneté aux théâtres, et par son chant ; comme par les longs et 
pénibles voïages qu'elle a faits dans les Pais les plus éloignez sans en rapporter ni profit, ni 
soulagement. Elle est d'une médiocre taille, d'une apparence aussi noble que son nom. La 
voix assez nette, mais des plus fausses. Mauvaise actrice ; elle ne s'est fait connoître dans le 
monde, que par des endroits funestes à la trop grande crédulité de quantité de jeunes gens. 
Toujours équippée en coquette ridicule et mal propre ; affamée d'amans, qui l'ont toujours 
fuie avec beaucoup d'empressement. 

LA DOUCETTE. — La Poirier. 

Est d'une taille ordinaire, assez bien faite, ni belle, ni laide, qui ne manque pas de bonne 
volonté de s'avancer dans son art ; mais qui par son indolence naturelle n'a pas l'air d'y 
parvenir jamais. Assez modeste dans ses entretiens, ne se piquant pas de dire de bons mots; 
recevant avec plaisir les avis que l'on lui donne ; au reste disant assez juste. Bonne à ses 
amies, passablement libérale de ce qui ne lui coûte rien, et fort ménagère de ce qu'elle n'a 
même pas beaucoup de peine à acquérir. Propre dans ses habillemens, ménageant avec art 
ses intrigues. 

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L'EMPORTÉE. — La Cocheval. iq 

Morte par l'excès de ses débauches. Elle étoit petite. Autrefois belle, bien prise dans 
sa petite taille, une apparence et une manière de s'énoncer fort douce. Soutenant bien 
pendant un certain tems les plaisirs de table, mais devenant furieuse et terrible même 

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sur la fin du repas, dans lequel celui qui lui frappoit d'avantage l'imagination étoit 1 aniant 
fortuné pour cette nuit-là ; méprisant intrigues et de cœur et pécuniaires. Sachant fe^s 
rattraper par un enjouement dont elle disposoit à sa volonté, aïant toujours poussé toutes 
sortes de plaisirs aux derniers excès, dont plus d'un curieux se sont repentis longtemps. ^ 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25 



LA BALAFFREE. - La Guillet. 

Est d'une moïenne taille, ni belle ni laide, un peu gâtée de petite vérole, et encore plus 
par un bouton suppuratif sur la joue droite, qui a toujours exigé d'elle une mouche à 
laquelle le public a trouvé à propos de donner le nom d'emplâtre pour sa largeur ; d'une 
humeur assez douce, entendant la raillerie sans pourtant se piquer de la repousser finement. 
Avouant facilement son peu d'expérience pour le Théâtre, et par conséquent se rendant fort 
justice ; étant très désagréable actrice ; heureuse d'ailleurs de s'être acquise les bonnes grâces 
d'un riche Financier, dont les libéralités la peuvent mettre à l'abri des censeurs inexorables 
des spectacles. 

LA BRILLANTE. — La Chateaulion. 

Est grande, assez bien faite, tous les traits du visage fort aimables, chantant aussi bien 
qu'elle sait ménager à propos peu de voix, possédant le Théâtre dans la perfection, beaucoup 
de bon sens, bonne à tout le monde, furieuse dans la colère, mais pardonnant aisément les 
injures ; ne refusant rien à son plaisir, aimant la bonne chère et la durée, soutenant fort bien 
les plaisirs de table, y paraissant toujours fort enjouée, ne se refusant rien des commoditez 
de la vie, protectrice outrée des plus grands fourbes. 

LA LUBRIQUE. — La Voilier. 

Est entre deux tailles, ni grande ni petite, grosse de sa personne, dont la beauté consiste 
en deux gros yeux bleus. La première à soupirer, toujours abstraitte, même en présence de 
ceux qui croient seuls posséder son cœur. Si affamée de plaisir, qu'un Amant ne lui suffisant 

pas avec son Epoux 

Ne croïant personne au-dessus d'elle pour l'esprit, ne disant jamais quatre paroles suivies, 
médisante en titre d'office, bornée dans son geste en deux mouvements, chantante en chèvre, 
possédant beaucoup de Rolles, mais les exécutant sans art; d'une avarice sordide. 

LA BACCHANTE. — La Cazal. 

Est d'une moïenne taille, bien faite par le défaut d'embonpoint, le regard toujours effaré, 
la tête petite et maigre, libérale à s'incommoder envers ses Amans Disant plus d'ordures 
que de bonnes choses, ce que l'on appelle en bon françois forte-en-gueule, bête, mauvaise 
actrice, aïant deux voix dont elle n'en peut faire une bonne ; présomptueuse dans son igno- 
rance, aimant la bouteille au-dessus de tout, modeste en ses habits, son mérite ne pouvant 
ia mettre mieux. 

L'INDOLENTE. —La Choiseau. 

Est de la taille ordinaire, assez bien faite, ni belle ni laide, aimant fort les ajustements 
dont elle ne peut posséder le parfait usage; son génie est médiocre ; fière, se croïant plus 
de mérite qu'elle n'en a ; aimant assez les plaisirs de table, son ambition est bornée à aimer 
tantôt l'un, tantôt l'autre de ses camarades ; très-froide actrice, son chant ne dément point sa 
phisionomie. 

LA VIEILLOTTE. — La Clément. 

Est plus petite que grande, les yeux vifs, le teint assez brillant, l'art y surpassant la 
nature ; bien faite naturellement, l'esprit fort enjoué, fière, médiocre actrice, la voix fine et 
déliée, chantant un peu en 'vieille, son ceconomie rigide et plus d'un talent l'ont mise en état 
de se passer du Théâtre, ne le fréquentant plus que pour ses menus plaisirs; connue à Paris 
et à Bruxelles par l'excès de ses débauches, dont plus d'une personne distinguée prouveroient 
en cas de besoin des certificats authentiques. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25. 



L'IMPERTINENTE. — La Montfort. 

Est d'une moïenne taille, dont la Phisionomie est le vrai miroir de ses actions, avide et 
ambitieuse de tout. De toutes les langues la plus pernicieuse, fort carressante en apparence, 
mais dans le fond traître, très-mauvaise actrice, chantant fort mal, et assez souvent faux ; dont 
le mérite essentiel consiste au commerce infâme, qu'elle entretient depuis très-longtems 
avec le Scélérat, dont elle a des enfans, le préférant à son mari légitime. 

LA RIDICULE. — La Honoré. 



LA MEDISANTE. — La Renaud, 



LA GRATIEUSE. — La Guyart. 



LE PRESOMPTUEUX. — Bonnel. 

Est d'une fort médiocre taille, gâté de la petite vérole, sçavant dans son art, chantant bien, 
quand il y pense ; dont le génie est borné à rire à chaque période, croïant avoir dit un bon 
mot. Parlant toujours mystérieusement, et ne s'entendant pas le plus souvent. Trop propre 
en habits; voulant y égaler les personnes de rang, magnifique en cela seul. Regardant ses 
égaux au-dessous de lui Bon acteur, sa fortune lui a donné le moïeri de païer ce qu'il vou- 
droit faire passer pour faveur deùes à son mérite, passionné joueur et toujours duppe. Foible 
ami depuis son établissement, vérifiant le proverbe qui dit, que l'honneur change les mœurs. 

LE CAPRICIEUX. — Arnaut. 

Est d'une bonne taille, l'air vieux et toujours inquiet. Chantant à l'antique, ignorant et 
voulant disputer de ce qu'il n'a jamais connu. Médiocre acteur. Il croit avoir la voix fort 
étendue, et le ton n'est jamais assez bas pour lui. Jamais content d'aucun acteur. Difficile à 
connoître, médisant de son meilleur ami, il médiroit de lui-même, s'il doutoit qu'il fût. Ses 
assiduitez auprès de quelques belles n'ont jamais pu prouver de bonnes fortunes. Repétant 
cent fois, et riant d'une pauvreté qu'il croit un bon mot Son génie est borné à parler de 
l'Opéra de Lion, tirez-le de là, il faut disputer. Ne convenant jamais de rien ; heureux d'être 
dans une société, qui a connu ses défauts, ce qui sans cela lui aurait attiré beaucoup de 
chagrin. 

LE CIRCONSPECT OUTRÉ. — De Heuqueville. 

Est d'une taille ordinaire, la phisionomie assez avantageuse, possédant passablement son 
art, la voix beîle et étendue. Acteur froid, bon dans les caractères, chantant dans le goût 
moderne, plaisant dans la conversation, à charge à ses meilleurs amis par une attention 
perpétuelle du sçavoir-vivre, ennemi mortel des âmes basses. Toujours prêt à servir ses amis. 
Exact dans ses promesses. Fort emporté dans la colère mais à l'instant meilleur ami que 
jamais ; sensible aux injustices jusqu'à reprocher les services qu'il a rendus. Simple en appa- 
rence, mais se défiant de tout. Ecrivant d'un stile bouffon. 

LE RIDICULE. —Roussel. 

Est d'une belle taille, bien fait au Théâtre, dont le nombre d'années a diminué le mérite. 
Gêné dans son geste, chantant à la mode de son tems, froid acteur. Peu sçavant dans son art, 



io Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25. 

et aïant la voix fausse ; opiniâtre dans ses idées, qui tiennent plus de la chimère que du 
solide ; peu médisant, se récriant toujours contre le nombre des années, et parlant beaucoup 
de ses anciennes fortunes, dont le profit Ta mis en état de se passer du Théâtre, s'il ne se 
croioit encore capable d'y plaire. Ménager jusqu'à l'avarice, amateur passionné des bons 
repas, les mendiant aux personnes, auxquelles il n'est pas obligé de les rendre. Beau joueur 
dans le gain, mais brutal dans la perte. Très foible ami. 

LE DOCILE — Drot. 



LE PACIFIQUE. — Choiseau. 



LE SCÉLÉRAT. — La Plante. 

Est petit et rempli Fourbe dans sa phisionomie, encore plus fourbe dans ses actions : 
rempli de lui-même au point de mépriser tout le mcnde. Mauvais acteur, détestable chanteur, 
et fort ignorant, présomptueux dans toutes ses démarches, toujours inquiet, ne convenant 
de rien que de ses propres idées, semant la discorde partout. S'apropriant sans scrupule 
tout ce qu'il croit lui convenir. Avide de bons repas jusqu'à la friponnerie, docile aux coups 
de bâton. Le plus bel endroit de sa vie est, d'avoir répudié sa femme pour entretenir un com- 
merce honteux avec l'Impertinente, à laquelle il a fait quitter son mari et de laquelle il a des 
enfans. Menteur outré, médisant à ne pas épargner les têtes couronnées. Il n'y a pas d'Aca- 
démie, où il ne soit connu pour un fripon. 

LE TEMPÉRÉ. — Honoré. 

Est petit, d'une assez bonne phisionomie, sçavant dans son art, chantant bien tout, peu de 
voix, mais jolie et la ménageant très bien, meilleur acteur de Cathédrale que de Théâtre, 
toujours d'accord avec tout le monde non pas par bêtise, mais par principe de probité. Autant 
libéral, que le Ridicule est avare ; son seul défaut est la colère, mais sans ressentiment. Sa 
trop grande crédulité lui a causé plus d'une infortune. 

L'ORGUEILLEUSE. — La Deschars. 



LA FIÈRE BETE. - La Le Fèvre. 



LA MASSE INFORME. —La Boulogne. 



LA SOTTE. — La Clément. 



L'IMPUDIQUE. — La Minette. 

Est d'une taille moïenne, assez bien faite, autrefois jolie, l'esprit fort enjoué dans la con- 
versation, entendant la raillerie et la repoussant finement. L'excès de ses débauches a 
diminué de sa beauté. Médiocre danseuse, plus sçavante au lit et à la table qu'au Théâtre. 
Longtemps duppe de ses amans par excès de générosité, de toutes nations dans la débauche. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1700-25. 11 



Elle est la troisième de ladite Académie, que la curiosité des belles étoffes n'a rien épargné 
à les faire venir de Judée Bonne amie. Elle seroit encore dans le grand monde, si elle en 
avo.'t la force. Quand le Jiable ne sçut plus que faire, il se fit hermite. 

LA MESSALINE. — La Duplessis. 

Est d'une médiocre taille, laide, maigre et très-bien faite, peu sçavante dans son art, 
sans politesse. Au contraire harangère, de toutes les femmes la plus malpropre dans ses 
habillemens. Un singe vêtu en homme est pour elle un Adonis pourvu qu'il ait de 
l'argent, elle n'aima jamais par tendresse de cœur. Assez fine. Cependant pour amuser 
un mari brutal et un amant duppe par ses débauches publiques, un scélérat et sa suite 
partagent ses faveurs, comme un honnête homme qui les paie. Elle n'a que deux défauts, 
l'yvresse et la lubricité. 

LA FAUSSE PRUDE - La Paillard. 

Est assez grande, médiocrement bien faite, laide et bête, dansant par routine, d'un assez 
bon tempérament, affectant fort un air sévère dans les conversations un peu libres, faisant 
beaucoup valoir une prétendue sagesse, dont le public a été détrompé par un coup de rasoir 
sur la préférence de ses amans. Elle voudroit suivre les modes, mais les amans puissans la 
fuient; elle est réduite à aimer ses égaux. 

L'IGNORANTE. — La Quincy. 

Est grande et jolie, passablement bien faite, le pié d'un porteur de chaises plutôt que d'une 
danseuse; la protection seule d'un commis l'a installée au Théâtre, ne sçachant qu'à peine 
faire la révérence. Elle a toujours passé pour une Vestale aux yeux de ceux auxquels la longue 
expérience de sa chère bonne a sçeu cacher son intrigue avec un gros seigneur. Le fort des 
Armes a borné ses entreprises, et un peu diminué de l'orgueil de sa naisssante fortune. 
Ce qui pourra revenir un jour. Elle est à bonne école. 

LA STUPIDE. — La Choisy. 

Est petite, assez bien faite et jolie de sa personne, autant de mérite pour le chant que pour 
la danse. Inspirant plutôt la tristesse que la joie au Théâtre par un air refrogné. La Chro- 
nique scandaleuse lui a attribué quelques intrigues, qui n'ont pu être avérées. D'un assez bon 
tempérament. 

L'EFFRONTÉE. — La Clément. 

Est d'une médiocre taille, le blanc et le rouge lui donnent les deux tiers de ses charmes ; 
jolie, bête, sérieuse à contre-tems, possédant en perfection la vertu générative quoique fille, 
chantant médiocrement bien, et dansant très-mal. Elle se montre toujours au parterre et aux 
loges d'un air affecté, et négligé dans les coulisses pour se faire connoître, prévenue qu'elle a 
un mérite infini. Aisée à connoître pour être du théâtre par ses ajustements mal arrangés, 
fort avare, toutes sortes de gens lui conviennent l'argent en main. 

LE DISEUR DE RIEN. — Deschars. 



LE FAT. — Carillon. 



12 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1700-25 



LE FLEGMATIQUE. — Baouïno. 



LE DÉBAUCHÉ. —Dumay. 

Est de la taille ordinaire, assez rempli, la physionomie fourbe, très-caressant, passable- 
ment de bon sens; entêté de ses propres idées, qui lui font regarder tout du mauvais côté, 
possédant son art, l'exécutant assez bien suivant ses caprices, Mille petits soins l'ont fait 
aimer des femmes, leurs jouissances l'ont rendu brutal. A l'une a succédé l'autre, sa vie n'est 
qu'un tissu perpétuel d'un pareil commerce. Jamais personne n'a plus menti, ni plus hardi- 
ment que lui ; les sermens ne lui coûtent rien quelque exécrables que l'on puisse se les 
imaginer. 

LE TURBULENT. — Mercier. 

Est petit, laid, médiocre danseur. Il croît être le premier de son art pour avoir été quelque 
tems à la "tête d'un nombre de mauvais sujets. Présomptueux de son propre mérite à ne 
pouvoir vivre longtemps paisiblement dans aucune Académie. En apparence ennemi de la 
médisance. Faisant l'esprit fort. D'un assez bon tempérament, plaisant en compagnie ; sa 
tendresse ne paroit que par une jalousie et une brutalité extraordinaire ; libéral avec ses 
amis et peu avec ses maîtresses ; il croit que les femmes doivent l'acheter. 

LE MAITRE JACQUES. — Valentin, 

Est petit, la phisionomie bête ; parlant peu crainte de dire des sottises, sage en cela; meil- 
leur poète pour les Vaudevilles que pour le Théâtre, fade railleur De poète devenu homme 
d'affaires, dont il s'acquitte aussi bien que de la poésie. Prétendu compositeur de musique, 
aussi fin dans ses productions musicales que poétiques. Son dernier métier fut celui d'inspec- 
teur de ladite Académie : Fonction dans laquelle il n'a pas mieux réussi que dans les précé- 
dentes, qui cependant lui devoit être plus lucrative, par beaucoup de promesses de coups 
de bâton. Heureux que l'on lui a toujours manqué de parole. 

Il nous a semblé que ces extraits trouvaient bien leur place 
dans ce volume, car outre qu'ils édifient le lecteur sur les mœurs, 
le caractère et le genre de talent des artistes, ils indiquent de quelle 
importance était la troupe de Bruxelles et combien on pouvait déjà 
apporter de soins dans les représentations des opéras les plus dif- 
ficiles de lépoque. 

L'entreprise de Fonpré fut très heureuse. Un nouvel octroi lui 
est accordé le 18 mars 1706, pour lui et sa troupe, qui comprenait 
alors les nommés Prévost et sa famille, Prefleury et sa femme, 
Ducormier et sa femme, Depressoir, etc. (1). Les Relations véri- 
tables ne mentionnent, pour cette campagne, que la représentation 
d Alceste, donnée — en gala — le jour du Mardi-Gras, 16 février. 

Le 3 juillet 1706, la direction du Grand-Théâtre passe entre les 
mains d'un sieur de Pestel, qui en avait obtenu l'octroi de 

( 1 ) Archives Générales du Royaume : Octroi de Maximilien-Emmanud. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1700-25. 13 

Churchill. Dès que la domination autrichienne fut établie, de Pestel 
adressa, pour la faire ratifier, une requête qui resta longtemps sans 
réponse. A cette époque, on ne tolérait pas la présence, dans la 
troupe, d'acteurs étrangers et surtout de Français. Enfin, le 
8 novembre 1706, l'octroi royal lui fut accordé. Comme il avait été 
persécuté, il poursuivit à son tour le petit théâtre du Coffy, dont 
les comédiens étaient de nationalités diverses et finit même par le 
ruiner. 

Nos recherches ne nous apprennent que peu de choses sur la 
direction de Pestel. On trouve la première représentation de Persée, 
« qui réussit à la satisfaction de tous ceux qui s'y trouvèrent », et, 
pour 1707, deux représentations d opéras non désignés, la première, 
le 11 mars, jour du Mardi-Gras, et la seconde, le i er octobre, jour 
de la naissance du Roi. L'exploitation ne dut pas être heureuse et il 
est probable que de Pestel l'abandonna au commencement de 1709. 

Un nouvel entrepreneur, Francisco d'Angelis, prend alors la direc- 
tion du Grand-Théâtre et s'associe avec Jean-Baptiste Grimbergs, 
riche bourgeois de Bruxelles (1). 

Le 15 octobre, Eugène de Savoie, retour de l'armée, assiste à la 
deuxième représentation à Amadis. On signale encore la présence 
du Prince, accompagné cette fois du duc de Malborough, à une 
représentation de les Saisons (2). Il est évident que le retour de 
l'armée et de ces seigneurs favorisa l'exploitation du Grand-Théâtre ; 
ils assistaient presque tous les soirs au spectacle « avec un grandis- 
sime concours de noblesse ». 

En 171 1, d'Angelis meurt. Grimbergs adresse alors au Roi une 
requête, dans laquelle il demande l'obtention d'un nouvel octroi de 
six années — ce qui lui fut accordé — (15 octobre). Grimbergs, 
possesseur d'une grande fortune, donna beaucoup d'éclat à sa 
nouvelle entreprise et plaça le théâtre au premier rang. Mais la 
chance ne seconda pas ses efforts; il se ruina et, l'année suivante, 
passa en Angleterre. 

D'après un petit almanach rarissime : Spectacle français à 
Bruxelles ou Calendrier historique du théâtre pour l'année 7767 
(J.-J. Boucherie), le Grand-Théâtre fut exploité par une dame 

(1) Archives Générales du Royaume. 

(2) On donna encore une tragédie lyrique: en 5 actes : Hésione (paroles de Danchet, musique de Campra), qu'on 
avait représentée à Paris dix ans avant. Va prit aussi à la capitale française un ballet : les Muscs, des mêmes 
auteurs, donné à Bruxelles en 1 7 1 1 , ainsi qxx'Amadis de Grèce, opéra de Destouches, qui obtint Le plus grand 
succès. 



14 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1700-25. 

Dujardin à partir de l'année 171 2. Les documents manquent 
absolument, mais nous croyons savoir que cette entreprise se 
termina encore par une banqueroute, vers 1714. 

On donna plusieurs représentations importantes (1), entre autres 
un spectacle gala, le 2 octobre 1 7 1 4, « jour de la naissance de Sa 
Majesté Impériale et Catholique », où l'on représenta les Fêtes de 
Thalie, opéra de Lafont et Mouret, qui venait d'être joué à Paris, 
sous le titre de Triomphe de Thalie. On y vit des confidents en 
robe de ville et des soubrettes du ton de la comédie. Le public fut 
dépaysé. « On accourut en foule, non sans censurer l'innovation. » 

La Bibliothèque Royale de Bruxelles a conservé le libretto d'une 
pièce jouée d'origine à Bruxelles vers cette époque, et qui a pour 
titre : Nouvelles Fêtes Vénitiennes et divertissements comiques 
représentés par l Académie de Musique. Il est probable, comme on 
va pouvoir en juger, que tout le personnel jouait dans cette pièce; 
les entrées et la distribution des personnages, que nous croyons 
intéressant de reproduire, vont donner le tableau à peu près com- 
plet de la troupe : 

LE TRIOMPHE DE LA FOLIE, comédie. — Première entrée. 

Personnages chantants : 

La Folie M lles Hucqueville. 

Colombine .... Aubert. 

Arlequin philosophe MM. André. 

Le Docteur L'Abbé. 

Un Espagnol Demore. 

Un François Crété. 

Un 2 œe Espagnol . Fieuvé. 

Une Espagnolette M lle Potier. 

Personnages dançants : 

Un Allemand M. Bauwens. 

Une Allemande M lle Robert. 

Chinois MM. Bax Vainc, Bax cadet, 

M lles Beaufort. Cremers. 

Le Docteur M. Fonsecq. 

Colombine M lle Aubert. 

(1) i cr janvier 171 J, reprise de Thésée avec un prologue nouveau. M. Fabcr, dans le Théâtre français en 
Belgique, déclare avoir en sa possession un livret d'opéra qui doit avoir été représenté à l'Académie de Musique 
de Bruxelles; il a pour titre : le Carnaval cl la Folie, comédie-ballet. Il fut édité en 1714. C'est donc à cette 
époque que doit être reportée sa représentation. Cette pièce est de La Motte pour les paroles et de Destouches 
pour la musique. Elle fut jouée pour la première fois à Paris le 27 décembre 170?. Malheureusement, le 
libretto ne donne pas les noms des acteurs de la troupe de Bruxelles, il se borne à la distribution des person- 
nages. 

L'année suivante : Omphale, de Destouches, et Issc, du même auteur. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1700-25. 



Pierrot M. Van Wichel. 

Femme de Pierrot. ........ ... M Ue Waubins. 

Le Fol . . M. Pérès. 

La Folle ... M lle Desclaux. 

LA MEPRISE, divertissement. — Seconde entrée. 

Mis en musique pour l'opéra de Bruxelles. 
Les paroles sont de M. Demore, la musique de M. André. 

Personnages chantants : 

Eléonore, amoureuse de Licidas M lles Aubert. 

Licidas, François habillé en Vénitien, amoureux d'Eléo- 

nore Demore. 

Céphise, amoureuse de Licidas Hucqueville 

Léandre, jaloux, amant d'Eléonore Crété. 

Clorine, confidente de Céphise André. 

Eraste, valet de Licidas M. L'Abbé. 

Personnages dançants : 

Paysan M. Pigeon. 

Paysanne ... M lle Dimanche. 

Bergers . . . MM. Bauwens, Bax. 

Bergères . . M Ucs Robert, Beaufort. 

Paysans 4 .... MM. Van Wichel, Bax cadet, 

Pérès, Fonsecq; 
M Ues Waubins, Cremers, 
Desclaux, Aubert. 

LE BAL. — Troisième entrée. 

Les paroles sont de M. Danchet, la musique de M. Campra. 

(C'est un acte des Fêtes vénitiennes.) 

Personnages chantants : 

Alamir, prince polonois MM. Crété. 

Thémir, gentilhomme à la suite d'Alamir, déguisé en 

prince polonois . La Vigne. 

Iphise, Vénitienne M Ue Hucqueville. 

Un Maître de musique MM. Demore. 

Un Maître de dance Pigeon. 

Chœurs de Vénitiens et de Vénitiennes masqués. 

Personnages dançants : 

Vénitienne ... M Ue Hucqueville. 

Espagnols MM. Bauwens, Bax. 

Espagnolettes M Ue * Beaufort, Robert. 

Vénitiens MM. Van Wichel, Bax cadet. 

Vénitiennes M lleî Waubins, Cremers. 

Mores MM. Pérès, Fonsecq. 

Moresques M 11 " Desclaux, Waubins. 



i6 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1700-25. 

LE DOCTEUR BARBACOLA. — Quatrième entrée, augmenté. 
Les paroles par M. Demor, la musique par M. André. 

Personnages chantants : 

Barbacola, amoureux de Calixte MM. L'Abbé. 

Clitidas, François Demor f. 

Calixte, Vénitienne, amante de Clitidas M lle Lambert. 

Valère, domestique de Clitidas MM. La Vigne. 

Lisandre, philosophe, ami de Barbacola Crété. 

Un Magicien. 

Une Vénitienne qui chante un air italien M Ile Aubert. 

Troupe d'écoliers de Barbacola. 

Troupe de magiciens et de sorcières. 

Troupe de génies sous diverses figures comiques. 

Personnages dançants : 

Le Fol M. Pigeon. 

La Folle M lle Dimanche. 

Scaramouche M. Bauyvens. 

Scaramouchette M 11 " Beaufort. 

Vieux. . . M. Van Wichel. 

Vieille M lle Robert. 

Polichinelles MM. Pérès, Fonsecq, 

jypies Waubins, Cremers. 

Arlequin M. Bax. 

Arlequine M lle Aubert. 

Matassin M. Bax cadet. 

Matassine M llc Desclaux. 



A M me Dujardin succède le sieur Molin. Son premier soin, en 
arrivant à Bruxelles, est d'augmenter le prix des abonnements Le 
public proteste, les abonnés se fâchent et, finalement, on lui refuse 
l'autorisation d'élever les tarifs établis. Molin prend alors une 
mesure énergique — et simple : il supprime l'abonnement. Les 
habitués obligés de prendre leur place au bureau, chaque soir, se 
consultent et décident de déserter le théâtre, ce qui n'était pas une 
privation étant donné les fortes chaleurs. Cette décision laisse Molin 
absolument indifférent; il s'obstine à jouer quand même, invitant 
gracieusement ses amis aux représentations qu'il donne trois fois 
par semaine, et pendant lesquelles il se prélasse lui-même aux pre- 
mières places. Cependant, l'hiver venu, le public, privé de spectacles, 
se décide enfin à demander au directeur ce qu'il lui avait refusé 
d'abord, c'est-à-dire l'abonnement avec l'augmentation du prix. Mais 



Le Théâtre de la (Motinaie. — 1700-25. 17 

Molin le prend, à son tour, de très haut, disant qu'il était parfaite- 
ment heureux ainsi, qu'il faisait jouer la comédie pour lui seul, 
qu'il n'avait jamais tant apprécié le spectacle que depuis qu il 
pouvait choisir ses places, et, qu'habitué à ces douceurs, il lui 
serait maintenant trop pénible de les perdre. Le public fut obligé 
de payer à la porte ; ce qui fit — nous dit le petit almanach cité plus 
haut — un gain de 8,000 florins que Molin emporta de Bruxelles, 
tandis que ses prédécesseurs s'y étaient ruinés 

A partir de ce moment, il est très difficile d avoir des renseigne- 
ments précis sur le répertoire, les artistes et les directeurs, jusqu'en 
1725, époque à laquelle expire l'octroi de Bombarda. On sait 
qu'à certain moment Topera, qui avait été très en vogue, fut détrôné 
par la comédie et que M ,nc Dujardin se mit pendant quelque temps 
à la tête de l'exploitation. 



Liste des ouvrages représentés jusqu'à l'expiration de l'octroi Bombarda . 

1695. — 11 novembre, Acis et Galathée, de Lully, avec un prologue de P -Ant. Fiocco ; — 
25 novembre, Amadis, de Lully, avec un prologue de P. -Ant. Fiocco. 

1696. — 8 novembre, Bellérophon, de Lully, avec un prologue de P. -Ant. Fiocco. 

1697. — 31 déccembre, Thésée, de Lully, avec un prologue de P. -Ant. Fiocco. 
1700 — 23 novembre, Atys, de Lully. 

1705. — 19 décembre, Alceste, de Lully. 

171 1. — 2 janvier, Amadis de Grèce, de Destouches. 

1715. — 4 novembre, Omphale, de Dsstouches; — 22 décembre, Issé, de Destouches. 

1719. — 8 novembre, Soirées d'été, coméiie de X... 

1721 — 21 novembre, Roland, de Lully; — 9 décembre, Callirhoé, de Destouches. 

1722. — 6 novembre, Idylle composée et mise en musique par Romagnesi. 

1723. — 10 décembre, Ajax, de Bertin. 

BALLETS. 

1698. — 5 décembre, les Saisons, opéra-ballet en 4 actes, de Lully et Colasse. 
1703. — 19 décembre, en présence de la Cour, Divertissement-Ballet, musique de Brochet 
(Snoeck). 





Octroi Meeus 
(1725.43) 

MEEUS père — 1725-30 

(PERRUZf-LANDI 

e 20 mars 1725, Jean-Baptiste Meeus obtient la concession 
du Grand-Théâtre, aux mêmes conditions que Bom- 
barda, vingt ans plus tôt. 
Pendant la première année de cette exploitation, on signale une 
représentation du Bourgeois Gentilhomme avec tout son apparat. 

La distribution de Pirithoùs nous renseigne sur une partie impor- 
tante du personnel : 

Pirithoùs, Roi de Thessalie ... MM. Beaufort. 

Eurite, Roi des Centaures . . ... Museur. 

Thésée . Crète 




On donna en 1726 : 14 mai, Thétis et Pelée, de Colasse ; — 13 août, Iphigénie en Tauride, 
de Campra; — 3 septembre, Pirithoùs, de Mouret; — 17 septembre, Médèe et Jason, de 
Salomon ; — 4 octobre, le Jugement de Paris, de Bertin ; — 5 novembre, l'Europe 
galante, de Campra; — 14 novembre, Armide; — 22 novembre, Télégone, de la Coste ; 
— puis, un opéra italien ; — une tragédie lyrique en 5 actes de Lamotte et Destouches : 
Marthèsie, première Reine des Amazones ; — un ballet : les Amours de Vénus, joué 
d'origine à Bruxelles. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1725-30. 19 

Hipodamie, Amante de Pirithoùs ... M Ues Rousseau. 

Hermilis, sœur d'Eurite, et fameuse Enchanteresse du Jardin. 

Acmène, Confident de Pirithoùs ... MM. Delsart. 

Le Grand Prêtre de Mars Vidy. 

Un songe . . M lles de Velois. 

Une Bergère . . . . Sx Germajn. 

La Discorde . MM. Fievet. 

Un Centaure Renaud. 

L'Oracle De Bret. 

Choeurs : 
M lles Fievet, De Camp, Choisi cadette, Ketel, Dandane, De Velois, Du Pré mère, Brochet. 
MM. Vidy, Autro, Olivier, Renault, Van Halen, De Velois, Weynincx, Guette, 
scouteten, mlchault. 

Acteurs et actrices de la danse : 
(Premiers sujets.) 
M lle Mimi Le Poste. — M. De Camp. 

M Ues Robert, Pontrolland, Vilabelle, Florence, Choisi l'aînée, Du Pré fille. 
MM. Bayre, Pery, Van Winckel, Tillier, Du Fresne, Partouche. 

Le 29 avril 1727, nous voyons la représentation de Orlando, 
traduction du Roland de Lully, donnée par une troupe italienne 
sous la direction du sieur Perruzi (1). Cet imprésario chantait lui- 
même et avait, dans sa troupe, sa femme Maria Perruzi, cantatrice 
célèbre. 

C'est pendant son entreprise qu'eut lieu l'apparition d'un 
ouvrage indigène : la Passion de N.-S. Jésus-Christ, « tragédie 
sainte, ornée de musique et de tous ses spectacles, tirée des quatre 
évangélistes ». Cette pièce, dont l'auteur est un nommé Kraff, était 
du style des anciens mystères et certains personnages y parlaient en 
vers, d'autres en prose. Elle fut jugée d'une édification si touchante 
qu'on crut nécessaire de la rendre publique par l'impression. 

La troupe de Perruzi fut complétée par Joachim Landi, qui s ad- 
joignit d'autres artistes de renom : Pasi, Rosa Ungarelli, Antonia- 
Maria Ristorini. Plus tard, il y en eut d'autres encore : Giuseppe 
Galetti, Antonio Pasi, Girolami Valeschi Madonis, Giuseppe Rossi 
(de Mantoue), Andréa Galetti, Luigi Antinori (de Bologne), Gius- 
tina Eberard (de Venise), Allessandro Veroni (de Bologne), Mar- 
gherita Staggi (de Mantoue), Anna Dotti (de Bologne). Leur 
directeur s'appelait Gio-Sebastiano Brillandi. 

Cette période du théâtre de Bruxelles fut exceptionnellement 
brillante, et le succès obtenu par la troupe italienne tel, que, sur 

(1) On avait donné le 10 pnvicr de la merns annic Philotnile, de La Coste. 



20 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1725-30. 

Finvitation du prince de Carignan, elle quitta Bruxelles et débuta 
avec éclat à l'Opéra de Paris. 

Cependant Landi, n'ayant pas été heureux, dut quitter la ville 
pour échapper à ses créanciers. Il paraîtrait même qu'il fut arrêté 
et emprisonné à la Tour Emberg (Treurenberg). Plus tard, voulant 
embrasser l'état ecclésiastique et ne possédant pas la pension néces- 
saire pour entrer dans les ordres, il s adressa à larchiduchesse 
Marie-Elisabeth, gouvernante des Pays-Bas, qui lui octroya une 
rente viagère de 250 florins. 



MEEUS soeurs — 1730-43 

i73 -33 — DURARD - BRUSEAU DE LA ROCHE 

1734 - FRANCISQUE MOLÏN — 1735 - HUOT 

1739 — RIBOU et PLANTE — RÏBOU, FIERVILLE et DESCHAMPS 

1743-45 — PLANTE ET la demoiselle BELHOMME 

Jean-Baptiste Meeus, malgré son privilège, n'avait pu se soutenir ; 
en juillet 1730, il fut saisi dans ses biens et remplacé par ses filles. 

Le premier directeur qui se présente est un nommé Durard ; il 
occupe le théâtre jusqu'en 1731 et sa succession est prise par 
Bruseau de la Roche. Celui-ci y demeure deux années, subit la loi 
commune et termine sa gestion par une faillite. Il avait inauguré 
son règne par une pièce dont il était l'auteur : le Jugement comique 
ou la revue des spectacles de Bruxelles, vaudeville en un acte, en 
prose, « orné de musique et de danses ». Eievet, bisaïeul du biblio- 
thécaire actuel de la Monnaie, en était le compositeur. 

Cependant, la musique prit peu de place dans ces trois pre- 
mières années du nouvel octroi, pendant lesquelles l'opéra fut 
délaissé pour la comédie et la tragédie. 



Parmi hs représentations qui se succédèrent jusqu'en 1730, citons : 

1727. — La Constanza combattuta in amore, de Jean Porta; — Faramondo ; — Alba 
C or ne lia . 

1728. — Ernelinda ; — Archelao ; — Lucio Papirio ; — GriselJa; — La Métope. 

1729. — Farnace, d'Antonio Cartona; — Temistocle. 

1 730. — Armide ; — Alessandro Severo, de Lotti ; — Attale 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1730-45. 



21 



Le successeur de Bruseau de la Roche est Francisque Molin, pro- 
bablement ce même Francisque qui comptait parmi les célébrités 
de la Foire Saint-Germain, où il jouait les Arlequins. En effet, 
Francisque obtint un énorme succès avec ces mêmes rôles, dans 
la troupe d'acteurs italiens qu'il avait amenés de Paris. Malgré 
cela, il ne reste qu'un an au Grand-Théâtre, reprend le chemin de 
la France et est remplacé par un certain Huot qui, à son tour, ne 
demeure qu'une année à Bruxelles et part avec ses comédiens pour 
la Hollande. 

Jusqu'en 1739, il n existe plus de documents établissant la 
reprise de la direction, mais il est certain qu'on donna la tragédie 
et la comédie, car on trouve les traces des représentations régulières 
dans les journaux de lépoque (1). 

Pour la saison 1739-1740, Jacques Ribou et Plante prennent la 
direction de l'Opéra. Puis, de 1740 à 1742, Ribou reste seul, pour 
s'associer, l'année suivante, avec Pierre Fierville et Deschamps. 

Pendant le cours de sa troisième année d'exploitation, Ribou fit 
faillite. Dans le dossier qui est relatif à la liquidation de ses dettes, 
se trouvent des documents excessivement curieux ; nous y avons 
rencontré, entre autres, l'inventaire des parties d'opéra, contenant : 
Rolland, l'Europe galante, les Festes de Thalie, les Talens lyriques, 
Atis, les Festes grecques et romaines, les Amours des dieux et 
Philomeles ; ces œuvres constituaient probablement la majeure 
partie du répertoire. 

Mais la pièce la plus intéressante est celle qui nous fournit les 



(1) 2? janvier 17?6 : Gryselide, pièce italienne, mise en vers flamands par J.-F. Caunaert et enrichie de 
nouveaux chœurs par Charles- Joseph Van Helmont. 



Nomenclature des pièces jouées de 1730 à 1733 : 
Tragédies 



Hipermnestre 

Rodogune 

Comte d'Essex. 

Rhadamiste et Zénobie. 

Geta. 

Saiil. 

Phèdre. 

Amasis. 

Nicomède. 

Brutus. 

Britannicus. 



Andromaque. 

Mithridate. 

A thalie. 

Medée. 

Les Horaces. 

Polyeucte. 

Andronie. 

Iphigénie. 

Pirrhus. 

Alcibiade. 

Absalon. 



Comédies 
Le Nouveau monde. 
Le Festin de Pierre. 
Timon le Misanthrope. 
Le Philosophe marié. 
Esope à la Ville. 
Esope à la Cour. 
Le Glorieux. 
L'Embarras des Richesses. 



22 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1730-45. 

noms des comédiens avec le montant de leurs appointements res- 
pectifs. La voici : 

Raymond FI. 2,400 

Terodak 1,800 

Barier 1,600 

Plante 1,200 

Prévost 1,050 

Dartenay 900 

Manneville 440 

La demoiselle Bonnelle 400 

Bonnelle - 700 

La Motte 800 

La demoiselle Belhomme ... 800 

La demoiselle Audigé 175 

M me Ribou 1,575 

Ribou de Ricard 953" *5 S 

Dans cette nomenclature, nous voyons figurer le mot Terodak, 
qui n'est que l'anagramme de Cadoret, nom véritable de cet acteur. 
A son talent de comédien, il joignait celui d'auteur, et nous lui 
sommes redevables d'une pièce qu'il fit jouer d'origine au théâtre 
de Bruxelles : les Fourberies d'Arlequin ou le double dénouement, 
comédie en un acte. 

Il paraîtrait que Terodak, après avoir quitté Bruxelles, lors de la 
faillite de Ribou de Ricard, se rendit à Paris, où il s'engagea dans 
la troupe de l'Opéra-Comique, à la foire Saint-Germain. Cet acteur 
possédait un tel talent d'imitation, qu'il parodiait d'une façon remar- 
quable les acteurs de la Comédie-Française : dans le rôle du Métro- 
mane, l'illusion était si complète qu'on défendit aux acteurs de 
l'Opéra-Comique de dire le texte « parlé ». Mais les auteurs notè- 
rent la déclamation, et cette fameuse scène rappelait tellement, 
comme inflexions, la voix des acteurs tragiques, que la ressem- 
blance en devint parfaite. Aussi cette défense, loin d'entraver le 
succès de l'Opéra-Comique, y ajouta un élément de plus. Ceci se 
passait en 1744, année qui suivit le désastre de Ribou de Ricard. 

On a remarqué, dans rénumération ci-dessus, le sieur Plante et 
la demoiselle Belhomme ; ce sont eux que l'on suppose avoir 
repris le Grand-Théâtre de Bruxelles, après la faillite du dernier 
directeur, en 1743. 

Les différentes directions qui se succédèrent jusqu'à ce jour furent 
aussi malheureuses les unes que les autres ; aucune ne parvint à se 
maintenir longtemps. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1730-45. 



23 



Il en sera de même dans la suite, en dépit des subsides accordés 
aux directeurs. Il ne faut donc pas en vouloir aux imftresarii de 
cette époque, qui n'avaient à leur disposition que des ressources 
personnelles. 

Nous arrivons maintenant à une période qui, sans amener de 
meilleurs résultats pécuniaires, donna, du moins, plus d'éclat au 
Théâtre de la Monnaie. 





Favart et le Maréchal de Saxe 



(1745-49) 



D'HANNETAIRE — LE CLAIR 




n 1745, la direction fut accordée à Jean-Nicolas Servan- 
doni dHannetaire, qui venait d'Aix-la-Chapelle, avec 
une bonne troupe. La nouvelle exploitation durait à 
peine depuis quelques mois, lorsque les Français envahirent la 
Belgique. Après la bataille de Eontenoy, le maréchal de Saxe Ht 
son entrée à Bruxelles, à la tête de son armée (28 janvier 1746). Il 
avait à sa suite une troupe de comédiens, sous la direction de 
Parmentier. Le premier soin du Maréchal fut d'ordonner la ferme- 
ture de la Monnaie, et le malheureux dHannetaire se trouva 
expulsé de son théâtre. S'étant rendu à Gand, pendant l'occupation 
de cette ville par les Français, il chercha à enrôler quelques acteurs 
de la troupe du Maréchal ; celui-ci le fit enfermer, mais « sa femme 
était aimable et jolie, on le délivra » (1). 

De Saxe, peu satisfait de ses comédiens et ayant appris la 
suppression de l'Opéra-Comique, à Paris, fit venir Favart, accom- 



( 1) Chcvrier. l'Observateur It i Spectacles- 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 174^-49. 25 

pagné de sa troupe, qui se confondit bientôt avec celle de la Mon- 
naie ; d'Hannetaire devint pensionnaire de son propre théâtre. 

La direction des spectacles n'était pas une sinécure. 11 s'agissait 
de suivre l'armée, d'installer à la hâte un théâtre et d'y donner 
des représentations, en quelque sorte improvisées. Favart sut s'atti- 
rer de suite les bonnes grâces de son maître, en composant devant 
le public des couplets qui chantaient la gloire de l'illustre guerrier. 
Il fut, en retour, comblé de largesses. Ces deux coqs vivaient donc 
en paix... La poule qui survint lut la femme de Favart. Celui-ci, 
pour donner plus d'éclat à ses représentations, lui fit quitter Paris, 
où elle jouait sous le nom de M llc de Chantilly et obtenait des succès 
par son talent et sa beauté. Les charmes de M me Favart touchèrent le 
Maréchal, qui en devint follement épris. La jolie comédienne résista 
d'abord, ce qui augmenta la passion du conquérant, plus heureux 
avec Mars qu'avec Vénus. Mais la chronique scandaleuse affirme 
qu'un jour la belle s'humanisa... 

Toujours est-il que le pauvre Favart tomba en disgrâce et devint 
bientôt la victime de son bienfaiteur même. M" e de Chantilly ayant 
quitté Bruxelles, les représentations perdirent leur principal attrait 
et aboutirent à un déficit considérable. Les demoiselles Meeus 
commencèrent des poursuites et le Maréchal de Saxe, rentrant en 
France, laissa le malheureux directeur aux prises avec ses créanciers 
et sur le point d être emprisonné. 

On trouverait, certes, le sujet d'un roman, tour à tour comique et 
poignant, dans les infortunes financières et conjugales du pâtissier- 
poète. 



Liste des principaux artistes qui ont joué, sous la direction de Favart, 
au théâtre de la monnaie ! 

MM. d'Hannetaire. M Ues de Chantilly (M me Favart). 

Durancy. d'Hannetaire et ses deux filles. 

Parent. du Rancy. 

Dreuillon. Beaumenard dite Gogo 

Dubois Jacmont. 

Bercavjlle Bercaville. 

Moly. Fleury. 

Lecluse. Arnaud. 

Desormes. Verrière. 

Rebours. de Navarre. 

Alexandre. Bline. 

Beaumont. Auguste. 

La petite Evrard. 



Le Théâtre de la Monnaie. 



1745-49. 



Le répertoire se composa surtout de pièces de Favart (i). 

En 1747, on joua la Répétition interrompue, opéra-comique, dans 
lequel il existe une scène où le souffleur se prend de querelle avec 
l'acteur ; l'officier général qui commandait en l'absence du Maréchal 
de Saxe, trouvant que le scandale était exagéré, finit par s élancer 
de sa loge, appela la garde et fit conduire les deux champions au 
cachot, sans vouloir écouter leurs explications (2). 

Nous donnons ci-contre deux pièces satyriques, tirées du Recueil- 
Maurepas (3), où Ton trouvera nos comédiennes en compagnie de 
« filles de joye ». M" e Chantilly figure dans lune avec le titre 
de xYlajor-Général; 1 autre a pour Généralissime la demoiselle de 
Navarre, qui était aussi favorite du Maréchal. Ces curieuses pro- 
ductions sont datées de juillet 1747. 

Les Français quittant les Pays-Bas au commencement de 
l'année 1749, la ville allait se trouver sans spectacles, lorsqu'arrive 
Le Clair avec une troupe, et, pour l'entrée à Bruxelles du prince 
Charles de Lorraine, on donne, entre autres réjouissances, la repré- 
sentation d'une pièce de circonstance : le Retour de la paix dans les 
Pays-Bas. Le Clair en avait écrit la musique sur le livret de Bruseau 
de la Roche. Puis, une autre production sur le même sujet : 
le Retour désiré, divertissement pour la paix, de Charles-Joseph 
Van Helmont. 

La Compagnie de Le Clair, qui ne séjourna pas longtemps à 
Bruxelles, comprenait comme sujets principaux : 



Les sieurs Le Clair le jeune. 
Villeneuve. 
Le Moyne. 



Les demoiselles Bocard Le Clair. 

Bocard Le Clair la jeune. 

Roland. 

Villeneuve 



( 1) On cite de lui : Les Nymphes de Diane, opéra-comique représenté d'origine à Bruxelles; Cythére assiégée, 
opéra-comique en un acte; Acajou- On donna aussi Ragonde, opéra-comique en ? actes. 
(2) Fournel, Curiosités Théâtrales. 
(?) Bibliothèque Nationale de Paris. 








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5 




Octroi d'Arenberg - Dursel - Deynse 

(1749.63) 

GROSA - HUS frères - M r et M me DURANCY - GOURVILLE 

DHANNETAIRE 




E21 juin 1749, un octroi est accordé à trois seigneurs 
bruxellois : le duc d'Arenberg, le duc d'Ursel et le mar- 
quis Deynse. Ils font venir une troupe d'opéra italien, 
dirigée par Grosa, et dont faisait partie le célèbre bouffon Lasky. 
La compagnie fait à Bruxelles deux mois de séjour, puis retourne à 
Londres, où elle avait eu beaucoup de succès. 

La troupe des frères Hus, de Rouen, arrive ensuite, débute en 
novembre, se disperse à la fin de l'hiver 1750 et est remplacée par 
différents sujets, sous la direction des trois mêmes seigneurs. 

Cet état de choses dure trois ans, après lesquels le théâtre se 
trouve entre les mains de M. et M me Durancy, qui ne lexploitent 
que dix mois, mais qui marquent brillamment leur passage. Les 
représentations avaient lieu les dimanche, mardi, jeudi et quelque- 
fois le samedi; les autres jours étaient consacrés aux opéras-comi- 
ques italiens ou aux concerts, dont l'innovation date de ce moment. 



30 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1749-63 

ÉTAT DES COMÉDIENS : 

Noms des actrices. 
Mesdemoiselles 
Durancy, Directrice, les rôles de caractères. 
Gourville, 



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Premier rôle. 
Destrelle 

Leonice, Reine. 

Le Brun, ) 

~ > Seconde et troisième amoureuses. 

Deschamps, ) 

La Chaussée, Seconds rôles de caractère et première confidente. 

D'Hainetaire (sic), Première soubrette. 

Agathine, Seconde soubrette. 

Sophie (Lothaire), Confidente et rôles rompus. 

Rosalide, Rôle de jeune fille. 

Céleste Durancy, 



Rôle d'enfans 
Eugénie D Hainetaire, 

Noms des acteurs. 
Messieurs, 
Durancy, Directeur et premier comique. 
Gourville, premier rôle en chef. 
Derigni, second rôle en chef. 
Dubois, Rois, raisonneurs et pères nobles. 

D'Hainetaire, Rôles à manteaux, Crispins et grands troisièmes rôles. 
Villeneuve, Financiers, paysans et confiJents. 
Dufresne, Troisièmes amoureux et confidents. 
Babron, Arlequin, seconds comiques et confidents. 
Julien, les rôles de niais et confidents. 
D'Argens, Chantant la basse-taille, et jouant la comédie. 

Personnages dansans dans les ballets. 

Maîtres de ballet. 

Messieurs 

La Comme, premier danseur et maître des ballets en chef. 

La Maire, ) _ , , , ,, 

T } Danseurs seuls, et maîtres de ballets en second. 

Julien, ) 

Danseuses seules. 

Mesdemoiselles 

Chateauneuf, ) _ ., 

_ 1 Premières danseuses. 

Gourville, ) 

Grégoire, dansant seule. 

Orchestre. 
M. de Langellery, maître de musique. 

Le répertoire comprend les comédies de Molière, Regnard, Dan- 
court, .Marivaux, Racine, Corneille. L'opéra-comique fut quelque 
peu négligé (1). On donna un spectacle gratis pour 1 anniversaire 

(1) On ne désigne guère que : Le Poirier, i acte de Saint-Amans; Les Troqueurs, i acte de Dauvcrgnc ; Les 
amours de Bastien et Iiislicnnc, parodie du Devin du Villigc, par M m; Favart et M. Harny. Les rôles d'hommes 
étaient tenus par M 11 ^ Dustrel et Durancj . celui de Bastienne par M. Durancy. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1749-63. 31 

de la naissance de Charles de Lorraine. Il se composait de la Cein- 
ture magique, le Bal bourgeois, Y Entrée gratis. 

En 1754, d'Hannetaire, qui avait débuté avec éclat à la Comédie- 
Française, est rappelé à Bruxelles, à la grande joie du public, et 
reprend la direction du théâtre, auquel il donne une nouvelle 
impulsion. 

Servandoni d Hannetaire était un descendant de Servandoni, 
fameux peintre de Louis XIV, le même qui avait décoré l'Opéra 
de Bruxelles. Il se destinait d'abord à l'état ecclésiastique et avait reçu 
une brillante éducation, ce qui lui permit de se placer au premier 
rang, lorsqu'il embrassa la carrière dramatique. Il publia plusieurs 
écrits, possédait 80,000 livres de rente, fortune considérable pour 
1 époque, se laissait volontiers décorer du titre de Monsieur le baron, 
ou de Monseigneur, et recevait le Prince de Ligne et la société d élite 
dans son salon, dont les honneurs étaient faits par ses filles et une 
prétendue nièce : Eugénie, Angélique et Rosalide, appelées à 
Bruxelles les Trois Grâces. Ces aimables demoiselles devinrent 
célèbres, grâce surtout à leurs exploits amoureux ; on affirme qu'un 
haut personnage avait plus que de l'amitié pour Tune et que l'heu- 
reux Sigisbée de l'autre fut, plus tard, le comédien Dazincourt, qui 
se consola avec elle des faveurs perdues de la maîtresse en titre de 
Richelieu ; elles eurent, au reste, bien d'autres aventures, s il faut en 
croire certains écrits de l'époque. 

A la mort de leur père, en 1780, les deux sœurs disparurent. 
On ignorait ce qu'elles étaient devenues, lorsque dans ces derniers 
temps, on apprit qu'elles avaient fini leurs jours en France, l'une 
en 1806, l'autre en 1822. Eugénie avait demandé le divorce contre 
son mari, le comédien Larive ; Angélique, mieux partagée, avait 
hérité d'une fortune considérable que le père de ses deux filles, 



Le répertoire de cette période est composé surtout de comédies et tragédies. On cite 
comme opéras-comiques : 

1754* — H était temps ou YEcuyer téméraire, 1 acte. 
1755. — Le Maître de Musique, 2 actes ; — le Trompeur trompé, 1 acte de Vadé ; — la 

Servante maîtresse, de Pergolèsc. 
I75°- ~ Ninette à la Cour ou le Caprice amoureux, 3 actes de Favart et Saint-Amans ; — 

les Chinois, parodie del Binese ; — les Amants trompés, 3 actes de Marcouville ; — U 

Triomphe de la Musique italienne, prologue écrit pour présenter la troupe au public et 

qu'on joua le jour de l'ouverture de la saison 1750. 



ARMOIRIES 

QUE S'ÉTAIT ATTRIBUÉES D'HANNETAIRE. 




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San.? tmauay indiquas au- clwmp e*jas » 

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sommé' d'un heautnù liseré, surmonté 
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SIGNATURES DE D'HANNETAIRE ET DES « TROIS GRACES » 



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Le Théâtre de la [Monnaie. — 1749-63. 33 



le vicomte des Androuin, lui laissa. Pendant longtemps le monde 
parisien a conservé le souvenir des deux charmantes femmes. 

DHannetaire dirigea 1 opéra pendant trois ans, s'associa ensuite 
avec un de ses acteurs, Gourville, pour une quatrième année, après 
laquelle celui-ci resta seul. 

Gourville est donc à la tète du Grand-Théâtre, en 1759; il y 
demeure jusqu à l'expiration de son contrat, — 1763. 

L 1 Observateur des Spectacles va nous donner, sous la signature 
de Chevrier. la liste des artistes et leur physionomie : 

Le sieur Gourville, directeur, il a quitté la Nonancour et vit actuellement avec la 
demoiselle Dalilo 

Dubois joue les rois et les pères, toujours mauvais, mais toujours applaudi par les sots. 

Neuville, les seconds amoureux dans les deux genres, vos feuilles l'ont fait connaître assés, 
sans que j'aille charger le tableau. 

D'Hannetaire, les rôles à manteau et quelques financiers. 

Des Marets, vous avés prédit dans le Gazetin qu'il acquereroit des talens, et vous avés eu 
raison, il joue des pères nobles et quelques autres rôles avec vérité. 

Monfleuri, double Neuville, vaut moins que lui, quoiqu'il ait la manie de faire de l'esprit. 

Durancy, les comiques en chefs, excellent acteur et d'un caractère honnête. 

Caron double Durancy, c'est l'ombre au tableau; il est on ne peut pas plus foible. 

Mesdemoiselles, 

Dalilo, premier rôle, elle n'est pas sans talent, mais elle est trop dèclamatrice, pour ne 
pas dire chanteuse. 

Rosalie Je m'arrête, personne ne sachant mieux cette histoire que vous. 

Valcour, les secondes amoureuses à la glace, continue toujours de se monter sur le ton de 
la virginité dont elle n'a pas cependant la tendre pâleur. 

Sophie, joue indifféremment toutes sortes de rôles, elle partage par économie, le lit du 
sieur Durancy . 

Rang, les rôles de caractère. 

Elle ne m'aigrit (sic) point de l'embonpoint d'autrui. 

Eugénie d'Hannetaire, joue les soubrettes en chef; malgré tout le mal que vous avés pu 
en dire avec raison, elle auroit mérité hier vos éloges, si vous l'aviés vu réprésenter la 
Dorine du Tartuffe. 

Nonnancourt, veuve du directeur : les secondes soubrettes ; le public continue à la détes- 
ter, elle entretient modestement et avec tempérance un Chevalier François, à qui elle vient 
de donner une de ses robes pour servir de doublure à un habit d'été. 

Malgré cet illustre favori, le sieur Desmarets voit cette actrice avec des yeux sacramen- 
taux, et on prévoit que les nœuds de l'himen si souvent salis par les amours clandestins de 
la comédie, vont lier ces deux cœurs ; le beau coup de filet ? 

Partie du chant. 
Les sieurs : 

Godard, belle voix, vous l'avés dit, mais vous avés oublié d'ajouter qu'il étoit gauche au 
théâtre, et que droit à la ville, il n'étoit supportable, que lorsqu'il faisoit le Devin au village ; 



34 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1749-63 



vous n'avés pas dit non plus qu'il avoit joué de la guitare, qu'il a été hué, et que pour se 
vanger du public, il a dit qu'il faisoit froid au parterre ; le thermomètre étoit cependant ce 
jour-là, au soixante-unième degré. 

Chatillon, joli sujet, mais il faudroit qu'il vécut en Turquie où la prudence du prophète a 
deffendu cette liqueur traîtresse qu'on vend si cher à Bruxelles, une marchande d'eau chaude 
qui demeure sur le Gré (Gracht, Fossés- aux-Loups), l'enchaîne au grand et notable préju- 
dice de la belle chrétienne, qui est toujours férue pour lui. 

Mademoiselle Lucile, dont vous avés déjà parlé, passe sa vie à disputer la préséance des 
rôles à la demoiselle Nonancour, le spectacle devient languissant par ses tristes querelles. 

Partie de la danse 
Les sieurs : 

Felicini, premier danseur, excellent corégraphe et pantomime admirable. 

La Rivière, premier danseur, il a 4,000 livres d'appointements, il gagneroit son argent, 
s'il se bornoit à la danse, mais il a la fureur de faire des Ballets auxquels le public n'entend 
rien. 

Hus, premier danseur dans le genre sérieux, il fait bien de composer des programes pour 
les Ballets qu'il donne, c'est un Fiat lux très-nécessaire aux spectateurs. 

Figurans. 
Jourdain, Vanderlin, Correti, Caron, Rang, Verdier, Delfir, Corrang, Michûe, 

Mesdemoiselles : 

Victoire, fille de la demoiselle Agathine, sœur du sieur D'Hannetaire et nés tous deux des 
œuvres galantes du fameux Servandoni; danse très -joliment dans le sérieux où elle occupe 
le premier rang. 

Grenier, première danseuse, elle a la manie du sérieux qui n'est pas son genre, nos dames 
qui portent l'austérité de la décence jusques dans leurs coups d'œil lui ont fait dire en dernier 
lieu qu'elle ouvroit trop ses jambes en dansant, mais la demoiselle Grenier a répondu que 
dansant uniquement pour les hommes, elle n avoit point de conseil à prendre des femmes, 
la réponse a fait rire, et les rieurs ont été de son côté. 

Eugénie, mise, je ne sais trop pourquoi, au rang des premières danseuses. 

Figurantes. 
Mesdemoiselles : 

Bibi, maîtresse du sieur Hus, cette danseuse qui fait des pas et des enfans est accouchée en 
dernier lieu : la belle Chrétienne et le comte de *** ont nommé l'enfant de l'amour, c'étoit 
un spectacle bien majestueux de voir une fille publique conduite à l'autel par un Cordon bleu, 
mais que ne fait-on pas pour la religion ? 

Des Cœurs, se traînant toujours au char brisé du petit Neuville. 

La belle Chrétienne, (nous venons de la faire connaître). 

Nogrand, paysanne lionnoise, ci-devant balayeuse de l'Opéra-Comique, à Paris; intri- 
guante adroite elle arrangeoit tous les soupes de six francs ; depuis la translation de ce spec- 
tacle au Théâtre Italien, elle s*est rendue dans les Pays-Bas où elle a trouvé un homire de 
nom qui en prend un charitable soin, la princesse n'en est pas moins infidèle, quoiqu'elle sou- 
tienne que sa grossesse soit un garant certain de son unique attachement à son tendre 
amant. 

L'oracle a cependant été consulté pour savoir qui a fait cette mauvaise plaisanterie à la 
demoiselle Nogrand, mais la crainte de compromettre quantité d'innocens, l'a empêché de 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1749-63. 35 



s'expliquer sur une parenté aussi équivoque ; s'il est important que vous sachiez que la 
demoiselle Nogrand ne sait ni lire ni écrire, je vous garantis ce fait. 

Valcour, Catherine, Emilie, Vanderberg, Duront. 

Ces quatre dernières sont des savantes parvenues par leur honnêteté. 

Et pour ne rien vous omettre, je finirai par le souffleur nommé Jeannot. 

Voilà qui pourrait rendre quelque peu philosophes les comédiens 
de nos jours et consoler ceux qui se plaignent des rigueurs de la 
presse contemporaine. Ce n'est pas, du reste, la première fois que 
des pamphlets relatent le « manque de pudeur et de moralité » 
parmi les artistes et plus particulièrement chez les femmes. Mais, au 
théâtre, celles-ci se rachetaient, paraît-il, par le soin qu'elles met- 
taient dans la composition de leurs rôles, et on conte que Rosalide, 
accompagnée de d'Hannetaire, fit, tout exprès, un voyage à Paris 
pour entendre Clairon dans Zelmire, quelle devait jouer elle-même 
à Bruxelles. C'était un témoignage éclatant de son amour pour 
l'art, à une époque où le voyage était autrement rigoureux que 
depuis l'innovation des chemins de fer. 

A cette époque, un événement douloureux vint attrister les 
comédiens et le public : M me d'Hannetaire, née Marguerite Huet, 
mourut à l'âge de 33 ans, le 30 janvier 1761, en pleine possession de 
son talent, laissant des regrets unanimes. 

A Pâques 1763, Gourville abandonna la direction du théâtre, dont 
il avait su élever grandement le niveau artistique, et partit à la tête 
d'une troupe nomade. 

En 1792, il jouait à Nantes les rôles de financiers, dans lesquels il 
était très apprécié. L'effervescence révolutionnaire était alors à son 
paroxysme et Gourville avait été nommé capitaine des grenadiers. 
Ayant appris qu'il se tramait un complot dans le but d'égorger 
400 prêtres enfermés dans un château, il obtint, par un subterfuge, 
le commandement de la compagnie chargée de surveiller les détenus. 
Là, pendant plusieurs heures, il tint tête à la foule, recevant injures 
et horions, mais sauva les prêtres qu'il fit embarquer et qu'il ne 
quitta qu'après les avoir mis hors de danger. Le soir, les applaudis- 



Voici les principales pièces que Gourville a fait représenter : 

1759. — Les Aveux Indiscrets, 1 acte de Montigny ; — le Déguisement Pastoral, de Bret 
et Van Malder. 

1760. — L'Impromptu du Cœur, ballet donné à l'occasion du mariage de l'archiduc Joseph ; 
— Biaise le Savetier, 1 acte de Philidor. 

1761. — UHypocondre ou la Femme qui ne parle point, comédie de J.-B. Rousseau. 



36 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1749-63. 

sements avec lesquels on avait l'habitude de l'accueillir, furent cou- 
verts par les sifflets.... 

A quelque parti que l'on appartienne, on ne peut s'empêcher 
d'admirer un pareil trait de courage et d'humanité — et le récit de 
cette anecdote, terminant dignement l'histoire de Gourville, montre 
qu'il était non seulement un artiste de talent, mais encore un 
homme de cœur. 



1761. — 7 janvier, la Fille mal gardée, opéra-bouffon, de Duni ; — 29 janvier, le Maître en 
droit, de Montigny ; — 7 février, les Troqueurs, de Dauvergne ; — 13 mai, le Soldat 
Magicien, de Philidor ; — 9 juin, les Ensorcelés ou Jeannot et Jeannette, de Harni ; — 
27 septembre, le Peintre amoureux de son modèle, de Duni; — 27 septembre, Gilles, 
garçon peintre, z 'amoureux et rival, de de Laborde ; — 25 octobre, Arlequin en deuil de 
lui-même; — 25 octobre, la Fausse esclave, opéra-comique ; les Caprices de Galathée, 
ballet; — 4 novembre, VÉloge de la vertu ou le tribut des cœurs, pièce écrite pour le 
prince Charles de Lorraine qui assistait à la représentation et dont les paroles étaient de 
Compain Despierrières et la musique de Vitzthumb ; — 16 décembre, la Fête de V amour, 

1 acte. 

1762. — 16 janvier, le Diable à quatre, 4 actes, de Philidor; — 14 février, Vile des fous, 

2 actes, de Montigny ; — 25 février, On ne s'avise jamais de tout, 1 acte, de Montigny. 




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Octroi Guillaume Charliers 



(1763.66) 




uillaume Charliers de Borghravenbroeck, surintendant 
du Canal, obtient une concession de six ans, s'adjoint 
Gamon et le musicien Van Malder et se rend acquéreur 
de la propriété des demoiselles Meeus. 

Cette nouvelle période offre plusieurs innovations importantes. 
D'abord, le principe des subventions : en effet, l'octroi dit qu'on 
payera à Charliers la location du théâtre; mais, en même temps 
qu'on accordait cette faveur, on imposait des règlements pour la 
discipline du théâtre. C'est la première apparition du cahier des 
charges. 

Les directeurs eux-mêmes imaginèrent, — pour leur service inté- 
rieur, — un règlement, qui a sans doute donné naissance au tableau 
des amendes actuel. 

Il parut encore un décret interdisant, d'après la requête de l'arche- 
vêque de Malines, l'exhibition des enfants sur la scène « afin 
d arrêter un pareil penchant dans d'aussi jeunes gens et prévenir 
qu un pareil exemple ne les entraîne ». 

Les directeurs avaient obtenu la permission du jeu de Pharaon, 
mais les abus qu'il provoqua en firent décréter la suppression. 



38 , Le Théâtre de la (Monnaie. — 1763-66. 

Le prince Charles de Lorraine, à peine remis d'une maladie 
grave, assiste à une représentation de la Partie de chasse de 
Henri IV, et au moment où l'un des personnages dit : « C'est 
lorsqu'un prince est bien malade, qu'on peut connaître jusqu'à quel 
point il est aimé de ses sujets, » la salle entière se lève et lui fait une 
ovation spontanée. 

Sur la gestion des trois associés, on ne peut fournir de longs 
renseignements; on sait qu'ils donnèrent beaucoup de relief à leurs 
représentations, dont les frais, les entraînant à un déficit considé- 
rable, les forcèrent à abandonner l'octroi trois ans avant son expi- 
ration, — c'est-à-dire en 1766. 

C'est à ce moment-là que le théâtre fut appelé officiellement 
Grand Opéra ou Grand Théâtre de la Monnaie, et que la com- 
pagnie porta le titre de : Comédiens ordinaires de Son Altesse 
Royale le Prince Charles de Lorraine. 



1763. — 10 février, la Bagarre, opéra-comique en 1 acte de Van Maldere. 

1766. — 29 avril, les Ananèes ou Fêtes de Bacchus en Vhonneur d'Ariane, ballet de 
St-Léger; — 7 mai, Isabelle et Gertrude, de Biaise; — 19 mai, la Rencontre imprévue, 
de Gluck; — 26 juillet, Tom Jones, opéra en 3 actes, de Philidor; — 15 octobre, le Cou- 
ronnement de Roxelane, ballet, de Saint-Léger; — 4 novembre, le Soldat par amour, 
opéra-bouffe en 2 actes, de Vitzthumb ; paroles de François Bastide qui fit représenter 
une comédie en 5 actes en vers : Gezoncourt et Clémentine; — 12 décembre, la Fée 
Ursule ou ce qui plaît aux dames, opéra en 4 actes de Duni, paroles de Favart. 








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Les Comédiens Ordinaires 



de S. A. R. le Prince Charles de Lorraine. 



Gestion des Sociétaires. 



(1767.71) 



DAZINCOURT 




près la retraite des trois directeurs, la ville étant exposée 
^ à se trouver sans spectacles, les comédiens se réunissent 
et décident d'imiter le mode d'association en usage à la 
Comédie-Française et de reprendre en commun l'exploitation du 
théâtre. 



OCTROI du 25 juillet r 7 66. 
De Sa Majesté impériale, royale et apostolique, pour la 
continuation du spectacle à Bruxelles. 

MARIE-THÉRÈSE, par la grâce de Dieu, impératrice douairière des Romains, reine d'Al- 
lemagne, de Hongrie, de Bohême, etc.; archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, 
de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, etc.; princesse de 



40 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1767-71. 

Souabe et de Transilvanie; marquise du Saint-Empire-Romain, etc.; comtesse de Habs- 
bourg, de Flandres, deHainaut, de Namur, etc.; landgrave d'Alsace, dame de Malines, etc.; 
duchesse de Lorraine et de Bar; grande duchesse de Toscane. A tous ceux qui ces présentes 
verront. Salut : Nous avons reçu l'humble supplication et requête de N. D'Hannetaire, tant 
pour lui que pour ses deux filles, Eugénie et Angélique, ainsi que pour Rosalide, Compain- 
Despierrières, Prévost, Le Petit, Dubois, Durancy, de Rosely, Sophie VHotaire, Granier 
femme, de Foye, Jerville et Grégoire, acteurs et actrices de la troupe des comédiens ordi- 
naires du sérénissime duc Charles de Lorraine et de Bar, Notre lieutenant, gouverneur et 
capitaine-général des Pays-Bas, contenant, qu'étant instruits de l'intention où étoient les 
directeurs actuels des spectacles, de quitter leur direction, ils Nous supplioient très-humble- 
ment, de vouloir bien accorder le privilège exclusif des Spectacles de cette ville de Bruxelles, 
et de leur faire expédier en conséquence l'octroi requis et nécessaire. Nous, inclinant favo- 
rablement à la très humble demande des supplians, leur avons, de l'avis de nos très-chers 
et féaux, les chef et président et gens de Notre conseil privé, et à la délibération dudit séré- 
nissime Duc, Notre lieutenant, gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas, accordé et 
octroyé, accordons et octroyons, la permission exclusive de former, sous Notre-Protec- 
tion, une troupe de comédiens, pour faire repiésenter en cette ville de Bruxelles, toutes 
sortes de spectacles, pendant le terme de vingt années consécutives (et à renouveler à l'expi- 
ration de ce terme) à compter du jour que finira la direction annuelle ; laquelle troupe con- 
tinuera à porter le nom de Comédiens ordinaires de S. A. R. comme étant destiné à ses plai- 
sirs et à ses amusements. 



Signé avec paraphe NE-SR 
Par l'impératrice douairière et Reine en son conseil 
(Signé) de Reul. 



La société, fondée à base de 15 parts, était administrée par les 
artistes qui remplissaient, à tour de rôle, l'emploi de semainier. 

On débuta le 20 avril 1767. A cette occasion, d Hannetaire pro- 
nonça un discours dont le « haut goût » fut très apprécié et qui 
servit a présenter la nouvelle compagnie au public. 

Par suite de deuils à la Cour, le théâtre fut fermé du 2 au 
30 juin, puis du 24 octobre au 5 novembre. 

I )n profita de ce dernier intervalle pour ajouter à la salle un 
amphithéâtre — nommé aujourd'hui galerie ou balcon. 

Pendant une grande partie de Tannée, le théâtre était occupé — 
les joins de relâche — par des spectacles étrangers de différents 
genres. Les comédiens flamands de la ville de Bruxelles y don- 
naient des tragédies et des comédies traduites en leur langue. Une 
troupe de chanteurs, venant de P>ruges — sous la direction des 
sieurs et dames Neyts — y joua les opéras-bouffons traduits en 
flamand. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1767-71. 41 

Le Spectacle Français à Bruxelles donne la nomenclature impor- 
tante des sociétaires de la Monnaie; la voici, in extenso : 

ÉTAT 
DES COMÉDIENS ORDINAIRES 

DE 

SON ALTESSE ROYALE 

Etablis à Bruxelles en vertu de V octroi signé le yo juin 1 766, 

suivant leur rang d'ancienneté. 

Acteurs à part. 

D'Hannetaire, 
a débuté pour la première fois à Bruxelles en 1745 par le rôle du Comte d'Essex, et a 
continué d'y remplir les premiers rôles tragiques jusqu'en 1746. Depuis s'étant borné au seul 
comique, il a tenu longtemps l'emploi des rôles à manteau et de Financiers, auquel il joignit 
l'emploi de Poisson. Il a chanté aussi les rôles de basse-taille dans les commencements de 
l'Opéra- Bouffon ; actuellement il s'en tient aux seuls Financiers, et rôles à manteau caracté- 
risés. Il a Part entière. 

Dubois, 
a débuté en l'année 1745 P ar I e r0 ' e de Tartufe. 11 joue présentement les rôles des Rois et 
de Pères-Nobles. Il a Part entière. 

Durancy, 
a débuté en l'année 1746. Il était de la troupe du Maréchal de Saxe. Il chantait alors les rôles 
d'Amoureux dans l'Opéra-Comique ; depuis il a changé d'emploi. Il joue maintenant les 
rôles de Valets et chante dans TOpéra-Bouffon. Il a Part entière. 

COMPAIN DES PlERRlÈRES, 

a débuté l'année 1757 P ar ' e r ^ e ^ u Prince dans Ninette à la Cour. Il a longtemps chanté 
les rôles d'Amoureux dans les Opéras Sérieux Comiques et Bouffons. Il a changé d'emploi 
et joue présentement les rôles de Paysans, chante les mêmes rôles et autres de basse-taille 
dans l'Opéra-Bouffon. Il a Part entière. 

Jerville, 

a débuté l'année 1758 par le rôle de Crispin des Folies amoureuses. Il continue déjouer les 
mêmes rôles et autres de caricature, ainsi que les Arlequins. Il a . . . . Part entière. 

Prévost, 

a débuté l'année 1763 par le Jaloux désabusé, il a continué son début par le rôle de Gen- 
giskan dans VOrphelin de la Chine. Il joue toujours les forts premiers rôles, tant dans la 
tragédie que dans la comédie. Il a Part entière. 

Grégoire, 

a débuté l'an 1763 par le rôle d'Hortensius dans la Surprise de l'amour, il joue des rôles 
à manteau, des confidents et autres rôles de différents caractères. Il a . . . Part entière. 

Le Petit, 

a débuté l'année 1764 par Colin dans le Devin de village. Il joue des rôles d'amoureux et 
chante les mêmes rôles dans les Opéras-Bouffons. Il a Part entière. 



42 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1767-71. 

D'Rozely, 
a débuté Tannée 1765 par le rôle du Menteur et celui de Desronnais. Il continue de jouer les 
premiers rôles d'amoureux II a Part entière. 

Acteurs à pension. 

Mainville, 

joue des seconds rôles dans la Tragédie, les amoureux dans la Comédie et chante les mêmes 
rôles dans l'Opéra-Bouffbn. 

Louis, 
joue les grands confidents et des rôles de rois dans la Tragédie, des raisonneurs et des pères 
dans la Comédie. 

Chatillon, 
chante dans l'Opéra-Bouflon, des rôles de paysans et autres de différents caractères ; il joue 
des confidents dans la Tragédie. 

Lisis, 
joue et chante des rôles accessoires. 

Actrices à part. 
Mesdames et Demoiselles : 

ROSALIDE, 

parente et élève du sieur D'Hannetaire, a commencé dès l'enfance à jouer des petits rôles 
sur ce théâtre où elle remplit actuellement les forts premiers rôles, tant dans le tragique que 
dans le comique. Elle a Part entière. 

DHannetaire (Eugénie) 
née à Bruxelles, a succédé à sa mère dans les rôles de soubrette qu'elle tient en chef. 
Elle a Part entière. 

Sophie (Lothaire), 

a débuté l'année 1754 par le rôle de Fatime dans Zaïre. Elle continue de jouer les grandes 
confidentes dans la Tragédie et les soubrettes dans la Comédie. Elle a . . . Demi-part. 

D'Hannetaire (Angélique), 
a commencé dès l'enfance à représenter sur ce théâtre. Elle joue les rôles d'amoureuses et 
chante ceux de duègnes dans les Opéras-Bouffons. Elle a Part entière. 

Granier, 

danse les premières entrées ; elle a débuté l'année 1762. Elle a Part entière. 

Defoy, 

a débuté l'année 1766 par la Servante Maîtresse; elle continue de chanter les premiers rôles 
d'amoureuses dans l'Opéra-Bouffon. Elle a Part entière. 

Actrices à pension. 
Mesdames et Demoiselles : 

MARCHAINVtLLE, 

joue les confidentes dans la Tragédie et les rôles de mères et de caractère dans la Comédie. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1767-71. 43 

BORDIER, 

chante les rôles d'amoureuses dans l'Opéra- Bouffon. 

M. Jannot, souffleur. 

M. Bercaville, inspecteur, est nommé des acteurs à part, pour régir en leurs noms, veiller 
à leurs intérêts, au bon ordre et au service du spectacle. 



ÉTAT DE LA DANSE. 

M. St-Léger, maître des ballets et premier danseur. 
M me Granier, première danseuse. 

Figurants. 

Messieurs : 
Vincent, danse les secondes entrées. — Lisis. — Jouardin. — L'Orange. — Vander- 

LINDE. — VAUTIER. NORMAND. LaURE. 

Figurantes. 

Mesdames et Demoiselles : 

Compain. — Lasis. — James. — Verneuille. — Durancy. — Massein. — Artus. — 
nogentolle. 

ORCHESTRE. 
L'orchestre est composé de 28 à 30 musiciens. 
M. Granier, maître de musique. 

La troupe avait été composée avec soin et, si nous ajoutons que 
les écrits de l'époque mentionnent la richesse et l'exactitude des cos- 
tumes et des décors, on verra que le Théâtre de Bruxelles pouvait 
être apprécié déjà comme l'un des premiers et des plus considé- 
rables de l'Europe. 



Les tragédies et comédies furent tirées du répertoire classique. Quant aux autres pièces, 

en voici la nomenclature : 

Le Tonnelier, opéra-comique en 1 acte, d'Audinot; — la Fête chinoise, grand ballet 
héroïque, de St-Léger ; — le Ballet turc, de d'Aigueville ; — les Iroquois, ballet de 
St-Léger; — le Petit Maitre en Province, opéra-comique en 1 acte, d'Alexandre ; — la 
Pantomime du Marché-aux-Herbes, ballet, de St-Léger ; — les Peintres, ballet, de 
St-Léger ; — les Pécheurs, opéra-comique en 1 acte, de Gossec ; — Ballet des Chas- 
seurs, de St-Léger ; — la Nouvelle Annette, opéra-bouffe en 1 acte. (Cette pièce, consi- 
dérée comme trop légère et d'un style trop libre, ne fut donnée qu'une fois) ; — Nanette 
et Lucas, opéra-comique en 1 acte, du chevalier d'Herbain ; — Arlequin fait magicien, 
ballet, de St-Léger. 
Pour compléter cette liste, donnons le catalogue des opéras qui composaient le répertoire 



44 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1767-71. 

Outre le règlement élaboré par les sociétaires pour leur service 
intérieur, le Gouvernement nomma un commissaire chargé de 
veiller au service du spectacle, Charliers de Borghravenbroeck, 
l'ancien directeur. 

dette première année d'exploitation fut très brillante; les comé- 
diens associés étaient pleins d'ardeur, l'accord régnait et le réper- 
toire se ressentit de ces heureuses dispositions. 

En 1768, la troupe subit quelques changements : Jerville n'en fit 
plus partie; les acteurs à pension, sauf Louis et Lisis, furent rem- 
placés par Belnos, du Feuille et d'Aubercourt ; les actrices à pension 
parles demoiselles d'Aubercourt, de Rufosse, Durancy. 

.Mais bientôt la discorde surgit dans la compagnie : d'Hannetaire, 
fort de sa situation, de son ancienneté, de ses succès, de sa fortune, 
voulait commander en maître, s'accaparant les beaux rôles et main- 
tenant ses filles dans les premiers emplois, quoique le mince talent 
de ces demoiselles eût dû les réléguer au second plan ; les comé- 
diens, lassés de cette autocratie, fatigués des intrigues amoureuses 
des Trois Grâces, de leur insolence, des protections qu'elles s'atti- 
raient par leurs relations avec de hauts personnages, se révoltèrent. 

11 parut une brochure, que l'on attribue à d'Hannetaire, sous 
le titre de : Mémoire, ou observations sur Y état actuel du spectacle. 11 y 



des Comédiens ordinaires de S. A. R. et qui nous est fourni encore par Le Spectacle 

Français à Bruxelles : 

sEglé, de Blavet; — Annette et Lubin, de Biaise; — les Amans trompés, de Marcouville ; 

— les Aveux indiscrets, de Monsigny ; — Baiocco et Serpilla, de Sodi ; — la Bohémienne, 
de Clément ; — le Bûcheron, de Philidor ; — Bertholde à la ville, du marquis de La Salle; 

— lilaise le savetier, de Philidor; — les Chasseurs et la laitière, de Duni; — le Cadi 
dupé, de Monsigny ; — Cendrillon, de Laruette; — k Diable à quatre, de Philidor ; le 
Docteur Sangrando, de Duni et Laruette; — le Devin du Village, de J.-J. Rousseau ; — 
l'Ecole de la jeunesse, de Duni; — la Fortune au village, de Gilbert; — la Fausse 
Aventurière, de Laruette; — la Fée Urgèle, de Duni; — Georget et Georgette, 
d'Alexandre ; — Isabelle et Gertrude, de Biaise ; — Vlsle desfoux, de Duni ; — le Jardi- 
nier et son Seigneur, de Philidor; — le Maître de musique (parodié de l'italien); — 
M izet, de Duni; — le Milicien, de Duni; — le Magasin des modernes, de Pannard 
(musique parodiée) ; — le Maître en droit, de Monsigny; — le Marêchal-ferrant, de 
Philidor; — Ninette à la Cour, de Saint-Amans ; — On ne s'avise jamais de tout, de 
Monsigny : — le Prétendu, de Gavinièa : — le Peintre amoureux de son modèle, de Duni ; 
les Précautions inutiles, de Chrestien et Van Malder ; — le Roi et le Fermier, de Mon- 
signy; — Rose et Colas, de Monsigny ; — Sancho Pança, de Philidor; — le Serrurier, 
de Kohault; — la Servante maîtresse, de Pergolèse; — les Sœurs rivales, de Desbrosses 
et Van Malder; ~ le Sorcier, de Philidor; — le Soldat magicien, de Philidor; — les 

froqueurs, de Dauvergne. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1767-71. 45 

était longuement parlé de deux questions principales : la mauvaise 
constitution de la troupe, le tapage que faisait le public au spectacle. 
Pour la première de ces questions, Fauteur prétend que si la troupe 
ne donne pas de bons résultats artistiques, c'est qu'elle est mal gou- 
vernée, et il propose de nommer un administrateur, préconisant 
ainsi le système adopté de nos jours au Théâtre-Français. Pour le 
second inconvénient, il ajoute : 



Y a-t-il rien de désagréable et de plus décourageant pour un acteur, quia quelques talens, 
que de s'égosiller en pure perte vis-à-vis d'une assemblée tumultueuse qui ne l'écoute pas. 
Peut-il alors, faute de s'entendre lui-même, ne pas sortir des bornes du naturel et de la 
vérité, et ne perd-il pas toute l'impression, tout le feu qui doit l'animer dans le caractère 
qu'il a à représenter. Enfin, si l'on n'est pas tout entier à soi-même, est-il possible de saisir 
l'empreinte des choses et de les reproduire aux yeux du spectateur, avec autant de force et 
d'énergie qu'on est capable de les concevoir. J'en appelle à ceux qui ont joué la comédie 
pour leur plaisir, car ce sont de ces choses qu'il faut avoir éprouvées, pour les sentir. 

Or, de cette attention du public une fois établie, naitroit bientôt cette chaleur des applau- 
dissemens si nécessaires pour échauffer le comédien et pour ajouter à son jeu plus de force 
et de vérité. Enfin il ne se verroit plus frustré de cette douce récompense si légitimement 
due aux talens et même aux seuls efforts qu'on fait pour en acquérir, et l'unique peut-être 
capable de dédomager un acteur de ses peines et de ses travaux Si je parois m'appesantir 
un peu sur cet objet, c'est que je le sens vivement, et qu'enfin c'est ma propre cause que je 
deffens. 



L'auteur demande ensuite un décret du Gouvernement. Les 
comédiens répondirent à cet écrit par un mémoire qui le combat de 
point en point — prouvant que le mode d administration adopté ne 
peut être meilleur — tombant à bras raccourcis sur d'Hannetaire et 
sur ses filles, qui font monter des cabales à leurs camarades et 
empêchent l'engagement d'actrices de talent, dans la crainte d être 
éclipsées — enfin, demandant la retraite de d'Hannetaire. 

Voici ce que dit la dernière partie de cet écrit, faisant sans doute 
allusion aux Trois Grâces : 

Neuvième proposition. 

Qu'il soit ajouté aux règlements de la comédie un nouvel article conformément à celui des 
comédiens de Paris qui est que lorsqu'une actrice de la société qui ne sera point mariée, sera 
dans le cas de manquer le devoir par raison de grossesse, elle perdra le quart de sa part, qui 
sera réversible sur les autres en forme de dedomagement, et si elle reste plus de deux mois 
sans paroître sur la scène, elle en perde la moitié. 

Pour remédier à cet état de choses, le gouvernement délégua, 
avec tous pouvoirs, le comte de Maldeghem, afin d'assurer le bon 
ordre au théâtre, empêcher les négligences, les excès, les abus, etc. 



46 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1767-71. 

Mais un vent de fronde avait soufflé et, quelques mois après cette 
nomination, les artistes rédigèrent la requête suivante : 

Les comédiens directeurs associés du spectacle de cette ville, offrent de se désister de leur 
octroi, en faveur de quiconque voudra s'en charger, moyennant les conditions suivantes : 

Les dits comédiens s'obligent à faire une cession entière et absolue, non-seulement du 
magasin, en total, pour lequel ils auront déjà compté, à M. Charliers, quarante-cinq mille 
livres à la fin de l'année; mais encore de tous les effets quelconques, dont, depuis cinq ans, 
ils ont enrichi le dit magazin, et dont les déboursés montent à près de trente mille livres, 
tant en décorations, qu'en habillemens et autres dépenses nécessaires au spectacle : c'est-à- 
dire : que lesdits comédiens proposent de substituer, à leur lieu et place, tel successeur, 
qu'on jugera à propos de nommer, moyennant : 

i° Qu'en à-compte des sommes ci-dessus spécifiées, il leur soit compté un capital de vingt- 
quatre mille livres à partager entre eux ; 

2° Que, pour l'excédent, ledit successeur s'engage à payer à chacun des douze membres 
de la Société, une pension annuelle et viagère de trois cents livres hypothéquée sur ledit 
octroi; ce qui formeroit un objet annuel de trois mille six cens livres, lesquelles viendroient 
à s'éteindre successivement, par le décès de chaque tête pensionnée. En foi de quoi, ils ont 
tous signé la présente à Bruxelles, le 20 juin 1771. 

Signé : Angélique. — Compain Despierrières. — Sophie Lhotaire. — J. Vitzthumb. — 
De Grand-Ménil. — Rosalide. — D'Hannetaire, tant pour moi que pour Eugénie. — 
Dugué — Grégoire. — Defoy. — Dubois (i). 

La Cour accepta ce désistement et accorda un octroi de dix 
années à Vitzthumb, chef d'orchestre du théâtre, et à Compain Des- 
pierrières, ancien sociétaire (17 août 1 77 1 ) . 

Plusieurs décrets intéressants avaient paru dans ces dernières 
années : 

On prit la coutume de faire débarrasser la place de la Monnaie 
pendant le spectacle, et on donna Tordre aux cochers de ranger leurs 
voitures le long du Fossé-aux-Loups. 

Un placard dévoila la fraude commise par les laquais qui — ayant 
le droit de venir gratuitement au théâtre, pour accompagner leurs 
maîtres — abusaient de ce privilège en venant seuls. 

La même année, le Gouvernement avait autorisé un imprimeur 
très connu, Jean de Boubers, à établir une librairie dramatique dans 
le vestibule du théâtre. 

Cette période fut marquée par les débuts de Dazincourt, qui s'ap- 
pelait de son véritable nom d'Albouy et était le fils d'un négociant 
de Marseille. Celui-ci lenvoya à Paris et lui fit obtenir les fonctions 
de secrétaire du Maréchal de Richelieu. C'est en jouant — avec 
quelque succès — la comédie de salon qu il prit goût au théâtre. 
Menant joyeuse vie, faisant des dettes, il ne tarda pas à être traqué 

(1) Archives Générale? du Royaume. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1767-71. 47 

par ses créanciers. Il prend alors le parti de mettre ses talents à 
profit, arrive à Bruxelles avec une recommandation de Monvel 
pour d'Hannetaire, qui le reçoit froidement, essaye d'abord de le 
dissuader de son projet, et consent, enfin, à l'entendre réciter 
une scène. Ce fut une révélation; d'Hannetaire, enthousiasmé, 
l'admit chez lui, l'aida de ses conseils, et le fit débuter dans 
Crispin des Folies amoureuses , où il obtint le plus éclatant succès. 
Dazincourt était un homme spirituel, instruit, de bonne éducation; 
il a écrit des Mémoires qui ont eu beaucoup de retentissement. Au 
moment de ses débuts, il venait de se battre avec un camarade 
insolent, Dubois, qu'il avait grièvement blessé. Dazincourt était, du 
reste, très brave, et il est allé plusieurs fois sur le terrain. Il se 
battit plus tard avec Dugazon, son rival de la Comédie-FYançaise 
dans l'emploi des valets; il s'agissait de leurs prétentions exclusives 
à la grande casaque, c est-à-dire à la camisole rouge qui recouvrait 
— ■ au théâtre — les chefs de file de la livrée. Ce duel se termina 
par de légères blessures reçues de part et d'autre, et... par un 
déjeuner (1). Il conservait cette même bravoure devant le public, 
et s'est trouvé dans quelques bagarres d'où il a su toujours se tirer, 
grâce à son sangfroid et son esprit d'à-propos. Dans le rôle de 
Pasquin, de X Homme à bonnes fortunes, il inondait son mouchoir 
d'eau de Cologne, le tordait et en exprimait le contenu sur la tête 
du souffleur, qui faisait le plongeon. Un jour, quelques spectateurs, 
trouvant qu'il exagérait, le sifflèrent. Dazincourt arrête le dialogue, 
s'avance sur le bord de la scène, et dit : « Messieurs, lorsque Préville 
jouait ce rôle, il faisait ce que je viens de faire, et il était applaudi 
par tout ce qu il y a de mieux en France. » (2) Cette réponse n'était 
peut-être pas suffisante, mais bien peu d'artistes eussent eu le cou- 
rage de la faire. Dazincourt avait un talent fin, distingué — un peu 
froid, et Dugazon, qui lui gardait rancune, l'appelait « un excellent 
comique, plaisanterie à part ». 

(1) Mémoires de Dazincourt. 

(2) Lemazurier, I, 22 ?• 




Vitzthumb et Compain Despierrières 



(1771.77) 




es charges des nouveaux directeurs sont considérable- 
ment augmentées : on leur impose un orchestre plus 
complet et mieux composé qu'il ne l'avait été jusque là, 
— 1 obligation de donner des nouveautés et, trois fois par semaine, 
des ballets, — de n'admettre ou renvoyer des sujets qu'avec la 
ratification du Gouvernement, — de faire connaître, tous les same- 
dis, le répertoire de la semaine suivante. De plus, ils se trouvent 
en face d une dette de 72,600 livres de France, en dehors des frais 
généraux. 

Nous avons eu l'occasion de citer déjà Vitzthumb qu'on appelait 
plutôt Fiston, sobriquet simplifiant, sans doute, la prononciation 
difficile de son nom. Il était né en Allemagne; arrivé en Belgique 
a 1 âge de 15 ans, il entra comme enfant de chœur dans la chapelle 
de l'archiduchesse Marie-Elisabeth, et, plus tard, devint maître de 
musique a la Cour. 11 composa plusieurs oratorios et cantates et 
dirigea une troupe d'enfants, auxquels il lit exécuter un opéra- 
cotnique : la Fausse Esclave. Il (it ensuite construire un théâtre en 
planche-, sur la place St- Michel (place des Martyrs), et réunit une 
troupe — formée d'éléments exclusivement belges, — qui inquiéta 



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I^e Théâtre de la ^Monnaie. — !77 f -77- 49 

un moment celle du Grand-Théâtre. C'est là qu'il produisit Henri 
Mees, plus connu sous le nom de Heintje Mees, ce gamin des rues, 
vivant de rapines, et qui, d'aide-machiniste, devint chanteur 
célèbre. 

Jusqu'à l'âge de douze ans, Heintie courut les rues pieds nus accompagnant au bruit 
du tambour un autre gamin déguenillé comme lui, qui, armé d'une longue perche d'où 
pendait une raie ou une flotte, criait par la ville l'état du marché aux poissons. Mais si 
Heintje battait bien du tambour, il avait, sans s'en douter, un instrument beaucoup plus har- 
monieux dans la gorge II allait donner de temps en temps un coup de main au machiniste 
de la Rhétorique, la Fleur de lis, et cela lui permettait d'entendre chanter ou parler les 
acteurs du lieu. Bientôt sa vocation se révéla. Ne pouvant plus modérer son ardeur, il 
demanda et obtint la permission d'apprendre à lire, à écrire, à solfier, à jouer la comédie 
aux frais de la Société. Ses progrès furent si rapides qu'en fort peu de temps il se plaça au 
premier rang parmi ses camarades. Tout se réunissait en lui pour plaire ; belle physionomie, 
taille élevée, manières distinguées, voix de basi.e admirable. Vitzthumb lui donna sa fille (i). 

L'opéra flamand eut un grand succès, et Popeliers dit que : 

L'entreprise de Fiston ayant été couronnée de succès, et fier d'avoir réuni tant de talents, 
il voulut les faire admirer ailleurs. A cette fin, il fit construire deux navires, un pour les 
artistes, les musiciens, les malles, l'autre pour les gens de service, la baraque, le matériel 
de la scène. Tous les ans, après Pâques, ces navires quittèrent Bruxelles, et la troupe alla 
cueillir des lauriers dans nos principales villes et dans toute la Hollande. 

L associé de Vitzthumb faisait partie des troupes précédentes, et 
joignait à des qualités remarquables de comédien un véritable talent 
d'auteur. 

Sous cette direction, le théâtre ne pouvait que prospérer; il 
s éleva, en effet, à un tel niveau artistique qu'il rivalisa avec ceux 
de Paris. Plusieurs écrits du temps nous apprennent « qu'on chan- 
tait mieux en Belgique qu'en France 



» 



TABLEAU DE LA TROUPE 

NOMS DES ARTISTES APPOINTEMENTS 

MM. De Larive, rôles de Le Kain et de Bellecour Liv. 6,000 

De Grand Menil, grande livrée. . 5,000 

Fargès, jeunes premiers, emploi de Clairval ... 6,000 

Chevalier, jeune premier rôle 6,000 

Dazincourt, Armand, Poisson, les Crispins 3,000 

Dubois, rois, pères nobles 3,000 

Florence, troisièmes amoureux 2,000 

(1) Félix Delhassc. 



50 Le Théâtre de la (Monnaie, — I77 I_ 77- 

MM. Louis, deuxièmes rois, troisièmes amoureux Liv. 2,400 

Lambert, premier et deuxième rôle d'opéra 1,600 

Grégoire, grandes utilités 2,200 

Denis Dubus, utilités, rôles accessoires . 1,600 

Caneel, accessoires 1,50° 

Lisis, utilités 800 

Bocquet, maître de ballets 1,200 

D'Humainbourg, souffleur 1,000 

M mes Verteuil, jeune première et rôles de M lle Clairon . . . . . 8,000 

Ang. D'Hannetaire, première amoureuse 5,000 

Eug. D'Hannetaire, première soubrette 5,000 

Sophie Lothaire, confidentes 2,000 

Gontier, première soubrette 2,400 

Defoye, première amoureuse opéra 5,000 

Eul. Durancy, deuxième et troisième amoureuse 1,800 

De la Bernardière, deuxième amoureuse opéra 1,200 

Beauménard, utilités 600 

Ros. D'Humainbourg, utilités opéra 300 

VAN MALDERE aine, violon pour conduire l'orchestre FI. 760 



D'Hannetaire s'était retiré définitivement du théâtre, y laissant 
toutefois ses deux filles. 

Trois de ces comédiens étaient des artistes de la plus grande 
valeur : d abord Dazincourt, que l'on connaît déjà. 

Puis, Jean Mauduit, dit de Larive, venu de la Comédie-Française, 
où florissait Lekain, et qui y retourna à la mort de celui-ci, dont 
il prit l'emploi. A son sujet on rapporte un fait assez singulier : 
11 excellait, paraît-il, dans le rôle de Bayard; à l'une des représen- 
tations de cette pièce, au Théâtre-Français, un descendant du célèbre 
guerrier, enthousiasmé par le jeu de Larive, lui fit présent d une 
chaîne d or ayant appartenu à Bayard. Le tragédien la donna, peu 
de temps après, au marquis de la Fayette, commandant de la garde 
nationale parisienne. On ignore ce qu'elle est devenue à la mort de 
ce général. Larive épousa, a Bruxelles, la fille aînée de d'Hannetaire 
et divorça quelques années plus tard. 

Ensuite, Fauchard, dit de Grand Menil, qui avait été tour à tour 
avocat au Parlement de Paris, conseiller de l'amirauté et membre 
du conseil de la Comédie-Française. Il obtint des succès flatteurs 
à Bruxelles et entra au Théâtre-Français, en 1790. 

Malgré les plus riantes perspectives, il y eut un léger déficit à la 
fin de l'année. La saison suivante (1772-73) fut moins heureuse 
encore au point de vue financier. Les dépenses augmentaient sans 



Le Théâtre de la Monnaie. — 177 1-77, 



5i 



cesse et, cependant, les appointements des artistes n'étaient pas en 
proportion de leur talent, ainsi que le prouve le tableau suivant : 

Emplois de la comédie. 

Premier rôle tragique et comique. — St-Fal (1) Liv. 6,000 

Fort premier, rois, raisonneurs, etc. — Bursai 4,000 

Père noble, rois, etc. — Vanhove (1) 4,000 

Jeune premier. — X. (2) 3,000 

Premier comique. — Bultos 7,000 

Manteau, financiers, etc. — Pin . 5,000 

Crispin, marquis ridicules et Poisson. — À" 3,600 

Troisième rôle et à récits. — À" 2,000 

Liv. 34,600 

Mesdames : 

Premier rôle tragique et comique. — M me Bursai Liv. 4,000 

Premier rôle en partage et grande coquette. — M me Goault 6,600 

Reine, mère noble. — À'. 4,000 

Première soubrette. — X 3,600 

Premier caractère et deuxième duègne. -X 3,600 

Deuxième soubrette. — X 1,50° 

Seconds caractères. — X i,5°° 

Liv. 24,800 

Opéra. 

Première haute-contre — X Liv. 6,000 

Seconde haute-contre et Colins. — X 3,000 

Première basse-taille. — Chenaud 4,000 

Première en partage. - Mees 4,000 

Premier Laruette. — Bultos — 

Second Laruette. — Berger .... 2,000 

Mesdames : 

Première chanteuse. — Rogier Liv. 5,000 

Première en double. — Schettiens 2,400 

Rôles de Beaupré et Dugazon. — Mees .... 3,000 

Première duègne. — Goault 

Total général . . Liv. 88,800 



Aujourd'hui, ces chiffres rendraient rêveurs bon nombre d'ar- 
tistes. Nous voyons, en effet, dans cette nomenclature, que l'acteur 
le plus largement payé gagnait par an 7,000 francs, somme équiva- 
lant à celle allouée par mois aux artistes qui tiennent aujourd'hui 
les premiers emplois dans les grands théâtres comme celui de la 
Monnaie. 



{ 1 ) St-Phal et Vanhove devinrent sociétaires de la Comédie-Française. 

(2) Les noms des titulaires marqués X sont restés en blanc sur le document des Archives. 



52 



Le Théâtre de la Monnaie. 



1771-77, 



La troupe de comédie coûtait 59,400 francs; la troupe d'opéra 
29,400 francs. En y ajoutant la dépense pour les chœurs, l'orchestre 
et les frais d'exploitation, on arrive à cette conclusion que le budget 
annuel du Théâtre de la Monnaie, en 1772, était à peu près égal au 
budget mensuel de cette même scène, un siècle plus tard. 

Il convient de placer ici le fac-similé dune affiche dont le rappro- 
chement avec le modèle adopté aujourd'hui sera aussi curieux que 
la comparaison que nous venons d'établir. Cette reproduction a 
les dimensions exactes de l'original. 



¥ 



,**c 



\6ÙL, 



m 



LES COMEDIENS 

ORDINAIRES DE S. A. R. 

Donneront aujourd'hui DIMANCHE, 10 Mai 1772 , 

NINETTE A LA COUR, 

Opéra en deux Acles , précédé do 

L'ECOLE DES MARIS, 

Comédie en trois Aftes de MOLIERE. 

OB prendra aux premières Loges & Parquet une Couronne neuve ; aux fécondes" Loges utfe demi- Couronne*, 
aux Loges du Parterre quatre Efcalins, ou vingt Efcalins en louant la Loge pour fix perfoffiies; & à la grande 
du fond trois Efcalins par perfonne; aux troifiemes Loges & Parterre deux JËftalins. -, à l'Amphithéâtre & aux 
Loges du 'quatrième Hang un Efcalin , & fix Efcalins pour la Loge entière. 

Ceux gui voudront retenir des Loges ou s'abonner , pourront s'adrejfer au Sieur J ANE AU, Receveur 9 rue des 

Boiteux, près l'a Blancherie. 

Par ordre de S. A. R- la Livrée n'entrera pas, même en payant, 
ON COMMENCERA A SIX HEURES PRECISES. 




— WK 



?*^ 



De l'Imprimerie de J. L. DE BOUBERS, 






Le Théâtre de la (Monnaie. — 1771-77. 53 



Ce programme eût été difficilement plus laconique. Pas de détails 
sur la richesse de la mise en scène, des décors, des costumes, des 
ballets. Pas même de distribution de rôles. Cette disposition avait 
du moins l'avantage de n'humilier personne. La Comédie-Française 
n'a-t-elle pas pris la sage mesure de composer ses affiches en ne 
tenant compte ni du succès d'un artiste, ni de l'importance de son 
rôle dans la pièce et en plaçant les comédiens d'après l'ordre 
d'ancienneté? Et, en 1888, n'a-t-on pas vu à ce môme Théâtre de 
la Monnaie, la troupe du duc de Saxe-Meiningen mettre tout le 
monde au même rang et pousser le scrupule jusqu'à retirer à un 
artiste le rôle dans lequel son succès arrivait à éclipser celui de ses 
camarades? 

Cette affiche annonce le spectacle pour six heures. Selon les dis- 
positions en vigueur, on devait commencer à 6 h. 1/4 au plus tard, 
et on ne pouvait finir avant 8 h. 3/4 ni au delà de 9 h. 1/4. « Alors, 
les honnêtes gens rentraient chez eux pour souper. Les autres 
allaient au foyer rejoindre les actrices et passer une partie de la 
nuit au jeu. » 

Les directeurs, découragés sans doute par l'état financier du 
théâtre, ne se gênaient guère pour enfreindre sans scrupule ces 
règlements et le spectacle finissait tantôt avant, tantôt après l'heure. 
Ils n'eurent plus aucun souci de leurs engagements et demandèrent 
même à se désister ; autorisation qu'ils n'obtinrent pas. On leur 
accorda cependant la suppression du ballet, dont les frais étaient 
assez considérables; mais ce ne fut qu'un allégement peu sensible. 



Malheureusement, l'année suivante (1773-74) n'est guère plus 
florissante. 

Voici, d'après le compte du receveur Maisier, le relevé des appoin- 
tements du personnel. Les chiffres représentent des florins de 
Brabant, et le florin valait fr. 1.81 de notre monnaie : 

Opéra. — Compain et Fargès, chacun fl. 3,266; Bultos, fl. 2,177; Lecomte, fl. 1,333; 
Dubus, fl. 610; Debatty, fl. 980; Lambert, fl. 762; cTHumainbourg, fl. 163; Caneel et 
Berge, chacun fl. 600; Henri Mees, fl. 200. 

M me Defoye, ensuite M lle Olivier, fl. 2,495 ; Angélique d'Hannetaire, fl. 2,722 ; Durancy, 
fl. 980; cTHumainbourg, fl. 163; Borremans, fl 600; Bouiy, fl. 400. 

Vitzthumb, chef d'orchestre, fl. 3,266. 

Total, fl. 21,317. 



54 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1771-77. 



Ballet. — Bocquet, fl. 650; Lisis, fl. 367; Vincent, fl. 326.; Normand, Vanderlinden, 
Jouardin et Wauthier, chacun fl. 245 ; M mcs Lucile, Gambier et Julie, chacune fl. 163 ; James 
et Rosalie, chacune fl. 122; Marie, ensuite M me Picardeaux, fl. 95. — Total fl. 3,151. 

Pour l'orchestre la somme à payer était de fl. 11,020; elle se 
répartissait entre 33 musiciens. 



Ajoutons les noms des comédiens 

Les sieurs Chevalier aîné et jeune. 
Dazincourt 
Broquin 
dubouleis 
Bocquet 
Etc. 



Les demoiselles Dumarand. 
gonthier. 
lothaire. 
Mauroy. 
Stéphanie. 
Drouin. 
Verteuil 
Thiebaut. 



Les recettes de cette année théâtrale furent de fl. 115,735, les 
dépenses de fl. 121,553, d'où un déficit de fl. 5,818. 



Le 4 avril 1774, ouverture avec la troupe suivante 



Messieurs : 

Chevalier aîné, premier rôle . Liv. 6,000 

Dazincourt, Crispins, Armand, Poisson 4,000 

Bigottini, Arlequins 5,000 

Pin, financiers, manteaux 4,000 

Alex. Bultos, deuxième comique, La Ruette 5,000 

de Soligny, Clairval dans l'opéra 5,000 

de Florence, jeune premier 2,600 

Dubois, rois, pères nobles 2,400 

Calmus, grandes utilités 1,500 

Chevalier, jeune, deuxième et troisième rôle 1,200 

Grégoire, utilités 2,200 

Lambers aîné, Laruette I1500 

Lecomte, rôles accessoires ',500 

Canneel, rôles de convenance 1,600 

De Bat i y, id. 1,800 

H. Mees, id. et pour battre la caisse . . . . Fl. 500 

Berger, utilités 600 

Kl i--kr, id ... 300 

Vincent, figurant et danseur seul Liv. 800 

Fisc, id. 900 

Bocquet, maître de ballets 1,200 

D'Humainbourg, souffleur 1,000 

Jacobs, copiste Fl. 333 — 6 s. 



8d. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 177 1-77. 55 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Le Clair, premier rôle Liv. 6,000 

Calmont, reines, mères nobles 6,000 

Ang. D'Hannetaire, première chanteuse 5,000 

Gontier, première soubrette, et duègne dans l'opéra 4,000 

Dumorand, jeune premier rôle 3»5°° 

Sophie Lhotaire, caractères . 2,300 

Saint-Quentin, deuxième amoureuse 1,800 

De Clagny, id 1,800 

D'Humaimbourg cadette, grandes utilités 1,000 

Borremans aînée, duègnes dans l'opéra FI. 400 

Borremans jeune, première amoureuse d'opéra 600 

Rogier, deuxième amoureuse d'opéra ^50 

D'Humainbourg aînée, danseuse seule Liv. 800 

M. G. VAN MALDERE, violon et pour conduire l'orchestre FI. 760 

Pour l'inauguration de la statue du Prince Charles de Lorraine, 
on donna une comédie héroï-pastorale en 3 actes et en vers : Berthe ; 
paroles de Reynard de Pleinchesne, musique de Philidor, Gossec 
et Botson. 

« Toute la musique, écrivit Vitzthumb à Gossec, en a été trouvée 
charmante, et la pièce eût remporté un succès complet, si le poème, 
que Ton a trouvé un peu froid, avait été goûté du public... Je suis 
on ne peut plus content des morceaux dont vous êtes l'auteur, et 
ils ont été parfaitement accueillis du public, ainsi que ceux de 
Philidor. Il n'y en a pas un dans toute la pièce qui n'ait été 
applaudi. » (1) 

Compain, dans le rôle de Rainfroi, et la séduisante Angélique 
d'Hannetaire, dans celui de Berthe, contribuèrent énormément au 
succès de la pièce. 

La recette, le premier jour, fut une des plus fortes de l'année; 
elle s'éleva à fl. 1,417. 

C'est à ce moment-là que le prince de Ligne, dans ses Lettres sur 

(i) Piot. — Particularités inédites concernant les œuvres musicales de Gossec et Philidor. 



Voici encore quelques-unes des pièces qui furent jouées pendant cette saison : 

1774. — 20 mai, la Rosière de Salency, de Grétry ; — 4 juillet, Aline, reine de Golconde, 
de Monsigny ; — 2 septembre, l'Amoureux de quinze ans, de Martini; — 30 septembre, 
le Faucon, de Monsigny ; — 4 novembre, Ernelinde, de Philidor. 

1775. — 17 janvier, la Fête du coeur, divertissement, à l'occasion de l'inauguration de la 
statue du duc Charles de Lorraine. Personnages : Compain (le magister), M lle Angélique 
(la mariée), Bultos (le bailli). Trois rondes, dont la dernière était de la composition du 
sieur Balbâtre, furent chantées par De Soligny, M mes Gontier, Rogier d'Azincourt et 
Saint-Quentin. 



56 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1771-77. 

les spectacles, vida toute une corbeille de fleurs aux pieds de la 
belle Angélique. Et, au milieu, ce petit compliment gentiment 
tourné : 

Elle fait l'ornement du spectacle; ses sons enchanteurs, sa méthode à présent et son 
goût lui attirent la plus brillante réputation. Sa négligence même a des grâces; et avec son 
air honnête et distingué, elle fait un grand tort à toutes ces actrices qui jouent, chantent et 
mâchent tout, qui s'avancent avec la cadence du grand opéra, qui font des bras partout, et 
qui ont l'air de ne chanter que pour le parterre. 

... La douleur d'Angélique s'embellit encore s'il est possible ; et je l'aime autant désolée 
dans Louise (du Déset teur), que très gaie et malicieuse sans indécence dans Colombine (du 
Tableau parlant). Les ils sont passés deviennent souvent dégoûtants dans quantité de 
troupes de province, son maintien, son naturel charment, par exemple, dans Y Ami de la 
maison. 11 est heureux pour elle de ne pas plus détonner en parlant qu'en chantant Elle 
peut se livrer à tout. Ses cris dans la prose sont justes comme ses airs : et tous ses tons 
parfaits ainsi que sa prononciation. 

Après la représentation de Berthe il y eut, au théâtre, le même 
soir, un bal masqué. Le prince Charles y parut et Compain chanta 
des couplets de sa composition sur F air : Vive Henri IV. 



Compain s étant retiré pour aller débuter à la Comédie-Française, 
Vitzthumb fit l'ouverture tout seul, en avril 1775. 

Acteurs et chanteurs. 

Messieurs : 

Van Hove, rois, pères nobles . . . . Liv. 6,000 

Pin, financiers, paysans, manteaux. . . . 5,000 

Dazincourt, Armand, Poisson, Crispin . . . . . , 5,000 

Bigottini, Arlequins t ... 5 000 

Compain, basses-tailles t , r O00 

Petit, Clairval 5ooo 

Alex. Bultos, Laruette, niais, comiques 5,000 

Callais, deuxièmes basses-tailles 4,000 

Soligny, deuxièmes amoureux ? 000 

Dubois, rois, pères nobles, raisonneurs 2,400 

Dorfeuille, Lekain, Bellecour, Mole 6,000 

Fleury, jeunes premiers rôles, forts seconds 4,000 

Florence, id. 3 ' >00O 

Calmus, rois, pères nobles, raisonneurs ..... 1 800 

Lambert, grandes utilités . 2 200 

De Batty > ld 1,800 

Lecomte, id. I)500 

Berg ^ id 600 



Caneel, id. 



600 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 177 1—77. 



57 



H. Mees, acccessoires et battre la caisse FI 600 

Keyser, accessoires 330 

Dumoulin, coryphée Liv. 600 

Bocquet, maître de ballets 1,200 

Fisse, second maître de ballets . 1,000 

Vincent, danseur seul. . . 800 

D'Humainbourg, souffleur et copiste ..... . . . . 1,000 

Artistes et chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Le Clair, premier rôle .... Liv. 6,000 

Calmont, reines, mères nobles ... 6,000 

Gontier, soubrettes, duègnes dans l'opéra 5,000 

Ang. D'Hannetaire, premier rôle d'opéra 5,000 

Regnault, premières amoureuses 4,000 

Pezey de Fonrose, jeune première, deuxième amoureuse 3,000 

Sophie Lothaire, première confidente .... 2,400 

Saint-Quentin, deuxième amoureuse - 2,400 

De Clagny, id. . . . .... 2,400 

D'Humainbourg jeune, grandes utilités . . 1,500 

J. Borremans, première amoureuse d'opéra FI. 600 

Anne-Marie Vitzthumb, jeune première d'opéra . 500 

Marie-Françoise Vitzthumb, jeune première d'opéra ........ 500 

Rogier, jeune première d'opéra 500 

D'Humainbourg aînée, danseuse seule ... Liv. 800 

Fisse, deuxième danseuse .... 600 

M. VAN MALDERE, chef d'orchestre FI. 760 

Anne-Marie et Marie-Françoise Vitzthumb étaient les filles du 
directeur. Parmi les nouveaux venus, nous remarquons l'Arlequin 
Bigottini qui devait être un acteur de grand talent; du reste, ses 
appointements le prouveraient — si cela prouvait quelque chose — 
car il était payé comme un premier sujet. Fleury fut probablement 
le même qui obtint plus tard un grand succès à la Comédie- 
Française. 

A cette époque, Grétry était le musicien à la mode; on avait 
donné presque tout son répertoire (1). Le 12 mai eut lieu la « pre- 
mière » de son opéra-comique : La Fausse Magie. Cette représenta- 
tion obtint le plus chaleureux accueil du public et valut au direc- 
teur une lettre de Grétry, qui le félicitait et lui exprimait son grand 
désir de venir à Bruxelles. 



(1) Lucile; le Tableau parlant; l'Ami de la Maison; Sylvain; les Deux Avares; l'Amitié à l'épreuve; 
Zémire et Azor ; le Magnifique ; la Rosière de Sabucy. 
A ce répertoire il faut ajouter les « premières » de : 

Les Femmes vengées, opéra-comique, en i acte, de Philidor ( 12 juillet 1 775)- 
Henri IV ou la bataille d'Ivry, drame lyrique en ? actes de Philidor (20 septembre). 
La Colonie, opéra-comique en 2 actes, parodié sur la musique de Sacchini (10 janvier 1 776). 
La Belle Arsène, opéra-féerie en 4 actes de Monsigny (1 9 février 1 776). 



58 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1771-77. 

Une formule & engagement d'artistes, qu'on trouve aux Archives 
Générales du Royaume, nous paraît assez intéressante, dans sa sim- 
plicité naïve, pour que nous la donnions in extenso. Il serait curieux 
d'en faire la comparaison avec les imprimés actuels, espèces de longs 
mémoires, sortes de condamnation pour l'artiste, qui se livre à 
l'entière merci des directeurs : 



Par décret et privilège exclusif de S. A. R. Monseigneur le duc Charles de Lor- 
raine et de Bar, Grand-Maître de l'illustre Ordre Teutonique, Gouverneur-Général 
des Pays-Bas Autrichiens, etc., etc. 

Nous soussignés, Directeurs et Entrepreneurs des Spectacles de Bruxelles, décla- 
rons engager en qualité de notre pensionnaire, et sous le titre de Comédien de 
S. A. R. pour le terme d'une année, qui commencera le lendemain de Pâques mil 
sept cent soixante-quinze, et finira la veille du Dimanche des Rameaux mil 
sept cent soixante-seize, M. Compain des Pierrierer (sic) actuellement à Bruxelles 
pour tenir en chef ou en partage de convenance à notre option V emploi de Cail- 
leau et d'Audinot ainsi que toutes les Basses-Tailles quelconques. 
moyennant la somme de cinq mille livres de France pour son année théâtrale, qui 
lui sera payée par portions égales de mois en mois. Bien entendu que le dit sieur 
Pensionnaire sera obligé de se fournir des Equipages convenables à son emploi, 
de suivre la Troupe en tout ou en partie, en quelqu'endroit qu'on la conduise, de 
se trouver exactement, sous peine d'amende, aux Répétitions et autres Assemblées, 
et enfin de prêter tous ses talens, et de se conformer aux arrangements pris ou à 
prendre pour le bon ordre et le bien être du Spectacle. 

Conditionné très-expressément, que le présent engagement aura la même force 
que s'il étoit passé devant Notaires, et qu'il ne pourra y être renoncé de part ni 
d'autre, sous la clause spéciale de tous dépens, dommages et intérêts. Fait en dou- 
ble sous seings privés et sans intervalle de poste, à Bruxelles ce vingt-cinq février 
mil sept cent soixante-quinze. 

Compain Despierrieres. 



La campagne 1776-77 s'ouvre avec la troupe suivante : 

Messieurs : 

Chevalier, premier rôle , Liv. 6,000 

Van Hove, rois, pères nobles 5,000 

Dazincourt, Armand, Poisson, Crispin 5,000 

Pin, financiers 5,000 

Guitel, seconds rôles comiques 3,000 

Florence, jeunes premiers rôle6 3,000 

Beauval, premiers amoureux d'opéra 5,000 

Alex Bultos, comiques, La Ruette 5,000 

Dupont, premier et deuxième amoureux 4,000 

Dunois, pères nobles 2,400 

Du Saint-Preux, seconds rôles 2,000 

Grégoire Patras, grande utilité 2,200 

Lambert, id. 2,200 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — i 77 i -77 . 59 

Durand, seconde basse-taille FI. 2,500 

Lecomte, grande utilité 1,500 

De Batty, id. . 1,800 

H Mees, accessoires et pour battre la caisse 600 

Canneel, accessoires Liv. 600 

Gillis, id. FI. 400 

Berger, id. , ... 600 

Keyser, id. 330 

Fisse, premier danseur et maître de ballets Liv. 1,000 

Bocquet, maître de ballets 1,000 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Sainville, premier rôle . . Liv 6,000 

Calmart, reines, mères nobles 6,000 

Gontier, soubrettes 5,000 

Pezey de Fonrose, jeune premier 3,000 

De Clagny, seconde amoureuse 3,000 

Dufour, première amoureuse 4,000 

Sophie Lothaire, caractères 2,400 

Saint-Quentin, deuxième amoureuse ... 2,400 

Coche, épouse Van Hove, confidentes, caractères ... 2,000 

D'Humainbourg cadette, deuxième soubrette 1,500 

Anne-Marie Vitzthumb, jeune première d'opéra FI. 500 

Marie-Françoise Vitzthumb, id. 500 

Roussion, id. 400 

Rogier, utilités 600 

D'Humainbourg, première danseuse . . . Liv. 800 

Fisse, seconde danseuse 600 

Grétry, qui avait manifesté plusieurs fois le désir d'assister à une 
représentation de la Monnaie, profita des répétitions de son opéra 
les Mariages Samnites pour venir à Bruxelles. 

Il arrive au théâtre au moment où on exécutait Tune de ses 
œuvres. Tout à coup, il entend des sons étranges, des phrases musi- 
cales inconnues — des corrections enfin ! Une main téméraire, une 
plume sacrilège avait introduit des changements à la partition... 

Vivement irrité de ce procédé, Grétry écrivit de Bruxelles 
(21 août 1776) une lettre dans laquelle, après avoir chaleureuse- 
ment remercié son hôte, il ajoutait : 

Que ne puis-je vous en dire autant de ma musique, Monsieur, mais elle est loin d'être 

aussi satisfaite de vos prétendues corrections Ne comptez plus sur mon retour. Vous 

m'avez banni à jamais du Théâtre de Bruxelles. 

En effet, Grétry ne revint plus ; dans ses Mémoires il ne men- 
tionne même pas son voyage en Brabant, et le nom de Vitzthumb 
ny est pas relaté. 



6o 



Le Théâtre de la (Monnaie. — ilH-ll* 



Pendant cette saison, des représentations flamandes, très suivies, 
avaient été données chaque mois par une troupe qui s intitulait 
Spectacle National. 

Le 15 février 1777, le théâtre est fermé par suite de la faillite 
de Vitzthumb, succombant, comme ses prédécesseurs, sous les 
lourdes charges de cette entreprise, mais non sans avoir lutté 
jusqu'au bout. Son passage eut une heureuse influence sur le 
théâtre, où tout se ressentit du talent et de l'habileté du maître. 
Nous allons, dans quelques années, le retrouver à la Monnaie, en 
qualité de chef d'orchestre. 



Outre les Mariages Samnites on donna : 
Toinon et Toinette, opéra-comique en 2 actes, de Gossec; — Orphée, de Gluck; — les 
Souliers Mordorés, opéra-comique en 2 actes, de Fridzeri ; — Cèphalide ou les autres 
mariages Samnites, opéra-comique en 3 actes, musique de Vitzthumb et Cifolelli, 
paroles attribuées au prince de Ligne, qui avait écrit le principal rôle pour Angélique. 






Pin et Bultos 

(1777.82) 

n privilège de dix ans fut accordé, le 8 août 1777, aux 
acteurs Louis- Jean Pin et Alexandre Bultos, qui s'adjoi- 
gnirent, comme associés, Painget et Sophie Lothaire 
[Marguerite-Louise Odiot de Montroty). Angélique d'Hannetaire 
répondit, pour cette dernière, de la caution qu'exigeait le Gouver- 
nement. 

ARCHIVES GÉNÉRALES DU ROYAUME — CONSEIL PRIVÉ 

Troupe des Comédiens du Théâtre de Bruxelles. Année l'pyç-iySo. 

La demoiselle Ancé . FI. 1,800 

La demoiselle Angélique 6,000 

Le sieur Balaud et sa femme . 1,600 

Le sieur Bellecour et sa femme 6,000 

Le sieur Bercaville 1,200 

Le sieur Berger . . . . 1,200 

Le sieur Brevel, souffleur ... 1,000 

Le sieur Bultos .... 6,000 

La demoiselle Cencts .... 3,000 

Le sieur Champville 3,000 

Le sieur Chardini, cond. des chœurs 800 

Le sieur Chateaufort 2,400 

Le sieur Chaubert 5,000 

Le sieur Chevalier 2,000 

Le sieur Darcourt et sa femme 960 

Le sieur D'Egreville 2,000 

Le sieur Grégoire .... 2,000 



62 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1777-82. 



La demoiselle Hubair, figurante FI. 400 

La demoisePe Leemans, idem 400 

La demoiselle Lorraine, i jem 300 

Le sieur Jouardin père, figurant 500 

Le sieur Jouardin fils, idem ... 300 

Les demoiselles Laurent, mère et fille 5,000 

Le sieur Le Jeune, figurant . 200 

Le sieur Mauvilliers '.500 

Le sieur Menu, accessoire et utilité , 600 

Le sieur Pichot, choriste 600 

Le sieur Pin 6,000 

Le sieur Riou, figurant ... 600 

Le sieur Rogier 1,836 

Le sieur Saint-Fal 5>5°o 

Le sieur Saint-Léger 4,000 

Le sieur Second fils, figurant . 600 

Le sieur Second père, idem . . 260 

La demoiselle Sophie .... 4,000 

Le sieur Vanhove . . ........ *»944 

Le sieur Walville .... 5.000 

Total FI. 85,500 

A ajouter : Créance de Vitzthumb 4,000 

Ensemble .... FI. 89,500 



Le répertoire se composa des pièces classiques et des nouveautés 
de Paris. 

La première année de cette exploitation fut heureuse et se solda 
par un bénéfice de 130 florins et 10 sous. Mais il n'en est pas de 
même pour les suivantes, et, en 1780, les directeurs demandent à 
être remplacés, se plaignant de la défection de leurs meilleurs sujets, 
du départ d'artistes emportant leurs avances, et accusant Saint- 
Léger de leur avoir volé 900 florins. 

A cette époque Bultos crée le Waux-Hall, qui n'était alors qu'un 
simple bâtiment propre seulement aux concerts, et où l'on construi- 
sit, quelques années plus tard, une salle de spectacle. 

Ici se place un fait unique dans ces annales : le Gouvernement, 
fatigué sans doute de cette mauvaise gestion, ordonna la fermeture 
du théâtre pour Pâques 1782. 

Voici le tableau de la troupe à cette période : 



Directeurs : MM PIN et BULTOS, et M" e SOPHIE. 

Acteurs. 
Messieurs : 
Saint-Fal, premiers rôles tragiques et comiques. 
Van Hove, père noble, rois et paysans. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1777-82. 63 

Bursai, premier rôle marqué, raisonneurs et rois. 

Moilin, second amoureux. 

Bultos, premier comique, premier Laruette. 

Armand, Crispin, marquis ridicule. 

Pin, manteaux, financiers et grimes 

Grégoire, seconds manteaux et utilités. 

Vallière, première haute-contre. 

Montrose, seconde haute-contre et troisième rôle. 

Mees, première basse-taille. 

Calais, première et seconde basse-taille. 

Berger, second Laruette et niais 

Mouton, confidents et utilités. 

Darcourt, souffleur et second comique. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Bursal, premiers rôles tragiques et comiques. 
Goault, premier rôle, grande coquette et première duègne. 
Montrose, première soubrette. 
Murson, caractère et seconde duègne. 
Armand, soubrettes en partage. 
Rogier, première chanteuse. 
Scheltjens, première chanteuse en double. 
Mees, emploi de Dugazon et Beaupré. 
Lochon, seconde chanteuse et seconde amoureuse 
Devienne, seconde soubrette. 
D'Humainbourg, confidentes et second caractère. 

Ballet 

Gambu, maître de ballet et premier danseur. 
Perolle, premier figurant et premier danseur. 

VITZTHUMB, maître de musique et de l'orchestre. 





Alexandre et Herman Bultos 



(1782-87) 




n même temps qu'on révoquait la direction, l'Empereur 
Joseph II accordait un octroi de dix ans aux frères 
Alexandre et Herman Bultos, sauf le droit de résiliation 
après cinq années. 

Les obligations des nouveaux directeurs étaient plus grandes, et 
les conditions qu'on leur imposait formaient déjà un véritable 
cahier des charges. 

Ils établirent au Waux-Hall une sorte d'école dramatique, où 
ils faisaient jouer des enfants de sept à quatorze ans, en dépit des 
réclamations de l'Archevêque de Malines. On y donna même des 
opéras. Les directeurs, encouragés par le succès qu'obtenait ce petit 
Conservatoire, demandèrent l'autorisation de produire leurs élèves 
sur la scène du Grand-Théâtre ~ ce qui leur fut accordé. 

Mais toutes ces entreprises honorifiques manquèrent de ruiner 
les frères Bultos, qui se virent dans l'obligation de s'allier avec une 
société dirigée par Cupis de Camargo. 

La nouvelle combinaison fut tout aussi malheureuse, et accusa, la 
première année, une perte de 2,795 florins. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1782-87. 65 

Un document assez curieux — le relevé des abonnements — nous 
permet d'établir le prix des places : 



Loges de premier rang .... 112 florins par an. 

» de second rang 84 » » 

et 1 12 florins pour le 
balcon et les lorgnettes 

» de troisième rang 70 florins par an. 

» de quatrième rang 31-6 » » 

Basses-Loges 63 » » 



Un rapprochement entre ces chiffres et les sommes perçues 
aujourd'hui montrerait que les appointements des artistes ne sont 
pas seuls augmentés. 

TABLEAU DE LA TROUPE (1784). 

Tragédie et Comédie. 

Acteurs. 

Messieurs : 
Dufresnel, roi, père noble. 

Garnieb, ) . ... 

> premiers et jeunes premiers rôles. 
Julien, ) 

Bursay, seconds rois, raisonneurs, rôles de caractère et de convenance. 

Berville, seconds rôles. 

Du Sauzin, des amoureux, des troisièmes rôles 

Bultos, premiers comiques et rôles de caractère 

Saint-Vair, premier et second comique. 

Calais, les financiers, paysans, manteaux. 

Grégoire, rôles dans les mêmes emplois et grandes utilités 

Mouton, confidents et utilités. 

Darcourt, seconds comiques, utilités, souffleur. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Calmont, reines, mères nobles et caractères. 
Bursay, premiers et jeunes premiers rôles. 
Berville, des premiers rôles, les grandes coquettes. 
Bergné, jeunes premiers et seconds rôles. 
Leemans, seconds rôles. 
Devienne, première soubrette 
D'Humainbourg, seconds caractères, confidentes. 
Dubuisson, des soubrettes. 
Flavier, des amoureuses. 
Darcourt, des rôles d'utilités. 
Folly mère, des accessoires. 
Folly fille, des rôles d'enfants. 



66 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1782-87 

Opéra 

Chanteurs. 



Mees, j .. . ... 

_ _ ) premières basses-tailles. 

Du Sauzin, ) 

Saint-Léger, première haute-contre. 

Defonds, premier et second rôle de haute-contre. 

Bultos, premiers rôles de taille et autres. 

Calais. ) 



secondes basses-tailles. 
Grégoire, basse-taille accessoire. 



Desbatty, j ) 



et chœurs. 
Mouton, taille accessoire. ( 

La Rivière, basse-taille accessoire. ] 

Canel, haute-contre accessoire. ' 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Rogiers, ) ., , 

} premières chanteuses. 
Clairville, ) 

Le Roi, première duègne. 

Mees, \ .. . n , . 

> jeunes premières et secondes chanteuses. 
Begué, ) 

Darcourt, seconde duègne \ 

Leemans, ) ., > et chœurs. 

\ rôles accessoires i 
Canel, ) ' 

Keyser, 



, dans les chœurs. 

FOLLY. 



Ballet. 



Messieurs : Devos et Gambu, maîtres des ballets et premiers danseurs dans les deux genres, 
Mademoiselle : D'Hdmainbourg, première danseuse. 
Madame Devos, danseuse seule. 

Orchestre : M. VITZTHUMB, maître de l'orchestre et de musique. 



ABONNEMENTS AUX LOGES AVEC LES NOMS DES TITULAIRES 

Relevé établi, le 26 décembre lyS^ par le caissier UOrtye. 

Premier rang. 

Arg. cour, de Brabant 

Loges 1 et 2. LL. AA. RR 10,000 

3. A/ de la C sse de Cruykenbourg 672 

\ Service de la Cour \ 

5- ) I — 

6. Le Baron de Hop 672 

7. Milord S. Alban 672 

8. M dc Povis 672 

9. Loge à feu Prin se de Ligne p. 8 p. . 896 

10. l.e Baron Van Werde 672 

A reporter. . FI. 14,256 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1782-87, 



67 



Report . . FI. 14,256 

Loges 11. La Baronne de Celles 672 

12. A/ de de Bartenstein 672 

13. Le Baron de Cazier 672 

14. A/ de hlancho 672 

i~5. M de de Bustancy 672 

16. M. de Sansberg 672 

17. Loge à feu la D sc D'Arenberg, 8 p 896 

Balcon à droite et S. E. le Ministre — Lorgnette 1 ,953 

Id. à gauche le prince de Gavre, 8 p 896 

Lorgnette, la Duchesse d'Ursel, 4 p 448 

Total . . FI. 22,481 



Second rang. 

Arg. cour, de Brabant 

Loges 1. Loge à feu la P sse Stolberg, 8 p 896 

2. Service de la Cour — 

3. Mad. Termere 504 

4. Mad. Fraumendinst 504 

5. D se du Chastelair 504 

6. La Baronne de Renette 504 

7. Mad. Walckiers 504 

8. La Vicomtesse de Prêt 504 

9. A feu M. de Wœstenraedt, 8 p 896 

10. La Comt se de Wargemont 504 

11. Mad. Vanden Broeck 504 

12. M. le Chancelier 504 

13. M. Vandermeulen 504 

14. M. de Ribeaucourt 504 

15. M. de Roust 504 

16 La Comtesse Vandernoot 504 

17. A feu la Comt 3ae de Lanoy, 8 p 896 

Balcon à droite. M. Torrington, 8 p 896 

Lorgnette à droite. M. Fierlant, 4 p 448 

Balcon à gauche. Le duc d'Arenberg 896 

Lorgnette à gauche. M. de Proli 448 

Total. . . FI. 11,928 



Loges 



Troisième rang. 

Arg cour, de Brabant 

1. Mad. Helin 420 

2. Mad. de Wouman 420 

3. Mad. Kerrenbroeck 420 

4A. M. Huys de Thy, 3 p 210 

4B Mad. de Fine, 3P 210 

5A. M n e de la Salle 210 

5B. Marquis de Chasteler 210 

6. M. de Rynegom 420 

7A. M lle de Rynegom, 3 p 210 

7B. M. le Comte Duras 210 

A reporter . FI. 2,940 



68 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1782-87. 

Report. . . FI. 2,940 

Loges 8A. Le C te Despinoy 210 

8B. M. De Vues 210 

9A. Le C te de Maldeghem, 4 p 280 

9B. M. Prend' homme d'Aily, 4 p ■ 280 

10. M. de Limpens 420 

11. M. de Bûcher 420 

12A. Chev de Celles 210 

12B. Mad. d'Aspin 210 

13A. M u 'Calten 210 

13B. M Roelants 210 

14. N 4 2 ° 

15A. M. Hodister 210 

15B. M. Cruybeck 210 

16. M. Pangaert 4 20 

17. M. Van Castel 420 

Balcon à droite. M. Foricourt, 8 p 560 

Lorgnette à droite. Comte Vanderdilft 210 

Balcon à gauche. M. Schouten 5 6 ° 

Lorgnette à gauche. M lle Agatine 210 

Total. . . FI. 8,820 
Quatrième rang. 

Arg cour, de Brabant 

Loges 1 A. M. De Nez, 3 p 94-10 

iB. M. Delfosse 94 — 10 

2A. M.DeMoor 94 — 10 

2B. M. De la Close 94 — 10 

3A. M. Cautem 94-10 

3B. N 94—10 

4 A. N 94—10 

4 B. M. Hipolite 94—10 

5. M. Weemals, 6p 189—0 

6A. M Ue Borremans 94—10 

6B. M. Perrety 94— '° 

Loge à la disposition des directeurs . 

Loge des figurans 

Loge des valets de pied de la Cour 

Loge des parents d'acteurs ~ 

Total. . . FI. 1,134-0 

Basses-Loges. 

Ar#. cour, de Brabant 

Loges 1. Le Vicomte de Sandrouin, 4 p 334 '6 

2. Le Ducd'Ursel,4P 4'0 — 

3 et 4. Loges des Comédiens 

5. N. . . 6 p ?7 8 — o 

6. N. . . 3 p 189—0 

7. N. . . 3 p l8 9— o 

8. A la direction 

9. A l'av 1 de la direction 

A reporter. . . FI. 1,501 — o 



Le Théâtre de la ^Monnaie. 



1782-87, 



69 



Loges 



Report, 



0. M. Griez, 4 p. 

1. N. . . 4 p 



2. N. 

3. N 

4. N. 



4 p. 
4 P- 



4 P 



5 

6. M. Verjau, 3 p, 

7. N. . .3p.. 



8. N. . .6p.. 

9. M. Bos. 3 p. . 

20. M Serclas, 3 p 

21. M. Knops, 3 p. 

22. N. . . 6 d. 



23. Mad, Clément, 4 p. 

24. Mad. Robiano, 3 p. 

25. Baron de Feltz, 6 p. 

26. Dillen, 4 p. . . 



Total. . 

Récapitulation. 

Total des Premières Loges 

Id. de Secondes Loges .... .... 

Id. des Troisièmes Loges 

Id. des Quatrièmes Loges 

Id. des Basses Loges de parquet et parterre 

Total général. 

Signé : L'Ortye. 

(Archives Générales du Royaume. — Secrélarerie d'État et de Guerre. — Porte- 
feuille n° 447.) 



FI. 1,501 o 
252—0 
252—0 
252 - o 
252—0 
252 — o 

189—0 
189 — o 
378 — o 
189 — o 
189 — o 
189 — o 
378 — o 
252 — 
150 o 

378—0 
334—16 

FI. 5,576-i6 



FI. 22,481—0 

— 11,928 — o 

— 8,820—0 

— 1,1 34 — o 

— 5,576—16 

FI. 49,939—16 



Le 17 mai 1784, un nouveau règlement, très complet cette fois, 
fut décrété, et on nomma le sieur Chavée, officier de police, pour 
le service intérieur du théâtre. Il recevait des directeurs l'ordre 
d'emprisonner les artistes récalcitrants. C est ainsi qu il eut à 
interner, à la porte de Laeken, Chàteauneuf, qui avait refusé de 
jouer le rôle de Fabio. 

Vers cette époque on résolut de reconstruire le théâtre. L'archi- 
tecte de Wailly avait élaboré des plans. On en renvoya l'exécution, 
et, quelques années plus tard, il demanda la nomination d'un 
comité chargé d'étudier son projet. Mais aucune suite n'y fut 
donnée. 



70 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1782-87. 



Aujourd'hui samedi 24 février 1786, grand concert spirituel, au bénéfice des 
pauvres, à l'occasion de l'heureuse arrivée de leurs Altesses royales à Vienne. 

On y exécutera : 

Le Te Deum de la composition du sieur Gossec. 

Un motet à trois voix du même auteur. 

La Nativité, oratoire du même auteur. 

Les parties récitantes seront chantées par les chanteurs et chanteuses de la troupe 
de LL. AA. RR., et ces morceaux seront coupés par différentes symphonies. 

On prendra aux premières loges et parquet une demi-couronne; aux secondes 
loges, trois escalins, aux troisièmes loges, parterre et loges de parterre, trois pla- 
quettes et au quatrième rang, 5 sols. 

N. B. Il sera délivré à toutes personnes qui prendront des billets de parquet et 
de premières loges, trois cartes à distribuer aux pauvres. 

A celles qui prendront des billets de secondes loges deux cartes. 

A celles qui prendront des troisièmes loges, parterre et loges au parterre, une 
carte. 

Il sera pareillement délivré une carte à toutes personnes qui prendront deux billets 
de quatrième rang. 

Le dimanche 26 février 1786, à 8 heures du matin, il sera distribué à la porte du 
grand spectacle, pour ch jeune des cartes qui y seront représentées, un pain blanc 
de trois sols et deux livres de viande. 

C'est au grand théâtre de la Monnaie. 

On commencera à six heures précises. 

De l'imprimerie d'Emmanuel Flon, rue des Frippiers. 



TABLEAU DE LA TROUPE (1786-1787). 

Acteurs. 
Messieurs : 

De Ciiampmélé, rois et pères nobles. 

Adam, premier rôle. 

Bursay, seconds rois, raisonneurs, rôles de caractère et de convenance 

Riquier, jeunes premiers et seconds rôles. 

Du Sauzin, des amoureux et des troisièmes rôles. 

Saint-Vair, premier comique. 

De la Sozelière, les rôles à manteaux, financiers et paysans. 

Calais, rôles dans les minces emplois et grandes utilités. 

Vernet, des seconds et troisièmes amoureux. 

Maréchal, seconds comiques et utilités 

Le Jeune, les confidents et utilités. 

Grégoire, des grimes et la grande utilité. 

La Rivière, des rôles accessoires. 

Bursay fils, les rôles d'enfants. 

Virion, souffleur. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Bursay, les premiers et jeunes premiers rôles. 
Fleury, seconds rôles. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1782-87. 71 



Bertheas, première soubrette 

Duquesnois, les rôles d'ingénuités. 

De la Sozelière, les caractères, mères nobles. 

Adam, des premiers caractères. 

D'Humainbourg, les secondes soubrettes, seconds caractères, confidentes et utilités. 

D'Humainbourg nièce, les rôles d'enfants. 

Opéra. 

M. VITZTHUMB, maître de musique et de l'orchestre. 

Chanteurs. 

Mees, j 

r- c \ premières basses-tailles. 

UU bAUZIN, ) l 

Du Quesnois, j 

r> > premières hautes-contres. 

Kiquier, ) r 

Calais, ) 

p. > secondes basses-tailles. 

uesbatty, ) 

Grégoire, 1 

r p ( basses-tailles accessoires. 

Pauwels, haute-contre accessoire. 
Fontaine, taille accessoire. 

Chanteuses . 

Mesdames, Mesdemoiselles : 

Riquier, ) 

^ l premières chanteuses. 

Cretu, ) 

Fleury-Delignie, des premières et secondes amoureuses. 

Mees, emplois de première dugazon et seconde chanteuse. 

Le Roy, première duègne. 

Blondel, seconde duègne. 

Ballet. 

Messieurs : 

Le Fèvre, maître des ballets et premier danseur. 

Jouardin, ) 

«, rT > seconds danseurs. 

Van Hamme, ) 

Mesdemoiselles : 

Mercier, ) 

i-v,!, > premières danseuses 

L) HUMAINBOURG, ) 



Voici, d'après M. Delhasse, celles des pièces portées au répertoire, antérieurement au 

temps où nous sommes arrivés et qui n'ont pas été indiquées déjà : 

Alceste, de Gluck; — Alexis et Justine, de Dezède; — l'Amant corsaire, du marquis de 
Lasalle; — l'Amant déguisé, de Philidor; — V Amant Jaloux, de Grétry; — l'Amant 
statue, de Dalayrac ; — les Amours de Gonesse, de Laborde ; — l'Anneau perdu et 
retrouvé, du même; — l'Aveugle de Palmyre, de Rodolphe; — Aucassin et Xicolctte, 
de Grétry; — le Baiser, de Champein; — la Belle Esclave, de Philidor; — la Bergère des 
Alpes, de Kohault; — Biaise et Babet, de Dezède ; — le Bon Fils, de-Phibdor; — la 
Caravane du Caire, de Grétry; — Castor et Pollux, de Rameau; — la Clochette, de 



72 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1782-87. 

En 1787, Alexandre Bultos mourut. Il fut très regretté pour son 
talent et « ses belles manières ». Herman termina seul la saison 
théâtrale, et ainsi s acheva la direction des deux frères. 

L'année suivante, le survivant s'adjoignit le comédien P. A. 
Adam. 



Duni ; — Colinette à la Cour, de Grétry; — le Comte d'Albert, du même; — la Coquette 
de village, de St-Amans ; — le Dépit généreux, de Laruette; — le Déserteur, de Mon- 
signy ; — les Dettes, de Champein ; — les Deux Compères, de Laruette ; les Deux Cou- 
sines, de Desbrosses; — les Deux Jardiniers, de Chapelle; — les Deux Talents, de 
d'Herbain; — les Deux Tuteurs, de Dalayrac ; — Didon, de Piccini; — le Directeur dans 
l'embarras, de Cimarosa, pastiché de l'italien ; — la Dot, de Dalayrac; — le Double 
déguisement, de Gossec ; — l'Epreuve villageoise, de Grétry ; — l'Erreur d'un moment, 
de Dezède; — l'Esprit du jour, d'Alexandre; les Evénements imprévus, de Grétry; — 
la Fausse Peur, de Darcis ; — la Fausse Veuve, de St-Amans; — le Faux Lord, de 
Piccini; — Félix, de Monsigny; — les Femmes et le secret, de Vachon ; — le Fermier 
cru sourd, de Martini; — Fleur d'épine^ de M me Louis; — le Fleuve de Scamandre, de 
Barlhélemon ; — Guy de Chêne, de Laruette ; — l'Indienne, de Cifolelli; — l'Infante de 
Zamora, parodiée sur la musique de la Frascatana de Paisiello; — Iphigénie en Aulide, 
de Gluck; — Iphigénie en Tauride, du même; — Isabelle de Rosalvo, de Propiac ; — 
le Jardinier de Sidon, de Philidor; le Jugement de Midas, de Grétry; — Julie, de 
Dezède ; — l'Huître et les Plaideurs, de Philidor; — le Huron, de Grétry; — le Mariage 
par capitulation, de Rodolphe; — la Mèlomanie, de Champein; — les Moissonneurs, de 
D un i ■ — l a Négresse, de Lescot ; — Nicaise, de Bambini ; — le Nouveau Marié, de Bac- 
ce lli- — l a Nouvelle Ecole des femmes, de Philidor; — les Nymphes de Diane, de Mou- 
linghem ; — l'Olympiade, de Sacchini (de l'italien) ; — Orphée, de Gluck ; — Panurge, 
de Grétry; — Perrin et Lucetle, de Cifolelli; — la Pipée, de Clément, opéra parodié 
sur // Paratajo, de Jomelli ; — le Porteur de chaises, de Dezède; — Psyché et l'Amour, 
de St-Amans; — le Retour de Tendresse, de Méreaux; — le Rendez-vous, de Duni; — 
le Rendez-vous bien employé, de Monsigny; — la Ressource comique, de Méreaux; — 
Richard Cœur-de Lion, de Grétry; — Roland, de Piccini; — les Sabots, de Duni; — 
Sara, de Vachon; — Silvie, de Berton et Trial; — Sophie, de Kohault; — le Strata- 
oème découvert, de Dezède; — Themire, de Duni; — les Trois Fermiers, de Dezède; — 
le Trompeur trompé, de Biaise; — l'Union et l'amour des Arts, de Floquet; — la Veuve 
indécise, de Duni; — Zélie et Lindor, de Rigade. 





H. Bultos et P. Adam 



LA MONTANSIER 



(1787-96) 




a nouvelle association commence son règne alors que les 
préludes de la Révolution se font déjà sentir. C'est la 
période tourmentée de Bruxelles, qui reçut le contre- 
coup du mouvement révolutionnaire français. 

Les trois premières années de cette entreprise furent les trois der- 
nières où la troupe porta le titre de : 



LES COMEDIENS ORDINAIRES 

DE S. A. R. LE PRINCE CHARLES DE LORRAINE 



Voici la nomenclature de ces artistes 



Régisseur : M. LA CROIX. 

Tragédie et Comédie. 

Acteurs. 
Messieurs : 

Champmélé, rois et pères nobles. 

Adam, les premiers rôles et forts jeunes premiers. 

Dupont, les jeunes premiers. 



74 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 

Floribel, les jeunes premiers. 

Bursay, seconds rois, raisonneurs, rôles de convenance. 

Dusauzin, les troisièmes rôles 

Saint-Vair, premier comique. 

Marchal. second comique. 

De la Sozelière, les rôles à manteaux, financiers et paysans. 

Calais, rôles dans les mêmes emplois. 

Vernet, des seconds et troisièmes amoureux et des confidents. 

Bursay fils, les rôles d'enfants. 

Virion, souffleur. 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Bursay, les premiers et forts jeunes premiers rôles. 
Guérin, jeune première et seconds rôles. 
Duquénoy, des secondes amoureuses et ingénuités. 
Pierson, des secondes amoureuses. 
Bertheas, première soubrette. 

De la Sozelière, des mères nobles, les caractères et confidentes. 
Adam, des caractères. 

D'Humainbourg, les secondes soubrettes, des confidentes et seconds caractères, 
D"Humainbourg nièce, rôles d'enfants. 

Opéra. 

Chanteurs. 
Messieurs : 
Mees, première basse-taille. 

Dusauzin, les secondes basses-tailles et des Laruette. 
Duquénoy, première haute-contre. 
De Molière, seconde haute-contre. 



Saint-Far, les Laruette et Trial. 



Chanteuses. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Mees, emploi de première dugazon et seconde chanteuse, 
Duquénoy, des secondes et jeunes amoureuses. 
Guirardy, utilités. 

M. Borremans, répétiteur des chœurs. 

Ballet. 

M. Le Dait, maître des ballets et premier danseur. 
M Uc Mercier, première danseuse. 
M. Langloy, répétiteur des ballets 

M. V1TZTHUMB, maître de musique et de l'orchestre. 



Principales nouveautés du répertoire : Nina ou la Folle par amour, de Dalayrac; — Renaud 
l [st, de Dalayrac; — Ozemia ou les Sauvages, de Dalayrac; — Œdipe à Colonne, 
opéra en 3 actes, de Sacchim ; — le Roi Théodore à Venise, 3 actes, de Paisiello; — le 
Droit du Seigneur, opéra -comique en 3 actes, de Martini; — le Corsaire, de Dalayrac; — 
le Mystificateur mystifié, 3 actes, de Duquesnoy; — les Deux petits Savoyards, de 
Dalayrac; — le Maître généreux, opéra en 3 actes, de Paisiello. 




RÈGLEMENT 

Pour le maintien de la Police et du bon ordre au grand Théâtre de Bruxelles, 
prescrit par les Messieurs du Magistrat de la même FUI& 

Le 29 Mars 179a 

Ô&TICLE PREMIEE* 

X\_Ucu ne personne, étrangère au Spectacle ne pourra, sous aucun prétexte, être admise 
aux Répétitions, ni assister à la formation du Répertoire, qui devra se faire le Vendredi 
de chaque semaine, à dix heures du matin précises; sauf cependant l'Intervention des per- 
eonnes qui pourroient se rendre soit aux Répétitions , soit à la formation du Répertoire 
far ordre ou par commission du Magistrat. 

I I. 

Tous les Acteurs et Actrices, sans distinction, devront se trouver à la formation du 
Répertoire , et ne pourront se retirer avant la distribution des Pièces , à peine d'une Cou- 
ronne d'amende. 

ï II 

Les Directeurs devront présenter le Samedi ou le Dimanche âti matin leur Répertoire 
aux Eclievins Commissaires députés pour les affaires du Spectacle , et ces Répertoires ne 
pourront ensuite jamais être changés sans leur permission, et en cas qu'il survienne quel- 
que changement après que la pièce aura déjà été annoncée, les Directeurs devront faire 
. nnoncer ce changement au Théâtre avant que de commencer la Réprésentation. 

I V. 

Les Acteurs et Actrices ne pourront en aucune manière réclamer quelque régie ou usage 
< ; e Théâtre étrangers, pour se dispenser de jouer aucuns Rôles, sous prétexte qu'ils ne 
i eroient pas de leur emploi, mais ils devront se conformer à ce qui sera déterminé à cet 
é^ard par la Direction. 

V. 

La Direction ne sera tenue de fournir les pièces, et de faire copier les Rôles , que pour 
les pièces nouvelles. 

V I. 

En cas de changement du Répertoire , aucun Acteur ou Actrice ne pourra refuser les 
r iéces qui auront été jouées par eux dans le courant du mois, qu deux fois dans l'année, 
à peine de dix Couronnes d'amende. 

V I I 

Aucun Acteur ou Actrice ne pourra faire doubler son Rôle par quelque autre , sans l'aveu 
çt le consentement exprès de la Direction, à peine de quatre Couronnes d'amende. 

A 



jà Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 

Le Théâtre de la Monnaie fut, pour ainsi dire, .un foyer de mani- 
festations révolutionnaires : chaque fois que le public trouvait dans 
une pièce quelque situation rappelant les événements du jour, il 
soulignait bruyamment l'allusion. 

Après les premiers combats, en pleins troubles, Van der Noot fait 
son entrée à Bruxelles. Le soir, il se rend au théâtre, où on lui fait 
une ovation, et Henri Mees chante, en son honneur, des couplets qui 
devinrent bientôt populaires. 

Plus tard, Van der Mersch assiste à une représentation où il est 
l'objet de démonstrations enthousiastes. On fait recommencer pour 
lui Bnitus, la tragédie de Voltaire, qui contenait plusieurs passages 
tout à fait en situation. 

On joua aussi des pièces de circonstance : La Récompense patrio- 
tique, opéra-comique en un acte — L'Ombre de Joseph II, à l'occa- 
sion de la mort de cet empereur — une parade portant le titre : Quel 
parti faut-il prendre? dont le thème était l'établissement d'un Gou- 
vernement constitutionnel et représentatif, comme l'indique assez le 
couplet suivant : 

Le parti le plus sûr que Ton puisse adopter, 
Pour notre Etat naissant qu'il faut consolider, 
C'est d'éviter la guerre et de fuir tous extrêmes. 
Libres et réunis, gouvernons-nous nous-mêmes, 
Mais, sans avoir un Maître, ayons un Souverain. 

Puis, en l'honneur de LL. AA. RR., rentrant à Bruxelles — après 
le règne de Van der Noot, — on trouve une pièce intitulée : 
L'Impromptu du Cœur et renfermant plusieurs épigrammes qui 
furent saisies au vol. 

Enfin, une satire dirigée contre Van der Noot : Les Nourrissons 
de Schaerbeek. 

Voici, dans son originalité, un écrit du temps, publié par l'Ami 
des Hommes (de Beaunoir) : 

...Les feus héros Brabançons ont fait un arrête dans les cafés, de ne plus souffrir de 
c<>carde> blanches, mais malheureusement M le général Bender a été d'un autre avis, et a non- 
seulement protégé les cocardes blanches, mais a même donné l'ordre que les comédiens la 
portassent quand ils joueraient des rôles en uniforme. Cet ordre a privé la ville de Bruxelles 
de voir sur son théâtre le fameux capitaine Beaulieu, non le héros Autrichien, digne frère 
d'armes des Bender et des Keul, mais le héros de la garde nationale parisienne, et le rival 
de Bordier le pendu. Les directeurs du spectacle de Bruxelles, grands amis, et grands pro- 
tégés de Van der Noot, qui leur avait accordé l'octroi de la comédie, pour payer à sa cendre 
un tribut patriotique, avaient fait venir à grands frais, de Paris, le capitaine Beaulieu, acteur 
des Variétés, pour donner aux bons Brabançons les charmantes pièces de Jean-Bête et de 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 77 



Nicodème, chefs-d'œuvre dramatiques de la révolution, et dans lesquelles le capitaine français 
est, dit-on, sublime. Toute la jeunesse bruxelloise se faisait fête de claquer l'histrion patriote : 
mais hélas ! le capitaine s'étant permis en public des plaisanteries sur la cocarde blanche, et 
ayant voulu faire l'apôtre de la propagande, a reçu l'ordre de M. de Bender d'aller clans les 
vingt-quatre heures faire Jean-Bête et Nicodème à Paris En vain les directeurs ont employé 
tous les ressorts démocratiques pour le faire rester; le héros qui craint le Knout, est parti 
en poste, et a emporté l'argent des directeurs, et les regrets des lionceaux. 



En 1790, la troupe porte le nom de : 



Les Comédiens Ordinaires de la ville de Bruxelles 



Dans un nouvel octroi, pour un terme de vingt années, accordé à 
Bultos et Adam (24 mars 1791), on rencontre les clauses suivantes, 
qui démontrent clairement une intention persistante de construire 
un nouveau Théâtre. 

Art. 1. — Ils rebâtiront et construiront dans le terme d'un an à compter de la date du 
présent octroi une salle de spectacle dans le bâtiment qui est actuellement destiné à cet 
usage ou dans tel autre emplacement que notre gouvernement trouvera bon d'agréer. 

Art. 2 — Et comme les suppliants ont présenté un plan de cette nouvelle salle, ce plan 
devra être soumis à l'examen de l'architecte Wailli, pour être corrigé et amélioré et ensuite 
agréé par notre gouvernement. 

L'architecte de Wailly, qui ne se décourageait pas, présenta de 
nouveaux dessins, d'après lesquels le Théâtre aurait été construit 
sur l'emplacement occupé par 1 ancien Palais de Justice; ce projet 
fut repoussé. 



COMÉDIENS DE LEURS ALTESSES ROYALES 



Régisseur : M. LA CROIX. 

Tragédie et Comédie. 

Acteurs. 

Messieurs : 

Champmélé, rois et pères nobles. 

Adam, les premiers rôles, fort jeunes premiers. 

Massein (sic), les jeunes premiers. 

Bursay, seconds rois, raisonneurs, premiers rôles de caractère et de convenance. 

Dusauzin, les troisièmes rôles. 

Saint-Vair, premier comique. 



78 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 



Maréchal, second comique. 

Calais, les rôles à manteaux, financiers et paysans. 

Vernet, les seconds et troisièmes amoureux, et des confidens. 

La Rivière et Desbaty, les rôles accessoires et utilités. 

Bursay fils, les rôles d'enfans. 

Virion, souffleur. 

Actrices. 
Mesdames : 
Bursay, les premiers et fort jeunes premiers rôles. 
Brûlot, jeunes premières et seconds rôles. 
Duquesnoy, les secondes amoureuses et ingénuités. 
Pierson, des secondes amoureuses. 
Bertheas, première soubrette. 

Camille, des mères nobles, les caractères et confidentes. 
Adam, des caractères. 

Opéra. 

Acteurs. 
Messieurs : 
Mees, première basse-taille. 

Dusauzin, les secondes basses-tailles et des Laruette. 
Duquesnoy, première haute-contre. 
Mausot et Mélangez, secondes hautes-contres. 
Calais, Maquatre et Desbaty, secondes basses-tailles. 
Bergamini et Guilmino, les Laruette et Trial . 
La Rivière, basse-taille accessoire. 
Borremans, taille accessoire. 
Gilis et Pauwels, hautes-contres accessoires. 

Actrices 
Mesdames : 
Guilmino et Bocquet, premières chanteuses. 
Mees, emploi de première dugazon et seconde chanteuse. 
Duquesnoy, des secondes, et jeunes amoureuses. 
Le Roy et Saint-Vair, Duègnes. 
Guérardy, utilité. 
M. BORREMANS, répétiteur des chœurs. 

Ballet 

MM. Ledait, maître de ballet et premier danseur. 

Jouardin, second danseur. 

Langloy, répétiteur des ballets. 
M lle Mercier, première danseuse. 
M. PARIS, maître de musique et directeur de l'orchestre. 

C'est pendant cette année que M" c Thenard, de la Comédie-Fran- 
çaise, vint donner des représentations à Bruxelles. 

Pièces nouvelles : 
1791. — 4 février, Raoul sire de Créqui, 3 actes, de Dalayrac; — 8 juin, la Soirée ora- 
geuse, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 29 août, les Prétendus, grand opéra en 
1 acte, de Lemoyne ; — 30 juin, la Fête flamande ou le Prix des Arts, de Duquesnoy. 



Le Théâtre de la fMonnaie. — 1787-96. 79 

Catalogue alphabétique des tragédies, comédies, opéras-bouffons et comédies 
mêlées d'ariettes, qui sont successivement représentées sur le Théâtre de 
Bruxelles jusqu'en 1 79 1 . 

Tragédies et Drames. 

Andromaque, de Racine. — Ariane, de Th. Corneille. — Andronic, de Campistron. — 
Athalie, de Racine. — Atrée et Thieste, de Campistron. — Alzire, de Voltaire. — Adélaïde 
du Guesclin, de Voltaire. — Aristomène, de Marmontel. — Amalazonte, du M is de Ximenès. 

— Amélie et Montrose, d. 4 a. — Bajazet, de Racine. — Beverley, de Saurin. — Le Bien- 
fait anonyme, d. 3 a. (?). — Britannicus, de Racine. — La Brouette du vinaigrier, d. de Mer- 
cier. — Brutus, de Voltaire. — Le Cid, de P. Corneille — Cinna, du même. — Clémen- 
tine et Desormes, d. de Monvel. — Coriolan, de La Harpe. — Criminel (l'honnête), d. de 
Fenouillot de Falbaire. — Clarisse, de Colardeau. — Didon, de Le Franc. — Le Déserteur, 
d. 5 a. de Mercier. — Essex (le comte d'), de T. Corneille. — Electre, de Crébillon — 
Eugénie, d. de Beaumarchais. — Esther, de Racine. — Gustave, de Piron. — Gaston et 
Bayard, de Du Belloy. — Guillaume Tell, de Lemierre. — Hérode et Marianne, de Voltaire. 

— Les Horaces, de P. Corneille. — Hypermnestre, de Lemierre. — flamlet, de Ducis. — 
L'Habitant de la Guadeloupe, d. de Mercier. — Inès de Castro, de Lamotte. — Iphigénie 
en Aulide, de Racine. — Iphigénie en Tauride, de La Touche. — Ino et Mélicerte, de La 
Grange-Chancel. — Jenneval, ou le Barnevelt français, d. de Mercier — Lear (le roi), de 
Ducis. — Manlius, de La Fosse. — Médée, de Longepierre. — Merope, de Voltaire. — 
Mithridate, de Racine. — Mélanie, d. 3 a. de La Harpe. — Mérinval, d. de d'Arnaud. — ' 
Le Négociant de Lyon, ou les Deux Amis, d. de Beaumarchais. — Nadir ou Thamas- 
Kouli-Khan, de Dubuisson — OEdipe chez Admète, de Ducis. — Œdipe, de Voltaire. — 
Olympie, de Voltaire. — L'Orphelin delà Chine, de Voltaire. — L'Orphelin anglais, d. 3 a.(>). 

— Phèdre et Hyppolite, de Racine. — Pirrhus, de Crébillon. — Polyeucte, de P. Corneille. 

— Pierre-le-Grand, de Dorât. — Philoclète, de La Harpe. — Rhadamiste et Zénobie, de 
Crébillon. — Rodogune, de Corneille. — Roméo et Juliette, de Ducis — Le Siège de 
Calais, de Du Belloy. - Sémiramis, de Voltaire. — Tancrède, de Voltaire. — Titus, de 
Du Belloy. — La Veuve de Malabar, de Lemierre. — Venceslas, de Rotrou. — Waltron, 
ou la Discipline du Nord (?). — Warwick, de La Harpe. — Zaïre, de Voltaire. — Zelmire, 
de Du Belloy. 

Comédies. 

L'Andrienne, de Baron, en 5 a. — L'Avare, de Molière, en 5 a. — Amphitrion, de 
Molière, en 3 a. — L'Avocat Pathelin, de Brueys, en 3 a. — L'Amour diable, de Le Grand, 
en 1 a. — L'Anglois à Bordeaux, de Favart, en 1 a. — L'Amant auteur et valet, de Cérou, 
en 1 a. — L'Aveugle clairvoyant, de Le Grand, en 1 a. — L'Amateur, de Barthe, en 1 a. — 
Les Amans généreux, de Rochon, en 5 a. — Auguste et Théodore, ou les Deux Pages, en 

2 a. — Les Arts et l'Amitié, en 1 a. — L'Assaut de fourberies, de Dumaniant, en 5 a. — 
Les Amis du jour, de Beaunoir, en 1 a — Le Bourgeois gentilhomme, de Molière, en 5 a. 
— Les Bourgeoises à la mode, de Dancourt, en 5 a. — Les Bourgeoises de qualité, de Dan- 
court, en 3 a. Belphégor, de Legrand, en 3 a. — Le Bourru bienfaisant, de Goldoni, en 

3 a. - Le Barbier de Séville, de Beaumarchais, en 4 a. — Le Bienfait rendu, ou le Négociant, 
de Dampierre, en 5 a. — La Bergère des Alpes, de Desfontaines, en 1 a. — Le Bon Père, de 
Florian, en 1 a. — Le Bon Ménage, de Florian, en 1 a. — Le Chevalier sans peur et sans 
reproche, de Monvel, en 5 a. — Le Connoisseur, de Marsollier, en 3 a. — Le Célibataire, 
de Collin d'Harleville, en 5 a. — Céphise, de Marsollier, en 2 a. — Le Chevalier français 
à Turin, de Dorât, en 3 a — Le Cercle, de Poinsinet, en 1 a. — Crispin médecin, de Haute- 
roche, en 5 a. — La Coquette corrigée, de Lanoue, en 5 a. — Le Curieux impertinent, de 
Destouches, en 5 a. — La Coupe enchantée, de La Fontaine, en 1 a. — Les Carosses 



8o Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 



d'Orléans, de La Chapelle, en 1 a — Le Cocher supposé, de Hauteroche, en 1 a. — Le 
Cocu imaginaire, de Molière, en 1 a. — Le Consentement forcé, de Merville, en 1 a. — 
Crispin rival, de Lesage, en 1 a. — Les Châteaux en Espagne, de Collin d'Harle ville, en 5 a. 

— Le Distrait, de Regnard, en 5 a. — Démocrite, de Regnard, en 3 a. — Le Dépit amou- 
reux de Molière, en 3 a. — Le Dissipateur, de Destouches, en 5 a. — Le Droit du Seigneur, 
de Voltaire, en 5 a. — Les Dangers de l'absence, en 2 a. — Dupuis et Desromais, de Collé, 
en 3 a. — Le Deuil, de Hauteroche, en 1 a. — Le Dragon de Thionville, de Dumaniant, en 
1 a. — Le Duel, en 1 a. — Les Deux Figaros, de Martelly, en 5 a. — L'Écossaise, de 
Voltaire, en 5 a. — L'Etourdi, de Molière, en 5 a. — Esope à la Cour, de Boursault, en 5 a. 

— L'Enfant prodigue, de Voltaire, en 5 a. — L'Ecole des femmes, de Molière, en 5 a. — 
L'École des pères, de Pieyre, en 5 a. — L'École des mères, de La Chaussée, en 5 a. — 
L'École des maris, de Molière, en 5 a. — L'École des amis, de La Chaussée, en 5 a. — 
L'École de l'adolescence, de Dantilly, en 2 a. — L'Embarras des richesses, de l'Allainval, 
en 3 a. — L'Épreuve réciproque, d'Alain, en 1 a — L'Époux par supercherie, de Boissy, 
en 2 a. — L'Esprit de contradiction, de Dufresny, en 1 a. — Les Étourdis, d'Andrieux, en 
3 a. — Les Épreuves, de Forgeot, en 1 a. — L'Entrevue, de Vigée, en 1 a. — Les Embarras 
du père de famille, en 3 a. — Les Femmes savantes, de Molière, en 5 a. — Le Festin de 
Pierre, de T. Corneille, en 5 a. — La Fille capitaine, de Montfïeury, en 5 a. — La Force du 
naturel, de Piron, en 5 a. — Les Fâcheux, de Molière, en 3 a. — Les Fourberies 
de Scapin, de Molière, en 3 a. — Les Folies amoureuses, de Regnard, en 3 a. — Les Fausses 
Confidences, de Marivaux, en 3 a. — La Famille extravagante, de Legrand, en 1 a. — Le 
Français à Londres, de Boissy, en 1 a. — Le Fat puni, de Pont-de-Vesle, en 1 a. — Le 
Florentin, de La Fontaine, en 1 a. — Le Flatteur, de Rousseau, en 5 a. — Fanfan et Colas, 
de M m * de Beaunoir, en 1 a. — La Femme jalouse, de Desforges, en 5 a. — La Folle 
Journée, de Beaumarchais, en 5 a. — Les Fausses Infidélités, de Barthe, en 1 a. — La 
Fausse Agnès, de Destouches, en 3 a. — Georges Dandin, de Molière, 3 a. — Le Grondeur, 
de Brueys, 3 a. — Le Glorieux, de Destouches, 5 a. — Le Galant Coureur, de Le Grand, 
1 a. — Guerre ouverte, de Dumaniant, 3 a. — Le Galant Escroc, de Collé, 1 a. — La 
Gageure imprévue, de Sedaine, 1 a. — L'Homme à bonnes fortunes, de Baron, 5 a. — 
L'Homme singulier, de Destouches, 5 a. — Heureusement, de Rochon, 1 a. — L'Homme 
généreux, de M me de Gouges, 5 a. — L'Heureuse Erreur, de Patrat, 1 a. — L'Homme de 
Cour, de Chaveau, 5 a. — L'Homme personnel, de Barthe, 5 a.— L'Homme de ma connais- 
sance, de Mercier, 2 a. — L'Heureuse Rencontre, 2 a. — Le Joueur, de Regnard, 
5 a. — La Joueuse, de Lebrun, 5 a. — Les Jeux de l'amour et du hasard, de Marivaux, 3 a. 

— L'Impromptu de campagne, de Poisson, 1 a. — L'Important de la Cour, de Brueys, 5 a. 

— L'Indiscret, de Voltaire, 1 a. — L'Impertinent, de Desmahis, 1 a. — Le Jaloux désa- 
busé, de Campistron, 5 a. — Les Jumeaux de Bergame, de Florian, 1 a. — Le Jaloux, de 
Rochon, 5 a. — L'Inconstant, de Collin d'Harleville, 5 a. — Julie, ou le bon père, de 
Monvel, 3 a. — L'Incertitude maternelle, ou le Choix impossible. — Le Légataire universel, 
de Regnard, 5 a. - Le Legs, de Marivaux, 1 a. — Le Médisant, de Destouches, 5 a. — Le 
Méchant, de Gresset, 5 a. — Le Menteur, de Corneille, 5 a. — La Métromanie, de Piron, 
5 a. — Le Malade imaginaire, de Molière, 3 a. — Le Médecin malgré lui, de Molière, 3 a. 

— Le Misanthrope, de Molière, 5 a. — Le Mercure galant, de Boursault, 5 a. — La Maison 
de Molière, de Mercier, 5 a. — Le Marchand de Smyrne, de Chamfort, 5 a. — Le Mort 
marié, de Sedaine, 2 a. — Montesquieu à Marseille, de Mercier, 3 a. — La Mère jalouse, 
de Barthe, 3 a. — Le Magnifique, de Lamotte, 2 a. — Nanine, de Voltaire, 3 a. — La Nuit 
aux aventures, de Dumaniant, 3 a. — L'Obstacle imprévu de Destouches, 5 a. — L'Oracle, 
de Saint-Foix, 1 a. — L'Optimiste, de Collin d'Harleville, 5 a. — L'Officier, 3 a. — 
Le Paysan magistrat, de Collot-d'Herbois, 5 a. — La Partie de chasse de Henri IV, de 
Collé, 3 a. — Le Philosophe sans le savoir, de Sedaine, 5 a — Le Persifleur, de Sauvigny, 
3 a. — La Pupille, de Fagan, 1 a. — Les Plaideurs, de Racine, 3 a. — Les Rivaux amis, de 
Forgeot, 1 a. — Le Somnambule, de Legrand, 1 a. — La Sérénade, de Regnard, 1 a. — Le 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96 



Souper de Henri IV, de Bouteiller, 1 a. — Le Soldat prussien, de Dumaniant, 3 a. — Le 
Sourd, de Desforges, 3 a. — Le Siège de Barcelone, ou les Coups de l'amour et de la fortune, 
de Quinault, 3 a. — Le Tuteur trompe, 1 a. — Le Tartufe, de Molière, 5 a. — Turcaret, 
de Lesage, 5 a. — Le Tambour nocturne, de Destouches, 5 a. — Tom-Jones à Londres, de 
Desforges, 5 a. — Tomes-Jones et Fellemar, de Desforges, 5 a. — Les Trois Jumeaux 
Vénitiens, de Golatto, 4 a. — La Veuve de Collé, 1 a. — Les Valets maîtres de la maison, 
de Rochon, 1 a. — Verseuil, ou l'heureuse extravagance, de Berard, 1 a. — Zéné, de 
Fagan, 1 a. 

Opéras-comiques et Comédies mêlées d'ariettes. 

Alceste, de Gluck. — Alexis et Justine, de Dezède. — L'Amant corsaire, de Lasalle. — 
L'Amant déguisé, de Philidor. — L'Amant jaloux, de Grétry. — L'Amant statue, de 
Dalayrac. — Les Amours de Gonesse, de Laborde. — L'Anneau perdu et retrouvé, de 
Laborde. — L'Aveugle de Palmyre, de Rodolphe. — Aucassin et Nicolette, de Grétry. — 
Le Baiser, de Champein. — La Belle Esclave, de Philidor. — La Bergère des Alpes, de 
Kohault. — Biaise et Babet, de Dezède. — Le Bon Fils, de Philidor. — La Caravane du 
Caire, de Grétry. — Castor et Pollux, de Rameau. — La Clochette, de Duni. — Colinette à 
la Cour, de Grétry. — Le Comte d'Albert, de Grétry. — La Coquette de village, de Saint- 
Amans. — Le Dépit généreux, de Laruette. — Le Déserteur, de Monsigny. — Les Dettes, 
de Champein. — Les Deux Compères, de Laruette. — Les Deux Cousines, de Desbrosses. — 
Les Deux Jardiniers, de Chapelle. — Les Deux Talents, de d'Herbain. — Les Deux Tuteurs, 
de Dalayrac. — Didon, de Piccini. — Le Directeur dans l'embarras, de Cimarosa. — La 
Dot, de Dalayrac. — Le Double Déguisement, de Gossec. — L'Epreuve villageoise, de 
Grétry. — L'Erreur d'un moment, de Dezède. — L'Esprit du jour, d'Alexandre. — Les 
Evénemens imprévus, de 'Grétry. — La Fausse Peur, de Darcis. — La Fausse Veuve, de 
Saint-Amans. — Le Faux Lord, de Piccini. — Félix, de Monsigny. — Les Femmes et le 
secret, de Vachon. — Le Fermier cru sourd, de Martini. — Fleur d'Epine, de M me Louis. 
— Le Fleuve Scamandre, de Barthélemon. — Le Guy de Chêne, de Laruette. — L'Indienne, 
de Cifolelli. — L'Infante de Zamora, de Païsiello. — Iphigénie en Aulide, de Gluck. — 
Iphigénie en Tauride, de Gluck. — Isabelle de Rosalvo, de Propiac. — Le Jardinier de 
Sidon, de Philidor. — Le Jugement de Vidas, de Grétry. — Julie, de Dezède. — L'Huître 
et les Plaideurs, de Philidor. — Le Huron, de Grétry. — Le Mariage par capitulation, de 
Rodolphe. — La Mélomanie, de Champein. — Les Moissonneurs, de Duni. — La Négresse, 
de Lescot. — Nicaise, deBambini. — Le Nouveau Marié, de Bacelli. — La Nouvelle École 
des femmes, de Philidor. — Les Nymphes de Diane, de Moulinghem. — L'Olympiade, de 
Sacchini. — Orphée, de Gluck. — Panurge, de Grétry. — Perrin et Lucette, de Cifolelli. — 
La Pipée, de Clément. — Le Porteur de chaises, de Dezède — Psyché et l'Amour, de Saint- 
Amans. — Le Retour de tendresse, de Méreaux. — Le Rendez-vous, de Duni. — Le 
Rendez-vous bien employé, de Monsigny. — La Ressource comique, de Méreaux. — Richard 
Cœur-de-Lion, de Grétry. — Roland, de Piccini. — Les Sabots, de Duni. — Sara, de 
Vachon. — Silvie, de Berton et Trial. — Sophie, de Kohault — Le Stratagème découvert, 
de Dezède. — Thémire, de Duni. — Les Trois Fermiers, de Dezède. — Le Trompeur trompé, 
de Biaise. — L'Union de l'amour et des arts, de Floquet. — La Veuve indécise, de Duni. — 
Zélie et Lindor, de Régade. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 



ETAT DES COMEDIENS (1792) 

Acteurs et Actrices. 

MM. Adam, premier rôle. 

Massin, jeune fort premier. 

de Champmeslé, roi et père noble. 

Bursay, les raisonneurs et troisièmes rôles. 

Vernet, jeune amoureux et troisièmes rôles. 

Calais, des manteaux, paysans et joue dans l'opéra. 

Saint-Vair, premier comique. 

Maréchal, des comiques et troisièmes rôles. 

Hesidor, utilité dans la comédie et l'opéra. 

Duquesnoy, première haute-contre. 

Bélanger, ) . 

„ } deuxièmes hautes-contres. 

Manceau, ) 

Mees, première basse-taille. 

Macquaire, basse-taille doublante. 

Dusauzin, deuxième basse-taille, troisième rôle. 

Bergamin, trial, Laruette et des seconds comiques. 

Guilminot, deuxième Laruette et trial. 

Borremans, chanteur et utilités. 

Pierson, confident et accessoires. 

Debatty, utilités et chanteur. 

Virion, souffleur. 

M mes Bursay, les premiers rôles tragiques et comiques. 
Brulo, jeune première. 
Bertheas, première soubrette. 

Camille, premiers caractères, confidentes et rôles de convenance. 
Leroy, première duègne. 
Adam, des seconds caractères et deuxième soubrette. 



Nouveau répertoire : 

1792. — 23 janvier, Paul et Virginie, opéra-comique en 3 actes, de Kreutzer ; — 8 mars, le 
Magnifique, de Grétry ; — 25 avril, Camille ou le Souterrain, opéra-comique en 3 actes, 
de Dalayrac ; — 29 juin, le Nouveau Don Quichotte, opéra-comique en 2 actes, de Cham- 
pein ; — 8 août, Pierre le Grand, opéra-comique en 3 actes, de Grétry; — 10 octobre, 
Euphrosine et Coradin, grand-opéra en 3 actes, de Méhul ; — 7 novembre, les Pommiers 
et le Moulin, grand-opéra en 1 acte, de Lemoyne ; le Faux Lord, opéra, de Piccini. 

1793. — 16 janvier, Mutius Scévola, tragédie en 5 actes, de Luce de Lancival ; — 22 jan- 
vier, Guillaume Tell, tragédie en 5 actes, de Lemierre ; — 23 janvier, Mélanie, ou la 
religieuse malgré elle, comédie en 3 actes, de La Harpe ; — 11 février, les Victimes cloî- 
trées, drame en 4 actes, de Monvel ; — 11 février, V Apothéose de Deaurepaire, comédie 
en 1 acte, de Lesur ; — 22 février, la Liberté conquise, comédie en 5 actes, à grand 
spectacle, de (?); — i er mars, les Rigueurs du cloître, opéra en 2 actes, de Fiévée et 
Berton. 

A ce répertoire, il faut ajouter, pour compléter la liste des pièces jouées pendant l'année : 

Opéras nouveaux : 

1703. — 21 janvier, Panurge dans l'Ile des lanternes, de Grétry ; — i er mars, les Rigueurs 
du cloître, 2 actes, de Berton; — 20 mars, le Siège de Lille, 1 acte, de Kreutzer; — 
15 avril, les Lois et les Rois, scène lyrique de Paris ; — 19 juin, Lodoïska, opéra-comique 
en 3 actes, de Kreutzer; — 8 novembre, le Barbier de Séville, opéra-bouffe de Païsiello. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 83 

M mes Saint-Vair, deuxièmes duègnes. 
Pierson, troisième amoureuse. 
Boquet, première chanteuse. 
Guilminot, première chanteuse en partage. 
Mees, dugazon ou deuxième amoureuse. 
Gerardi, chanteuse et coryphée. 

Ballet. 
MM. Ledet, premier danseur et maître de ballet. 

Jouardin, deuxième danseur. 

André, danseur et accessoire, 
jyjmes Mercié, première danseuse. 

Proft, deuxième danseuse 
M. PARIS, maître de musique et directeur de l'orchestre. 

Le 8 mars, on jouait le Magnifique, de Grétry. A peine le specta- 
cle était-il commencé, que Facteur Bursay vint annoncer la mort de 
l'Empereur Léopold II. La représentation fut arrêtée sur-le-champ. 
Deux mois après on faisait encore relâche pour la mort de l'Impéra- 
trice. 

Le 13 novembre — les Autrichiens avaient quitté Bruxelles — le 
spectacle est brusquement interrompu par la nouvelle de l'arrivée 
des Français. Le lendemain la Compagnie s'appelait : 



LES COMÉDIENS BELGIQUES 



A partir de ce moment, le répertoire ne se compose plus que de 
pièces révolutionnaires. Ces spectacles électrisaient tellement le 
public, qu'une partie des assistants montaient sur le théâtre pour 
<( danser la Carmagnole et chanter la Marseillaise ». 

Au commencement de décembre, plusieurs artistes du Grand 
Opéra de Paris : Lays, Chéron et sa femme, Renaud, Rey, Adrien 
entreprennent — sous la direction de Gossec — une tournée en Bel- 
gique. Ils chantent les airs de la Victoire, l'Hymne sacre de la 
Liberté, c'est-à-dire la Marseillaise et l'Offrande à la Liberté. Ce 
dernier chant fut exécuté cinq fois au Théâtre de la Monnaie. 

Le 8 janvier 1793, l'affiche porte : 



LES COMÉDIENS RÉUNIS 

DES RÉPUBLIQUES FRANÇAISE ET BELGIQUE, 



84 Le Théâtre de la (Monnaie, — 1787-96, 



pour se modifier, deux jours après, par ce titre : 



Les COMEDIENS de la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 

sous la direction de la citoyenne Montansier 
RÉUNIS AUX COMÉDIENS DE LA RÉPUBLIQUE BELGIQUE. 



La Montansier avait été installée au théâtre avec l'appui de l'auto- 
rité militaire et sans souci des directeurs. 

Elle s'appelait, de son véritable nom, Marguerite Brunet. Internée 
dans un couvent, à Bordeaux, elle eut, toute jeune, des idées roma- 
nesques et des goûts d'indépendance. Elle imagine de se faire 
enlever, et passe aux colonies avec son ravisseur, qu'elle ne tarde 
pas à abandonner, pour s'engager dans une troupe nomade. Après 
un échec à la Comédie-Française, elle prend la direction du Théâtre 
de Nantes, puis, d'une petite salle à Versailles et mène ces deux 
affaires de front avec les théâtres de Caen, du Havre et de Rouen. 
Son activité devait être dévorante. Très protégée par la reine Marie- 
Antoinette, elle obtient la salle des Beaujolais, au Palais-Royal. 
Au moment de la révolution, on la voit à la tête dune compagnie 
de quatre-vingts hommes, dont le but était, en suivant les armées 
françaises, de jouer la comédie et de faire le coup de feu au besoin. 
C'est ainsi qu'elle arriva à Bruxelles. 

Elle y fit représenter les pièces en vogue à Paris. 

Le 21 janvier — jour de l'exécution de Louis XVI — on donne 
Panurge dans l'Ile des Lanternes, de Grétry. Coïncidence lamen- 
table : l'un des auteurs du poème est le comte de Provence, le frère 
de l'infortuné monarque. 

La Liberté conquise, tel est le titre d une comédie affichée le 
24 février, en célébration de l'ouverture de l'Escaut et de la réunion 
du Hainaut, de la Flandre et du pays de Liège à la République. 
Il y eut aussi un cortège, et on distribua au peuple « du pain blanc 
et du saucisson ». 

Le 26 du même mois, grandes réjouissances pour la réunion de 
toute la Belgique. — Voici ce que dit, à ce propos, un journal de 
l'époque, le Courrier de l'Egalité : 

L'arbre de la liberté a été planté ; la plus touchante fraternité a régné parmi les citoyens. 
Ils formaient un nombreux cortège, qui s'est porté à l'hôtel où logent les commissaires. Une 
distribution de pain, de viande et de boisson a été faite au peuple au bruit d'une brillante 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1787-96. 



musique. La citoyenne Montansier, directrice du spectacle, a saisi cette occasion pour donner 
une représenta'ion gratis. Le civisme de cette bonne patriote a été récompensé par le plaisir 
qu'a fait la pièce, souvent interrompue par les cris de Vive la nation! Vive la réunion! Les 
armes de l'archiduchesse, qui étaient encore dans la salle, ont été abattues et remplacées par 
le bonnet rouge, épouvantait de l'aristocratie... 

L'armée quitte Bruxelles le 23 mars, et les Autrichiens rentrent 
le lendemain. 

La Montansier une fois partie, Bultos et Adam sont réinstallés 
à la direction du théâtre, et la troupe prend le nom de : 



COMEDIENS DE SON ALTESSE ROYALE 



L'acteur Bursay fait représenter une œuvre de sa composition, 
les Lois et les Rots ou le bonheur des peuples, signalée déjà; puis, 
une traduction de l'allemand, Misanthropie et Repentir. 

Le 30 avril, l'archiduc Charles de Lorraine d'Autriche, frère de 
lEmpereur, qui venait de faire son entrée à Bruxelles, assiste à la 
représentation de l'Hommage de Bruxelles, scène lyrique de De 
Beaunoir, musique de Duquesnoy. Cette soirée souleva un grand 
enthousiasme. On voit que les idées populaires avaient subi un 
singulier revirement. 

Du 21 au 25 octobre, le théâtre fut fermé en signe de deuil : 
Marie- Antoinette, à son tour, venait de monter sur l'échafaud. 

Il nous reste à signaler les débuts de Clairville dans Paul et Vir- 
ginie (4 décembre). 



L'année 1794 commence par les débuts de M mes Derville, Courtois 
et Horan. 

François II — avec toute la Cour — assiste à un spectacle de gala, 
le 24 avril. 

C'est à une représentation d'Azemia ou les Sauvages, opéra de 
Dalayrac, qu'a lieu l'explosion la plus vigoureuse des sentiments 



Opéras nouveaux : 
La Reprise de Toulon par les Français, de Lemière de Corvey; — les Visitandines, de 
Devienne (2330011794); — le Médecin et V Apothicaire, traduit de l'allemand par De 
Beaunoir, musique de Dittersdorff, retouchée par Duquesnoy. 



86 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1787-96. 

populaires en faveur de la maison d' Autriche. A la fin du second 
acte, Facteur Mees chante le couplet suivant : 

Armons-nous, il faut nous venger, 

Même soin nous presse ; 
Par la force ou par l'adresse, 

Malgré leur fureur traîtresse 
Il faut nous unir tous, et braver le danger, 

Il faut périr ou nous venger. 

Les spectateurs ne le laissent pas achever. Ils se lèvent aux cris 
formidables de : Vive 1 Empereur, et le couplet est bissé au milieu 
de bravos énergiques. 

Toutefois les événements que l'on sait s'accomplirent : 

Les troupes partent le 25 juin pour la Hollande. 

L'armée de François II abandonne Bruxelles, et, le 9 juillet, les 
Français plantent sur la place de l'Hôtel-de-Ville l'arbre de la liberté 
surmonté du bonnet rouge. 

Au milieu de tous ces troubles — la révolution, la guerre — il 
était difficile au Théâtre de la Monnaie de se maintenir avec quelque 
éclat. Du reste, Bultos venait d'être déclaré en faillite. 

Une représentation fut annoncée deux jours après l'arrivée des 
Français : 

Le u juillet 1794, les Jeunes Comédiens donneront, à la salle du théâtre de la Mon- 
noie, une représentation de : Jeannette, ou les battus ne payent pas toujours l'amende, 
comédie-proverbe en un acte, ornée d'un divertissement, suivie de : On fait ce qu'on 
peut et non ce qu'on veut, proverbe à deux acteurs, en un acte; terminé par un diver- 
tissement (1). 

On ne sait au juste quels sont ces jeunes comédiens . 
Voici un programme interprêté par la troupe du Théâtre de Tour- 
nai, qui prit la simple dénomination de : les Artistes Dramatiques. 

Les Artistes dramatiques donneront aujourd'hui 28 messidor (mercredi 16 juillet, 
vieux style), une représentation de Sargines, ou l'élève de l'amour et de la liberté, opéra 
républicain en 4 actes, des citoyens Monvel et d'Alayrac, orné de tout son spectacle, et de 
la Bataille mémorable de Fleurus gagnée par les Républicains sur les des- 
potes coalisés ; le spectacle sera terminé par l'Offrande à la Liberté, scène lyrique du 
citoyen Gossec, orné de tout son spectacle. 

I ,es représentations se composèrent le plus souvent de pièces de 
circonstance. Quelquefois on exécutait dans les entr'actes la sym- 
phonie du Ça ira, à grand orchestre. Cet état de choses persista 
ainsi jusqu'à la lin de 1795. 

(:) Magasin historique, politique et littéraire. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1787-96. 87 

La troupe comprenait alors les artistes dont les noms suivent : 

Messieurs : 

Renaldy. — Delorme. — Dumouchel. — Ansoult. — Deyris. — Ferrouillat. - 
Mariage. — Labouret. — Dallinval. — Niquet. — Deleuze. — Cizos. — Emmanuel. 

— Calmus. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Derville, — Beaulieu. — Courtois. — Florian. — Haran. — Brochtin. — Julie 
Bourcier. — Chevalier. — Pauline Joly. — Sciieltjens. — Saint-Albin. — Marsillac. 

— Labouret. — Caroline, — Gaudin. — Sainte-Marie — Gonteuil. 

Des manifestations jacobines s'étant produites au théâtre, l'auto- 
rité fait afficher un décret, dans lequel il est dit qu'on arrêtera 
toute personne interrompant le spectacle, ou employant les qualifi- 
cations de muscadin et de carmagnole. Ce placard ordonne en 
même temps de chanter dans les entr' actes un ou plusieurs airs 
patriotiques approuvés, par les Représentants du peuple, et défend 
aux acteurs d'ajouter quoi que ce soit à leurs rôles, sous peine de 
perdre un mois de leurs appointements — (17 floréal, an III). 

En janvier 1795, un physicien nommé Olivier s'était montré 
dans quelques représentations; déjà avait eu lieu un concert, par 
deux instrumentistes, Tobie Gossens et Schafner, sans compter les 
séances équestres de Franconi. 



Outre les spectacles révolutionnaires, on donna les ouvrages suivants : 

1794. — 6 août, VEpreuve villageoise, opéra de Grétry ; — 14 novembre, Jeannette, on les 
battus ne payent pas toujours l'amende, comédie de Dorvigny; — 30 décembre, le Jeu 
de V amour et du hasard, comédie de Marivaux; Sylvain, opéra de Grétry. 

1795. — 3 février, la Fa usse Magie, opéra de Grétry ; — ^février, le Tableau parlant, opéra 
du même; — 23 février, V Amant bourru, comédie de Monvel; — 9 mars, Biaise et Babet, 
opéra de Dezède; — 10 avril, le Jardinier de Sidon, opéra de Philidor; — 22 avril, les 
Deux Chasseurs et la Laitière, opéra de Duni ; — 8 mai, Camille ou le souterrain, 
opéra de Dalayrac; — 9 mai, le Procureur arbitre, comédie de Poisson; — 18 mai, 

V Amant jaloux, opéra de Grétry; — 11 juin, Nanine, comédie de Voltaire; — 17 juin, 
Azémia ou les Sauvages, opéra de Dalayrac; — 21 juillet, Tartufe, comédie de Molière; — 
16 septembre, laMétromame, comédie de Piron; — 2 novembre, la Dot, opéra de Dalayrac. 
Opéras nouveaux : 

1795. — 8 juin, Philippe et Georgette, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 29 juin, 

V Amour filial ou la jambe de bois, opéra-comique en 1 acte, de Gaveaux ; — 27 juillet, 
Arabelie et Vascos, opéra-comique en 3 actes, de Marc; — 24 août, la pauvre Femme, 
opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 11 novembre, le Mensonge officieux , opéra-comique 
en 1 acte, de Lemoyne ; — 18 décembre, la Caverne, opéra-comique en 3 actes, de Lesueur. 

1796. — 2 janvier, le Marquis de Tulipano, de Païsiello; — 18 janvier, la Vieillesse d y An- 
nette et Lubin, de Chapelle; — 8 février, le Savoir faire, opéra-comique de Gresnick ; 
les Petits Commissionnaires, opéra-comique du même ; — la Famille indigente, 1 acte, 
de Gaveaux; — 15 février, Ambroise ou voilà ma journée, de Dalayrac; — 16 mars, le 
Club des bonnes gens, de Beffroy de Reigny. 




Galler aîné . 

LES ARTISTES EN SOCIÉTÉ 
(1796-98) 

-àm^ e 28 mars 1796, 1 affiche portait : 

Sous la surveillance et la protection de la loi 
Les Artistes dramatiques de l'entreprise du citoyen 

Galler aîné. 




Messieurs : 

Demarthe. — Meriel. — Verteuil. — Linsel. — Pavier. — Bussy. 
chu. — Dorsan. — Rousseau. — Masilly. — Celier. 



Fievez. — Bran- 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Olier. — Dourdé. — Linsel. — Lagarenne. — Duquerrier. — Gaudin. — Goossens. — 
Dumont, — Renan. — Adélaïde. 



Répertoire nouveau (1796-97). 

1796. — 13 mai, Ariane abandonnée; — 29 juin, Toberne ou le Pêcheur suédois, opéra- 
comique, de Bruni ; — 3 août, la Maisonnette dans les Bois, 1 acte, de Jean Englebert 
Pauwels; — 15 août, Stratonice, grand opéra en 1 acte, de Méhul; — 28 septembre, le 
Petit matelot, 1 acte, de Gaveaux ; — 10 octobre, le Secret, opéra-comique en 1 acte, de 
Solié ; — 26 octobre, Marianne, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 14 novembre, 
VEmbarras du choix, opéra-comique en 1 acte, de Théodore Lefebvre; les Sabotiers, 
1 acte, de Bruni; la Nuit aux méprises, opéra-comique. 

1797. — 13 janvier, la Fête de la Cinquantaine, opéra-comique en 2 actes, de Dezède ; — 
20 mars, les deux Frères, opéra de Cambini ; Cécile, opéra-comique en 3 actes, de Dezède; 
— 22 mars, les Suspects, opéra-comique en 1 acte, de Lemière de Corvey. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1796-98. 89 

Avant les débuts de cette troupe, signalons la première arrivée 
à I Bruxelles de Jean-François de Bremond de la Rochenard, dit 
Beaulieii. Cet acteur eut une carrière des plus aventureuses : Lieute- 
nant de la première compagnie du bataillon Saint-llonoré, il prend 
part au siège de la Bastille. Puis, il entre aux Variétés-Amusantes, 
y fait un séjour de douze années, après lesquelles il entreprend une 
tournée. C'est alors qu'il se présente à Bruxelles, en pleine révolu- 
tion brabançonne ; on refuse de l'entendre à cause de ses opinions 
républicaines. Mais il y revient en 1796 et se produit dans Ricco. 
Dix ans plus tard, après des déboires directoriaux, Beaulieu se fait 
sauter la cervelle. 

M. F. Delhasse possède une affiche dont voici la reproduction : 

^ Liberté. PAR PERMISSION. Égalité. §L 

^ Les Artistes dramatiques W 

£Q ' » 

*%à Donneront aujourd'hui 27 nivôse, 4 e année Républicaine, Dimanche 17 janvier S**" 
"^g 1796 (vieux style), par abonnement courant. fâf 



LE SOURD, OU L'AUBERGE PLEINE, 



^3 

4 %d Comédie en prose et en 3 actes, de Desforges ; suivie par 5^" 

1 LE MARQUIS DE TULIPANO, fj 

*fè Opéra en 2 actes, Musique de Païsiello. 6^ 

^g Entre les deux Pièces on exécutera l'Offrande à la Liberté, scène patrio- g^y 

21 tique - K 

En attendant la Vieillesse d'Anette et Lubin, Opéra; Iphigénie en Tauride, le (^T 

Sacrifice aux Grâces, ou Anaximandre, Comédie ; les Femmes, Comédie ; les ^h 

^9 Trois Déesses Rivales, Opéra; les Coups de l'Amour et de la Fortune, ou le g£^ 

f& Siège de Barcelone, Tragi-Comédie ; et Ambroise, ou Voilà ma journée, g^, 

^ Opéra. 6?^ 

"^3 On prendra aux premières Loges, six Escalins ; aux secondes et Parquet, un (^y 

-^y petit Ecu ; aux Loges du Parterre, trois Escalins; aux troisièmes Loges, cinq %^+ 

££ Plaquettes ; au Parterre, deux Escalins ; aux Loges du quatrième rang, trois Ôjj^ 

^s) Plaquettes ; au quatrième rang, un Escalin ; le tout en Numéraire Métal- [jL 

^3 lique. S^*" 

-*?$ La demeure du Citoyen Devitz, est présentement dans la rue aux Fleurs. ffS*" 

^e) C'est a la salle du Théâtre de la Monnoie. £^ 

^) e^ 

Jq Par ordre exprès du Général Commandant, on commencera à cinq heurts et [jL 

*%& demie très-précises. (*& 



90 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1796-98. 

Ici se place 1 apparition d'un arrêté qui obligeait le directeur 
à donner tous les mois une représentation au profit des indigents. 
C'est le principe du droit des pauvres. A la fin de Tannée, cette 
dîme reçut une consécration officielle : 

Art. i er . 

Il sera perçu un décime par franc (deux sous par livre), en sus du prix de chaque billet 

d'entrée, pendant six mois, dans tous les spectacles où se donnent des pièces de théâtre, des 

bals, des feux d'artifice, des courses et exercices de chevaux pour lesquels les spectateurs 

paient. La même perception aura lieu sur le prix des places louées pour un temps déterminé. 

Le 4 avril, Linsel, de son vrai nom Pierre-Claude Peguchet, 
débute dans Crispin de la Mélomanie. 

Cet artiste, né à Reims, le 19 juin 1775, fut le chef d'une famille 
qui aurait pu constituer à elle seule une véritable troupe. Nous 
retrouverons plus tard les noms populaires de Fanny (M me Delos), 
de Betsy (M me Jannin) et de Caroline Linsel (M me Henry Monnier). 

Peguchet est mort à Laeken, le 25 septembre 1826. 

M rae Candeille, artiste del'Opéra, puis du Théâtre-Français, donne 
le 17 août un concert. Elle obtient un immense succès, et revient 
le 14 novembre de la même année avec Garât, le célèbre chanteur, 
qui soupirait alors des romances sentimentales fort à la mode, et 
dont la minutie avait tant d'exigences que, lorsqu'il chantait dans 
un salon, il faisait préalablement retirer les tapis et les tentures, 
et, sur le point de commencer, arrêtait lui-même les pendules, dans 
la crainte qu'elles ne vinssent à sonner pendant le morceau. 

M mc Amélie- Julie Candeille avait plus d'une corde à sa lyre : 
musicienne, comédienne, harpiste, pianiste, auteur dramatique, 
plus tard romancière, elle se fit connaître à Bruxelles dans une de 
ses comédies, la Belle Fermière, où elle chanta plusieurs airs de sa 
composition, s'accompagnant tour à tour sur le piano et la harpe. 
Tant de talents réunis troublèrent la cervelle d'un riche carrossier 
de Bruxelles, Jean Simohs, qui épousa la belle actrice, déjà divorcée 
d'un premier mari. Bientôt le nouveau ménage se sépara, et, à la 
mort de son deuxième mari, M me Simons-Candeille convola en troi- 
sièmes noces avec le peintre Perié. Elle mourut à Paris, le 4 février 
1834. Un chroniqueur irrévérencieux a dit : « Elle est ampoulée 
dans la diction, compassée dans ses gestes, et nous lavons toujours 
vue comme un mannequin fardé. On ne peut néanmoins lui refuser 
des talents dans la musique et une voix agréable. » Après avoir 
pratiqué si largement le mariage et... le divorce, elle écrivit, sous 
le voile de l'anonyme, des pièces de théâtre et des romans. On 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1706-98. 91 

assure qu'elle représenta la Déesse de la Liberté et celle de la 
Raison dans les fêtes républicaines. 

Le 31 janvier 1797, la municipalité fit fermer le théâtre; voici 
dans quelles circonstances : la veille, le spectacle devait commencer 
par le Souper des Jacobins, comédie en un acte, d'Armand Charle- 
magne. Au dernier moment, arrive Tordre de ne pas jouer cette 
pièce. On essaye de la remplacer par Janot ou les battus payent 
l'amende, de Dorvigny, mais le public se fâche et empêche les comé- 
diens de continuer. Ceux-ci se trouvaient fort embarrassés, lorsque 
le général-commandant ordonne de jouer la pièce défendue. La 
municipalité fait alors fermer le théâtre, mais, deux jours après, en 
autorise la réouverture. Le spectacle commençait par Janot; le public 
ne voulant pas entendre d'autre pièce que le Souper des Jacobins, 
on fut obligé de faire une nouvelle substitution. Enfin, l'autorité 
militaire, pour éviter les troubles, ordonna la représentation de 
cette comédie pour les 3 et 4 février. Cette mesure rétablit le calme, 
et le Souper des Jacobins passa aux oubliettes, d'où personne n'eût 
probablement songé à le tirer, sans le rigoureux décret qui lui servit 
de publicité. 



La saison 1797-98 s'ouvre avec la troupe suivante : 

Acteurs. 

Messieurs : 

Macret. — Couture. — Martin. — Quinié. — Marido. — Dumoncy. — Manceau. — 
Deyris. — Duvar. — Rousseau. — Jelliote. — Bellecour. — Dacosta. — Durand. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Hypolite. — Decroix. — Clairmonde. — Destival. — Bruck. — Dumoncy. — Raymond. — 
Meriel. — Guerin. — Linsel. — Ferton. — Bellecour. — Chaudrine. 

M me Decroix, qui débuta dans la fée Aline de la Belle Arsène, 
était citée comme l'une des plus belles femmes de son temps. «Elle 
fit tourner bien des têtes », mais resta fidèle à son camarade Eugène 
aîné. Leur histoire est touchante, et la mort seule a séparé les deux 
amants. 

Le 15 mai, la célèbre Dugazon vient donner une représentation 
du Tableau Parlant. Elle avait été précédée par M mc Renaud- 
d'Avrigny, du Théâtre-Italien, qui s'était fait entendre dans la 
Fausse Magie, de Grétry, et l'Amant Statue, de Dalayrac, 



92 Le Théâtre de la tMonnaie. — 1796-98. 

Le fait capital de cette campagne fut la première apparition à 
Bruxelles de Talma. Il était accompagné d'artistes, parmi lesquels 
se trouvaient Vanhove, Joanny et M" e Vanhove, qu'il épousa plus 
tard. Talma se montra dans Abufar, tragédie de Ducis, le 30 août 
1797, continua sa tournée jusqu'en Hollande et, à son retour, donna 
une deuxième représentation, 26 janvier 1798. 

Cependant les affaires de la direction n'étaient guère brillantes. Le 
26 mars, on devait jouer, avec le Consentement forcé, un opéra de 
Cimarosa, le Directeur dans l embarras ; jamais titre ne fut plus en 
situation. Au moment de commencer, les musiciens, qui n avaient 
pas été payés depuis longtemps, refusent de jouer, et la représenta- 
tion n'eut pas lieu 

Cependant, le 19 avril 1798, la réouverture du théâtre est faite 
par la même direction. 

Pendant les premiers jours, la scène est occupée par une troupe 
de danseurs de cordes ! Et ce n'est pas la première fois qu'on voit 
pareil spectacle à la Monnaie. Le public en devait être friand, car, 
jusque-là, bon nombre de directeurs l'en avaient régalé. 

Quelques jours après, Vellut — dit Perceval — débute dans Alexis 
et Justine. Il devait rester trente-quatre ans à Bruxelles, dans l'em- 
ploi des laruettes. 

Ce n'est pas le seul comédien dont le séjour à la Monnaie se 
prolongea pendant un temps si invraisemblable. Ces exemples font 
l'éloge de l'artiste, mais aussi celui de son fidèle public. 

Cependant, Galler, à bout de ressources, abandonne la partie et, 
le 30 août, les artistes se réunissent en société. Ils exploitent le 
Théâtre pendant une période de peu de durée, au cours de laquelle 
il n'y a à mentionner que les représentations de Baptiste. 



1797. — 16 octobre, Lise et Colin, opéra-comique en 2 actes, de Gaveaux; — 10 novembre, 
le Major P aimer, opéra-comique en 3 actes, de Bruni ; — 22 novembre, la Famille suisse, 
opéra-comique en 1 acte, de Boieldieu ; — 18 décembre, la Maison isolée, opéra-comique 
en 2 actes, de Dalayrac. 

1798. — 19 janvier, Vlleureuse nouvelle, opéra-comique en 1 acte, de Boieldieu. 





Oberny et de Champmeslé 




(1798-99) 

•» e 2 septembre 1798, la direction, « sous la surveillance 
et la protection de la loi, » passe à Marc d Oberny et 
Cussy de Champmeslé. 



Acteurs. 
Messieurs : 

Massin. — Blonval. — Durand. — Perceval. — Valpole. 
Delis. — Champmeslé. — Duperche — Julesky. — Lebrun 



Voizel. — Campenhout. 
Gaux. 



Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Lanque. — Athalie. — Chevalier. — Berville. — Solié. — Dujardin. 

Campenhout (François Van) est le chanteur-compositeur qui 
écrivit la Brabançonne, lhymne national de la Belgique, et son 
nom est lié à l'histoire du pays. — Il aborda la scène par le rôle 
d'Aivar dans Azémia. 

Les artistes en représentation furent : 

Juillet, de TOpéra-Comique, Schruers, de l'Opéra-Italîen, et 
Raguet, un habitant de Bruxelles, qui s'essaya dans le Dépit 
amoureux. 

Le 4 novembre, un commissaire vint lire sur la scène un arrêté 
déclarant en état de siège les départements de la Dyle, des Deux- 



94 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1798-99. 

Nèthes et de Jemmapes (Bruxelles, Anvers, Mons) et ordonnant aux 
habitants de se munir de lanternes après l'heure de la retraite. 
Nomenclature des artistes qui finirent la saison : 

Acteurs. 
Messieurs : 
Joanni. — Courtois. — Lanau. — Leborne. — Dalainval. — Quinci. — Ansoult. — 
Deyris. — Marido. — Dacosta. — Perceval. — Borremans. 

Actrices 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Destival. — Renan. — Clairmonde. — Guerin. — Olier. — Dumont. — Decroix. 
— Lanoue. 

Le théâtre ferme le 5 avril, pour réparations. 
Réouverture, le 27 avril, avec quelques artistes nouveaux : 

MM es Belval. MM. Lagarenne. 

Julien mère. Eugène aîné 

Julien fille. Linsel. 

Malherbe. Rousseau 

Marci 

Antoine Chamorin, dit Lagarenne, né en 1770, à Herbisse-sous- 
Villiers (Aube), mourut à Bruxelles, le 10 octobre 1808. Il avait 
pour le théâtre une passion réelle, un culte véritable; son emploi 



De l'ouverture jusqu'à la direction nouvelle : 

1798. — 4 juin, le Mariage secret, opéra-bouffe en 2 actes, de Cimarosa ; — 25 juin, le 
Prisonnier ou la ressemblance, opéra-comique en 1 acte, de Délia Maria; — 17 juillet, 
Alexis ou l'erreur d'un bon père, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac ; — 22 août, les 
Rêveries renouvelées des Grecs, parodie de deux Iphrigénie, musique de Prot. 
Depuis la nouvelle direction : 

1798. — 19 septembre, le Traité nul, opéra-comique en 1 acte, de Gaveaux ; — 30 septem- 
bre, Macbeth, opéra (?); — 2 octobre, M me Schruers, du Théâtre-Italien de Paris : Euphro- 
sine et Coradin (Euphrosine), et Marianne (Marianne); — 18 octobre, la Rencontre en 
voyage, opéra-comique en 1 acte, de Bruni ; — 4 novembre, Azemia et Pourceaugnac : — 
17 novembre, l'Opéra-Comique, opéra-comique en 1 acte, de Della-Maria. 

1799. — 11 janvier, début de Delis : Paul et Virginie (Paul) ; — 16 janvier, Gulnare, 
opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 28 janvier, la Dot de Suzette, opéra-comique 
en 1 acte, de Boieldieu ; — 1" mars, le Jeune Sage et le vieux Fou, opéra-comique en 
1 acte, de Méhul, deux représentations; — 17 mars, Roméo et Juliette, opéra-comique en 
3 actes, de Steibelt; — 28 mars, Lebrun, rôle de Thomas dans Biaise et Babet (Louis- 
Sébastien Lebrun, acteur médiocre du théâtre Feydeau de Paris, ne paraît pas avoir 
réussi sur la scène bruxelloise; plus tard, en 1816, une de ses productions, le Rossignol, 
que tant de gosiers ont roucoulé avec accompagnement de flûte, a accolé le nom de Lebrun 
aux succès obtenus dans cet opéra par Tulou, M mes Albert Hymm, Damoreau, etc.); — 
31 mars, les Deux Ermites, opéra-comique en 1 acte, de Gaveaux. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1798-99. 95 

consistait à chanter les hautes-contre et à jouer les premiers rôles, 
et il était heureux de pouvoir se produire — le même soir — dans 
ces deux genres. Jusqu'à ses derniers moments, il parut sur la scène; 
on lavait surnommé l'infatigable. 

Eugène aîné (Claude-Antoine-Eugène Ordinaire), né à Besançon, 
le 12 janvier 1764, mort à Molenbeek-lez-Bruxelles, le 19 décembre 
1842. Sa vie a été des plus aventureuses; avocat, militaire, secrétaire, 
puis aide de camp du général Narbonne-Lara — le dernier ministre 
de la guerre de Louis XVI, — emprisonné à l'Abbaye, témoin des 
terribles massacres de septembre 1792, auxquels il échappa par 
miracle, réfugié à Hambourg, où il s engagea dans la troupe drama- 
tique émigrée de Bruxelles, il ne quitta plus le théâtre, et, après 
des pérégrinations sans nombre, chantant Topera, jouant la comédie 
et la tragédie, il revint constamment à Bruxelles, ayant fait de la 
Belgique son pays d'adoption. La veille de ses débuts, il avait 
endossé sa robe d'avocat pour faire acquitter un réfractaire traduit 
devant une commission militaire; circonstance unique, qui ne 
devait plus se reproduire, car la destinée d'Eugène le poussait vers 
le théâtre. 

Le 21 mars de cette année, le Directoire avait rendu un arrêté 
prescrivant certaines mesures contre l'incendie, et aux termes 
duquel les directeurs étaient tenus d'avoir un magasin de décors 
indépendant du théâtre, de maintenir dans la salle un réservoir 
d'eau, de solder une compagnie de pompiers. C'est le premier 
décret de ce genre qui parut. 




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Direction Ribié 



LES ARTISTES EN SOCIÉTÉ 



(1799-1801) 




près une fermeture de quelques mois, nous voyons, le 
2 octobre, apparaître à la tête du théâtre un personnage 
qui marqua dans l'histoire du boulevard du Temple : 
Ribié, l'impresario-auteur-comédien. C'est lui qui composa, avec 
Martainville, le célèbre Pied de Mouton, dont le succès est légendaire. 

Cette nouvelle administration ne fut pas heureuse ; le 20 août sui- 
vant, les musiciens, faute de paiement, empêchèrent le spectacle, et 
le théâtre dut fermer. 

Les artistes se constituent alors en société et poursuivent l'exploi- 
tation, donnant asile à tout ce qui se présente, même à des danseurs 
de corde. 

Cependant Ribié, que son insuccès n'avait pas découragé, 
reprend, le 22 septembre, la direction, qu'il ne garde que quelques 
jours, pour aboutir à une déconfiture finale. Il avait produit les 
sujets dont les noms suivent : 



Acteurs. 
Messieurs 

Emanuel. — Deassy. — Jusky. — Mariage. — Borremans. — Huet. — Margery. — 
Granval. — Floribel. — Genty. — Ribié. — Delisse. — Linsel. — Champmeslé. — 
Francville. — Derville. — Patrat. — Langlade. — Roland. — Gamot. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1799-1801. 97 

Actrices 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Emilie Lequien. — Renau. — Genty. — Roussellois. — Dubreuil — Lacroix. — 
Boquet. — Chéry (M me Bursay). 

Le seul début important de l'année fut celui de M me Roussellois, 
dans Didon, le 2 octobre. 

Marie-Wilhelmine de Roussellois (née à Vienne en 1765, décédée 
à Bruxelles, le 8 novembre 1850), avait commencé sa carrière à 
l'Opéra de Paris (1789), d'où elle s'éloigna, parce qu'elle portait 
ombrage à M" c Maillard, son chef d'emploi. « Sa figure était peu 
agréable, sa taille trop massive, mais ces deux défauts semblaient 
disparaître aux yeux du public, quand elle avait déployé l'étendue 
de sa voix, l'une des plus belles qui existaient. » 

Après Bruxelles, M nic Roussellois se rendit à Marseille, à Rouen, 
à Paris (théâtre Feydeau), puis, de retour en Belgique, en 181 5, 
elle s'y implanta pour toujours. L'opéra, la comédie, le vaudeville, 
tous ces divers genres lui étaient familiers; elle y apportait un 
entrain, une verdeur, un naturel qui défiaient le temps et les orages. 
Peu d'années avant sa retraite, la cantatrice quasi-septuagénaire 
s'entendait fréquemment appliquer ces vers de la Fausse Magie : 

Et, voilà, voilà; de ces femmes, 

On n'en fait plus ; c'est du bon temps. 

M me Roussellois quitta définitivement le théâtre, en 1838. 



Le répertoire se composa de : 
Palma ou le Voyage en Grèce, 2 actes, de Plantade ; — V Oncle Valet, 1 acte, de Délia 
Maria; — Léonore ou V Amour conjugal, 2 actes, de Gaveaux ; — Sophie et Moncars, 
3 actes, de Gaveaux; — la Leçon ou la Tasse de glace, 1 acte, de Dalayrac; — Adolphe 
et Clara ou les deux prisonniers, 1 acte, de Dalayrac; — les Comédiens ambulants^ 

2 actes, de Devienne ; — Adèle et Dorsan, 3 actes, de Dalayrac ; — Zoraïmc et Zulnare, 

3 actes, de Boieldieu ; — les Deux Grenadiers, 3 actes, de Grétry ; — Lisbeth, 3 actes, 
de Grétry; — Léon ou le Château de Montenero, drame lyrique, 3 actes, de Dalayrac; — 
Clémentine ou la belle-mère, 1 acte, d'Etienne Fay (une seule représentation); — le Valet 
de deux maîtres, 1 acte, de Devienne; — V Auteur dans son ménage, 1 acte, de Bruni; 
— Montano et Stéphanie, 3 actes, de Berton ; — les Deux journées, comédie lyrique en 
3 actes, de Cherubini. 

1800. — 18 mars, concert de Maisonville, « violoniste de naissance » ; — 19 avril, on exécute 
l'ouverture du Jeune Henri, de Méhul ; — 21 avril, concert historique et harmonique de 
Manfredi. 

1801. — 26 janvier, les Deux petits Savoyards, 1 acte, de Dalayrac; — 8 février, Lis b et h et 
Gessner, 3 actes, de Grétry; — 9 février, Philippe et George t te, 1 acte, de Dalayrac; — 
19 février, la Mélomanie, 1 acte, de Champein. 



98 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1 799-1 801. 

A partir de ce moment, le premier théâtre belge est livré aux 
acrobates, aux écuyers de cirque, aux jongleurs. 

En octobre, Franconi donne une série de représentations éques- 
tres. Les chanteurs se joignent même aux gens du cirque, et on 
représente la Caravane du Caire, opéra de Grétry, « où la troupe 
Franconi fît de grandes évolutions ». 

Quelques jours après, le placard suivant était affiché dans la 
ville : 

Aujourd'hui 3, par abonnement courant, spectacle extraordinaire. Le citoyen France Blon- 
din, natif de Bruxelles, arrivant de Londres, et ses associés donneront, en passant dans cette 
ville, une représentation de leurs exercices qui n'ont jamais paru en France, le citoyen 
France Blondin étant le premier sauteur de l'Europe (1). 

En décembre, « le citoyen Bienvenu, professeur et démonstrateur 
de physique expérimentale », donne « une séance tellement goûtée 
qu'on le retient plusieurs jours dans la ville ». 

Puis, le comédien Volange, très connu à Paris, accompagné d'un 
grimacier nommé Thiemet, paraît dans une espèce de représentation 
foraine annoncée en ces termes : 

Aujourd'hui 25 (frimaire an IX), pour les débuts des citoyens Volange et Thiemet, le 
Sculpteur ou la Femme comme il y en a peu, comédie en 2 actes; les Derviches, ou les 
Moines gourmands, scène du citoyen Thiemet qu'il jouera seul, dans laquelle il changera 
de figure et de voix 8 fois, et imitera celle d'un moine pleurant d'un côté du visage et riant 
de l'autre en mêmetems; le spectacle sera terminé par l'Intendant comédien malgré lui, 
comédie épisodique; on commencera par le Divorce, comédie en 2 actes (1). 

Ecoutons maintenant le boniment par lequel ces banquistes 
annoncent leur troisième spectacle : 

... La i re représentation de V Assemblée départementale, scène du citoyen Thiemet, dans 
laquelle il contrefera, lui seul, l'assemblée entière; précédée delà première représentation 
de l'Embarras comique, proverbe du citoyen Thiemet, dans lequel il jouera 4 rôles, imitera 
différens instrumens de musique, plusieurs acteurs célèbres de Paris, exécutera une scène 
de Ventriloque, dans laquelle il jettera sa voix de manière qu'elle sera entendu de 4 endroits 
à la fois (1). 

Enfin, pour mettre le comble à ces témoignages de mauvais goût, 
le public applaudit à outrance une troupe de danseurs de corde, 
que dirigeait un certain Dupuis. 

(1) L'Oracle. 




Association d'Actionnaires 



(1801-18) 



REGIE DUBUS - 1801-10. 




ous voici heureusement arrivés à un moment où le Théâtre 
de la Monnaie entre dans une phase nouvelle. Une ville 
comme Bruxelles devait produire autre chose que des 
saltimbanques, et, pour donner à son théâtre un rang plus élevé, des 
efforts devaient être tentés. Les membres de la noblesse et de la 
bourgeoisie, émus de cette décadence, voulant rendre à leur 
première scène son ancienne splendeur, s'assemblent et forment une 
association. Vingt-cinq d'entre eux, dont suit la liste, s'engagent à 
verser une somme de mille livres tournois chacun, comme fonds de 
l'entreprise. (Il faut remarquer qu'à cause de l'esprit du moment on 
avait supprimé toutes les appellations nobiliaires.) 



MM. CHARLES VANDER FOSSE. — CHARLES D'ARBERG. — GOD. WALKIERS. 

— CORNET DE GREZ. — DE PAPE — LA BOULLAYE. — SAUVAGE. — CH. ROHAN. 

— DE LATOUR. — DE PAUW — EM. MEYER. — CHARLES BERGEYCK. — 
LÉONARD VANDEVELDE. — PAUL D'ARCONATI. — VANDERMEERE. — 
L. TIBERGHIEN. — VANDERDILFT. - GRANDRY fils. — FRANÇOIS DE LALAING. 

— (D'OVERSCHIE DE) NEERISCHE. -LE BAILLY. — GRIMBERGHE. — DE LA 
PUENTE. — VISCHER DE CELLES. - PLOWITZ (i). • 

(1) Brochure intitulée : Théâtre de la Monnaie sous la régie du citoyen J. Dubus. 



ioo Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

On nomma une administration composée de : 

J. Dubus, régisseur et fondé de pouvoirs. 
Laute, commissaire et sous-régisseur. 
J Debonne, caissier et receveur 

La troupe réunie par cet aréopage était assez complète : 

Acteurs et chanteurs . 
Messieurs : 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille Liv. 4,800 

Desfossés, premières hautes-contre, Elleviou, etc 5 , 500 

Perceval, Crispins, marquis ridicules, seconds comiques, Trial .... 5, 000 

Linsel, id. id. .... 3,600 

Campenhout, premières hautes-contre, Colins, Elleviou 2,400 

Dubreuil (Gamet dit), financiers, manteaux, grimes 4,200 

Champmélé, pères nobles . 4,200 

Ansoult, premières basses-tailles nobles et comiques 4,200 

Lagarenne, premiers rôles, Philippe, Gavaudan 4,600 

Garnier, deuxièmes rôles, troisièmes amoureux 4,000 

Alexandre, grands accessoires 1,500 

Calland, premier comique 4,000 

Borremans, \ ( 2,600 

Grandval, > grands accessoires. < 720 

Larivière, ] ( 1,200 

Mariage, secondes basses-tailles (1) 2,400 

Armand, premier comique (2) 3,000 

Dorsan, hautre-contre (3) 4,800 

Jusky, jeunes premiers (4) 2,400 

Actrices et Chanteuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Roussellois, mères Dugazon, premières duègnes Liv. 4,800 

Hyacinthe, St-Aubin 3,600 

Dumont, première soubrette (5) 3,600 

Goossens, seconde amoureuse 2,000 

Lobé, premiers rôles, grandes coquettes . 4,000 

Dubus, rôles de convenance 4,000 

Decroix, duègnes, caractères comédie 3,600 

Gouget, secondes et premières duègnes en double, mères nobles .... 2,700 

Beffroy, première amoureuse (6) 3,600 

Saint-Albin, secondes et troisièmes amoureuses, St-Aubin et Dugazon- 

corsets 2,400 

Perceval, rôles de convenance (7) » 

(1) Cet artiste ne figure pas dans la nomenclature donnée par la brochure intitulée : Théâtre de la Monnaie, etc. 
(2 ù 4) Ces artistes n'\ sont pas signalés non plus. Ils n'ont tait partie de la troupe que pendant deux mois. 
Dorsan a débuté le i ; ventôse an IX, dans Alexis, ou l'Erreur d'un bon père. 

(5) Elle n'a fait partie de la troupe que pendant deux mois et demi. 

(6) Cette actrice n'est entrée que le 90 frimaire an X. 

(7) Ses appointements sont inscrits avec ceus île son mari : 416 liv. 1 y-4 par mois. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 101 

Clairmonde, seconde amoureuse (i) Liv. 2,400 

Renau, jeunes premiers rôles (1) 2,400 

Bocquet, première et deuxième amoureuse 2,400 

Angellier, rôle de convenance 1,200 

Devaux, souffleur 900 

Pellerin, copiste ôoo 

Vandenborre, peintre 1,200 

Orchestre. 

PAl'WELS, maître de musique Liv. 3,600 

Neyts, second maître de musique FI. 600 

Augustin Desfossés, né à Royes, département de la Somme, le 
27 août 1771, a tenu pendant 23 ans les rôles de ténor avec un 
succès ininterrompu. C était une des plus belles voix que Ton eût 
jamais entendues à Bruxelles, et à ce précieux don de la nature 
Desfossés joignait toutes les ressources de Fart le plus raffiné. 
Depuis sa retraite, en 1826, et, jusqu'à l'époque de sa mort, le 
22 novembre 1839, il était devenu l'un des chanteurs les plus bril- 
lants et les plus assidus du jubé de l'église Sainte-Gudule. Il avait 
obtenu l'indigénat en 1831. 

Les représentations avaient lieu tous les jours, et le répertoire 
était très varié. Mais toutes les pièces venaient de Paris, dont 
Bruxelles était une véritable succursale dramatique, et les auteurs 
du pays ne parvenaient guère à se faire représenter. 

Un nommé Barafin, après plusieurs tentatives auprès cju préfet, 
du maire, etc., au sujet d'un manuscrit, reçut une lettre contenant 
ce passage : 

... // existe une résolution dans notre administration, qui nous prescrit positivement 
de ne laisser représenter sur notre théâtre que les pièces qui auraient déjà obtenu un 



1) Ces deux artistes ne séjournèrent que pendant deux mois à Bruxelles. 



Comédies : Les Mœurs du jour, 5 actes, par Collin d'Harleville ; — Duhautcours, 5 actes, 
par Picard; — la Petite ville, 4 actes, par Picard ; — l'Entrée dans le monde, 5 actes, 
par Picard; — les Provinciaux à Paris, 4 actes, par Picard; — V Enfant du malheur, 
5 actes, par Cuvelier; — le Juge bienfaisant, 3 actes, par Chastenet de Puységur; — 
le Premier venu, 3 actes, par Vial ; — h Mort de Turenne, 3 actes, par Bouilly et Cuve- 
lier; — Don Quichotte, 3 actes, par Hapdé ; — Défiance et malice, 1 acte, par Dieulafoi ; 

— le Meunier de Saspach, 2 actes, de Cuvelier. 

Opéras : Chiméne, 3 actes, de Sacchini ; — d'Auberge en auberge, 1 acte, de Tarchi ; — 
Pouce de Léon, 2 actes, de Lebreton (Berton) ; — le Calife de Bagdad, 1 acte, de Boiel- 
dieu ; — Maison à vendre, 1 acte, de Dalayrac; — Une matinée de Catinat, 1 acte, de 
Dalayrac; — le Trompeur trompé, de Gaveaux ; — Marcelin, de Lebiun; — le Trente 
et Quarante, de Tarchi; — le Délire, 1 acte, de Berton; — l'Auteur malgré lui, de 
J.-E. Pauvvels, chef d'orchestre du théâtre (cet opéra n'eut qu'une seule représentation); 

— le Grand deuil, 1 acte, de Berton. 



102 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18. 

succès marqué sur ceux de Paris, ou de quelqu'autre capitale. Cette mesure générale a 
four but d'éviter V inconvénient des études inutiles qui résultent quelquefois du peu de 
succès des pièces; quoique persuadé de celui que la vôtre pourrait obtenir, je me trouve 
dans l'impossibilité de pouvoir faire en faveur de votre ouvrage une exception à la règle 
établie... 

Pas de commentaires. 

Parmi les représentations extraordinaires, il faut citer : 

25 avril, concert donné par M me Roussellois ; — 7 et 11 mai, le sieur Garelli, chanteur 
comique italien, dans la Prova del opéra et le Maître de musique italien ; — du 14 juin 
au 13 juillet, série de représentations parle ballet national d'Amsterdam; — 14 juillet, 
5 et 6 août, M lle Le Sage du Théâtre Feydeau de Paris. 

Puis, la troupe équestre de Franconi reparaît de nouveau dans 
les mimodrames : Le Meunier de Saspach, — Mort et apothéose de 
Don Quichotte. 

Par cet extrait des i\rchives, on va pouvoir juger des résultats 
pécuniaires : 

Du 19 PLUVIOSE AN IX AU 30 GERMINAL AN X. 

La recette depuis la dite date jusqu'au 10 avril 1802, a été comme suit : 

i° La mise de fonds des 26 actionnaires Liv. 26,000 — o — 

2° Les recettes journalières pour Tannée 196,620 — 7 — 9 

3 Les recettes d'abonnemens 73.287 — 17 — 1 

4 D'une avance faite à la fin de Tannée par le caissie r . . 1,326 — 7 — 2 



Total de la recette de Tannée . . Liv. 297,234 — 12 — o 

Les dépenses depuis la même date et jusqu'à la même 
époque du 10 avril 1802 : 

i° Pour payement de la troupe Liv. 150,020 — 8 — 10 

2 Tous autres fraix quelconques 147,214 — 3 — 2 



Liv. 297,234 — 12 — 



Il en résultent (sic) que la mise de fonds des actionnaires a été absorbée pendant la pre- 
mière année et que les actionnaires devaient au caissier : Liv. 1,^26 — 7 — 2. 

Cela conste d'un état général du caissier, signé par lui le 6 messidor an XIII (25 juin 
1805), approuvé par M. Delatour, l'un des actionnaires, et vérifié par lui. 



1802- 1803. — Malheureusement, l'année suivante amène un 
résultat négatif. 

Elle s'ouvre avec cette troupe : 

Acteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou, etc Liv. 5,500 

Linsel, trial, Juliet, etc 3,600 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 3,600 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18. 103 



Champmélé, pères nobles t u v> 4 200 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille 4,800 

Perceval, Crispins, marquis, ridicules, Trial 5,000 

Lagarenne, premiers rôles, Philippe, Gavaudan 4,600 

Calland, premier comique , 4000 

Garnier, deuxièmes rôles, troisièmes amoureux 2 600 

Eugène (Dessessarts), première basse-taille 2,400 

Rochon, les Colins ^ OQO 

La Vilette, seconde basse-taille 4,400 

Brion, des premiers rôles et forts jeunes premiers 4,500 

Laurin, pères nobles, trois rôles, raisonneurs 2 400 

Lizys, deuxième haute-contre . 4,200 

Borremans, grands accessoires 2 400 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Roussellois, mères Dugazon, premières duègnes Liv. 6,600 

Fay (M Ue Roussellois, femme Bachelier), première chanteuse .... 5,400 

Caron-Fémilly, Dugazon 4 c 00 

Ribou, premiers rôles, forts jeunes premiers 4,000 

Burger, St-Aubin o 500 

Dubus, rôles de convenance 2 000 

Hyacinthe, St-Aubin 3,600 

Gouget, caractères, mères nobles 2,700 

Lobé, premiers rôles, grandes coquettes 4,000 

Decroix, duègnes, caractères comédie .... 3,600 

Perceval, rôles de convenance 1,200 

Lequien, id. 1,200 

Chevalier, utilités 1,200 

Lance, jeunes rôles (1) . . 300 

PAUWELS, maître de musique. 

Cette campagne fut fertile en événements dramatiques. 

Le sieur Bianchi, chanteur italien, se disant premier comique de 
la Cour de Prusse, vient se produire dans deux intermèdes (s et 
7 mai). 

Puis, la fille de M me Roussellois : M me Baron, dite Fay, débute 
dans Roméo et Juliette. Elle avait abordé la scène en 1797, à l'Opéra- 

(1) M lle Lance était la lille du concierge de la Monnaie. 



Léhéman ou la tour de Neustadt, 3 actes, de Dalayrac; — Une folie, de Méhul; — le 
Trésor supposé, 1 acte, de Méhul (une seule représentation); — Ariodant, 3 actes, de 
Méhul; — la Famille américaine, 1 acte, de Dalayrac ; — Anacréon chez Polycrate, 
grand opéra en 3 actes, de Grétry ; — Ma tante Aurore, 2 actes, de Boieldieu (grand 
succès); — Michel-Ange, 1 acte, de Nicolo-Isouard 



104 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

Comique de Paris; elle se montra ensuite à l'Opéra cToù les intri- 
gues de coulisses la firent partir. Elle donna le jour à la célèbre 
Léontine Fa}\ 

Martin, de l'Opéra-Comique, dont la voix tenait du baryton et 
du ténor, et qui a légué son nom à l'emploi, se fait applaudir dans : 
L Epreuve Villageoise, Zoraïme et Zulnar, le Jugement de Midas, 
Maison à vendre, la Colonie, Philippe et Georgette, le Trente et 
Quarante, d'Auberge en Auberge, ïlrato, le Secret, les Visitandines, 
Pamir ge. 

La présence à Bruxelles d'un ancien artiste de la Monnaie, Henri 
Mees et de sa fille, xM me Bonnet, fut l'occasion d'une œuvre de 
charité : 

La représentation au bénéfice du citoyen Garnier, qui lui a été accordée d'après l'événe- 
ment malheureux dont il est victime, et qui était annoncée dans le journal l'Oracle, aura lieu 
samedi prochain, 5 thermidor (An X, 25 juillet 1802). L'on jouera Marianne, opéra, de 
Dalayrac, et le Directeur dans l'embarras, opéra de Cimarosa; dans la première pièce, 
Madame Bonnet, née Mees, remplira le rôle de Marianne, et dans la seconde, le citoyen 
Mees remplira le rôle du Poète, ces deux artistes estimables ont bien voulu se réunir aux 
talents de ceux du grand théâtre pour donner à ce spectacle tout l'intérêt et l'agrément dont 
ils sont susceptibles Entre les deux pièces, Madame Bachelier, née Roussellois, exécutera un 
concerto sur le forte-piano. 

En octobre, on signale la présence de M mc Thénard et de son fils, 
qui parurent tous deux dans onze représentations successives. 

Puis, arrivent Jean Ellmenreich, chanteur allemand, M" e Contât, 
M" e Dugazon qui joue dans l'Etourdi et les Originaux, Etienne 
Baron, dit Eay, gendre de M me Roussellois et ténor du théâtre 
Eeydeau. 

Le i er avril, on entend Platel dans un concert avec M mc Ber- 
teau. Ce violoncelliste fut, plus tard, nommé professeur au Conser- 
vatoire de Bruxelles. Ses élèves, tels que Servais, Alex. Batta, 
Demunck, etc., sont devenus des maîtres. 

.Mais l'événement le plus important de l'année fut le retour de 
Talma. Tout ce qui touche ce grand artiste prend de telles propor- 
tions littéraires que nous allons reproduire f appréciation de l'Oracle 
sur le célèbre tragédien. 

Ipiiigknie en Aulide. 

La première pièce jouée sur notre théâtre depuis l'arrivée de Monsieur et Madame Talma, 
a été VAndromaque de Racine, ainsi que nous l'avons annoncé ; n'ayant point assisté à cette 
représentation, je n'ai pu en rendre compte; mais, d'après l'opinion des connoisseurs, Talma 
a parfoitement joué le rôle d'Oreste; il a été surtout sublime dans la dernière scène du 
dernier acte. Madame Talma a montré également le talent le plus distingué dans le rôle 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 105 

difficile et superbe d' Andromaque. Ces deux artistes ont recueilli, dans cette occasion, les 
applaudissemens les plus nombreux et les plus mérités d'un public juste appréciateur des 
talens. 

La seconde représentation a eu lieu avant-hier : c'étoit VIphigènie en Aulide, de Racine, 
chef-d'œuvre qui n'a rien d'égal chez aucun peuple et dans aucune langue : Monsieur Ta'ma 
y a rempli le rôle d'Achille. On sait que ce héros est foitement dessiné dans Racine et que 
son caractère est un mélange continuel de fierté, d'orgueil et d'emportement difficile à bien 
saisir, et encore plus à bien tendre. Ce genre ne nous a pas paru être le plus favorable aux 
talens de l'acteur, et nous sommes, à cet égard, de l'avis des journaux littéraires de Paris. 
Larive avoit un genre particulier; Talma en a un autre; le seul Lekain étoil sublime dans 
tout. Ce n'est pas à dire que le rôle d'Achille a été mal rendu ; mais Talma n'y a pas été 
tout ce qu'il auroit dû être ; il y a déployé les connoissances d'un ac'eur consommé dans son 
art, mais il ne fut sublime que par élan. Lorsqu'à la fin du troisième acte, Achille se retire 
en fureur, et dit à Clytemnestre les vers qui terminent cet acte : 

Votre fille vivra, je fuis vous le prédire, 
Croyez du moins, croyez que, tant que je respire, 
Les dieux auront en vain ordonne son trépas. 
Cet oracle est plus sûr que celui de Caichas, 

ce moment a été du plus grand effet, et l'acteur a recueilli de vifs applaudissemens; l'illu- 
sion a été complète; l'on a ciu revoir le fougueux Achille d'Homère et de Racine. 

Malgré tous ces attraits, les résultats pécuniaires furent désas- 
treux, et les pertes s'élevèrent à 8,667 livres. 



1803-1804. — L année suivante amène le déficit énorme de 
64,707 livres. 

Le public semble avoir déserté quelque peu le théâtre; un écrit 
du temps rapporte qu'un étranger, allant passer sa soirée à la Mon- 
naie, « fut étonné de voir une grande partie des loges vides et le 
parterre très clair-semé », et ajoute : « L'ouverture était à peine 
commencée, qu'on n'entendait que tousser, cracher, babiller, ouvrir 
et fermer les portes des loges de haut en bas. » (1) 

Cette troisième campagne de la gestion Dubus commença le 
i cr floréal an XI (21 avril 1803). 

Acteurs. 
Messieurs : 

Lagarenne, premier rôle Liv. 4,600 

Bourson, jeunes premiers rôles et petits-maîtres 3,300 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,000 

Champmélé, pères nobles 4,200 

Folleville, troisièmes rôles, grands raisonneurs, pères nobles 4,000 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille ... ^,8oo 

(1) Coup d'œil sur Bruxelles, Stapleaux. 



io6 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18. 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou Liv. 5,500 

Perceval, Crispins, marquis ridicules 5,000 

Eugène (Dessessarts), premières basses-tailles, nobles et comiques . . . 2 ,7°° 

Verteuil, premier comique, livrées .... 5,000 

Dumouchel, Trial, Laruetie , 10,000 

Rolland, Martin, Lays 5,000 

Théodore, seconde haute-contre 2,000 

Lacroix, raisonneurs 3,000 

Durant, premiers rôles 6,000 

Brochard, Crispins, marquis ridicules , 4,000 

Borremans, grands accessoires 2,000 

Actrices, 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Ribou, premiers rôles, forts jeunes premiers Liv. 4,300 

Saint-Albin, jeunes Saint-Aubin, Dugazon-corsets 3,600 

Berteau, première chanteuse, Philis, fortes Saint-Aubin 4,500 

Dumouchel, premier rôle tragique — 

Morland, jeune première, ingénuité 3,600 

Dollé-Verteuil, Dugazon 2,400 

Gouget, caractères, mères nobles 3,000 

Vanloo, premières soubrettes 4,300 

Folleville, ingénuité, jeunes rôles — 

Burgin, Saint-Aubin 4,200 

Lequien, rôles de convenance 1,800 

Decroix, duègnes, caractères 3,600 

Tanquerelle, deuxième soubrette, première en double 5,000 

Devaux, souffleur Liv. 900 

Pellerin, copiste 720 

Spaak, peintre 2,688 

Orchestre. 
PAUWELS, maître de musique Liv. 3,600 

Si nous avons signalé les témoignages de mauvais goût que 
donna quelquefois le public en applaudissant des saltimbanques, 
nous saisissons l'occasion de constater que ces habitudes ne se sont 
pas maintenues. Le jour de l'ouverture, la direction exhibe une 
espèce de prestidigitateur, avec son spectacle fantasmagorique : 
Palingénésie on danse des morts. Il fut absolument hué et partit sans 
rien dire — pas même son nom, sans doute pour faire une niche 
aux historiographes... 

.Mais on attendait à Bruxelles l'arrivée du Premier Consul et de 
Madame Bonaparte. Des fêtes se préparaient, auxquelles le Théâtre 
devait naturellement contribuer dans une large mesure. On fit venir 
de Paris l'aima et sa femme, Monvel, M" c Raucourt; puis, Rodolphe 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 107 

Kreutzer, F. Duvernoy, Dalvimare, instrumentistes du Grand- 
Opéra. Tous ces artistes se firent entendre avant l'arrivée du Consul. 
Enfin, Bonaparte fit son entrée à Bruxelles, le 21 juillet, à 
9 heures 1/2 du soir. Le Théâtre avait affiché « relâche ». 

Le lendemain, Joséphine se rend à la Monnaie, où Ton représente 
Cinna, et, le 8 thermidor, Bonaparte, accompagné de Lebrun et 
de Joséphine, vient y voir jouer Britannicus. 

Deux jours après, la veille de son départ, le Premier Consul 
assiste à la représentation d une pièce de circonstance : La Joyeuse 
Entrée, de Jouy, où il est l'objet de manifestations sympathiques, 
notamment au couplet suivant : 

Si j'ai bien servi ma patrie, 
Mille autres ont eu ce bonheur ; 
De la France l'heureux génie, 
Nous guidait aux champs de l'honneur. 
Se peut-il que l'on s'en écarte, 
En suivant le même sentier, 
Toujours après lui Bonaparte 
Laisse une trace de laurier. 

Nous avons cité Brochard et Perceval parmi les artistes drama- 
tiques. Il paraîtrait qu'à leur talent de comédien ils joignaient des 
qualités chorégraphiques — ce qui ne manque pas d'originalité. 
Pour faciliter les débuts du danseur Giraud et de la ballerine 
Etienne, ils secondèrent ceux-ci et parurent dans la Fille mal 
gardée : 

Brochard a enlevé tous les suffrages par la légèreté et la perfection de sa danse, la finesse 
de sa pantomime et le comique qu'il a répandu sur ce personnage, et quant à Perceval, 
il serait difficile de décrire avec quelle supériorité il s'en est acquitté; il excelle dans la 
danse comique et y mérite d'autant plus d'éloges, que jamais il ne s'était voué à cette sorte 
d'exercice (1). 

Un début important fut celui de Pierre Bourson. La passion du 
théâtre s'était manifestée subitement chez cet artiste, la première fois 

(1) Esprit des Journaux. Nivôse an XII. 



Les Confidences, 2 actes, de Nicolo-Isouard ; — le Jockey, 1 acte, de Solié ; — le Concert 
interrompu, 1 acte, de Berton ; — Picaros et Diego, 1 acte, de Dalayrac ; — Beniowski, 
3 actes, de Boieldieu ; — Aline, reine de Golconde, 3 actes, de Berton; — Lèontine et 
Fonrose, 4 actes, de Pauwels ; — le Médecin turc, 1 acte, de Nicolo; — l'Habit du che- 
valier de Grammont, 1 acte, d'Eler. 



io8 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

qu'il alla au spectacle; Larive jouait Pygmalion, de Rousseau. 
Bourson apprend le rôle en une nuit, et se fait présenter à Larive, 
qui, émerveillé de ses aptitudes, facilita les commencements de sa 
carrière. 

Le 22 août, Louis Drouet joue un concerto de flûte entre deux 
pièces. Cet artiste acquit une grande renommée. 11 était dans les 
bonnes grâces de la reine Hortense, mère de Napoléon III, et écrivit 
la musique de : Partant pour la Syrie, dont on voulait se servir 
pour faire échec à la Marseillaise! 

Cette saison se termine par la première de Léontine et Fonrose, 
opéra-comique en 4 actes, de Jean-Englebert Pauwels. Le maestro, 
couronné sur la scène, est ramené chez lui en triomphe. Mais c'était 
son chant du cygne, car il expirait six semaines après. 



1804- 180 5. — Les membres nommés pour un terme de trois ans 
ayant terminé leur gestion, une nouvelle commission est installée 
par acte notarié. 

L ouverture a lieu le 21 avril. 

. Acteurs. 

Messieurs : 

Lagarenne, premiers rôles Liv. 5,300 

Bourson, jeunes premiers, jeunes premiers rôles et petits-maîtres . . . 3.3°° 

Deschazelles, second et troisième amoureux (1) 8,000 

Paulin, premiers comiques, grandes livrées 5,000 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes . 3,600 

Champmélé, pères nobles 4 200 

Folleville, troisièmes rôles, grands raisonneurs, pères nobles (2) . . . 4,000 

Lecatte, seconds pères, grandes utilités 1,800 

Brochard, Crispin, marquis ridicules, second comique 3,000 

( 1 ) Cet acteur touchait avec sa femme une somme de 8,000 livres annuellement. 
(2) Folleville touchait cette somme avec sa fille. 



La Romance, \ acte, de Berton ; — le Diable couleur de rose, 1 acte, de Gaveaux ; — Une 
heure de mariage, 1 acte, de Dalayrac ; — Hêlèna, 3 actes, de Méhul ; — la Jeune Prude, 
1 acte, de Dalayrac; — le Petit Page, 1 acte, de Gresnich; — / Viaggiatori comici, de XX. ; 
— le Clapperman ou le crieur de nuit d'Amsterdam, de J Borremans; — Nephtè, tragédie 
lyrique en 3 actes, de Lemoyne; — Corali ou la lanterne magique, 1 acte, de Bianchi ; — 
Un quart d'heure de silence, 1 acte, de Gaveaux; — le Bouffe et le tailleur, 1 acte, de 
Gaveaux; Henri de Bavière, 3 actes, de Deshayes ; — l'Avis aux femmes, 1 acte, de 
Gaveaux; — Milton, 1 acte, de Spontini ; — l'Orage, 1 acte, de Foignet. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 



109 



Desfossés, première haute-contre, Elleviou Liv. 6,000 

Campenhout, première haute-contre, Colin, Elleviou, Martin 5,000 

Ansoult, première basse-taille noble et comique 5>5°° 

Eugène (Dessessarts), première basse-taille 3,000 

Darius, première basse-taille, Lays, Martin 6,000 

Perceval, Crispin, marquis ridicules, Trial 5,000 

Linsel. Crispin, marquis ridicules, Trial 4,000 

Actrices 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Ribou, premiers rôles, forts jeunes premiers Liv. 5,000 

Deschazelles, première chanteuse en tous genres . — 

Morland, jeunes premiers rôles, ingénuités 3,600 

Saint-Albin, seconde et troisième amoureuse 3,600 

Berteau, première chanteuse, Philis, fortes St-Aubin 5»5°° 

Ribou mère, mères nobles 1,800 

Gouget, caractères, mères nobles 3, 000 

Roussellois, mères Dugazon, premières duègnes 6,000 

Folleville, ingénuités, jeunes rôles (1) — 

Spinagotta, première soubrette (2] 4,000 

Van Loo, première soubrette 4,3°o 

Tanquerelle, deuxième soubrette, première en double 2,200 

Devaux, souffleur 900 

Pellerin, copiste 900 

Spaak et fils, peintres 2,688 

Orchestre. 

PAUWELS, maître de musique Liv. 3,600 

Platel, second maître de musique 1,200 

Le chef d'orchestre Pauwels, malade depuis le commencement 
de la saison, mourut le 4 juin, à l'âge de 36 ans; ses funérailles 
eurent lieu à Laeken, et le Théâtre fit relâche. Jean-Englebert Pau- 
wels était non seulement un violoniste de premier ordre, mais encore 
un compositeur de grand talent; il avait fondé, rue Ducale, la société 
du Grand-Concert. Ch. Borremans le remplaça au pupitre. 

Cette mort fut suivie, à quelques mois de distance, de celle 
d Ansoult, la basse-taille. Il laissait une veuve et une fille, au profit 
desquelles une représentation fut organisée. On perdait « un citoyen 
dont la probité et la moralité étaient sans taches ». Son camarade 
Eugène cadet (Dessessarts), joua plusieurs mois au bénéfice de la 
veuve, lui consacrant ses appointements tout entiers. Un tel trait de 
générosité se passe déloges : — il suffit de le constater. 



i 1 ) Ses appointements étaient compris dans ceux de son père. 
(2) Elle a résilie son engagement le jo prairial. 



i r o Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 

Ansoult fut remplacé par Jean Darius, de la Comédie-Italienne. 
Cet artiste offre un cas de longévité rare : il mourut à l'âge de 
103 ans. 

Il faut encore signaler, parmi les débutants, Paulin (Jean-Paulin 
Goy), élève de Préville, qui excellait dans les valets de Molière, et 
M me Deschazelles, venant de l'Opéra-Comique où, « pour une cause 
inconnue, elle ne contracta pas d'engagement » (1). 

Fleury, de la Comédie-Française, donne une série de représen- 
tations, dont la première a lieu le 29 août. M. et M me Miarteni, 
artistes italiens, jouent, le i er octobre, un opéra intitulé : I viaggia- 
tori comici. 

Un petit prodige, M" e David, fut annoncé en ces termes : 

Mademoiselle David, âgée de 12 ans, venant de Paris, où elle a exécuté, sur divers théâ- 
tres et dans les grands concerts de la capitale, différens morceaux de musique des meilleurs 
compositeurs, en présence de Leurs Majestés Impériales, du conservatoire et des amateurs 
de la bonne musique, annonce qu'elle donnera un concert dans cette ville, dans lequel elle 
jouera des concertos des plus grands maîtres. Parmi les instrumens dont cette jeune personne 
joue, soit à vent, soit à cordes, elle exécutera des concertos de cor et de flageolet, comme 
étant ceux qui lui ont attiré l'admiration générale des artistes et amateurs des villes où elle a 
paru, telles que Toulouse, Bordeaux, Tours, Orléans et Paris. Son âge semblerait inspirer 
des doutes sur ses talens ; mais elle peut se flatter d'avoir obtenu, partout, les applaudis- 
semens unanimes de tous ses auditeurs La grande affiche annoncera les concertos, pièces de 
musique qui y seront joués, le local où le concert sera exécuté. 

Le 30 mars et le 7 avril, concerts de Steibelt. Une représentation 
de Roméo et Juliette avait été donnée le 5 avril en 1 honneur de ce 
grand artiste. Le ténor Desfossés étant malade, Campenhout le rem- 
plaça à l'improviste. Le soir du second concert, Campenhout, encore 
tout ému par le merveilleux talent du célèbre pianiste, aborda le 
maestro, et, d'un accent pénétré, lui dit : « Monsieur, vous avez été 
merveilleux ce soir! » A quoi Steibelt répondit : « C'est vous, Mon- 
sieur, qui avez fait merveille dans ma pièce, l'autre soir. » Le rôle 
de Roméo, appris en très peu de jours, fut, en effet, chanté avec un 
abandon, une sensibilité révélant chez Campenhout un talent dra- 
matique qu on ne lui soupçonnait pas. Jamais triomphe ne fut plus 
complet. Campenhout était alors un ténor au timbre généreux; sa 
voix de poitrine s'étendait depuis Yut grave jusqu'à l'ut 2 mc octave, 
sa voix de tête atteignait aisément le/à suraigu. Il contribua à intro- 
duire au théâtre le style fleuri et brodé dont on ne se faisait guère 
une idée auparavant, car les chanteurs ne brillaient point par une 

(1) Vallcran. L'Opinion du parterre. 




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Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 1 1 1 

exécution vocale fort remarquable. Il abusait parfois des fioritures, 
mais son excuse était dans son habileté. Campenhout jouissait, en 
outre, dune taille élancée, dune figure distinguée, mobile et 
expressive. Tous ces avantages avaient frappé Pauwels, son profes- 
seur de violon, qui lui conseilla le théâtre. 

Voici maintenant un spécimen de réclame, qui laisse poindre le 
principe des procédés tant en faveur aujourd'hui. Il est de ce même 
Steibelt qui, « cédant aux nombreuses et pressantes sollicitations des 
amateurs de cette ville », voulut bien consentir à se faire entendre : 

Programme du concert que M. Steibelt donnera à la salle du spectacle, aujourd'hui 
samedi, 30 mars (9 germinal an XIII). 

Première partie. — Ouverture manuscrite du ballet de la Belle Laitière, donné à Lon- 
dres, au grand théâtre du roi, et de la composition de M. Steibelt. — M. Gensse exécutera 
un concerto de Viotti. — Scène du Sacrifice d'Abraham, par Cimarosa, chantée par 
Madame Roussellois. — M. Steibelt exécutera sur le piano-forte un nouveau concerto manus- 
crit de sa composition. Le sujet de Vadagio est tiré d'un air chanté par Marie Stuart, reine 
d'Ecosse, lorsqu'elle était prisonnière au château d'Edimbourg Celui du rondeau est une 
imitation de chasse. 

Seconde partie. — Scène champêtre du ballet de la Belle Laitière. Le calme de la nuit, 
le réveil de la nature, le concert harmonieux que forment les habitans de Pair, le lever du 
soleil, le mugissement des troupeaux, le chalumeau du berger, les chants du chasseur 
forment le sujet de celte scène, qui se termine par une espèce de bacchanale villageoise. — 
M. Steibelt exécutera sur le piano-forte, une fantaisie, et prendra pour thème un air de la 
Flûte enchantée. — Madame Roussellois chantera un rondeau de Martini. — M. Steibelt 
terminera le concert, en exécutant sur le piano-forte un rondeau pastoral, avec un orage, 
morceau à grand orchestre. 

Le 31 octobre, apparaît une pièce du crû. Le fait est assez rare 
pour que nous ne le laissions pas passer inaperçu. Il est vrai que cet 
ouvrage n'eut qu'une seule représentation. C'est le Clapperman ou 
le crieur de nuit d'Amsterdam, opéra en un acte, de Joseph Borre- 
mans, deuxième chef d'orchestre à la Monnaie, maître de chapelle 
à Sainte-Gudule, organiste de Saint-Nicolas et auteur de scènes 
lyriques, messes, Te Deum et motets. 

Nivôse de l'an XIII vit la discorde surgir entre deux actrices que 
la jalousie avait mal conseillées. Il s'agissait du rôle de Roxelane, 
dans les Trois Sultanes, qu'on avait distribué à M me Deschazelles, 
et que M" e Ribou réclamait comme appartenant à son emploi. 
Récriminations, visites aux directeurs, cris, tumulte. La situa- 
tion s'envenimant, l'administration crut terminer le dillérend par 
le retrait de la pièce. Mais M" c Ribou, dont l'amour-propre n'avait 
pas eu satisfaction, demanda à résilier, ce qui lui fut accordé. 
Cette prédilection pour Roxelane était, dit-on, motivée par la con- 



112 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18 

duite de l'actrice, qui rappelait celle de la sultane. Des bruits mal- 
veillants s'étant répandus, elle écrivit une lettre accompagnée d un 
long mémoire justificatif, et fit sa rentrée le 18 ventôse. 

En février 1805, il fut question de remplacer le préfet de la Dyle, 
Doulcet de Pontécoulant, appelé au poste de sénateur. Tout le 
monde regrettait son départ. Ces sentiments se manifestèrent avec 
la plus grande énergie à la représentation du 5 de ce mois L'admi- 
nistration du théâtre ayant appris, quelques instants avant le lever 
du rideau, que le préfet allait assister au spectacle, fit éclairer la salle 
comme pour les grandes circonstances. On jouait Iphi génie en 
Aidide. Dés que M. de Pontécoulant parut, tout le public se leva et 
lui fit une ovation enthousiaste. L'orchestre joua l'air du chœur de 
Lucile : Oh peut-on être mieux qu'au sein de sa famille, ce qui doubla 
les applaudissements. Peu après, il fit entendre l'air d'Œdipe, si 
bien en situation : Je ne vous quitte pas sans répandre des larmes. 
Enfin, M" e Roussellois, jouant Clytemnestre, souligna, avec autant 
d'esprit que de grâce, la phrase suivante : 

Que j'aime à voir ces hommages flatteurs 
Qu'ici l'on s'empresse à vous rendre. 

L'allusion fut parfaitement saisie, et le public ratifia l'intention 
de l'artiste. M. de Pontécoulant fut reconduit jusqu'à sa voiture 
avec de grands témoignages de reconnaissance et de respect. 

Cependant les affaires du théâtre devenaient de plus en plus 
inquiétantes, et, depuis la nouvelle gestion, le déficit s'élevait à la 
somme de liv. 107,566. 

Les directeurs, désireux d'abandonner la partie, écrivirent une 
lettre au Préfet : 

Bruxelles, le 20 ventôse an XIII (1 1 mars 1805). 

Les Actionnaires du Théâtre de Bruxelles 

à Monsieur De Chaban, 
Préfet du Département de la Dyle. 

Monsieur le Préfet, 

Vous avez eu la bonté de témoigner à quelques-uns d'entre nous l'intérêt que vous voulez 
bien prendre au soutien du Spectacle de Bruxelles, et l'intention où vous êtes d'interposer 
vos bons offices auprès du gouvernement, pour en obtenir des moyens de conserver un éta- 
blissement aussi nécessaire aux bonnes mœurs et à la police. 

Nous nous permettons, en conséquence, de vous présenter nos réflexions et nos désirs sur 
cet objet. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 113 

Bruxelles était ci-devant une ville de Cour, et son spectacle, après ceux de Paris, était 
peut-être le meilleur de l'Europe. L'Archiduchesse Marie-Christine y avait une loge qu'elle 
payait 24,000 francs par an : le Ministre de l'Empereur donnait 12,000 francs pour la sienne, 
et la première dame d'honneur de l'Archiduchesse en avait une troisième au prix de six 
mille livres. 

Ces trois loges formaient ainsi à l'administration du théâtre, un revenu assuré et une 
espèce de préciput de 42,000 francs. 

Outre cela, cette administration jouissait du privilège exclusif de tous les spectacles et 
divertissemens de la ville, ce qui peut être estimé au moins à 12,000 francs par an. 

D'abord après l'occupation de la Belgique par les armées françaises, tous ces avantages 
ont cessé, et il en est résulté la désorganisation totale du spectacle. Des bateleurs et des 
fripons se sont succédé rapidement comme entrepreneurs; ils ont escamoté des abonnemens, 
produit des acteurs insoutenables, et ont fait tous banqueroute au bout de peu de mois. 

Enfin, dix propriétaires de Bruxelles se sont sacrifiés pour la ville : ils ont fait des fonds, 
formé une bonne comédie, un bon opéra, et rétabli le spectacle dans l'état où il était du 
tems de Marie-Christine. 

Mais, n'ayant aucun des avantages de ce tems-là, étant de plus obligés de payer le droit 
des indigens et le droit d'auteurs, vous ne vous étonnerez pas que la perte qu'ils éprouvent 
monte à environ 1 50000 francs, et que se devant à leurs familles beaucoup plus qu'au public, 
ils ayent dû prendre la résolution de finir et dissoudre leur association, pour la fin de la 
prochaine année théâtrale. 

Cependant, si par votre puissante entremise, ils pouvaient obtenir du gouvernement les 
moyens de ne plus augmenter leurs pertes, ils continueraient volontiers pour l'avantage de 
leur ville et de leurs concitoyens. 

Ces moyens sont : 

i° Que le théâtre de Bruxelles, vu le voisinage du château impérial de Laeken, soit 
déclaré Théâtre Impérial, et que Sa Majesté y réserve une loge. 

2 Que le Gouvernement accorde à l'administration actuelle, le privilège exclusif des 
spectacles et divertissemens publics quelconques, ainsi que cela était du tems de la Cour. 

3 Que la ville de Bruxelles, à l'exemple de plusieurs villes de Belgique, se charge du 
payement du loyer de la salle de spectacle. 

Avec ces moyens, les actionnaires actuels courront de nouveau une chance qui leur a été 
si ruineuse jusqu'aujourd'hui ; mais, sans eux, ils seront forcés d'abandonner le théâtre aux 
spéculateurs qui ont été avant leur association les fléaux du bon goût, des bonnes mœurs et 
de la confiance publique. 

Nous vous prions d'agréer l'assurance de notre respectueux dévouement. 

De Pauw. — C. Vanderfosse. — De La Tour. — Cornet de Grez. — 
Emanuel Meyer. — F. Van Malder. — E d'Overschie de Neerische 

On ne donna guère suite à cette demande; le Théâtre ne prit pas 
de nouvelle dénomination, et les directeurs persistèrent néanmoins 
à se maintenir. 

1805- 1806. — C'est la cinquième année des actionnaires — la 
deuxième de la nouvelle entreprise. Ouverture, le 21 avril, par 
Zemire et A\or. 

Acteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre Liv. 6,000 

Perceval, Crispins, marquis ridicules, Trials 5,000 

8 



H4 



Le Théâtre de la fMonnaie. 



1801-1 



Dubreuil, financiers, manteaux, grimes Liv. 3,600 

Champmèlé, pères nobles 4,200 

Lagarenne, premiers rôles ... 573°° 

Eugène (Dessessarts), première basse-taille. ... 4,500 

Folleville, troisièmes rôles, grands raisonneurs, pères nobles (1) ... 4,300 

Paulin, premiers comiques, grandes livrées 5,000 

Linsel, Crispins, marquis ridicules, Trial 4,000 

Tanquerelle, basse-taille (2) • 2,800 

Madinier, jeunes premiers 4.500 

Hurteaux, première haute-contre 3,600 

Bourson, jeunes premiers, jeunes premiers rôles, petits-maîtres .... 3,300 

Gontier, seconde basse-taille (3) 3,000 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Gouget, caractères, mères nobles Liv. 3,000 

Ribou, premiers rôles, fortes jeunes premières 5,000 

Morland, jeunes premiers rôles, ingénuités 3,600 

Saint-Albin, seconde et troisième amoureuse . 3,600 

Berteau, première chanteuse, Philis, forte St-Aubin 6,000 

Roussellois, mères Dugazon, premières duègnes 6,000 

Tanquerelle, deuxième soubrette, première en double 2,200 

Folleville, ingénuités, jeunes rôles (4) — 

Rosine, jeunes rôles 288 

De la Salle, deuxième amoureuse (5) 1,000 

Devaux, souffleur 900 

Pellerin, copiste 900 

Spaak et fils, peintres 2,688 

Orchestre. 

BORREMANS, Ch., maître de musique Liv. 2,400 

Platel, second maître de musique 1,200 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trom- 
pettes. — 2 hautbois. — 2 flûtes. — 2 clarinettes. — 2 basses. — 1 timbalier. 

(1) Folleville touchait cette somme avec sa fille. 

(2) Il résilia son engagement le ?o prairial. 
(?) 11 fut engagé le 20 février 1806. 

( 1) Appointements compris dans ceux de son père. 
(5) Elle fut engagée le 10 fructidor an XIII. 



L'Intrigue aux fenêtres, 1 acte, de Nicolo-Isouard (14 représentations) ; — le Diable en 
vacances, 1 acte, de Gaveaux ; — Julie, ou le pot de fleurs, 1 acte, de Spontini et Etienne 
Fay; — l'Officier Cosaque, 1 acte, de Gianella et Dumonchau ; — Une aventure de 
Sainte-Foix, 1 acte, de Tarchi ; — Télèmaque, tragédie-lyrique en 3 actes, de Lesueur ; 
— la Jeune femme colère, 1 acte, de Boieldieu ; — la Ruse inutile, 2 actes, de Nicolo ; — 
l'Intrigue sur les toits, 1 acte, de XX; — le Grand-Père, 1 acte, de Jadin ; — les Pri- 
sonniers Espagnols, 1 acte, de XX (une seule représentation); — Léonce, ou le fils 
adoptif, 2 actes, de Nicolo; — Gulistan, ou le huila de Samarcande, 3 actes, de 
Dalayrac. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 115 

Cette campagne n'est pas fertile en événements dramatiques : 
25 et 31 mai, 4 juin, concerts d'Alexandre Boucher, premier violon 
solo de la Cour d'Espagne, accompagné de M me Gallyot, harpiste, 
et de Navoigille, chef d'orchestre. Ce Boucher, auquel on n'accor- 
dait qu'un talent discutable, avait eu l'idée, au moins bizarre, de 
prendre le prénom de Napoléon, à cause de sa ressemblance avec 
« le grand homme », ce dont il avait la faiblesse de tirer vanité. 

Cussy de Champmeslé, autrefois directeur, puis comédien, repa- 
raît dans le Déserteur, sous le nom de Crevel, qu'il avait pris, on ne 
sait pourquoi. 

Ici se place l'apparition inattendue, inexplicable, de danseurs de 
corde, sous la direction Forioso. Le séjour de ces acrobates, dont la 
réputation était européenne, se prolongea pendant quinze séances ! 
Fils d'un colporteur, Forioso était né en sabots, dans une ferme. On 
ignore comment ses goûts funambulesques le prirent, mais en 1801 
il était au Théâtre Louvois avec toute sa famille : le père avait quitté 
le colportage pour l'acrobatie ; le frère faisait des tours sous le nom 
de Mustapha; la sœur avait abandonné ses dindons. Forioso joignait 
à son talent de sauteur la gloire d'être l'amant de la Montansier, 
alors âgée de soixante-dix automnes. 

Ces saltimbanques emplirent pendant quelque temps la caisse 
directoriale. 

Le 17 frimaire an XIV, parut un décret sur la police des spec- 
tacles, d'après lequel tout ce qui concernait les ouvrages à repré- 
senter devait être soumis aux commissaires-généraux. C'est le prin- 
cipe de la censure. 

Cependant, le résultat final ne fut pas rassurant, en dépit du 
subside que Napoléon I er avait accordé — très probablement — si 
l'on appuie cette hypothèse sur le relevé des frais occasionnés par 
l'installation de la loge impériale. Les comptes se clôturèrent par un 
déficit général de 79,000-1-6 florins. 

Dans cette saison, Lagarenne joua 244 fois; Desfossés, 120; Hurteaux, 220; Eugène, 261 ; 
Perceval, 247; Linsel, 260; M mes Berteau, 169; Roussellois, 151; Saint-Albin, 246; 
Gouget, 193 ;.Folleville, 188 fois. 



30 avril, début de Hurteaux, première haute-contre, dans Adolphe et Clara. Peu après, les 
violonistes Bertin père et fils donnent un concert. Saint-Fal, de la Comédie-Française, 
paraît dans neuf représentations, et M lle Lesage, du Théâtre Feydeau, dans huit opéras où 
elle obtient un énorme succès. 



1 1 6 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 

1806- 1807. — Décidément, les directeurs ne se découragent pas, 
puisqu ils sont encore à la tête du théâtre pour l'ouverture de la 
nouvelle campagne (18 avril). 

Acteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou, Martin Liv. 6,000 

Perceval, Crispins, marquis ridicules, Trial 5,000 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

Champmélé, pères nobles 3,600 

Lagarenne, premiers rôles, Philippe 6,000 

Eugène (Dessessarts), première basse-taille 5,000 

Folleville, troisièmes rôles, grands raisonneurs, pères nobles .... 4,600 

Paulin, premiers comiques, grandes livrées 5,000 

Hurteaux, seconds rôles, première haute-contre 3,600 

Bourson, jeunes premiers, jeunes premiers rôles, petits-maîtres .... 3,600 

Brochard, Crispins, marquis ridicules, second comique 4,000 

Huet, haute-contre 3,600 

Nonnier, première basse-taille, Lays 5,000 

Legrand, basse-taille 2,400 

Brice, seconde haute-contre 2,400 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Berteau, première chanteuse, Philis Liv. 6,000 

Ducaire, mères Dugazon, première duègne 4,500 

Morland, jeune première, ingénuité 3,600 

Bayer, première chanteuse 4,500 

Daubigny, première soubrette . 4,000 

Gouget, duègnes . . 3,000 

Folleville, jeunes rôles (1) — 

Saint-Laurent, deuxième soubrette . . 1,600 

Henry, troisième amoureuse 1,200 

(1) Appointements compris dans ceux de son père. 



1806. — 15-29 mai, Monsieur Deschalumeaux, 3 actes, de Gaveaux ; — 23 juin, les Faux 
monnayeurs, 3 actes, de Gresnich ; — 3 octobre, les Maris garçons, 1 acte, de Berton ; — 
15 octobre, les Trois Hussards, 2 actes, de Champein ; — 19 novembre, le Déjeuner de 
garçons, 1 acte, de Nicolo ; — i tr décembre, les Deux aveugles de Tolède, 1 acte, de 
Méhul ; Deux mots, ou une nuit dans la forêt, 1 acte, de Dalayrac; — 26 décembre, 
Gabrielle d'Estrées, 3 actes, de Méhul ; — 17 mars, Uthal, 1 acte, de Méhul ; — i er avril, 
Don Juan, grand opéra en 3 actes, d'après Mozart ; l'Avis au public, 2 actes, d'Alexandre 
Piccinni, fils. 

Comédies : Le Naufrage ; — Agnès Sorel; — Un jeu de la fortune; — le Testament de fonde; 

— les Confidences ; — la Jeunesse d'Henri IV ; — Frédéric à Spandau; — les Ricochets; 

— les Deux Sires; — le Mari d'emprunt; — les Frères à l'épreuve; — le Voyageur fata- 
liste; — les Dupes; — Frosine; — le Généreux vindicatif; — la Laitière de Bercy ; — 
la Forteresse du Danube. 



Le Théâtre de la Monnaie. — 1801-18. 117 

Rosine Lequien, jeunes rôles Liv. 416 

La Salle, deuxièmes amoureuses 2,000 

Renau, jeunes premiers rôles (1) 3,000 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

BORREMANS, maître de musique Liv. 2,400 

Platel, sous-chef 1,200 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contrebasses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
2 hautbois. — 2 flûtes. — 2 clarinettes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

Parmi les artistes nouveaux se trouve Brice, qui fit sa première 
apparition sur la scène, à Bruxelles. Ses débuts eurent lieu dans 
Maison à vendre. 

Linsel écrit une lettre, parue dans l'Oracle, pour faire ses adieux 
au public bruxellois. 

M me Roussellois quitte également Bruxelles. Après un séjour de 
deux ans à Gand, elle débute à l'Opéra-Comique, puis à Rouen, 
où elle manque de périr dans l'incendie qui dévora le théâtre, et ne 
parvient à se sauver qu'en sautant par une fenêtre. 

Un événement assez important est la promulgation d'une loi qui 
réduisait au nombre de deux les théâtres des grandes villes, n'en 
laissant même qu'un aux autres. Or, Bruxelles n'était plus consi- 
déré comme capitale et tombait sous f application de ce règlement. 
C'était, du reste, avec Gand et Anvers, la seule ville qui pût avoir 
une troupe stable. 

Parmi les attractions, citons : un chanteur (}) italien, Antoine 
xMoldetti, doué de quatre voix différentes, que le public eut la naïveté 
d'aller entendre deux fois (on fit un succès d'artiste à ce phénomène 
de ventriloquie), puis la petite Cécile David, alors âgée de 14 ans, 
qui joua des morceaux sur le cor et le flageolet. 

(1) Engagée le ji août 1806. 



23 avril, concert de M et M mc Fournier; — 16 juin, le Roi et la Reine de Hollande (Louis- 
Bonaparte et Hortense Beauharnais) : le Barbier de Sèville, les Prétendus ; — 15 et 
19 juin, divertissements par Gigel et M lle Guerri, premiers danseurs du Roi de Prusse ; - 
15 août, spectacle gratis pour la fête de Sa Majesté l'Empereur et Roi ; — 3 septembre, 
concert de M me Cianchettini, pianiste, et de son fils Rio, surnommé « le Mozart anglais »; 
— 5 et 23 mars, concerts de Lafont, violoniste, et Gabriel Lemoyne, pianiste. 



1 1 8 Le Théâtre de la [Monnaie. — 1801-18. 

8 et 10 mai : Moreau, surnommé le Petit Nain, vient donner les 
Deux billets et la Bonne mère, de Florian, où il joue le rôle d'Ar- 
lequin. Ce Moreau avait eu son heure de célébrité. Pour tirer parti 
de ses proportions lilliputiennes, il se produisit dans les salons de 
la noblesse; à l'âge de 13 ans, il eut le singulier honneur d'être 
servi tout vif sur la table de Louis XV, enfermé dans un pâté, 
duquel il sortit au milieu de Tébahissement général. Lorsque 
Audinot ouvrit son théâtre de marionnettes au boulevard du 
Temple, Moreau figura parmi les artistes en bois. Il était le seul 
comédien vivant de la troupe. Il créa ensuite au Palais-Royal un 
spectacle appelé : Les Comédiens de bois, dirigea plusieurs petites 
scènes, parcourut la province, et en fut réduit dans sa vieillesse à 
se montrer comme curiosité sur les places publiques (1). 

S ignalons, pour terminer, la mort de Cussy de Champmeslé, qui 
était à la Monnaie depuis nombre d'années, et la représentation d'une 
pièce du crû : Le Généreux vindicatif, « d'un habitant de cette ville». 
Cet habitant, c'était Bourson. 

1807-1808. — Ouverture, le 21 avril. 

Acteurs. 
Messieurs : 

Lagarenne, premiers rôles, Philippe Liv. 6,000 

Desfossés, première haute-contre 6,000 

Monnier, première basse-taille, Lays 5,000 

Perceval, Crispins, marquis ridicules, Trial 5,000 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

Hurteaux, première haute-contre 3,600 

Paulin, premier comique, grandes livrées 3,600 

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 3,000 

Folleville, père noble, grand raisonneur 2,600 

Hurteaux cadet, seconde haute-contre 1,600 

Coriolis, première basse-taille 5,000 

Huet, haute-contre 3,600 

Bourson, jeunes premiers et jeunes premiers rôles 3,300 

Floricourt, troisièmes rôles, seconde basse-taille 3,000 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Berteau, première chanteuse en tous genres Liv. 8,500 

Desbordes, jeune première 4,800 

Bayer, première chanteuse . . 4,000 

Ducaire, mères Dugazon, première duègne 4,000 

(1) De Maine cl Ménétrier. — Galerie historique des acteurs français mimes et paradistes. 



Le Tkèàlre de lu (Monnaie. — 1801-18, 



119 



Gouget, duègnes Liv. 3,000 

St-Albin, secondes amoureuses, Dugazon-corsets 2,400 

Daubigny, première soubrette • 2,700 

Folleville, jeunes rôles 2,000 

Renau, jeunes premiers rôles ' 3,000 

Rosine Lequien, rôles d'enfants 432 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

M. Charles BORREMANS, maitre de musique FI. 1,306 — 13 — 4 

M. Joseph Borremans, sous-chef d'orchestre 526 — 13 — 4 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. 
— 2 hautbois. — 2 flûtes. — 2 clarinettes. — 2 basses. — 1 timbalier . 

L'usage d'accorder, par engagement, des bénéfices aux artistes 
était déjà connu. Ces représentations avaient lieu généralement au 
Théâtre du Parc. 

Le 21 septembre, Théodore Mozin, pianiste, donne un concert. 
Outre une sonate de sa composition, l'affiche annonçait a un nouveau 
pot-pourri, d'un nouvel effet, dans lequel il ferait entendre une con- 
versation et un bruit de guerre ». Horresco referens ! 



1808-1809. 
suivant : 



— Les actionnaires avaient recruté le personnel 



Acteurs. 

Messieurs : 

Lagarenne, premiers rôles, Philippe Liv. 6,000 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou 6,500 

Juclié, premiers rôles, Philippe 4,800 

Bourson, jeunes premiers, jeunes premiers rôles 3,600 

Hurteaux, seconds rôles, petits-maîtres, Colins 3,600 



François I' T , 2 actes, de Kreutzer ; — les Artistes par occasion, 1 acte, de Catel ; — les 
Rendez-vous bourgeois, 1 acte, de Nicolo ; — le Vieux château, 1 acte, de Délia Maria; 

— l'Auberge de Bagnères, 3 actes, de Catel; — le Franc Breton, 1 acte, de R. Kreutzer 
et Solié; — Owinska, 3 actes, de Gaveaux ; — Lina,ou le mystère, 3 actes, de Dalayrac; 

— Joseph en Egypte, 3 actes, de Méhul ; — Point de bruit, 1 acte, de Doche; — Kou- 
louf, 3 actes, de Dalayrac; — Bion, 1 acte, de Méhul ; — M Ue de Guise, 3 actes, de Solié; 

— Délia et Verdikan, 1 acte, de Berton. 

4 mai, début de M lle Desbordes dans la Femme jalouse, comédie, et dans Une heure de 
mariage, opéra. Il sera fait mention plus tard de cette aimable actrice qui, sous le nom de 
Desbordes-Valmore, s'est rendue célèbre par ses poésies; — 17 mai, début de Hurteaux 
cadet, le Secret, de Solié; — 27 juillet, début de Floricourt. Alexis et Justine, de Thomas. 



120 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 80 1-18. 



Brice, troisièmes amoureux, seconde haute-contre Liv. 3,600 

Dubreuil, financiers, manteaux grimes 4,200 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 3,000 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille 5,000 

Coriolis, première basse-taille 6,000 

Paulin, premier comique, grande livrée 4,200 

Linsel, Crispin, second comique, Trial 4,200 

Perceval, id. .... 5,000 

Guilleman, paysans, seconde basse-taille 2,200 

Tirpenne, troisièmes rôles 2,200 

Bourson fils, rôles d'enfants — 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Berteau, première chanteuse Liv. 8,500 

Richard, premiers rôles, grandes coquettes (1) 4,800 

De Sainte-Suzanne, premiers rôles (2) 3,600 

Tirpenne, forte St-Aubin, Dugazon-corsets 3,000 

Morland, jeunes premières, ingénuités .... 3,600 

Saint-Albin, secondes amoureuses, rôles travestis 2,400 

Adélaïde (Mesplon), secondes et troisièmes amoureuses 2,000 

Juclié, mères nobles, mères Dugazon 4,200 

Sabatier, première soubrette 3,600 

Gouget, premiers caractères, duègnes 3,000 

Clément, utilités 1,000 

Linsel, idem 1,500 

Rosine Lequien, rôles d'enfants 432 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

C. BORREMANS, maître de musique .... FI. 1,306 — 13 — 4 
J. Borremans, sous-chef 576 — 13 — 4 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses — 2 cors. — 2 trompettes. 
— 2 hautbois. — 2 flûtes. — 2 clarinettes. — 2 bassons — 1 timbalier. 

Un triste événement vint frapper le monde du théâtre : la mort 
de Lagarenne. Jamais le décès d'un artiste ne souleva autant de 
marques de sympathie. Lagarenne était à la Monnaie depuis plus 

( 1 ) Cette actrice a quitté le j o avril 1808. 

(2) Elle a remplacé Madame Richard, le j juillet 1808. 



L'Amant légataire, 1 acte, de Joseph Van Helmont ; — Un jour à Paris, 3 actes, de 
Nicolo; — Cimarosa, 1 acte, de Nicolo ; — Ninon chez M me de Sèvignê, 1 acte, de 
Berton ; — Neptali, grand opéra en 3 actes, de Blangini ; — Jadis et aujourd'hui, 1 acte, 
de R. Kreutzer; — la Femme impromptue, de Borremans. / 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 121 

de dix ans. Il joignait aux qualités d'un galant homme celles d'un 
acteur intelligent, laborieux, infatigable. Une représentation fut 
organisée au bénéfice de la veuve et des enfants; Joseph, de Méhul, 
y précédait la première audition de Mademoiselle de Guise, opéra 
en 3 actes, de Dupaty, musique de Solié. Une « dame de la société » 
publia, sous le voile prudent de l'anonyme, les strophes suivantes : 

Stances sur la mort de La Garenne. 

La Garenne n'est plus, son zèle, ses talens, 
Son amour pour son art, sa rare intelligence, 
N'ont pu le garantir de perdre l'existence 
A la fleur de ses ans. 

En dépit de la mort, la chaleur de son âme, 
Ses belles qualités, vivent dans tous les cœurs; 
Et peignant cet acteur avec des traits de flamme, 
Commandent à nos pleurs. 

L'amour de son état, les beauxavts et la gloire, 
L'animaient chaque jour pour charmer nos loisirs, 
Il vécut bien assez pour laisser sa mémoire, 
Trop peu pour nos plaisirs. 

Muses qui gémissez de sa perte cruelle, 
Placez son nom chéri parmi les bons acteurs : 
Rien ne pourra faner la guirlande immortelle 
Que lui tressent nos cœurs. 

Lagarenne fut remplacé, le 30 décembre, par Juclié, dont la 
femme faisait déjà partie de la troupe. 

En août, la scène de la Monnaie est, de nouveau, livrée aux acro- 
bates. Cette fois, ce fut le tour de Ravel, dit X Incomparable, rival de 
Forioso comme danseur et comme sauteur. Celui-ci se trouvait un 
jour au Théâtre de la Montansier pendant les exercices de Ravel ; 
il le provoqua et mit comme enjeu 25 napoléons; l'assaut eut lieu, 
avec Vestris et Paul Duport, danseurs de l'Opéra, comme juges. 
La palme fut décernée à Ravel, et les spectateurs lui jetèrent une 
couronne qu'il offrit de partager avec son antagoniste ; Forioso 
refusa brutalement et provoqua une seconde fois le vainqueur. Mais, 
ce tournoi menaçant de tourner en bagarre, l'autorité s'en mêla et lit 
défendre la représentation (1). 

Le 13 janvier suivant, une exhibition de ce genre se produit 

(1) De Manne et Hillemacher. - Troupe de Nicolet. 



122 Le Théâtre de la (Monnaie. — i8oi-t8. 

encore. Une séance est donnée par Charles Roussel, surnommé 
Y Hercule européen ! 

Glissons rapidement sur ces exploits acrobatiques, et arrivons à 
la première d une pièce indigène : L'Amant légataire, opéra en 
i acte, d'Adrien-Joseph Van Helmont. Malheureusement, cette 
œuvre n'eut qu'une représentation, racontée d'une manière fort 
plaisante par le malicieux baron de Reiffenberg (i). 

L'Amant légataire était une pièce du cru, une pièce détestable. L'auteur s'adressa à Van 
Helmont, qui de sa vie n'avait travaillé pour le théâtre et qui s'excusa sur ce qu'il n'avait 
jamais composé que de la musique d'église. Mais l'auteur voulait être joué. Il fit tant d'in- 
stances, il flatta si bien le bon homme, qu'à la fin celui ci consentit à faire quelques motets, 
de maints fragments de messes et de vêpres une espèce d'opéra, travail profane sanctifié 
par son origine .. L'ouverture composée dans le genre d'un Veni Creator, avec force trom- 
pettes et timbales, enlève de vifs applaudissements. Tous les Van Helmont, femmes, enfants, 
neveux et nièces, étaient dans l'ivresse. Le père, lui, battait la mesure sur le bourrelet de la 
loge avec ses deux mains tout étincelantes de pierreries; quand, ô douleur! le premier air, par 
son étrangeté savante, provoque un coup de sifflet. Les mains de Van Helmont abandonnent 
précipitamment le bourrelet comme si elles avaient touché un fer chaud ; c'en était fait; 
l'envie était éveillée. Un second, un troisième, des milliers de coups de sifflets partent sans 
interruption. Tout le monde, dans la loge, frappé de consternation, se jette à quatre pattes : 
on ouvre clandestinement la porte et l'on descend les escaliers comme Rousseau veut que 
marche l'homme de la nature : mais les sifflets attendaient sous le perron. Ce fut l'enterre- 
ment de V Amant légataire. 



1809-10. — Nous voici à la neuvième année de la gestion Dubus. 
La troupe qu'il réunit était composée en grande partie d'artistes 
déjà connus. 

Acteurs. 

Messieurs : 

Juclié, premiers rôles Liv. -1,200 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan 4? 2 5° 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou 6,500 

Bourson, jeunes premiers, petits-maîtres 4,000 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

(1) Recueil encyclopédique belge. 



Françoise de Foix, 3 actes, de Bertou ; — le Maître de chapelle, ou le souper imprévu, 
3 actes, de XX; — le Petit Courrier, 2 actes, de XX; — Menzikojf et Fœdor, 3 actes, 
de Champein ; — la Rose rouge et la rose blanche, 3 actes, de Gaveaux; — le Mariage 
par imprudence, 1 acte, de Dalvimare; — Brama, 1 acte de XX; — le Charme de la 
voix, 1 acte, de Berton (l'opéra la Romance, remanié); — la Vestale, grand opéra en 
3 actes, de Spontini; — la Prova d'un opéra séria, de Gnecco ; — Lantara, 1 acte, de XX. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 123 

Boosigue, seconde haute-contre, Colins Liv. 4,000 

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,200 

Rolland, Martin, Lays . . 5,000 

Coriolis, première basse-taille 6,000 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 3>400 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille . 5,000 

Perceval, Crispins, Trial 5,000 

Linsel, id. 4,200 

Marchand, troisièmes rôles, seconde basse-taille 2,800 

Bourson fils, rôle d'enfants — 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Berteau, première chanteuse Liv. 9,400 

Letellier, premiers rôles, grandes coquettes . 4»50° 

Bousigue, fortes Saint-Aubin, Dugazon-corsets. . 4>500 

Morland, fortes premières, ingénuités. , 3,600 

Saint-Albin, jeunes Saint-Aubin, travestis . ......... 2,400 

Dubreuil. jeunes premières, secondes amoureuses 2,400 

Juclié, mères Dugazon 4,200 

Sabatier, premières soubrettes 4,000 

Gouget, duègnes à caricatures 3,000 

Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 1,800 

Rosine Lequien, troisièmes amoureuses 600 

Chœurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

C. BORREMANS, maître de musique FI. 1,306 — 13—4 

J. Borremans, sous-chef 576 — 13 — 4 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 basses. — 1 timbalier. 

Rolland venait de l'Opéra-Comique, où il n'avait obtenu qu'un 
médiocre succès. Il y retourna cependant, après un an de séjour à la 
Monnaie. 

Philippe Bourson était le fils de l'un des meilleurs comédiens du 



9 juin, bénéfice de la veuve Ansoult, victime d'un vol important; — du 13 au 17 juillet, série 
de représentations par deux artistes de l'Opéra-Comique, M. et M mc Huet (M ,ie Lesage); 
— 30 novembre, débuts de M lle Saint-Hilaire, qui n'avait paru sur aucune scène ; — 23 et 
29 janvier, Pierre Rode, l'un des premiers violonistes français; — 15 février, concert 
donné par le pianiste hollandais, Charles Mansuy ; — 15 mars, reprise de la Vestale avec 
M me Berteau dans le rôle principal; — 4 et 6 avril, la troupe du vice-roi d'Italie inter- 
prète la Prova d'un opéra séria (Bertini, Pedruzzi, M me Dalmanie). 



124 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

Théâtre de Bruxelles. Il avait joué les rôles d'enfants jusqu'au 
jour où commencèrent ses études en médecine, qu'il acheva à la 
Faculté de Montpellier. Sa sœur Pauline, rivale de Léontine Fay, 
ne fut pas moins admirée en Belgique que la « petite merveille pari- 
sienne ». Né le 10 mai 1801, à Blaye, Bourson a été naturalisé belge 
en 1 83 1 . Il est mort à Bruxelles, le 21 mars 1888, après avoir dirigé 
le Moniteur Bel ge. 

Les représentations de cette année n'offrent rien de remar- 
quable. 

Parmi les pièces jouées pour la première fois nous trouvons : Le 
Maître de chapelle, ou le souper imprévu, opéra comique en 3 actes, 
de XX. C'est ce même livret, d'Alexandre Duval, que Sophie Gay 
arrangea en vue de lOpéra-Comique, que Paér mit en musique, et 
dont le premier acte, joué seul maintenant, obtient le succès que 
l'on sait. 

Les actionnaires du théâtre étaient loin de s'enrichir, mais ils 
persévéraient dans leur tâche, évitaient la faillite, si commune 
jusque-là, et maintenaient les spectacles à Bruxelles Ce n'est pour- 
tant pas la richesse de la mise en scène qui devait produire le défi- 
cit; car, si nous en croyons le Courrier des spectacles, les cortèges 
qui défilaient sur la scène n'avaient rien de majestueux : 

Françoise de Foix, opéra en trois actes de Berton, vient d'être joué avec succès à 
Bruxelles (le 5 juin 1809). On a beaucoup ri de voir les gardes de François 1 er sous le costume 
de pompiers ; à la 2 e représentation, ils ont paru avec des souguenilles (sic) usées, que 
portent indifféremment les exilés dans Beniowski, les soldats de la Reine de Colconde et les 
gardes de Pierre-le-Grand. 

Clôture, le 19 avril. 



1810-11. — Cette dixième campagne est la dernière de la régie 
Dubus. Elle commence le 21 avril. 

Artistes. 

Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre , Liv. 7,000 

Massin, jeunes premiers 6,500 

Coriolis, première basse-taille 6,000 

Brice, troisièmes amoureux, seconde haute-contre 5,4°° 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille 5, 500 

Perceval, Crispins, Trial 5, 000 

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600 

Chapus, premier amoureux 2,000 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 12; 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan Liv. 4,500 

Linsel, Crispins, Trial 4,200 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

Bousigue, seconde haute-contre, Colins 4,000 

Bourson, jeune premier, petits-maîtres 4,000 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 3,600 

Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille ... 2,800 

Actrices 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Berteau, première chanteuse Liv. 9,400 

Bousigue, fortes Saint-Aubin, Dugazon-corsets 5,000 

Chapus, première amoureuse 4,500 

Laborie, première Dugazon 4,000 

Sabatier, première soubrette 4,000 

Morland, forte jeune première, ingénuité .... 3,600 

Gouget, duègnes à caricatures 3,600 

Fossier, seconde amoureuse 2,200 

De Remival, première duègne 4,500 

De Poix, première amoureuse 4,200 

Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 2,000 

Lequien, troisièmes amoureuses 1,200 

Waukier, utilités 288 

Donzel, rôles d'enfants 72 

Choeurs 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

C. BORREMANS, chef de musique FI 1,306—13 — 4. 

J. Borremans, sous-chef 576 — 13 — 4. 

16 hautbois. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. 
— 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

s 

Il se préparait pour la Belgique, et plus particulièrement pour 
Bruxelles, un important événement. L'arrivée de l'Empereur Napo- 
léon I er , accompagné de sa nouvelle épouse Marie-Louise, était 
attendue. 

On organisa de grandes réjouissances, parmi lesquelles le théâtre 
passait encore en première ligne Borremans avait d'abord été 
chargé d'écrire la musique d'une pièce de circonstance, mais ce 
projet fut écarté ; on s'adressa alors à Bourson pour le prier de com- 
poser et de réciter lui-même une pièce de poésie en l'honneur des 
hôtes impériaux. Bourson était essentiellement républicain ; il avait 
admiré Bonaparte, mais il reniait Napoléon : il refusa. Enfin, le 



I2Ô Le Théâtre de la tMonnaie. — 1801-18, 



spectacle arrêté comprit tout simplement les Prétendus, de. Lemoy- 
gne, et les Deux prisonniers, de Dalayrac. Mais, écoutons le récit de 
cette journée : 

Dès le matin, une foule considérable assiégeait les portes du théâtre. Aussi, à l'oiverture, 
le parterre, ainsi que les loges de deuxièmes, troisièmes et quatrièmes rangs, furent-ils 
envahis en un clin d'œil. Les autres parties de la salle avaient été réservées aux autorités. 

Pour établir une loge digne des souverains, on avait enlevé la séparation des deux pre- 
mières loges à droite, que Ton avait magnifiquement ornées de draperies en velours rouge, 
parsemées d'abeilles d'or et portant au milieu l'aigle impérial : le fond était entièrement 
tapissé de glaces. 

Les loges attenantes, également fort ornées, étaient réservées au Roi et à la Reine de 
Westphalie, au prince Eugène, aux ministres et aux maréchaux de l'Empire, aux ambas- 
sadeurs d'Autriche, le comte de Metternich et le prince de Schwarzenberg, aux conseillers 
d'Etat, aux chambellans, etc., etc., en un mot, à toute la Cour. 

Leurs Altesses Impériales arrivèrent de Laeken au théâtre de la Monnaie, au milieu d'une 
foule immense pressée le long du parcours et entassée aux fenêtres de toutes les maisons. 
A leur entrée dans la salle, à huit heures du soir, d'immenses acclamations les accueillirent, 
pendant que l'orchestre entonnait l'air obligé : Que de grâce, que de majesté! Quand le 
calme fut rétabli et que tous ces grands personnages eurent occupé leurs places, on joua 
l'ouverture du premier opéra : les Prétendus. 

Le rideau se lève et, du fond, entrent en scène madame Berteau, Desfossés et madame 
Bousigue. Tout-à-coup paraît, par une des coulisses de droite, un homme en simple habit 
de ville, les bottes encore poudreuses, le visage pâle aux feux de la rampe, la marche 
brusque et précipitée. 

Cette étrange apparition frappe tout le monde d'étonnement. Les acteurs quittent la scène, 
les instruments se taisent, un silence complet s'établit : on ne sait ce qui se passe, on se 
demande si un malheur est arrivé. Enfin, cet homme, qui n'avait salué ni les souverains 
ni le public, dit d'une voix quelque peu altérée : 

Messieurs, je vous demande un moment d'audience ! 

A ces mots, l'on reconnaît Bourson, mais on se demande encore ce qu'il veut. Lui, sans 
se déconcerter, continue. Aux rimes, à la mesure, on reconnaît que ce sont des vers qu'il 
débite, mais on ne comprend pas où il veut en arriver : il raconte qu'il vient d'échapper à 
une grande aventure; que, tombé par la malice d'un maudit lutin au fond d'un trou, il y a 
trébuché jusque dans les Champs-Elysées, qu'il a eu l'honneur d'y voir Minos, Eaque et 
Rhadamante, les grands juges, lesquels lui avaient sévèrement demandé ce qu'il venait faire 
dans ce tranquille séjour. Bourson, ne sachant trop que répondre, leur dit qu*il venait parler 
à Trajan, ou à Marc-Aurèle, et les priait de lui apprendre 

En quel quartier logeait le terrible Alexandre. 

Jusque-là l'auditoire restait muet, mais attentif : on aurait entendu une mouche voler On 
commençait à croire qu'il y avait quelque chose, mais on ne se rendait pas bien compte de 
ce que ce serait. Quand l'acteur continuant, dit : 

Ils ne sont plus ici, répondit Calchus. (i) 
Eux, Achille, Henri IV et Solon et Cyrus 

Purifiés par une sainte flamme 
Réunis en un corps el ne faisant qu'une âme, 
Pour gouverner des Francs l'auguste nation, 
Revivent sous les traits du grand Napoléon !! ! 

( i ) Ce vers est faux. Quel en est le coupable ? Bourson, ou le journaliste à qui nous empruntons cet extrait ? 
Saluons l'auteur, au passage. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 127 

A ces mots, éclata un enthousiasme indescriptible : toute la salle se leva et salua l'Em- 
pereur de vivats! mille fois répétés. Bourson dut s'arrêter. Quand le calme fut un peu rétabli, 
il continua Modulant son œuvre, il arriva à Marie-Louise ; il fit allusion à son aïeule, Marie- 
Thérèse ; et, représentant l'hymen de la jeune Impératrice comme l'heureux gage d'une 
profonde paix, il s'écria : 

Que par le monde entier Louise soit bénie ! ! ! 

De nouveau la salle fut transportée. Marie-Louise se leva pour saluer la foule, mais l'émo- 
tion avait été trop forte : elle tomba évanouie. L'Empereur s'empressa autour d'elle, ainsi 
que M mC3 de Montebello et de Lucay. Grâce à la prévoyance d'un des courtisans, qui avait 
eu la précaution de se munir d'un flacon d'essence, la souveraine revint assez vite à elle et 
put de nouveau saluer le public, qui l'accueillit par d'unanimes bravos 

Après ce court épisode, Bourson reprit le fil de son récit et termina l'apologue qui avait 
soulevé toute la salle. Quand il se fut retiré, les cris reprirent de plus belle, et il fallut plus 
d'un quart d'heure avant que l'émotion fût calmée et qu'on pût commencer les Prétendus. 

On attribua le revirement subit de Bourson à sa verve artistique, 
qui prima chez lui tout autre sentiment, et fit passer le poète avant 
rhomme. N'est-ce pas, plutôt, que le courage, dont il avait fait 
preuve à la première heure, l'abandonna ensuite, qu'il craignit les 
conséquences de son acte de rébellion contre une puissance, se 
rappelant à propos la fable du Pot de terre et du Pot de fer? Une 
telle scène se peut-elle improviser, et ne demande-t-elle pas une 
préparation assez longuet Quoi qu'il en soit, Bourson obtint un 
immense triomphe et devint, pendant quelque temps, le lion de 
Bruxelles. 

Une bourse contenant 3,000 francs lui fut remise par l'Empereur, 
qui fit aussi distribuer 6,000 francs aux artistes et 20,000 francs aux 
pauvres de la ville. La « bourse à Bourson » eut autant de succès 
que son monologue. 

Au moment de partir, Napoléon décréta plusieurs projets d'em- 
bellissement, parmi lesquels se trouve la construction d'une salle de 
spectacle. 

Après quelques soirées données par des artistes étrangers, et qui 
alternaient avec les représentations ordinaires, nous voyons le 
théâtre retomber dans ses anciens errements. 

La troupe Franconi, après une installation de quelques jours 
dans un manège établi derrière la préfecture (aujourd'hui Palais du 
Roi) reparaît à la Monnaie, où elle joue plusieurs mimodrames, et 
se montre dans deux opéras : La Caravane du Caire et la Maison 
isolée. 

Puis, la saison se termine par trois séances de l'aéronaute Fon- 
dard, qui avait singulièrement choisi le champ de ses expériences. 



128 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 



THEATRE DE LA MONNAIE 



SPECTACLE EXTRAORDINAIRE 

L'Administration fera donner, jeudi prochain, la première représentation des 
expériences hydro-aéro-pyriques, hydrauliques, automates, animées, métamor- 
phoses, chefs-d'œuvre mécaniques, combat au feu avec le bélier hydraulique de 
Montgolfier, récréations, tours d'adresse, d'agilités extraordinaires et magie, 
exécutés par l'aéronaute Fondard, venant des pays étrangers; en attendant le 
voyage aérien qui aura lieu à l'air libre par l'aéronaute Fondard, qui montera 
dans sa nacelle et fera l'expérience du parachute pour sa dixième ascension 
aérostatique. 



Dubus était parti en décembre. Jusqu'à la fin de la campagne, 
son emploi n'eut pas de titulaire. Les artistes remplissaient à tour 
de rôle les fonctions de régisseur. 



RÉGIE LECATTE-FOLLEVILLE — 1811-1$. 

1811-12. — Le successeur de Dubus, Benoît Lecatte, dit Folle- 
ville, avait fait partie de la troupe en 1802, en qualité de premier 
rôle; il était né à Paris, le 14 mai 1765. Son père, pelletier de 
Louis XVI, le destinait à la marine royale, où il fut même aspirant 
de i rc classe. 

Voici la troupe qu'il eut d'abord sous ses ordres : 

Acteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre Liv. 7,000 

Massin, jeunes premiers 6,500 

Gubiant, première basse-taille 6,000 

Camoin, id. 4,500 

Coriolis, id. 6,000 



11 mai, De Lamare, violoncelliste français; — 29 mai, Giorgi I er violon; Fenzi, violoncel- 
liste; Lamparelli, chanteur; M m * Giorgi, cantatrice; — 15 juin, André Robberechts, violo- 
niste âgé de 12 ans; — 5 novembre, M lle Longhi, harpiste et pianiste de Naples ; — 
15 novembre, M me Remival, Sylvain et le Calife de Bagdad; — 19 novembre, Clozel, du 
Théâtre de l'Impératrice (Odéon) ; — 29 novembre et 3 décembre, Louis Drouet, flûte 
du roi de Hollande ; — 9 janvier, Ivvan Mùller, clarinettiste allemand. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18. 



129 



Francisque, premiers rôles Liv. 5 500 

Bousigue, seconde haute-contre, Colins 4 000 

Chapus, jeune premier 2 000 

Perceval, Crispins, Trial 5,000 

Paulin, premier comique, grandes livrées, 4,600 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan 4,500 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,500 

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5-4QO 

Bourson, jeune premier, petits-maîtres 4,000 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs {régisseur) 3,600 

Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille 2,800 

Linsel, Crispins, Trial 4,200 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Frechon, premier rôle Liv. 4,000 

De Remival, première duègne 4,500 

Francisque, première amoureuse 6 000 

Bousigue, fortes Saint- Aubin, Dugazon-corsets 5,000 

Chapus, première amoureuse 4,500 

Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 2,000 

Clarisse Liédet, première soubrette 3>5°o 

Gouget, duègnes à caricatures 3,600 

Gillotte, forte jeune première, ingénuité 3,600 

Fossier, seconde amoureuse 2,200 

Lequien, troisième amoureuse 2,500 

Waukier, utilités 288 

Donzel, rôles d'enfants 72 



Chœurs 



Douze hommes. 



Douze femmes. 



Orchestre. 

C. BORREMANS, chef de musique. FI. 1,306 — 16—4 

J. Borremans, sous-chef 546 — 16 — 4 

16 violons — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

L'année théâtrale commence, le 25 avril, par un spectacle forain : 
une nouvelle exhibition du ventriloque Moldetti, annoncée en ces 
termes : 



M. Moldetti de Florence, en Toscane, chanteur, qu'on peut considérer comme 
un phénomène lyrique, possédant quatre voix naturelles, d'une force étonnante, 
savoir : la taille, le dessus, la haute-contre et la basse-taille, connu avantageuse- 
ment en cette ville, donnera jeudi prochain, 25 avril, une séance académique, vocale 
et instrumentale dans le genre comique. 



130 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1 801 -18. 

Parmi les soirées qui marquèrent, il y en eut une où se produisit 
un événement d une certaine gravité. Le 28 mai, on devait jouer 
Lodoïska. Voici le rapport de cette représentation : 

Bruxelles, le 29 mai 181 1. 

Les Commissaires de Police de service au spectacle, 
a Monsieur De Latour-Dupin, Baron de l'Empire, 
Préfet du Département de la Dyle. 

Monsieur le Préfet, 

La représentation d'hier soir ayant été retardée, et le public commençant à s'impatienter, 
le sieur Folleville, régisseur, fit lever la toile, et annonça qu'en suite d'ordres supérieurs 
le rôle de Titzikan, qui d'après l'affiche, devait être rempli par le sieur Gubiant, acteur 
nouvellement arrivé de Rouen, le serait par le sieur Coriolis. 

Cette annonce faite, même avant que la Comédie commençât, excita le mécontentement 
des officiers de la garnison notamment du régiment de cuirassiers, qui manifestèrent, de la 
manière la plus prononcée, qu'ils entendaient que le rôle dont il s'agit, fut joué par Gubiant, 
en annonçant que si Coriolis se présentait en scène, ils le siffleraient, et ne permettraient 
pas que la représentation continuât ; des propos indécents furent tenus par ces officiers, contre 
l'autorité qui avait donné l'ordre, et tout annonçait qu'une scène orageuse allait se passer. 

Pendant la première pièce, messieurs les officiers avaient envoyé chercher à la foire, un 
grand nombre de sifflets, et aussitôt que Coriolis se présenta, un sifflement continuel couvrit 
sa voix, au point que cet acteur ne put se faire entendre ; le désordre étant à son comble et 
des provocations commençante avoir lieu entre ceux qui demandaient à grands cris Gubiant, 
et ceux qui voulaient que la pièce fut jouée, nous crûmes prudent de faire baisser la toile et 
d'ordonner que la pièce fut statée (sic). 

Ces mesures ne purent calmer la fermentation qui alla toujours en augmentant; messieurs 
les officiers de cuirassiers voyant qu'ils insistaient inutilement pour que le sieur Gubiant se 
présentât, plusieurs d'entre eux escaladèrent l'orchestre, et montèrent au théâtre. Ce mouve- 
ment fit fuir les personnes qui s'y trouvaient, alors ces officiers ne gardant plus de mesures, 
se servirent de leurs sabres pour hacher le rideau, qui en un instant fut mis en lambeaux ; dès 
ce moment le plus grand désordre a régné, ces messieurs se mirent debout sur les bancs, 
renversèrent les pupitres des musiciens, et par les propos violents qu'ils tenaient, firent 
craindre qu'ils ne se portassent à briser les décorations, et tout ce qui se trouvait dans 
la salle. 

Le trouble se prolongeât (1) jusqu'à 10 heures et un quart, alors voyant qu'ils ne pou- 
vaient parvenir à faire jouer le sieur Gubiant, messieurs les officiers se retirèrent, en s'invitant 
réciproquement à la représentation de ce soir. 

Les officiers auteurs du désordre sont les mêmes qui, lors de la représentation de dimanche 
dernier, ont escaladé la séparation du parterre au parquet, et se sont ensuite portés dans les 
loges, pour y rechercher et provoquer les jeunes gens qui sifflaient. 

Il est à remarquer que contre l'usage vingt à trente sous-officiers et soldats du régiment 
de cuirassiers, se trouvaient au parterre et ont soutenu ouvertement leurs officiers. 

(1) On a dû remarquer déjà que, dans tous nos extraits tirés de documents, et imprimés en petits caractères, 
l'orlhogriphc et la ponctuation sont scrupuleusement respecté s. 



Rien de trop, ou les deux parents, 1 acte, de Boieldieu ; — le Poète et le Musicien, 3 actes, 
de Dalayrac ; — le Billet de loterie, 1 acte, de Nicolo ; — le Magicien sans magie, 2 actes, 
de Nicolo; — l'Homme sans façon, 3 actes, de Kreutzer. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 801-18. i}i 

Tel est, monsieur le Préfet, le récit exact de ce qui s'est passé au spectacle clans la soirée 
d'hier, et nous avons de fortes raisons de croire que le désordre recommencera, à moins que 
l'autorité militaire n'agisse, à l'égard des officiers de la garnison. 

Nous avons l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Préfet, 

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs, 

Guerette. — Petit. — J. Cartreux. 

Cependant les esprits se calmèrent. Gubiant fut remplacé par 
Camoin, et ces scènes ne se renouvelèrent plus. 

Après huit représentations de Louis Nourrit, de l'Opéra, père 
d'Adolphe Nourrit, nous retombons encore dans les gymnasiarques. 
Le sieur Coppini fait une ascension sur la corde, avec une brouette 
chargée, du fond du théâtre au paradis. Voici comment fut jugé cet 
acrobate : 

Après ces fameux danseurs de corde, M. Coppini tient encore une place distinguée; il a de 
l'aisance, de la grâce, beaucoup d'adresse, et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il est seul 
de sa troupe; il remplit avec beaucoup de succès les personnages de femme, d'homme, de 
Scapin; son ascension sur une corde tendue avec une brouette, est un tour audacieux qui 
m'inspire plus d'effroi que de plaisir. Mais c'est ici le cas de déplorer le sort des destinées 
humaines : Forioso et Ravel, précédés d'une grande renommée, attiroient constamment la foule 
sur leurs pas, tandis que le danseur Coppini, avec un talent plus varié peut-être, est réduit à 
danser dans le désert. Ainsi va le monde! 

Le 25 septembre, Napoléon assiste à un spectacle composé de : 
le Calife de Bagdad, par la troupe ordinaire, et Andromaque, 
par un ensemble d'artistes de premier ordre : Talma, Damas avec 
M mes Duchesnois et Bourgoin, venus tout exprès de Paris. La recette 
s'éleva à la somme de 3,144 francs en dehors de l'abonnement. 

Bourson, qui avait reçu une éducation très distinguée, s'était 
créé à Bruxelles de belles relations. Chez le premier président de la 
Cour Impériale, où il rencontrait des substituts et des avocats, il 
avait pu constater la diction incorrecte, l'accent fortement accusé et 
les intonations parfois douteuses des membres du barreau. Avec 
l'aide de son camarade Hurteaux, il fonda un cours de diction, « à 
l'usage des orateurs », dans les appartements de Y Hôtel du Prince 



7 mai, début de M lle Gillolte, le Prisonnier (Rosine) ; Biaise et Babet (Babet) ; — 8 mai, 
début de M lle Francisque, la Fausse Magie (Lucette); le Calife de Bagdad (Kesic) ; — 
9 mai .concert de Piantanida, se disant chanteur de Napoléon ; — 17 mai, début de Guhiant , 
Œdipeà Colone (OEdipe); — 17 juin, début de Camoin, Ambroise (François) ; la Fausse 
Magie (Dorimont) ; — 23 septembre, l'Impératrice assiste à la représentation de Félix et 
de la Mélomanie. 



132 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1 801 -18. 

de Galles. L'innovation obtenait le plus grand succès, lorsque la 
guerre dispersa la plupart des jeunes élèves. Cet épisode est un 
témoignage des bons rapports qui existaient déjà entre le monde et 
les artistes. 

On sait que Boieldieu était lun des fournisseurs les plus en vogue 
du Théâtre de la Monnaie. Mais s imagine-t-on ce que lui rappor- 
tait cette situation? Il va nous l'apprendre lui-même : 

Paris, le 8 décembre 1 8 1 1 . 
Messieurs les administrateurs du Grand Théâtre de Bruxelles. 

Messieurs, 

J'ai l'honneur de vous adresser le relevé de mon compte avec vous, par lequel il résulte 
que vous me devez la somme de 153 fr. 80 c. Comme nous touchons à la fin de l'année, 
veuillez pour l'ordre des écritures m'envoyer pour solde un mandat de cette somme. 

En attendant vos nouveaux ordres, j'ai l'honneur d'être, 

Messieurs, votre serviteur, 

Boieldieu. 
Rue de Richelieu, 11* 80. 

1811. Juin 20, mon envoi 

— Septembre 16, mon envoi 

— Novembre 19, id . 

Total . 

Comparez cette somme avec les droits de nos compositeurs 
actuels ! 

181 2-1 3. — Des vingt-cinq actionnaires, il ne reste plus que 
MM. Vanderdilft, Cornet de Grez, d'Overschie de Neerische, de 
Pauw. Us continuent néanmoins leur exploitation, et recrutent, 
pour la nouvelle saison, la troupe que voici : 

Acteurs. 

Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre Liv. 7,000 

Massin, jeunes premiers 6,500 

Coriolis, première basse-taille 6,000 



5 décembre, concert de M Ue Berreyter, cantatrice du Théâtre Italien, et du pianiste Mansui ; — 
8 décembre, Joseph-François Snel exécute un concerto de violon ; — 15 février, concert 
de M lle Louise Gerbini, violoniste; — 8 mars, concert de L. Mann, premier basson du ci- 
devant roi de Hollande. 



Fr. 


56.85 c. 
53.15 c. 
43.80 c. 


Fr. 


153.80 c. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18, 



*33 



Francisque, premiers rôles Liv. 5,500 

Bousigue, seconde haute-contre, Colins 4,000 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan .... 5,400 

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600 

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5,400 

Bourson, jeune premier, petits-maîtres 4,000 

Micallef, Trial . 5,000 

Floricourt, troisième rôle, seconde basse-taille 4,500 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

Linsel, Crispins, Trial 4,200 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs ^ . . . 3,600 

Gilliotte, troisième amoureux 1,600 

Lemoigne, troisième amoureux 1 5oo 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Francisque, première amoureuse Liv. 6,000 

Bousigue, fortes Saint-Aubin, Dugazon-corsets 5, 000 

D'Auteuil, premiers rôles 4,800 

Drouville, première amoureuse 4,5oo 

Clarisse Liedet, première soubrette 4,000 

Borremans, première duègne 3,600 

Bossant, première Dugazon •» 3,600 

Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 2,000 

Gasse, première amoureuse 4,200 

Jeault (M lle Micallef), seconde amoureuse 1,800 

Pauline Lequin, jeunes rôles 1,200 

Coriolis, rôles d'enfants 600 

Chœurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

C. BORREMANS, maître de musique FI. 1,306 — 43 — 4 

J. Borremans, sous-chef 5/6 — 13 — 4 

16 violons. — 1 altos. — 5 violoncelles . — 2 contre-basses . — 2 cors. — 2 trompettes. 
— - 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

Parmi les représentations importantes, il faut citer celle de 
Fleury, du Théâtre-Français, et d Elleviou, de l'Opéra-Comique. 

Fleury recueillit un véritable tribut d'éloges, et joua douze fois. 
A son sujet, on conte une anecdote assez piquante : dans Auguste 
et Théodore, ou les deux pages, il interprétait le rôle du grand Fré- 
déric, roi de Prusse. Un jour, le prince Henri, frère de ce monarque, 



Lu lli et Quinault, 1 acte, de Nicolo; — Ninette, d'après Favart, 2 actes, de Berton fils; — 
Ida ou l'Orpheline de Berlin, 2 actes, paroles et musique de M rac Simons-Candeille ; — 
Jean de Paris, 2 actes, de Boieldieu, un des grands succès de l'époque. 



134 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

vint le voir jouer, et fut tellement charmé du soin qu'il avait 
apporté, non-seulement dans la composition du rôle, mais encore 
dans la ressemblance du personnage, qu'il le fit appeler, le compli- 
menta et lui offrit, comme souvenir, un uniforme qui avait été porté 
par Frédéric lui-même. 

Quant à Elleviou, dont le nom est resté à l'emploi, et qui était 
dans la plénitude de ses moyens, il ne parvint pas à attirer la foule. 
Il donna douze représentations très brillantes comme succès, mais 
médiocres au point de vue des recettes. Aussi ne revint-il plus 
jamais à Bruxelles. 

La saison théâtrale se termine par des concerts : 



Grand Concert spirituel donne par M. Fèmy aîné, ayant remporté le premier 
grand prix de violon au Conservatoire impérial de Paris; par Fèmy jeune, pre- 
mier violoncelle de S. A R. le prince Ferdinand, ayant également remporté le 
premier grand prix sur son instrument, et M. Gensse, premier violon du grand 
théâtre de Bruxelles ; dans lequel on entendra un chant sur la mort du célèbre 
Haydn par Cherubini, morceau qui n'a jamais été exécuté à Bruxelles, et qui a 
obtenu le plus grand succès à Paris; M. Mengal, jeune élève du Conservatoire, 
exécutera sur le cor un concerto de Frédéric Duvernoy, son maître. 



La plupart des artistes prêtèrent leur concours à cette représen- 
tation. 

Le 20 avril, clôture. 

1813-14. TABLEAU DE LA TROUPE : 

Acteurs. 
Messieurs : 

Desfossés (1), première hautre-contre, Elleviou Liv. 7,000 

Mas-sin, jeunes premiers 6,500 

(1) Desfossés a quitte le 50 décembre 181 j. 



3 mai, début de Micallef, le Bouffe et le Tailleur (Barbeau); — 4 mai, débuts malheureux de 
M Ue Drouville; — 3 juin, début de M 1 ™ Jeault, née Micallef, Cendrillon (Angélique), et 
Lulli et Quinault (Cécile) ; — 7 juillet, concert de M me Paschal, harpiste de la princesse 
liorghèse; l'acteur Francisque y exécute un concerto de violon; — 14 et 15 septembre, 
Cœuriot, de passage, Visitandines (Frontin), Tableau parlant (Pierrot), Zemire et Azor, 
(Azor); — du 19 octobre, huit représentations de Huet, de l'Opéra-Comique ; — 14 décem- 
bre, début de Théodore, Amour filial (Félix), Biaise et Babet (Biaise), sifflé. — 28 décem- 
bre, concert de Marie-Alexandre Guénin, violoniste, premier alto du roi Charles IV 
d'Espagne ; — du 29 janvier, vingt-neuf représentations de la famille Hobler, composée 
de deux danseurs pour le genre grotesque, et de deux danseuses pour le genre sérieux. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 135 



Coriolis, première basse-taille Li v (, 000 

Bousigue, seconde haute-contre, Colins 4,000 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan e a QO 

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600 

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5,400 

Bourson, jeune premier, petit-maître 4,000 

Floricourt, troisième rôle, seconde basse-taille 4,500 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,200 

Linsel, Crispins, Trial 4 200 

Folleville (1), pères nobles, grands raisonneurs 3,600 

Adolphe, première haute-contre 6 000 

Jalliot (2), premier rôle , 4,000 

Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille 2,700 

Lemoigne, troisième amoureux 2 000 

Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Goria, première chanteuse Liv\ 8 000 

D'Auteuil, premiers rôles 5,200 

Bousigue, forte Saint-Aubin, Dugazon-corsets 5,000 

Bossant, première Dugazon 4,200 

Thenard, première chanteuse 4,800 

Clarice Liedet, première soubrette 4,000 

Gasse, jeune première 4,200 

Buglel, première amoureuse 3,600 

Borremans, seconde amoureuse 3,600 

Linsel-Mosso, mères nobles, rôles de convenance 2,000 

Lequien, jeunes rôles 1,600 

Ternaux, id. 1,200 

Wauquier, utilités, rôles accessoires 288 

Donzel, rôles d'enfants 72 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 

C. BORREMANS, chef de musique FI. 1,306— 13 — 4 

J. Borremans, sous-chef 576 — 13 — 4 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles, — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. - 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

Il) Il touchait, en outre, 1,200 livres, en qualité de régisseur. 
(2) Il a quitté en mai 181;. 



Les Aubergistes de qualité, 3 actes, de Catel ; — la Chambre à coucher, 1 acte, de Guenée; 
— le Nouveau Seigneur du village, 1 acte, de Boieldieu ; — le Mari de circonstance, 
1 acte, de Plantade ; — les Deux Jaloux, 1 acte, de M me Gail ; — le Prince Troubadour, 
1 acte, de Méhul ; — Médée, grand opéra en 3 actes, de Cherubini ; — le Diable à quatre, 
3 actes, de Solié. 



136 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

Les débuts de Jalliot furent orageux. A sa première apparition, 
les sifflets l'empêchèrent de continuer. 

La basse-taille, Henri-Etienne Derivis, de l'Opéra, donne, à partir 
du 17 juin, une série de représentations. Le fils de cet artiste, 
Prosper Derivis, a chanté aussi les basses au même théâtre, et sa 
femme, Constance Janssens, de Gand, a eu de brillants succès 
dans la carrière italienne sous le nom de Maria Corini. Leur fille, 
Marie Derivis, a tenu à la Monnaie l'emploi de première chanteuse. 
Le Guide Musical a, du reste, donné la généalogie artistique de toute 
cette famille. 

Après Derivis, arrive un certainZamnl, artiste-équilibriste-philhai'- 
monique. Il abusait vraisemblablement de la qualification d'artiste, 
et on se demande avec effroi quel rapport peut exister entre l'équi- 
libre et l'harmonie. A la vérité, ce Vénitien était doué d'une force 
herculéenne, et à sa cinquième représentation, car il parut cinq fois, 
il porta un âne sur son menton ! ! ! 

Le 24 septembre, les comédiens célébrèrent une messe à la mémoire 
de Grétry. Ils étaient tous vêtus de deuil. Les hommes, en frac, 
portaient l'épée à poignée d'acier : c'était un dernier vestige des 
coutumes de l'ancien régime, sous lequel les artistes avaient ce 
droit, interdit à d'autres classes de la société. Le soir, on couronna 
le buste de Grétry ; Bourson déclama une poésie de sa composi- 
tion. 

Après une représentation de la Vestale, avec le concours de 
M me Berteau, un nourrisson des Muses (il s'appelait J. Lignian) 
adressa à l'actrice ces petits vers de caramel : 

Quand d'une Vestale touchante 
Tu nous peins les combats, le sort des malheurs. 

Ta voix flexible nous enchante, 
Tous les cœurs sont émus, t«uis les yeux sont en pleurs. 
Si les lois de Vesta t'arrachent la couronne 

Pour te punir de céder à l'amour, 
Le spectateur charmé le la rend, te la donne, 
Pour prix de tes talents, qu'il admire en ce joui - . 



2 mai, début de M mc Thénard, Aline, reine de Golconde (Aline) et Nina (Nina); — 7 mai, 
exécution d'une ouverture de Campenhout; — 18 mai, début de Jalliot, Mèlomanie ; — 
1 I juillet, début de M lle Goria, Concert interrompu (Cécile), et Billet de loterie (Adèle); 
— 25 juillet, début d'Adolphe, le Déserteur ; — du 25 septembre, huit représentations 
de M ,le Emilie Leverd, du Théâtre-Français, qui attire la foule; — du 9 novembre, onze 
représentations de M me Berteau, retour de Rouen ; — 8 décembre, début de M Ue Ter- 
naux, le Prisonnier (Rosine), et Rose et Babet (Babet) ; — du 9 décembre, trois représen- 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1801-18. 



«37 



Voici encore un spectacle forain. Un nommé Cornillot inaugure 
l'année 1814 par deux séances de tours de physique et de jeux hydrau- 
liques. Il est vraiment regrettable qu'on manque de détails sur les 
talents de ce Cornillot, plus particulièrement au point de vue 
hydraulique. 

Mais les événements qui amenèrent la chute du premier Empire 
ont commencé à se produire. Les troupes françaises ont évacué 
Bruxelles le i cr février, et les alliés pénètrent dans la ville. 

Le théâtre ne fît pourtant pas relâche, et les représentations conti- 
nuèrent. Desfossés, qui était un ardent patriote français, s'était enfui 
dès la première alarme, pour ne pas assister à l'entrée des troupes 
étrangères. 

Aux premiers jours de cette campagne théâtrale, le gouvernement 
français avait délégué Roucourt, afin d'établir à Bruxelles une 
école de chant, succursale du Conservatoire de Paris. Jean-Baptiste 
Roucourt était Bruxellois et élève de Garât. Ces titres lui valurent la 
confiance dont il lut investi. L'ouverture eut lieu, le 20 octobre 181 3, 
au local du Musée. Roucourt s'était adjoint Van Helmont. Telle est 
l'origine du Conservatoire Royal de Bruxelles, qui devait plus tard 
acquérir une si grande importance, et, quoique ce fait ne se rattache 
pas directement à notre sujet, il nous a paru utile de le signaler. 

Voici un tableau comparatif des appointements depuis la gestion 
des actionnaires. On jugera de la progression dans les traitements 
alloués aux artistes : 



Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre. - 1801-1814 

Perceval, Crispins. 1801-1812 

Linsel, Crispins. 1801-1814 

Dubreuil, financiers. 1801-1814 

Bourson, jeune premier. 1803-1814 

Folleville, père noble. 1803-1814 



Liv. 



5,500 à 7,000 
5.000 à 5 000 
3 600 à 4,200 
4,200 à 4,200 
3,300 à 4,000 
3,600 à 3,600 



tations de M me Huet-Lesage, du Théâlre Feydeau de Paris; — 28 janvier, concert de 
Giorgi, premier violon du roi de Westphalie; — 14 mars, M" e Danteuil, âgée de 10 ans, 
élève de Joseph Borremans, exécute une sonate pour le piano, avec un talent rare à 
cet âge; — 9 avril, concert spirituel, O Salutaris, de Gossec, chanté par Brice, Bousigue 
et Adolphe; duo de Jomelli, par M mes Goria et Bossant; fantaisie sur le violon, par 
Gensse, et solo de cor, par Artot. Ce dernier est le père de Désiré Artot, professeur 
pensionné du Conservatoire de Bruxelles, et père lui-même de la célèbre cantatrice, 
M me Padilla-Artot. 



138 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 801- 18. 

Mesdames : 

Roussellois, première duègne. — 1801-1805 Liv. 4,800 à 6,ooo 

Gouget, duègne. 1801-1811 2,700 à 3,600 

Berteau, première chanteuse. 1803-1810 ... . . 4,500 à 9,300 

Ces chiffres étaient encore loin de laisser prévoir ceux d'aujour- 
d'hui. Nous les donnons d'autant plus volontiers que nous allons 
arriver à une période plus rapprochée et que nous nous dispense- 
rons souvent d indiquer les appointements. 



1814-15. — Les actionnaires n'étaient plus que trois : le comte 
Cornet de Grez, le comte Vanderdilft, le baron de Neerische, 

Acteurs. 

Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre, Elleviou Liv. 6,500 

Coriolis, première basse-taille 5,5°° 

Massin, jeunes premiers 5>5°° 

Brice, troisième amoureux, seconde haute-contre 5>400 

Théodore de Launay, première basse-taille 4,500 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan ... 5,000 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 4,500 

Linsel, Crispins, Trial 4,600 

Floricourt, troisième rôle, seconde basse-taille 4,200 

Paulin, premier comique, grandes livrées 4,600 

Dubreuil, financiers, manteaux, grimes 4,000 

Favre, deuxième haute-contre 3,600 

Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille 2,600 

Bourson, jeune premier, petits-maîtres 3,800 

A ctrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Saint-James, première chanteuse . Liv. 6,000 

Faure, premiers rôles 4,000 

Clarisse Liedet, première soubrette 3,800 

Moulin-Lesage, duègne 3,800 

Borremans, seconde amoureuse 3>5°o 

Gouget, duègnes à caricatures 3,600 

Belval, seconde chanteuse 3,600 

Ternaux, jeunes rôles ... 2,370 

Lequien, id. 1,200 



Les Visitandines, opéra de Devienne, interdit le 11 mai; — le Prince de Catane, 3 actes, 
de Nicolo ; — les Héritiers Michau, 1 acte, de Bochsa ; — l'Héritier de Paimpol, 3 actes, 
de Bochsa ; — Joconde, 3 actes, de Nicolo, grand succès ; - Roméo et Juliette, de 
Steibelt (reprise). 



Le Théâtre de la (Monnaie . — 1801-18. 139 

Bossant, première Dugazon Liv. 4,200 

Wauquier, utilités, rôles accessoires 288 

Donzel, rôles d'enfants 72 

Di'quesnoy, id. 69 

Cordemans, receveur 3,600 

Maluin, second receveur 1,000 

Laute, concierge 1,800 

Bourson père, souffleur ' 900 

Spaak, peintre-décorateur 2,000 

Hus, régisseur 2,400 

Orchestre. 

C. BORREMANS, chef de musique FI. 1,306 —13 — 4 

J. Borremans, sous-chef .... 536 — o — o 

La Belgique et la Hollande forment maintenant les Provinces 
Unies des Pays-Bas, sous la domination du prince Guillaume-Fré- 
déric d'Orange, Guillaume 1 er . La monarchie nétait cependant pas 
encore constituée. Le Prince Souverain assiste, le 7 août, à un spec- 
tacle composé de Jean de Paris et de le Nouveau Seigneur du Vil- 
lage. Il y reçoit les marques d'une grande sympathie. 

Pour plaire aux officiers de la garnison anglaise de Bruxelles, on 
fit venir de Londres une troupe d'acteurs placés sous la direction de 
Jonaset Perleu. Elle débuta, le 1 5 août, par « John Bull or an english 
man s jireside » et « Of âge to Morrozn ». Après trois représentations 
à la Monnaie, elle s'installa au Théâtre du Parc, qui prit la dénomi- 
nation de Théâtre Anglais du Parc. 

Le g novembre, \l mc Saqui, première funambule de France, nous 
ramène les spectacles forains. Marguerite-x\ntoinette Lalanne, épouse 
Saqui, a été une célébrité parisienne. Elle dansait sur la corde au 
jardin de Tivoli. En 18 16, elle prend, au boulevard du Temple, un 
théâtre, auquel elle donne son nom. Dans les entractes, elle endos- 
sait une pelisse, et se promenait dans la salle pour y maintenir le 



3 mai, début de M me Faure ; — 11 mai, début de M me Moulin Lesage, Euphrosine et Coradin 
(la comtesse) ; — 12 mai, Campenhout, une représentation, Richard Cœur-de-Lion, et 
Maison à vendre ; — 14 mai, début de Théodore Delaunay, première basbc-taille, 
Lodoïska (Tisikan) ; — 17 mai, début de M llc Belval, Biaise et Babet (Babet) ; — 18 mai, 
début de Fabre, Paul et Virginie (Paul) ; — 30 mai, M me Saint-James; — du 19 juillet, 
cinq représentations de Fleury, de la Comédie-Française ; — du 22 août, trois représen- 
tations de Darancourt, du Théâtre Feydeau, le Déserteur, Ambroise, etc.; — du 15 sep- 
tembre, vingt représentations du ballet de la Porte Saint-Martin (Paris), MM. Petipa, 
Rhenon, Pierson, M mes Pierson, Darcourt, Marinette; — du 28 septembre, cinq repré- 
sentations de Perceval. 



140 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 

bon ordre, sa force musculaire lui permettant de se passer des 
municipaux. Elle avait huit valets costumés en Turcs. Un jour, à 
Londres, au moment où elle s'élance sur la corde, habillée dun 
simple maillot qui accusait violemment ses formes, le public, mécon- 
tent, se met à murmurer. Ne voulant pas froisser plus longtemps la 
pudeur britannique, elle fait signe à l'un de ses Turcs, lui retire 

sa culotte, quelle revêt elle-même, et commence ses exercices 

A 75 ans, elle dansait encore à l'Hippodrome de Paris. 

Le i er décembre, Eugène Hus est nommé régisseur, en remplace- 
ment de Lecatte-Folleville. La première fois qu'il parut devant le 
public dans ses nouvelles fonctions, ce fut pour annoncer la réunion 
de la Belgique et du Pays de Liège à la Hollande. 

Un mois plus tard, Bruxelles est proclamé capitale de la monar- 
chie. Pendant que la ville se pavoisait et qu'on illuminait les 
façades, les comédiens préparaient des couplets qu'ils chantèrent le 
soir, à tour de rôle, au milieu de l'enthousiasme général. 

Guillaume I er , Roi des Pays-Bas, fait son entrée à Bruxelles, le 
30 mars. Il assiste, avec la Reine, le Prince héréditaire et une nom- 
breuse suite, à la représentation d une pièce de circonstance : Je 
l'aurais gagé, d'Eugène Hus, précédée d Œdipe à Colorie. 

Pour cette année théâtrale, la recette aux portes fut de 124,203 fr., 
celle de l'abonnement de 87,063 francs, et les recouvrements divers 
de 22,968 francs. Total : 234,234 francs. 



REGIE HUS — 1815-16. 

Acteurs. 



Messieurs 



Desfossés, première haute-contre, Elleviou Fr. 7,500 

Coriolis, première basse-taille .... 7,000 

Massin, jeunes premiers 6,500 

Brice, troisièmes amoureux, seconde haute-contre .... .... 6,000 



1 5 octobre, concert d'André Ashe, première flûte de l'Opéra Italien, à Londres ; de M mc Ashe, 
tous deux attachés aux concerts de S. A. R. le Prince Régent d'Angleterre, et de M lle Ashe ; 
— 9 décembre, Louise Mars, sœur de la célèbre tragédienne, se produit dans le Philo- 
sophe marié et dans la Fausse Agnès; — du i er avril, quatre représentations de Huet, du 
Théâtre Feydeau (Richard Cœurde-Lion, le Roi et le fermier, Zémire et Azor, le 
Tableau parlant, Félix, Roniéo et Juliette). 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18 



141 



Auguste, basse-taille 

Linsel, Crispins, Trial ...... 

Hurteaux, Philippe, Gavaudan .... 

Paulin, premiers comiques, grandes livrées 
Dubreuil, financiers, manteaux, grimes . 

Perceval, Crispins, Trial 

Lemonnier, haute-contie 

Folleville, pères nobles, grands raisonneurs 
Bourson (aîné), jeunes premiers, petits maîtres 
Marchand, troisième rôle, seconde basse-taille 
Bourson (jeune), jeunes premiers .... 
Calais, seconde basse-taille 



Fr. 



5,600 
4,600 
5,400 
4,600 
4,200 
5,000 
4,500 
3,600 
4,000 
3,000 
2,400 
4,800 



Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Morel-Lemaire, première chanteuse ... ......... Fr. 10,000 

Roussellois, duègne 6,000 

Ribou, jeune première 6,000 

Juliette Frisard (1), première chanteuse 3,600 

Bossand, première Dugazon . 4,800 

Durand (2), première chanteuse ...... 4,200 

Clairval (3), jeune première 6,000 

Clarice Liedet, première soubrette ..... . .... 4,000 

Ternaux, jeune Dugazon 3,600 

Desbordes (4), premiers rôles 5,000 

Borremans, seconde amoureuse 3,200 

Descours deuxième amoureuse 2.600 

Duquesnoy, jeunes rôles 900 

Wauquier, rôles d'enfants 284 

Donzel, id. 71 

Chanteurs et Chanteuses des chœurs. 
Messieurs : 
Borremans, fr. 1,250. — Grandval, fr. 1,000. — Cuvelier, fr. 750. — Timmermans, 
fr. 1,000. — Reinders aîné, fr. 900 — Mailly, fr. 800. — Fargès, fr. 900. — Margery, 
fr. 720. — Bourgeois, fr. 650. — Smets, fr. 600. — Reinders cadet, fr. 600. — Beghin, 
fr. 700. — Brems, fr. 400. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Sophie Mouton, fr. 1,000. — Victoire, fr. 900. — Kerckhoven, fr. 720. — Lise, fr. 720. — 
Bourson, fr. 720. — Beaude, fr. 720. — Murât, fr. 720. — Louis, fr. 720. — Emilie, fr. 720. 

( 1 ) N'a séjourné à Bruxelles q u'en septembre 1815. 

(2) Madame Durand a quitté en juin 1 S 1 5 - 

(?) Mademoiselle Clairval ne fit partie de la troupe qu'en janvier 18 16. 

(4) Mademoiselle D^sbordss ne fut engagée qu'à dater du 1 5 août 181 5. 



Félicie, ou la Fille Romanesque, 3 actes, de Catruffo ; — Jeannot et Colin, 3 actes, de 
Nicolo ; — le Procès, 1 acte, du comte d'Estourmel ; — Nourma, ou le règne de douze 
heures, 2 actes, de Bruni, chute ; — Manquinados (le nouveau Don Quichotte, de 
Champein). 



142 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 



MM. Cordemans. receveur, fr. 3,600. — Maluin. second receveur, fr. 1,000. — Laute, 
concierge, fr. 1,800 — Bourson père, souffleur, fr. 900. — Spaak, peintre, fr. 2,000. — 
Hus, régisseur, fr. 2,400. 

Orchestre. 

M. C. BORREMANS, maître de musique, fl 1,306 -13-4 — M. J. Borremans, sous- 
chef, fl. 576 - 13 - 4. 

Premiers violons : MM. Gensse, fl. 661-10. — D'Aubigny, fl 500. — Keym, fl. 300 — 
Bannelly. fl. 200. — Durand, fl. 250. — Creytsaert, fl. 100. 

Seconds violons : MM. Spaak fl 450 — Fauquette fl. 375. — Neyts fl 275. — Vadder, 

fl. 275. ROELANTS. fl. 25O. ANTOR, fl. 250. 

Altos : MM. Baudeyvyns, fl. 250. — Zeghers, fl. 200. 

Flûtes : MM. Cardon, fl. 500. — Vanboom ; fl. 300. 

Hautbois : MM. Teniers, fl. 500. — Godecharle, fl. 300. 

Clarinettes : MM. Debrouw, fl. 400. — Blaes, fl. 275. 

Cors : MM. Artot, fl. 500. — Baumann, fl. 350. 

Basso7is : MM. Lintermans, fl. 400 — Jacobs, fl 300. 

Violoncelles : MM. Beeckman, fl. 500. — De Waegeneer, fl. 450. — Sola, fl. 300. 

Contre-basses : MM. S. Hanciau, fl. 360. — Dewewe, fl. 360. 

Trompettes : MM. Wirth, fl. 200. — Lefrancq, fl. 200. 

Timbalier : M. Vitzthumb fils, fl. 200. 

Pour la première fois, le 22 août, l'affiche porte : 



THEATRE ROYAL 

Les Comédiens ordinaires de S. M. le Roi des Pays-Bas 



On donnait un spectacle gratis pour l'anniversaire du Roi, les 
Précieuses Ridicules et Rome sauvée, « fait historique pour honorer 
la bataille de la Sainte-Alliance, dû à la plume d'un Bruxellois ». 

Décidément, cette année devait être fertile en spectacles de gala. 

Le 22 septembre, Joconde, représentation gratuite, à laquelle assiste 



23 avril, rentrée de M mc Perceval, présence de la Reine des Pays Bas et de son fils ; — 30 avril, 
rentrée de M me Roussellois, qui remplaçait M me Lesage-Moulin ; — 4 mai, début de 
M mc Durand, Euphrosine et Coradin, tumulte et chute ; — 9 mai, début de M me Morel- 
Lemaire, chanteuse légère, la Fausse Magie (Lucette) ; — début d'Auguste, basse- 
taille, l'Opéra-Comique ; — 23 mai, Bourson jeune débute avec succès, Bourru bienfai- 
sant; il meurt deux mois après ; — 9 juin, début de Calais, la Dot; — 14 juin, début de 
Ternaux aîné, Paul et Virginie ; — 18 juin, jour de la bataille de Waterloo, second début 
de Ternaux aîné, Œdipe à Colone ; — 12 juillet, début de Saint-Ernest, Adolphe et 
Clara; — 17 et 22 juillet, concerts de M me Catalani, le flûtiste Cardon, prix des places 
doublé; — 31 juillet, reprise des Pêcheurs, de Gossec ; — 14 août, Lemonnier, ténor, 
Paul et Virginie (Paul) ; — 19 septembre, début de M lle Juliette, Françoise de Foix, 
chute. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 143 

la Famille royale. Quelques jours plus tard, le Roi Guillaume, la 
Reine, et Alexandre, Empereur de Russie, viennent voir jouer 
Fétide, opéra de Catruffo, ainsi que Défiance et Malice, comédie de 
Dieulafoi. Pour cette soirée, Bourson avait improvisé une pièce en 
3 actes, et en vers, l'Hymen se fera- 1 -il ou ne se fera-t-il pas? Une 
indisposition de Paulin en empêcha l'exécution. Elle ne passa que 
le lendemain, et Bourson fut obligé de jouer lui-même, au « pied 
levé », le rôle de son camarade. Et, pour en finir, enregistrons le 
spectacle- gala donné le 10 novembre, en l'honneur de Guillaume III, 
roi de Prusse. 

C'est en cette année 181 5-16 qu'on rétablit les fonctions de Suisse 
Théâtral, existant au commencement du siècle et supprimées par 
mesure d économie. Le Suisse était habillé aux frais de la Cour, dont 
il portait la livrée : écharpe, épée et canne. Il figurait dans le péris- 
tyle du théâtre, et occupait ses loisirs à la police de la salle. Ce 
fonctionnaire devait disparaître peu de temps après. 

Depuis quelques mois, de nombreuses plaintes avaient été for- 
mulées contre l'administration, à qui on reprochait, entre autres 
griefs, de ne pas annoncer régulièrement les spectacles, de laisser 
s'asseoir des habitués à l'orchestre, de permettre même l'accès de 
la scène à certains spectateurs, de distribuer plus de places que le 
théâtre n'en pouvait contenir. D'un autre côté, quelques malheu- 
reux débuts avaient fatigué le public, qui saisit la première occasion 
pour manifester son mécontentement. 

La représentation d'hier (23 novembre 1815), au Théâtre Royal, a été troublée par l'une 
de ces scènes orageuses qui, depuis le commencement de cette année, se sont si souvent 
représentées à ce théâtre. 

M 1Ie Ternaux remplissait dans Topera de Joseph un rôle de l'emploi de M me Bossant; de 
nombreux sifflets ont témoigné la mauvaise humeur du public ; la jeune actrice s'est retirée 
et la toile est tombée immédiatement après le commencement du second a:te : alors le 
mécontentement du parterre n'a plus connu de bornes : le théâtre a été pris d'assaut, la toile 
déchirée, et on a voulu forcer les acteurs à continuer la pièce. 



Du 5 octobre, cinq représentations de Derivis, première basse de l'Opéra de Paris ; 
31 octobre, concert des frères Bohrer, violoniste et violoncelliste, M me Morel-Lemaire 
chante un air de la composition de Joseph Borremans ; — 31 décembre, M ,le Adélaïde 
Ternaux, âgée de 1 1 ans, chante un air de bravoure ; — 15 janvier, reprise de la Fête de 
la Cinquantaine, de Dezède ; — 22 janvier, début de M Ue Clairval, Ninon chez M me de 
Sévigné,et le Diable à Quatre; — 15 février, deuxième concert des frères Bohrer ; — 
3 avril, représentation de M. et M me Fay, Gulnare, les Prétendus, Raoul Barbe-Bleue ; 
— 5 avril, concert de Charles Mayer, pianiste de Saint-Pétersbourg ; — 17 avril, début de 
Grandvallet, deuxième basse -taille, Biaise et Babet, et le Marêchal-ferrant. 



144 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 

Sans prétendre approuver la manière dont le parterre a voulu se faire justice, nous ne 
pouvons dissimuler que les excès auxquels il s'est livré depuis quelque temps, ne soient en 
quelque sorte excusés par la mauvaise administration du théâtre de Bruxelles ; cette adminis- 
tration a mis à de rudes épreuves la patience des habitués du spectacle, tant par le choix des 
acteurs qu'elle offre au public, que par le peu de variété du répertoire ; on accuse MM. les 
acteurs-régisseurs Hurteaux et Folleville ; et le public a, pendant la représentation d'hier, 
fortement et unanimement demandé le renvoi de ces deux artistes. 

Il est à désirer que l'administration du spectacle, plus disposée à satisfaire aux désirs des 
amateurs de la bonne comédie, et mieux éclairée sur ses propres intérêts, prenne enfin des 
mesures pour offrir aux habitans de Bruxelles une troupe digne d'une capitale et du titre 
dont S. M a permis qu'elle s'honorât. 

Le 25 décembre, la Régence prit un arrêté menaçant « tout indi- 
vidu qui se permettrait de troubler le bon ordre au théâtre » d'être 
appréhendé au corps et puni selon la rigueur des lois. 

Recettes 1815-16. 

Aux portes ... Fr. 126,244-79 

Abonnements . . 102,330-21. 

Divers . . ... 11,255-15. 

Total Fr. 239,830-15. 

Ce chiffre est supérieur à celui de l'année précédente. 



RÉGIE DUBUS — 1816-18. 

1816-17. — En vertu d'un arrêté royal, MM. le comte Vanderdilft, 
le baron d Overschie de Neerische et le comte Cornet de Grez, 
prennent en mains l'administration du théâtre pour trois ans. Dubus 
retourne à ses fonctions de régisseur. 

Acteurs. 

MM. Desfossés, première haute-contre. 
Massin, jeunes premiers. 
Coriolis, première basse-taille. 
Paulin, premier comique. 
Brice, seconde haute-contre. 
Dubreuil, financiers, manteaux. 
Belfort, Philippe, Gavaudan. 
Dangremont, jeunes premiers, petits-maîtres. 
Auguste, première basse-taille. 
Linsel, Crispins, Trial. 
Lemoigne, troisième amoureux. 
Lemonnier, haute-contre. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 145 

MM. Perceval, Crispins, Trial. 
Folleville, pères nobles. 
Marchand, troisième rôle. 
Mercier, seconde haute-contre 
Bougnol, seconde basse-taille. 
Folleville, pères nobles. 

Actrices. 

M mes Cazot, première chanteuse à roulades. 
Ribou, premiers rôles. 
Clarice Liedet, première soubrette. 
Thénard, première chanteuse. 
Bossant, première Dugazon. 
Linsel-Mosso, mères nobles. 
Ternaux, seconde chanteuse. 
Roussellois, caractères, mères nobles. 
Desbordes, jeune première. 
Duquesnoy, jeunes rôles. 
La petite Linsel, rôles d'enfants. 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Orchestre. 
MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
J. Borremans, sous-chef. 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

MM. Dubus, régisseur. 

Eugène Hus, second régisseur. 

Le 29 juin, paraît Marianne Sessi, cantatrice italienne, dans 
Pimmaglione, de Cimadoro. C'était l'aïeule de M lle Sessi qui, en 
décembre 187 1 , joua le rôle d'Ophélie dans Hamlet, au Théâtre de 
la Monnaie. 

Marianne Sessi joignait « à un magnifique talent de comédienne 
une voix admirable » (1). Mais, comme elle chantait en italien, ses 
représentations ne furent pas du goût général, et un journal inséra 
l'entrefilet suivant : 

Question. — De quel droit l'administration du Théâtre de la Monnaie prétendrait-elle, 
en contravention formelle à ses engagements contractés envers le public de Bruxelles, nous 
imposer, pour notre argent, l'obligation de nous résigner à un spectacle auquel nous ne 
comprenons, ni entendons absolument rien, tandis que, sans compter les jours d'abonnemens 
suspendus, elle conserve ici une autre salle à son entière disposition ? 

Un abonné belge, pour lui et au nom de tous les autres. 

(1) Fétis. Biographie Universelle des Musiciens. 

10 



146 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 801- 18. 

Un corps de ballet, comprenant Henri Jacotin, Oudart et les 
dames Soissons et Adeline, donne une représentation à la Monnaie, 
le 18 septembre. Les administrateurs retiennent par engagement 
ces danseurs, qui firent, dès lors, partie de la troupe. C'est l'origine 
du ballet permanent. 

Au nombre des artistes qui furent entendus extraordinairement, 
nous voyons Gavaudan, de lOpéra-Comique. Ce ténor avait préa- 
lablement joué la tragédie à côté de Talma, et avait accompagné 
lillustre artiste pendant son séjour en Belgique. Gavaudan s'acquit 
une véritable célébrité comme acteur et comme chanteur, car il 
arriva à élever ces deux talents au même degré — perfection rare. 
On ne lui connaissait pas d égal dans les rôles de Montano, à Ario- 
dant, de Stephano. Il balança même la réputation d Elleviou, dans 
le Délire. On lavait surnommé le Talma de V Opèra-C omique , et le 
nom de Gavaudan est resté à son emploi. Il fut, plus tard, appelé 
à la direction de la Monnaie. Né à Salon (Provence), le 8 août 1772, 
Gavaudan mourut à Paris, le 10 mai 1840. 

Une journée du Czar, opéra-comique en 1 acte, apparut le 
26 octobre, à l'occasion des fêtes données par le corps municipal 
pour le mariage de S. A. R. le prince héréditaire; cet ouvrage était 
composé et dédié à S. A. R. et I. M me la Grande-Duchesse de 
Brabant (sic), princesse d'Orange, par H. Berton, membre de 
l'Institut, chevalier de la Légion d'honneur, surintendant de la 
musique du Roi, pensionnaire de Sa Majesté, du Conservatoire et 
de l'Académie Royale de Musique, etc., etc. 

La Bibliothèque Royale possède la partition manuscrite de 
Berton. Le parolier n'est pas nommé; il s appelait Claparède. 

Les Bruxellois n'ont pas eu la primeur de cette œuvre à deux, 
quoiqu'elle eût été expressément commandée, écrite — et payée, 
sans doute, — pour le cas particulier d'un auguste mariage. Une 
journée du Czar, jouée à Bruxelles, le 26 octobre 1816, et Féodor, 
ou le Batelier du Don, joué à Paris, au théâtre de l'Opéra-Comi- 
que, onze jours auparavant (15 octobre), sont identiquement sem- 
blables, et quant au sujet, et quant à la musique; les titres seuls 
diffèrent. 



Le Rossignol, grand opéra en 1 acte, de Lebrun ; — la Lettre de change, 1 acte, de Bochsa ; 
— la Fête du village voisin, 3 actes, de Boieldieu ; — VUne pour Vautre, 3 actes, de 
Nicolo; — Elisca, 3 actes, de Grctry. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 147 

Jamais une affluence aussi prodigieuse de monde ne s'était portée au Théâtre royal de la 
Monnaie qu'à la représentation donnée hier (26 octobre 1816). A deux heures, les bureaux 
étaient ouverts, et à trois heures, la salle était pleine : on a offert jusqu'à vingt francs pour 
un billet de parquet, sans pouvoir l'obtenir. A six heures et un quart, LL. AA. RR. et II. sont 
entrées dans la loge qui leur était destinée ; aussitôt l'orchestre a exécuté l'air national de 
Guillaume de Nassau et le célèbre quatuor de Grétry : pendant plus d'un quart d'heure, les 
acclamations et les applaudissemens se sont prolongés avec un enthousiasme tel que la salle 
en était ébranlée. Vers sept heures, LL. MM. le Roi et la Reine sont arrives : on avait déjà 
commencé la Bonne Mère, de Florian, dont la représentation fut interrompue pour prodiguer 
à nos augustes souverains les applaudissemens les plus unanimes et les plus prolongés. 
Dans la représentation de la pièce de circonstance, intitulée : Une journée du Czar, toutes 
les allusions ont été saisies avec une sorte de transport. Les couplets du vaudeville, qui ont 
terminé cette pièce, furent redemandés, répétés et applaudis : cette scène touchante a paru 
faire une vive impression sur les augustes personnages qui en étaient l'objet. La famille 
royale n'a quitté la salle de spectacle qu'après que le rideau fut baissé, et les mêmes applau- 
dissemens qui l'avaient accueillie à son entrée l'ont accompagnée à sa sortie. La place de la 
Monnaie était couverte d'une foule immense. Cette belle soirée fera époque dans les annales 
de la ville de Bruxelles ; elle montrera à nos princes ce qu'ils peuvent attendre de ces Bra- 
bançons, si justement fiers de leur liberté, mais loyaux et fidèles sujets du monarque, lors- 
qu'il se déclare le protecteur de leurs droits. 

Berton avait réchauffé de ses accords les vers de mirliton de ce 
vaudeville. Quant au rimailleur, il s'est prudemment caché sous les 
initiales de son nom. Une journée du C\ar ne fut donnée que deux 
fois. 

A la mort de Monsigny, une représentation fut organisée pour 
honorer sa mémoire. On y donna la Belle Arsène, opéra du 
maître, et tous les chanteurs de la troupe parurent dans une 
apothéose finale. 



20 avril, début de M me Bourson, seconde amoureuse dans l'Opéra ; — 24 avril, début de 
Dangremont; — 5 mai, début de M me Thénard, Raoul Barbe- Bleue (Isaure) ; — 12 mai, 
début de Mercier, le Déserteur ; — 21 et 23 mai, concerts de Garât, M me Garât, cantatrice, 
G. Dugazon, pianiste ; — 22 mai, début de Bougnol, l'Amour filial (Félix), et Ma Tante 
Aurore (Valsain) ; — 27 mai, début de M me Mercier, Calife de Bagdad (Késie), et Zémire 
et Azor ; — 3 juin, début de Belfort, Montano et Stéphanie (Montano) ; — du 12 juillet, 
dix représentations de Paul, sociétaire de l'Opéra-Comique, Montano et Stéphanie, Stra- 
tonice, Richard Cœur-de-Lion, Joconde, Sargines, les Rendez-vous bourgeois, etc ; — 
22 juillet, concert de M ,Ie Gallo; - du 5 août, cinq représentations de M me Boulanger, du 
Théâtre Feydeau ; — 13 et 29 août, débuts de M me Cazot, née Joséphine Armand, de 
l'Opéra de Paris; — 15 septembre, Julien Pauwels s'essaye sans succès dans le Nouveaii 
Seigneur du village; — 23 septembre, début de M me Mercier, Fausse Magie (Lucette); — 
30 octobre, début de Darboville, Martin, Laïs, Solié, succès ; — 31 octobre, à l'occasion 
du mariage de S. A. R. le Prince d'Orange, l'Offrande à l'hymen; — 23 décembre, début 
de Bordes, Hêléna (Constantin); — 15 janvier, concert de Guillou, première flûte de la 
chapelle du Roi de France; — i er mars, M )le Saint-James, de passage, les Prétendus (Julie); 
— du 16 avril, quatre représentations de M me Foulquier, première chanteuse du Théâtre 
de Nantes, la Fausse magie, le Nouveau Seigneur du village. 



148 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1 801-18. 

Quelque temps après, la princesse d'Orange donna le jour à un 
fils, le Roi actuel, Guillaume III des Pays-Bas. Le lendemain, le 
Prince héréditaire se rend au spectacle, où il est accueilli avec 
enthousiasme, et M me Cazot chante des couplets d'à-propos : 

Belges, que dans cette journée 
Nos chants s'élèvent jusqu'aux cieux ! 
Le fruit d'un auguste hyménée 
Comble notre espoir et nos vœux. 
Les faveurs de la providence 
Vont descendre sur son berceau; 
Il aura franchise et vaillance : 
C'est l'héritage des Nassau. 

Qu'il suive à jamais pour modèle 
Celui qui lui donna le jour; 
Qui d'un peuple brave et fidèle 
Sait comment on obtient l'amour. 
Nous jurons, ainsi qu'à son père, 
A l'héritier d'un nom si beau, 
Tendresse et dévoûment sincère : 
C'est le partage des Nassau (i). 

Victor, du Théâtre-Français, donne onze représentations à partir 
du 5 mars. La critique du temps dit qu'il a rappelé « aux vieux 
connaisseurs le superbe Larive qui n avait jamais été remplacé 
depuis sa retraite ». Ce tragédien, qui a eu son heure de célébrité 
et que, plus tard, nous allons voir sur la scène de Bruxelles, avait 
mené une existence assez orageuse. C'est un des nombreux exem- 
ples de vocation contrariée. Il était issu d'une famille de juriscon- 
sultes : les Lerebours, de Pontarlier. Il étudia le droit; mais, la 
profession de ses pères convenant peu à sa nature, il entra au minis- 
tère des finances, à Paris. Là, il désertait son bureau pour suivre 
les cours du Conservatoire. Lorsque le père apprit la terrifiante 
nouvelle, il le lit rayer du tableau des élèves, et l'incorpora dans la 
garde d'honneur. Revenu sain et sauf des désastreuses campagnes 
de Dresde et de Leipzig, Victor rentre encore au Conservatoire, 
obtient un second prix de tragédie, et débute avec éclat à la Comé- 
die-Française. Puis, en attendant sa nomination de pensionnaire, 
il va s'exercer sur d'autres scènes, ce qui l'amène à Bruxelles. A 
son retour dans la maison de Molière, il eut des démêlés sans 
fin, à travers lesquels nous ne le suivrons pas. « II mourut à 

( 1 ) Gazette Générale des Pays-Bas. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 149 

Neuilly-sur-Seine, le 16 juin 1864, dans la situation la plus misé- 
rable. » (1) 

Nous retrouverons Victor en 18 19, jouant, le i tr mai, sur cette 
même scène, et, quelques jours plus tard, sur celle du nouveau 
Théâtre de Bruxelles. Car on avait enfin compris la nécessité de 
construire une salle de spectacle plus digne de la capitale. Le Roi 
Guillaume I er fit reprendre les études commencées précédemment 
par de Wailly, sous le gouvernement autrichien, et poursuivies par 
les ordres de Napoléon I er . On confia à l'architecte Damesme l'exécu- 
tion des plans définitifs qui édifiaient le théâtre juste derrière le 
bâtiment construit par Bombarda. C'était l'emplacement de l'ancien 
couvent des Dominicains, choisi par de Wailly. 

Le premier coup de pioche fut donné le 9 mars 181 7. 



181 7-18. — Ouverture le 20 avril. 

Acteurs. 

MM. Desfossés, première haute-contre. 
Massin, jeunes premiers. 
Coriolis, première basse- taille. 
Paulin, premier comique. 
Valmore, premiers rôles. 
Delos, seconde haute-contre. 
Auguste, première basse-taille. 
Perceval, Crispin, Trial. 
Dubreuil, pères nobles. 
Linsel, Crispins, Trial. 
Marchand, troisième rôle. 
Darboville, Martin. 
Rambert, deuxième basse-taille. 
Lemoigne, troisième amoureux. 
Bordes, rôles de convenance. 
Folleville, pères nobles. 

Actrices. 

M mes Cazot, première chanteuse à roulades. 
Desbordes-Valmore, premiers rôles. 
Clarice Liedet, première soubrette. 
Montano, seconde soubrette. 
Roussellois, caractères, duègnes. 
Linsel-Mosso, mères nobles 
Ternaux aînée, seconde chanteuse. 

(1) De Manne et Ménétrier. Galerie historique de la Comédie-Française. 



150 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-1 



M mes Ternaux {Adélaïde), rôles de convenance. 
Betzy Linsel, 



rôles d'enfants. 
Fanny Linsel, 

Choeurs. 
Douze hommes. Douze femmes. 

Ballet 
MM. Hus, maître de ballets. 

Jacotin, ) 

^ > premiers danseurs, 

(JUDART, ) 

Calais, danseur comique. 

M raes Caroline Soissons, première danseuse. 
Adeline, seconde danseuse. 
Feltmann, mime. 
Sarrette, troisième danseuse. 

Dix figurants. Dix figurantes. Huit enfants 

Orchestre. 

MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
J. Borremans, sous-chef. 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier. 

MM. Dubus, régisseur. 

Eugène Hus, second régisseur. 

Le ballet était définitivement organisé, et, dès ce moment, il fait 
partie de toutes les troupes — prenant plus de développement, 
d'année en année. 

Valmore (François-Prosper Lanchantin), qui figure en qualité de 
premier rôle, avait joué au Théâtre Français, à côté de Talma et de 
M" e Raucourt. Il devint, en 1846, directeur de la Monnaie en asso- 
ciation avec Hanssens et Van Caneghem. Après avoir été employé 
à la Bibliothèque Nationale de Paris, il est mort à Clamart, le 
26 octobre 1881, laissant un nom des plus respectés, non seulement 
comme homme, mais comme érudit. Son fils, Ilippolyte Desbordes- 



Les Rosières, 3 actes, d'Herold ; — la Journée aux aventures, 3 actes, de Méhul. Artistes : 
Bordes, Delos, Perceval, Conolis, Grandvalet, Raymond, Cavalier, Timmermans, Mar- 
gery, M mes Landier, Ternaux, Léonore Laloi ; — la Corbeille aux fleurs, ou la fête des 
maris, divertissement allégorique; — Zélima ou la belle esclave, ballet-pantomime en 
2 actes, d'Oudart; — Wallace, ou le ménestrel écossais, 3 actes, de Catel ; — Saûl, opera- 
biblique en 3 actes, musique arrangée par Kalkbrenner et Lachnilz, d'après Haydn, 
Mozart, Cimarosa et Païsiello. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 151 

Valmore, chevalier de la Légion d'Honneur, ancien chef de bureau 
au Ministère de l'Instruction Publique, est un linguiste très dis- 
tingué. Il a traduit des poésies d'auteurs madgyars, flamands, 
polonais, etc. 

Valmore épousa, en arrivant à Bruxelles, sa camarade M llc Des- 
bordes. Celle-ci, dont nous avons signalé la première apparition sur 
notre scène pendant la campagne 1807- 1808, n'est autre que la 
célèbre Desbordes-Valmore, qu'Alexandre Dumas appelait « la 
plus femme des femmes-poètes ». Elle avait commencé par chanter à 
l'Opéra-Comique, sous les auspices de Grétry, dont elle avait reçu 
des conseils ; puis, ayant perdu la voix, elle se consacra à la comé- 
die et c'est dans ce dernier genre qu'elle se produisit à Bruxelles. 
Marceline-Félicité- Josèphe Desbordes, née à Douai, le 24 février 
1786, est morte à Paris, le 23 juillet 1859. 

Delos, qui avait parcouru la province avant d'aborder la scène de 
la Monnaie, chanta les ténors jusqu'en 1827, époque à laquelle il 
perdit aussi la voix. Mais, ses aptitudes scéniques ne lui permettant 
pas d'aborder la comédie, il se vit bientôt à bout de ressources, et la 
bienfaisance publique lui offrit un refuge pour le reste de ses jours. 
Il est mort à Bruxelles, le 25 décembre 1872. 

Parmi les représentations intéressantes, citons celle du 1 1 juin, 
au bénéfice de la petite Betzy Linsel, fille du comédien de ce nom. 
On y donnait, entre autres pièces : Le Petit Chaperon Rouge, opéra- 
vaudeville en un acte, de Gouget. Les rôles étaient remplis par 



30 avril, début malheureux de St-Ernest, Adolphe et Clara et Une heure de mariage ; — 
du i er mai, série de représentations de Saint-Félix, des Variétés, de Paris ; — 6 mai, début 
de Rambert, deuxième basse-taille, la Belle Arsène ; — 10 mai, début de M Ue Montano, les 
Prétendus, et Us Deux jaloux ; — 17 mai, début de Valmore ; — du 15 juin, sept repré- 
sentations de Ferdinand, premier danseur de l'Opéra de Paris ; — 6 août, début de 
M 1Ie Landier, le Tableau parlant, et le Petit matelot ; — 21 août, début de Delos, ténor, 
Biaise et Cadet ; — du 25 août, treize représentations de M me Gavaudan, de l'Opéra- 
Comique ; — du 24 septembre, cinq représentations de M me Th. Genetti, danseuse ita- 
lienne ; — 2 octobre, début de M Ue Auguste, élève du Conservatoire de Paris, n'ayant 
jamais joué ; — 5 octobre, concert de Lauro Prosperini, chanteur italien ; — du 28 octo- 
bre, trois représentations de M me Giacomelli, première chanteuse, Aline, reine de Gol- 
conde, le Billet de loterie, le Rossignol, Gulnare ; — 16 décembre, reprise du Trésor 
supposé, de Méhul. Artistes : Auguste, Delos, Linsel, M mes Landier, Ternaux ; — 24 décem- 
bre, Armand, des Variétés de Paris, et Mairet du Théâtre de Bordeaux, commencent une 
série de représentations, qui dure un mois ; — 30 décembre, reprise des Dettes, de 
Champein ; — 7 janvier, quatrième représentation d'Aristippe, grand-opéra en 2 actes, 
de R. Kreutzer ; — 21 janvier, ren'rée de M me Bousigue, Adolphe et Clara, le Diable à 
quatre ; — 3 avril, Lays, de l'Opéra, Anacrèon ; — 14 avril, Saint-Charles, de passage, 
joue François I er dans Françoise de Foix. 



i 5 2 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18, 



les enfants de la troupe, le petit Bordas (Derville), Betzy Linsel 
(le Chaperon Rouge), et Fanny Linsel (Mère-Grand). Ces jeunes 
acteurs dansèrent un pas de deux et une allemande. 

Betzy Linsel (Marie Péguchet) naquit à Lyon, le 29 novembre 
1807. Elle avait donc neuf ans et demi. Elle épousa, à Bruxelles, en 
1825, Louis-Michel Jannin, chanteur à la Monnaie. 

Fanny Linsel (Françoise Péguchet) était née à Lyon, le 3 octo- 
bre 1804. Nous la trouvons à Anvers (1827) et à Bruxelles (1828) 
en qualité de première chanteuse. Elle épousa, le 3 octobre 1822, 
le ténor Delos, et mourut à Molenbeek-Saint-Jean (faubourg de 
Bruxelles), le 6 juillet 1830. 

Compte-rendu de la représentation du 7 septembre : 

Hier, LL. MM. le Roi et la Reine, accompagnés de S. M. le Roi de Prusse, voyageant sous 
le nom de comte de Ruppin, et arrivé la veille au palais de Laeken, se sont rendus au spec- 
tacle, où sont arrivés successivement LL. AA. RR. le prince et la princesse d'Orange, le 
prince Frédéric des Pays-Bas et le prince royal de Prusse. Tous ces illustres personnages 
ont été accueillis par des applaudissements vifs et prolongés. Dans le Roi et le fermier^ 
M. Darboville, qui remplissait le rôle de Richard, s'étant tourné vers la loge de LL. MM., à 
l'instant où il porte à son hôte la santé du roi, cette allusion a été saisie avec enthousiasme, 
et le public a fait répéter ces mots, qui ont été suivis d'acclamations redoublées. 

La Reine, le Prince et la Princesse d'Orange assistent, le 23 octo- 
bre, à la première représentation de Joanny, de la Comédie-Fran- 
çaise, dans Coriolan. Ce tragédien joua son répertoire jusqu'au 
11 décembre. Lors de son départ, il reçut du prince d'Orange un 
rouleau de cinquante pièces de vingt francs, « comme marque du 
plaisir qu'il lui avait fait éprouver », et donna son adhésion à un 
spectacle de bienfaisance, qui eut lieu le 6 février, et pour lequel 
il revint de Hollande. 

Le 4 janvier 1818, première représentation d'une pièce indigène : 
le Jeune satyrique, comédie en trois actes, et en vers, de M. Rou- 
cher. En voici la distribution : 

Emile (le satyrique) MM. Valmore. 

Le comte de Valmont Folleville. 

Le marquis de Choisy Marchand. 

Damis, poète Perceval. 

Victor, valet d'Emile Paulin. 

Julie, fille de M. Vajmont M me Valmore 

M me Granville, sœur de M. Valmont M lle Linsel. 

Le champ était ouvert aux œuvres de terroir. Quelques jours 
après, le 19, nous en voyons paraître une nouvelle : La Fête des 
daines, ou la journée du ig janvier, comédie lyrique historique en 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 153 

un acte, d'Eugène Hus, « dédiée aux dames de Bruxelles ». Presque 
tous les artistes y parurent; malgré une réussite complète, elle ne 
fut jouée que cette fois-là. 

Cependant, les trois administrateurs du théâtre avaient aban- 
donné leurs prérogatives : 

De Bruxelles, le 7 août 1817. — La société qui, pendant les quinze dernières années, a 
dirigé notre théâtre, vient de renoncer au privilège que S. M. lui avait accordé. Les pertes 
essuyées pendant cette période de temps, motivent, paraît-il, cette renonciation. Quoique 
cette société n'ait pas toujours répondu à ce qu'on pouvait attendre d'elle, il est juste 
d'avouer cependant qu'elle a quelque droit à notre reconnaissance ; nous lui devons depuis 
quinze ans une troupe permanente qu'elle n'a conservée qu'au prix de sacrifices que la 
fortune des actionnaires permettait, mais que des directeurs ordinaires n'auraient pu soute- 
nir. S. M. qui, dès l'année dernière, avait permis que le théâtre de Bruxelles prît le titre de 
Théâtre Royal, et les comédiens celui de Comédiens ordinaires du Roi, a chargé une 
commission, présidée par le maréchal de la Cour, de recevoir les soumissions qui seront 
faites pour obtenir le privilège de la direction du Théâtre Royal Si cette commission ne juge 
pas convenable d'admettre quelqu'une de ces soumissions, elle dirigera par elle-même, à dater 
du 20 avril 1818, l'administration de ce théâtre, et clans ce cas, les bénéfices seront partagés 
entre les artistes au prorata et en sus de leurs appointements ordinaires ; ces dispositions ont 
été réglées par S. M. dans un arrêté spécial, qui donne de plus à la commission royale les 
pouvoirs nécessaires pour contracter dès à présent des engagemens avec les artistes. Les 
lumières et le goût des membres de cette commission sont connus et offrent une garantie 
suffisante des soins qu'ils prendront pour s'acquitter dignement d'une mission qui intéresse 
si vivement nos plaisirs Nous pouvons donc espérer de voir bientôt le Théâtre de Bruxelles 
reprendre l'éclat et la réputation dont il brillait autrefois. 

Le 20 avril, le comte Cornet de Grez, le comte Vanderdilft et 
l'avocat Deswert aîné pour feu le baron d'Overschie, renoncent 
définitivement à la gestion qu'ils avaient prise, au nombre de 25 — 
le 8 février 1801. 

Avec cette administration se terminait également la régie de 
Dubus qui voulut se maintenir, mais qui ne put y parvenir, malgré 
l'appui de la presse. 



Répertoire des Théâtres de Bruxelles, de 180 1 à 18 18, 
pendant la direction des actionnaires. 

ABRÉVIATIONS. 

^ Amb. Ambigu-Comique. - C Cité. - G. Gaité. - G, 0. Grand-Opéra. - Ital. Italiens. - J.El. Jeunes- 
Élèves. - Mar. Marais- - Mol. Molière. - 0. Odéon. - 0. C. Opéra-Comique. - P te S. M. Porte-S'- 
Martin. - Th. Fr. Théâtre-Français. - Var. Variétés. - Var. Étr. Variétés-Étrangères. - Vaud. Vaudeville. 
Nota. — La date qui précède la pièce est celle de la première représentation à Bruxelles; celle qui la suit est 
la date de la première à Paris. 

Comédies en quatre et en cinq actes. 

1801. — 19 août, les Mœurs du jour, 5 a. v. Collin d'Harleville (Th. Fr. 26 juillet 1800) ; — 
27 octobre, Duhautcours, 5 a. pr. Picard (O. 6 août 1801); — 8 décembre, la Petite Ville, 
4 a. pr. Picard (0. 9 mai 1801). 



154 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 



1802. — 21 janvier, l'Entrée dans le monde, 5 a. v. Picard (O. 15 juin 1799); — 5 avril, 
les Provinciaux à Paris, 4 a. pr. Picard (O. 11 janvier 1802). 

1803. — 25 novembre, le Vieillard et les jeunes gens, 5 a. v. Collin d'Harleville 
(O. 4 juin 1803). 

1804. — 25 avril, la Suite du menteur, 4 a. v. P. Corneille, ret. Andrieux (O. 16 avril 1803) » 

— 20 juillet, la Prison militaire, 5 a. pr. Dupaty (O. 18 juillet 1803) î — 20 novembre, les 
Tracasseries, 4 a pr. Picard (O. 25 juin 1804) 

1805. — II avr ilj I e Trésor, 5 a. v. Andrieux (O. 28 janvier 1804); — 29 avril, le Tyran 
domestique, 5 a. v. A. Duval (Th. Fr. 16 février 1805); — 5 août, le Tartuffe de mœurs, 
5 a. v. Chéron (Th. Fr. 4 avril 1805). 

1806. — 27 janvier, la Noce sans mariage, 5 a. pr. Picard (O. 11 septembre 1805); — 
25 juillet, les Marionnettes, 5 a. pr. Picard (O. 14 mai 1806). 

1807. — 13 janvier, le Généreux vindicatif ', 5 a. v. Bourson. 

1808. — 5 juin, l'Assemblée de famille, 5 a. v. Riboutté (Th. Fr. 26 février 1808). 

1809. — 31 juillet, le Présomptueux, 5 a. v. Fabre d'Eglantine (Th. Fr. 7 janvier 1789); — 
3 décembre, le Fils par hasard, 5 a. pr. Chazet, Ourry (O. 7 septembre 1809). 

18(0. — 17 avril, le Faux Stanislas, 5 a pr. A. Duval (O. 28 novembre 1809) ; — 31 mai, 
l'Arcade de Molorido, 5 a. pr. Picard (O. 18 janvier 1810); — octobre, le Vieux fat, 
5 a. v. Collin d'Harleville (Th. Fr. 6 juin 1810) ; — 13 décembre, les Deux gendres, 
5 a. v. Etienne (Th. Fr. i i août 1810). 

181 1. — 3 janvier, la Nouvelle Cendrillon, 4 a. pr. Rougemont, Périn (O. 6 novembre 1810) ; 

— 27 octobre, la Vieille tante, 5 a pr. Picard (O. 28 mai 181 1). 

1816 — 27 novembre, le Chevalier de Canolle, 5 a. Souques (O. 27 mai 1816). 

1817. — 21 août, le Méfiant, 5 a. v. Dauberval. 

1818. — 9 mars, la Manie des grandeurs, 5 a. v. A. Duval (Th. Fr. 21 octobre 1817). 

Comédies en trois actes. 

1801. — 8 septembre, le Premier venu, pr. Vial (O. i er juin 1801); — 18 novembre, le 

Juge bienfaisant, pr. Puységur (O. 13 octobre 1797). 
1802. — 16 février, les Conjectures, v. Picard (Th. Fr. 7 mai 1795); — 2 décembre, le 

Portrait de Michel Cervantes, pr. Dieulafoi (O. 16 octobre 1802). 
1803. — 9 novembre, Hermann et Verner, pr. Favières (O. 17 mai 1803). 

1805. — Janvier, la Leçon conjugale, v. Sewrin, Chazet (Th. Fr. 5 novembre 1804); ~~ 
juin, le Menuisier de Livonie, pr. A. Duval (O. 9 mars 1805); — 7 juillet, le Vieux 
cousin, v. Léger (O. 10 février 1798); — septembre, Madame de Sévigné, pr Bouilly 
(Th. Fr. 6 juin 1805); — 26 décembre, Grimaldi, pr. Hoffmann (O. 29 juin 1805). 

1806. — Mars, les Filles à marier, pr. Picard (O. 11 décembre 1805); — 15 mai, l'Avocat, 
v. Roger (Tu. F». 12 mars 1806); — août, le Testament de l'oncle, v. Charlemagne 
(O. 15 mars 1806); — 3 octobre, la Jeunesse de Henri V^ pr A. Duval (Th. Fr. 
9 juin 1806); — décembre, le Voyageur fataliste, v. Charlemagne (O. 19 août 1806). 

1807. — 25 janvier, la Manie de briller, pr. Picard (O. 23 septembre 1807); — août, 
l'Espiègle et le dormeur, pr. Dumaniant (O. 28 juin 1806); — novembre, le Volage, pr. 
Caigniez (O. 24 septembre 1807); — décembre, Aurore, pr., trad. Saaûdem, par Bour- 
sault (V. Etr. 26 février 1807). 

1808. — Mars, le Portrait du duc, pr. Pain, Metz (O. 21 mai 1805); — mai, Plante, v. 
Lemercier (Tu Fr. 20 janvier 1808); — 7 juin, Ordre et Désordre, v. Sewrin, Chazet 
(O. 26 mars 1808). 

1809. — Janvier, les Querelles des deux frères, v. Collin d'Harleville (O. 17 novembre 1808) ; 
25 août, le Secret du ménage, v. Creuzé de Lesser (Tu Fr. 25 mai 1809); ~~ novembre, 
la Revanche, pr. Roger, Creuzc de Lesser (Th. Fr. 15 juillet 1809). 

1810. — Août, Jeunesse et Folie, pr. Pigault-Lebrun (O. 31 mai 1810). 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1801-18. 155 

181 1. — 29 juin, le Coureur d'héritages, v. Gensoul (O. 4 mai 1807). 

1812. — 23 janvier, la Femme de vingt ans, v. Dumaniant (O. 22 octobre 181 1). 

1814. — 9 janvier, la Nièce supposée, v. Planard (Tu. Fr. 22 septembre 1813). 

1815. — 9 février, Une journée à Versailles, G. Du val (O. 8 octobre 18 14) ; — 30 septem- 
bre, V Hymen se fera-t-il ou ne se fera-t-il pas? v. Bourson. 

1817- — 3 janvier le Médisant, v. Gosse (Tu. Fr. 23 septembre 1816); — 19 janvier, les 
Deux Philibert, Picard (O. 10 août 1816) ; — 29 avril, la Comédienne, v. Andrieux (Th. 
Fr. 6 mars 1816); — 25 juin, le Capitaine Belronde, Picard (O. 4 mars 181 7). 

1818. — 4 janvier, le Jeune satyrique, v. Roucher ; — 13 avril, V Homme gris, Daubigny, 
Poujol (O. 23 septembre 1817). 

Comédies en un et en deux actes. 

1802. — 10 mars, Défiance et malice, 1 a v. Dieulafoi (Th. Fr. 4 septembre 1801); — 
31 mai, le Pacha de Suresnes, 1 a., Etienne, Nanteuil (O. 31 mai 1802). 

1803. — 17 avril, le Duel impossible, 1 a pr. Martainville (O. 26 février 1803). 

1804 — 8 janvier, le Père d'occasion, 1 a. pr. Pain, Vieillard (O. 25 janvier 1803); — 
21 janvier, M. Musard, 1 a. pr. Picard (O. 23 novembre 1803) ; — février, le Vieux comé- 
dien, 1 a. pr. Picard (O. 19 septembre 1803); — février, l'Amour et la raison, 1 a. pr. 
Pigault-Lebrun (Th. Fr. 30 octobre 1790); — I er avril, // veut tout faire, 1 a. v. Collin 
d'Harleville (O. 11 février 1804); — 19 avril, Helvêtius, 1 a. v. Andrieux (O. 17 juin 
1802); — septembre, Molière avec ses amis, 1 a. v. Andrieux (Th Fr. 5 juillet 1804); — 
mai, la Cloison, 1 a pr. Laribarlière (O. 19 avril 1803); — ) UIT] j ^ es Questionneurs, 1 a. 
v. de Latresne (O. 28 avril 1804). 

1805. — I er avril, l'Acte de naissance, 1 a. pr. Picard (O. 21 octobre 1804); — décembre, 
Une heure d'absence, 1 a. v. Loraux(0. 3 octobre 1801). 

1806. — 5 janvier, le Projet singulier, 1 a. v. Gensoul (O. 23 mars 1805); — février, le 
Mari juge et partie, 1 a. v. Ourry, Chazet (O. 21 avril 1808), (cette pièce fut représentée à 
Bruxelles, d'origine). 

1807. — 15 avril, les Ricochets, 1 a. pr. Picard (0.15 janvier 1807) ; — juillet, le Parleur 
contrarié, 1 a. v. De Launay (Th. Fr. 3 janvier 1807); — 2 3 août, M. Beaufils, 5 a. pr. 
Jouy (O. 14 octobre 1806). 

1808. — 3 janvier, le Paravent, 1 a. v. Planard (Th. Fr. 12 décembre 1807) ; — janvier, les 
Souvenirs des premières amours, 1 a. pr. Caigniez (O. 26 octobre 1807); — 29 janvier, 
Brueys et Palaprat, 1 a. v. Etienne (Th. Fr. 28 novembre 1807); — 3 novembre, 
Shakespeare amoureux, 1 a v. A. Duval (Th. Fr. 2 janvier 1804). 

1809. — 29 janvier, Marton et Frontin, 1 a. pr. Dubois (O. 16 janvier 1804); — 21 décembre, 
les Oisifs, 1 a pr. Picard (O. 30 octobre 1809). 

1810. — 19 février, Molière chez Ninon, 1 a. v. Chazet, Dubois (O. 27 mars 1808); — 

juillet, Chambre à louer, 1 a. pr. Varez (Amb. 5 novembre 1808). 
181 1. — Mai, la Tapisserie, 1 a. pr. A Duval (O. i er mars 1808). 

181 3. — 25 avril, le Retour d'un croisé, 1 a. v. A. Duval (O. 27 septembre 1810). 
1815. — 9 avril, les Deux voisines, 1 a. v. Desaugiers, Gentil (Th. Fr. 4 février 1815). 

Drames et Mélodrames. 

1801. — 26 septembre, l'Enfant du malheur, 4 a. pr Cuvelier (Amb 29 mars 1797). 

1802. — i tr janvier, la Mort de Turenne, 3 a. pr. Bouilly, Cuvelier (C. 17 juin «797); — 
24 février, le Meunier de Saspach, 3 a. pr. Cuvelier (Amb. (?) 1800). 

1803. — 4 février, le Pèlerin blanc, 3 a pr. Pixérécourt (Amb. 6 avril 1801); — 20 février, 
la Femme à deux maris, 3 a. pr. Pixérécourt (Amb. 14 septembre 1802); — septembre, 
Clémence et Waldèmar, 3 a. pr. Volmcranges (P te S. M. 15 décembre 1806); — 
16 octobre, Gustave en Dalécarlie, 5 a. pr. La Martelière (Mar. 10 décembre 1802). 



156 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 801 -18. 



1804. — 20 janvier, Abelino, 3 a. pr. Chazel (M. (?) 1802); — ■ 20 janvier, la Mort du 
capitaine Cook, 4 a. Arnould (Amb. (?) octobre 1788) ; — 20 mai, Paméla mariée, 3 a. 
pr. Volméranges, Cubières(P te S. M. 9 avril 1804). 

1805. — Août, la Fausse marquise, 3 a. pr. Duboig, Gobert (P te S. M. 28 juin 1805). 

1806. — 3 mars, Tékèly, 3 a. pr. Pixérécourt (Amb. 29 décembre 1803) ; — novembre, les 
Frères à l'épreuve, 3 a. pr. Volméranges (P te S. M. 6 septembre 1806). 

1807. — 9 février, la Forteresse du Danube, 3 a pr. Pixérécourt (P te S. M. 3 janvier 1805); 

— avril, Frédéric à Spandau, 3 a. pr. Dorvo (P te S M. i er février 1806). 

1808. — Janvier, les Libellistes, 4 a. pr. Sôden, trad. par de Beaunoir (Var. Etr. 14 jan- 
vier 1807). 

1809. — 21 septembre, Monval et Sophie, 3 a. v. Aude (O. 12 juin 1869). 

181 1. — 21 mars, les Ruines de Babylone, 3 a. pr. Pixérécourt (G. 30 octobre 1810) ; — 

7 avril, la Servante de qualité, 3 a. pr. Volméranges (O. 11 décembre 1810). 

1812. — 23 mars, Robinson Crusoé, 3 a. pr. Pixérécourt (P ,e S. M. 2 octobre 1805) ; — 
septembre, Ccelina, 3 a. pr. Pixérécourt (Amb. 2 septembre 1800); — 21 septembre, 
Célestine et Faldoni, 3 a. pr. Hapdé (O. 16 juin 1812); — octobre, Fitz-Henri, 3 a. pr. 
R. Périn (J. El. 13 octobre 1803). 

1814. — 29 décembre, Edouard en Ecosse, 3 a. par Duval (Th. Fr. 18 février 1802). 

1815. — 22 août, Rome sauvée, 3 a. par « un habitant de cette ville ». 

1816. — 5 janvier, la Pie voleuse, 3 a. pr. Caigniez, Daubigny (P te S. M. 29 avril 181 5) ; 

— 15 mars, le Chien de Montargis, 3 a. pr. Pixérécourt (G. 18 juin 1814). 

181 7 — 3 mars, la Famille d'Anglade, 3 a. pr. Fournier, Dupetit-Méré (P te S. M. 11 jan- 
vier 1816) ; — 8 octobre, le Pont du coupe-gorge, ou l'héroïsme de l'enfance, 3 a. pr. ***. 

Vaudevilles. 

1803. — 13 avril, Pataquès, 1 a. pr. Martainville (Var. 30 septembre 1802); — 14 sep- 
tembre, Fanchon la vielleuse, 3 a. pr. Bouilly, Pain (Vaud. 19 mars 1803). 

1804. — 18 mars, la Tapisserie de la reine Mathilde, 1 a. pr. Barré, Radet, Desfontaines 
(Vaud. 14 janvier 1804). 

1806. — 7 février, l'Intrigue sur les toits, 1 a. pr. Dumersan (Var. I er avril 1805) '■> — 
octobre, les Deux pères, 2 a. pr. Dupaty (Vaud. 4 juin 1804) 

1807. — Janvier, la Laitière de Bercy, 2 a. pr. Sevvrin, Chazet (Vaud. 23 février 1805) ; — 
25 février, Agnès Sorel, 3 a. pr. Bouilly, Dupaty (Vaud. 19 avril 1806) ; — avril, Frosine, 
1 a. pr. Radet (Vaud. 15 décembre 1800); — 19 juillet, les Chevilles de maître Adam, 
1 a. pr. Francis, Moreau (Var. 28 décembre 1805); — octobre, la Jeune mère, 2 a. pr. 
Dupaty. (Vaud. (?) octobre 1805); — 21 octobre, la Famille des Innocents, 1 a. pr. 
Sewrin, Chazet (Var. 26 janvier 1807); — 23 novembre, l'Ile de la Mégalantropogénésie, 

I a. pr. Barré, Radet, Desfontaines, Dieulafoi (Vaud. 26 mai 1807). 

1808. — Février, les Petites marionnettes, 1 a. pr. Sevvrin, Chazet (Var. 27 septembre 
,806) ; — mars, Madame Favart, 1 a. pr. Moreau, Dumolard (Vaud. 22 décembre 1806); — 

II mars, Monsieur Vautour, 1 a. pr. Désaugiers, G Duval, Tournay (Var. 13 juin 1805); 

— mai, le Jaloux malade, 1 a. pr. Dupaty (Vaud. 29 janvier 1805). 

1809. — 3 avril, M. et M me Denis, 1 a. pr. Désaugiers, Rougemont (Var. 23 juin 1808); — 
5 juillet, le Petit courrier, 2 a. pr. Bouilly, Moreau (Vaud. 20 avril 1809); — 13 sep- 
tembre, Haine aux femmes, 1 a pr. Bouilly (Vaud. 23 février 1808). 

1810. — 9 avril, Lantara, 1 a. pr. Barre, Picard, Radet, Desfontaines (Vaud. 2 octobre 
1809); — août, la Marchande de modes, 1 a. pr. Jouy (Vaud. 13 janvier 1808); — 
25 octobre, le Procès du Fandango, 1 a. pr. Barré, Radet, Desfontaines (Vaud. 

8 mai 1809). 

1811. — Février, Coco Pépin, 1 a. pr. Sewrin, Chazet (Var. 29 décembre 1809); — mars, 
la Belle au bois dormant, 2 a. pr. Bouilly, Dumersan (Vaud. 20 février 181 1) ; — mai, la 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 157 

Cendrillon des écoles, 1 a. pr. Chazet, Dubois (Vaud. 10 novembre 1810); — 11 août, 
Rien de trop, 1 a. pr. Pain, Bouilly (Vaud .4 janvier 1808); — 21 octobre, Grivois la 
malice, v. 1 a. pr. Se\vrin(VAR. 14 août 1810). 

1812. — 9 janvier, les Habitants des Landes, 1 a. pr. Sevvrin (Var. 21 octobre 181 1) ; — 
23 janvier, l'Exil de Rochester, 1 a. pr. Moreau, Dumolard (Vaud. 5 octobre 181 1); — 
7 février, la Tasse de chocolat, 1 a. pr. Dieulafoi, Gersin (Vaud. 9 novembre 181 1); — 
15 mars, le Petit pêcheur, 1 a. pr. Dumersan, Sewrin (Var. 8 août 1810); — octobre, le 
Mariage de Dumollet, 1 a. pr. Desaugiers (Var. 18 janvier 1812); — 29 octobre, la 
Maison des fous, 1 a pr. Desaugiers (Var. (?) 1812); — novembre, la Petite Cendrillon y 
1. a. pr. Desaugiers, Gentil (Var. 12 novembre 1810) ; — 9 décembre, Ida, 2 a. pr. Radet 
(Vaud 19 décembre 1801). 

1813. — 17 janvier, Au feu, 1 a. pr. Dieulafoi, Gersin (Vaud. 27 décembre 1808); — 
17 mars, les Pages du duc de Vendôme, 1 a. pr. Dieulafoi, Gersin (Vaud. 17 juin 1807); 

— 9 octobre, le Petit Chaperon rouge, 1 a. pr. Dumersan (Var. 16 mars 181 1). 

1814. — 9 janvier, la Chevalière d'Eon, 1 a. pr. Ourry, Moreau (Vaud. 21 novembre 1812). 
1815. — 9 février, Pierrot, ou le diamant perdu, v. 2 a. pr. Desaugiers, Gentil (Vaud. 

11 mars 181 3) ; — 30 mars, Je l'aurais gagé, v. 1 a. pr. Hus. 

1816. — 27 décembre, le Dîner de Madelon, v. 1 a. pr. Desaugiers (Var. 15 mars 1816). 

1817. — 17 mars, les Anglaises pour rire, v. 1 a. pr. Sewrin, Dumersan (Var. 12 octobre 
1816); — 17 juillet, P. Momus au Parc, ou nous aussi, v. 1 a. pr. *** ; — 3 août, Un 
tour de Colatto, v. 1 a. pr. Moreau, Dumolard (Var. 15 juillet 1809); — 3 août, le Petit 
Chaperon rouge, v. 1 a. pr. Dumersan. (Var. 16 mars 181 1) ; — 17 août, le Solliciteur, 
v. 1 a. pr. Scribe, Dupin (Var. 7 avril 181 7) ; — 15 octobre, Encore un Pourceaugnac, 
v. 1 a. pr Scribe, Delestre (Vaud. 18 février 1817) ; — 7 décembre, le Comte Ory, 
v. 1 a. pr. Scribe, Delestre (Vaud. 16 décembre 1816); — 31 décembre, les Trois Fan- 
chon, v. 1 a. pr. Bonel, Jorre fils (G. (?) 1803). 

1818. — 16 janvier, Lagrange-Chancel, v. 1 a. pr. Sewrin, Chazet (Var. 22 novembre 
1808); — 20 février, la Maison en loterie, v. 1 a. pr. Picard, Radet (O. 8 décembre 181 7) ; 

— 25 février, le Petit enfant prodigue, v. 1 a. pr. Desaugiers, Gentil (Var. 31 décembre 
1813); — 26 février, la Robe de noce, v. 1 a. pr. Dieulafoi, Gouffé, Chazet (12 octobre 
1817); — 9 mars, M. Sans-Gêne, v. 1 a. pr. Desaugiers, Gentil (Vaud. 13 mai 1 8 1 6) ; — 
29 mars, le Petit dragon, v. 2 a. pr. Scribe, Delestre, Mélesville (Vaud. 18 septem- 
bre 181 7). 

Opéras. 

1801. — 6 mars, le Calife de Bagdad, 1 a. pr. Saint-Just. Boieldieu (Ital. 16 septembre 
1800) ; — 24 mars, Maison à vendre, 1 a. pr. A. Duval, Dalayrac (Ital. 23 octobre 1800); 

— 24 avril, le Délire, 1 a. pr. Réverony de St-Cyr, Berton (O. C. 7 décembre 1799); — 
3 mai, Chimène, 3 a. v. Guillard, Sacchini (O. 9 février 1804) ; — 20 juillet, le Trompeur 
trompé, 1 a. pr. Bernard- Valville, Gaveaux (O. C. 2 août 1800); — 20 juillet, le Trente 
et quarante, 1 a. pr. A Duval, Tarchi (O. C. 19 mai 1800); — 2 septembre, Ponce de 
Léon, 2 a. pr. Berton (P. et M.) (Ital. 15 mars 1797); — 2 novembre, V Auteur malgré 
lui, 1 a. pr. ***. Pauwels ; — 16 décembre, le Grand deuil, 1 a. pr. Vial, Etienne, 
Berton (O. C. 21 janvier 1801); — 26 décembre, les Pommiers et le moulin, 1 a. v. 
Forgeot, Lemoyne (G. O. 22 janvier 1790). 

1802. • — 9 avril, D'auberge en auberge, 3 a. pr. Dupaty, Tarchi (Ital. 26 avril 1800); — 
14 juin, Lèhéman, 3 a. pr. Marsollier, Dalayrac (O. C. 12 décembre 1801); — 6 juillet, 
l'Irato, 1 a. pr. Marsollier, Méhul (O. C. 18 février 1801); — 6 septembre, Une folie, 
2 a. pr. Bouilly, Méhul (O. C. 5 avril 1802). 

1803. — I er janvier, le Trésor supposé, 1 a. pr. Hoffmann, Méhul (O. C. 29 juillet 1802); — 
27 janvier, Ariodant, 3 a. pr. Hoffmann, Méhul (Ital. 10 octobre 1798); — 2 mars, la 



158 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1 801-18. 



Famille américaine, 1 a. pr. Bouilly. Dalayrac (O. C. 20 février 1796); — 10 mars, 
Anacréon chez Polycrate, 3 a. v. Guy, Grétry (G. O. 17 janvier 1797); — 18 mars, Ma 
Tante Aurore, 3 a. pr. Longchamps, Boieldieu (O. C. 15 janvier 1803); — 28 mars, 
Michel-Ange, 1 a. pr. Delrieu, Nicolo (O C. 12 décembre 1802); — 11 avril, la Suite 
de la Mélomanie, 1 a. pr. *** ; — 2 octobre, les Confidences, 2 a. pr. Jars, Nicolo (O. C. 
31 mars 1803) ; — 20 octobre, le Jockey, 1 a. pr. Hoffmann, Solié (O. C. 6 janvier 1796); 

— 9 novembre, le Concert interrompu, 1 a pr. Marsollier, Favières, Berton (O. C. 
31 mai 1802); — 25 novembre, Picaros et Diego, 1 a. pr. Dupaty, Dalayrac (O. C. 
3 mai 1803); — 11 décembre, Béniowski, 3 a. pr. A. Duval, Boieldieu (O. C. 8 juin 1800). 

1804. — 4 janvier, Aline, reine de Golconde, 3 a. Vial, Favières, Berton (O. C.,2 sep- 
tembre 1803); — janvier, le Locataire, 1 a. pr. Sewnn, Gaveaux. (Ital. 6 juillet 1800); — 
21 février, le Médecin turc, 1 a. pr. A. Gouffé, Villiers, Nicolo (O. C. 19 novembre 1803); 

— I er avril, V Habit du chevalier de Grammont, 1 acte d'Eler ; — 13 avril, Lèontine et 
Fonrose, 4 a. pr. Verteuil, Pauwels ; — 8 juin, la Romance, 1 a. pr. Loraux, Lesur, 
Berton (O. C. 26 janvier 1804); — 24 juin, le Diable couleur de rose, 1 a. pr. Lévrier 
Champ-Rion, Gaveaux (Mol. 23 octobre 1799) ; — I er août, une Heure de mariage, 1 a. pr. 
Etienne, Dalayrac (O. C. 20 mars 1804); — 19 août, Héléna, 3 a. pr. Bouilly, Méhul (O 
C. 1 er mars 1803); — 25 septembre, la Jeune Prude, 1 a. pr. Dupaty, Dalayrac (O. 
C. 14 janvier 1804); — I er octobre, le Petit page, 1 a pr. Pixérécourt, Kreutzer (O. C. 
14 février 1800); — 31 octobre, le Clapperman, 1 a. pr. ***, J. Borremans; — 12 novem- 
bre, Nephté, 3 a. v. (}), Lemoyne ; — 4 décembre, Corali, 1 a. pr. Grétry neveu, Bianchi. 
(Mol. 7 juillet 1804). 

1805. — 3 janvier, un Quart d'heure de silence, 1 a. pr. Guillet, Gaveaux (O. C. 9 juin 
1804); — 7 janvier, le Bouffe et le tailleur, 1 a. pr. Villiers, A. Gouffé, Gaveaux (Var 
21 juin 1804); — 18 janvier, Henri de Bavière, 3 a. pr. Léger, Du Tremblay, Deshayes 
(Mol. 22 août 1804) ; — 8 février, Avis aux femmes, 1 a. pr. Pixérécourt, Gaveaux (O. C. 
27 octobre 1804); — I er avril, Milton, 1 a. pr. Jouy, Dieulafoi, Spontini (O. C. 
26 novembre 1804); V Orage, 1 a. pr. Monnet, Foignet (Ital. (?) 1798); — 24 juin, 
l'Intrigue aux fenêtres, 1 a. pr. Dupaty, Nicolo (O. C. 7 janvier 1804); — 8 juillet, 
le Diable en vacances, 1 a, pr. Désaugiers, Bosquier-Gavaudan, Aubertin, Gaveaux 
(Var. 16 février 1805); — 15 août, Julie, ou le pot de fleurs, 1 a. pr. Jars, Fay, Spontini 
(O. C. 12 mars 1805); — 6 septembre, l'Officier cosaque, 1 a. Cuvelier, Barouillet, 
Gianella, Dumonchau (P te S. M. 8 avril 1803); — 27 septembre, Une aventure de Saint- 
Foix, 1 a. pr. A. Duval, Tarchi (O. C. 28 janvier 1802); — 8 décembre, Télémaque, 
3 a. v. Dercy, Lesueur (O. C. 10 mai 1796); — 22 décembre, la Jeune femme colère, 
1 a. v. Etienne, Boieldieu (O. C. 12 octobre 1812). 

1806. — 9 février, la Ruse inutile, 2 a. pr. Hoffmann, Nicolo (O. C. 30 mai 1805); l'Intri- 
gue sur les toits, 1 acte de XX ; — 21 février, le Grand-Père, 1 a. pr. Favières, Jadin 
(O. C. 14 octobre 1805); — 3 mars, les Prisonniers espagnols, 1 acte de XX; — 17 mars, 
Léonce, 2 a. pr. Marsollier, Nicolo (O. C 18 novembre 1805); — 11 avril, Gulistan, 
3 a. pr. Etienne, Lachabeaussière, Dalayrac (O. C. 30 septembre 1805); — 29 mai, 
M. Deschalumeau, 3 a. pr. Creuzé de Lesser, Gaveaux (O. C. 17 février, 1806); — 

23 juin, les Faux monnayeurs, 3 a. pr. Cuvelier, Gresnich (Var. I er mai 1797); — 
3 octobre, les Maris garçons, 1 a. pr. Gaugiran-Nanteuil, Berton (O. C. 15 juillet 1806); 

— 15 octobre, les Trois hussards, 2 a. pr. Favières, Champein (O. C. 26 juillet 1804); 

— 19 novembre, le Déjeuner de garçons, 1 a. pr. Creuzé de Lesser, Nicolo (O. C. 

24 avril 1806) ; — i er décembre, les Deux aveugles de Tolède, 1 a. pr. Marsollier, Méhul 
(O. C. 28 janvier 1806); — 7 décembre, Deux mots, 1 a. pr. Marsollier, Dalayrac (O. C. 
9 juin 1806) ; — 26 décembre, Gabrielle d'Estrèes, 3 a. pr. Saint-Just, Méhul (O. C 

25 juin 1806). 

1807. — 17 mars, Uthal, 1 a. v. Saint-Victor, Méhul (O. C. 17 mai 1806); — i er avril, 
Don Juan, 3 a. Thuring, Baillot, Mozart (G. O. 17 septembre 1805); — 15 avril, Avis au 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1801-18. 159 



public, 2 a. pr. Désaugiers, Piccini (O. C. 22 novembre 1806); — 31 mai, les Artistes 
par occasion, 1 a. pr. A. Duval, Catel (O. C. 22 février 1807); — 15 juin. François I er , 

2 a. v. Sewrin, Chazet, Kreutzer (O. C. 14 mars 1807) ; — 9 août, les Rendez-vous 
bourgeois, 1 a pr. Hoffmann, Nicolo (O. C. 9 mai 1807); — septembre, l'Opéra au 
village, 1 a. pr. Sewrin, Solié (O. C. 30 juillet 1807); — 1 7 septembre, le Vieux château, 
1 a. pr. A. Duval, Délia Maria (O. C. 16 mars 1798); — 7 octobre, l'Auberge de Bagnères, 

3 a. pr. Jalabert, Catel (O. C. 16 avril 1807); — 15 octobre, le Franc Breton, 1 a. pr. 
Dejaure, Kreutzer, Solié (Ital. 2 mars 1799); — 23 novembre, Ovinska, 3 a. pr. Ville- 
montez, Gaveaux(0. C. 20 décembre 1800); — 17 décembre, Lina, 3 a. pr. Révérony de 
St-Cyr, Dalayrac (O. C. 8 octobre 1807). 

1808. — 6 janvier, Joseph, 3 a. pr. A. Duval, Méhul (O. C. 17 février 1807); — 29 janvier, 
Point de bruit, 1 a. pr. Tournay, Thesigny, Doche (O C. (?) 1807); — 9 février, Koulouf, 
3 a. pr. Pixérécourt, Dalayrac (O. C. 18 décembre 1806); — 11 mars, Bion, 1 a. v. Hoff- 
mann, Méhul (O. C. 27 décembre 1800); — 23 mars, Délia et Verdikan, 1 a. pr. Elleviou, 
Berton (?) ; — i er mai, les Epoux avant le mariage, 1 a. pr. Désaugiers, Piccini (7 janvier 
1808) ; — juin, le Nouveau marié, ou les importuns, 1 a. pr. Cailhava, Ots; — 3 novem- 
bre, V Amant légataire, 1 a. pr. ***, Van Helmont; — 17 novembre, M 1Ie de Guise, 3 a. 
pr. Dupaty, Solié (O. C. 17 mars 1808) ; — novembre, les Fourberies, finesses et subti- 
lités de maître Pathelin, avocat, 3 a. pr. Patrat, Chartrain; — 23 novembre, Un jour à 
Paris, 3 a. pr. Etienne, Nicolo (O. C. 24 mai 1808); — 15 décembre, Nephtali, 3 a. 
Aignan, Blangini (G. O. 15 avril 1806); — décembre, l'Échelle de soie, 1 a. v. Planard, 
Gaveaux (O. C. 22 août 1808). 

1809. — 5 janvier, la Femme impromptu, 1 a. pr. Villiers, Borremans; — 9 janvier, Cima- 
rosa, 2 a. pr. Bouilly, Nicolo (O.C. 28 juin 1808); — 19 janvier, Ninon chez M me de Sévi- 
gnè, 1 a. v. Dupaty, Berton (O. C. 26 septembre 1808); — 2 février, Jadis et aujourd'hui, 
1 a. pr. Sewrin, Kreutzer (O. C. 3 octobre 1808); — 5 juin, Françoise de Foix, 3 a. pr. 
Bouilly, Dupaty, Berton (O. C. 2 février 1809) '■> — 2 3 J u i n > ^ Maître de chapelle, 3 a. pr. 
A. Duval, Strunz; — 5 juillet, le Petit courrier, 2 a. XX; — 9 août, Menzikoff et Feodor, 
3 a. pr. Lamartelière, Champein (O. C. 30 janvier 1808); — 3 septembre, la Rose blanche 
et la rose rouge, 3 a. pr. Pixérécourt, Gaveaux (O. C. 20 mars 1809); — 29 septembre, le 
Mariage par imprudence, 1 a. pr. Jouy, Dalvimare (O. C. 4 avril 1809); — 23 novembre, 
Brama, 1 a. XX; — 29 novembre, le Prix de la beauté, 1 a. XX; — 5 décembre, la 
Paix, 1 a. XX. 

1810. — 24 janvier, le Charme de la voix, 1 a. pr. Gaugiran-Nanteuil, Berton (O. C. 24 jan- 
vier 181 1); — 15 mars, la Vestale, 3 a. v. Jouy, Spontini (G. O. 11 décembre 1807); — 

9 avril, Lanlara, 1 a , XX; — 13 juin, Cendrillon, 3 a. pr. Etienne, Nicolo (O. C. 
22 février 1810); — 21 novembre, Jean et Geneviève, 1 a. pr. Favières, Solie (O. C. 

10 novembre 1792). 

181 1. — 5 mai, le Baiser et la quittance, 3 a. pr. Picard, Longchamps, Dieulafoi, Méhul, 
Kreutzer, Nicolo, Boieldieu (O. C. I er mai 1810); — 11 août, Rien de trop, ou les deux 
paravents, 1 a. pr. Pain, Boieldieu (O. C. 19 avril 181 1) ; — 27 décembre, le Poète et le 
musicien, 3 a. v. Dupaty, Dalayrac (O. C. 30 mai 181 1). 

1812. — 23 janvier, le Billet de loterie, 1 a. pr. Roger, Creuzé de Lesser, Nicolo (O. C. 
14 septembre 181 1) ; — 27 février, le Magicien sans magie, 2 a. pr. Roger, Creuzé de 
Lesser, Nicolo (O. C. 4 novembre 181 1) ; — 15 avril, F Homme sans façon, 3 a. pr Sewrin, 
Kreutzer (O. C. 7 janvier 1812) ; — 31 mai, Lulli et Quinault, 1 a pr. Gaugiran-Nanteuil, 
Nicolo (O. C. 27 février 1812) ; — 25 octobre, Ninette à la Cour, 2 a. v. Favart, Berton fils 
(O. C. 21 décembre 1811); — 9 décembre, Ida, ou VOrpheline de Berlin, 2 a. pr. 
M me Simons-Candeille (P. et M.) ; — 21 décembre 1812, Jean de Paris, 2 a. pr. Saint-Just, 
Boieldieu (O. C. 4 avril 181 2). 

1813. — 13 juillet, les Aubergistes de qualité, 3 a. pr. Jouy, Catel (O. C. 17 juin 1812); — 
19 septembre, la Chambre à coucher, 1 a. pr. Scribe, Guenée (O. C. 29 avril 181 3); — 



i6o Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18, 



13 octobre, le Nouveau Seigneur de village, 1 a. pr. Creuzé de Lesser, Favières, Boiel- 
dieu (O. C. le 29 juin 1 81 3) ; le Mari de circonstance, 1 a. pr. Planard, Plantade (O. C. 
18 mars 181 3) ; — 27 décembre, les Deux jaloux, 1. a pr. Vial, M me Gail (O. C. 
27 mars 181 3). 

1814. — 9 janvier, le Prince Troubadour, 1 a. pr. A. Duval, Méhul (O. C. 24 mai 181 3; — 
31 mars, Médée, 3 a. Sacchini; — 13 avril, le Diable à quatre, 3 a. Sedaine, Solié (O. C. 
30 novembre 1809); — 7 juillet, le Prince de Catane, 3 a. Castel, Nicolo (O. C. 4 mars 
1813); — 17 juillet, les Héritiers Michau, 1 a. Planard, Bochsa (O. C. 30 avril 1814); — 
21 décembre, l'Héritier de Paimfol, 3 a. Sewrin, Bochsa (O. C. 29 décembre 181 3). 

181 5. — 9 janvier, Joconde, 3 a. Etienne, Nicolo (O. C. 28 février 1 8 1 4) ; — 9 août, Félicie, 
3 a., Dupaty, Catruffo (O. C. 28 février 181 5) ; — 7 décembre, Jeannot et Collin, 3 a 
Etienne, Nicolo (O. C. 17 octobre 1814); — 31 décembre, le Procès, 1 a. Duval, comte 
d'Estourmel(0. C. 3 juin 181 5). 

1816. — 27 mars, le Règne de douze heures, 2 a. ***, Bruni (O. C. (?) 1815) ; — 26 octobre, 
Une journée du Czar, 1 a. Claparède, Berton ; — 31 octobre, /' Offrande à l'hymen, 
D'Auberval, J. Borremans; — 15 novembre, le Rossignol, 1 a. Etienne, Lebrun; — 
21 novembre, la Lettre de change, 1 a. Planard, Bochsa (O. C. 11 décembre 181 5) ; — 
27 décembre, la Fête du village voisin, 3 a. Sewrin, Boieldieu (O. C. 5 mars 1816). 

1817. — 3 mars, l'Une pour l'autre, 3 a. Etienne, Nicolo (O. C. 11 mai 1816); — 17 mars, 
Elisca, 3 a. Favières, Grétry (O. C. 5 mai 1812); — 17 juillet, les Rosières, 3 a. Théaulon, 
Herold (O. C. 27 janvier 181 7) ; — 27 novembre, la Journée aux aventures, 3 a. Capelle, 
Mézières, Méhul (O. C. 16 novembre 1816). 





Direction Gavaudan 



(1818-19) 




avaudan est nommé directeur-gérant sous la surveillance 
de la Commission Royale. La troupe qu'il réunit est ainsi 
composée : 



Acteurs. 
Messieurs : 

Massin, premiers rôles. 

Lemoigne, jeune premier. 

Dubreuil, père noble. 

Perlet, premier comique. 

Valmore, premiers rôles. 

Folleville, financiers. 

Marchand, troisièmes rôles. 

Perceval, ) 

T > seconds comiques. 

Linsel, ) 

Fradier, utilités. 



Chanteurs 
Messieurs : 
Desfossés, première haute-contre. 



Comédie et Tragédie. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Ribou, premier rôle. 
Desbordes-Valmore, jeune première 
Clarice, soubrette. 
Roussellois, caractères. 
Darboville, deuxième soubrette. 
Linsel-Mosso, deuxièmes caractères, 
Laloi, rôles de convenance. 



Opéra. 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Cazot, première chanteuse à roulades. 



Bousigue, jeune, 
Cousin Floricourt, 



deuxièmes hautes- 
contre. 



Lemesle, première chanteuse. 
Michelot, première Dugazon. 



11 



IÔ2 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 18 18-19. 



Bernard, première basse -taille. 

Darboville, Martin. 

Perceval, Laruette. 

Linsel, trial. 

Hubert, troisième basse-taille. 



Ternaux, aînée, seconde chanteuse. 
Roussellois, première duègne. 
Linsel-Mosso, deuxième duègne. 



Chœurs. 



Douze hommes. 



Douze femmes. 



Ballet 

Danseurs. 

Messieurs : 
Oudart, premier danseur, maîlre de ballets. 



Danseuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Adeline, première danseuse. 



Léon, premier danseur. 
Jacotin, deuxième danseur. 
Calais, danseur comique. 
Josse, deuxième danseur. 

Dix figurants. 



Léon, première danseuse. 
Oudart, deuxième danseuse. 
Feltmann-, mimes. 
Sarrette, troisième danseuse. 
Dix figurantes. Huit enfants. 



Orchestre. 

MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
J. Borremans, sous-chef. 

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. 
2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier 



29 avril, M rae Saqui et sa troupe ; — 6 mai, début de M lle Michelot, jeune première Dugazon ;— 
11 mai, début de M rae Lemesle, première chanteuse; — 14 mai, début d'Edouard Lafitte, 
Adolphe et Clara (Adolphe), et Ma Tante Aurore (Valsain) ; cinq représentations sans 
succès ; — 18 mai, début de Léon et de sa femme, premiers danseurs; — 23 mai, Alexis 
Coleuille, de passage, Un jour à Paris (Germeuil) ; — 31 mai, Bernard, première basse- 
taille et futur directeur du théâtre, Œdipe à Colone (OEdipe); — 12 juin, début de Hubert, 
basse-taille, le Diable à quatre; — 24 juin, début de Cousin-Floricour, deuxième 
haute-contre, Zoraïme et Zulnare (Mamir); — 29 juin, Henry « désirant se faire connaî- 
tre », le Nouveau Seigneur du village (Colin); — 3 juillet, concert de M lle Borghesi, canta- 
trice italienne ; — 8 juillet, concert de C. Buttinger, de Hurt, Raudenkolb, Deutz et Zaiser, 
artistes allemands « violoncelle, basson, flûte et chant » ; — 10 juillet, le Frère Philippe, 
1 acte, de Dourlen; — du 7 août, sept représentations de Juillet, du Théâtre Feydeau de 
Paris,. Alexis, Ma Tante Aurore, etc ; début de Bousigues dans les hautes-contre, Cen- 
drillon (Ramire); — du 8 septembre, sept représentations de Louis Nourrit, premier chan- 
teur de l'Académie Royale de Paris, Iphigènie en Aulide, la Vestale, la Caravane du Caire, 
le Devin de village, Didon, Richard Cœur-de-Lion, Orphée, Œdipe à Colone, Alceste ; — 
27 septembre, Belfort et Frontin, ou les coureurs d'aventures, 2 actes, de Devienne ; 
c'est l'ancienne pièce interdite : les Visitandines, et maintenant transformée pour les 
paroles; elle reparaîtra plus tard sous le titre de Pensionnat déjeunes demoiselles, puis 
sous celui-ci : les Français au Sérail ; — du 27 octobre, cinq représentations d'Anatole, 
de sa femme, née Gosselin et de M lle Gosselin cadette, danseurs de l'Académie royale de 
musique; — i er décembre, début de Léon, premier danseur, dans le ballet A Imaviva et 
Rosine ; — 7 et 11 décembre, concerts de Fabry-Garat, professeur de chant de Paris ; — 
23 décembre, la Sérénade, un acte, de M me Sophie Gail ; artistes : Perceval, Bousigues, 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 18 18-19. ! ^3 

M' ,e Michelot (Zélie-Marie-Thérèse), née à Nancy, le 2 février 1801, 
morte à Ixelles, le 3 mai 1822, avait révélé tout d'abord un talent 
des plus gracieux. Elle devint l'enfant gâtée du public, et sa fin 
prématurée affligea tout le monde. C'était la sœur des Michelot, 
dont l'aîné a été professeur au Conservatoire de Bruxelles. 

La première chanteuse, M mc Lemesle, seconde fille de M nie Rous- 
sellois, fit sa première apparition dans Didon, par le même rôle 
qui avait servi de début à sa mère, et y obtint un succès éclatant 
(11 mai 181 8). Elle fut pendant douze ans, de 18 18 à 1830, l'idole 
du public bruxellois, et lorsque M lle Dorus lui succéda dans les 
premières chanteuses légères, M me Lemesle prit l'emploi des fortes 
chanteuses. Plus tard, elle joua les duègnes à l'Opéra-Comique de 
Paris. Elle est morte à Rouen, le 6 juin 1848, à l'âge de 63 ans. 

Le 3 juin, M" e Mars, de la Comédie-Française, soulève un véri- 
table enthousiasme : on l'accable de pièces de vers. La célèbre tragé- 
dienne joua douze fois au prix — énorme, à ce moment-là, — de 
1 ,000 francs par cachet. 

Le mois suivant, M lle Georges donne neuf représentations, et ne 
parvient pas à faire oublier sa devancière. Elle voulait, avant de 
partir, consacrer une soirée au bénéfice des indigents, et elle écrivit 
à l'hospice de Sainte-Gertrude une lettre pour exprimer ce désir. En 
voici la réponse : 

L'Administrateur-Secrétaire de rétablissement de charité de Sainte-Gertrude, 
à mademoiselle George Weimer. 

Bruxelles, le i er août 1819. 

Pardon ! mille fois pardon, estimable demoiselle ! Le désagrément que nous avions 
essuyé de A/ Ue Mars, qui, quoiqu 'emportant une douzaine de mille francs de Bruxelles, 



Darboville, Bernard, Linsel, M mes Roussellois, Ternaux, Lemesle ; — du 12 janvier, deux 
représentations de M me Genetti, première danseuse ; — du 15 au 21 janvier, quatre concerts 
de Lafont, premier violon de la chambre de S. M. le roi de France; M me Lafont chante des 
duos avec son mari; les deux artistes avaient déjà donné un premier concert au Théâtre du 
Parc (8 janvier); — 17 janvier, reprise de Léhéman ou la tour de Neustadt, 3 actes, de 
Dalayrac; artistes : Bousigues, Bernard, Darboville, Perceval, Linsel, Dupuis, Margery, 
M œe Lemesle; — 27 janvier, le Petit Chaperon rouge, 3 actes, de Boieldieu ; anistes : 
Darboville, Bousigues, Bernard, Perceval, M raes Michelot et Cazot ; — 12 et 19 février, 
concerts d'Antoine-Nicolas-Marie Fontaine, violoniste (voir Biogr. Fétis, T. III, p. 288); 
cet artiste est mort à Saint-Cloud, à la fin d'avril 1866; — 4 mars, concert d'Hippolyte 
Larsonneur, violoniste âgé de 8 ans; — 9 mars, nouvelle apparition de Victor, accompagné 
de M me Charton, 10 représentations; — 30 mars, les Deux Créoles, ballet en 3 actes, de 
Darondeau, pour les débuts des jeunes élèves du premier ballet formé à Bruxelles par 
Eugène Hus; — du 13 avril, huit représentations de M me Gavaudan, du Théâtre Feydeau. 



164 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-19. 

n'avait pas trouvé dans ses vues de répondre à l'appel que nous lui avons adressé pour 
la prier de vouloir donner une représentation au bénéfice de nos deux établissemens de 
charité, nous avait, votre honorable lettre nous le fait sentir, fait commettre une injustice à 
votre égard. 

Nous avions pensé que les actrices célèbres de la capitale de la France ne partageaient 
pas les sentimens de bienfaisance dont ses acteurs, justement estimés, nous avaient donnés 
des preuves à différentes époques, tout en embellissant notre scène. Veuillez, Mademoiselle, 
en recevoir nos excuses bien sincères et croire que nous et nos compatriotes en général, 
saurons apprécier votre louable et charitable action. Quant à l'ouvrage que votre bon cœur 
destine au soulagement des indigens, nous devons le laisser à votre choix. 

Agréez l'assurance des sentimens de gratitude et de respect de celui qui a l'honneur 
d'être, mademoiselle, votre très-humble et très-affectionné serviteur. 

MlCHIELS DE HEYN. 

Paulin fait ses adieux au public dans le rôle de Crispin du 
Légataire Universel, le 20 juillet 1818. Cet artiste était considéré 
comme le doyen des comédiens de son emploi; il était depuis 54 ans 
au théâtre, et depuis quatorze, à la Monnaie. Ses qualités person- 
nelles et ses longs succès justifient les regrets solennels que lui a 
témoignés le public de Bruxelles (1). 

Le surlendemain, début de Perlet dans les Fourberies de Scapin. 
Adrien Perlet, fils d'Etienne Perlet, artiste, et d'Anne-Marie Ber- 
trand, naquit à Marseille, le 27 janvier 1795. ^ débute à la Comédie- 
Française, parcourt la province, et entre au Théâtre du Gymnase. 
Toutes les années il allait jouer à Londres, où il était largement 
rétribué, et il mourut très riche, le 20 décembre 1850. 

Le danseur Jacotin, ayant quitté furtivement Bruxelles, en 
dépit de ses engagements, l'administration lui intenta un procès. 
Jacotin fut condamné, par défaut, à payer toutes les avances qui 
lui avaient été faites, plus une année d'appointements et les frais. 
Mais Jacotin court encore... 

Mees, la basse-taille, venait de mourir à Varsovie, âgé de 61 ans. 
La nouvelle affligea longuement le personnel et les amateurs du 
théâtre. Ses obsèques avaient eu lieu avec la plus grande pompe; 
tout ce que la capitale de la Pologne comptait de notabilités y avait 
assisté, — en tête, le Grand-Duc Constantin. On rapporte même 
que ce dernier avait donné l'ordre à l'un de ses aides de camp 
de le prévenir à la fin du service funèbre ; qu'à ce moment il 
monta en voiture, joignit le cortège, et, passant près du cercueil, 
se découvrit, afin, disait-il, de faire un dernier adieu à un brave 
homme, ce qui montre la haute considération dont jouissait Mees, 

( 1 ) Indicateur général des Spectacles. Paris 1 8 1 9. 












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Le Théâtre de la Monnaie. — 1 818-19. 167 

dans la société polonaise. Le Théâtre-Français de Varsovie, dont 
il était directeur, et le Théâtre-Polonais furent fermés le jour des 
obsèques. 

Le 6 novembre, avait eu lieu une représentation de gala en l'hon- 
neur de l'Impératrice douairière de Russie. Toute la famille royale 
accompagnait ses hôtes. Plus de quinze cents personnes restèrent à 
la porte du théâtre, n'ayant pu trouver de places — inde irœ. 

Lorsque LL. MM. passent la soirée dans une loge d'avant-scène, le directeur du théâtre 
croirait manquer aux convenances, s'il ne placardait dans les rues que la salle doit être 
éclairée en bougies par ordre ; sur-tout si cet éclairage en cire, ordonné, se réduisait à vingt- 
quatre bougies, usées avant la fin d'un second acte, fixées dans de mal-propres bobèches, et 
dont les fumerons incommodent successivement toutes les loges, tandis que des gouttes de 
suif tachent les habits et les schales aux parties latérales du parterre. Le charlatanisme d'an- 
nonces déplacées n'est point nécessaire pour attirer le public au spectacle, quand il sait que 
le chef de l'Etat et le prince, espoir de sa grande famille, doivent s'y rendre. Un temps d'été, 
qui caractérise cette automne, favorisait l'empressement des amateurs, dont la foule était 
extraordinaire. Ils pouvaient, sans le moindre inconvénient, attendre à l'ignoble entrée d'un 
théâtre indigne des grands personnages qui venaient lui donner de l'éclat, qu'il plût 
à MM. les régisseurs d'ouvrir un battant de la porte contre laquelle les dames et les curieux 
s'écrasaient à l'envi. En vérité, on est tenté de croire qu'il y a anathème contre tout ce qui 
tient à ce pauvre théâtre La police même, dont les moindres agens ont leurs entrées au 
spectacle, encore qu'ils soient assez nombreux, et qu'un seul commissaire de quartier pût 
suffire pour veiller au maintien de la tranquillité publique, en un lieu où se réunissent d'hon- 
nêtes gens, la police n'aurait-elle pas dû veiller à ce que le désordre n'empoisonnât point 
nos plaisirs. Est-il ici hors de ses attributions de faire qu'on ne s'écrase et qu'on ne 
s'assomme à l'entrée des lieux publics ? A Paris, où, quoiqu'on en dise, il faut chercher le 
modèle de tout ce qui a rapport au spectacle, la police est rendue de bonne heure à l'entrée 
des théâtres où l'on suppose que se portera la foule ; elle y dispose le public de façon à ce 
que les avenues des bureaux ne soient pas encombrées. C'est une chose merveilleuse que de 
voir jusqu'à six mille personnes à la porte de l'Opéra, dans des rues assez embarrassées, 
arriver, prendre place à la queue, recevoir un billet à leur tour, s'écouler et se placer en fort 
peu de temps, sans qu'il y ait de robes déchirées, de chapeaux perclus, ni de montres volées, 
ce qui est arrivé avant-hier soir sous nos yeux... 

On choisissait mal le moment pour récriminer ainsi, quand le 
nouveau théâtre était en construction. 

Le 10 mai, avait paru un arrêté fixant les conditions de l'emprunt 
fait au sujet de l'édification du monument. 

Art. 3. Nul ne pourra obtenir la concession du droit d'abonnement d'une loge, à moins 
qu'il ne souscrive l'obligation de verser dans la caisse communale, à titre de prêt, savoir : 

Pour une loge de huit personnes, au premier ou deuxième rang, 2000 florins. 

Pour une loge de huit, au troisième rang ou au rez-de-chaussée, 1000 florins. 

Pour une loge de huit, au quatrième rang, 500 florins. 

Ces sommes seront versées en quatre termes égaux, au jo juin, 31 août, 31 octobre 
et 31 décembre 1818. 



i68 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1818-19. 



Elles porteront intérêt à 4 p. c. et seront remboursables, par sixièmes, au I er décembre de 
chacune des années 1819 à 1825 inclusivement. 

Les travaux se poursuivaient avec ardeur. Les espérances fondées 
sur la nouvelle salle vont bientôt se réaliser, et Bruxelles sera doté 
d'un théâtre plus digne de la capitale. 





Direction Bernard 



(1819-23) 




avaudan a quitté la direction, Bernard, la basse-taille, est 
mis à la tête du théâtre, sous la surveillance de la Com- 
mission Royale. 
Ouverture, le 21 avril. 



Acteurs 



Messieurs : 
Massin, premiers rôles. 
Bouchez, jeunes premiers. 
Lemoigne, deuxièmes et troisièmes amoureux 
Folleville, pères nobles. 
Dubreuil, financiers. 
Bourdais, des financiers et des comiques. 
Perlet, premiers comiques. 
Linsel, deuxièmes comiques. 
Bosselet, troisièmes rôles. 
Cauvin, deuxièmes pères et utilités. 



Comédie. 

Actrices . 

Mesdames et Mesdemoiselles 
Ribou, premiers rôles. 



Petipa, jeunes premières. 

Roussellois, caractères et mères nobles. 

Clarice, soubrettes. 

Linsel-Mosso, deuxièmes caractères 

Darboville, deuxièmes soubrettes. 

Dutrieux, 

Laloi, 



troisièmes amoureuses. 



Chanteurs. 

Messieurs : 
Desfossés, premières hautes-contre. 



Opéra. 

Chanteuses . 

Mesdames et Mesdemoiselles 
Lemesle, première chanteuse. 



Bouzigue, jeune, deuxièmes hautes-contre. Cazot, première chanteuse à roulades. 



170 



Le Théâtre de la {Monnaie — 1819-23. 



Vidal, Philippe. 

Darboville, Martin, Lays 

Bernard, première basse-taille. 

Chaudoir, basses-tailles comiques, tabliers. 

Hubert, deuxièmes basses-iailles. 

Perceval, Laruette. 

Linsel, Trial. 

Châtelain, Philippe et seigneurs. 

DUVERNAY, FuRVH.LE, MlCHELOT, KeRCKHOVEN 

et Margery, coryphées. 



Michelot, jeune Dugazon. 
Roussellois, rôles à baguette, duègnes. 
Linsel-Mosso, deuxièmes duègnes. 

DUTRIEL'X, 
SlMONNET, 



deuxièmes amoureuses. 



Chœurs. 



Quinze hommes 



Quinze femmes. 



Ballet. 



Danseurs 
Messieurs : 

Petipa, premier danseur, maître de ballets. 
Eugène Hus, deuxième maître de ballets 
Desplaces, deuxième danseur. 
Calais, danseur comique. 
Josse, troisième danseur. 

Douze figurants. 



Danseuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lesueur, première danseuse en tous genres. 
Adeline, première danseuse, demi-caractère. 
Feltmann, deuxième danseuse. 
Sarrette, troisième danseuse. 
Oudart, coryphée. 

Douze figurantes. Douze enfants. 



Orchestre. 

MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
J. Borremans, sous-chef. 

6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2' flûtes. — 2 hautbois. — 
2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles . - 2 contre-basses. — 2 trom- 
pettes. — 1 timbalier. 

M. Brochard, régisseur. 

Marin Bosselet, père de Charles Bosselet, se destinait d'abord à 
l'état ecclésiastique; mais 89 arriva, qui le mit dans l'obligation de 
se rendre sous les drapeaux. Quatre ans plus tard, ses goûts avaient 
changé, et il entra au théâtre. Il buvait volontiers, et un journaliste 
le félicitait un jour de passer avec tant d'aisance du grave au doux, 
faisant allusion à l'estaminet de la rue de l'Ecuyer appelé : An Doux. 



30 avril, début de Bosselet et de Cauvin dans Tartuffe ; — du I er mai, sept nouvelles repré- 
sentations de Victor et M me Charton ; — 2 mai, début de Bousigues cadet, des seconds 
ténors, Cendrillon; — 6 mai, début de Chaudoir, basse-taille, la Fausse magie; — m mai, 
début de M lle Simonet, Tableau parlant, la Mèlomanie; — 13 mai, début de Vidal, des 
seconds ténors, Richard Cœur -de-Lion, le Prisonnier ; — 20 mai, début de M lle Lesueur, 
de Petipa et de Desplaces, danseurs, dans le ballet Almaviva et Rosine; début de 
M lle Dutrieux, le Prisonnier (Rosine). 







A 



Mademoiselle LESUEUR 

après l'avoir vu jouer le rôle 

de Cendrillon, dans le ballet de ce nom, 

le 2Q août 1823. 



C'est en vain qu'opérant cent miracles divers, 

La Cendrillon des rives de la Seine, (*) 
Par un charme enchanteur trompe, séduit, entraîne, 
Et fixe sur ses pas les yeux de l'univers ; 
Une autre Cendrillon, mais non moins séduisante, 
Plus aimable cent fois et plus intéressante, 
En ces lieux par sa grâce, à nos regards surpris, 
Sur sa fière rivale a remporté le prix. 



Oui, pour ravir nos yeux, l'adroite Terpsichore, 
Nous offre ici ce qu'elle a d'enchanteur; 
.Mais, sous les traits de Lesueur, 
Son art s'embellit encore ! 

O Lesueur! comme tu sais charmer! 
Tu donnes à la danse une grâce nouvelle ! 
Tout change autour de toi, tout semble s'animer, 

Et d'une façon naturelle 
Tu peins les seniimenis que tu veux exprimer! 

Parais-tu? le public admire 
Et ta démarche aisée et ton noble maintien; 
Chaque pas que tu fais a l'art de le séduire : 

A ta gloire il ne manque rien. 

Achève, Lesueur, mérite les hommages 
D'un public éclairé qui semble te chérir; 

Sur ton chemin t'attendent les suffrages; 

Ta riante carrière est belle à parcourir! 
Mais, quoi que ton talent nous donne, 

Quoi que ton art acquière encore d'attrait, 
Aimable Lesueur, ton triomphe est complet, 
Tu ne peux ajouter de fleurs à ta couronne. 

ROMAINVILLE. 

(Journal de Bruxelles. N° 217. Jeudi 4 septembre 182.?.) 

N. B. Cette photogravure, d'après un dessin du peintre J.-J. Ecckout, représente M" Lesueur sous le costume 

de Vénus. 
(*) M Ue Bigottini. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1819-23. 171 

M" c Lesueur (de son vrai nom Marie Lesieur) naquit à Paris 
en 1800. Sa fortune a été doublement brillante : au théâtre d'abord, 
puis dans le monde, par son mariage avec M. Van Gobbelschroy, 
ministre de l'Intérieur sous le roi Guillaume I er des Pays-Bas. La 
danseuse avait une grâce séduisante et une certaine crânerie, qui 
faisait dire d'elle ce qu'on appliquait autrefois à la Raucourt : 
« encore un peu, et la nature en faisait un homme ». La tête n'était 
pas absolument belle, mais le corps était une perfection; aussi le 
fameux peintre David en fit-il son modèle pour le tableau de Mars 
désarmé par Vénus. Devenue veuve depuis quarante ans, M me la 
douairière Van Gobbelschroy, aujourd'hui nonagénaire, vit retirée, 
à Bruxelles, se livrant à des œuvres de propagande religieuse, avec 
non moins d'ardeur qu'autrefois la danseuse en mettait dans ses 
pirouettes et ses jetés-battus. 

M lle Sophie-Euphrosine Dutrieux était née à Dunkerque, le 
26 mai 1805. Elle abandonna l'opéra pour la comédie, et se maria, 
à Bruxelles, avec le jeune premier Pierre-Honoré Lemoigne, qui 
devint directeur du Théâtre de la Monnaie en 1838. 

Enfin, nous arrivons au grand événement qu on attendait avec 
tant d'impatience. 

L'INAUGURATION DU NOUVEAU THÉÂTRE 



De Bruxelles, le 26 mai 1819. — L'inauguration de notre nouveau Théâtre-Royal s'est 
faite hier avec toute la pompe et l'éclat que commandait cette solennité théâtrale. Dès 
quatre heures, les bureaux étaient assaillis par la foule empressée et impatiente de jouir de ce 
beau spectacle ; cependant, lorsque les plus pressés eurent trouvé place, il en restait encore 
pour ceux qui, n'éprouvant pas la même impatience, sont venus plus tard. La salle était 
pleine sans encombrement ; sa vaste étendue offre d'ailleurs la ressource d'admettre un 
nombre considérable de spectateurs. Le spectacle se composait d'un prologue inaugural, 
intitulé : Momus à la nouvelle salle, de la composition de M. Bernard, orné de danses et de 
chant, et de la Caravane du Caire, opéra de Grétry. L'administration avait choisi pour cette 
circonstance un opéra dont la musique fût de la composition d'un artiste belge. A sept 
heures, S. A. R. le prince d'Orange et S. A. I. son auguste épouse sont entrés dans leur 
magnifique loge; S. M. le roi a paru bientôt après dans la sienne, avec S. M. la reine et 
S. A. R. le prince Frédéric des Pays-Bas. A l'arrivée de ces augustes personnages, la 
salle a retenti des plus nombreuses et des plus vives acclamations. La toile étant levée, le 
théâtre a présenté une décoration charmante, représentant l'intérieur d'un palais, orné de 
colonnes figurant le marbre, et parfaitement en harmonie avec la salle. Le public a exprimé 
toute sa satisfaction par ses applaudissements réitérés et en appelant à grands cris l'archi- 
tecte Damesme, pour lui payer un juste tribut d'éloges ; mais M. l'architecte, sans doute par 
cette modestie qui accompagne toujours le vrai mérite, n'a pas cru devoir se prêter aux 
désirs du public, dont l'attention a été bientôt captivée par d'autres objets. Le prologue, dont 
toutes les parties et les détails semblaient rivaliser pour exciter l'enthousiasme national, a 
produit le plus grand effet. Cette petite pièce de circonstance est semée de couplets pleins 



FAC-SIMILE DE L'AFFICHE DU 25 MAI. 




OUVERTURE 

DE LA NOUVELLE SALLE. 



REPRÉSENTATION EXTRAORDINAIRE. 
Les Comédiens ordinaires du ROI 

Donneront , aujourd'hui Mardi , 25 Mai 1819 (billets et 
entrées de faveur généralement supprimés) , 

LA CARAVANE 

DU CAIBE, 

Grand- Opéra en 3 actes , et à grand spectacle , de 
Morel , musique de Grétry orné d* 

UN DIVERTISSEMENT, 

Dont les principales entrées seront exécutées par les premiers 

sujeis de la danse. 

Le spectacle commencera par 

MOMUS 

A LA NOUVELLE SALLE, 

Prologue d'inauguration en un acte et en vaudeville, 

terminé par 

UN DIVERTISSEMENT NOUVEAU, 

Composé par Mr. PETIPA. 

DISTRIBUTION. 
Momus , Mrs. Bourdaîs. 

L'Opéra-Comique , D'Arboville. 

Le Mélodrame, Perceval. 

Un Directeur de spectacle , Bernard. 

Deux Acteurs , Linselet Chaudoir, 

Thalie , Mad. Leinesle, 

Suite dé Thalie, de l'Opéra - Comique , Jeux, Ris et 

Plaisirs, etc. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1819-23. 173 



d'esprit, de sel, et quelques-uns même d'une fine plaisanterie, qui a beaucoup égayé le 
public. La plupart de ces couplets ont été redemandés avec transport et répétés au milieu des 
plus bruyants applaudissements; tels sont ceux qui expriment si bien l'amour que les Belges 
portent à leur auguste monarque et à la famille royale, et dont les refrains se terminent par 
vive le roi! vive la reine! vivent le prince et la princesse! vive le prince grand-maître! On 
a remarqué un charmant couplet adressé à Grétry et un autre à l'architecte ; ils ont égale- 
ment obtenu les honneurs du bis. Des danses, exécutées par M. Petipa et les premiers sujets, 
ainsi qu'un ravissant coup de théâtre, ont terminé cette fête inaugurale, qui a enlevé tous les 
suffrages. Le public n'a pas été moins satisfait de la représentation de la Caravane du Caire : 
M. Petipa y a ajouté un divertissement nouveau, dont le charme était encore rehaussé par le 
prestige de changemens fréquens et à vue des décorations. 

Quant à la salle, qui, comme nous l'avons dit dans notre numéro du 17, est d'une extrême 
beauté, elle est aussi favorable a la voix qu'à la musique. Nous nous étions réservé alors de 
juger de son effet à la première représentation à salle pleine : celle d'hier a décidé la ques- 
tion. Quelques personnes ont cru observer, cependant, qu'elle n'est pas aussi avantageuse au 
dialogue qu'au chant et à la musique. Du reste, elle n'est pas exempte de quelques défauts, 
parce que rien de parfait ne sort de la main des hommes. On lui reproche la hauteur exces- 
sive des loges, surtout celles du premier rang. Il en résulte un vide fâcheux, qui jettera du 
froid sur le spectacle, quand même la salle serait bien garnie : on se demande s'il n'eût pas 
été plus convenable de ménager l'espace de manière à faire un rang de loges de plus, en 
supprimant la galerie, ou bien si, en la conservant, il n'eût pas mieux valu donner moins 
d'élévation aux loges; ce qui aurait donné aux spectateurs des troisièmes et quatrièmes 
l'avantage de mieux voir et de mieux entendre. On croit aussi que les décorations sont un 
peu courtes pour la hauteur de la scène et qu'on est obligé de remplir le vide au moyen 
d'amples draperies. Au surplus, ces imperfections, fussent-elles bien réelles, ne nuiraient 
point à l'ensemble, qui est vraiment, magnifique et digne de la capitale d'un royaume floris- 
sant ; c'est un monument qui fait le plus grand honneur à son architecte. 



Après le spectacle d'inauguration, on retourne à l'ancien théâtre, 
où l'on joue encore le 26, le 28 et le 29 mai. Le 27 et le 31, il y eut 
deux représentations extraordinaires à la nouvelle salle, et le i er juin 
on s'y installa définitivement. 

On s'empressa de démolir le théâtre Bombarda, que les proprié- 
taires cédèrent au prix de 200,000 francs, et dont les matériaux 



23 et 28 juillet, concert de Baermann, première clarinette de S. M. le roi de Bavière ; — du 
17 août, cinq représentations de M Ue Delatre, ex-pensionnaire de la Comédie-Française; 

— 8 septembre, concert de François Czerwenka, premier hautbois de l'empereur de Russie ; 

— 14 octobre, M lle Chapuis « désirant se faire connaître » débute dans Louise des Rendez- 
vous bourgeois; — 22-25 novembre, concert des frères Bohrer, qui avaient déjà paru à 
Bruxelles en 181 5 ; — 13 janvier et 3 février, concert d'Alexandre Boucher, se disant pre- 
mier violon « a solo » du feu roi Charles IV, et de sa femme Céleste Boucher, pianiste et 
harpiste ; — 26 janvier, Louis Spohr, violoniste, et sa femme, harpiste ; — du 3 mars, six 
représentations de Louis Nourrit et Prévost, artistes de l'Opéra de Paris : Iphigénie en 
Aulide, la Vestale, Alceste, les Bayadères ; — 6 avril, une représentation de Victor ; — 
7 avril, M me Petit, de l'Odéon, dans Mérope ; — 9 avril, rentrée de Perlet; — 17 avril, 
dernière représentation de M Ue Ribou. 



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Le Théâtre de la tMonn.ùe. — 1819-23. 175 

produisirent la somme de 26,100 florins des Pays-Bas, soit 
55,238 francs. 

En même temps, un nouveau règlement sur le spectacle fut 
élaboré. Il comprenait, entre autres prescriptions, celles de commen- 
cer du i er avril au i er octobre à sept heures du soir, et du i cr octobre 
au i cr avril à six heures et demie, pour finir invariablement à dix 
heures et demie ; de remettre à la Régence, tous les samedis, le 
spectacle de la semaine suivante ; d'afficher les représentations la 
veille du jour où elles devaient avoir lieu; en outre, il était défendu 
de jeter et de lire des billets sur la scène. 

Parmi les soirées qui inaugurèrent la nouvelle salle et terminè- 
rent la saison, il faut encore citer celle d'un prestidigitateur : 
Chalou-Maffry. Après la séance, « il arrêta avec la main un boulet 
de canon lancé par une pièce de quatre! » 

Dubus avait été en butte aux insinuations les plus malveillantes. 
Afin de se disculper, il écrivit une lettre que nous n'hésitons pas à 
reproduire in extenso, car elle est d'une importance considérable 
pour lhistoire du Théâtre de la Monnaie. 

J -A. Dubus a ses concitoyens, 

Messieurs, à ma grande surprise, et bien innocemment de ma part, on m'a fait intervenir, 
il y a cinq semaines, dans les différends qui paraissent depuis quelque temps agiter le théâtre 
royal. 

Malade depuis près de cinq mois, je le suis encore, mais alors assez dangereusement, je 
n'ai pu repousser qu'avec des armes affaiblies l'attaque inconsidérée dirigée contre moi, dans 
laquelle on semblait infirmera la fois et ma gestion, et même, si j'ose le dire, ma probité. 

Me justifier à la fois de ces deux inculpations simultanées me sera chose facile ; il me suffira 
pour cela d'invoquer simplement les faits et de faire parler en ma faveur les témoignages de 
ces mêmes organes qui, lorsque j'étais en fonctions, s'exprimaient ainsi sur mon compte : 

Extrait du premier volume, page 305, du Mercure belge (décembre 1817), imprimé chez 
Weissenbruch, éditeur-propriétaire dudit Mercure belge etdu Journal général des Pays-Bas, 
où se trouve inséré, en date du 6 août dernier, l'article signé H..., auquel je réponds. 

M. Dubus, en reprenant les rênes du gouvernement qu'il avait administré à la satisfaction 
générale, durant dix années consécutives, a cru qu'il se devait à lui-même, ainsi qu'au public, 
un exposé franc des moyens qu'il allait mettre en œuvre pour opérer sur notre théâtre royal 
les changemens les plus nécessaires. La lettre imprimée, qui contenait le sommaire de ces 
promesses, était à peine sous les yeux des amateurs, qu'une foule d'ouvrages depuis longtemps 
délaissés, ont reparu sur les affiches. M. Dubus a crié : Fiat lux, comme l'Etre puissant qui 
figure d'une manière sublime au chapitre premier de la Genèse, et à la voix de M. Dubus, 
la lumière fut faite aussitôt; le résultat inattendu, produit par le zèle et la bonne volonté du 
nouveau régisseur, est propre à rassurer les esprits chagrins qui, sur la foi de nos observa- 
tions précédentes, auraient cru le théâtre de Bruxelles à son déclin. Que sera-ce donc quand 
M. Dubus, revenu du voyage qu'il entreprend dans l'intérêt du public, lui ramènera, selon 
ses propres expressions « un sujet d'ui talent agréable, et qui sera au courant du réper- 
toire ». Si j'ai porté l'alarme chez les amis de Thalie par un tableau fidèlement tracé de l'état 



176 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1819-23. 

actuel des choses, si j'ai menacé de ranimadversion générale les mandataires de nos plaisirs, 
il est de mon devoir de consoler aujourd'hui les uns et de rendre justice aux autres, etc. 

Etat des principaux artistes engagés par moi pendant ma gestion. 

Messieurs Lagarenne, Madinier, Durand, Brion, Juclié, Massin, Garnier, Bourson, Fol- 
leville, Dubreuil, Calland, Armand-Verteuil, Paulin, Desfossés, Fay, Rolland, Brice, 
Hurtaux, Campenhout, Darius, Ansoult, Eugène aîné, Eugène cadet t Coriolis, Perceval, 
Linsel. Floricourt, Brochard père. 

Mesdames Roussellois, Fay, Deschazelles, Berteau, Hyacinthe, Burger, Bousigue, Saint- 
Albin, Decroix, Gouget-Borremans, Juclié, Ribou, Desbordes-Valmore, Morland, Lobé- 
Chapus, Vanloo, Sabatier, Sainte-Suzanne, Letellier. 

Artistes de Paris, venus en représentation à Bruxelles . 

Messieurs Fleury, Talma, Monvel, Saint-Fal, Dugazon, Clozel, Joanny, Martin, 
Lays, Huet. 

Mesdames Contât, Talma, Raucourt, Thénard, Lesage-Haubert. 

Artistes-musiciens. 

Messieurs Garât, Steibelt, Frédéric Duvernoy, Dalvimare, Delcambre, Rode, Kreutzer, 
Lafont, Bouchez, Lemoine^z/s, Mozin, Drouet. 

Permettez-moi d'ajouter à l'appui de ces faits irrécusables, l'honorable attestation de mes- 
sieurs les actionnaires, laquelle répond, je pense, beaucoup mieux que je ne pourrais le faire 
moi-même, aux diverses inculpations dont on s'est plu à me gratifier, j'ignore dans quelle 
intention. 

Honoré, pendant ma longue gestion, de l'indulgence publique, ce n'est pas depuis que j'en 
ai été éloigné que j'ai pu démériter de ceux qui me dénigrent aujourd'hui. Les faits parlent; 
qu'ils soient mes juges; je ne crois pas devoir ajouter autre chose à ma justification. 

Je suis avec respect, 

J -A. Dubus, natif de Bruxelles, 
Ex-régisseur du théâtre royal sous l'ancienne administration. 

Bruxelles, le 29 septembre 1819. 

Suit l'attestation des actionnaires qui vantent la probité, le zèle, 
l'intelligence, l'activité de Dubus. 

La clôture de Tannée théâtrale eut lieu le 20 avril. Bernard, par 
un retour aux anciennes traditions, adressa un compliment au 
public. 



1820-21. — Bernard forme, pour sa deuxième année, une troupe 
spéciale destinée à desservir le théâtre du Parc, et il la place sous la 
gestion d'Armand. Voici celle de la Monnaie. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1819-23. 



177 



Comédie et 



Acteurs. 



Messieurs : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Bouchez, jeunes premiers. 

Lemoigne, seconds amoureux. 

Bernard, premiers rôles tragiques. 

Folleville, pères nobles. 

Dubreuil, financiers. 

Bosselet, troisièmes rôles, raisonneurs. 

Perlet, premier comique. 

Bourdais, premier comique et des financiers. 

Linsel, second comique, Poisson. 

Cauvin, seconds pères, grandes utilités. 

Gondouin, utilités, seconds pères. 

Legrand, second comique, grandes utilités. 



Tragédie. 

Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles Ricquier, premiers rôles en tous 

genres. 
Petipa, jeune première. 
Linsel, mère noble. 
Roussellois, caractères. 
Clarice, première soubrette. 
Darboville, secondes amoureuses, secondes 

soubrettes. 
Dutrieux, troisièmes amoureuses, utilités. 



Chanteurs. 
Messieurs : 

Desfossés première haute-contre. 

Delos, seconde haute-contre. 

Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan. 

Darboville, Martin, Lays, Solié. 

Bernard 

Chaudoir, 

Gondouin, seconde et troisième basse-taille. 

Perceval, Juillet, Laruette. 

Linsel, Trial. 

Legrand, jeune Trial, troisième amoureux. 

Dupuis, grands coryphées, utilités. 



Opéra. 

Chanteuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Lemesle, forte première chanteuse. 



première basse-taille. 



Cazot, première chanteuse à roulades. 
Michelot, Dugazon, Saint-Aubin. 
Roussellois, première duègne, mère Duga- 
zon. 
Dutrieux, troisièmes amoureuses. 
Mariée, deuxième chanteuse. 



Chœurs. 



Quinze hommes, 



Danseurs. 



Quinze femmes. 



Ballet. 



Messieurs : 
Petipa, maître de ballets, premier danseur. 
Hus, second maître de ballets, mimes. 
Desplaces, second danseur. 
Josse, troisième danseur. 
Calais, danseur comique. 



Danseuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles 

Lesueur, première danseuse. 
Adeline, seconde danseuse. 
Feltmann, troisième danseuse. 
Sarrette, coryphée. 



Douze figurants. 



Douze figurantes. 
Orchestre. 



Douze enfants. 



MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
Davril, sous-chef. 



12 



Le Théâtre de la {Monnaie. 1819-23 



6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 cla- 
rinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 
1 lambalier. 

M. Brochard, régis c eur. 

Chaudoir rompit son engagement, le 2<j avril, et fut remplacé par 
Margaillan. Celui-ci parut à différentes reprises sur la scène de la 
Monnaie, dirigea ensuite le théâtre de Gand, où il fit exécuter une 
pièce dont il était l'auteur, et mourut à Anvers (février 1846). 

Les représentations extraordinaires furent nombreuses. Au com- 
mencement de la saison, Talma, après une absence de neuf ans, 
reparaît — cette fois, avec M. mc Gros. Il est inutile d'ajouter que cet 
événement artistique attira la foule. 

Pendant le mois d'août, Monrose, le célèbre valet du Théâtre- 
Français, vient à Bruxelles pour la première fois. Il joue le Mariage 
de Figaro, les Originaux, le Barbier de Séville, l'Etourdi, les 
Fausses Confidences, le Grondeur. Le grand comédien fut lobjet 
d'une ovation triomphale. 

M Ue Leverd, de la Comédie Française, donne, à dater du 14 sep- 
tembre, cinq représentations. Pour ses adieux, elle dansa une alle- 
mande avec Petipa et M" c Lesueur, dans un divertissement ; ses 
débuts modestes comme coryphée de la danse, à l'Opéra, expliquent 
ce fait bien caractéristique pour un premier sujet de comédie. Elle 
avait chanté, le 17, le rôle de Clara dans 1 opéra de ce nom. C'était, 
certes, une artiste merveilleusement douée. 



21 avril, M lle Mariée débute clans l'emploi de troisième et deuxième chanteuse, les Deux 
Savoyards; — 27 avril, début de Gondouin, deuxième et troisième basse-taille, dans la 
Belle Arsène; — 2 mai, première apparition u'Edouard, les Philippe, les Gavaudan, 
Montano et Stéphanie; — 8 mai, rentrée de Delos dans les Colins, Elleviou : Valsain de 
Ma Tante Aurore; — première apparition de M lle Fran ville, forte seconde chanteuse; 
Ma Tante Aurore; — 15 mai, Charles Ricquier et sa femme, premiers rôles, débutent 
dans le Misanthrope ; — 25 juin, M Ue Linsel, aînée, « désirant s'essayer », débute dans 
Tisbé de Cendrillon ; début de Ricquier, jeune, troisième danseur ; — 4 juillet, Leroux, 
du Théâtre-Feydeau, dans Joseph; — du 15 au 22 juillet, quatre représentations de 
M" e Duchesnois, de la Comédie-Française, succès ; — 8 août, Liboras, élève du Conserva- 
toire de Paris, passant à Bruxelles, joue Polynice dans Œdipe à Colone; — 2.\ août, 
Invocation en rhonneur de la fête du Roi, paroles de M me Desbordes-Valmore, musique 
de Cardon, première flûte de l'orchestre; ce morceau fut chanté par Desfossés, Margaillan 
et liernard; le spectacle était complété par : Catherine, ou la belle fermière, comédie, 
Laurenzo et Floretta, ballet, et le Bouffe et le Tailleur, opéra; — du i er au 10 septembre, 
cinq représentations de Lafont, du Théâtre-Français de Paris, qui donna successivement 
les pièces suivantes -.Zaïre (i er septembre), le Cid (3 septembre), Adélaïde du Guesclin 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1819-23. 179 



Relâche, le 29 décembre : incendie au palais du prince d'Orange. 

Le théâtre reste encore fermé du 10 au 14 janvier : décès de la 
Reine douairière, mère du Roi. 

A l'anniversaire de la naissance de Grétry (n février), une 
magnifique soirée comprenait : L'Épreuve Villageoise — i cr acte 
de Richard Cœur-de-Lion — I er acte de la Fausse Magie — 2 me acte 
de la Caravane du Caire, et couronnement du buste de l'aimable 
compositeur par tous les artistes de la troupe. 

Cet hommage suggéra à Roucourt l'idée d'une souscription pour 
élever un monument à la mémoire de Grétry, mais ce projet ne fut 
pas mis à exécution. 

Le 19 mars, « première » de Guillaume 7 er , tragédie en 5 actes, du 
crû, en l'honneur de la Maison d'Orange. Cette pièce, dont l'auteur 
est M. Alvin, et qui obtint un immense succès, présente une parti- 
cularité : elle ne comporte aucun rôle de femme. 

Guillaume I er , prince d'Orange et de Nassau, premier stathouder 

de Hollande . MM. Bernard. 

Terranova, ambassadeur d'Espagne Charles. 

Marnix de Sainte-Aldegonde, ami de Guillaume Bouchez. 

Barnevelt, grand-pensionnaire, membre des Etats Folleville. 

Maurice, fils de Guillaume Lemoigne. 

Alvar, général espagnol Bosselet. 

Hormidas, ami de Barnevelt, membre des Etats Cauvin. 

Alfrénus, membre des États, du parti espagnol Hubert. 

Hitman, membre des Etats, du parti des républicains purs . . . Alphonse. 

Devos, membre des Etats Gondouin. 

Gérard Edouard. 



(5 septembre), Tancrède (7 septembre), l'Amant bourru (7 septembre), Iphigénie en 
Aulide (10 septembre), Pygmalien (10 septembre); — dans cette dernière pièce, 
M Ue Lesueur rempUt le rôle de Galathée. — Mazilly, premier comique, débuta, le 
6 septembre, dans le Billet de Loterie (Frontin); son second début eut lieu le 8, dans 
Strabon de Démocrite amoureux, et le troisième, le 11, dans les Fourberies de Scapin 
(Scapin). — Gavaudan, ancien directeur de la Monnaie et acteur célèbre de l'Opéra- 
Comique de Paris, vint, avec M me Perrin, du Vaudeville, à dater du 18 octobre, donner 
quatre spectacles composés des pièces tirées du répertoire de ces deux scènes. — Lavi- 
gne, artiste du Grand-Opéra, joue à la Monnaie, à dater du 21 novembre : Œdipe à 
Colone (Polynice), 21 novembre, la Vestale (Licinius), 23 novembre, Didon, reine de 
Carthage (Enée), 27 novembre, le Devin de village (Colin), 29 novembre, les Prétendus 
(Valère), 29 novembre, Iphigénie en Aulide (Achille), I er décembre ; en outre, dans chaque 
soirée, il chanta plusieurs romances; — 29 janvier, pour le bénéfice de M Ue Lemesle, 
Lavigne, de l'Opéra, joue Admète, à'Akeste, et chante deux romances; — 13 février, 
Vobaron, du Conservatoire de Paris, exécute, pendant les*entr'actes, plusieurs morceaux 
de sa composition sur le violon et le trombone. 



i8o 



Le Théâtre de la {Monnaie — 1819-23. 



Edelman, capitaine des gardes de Guillaume 

Sturman, messager d'Etat 

Un officier 



MM Darboville. 
Dupuis. 
Legrand. 



C'est pendant cette brillante saison que mourut, à Paris, M Ue Mon- 
tansier, l'ancienne directrice du Théâtre de la Monnaie. 
Clôture, le 30 mars. 

1821-22. — Pour cet exercice, Bernard désigne une partie du 
personnel qui devait jouer, le samedi, au Théâtre du Parc. 

Ouverture, le 24 avril, par le Secret dit Ménage, comédie, et Œdipe 
à Colone, opéra. 

Comédie et Tragédie. 

Acteurs. Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Charles Ricquier, premiers rôles. 



Messieurs : 
Charles Ricquier, premier rôle. 
Bouchez, jeunes premiers. 
Lemoigne, seconds amoureux. 
Bernard, premiers rôles tragiques 
Folleville, pères nobles. 
Dubreuil, financiers. 
Bosselet, troisièmes rôles. 
Mazilly, premier comique. 
Linsel, seconds comiques 
Cauvin, seconds pères. 
Chapuis fils, utilités. 



Chanteurs. 



Petipa, jeune première 
Linsel-Mosso, mères nobles 
Roussellois, caractères. 
Clarice, soubrette. 
Darboville, deuxième amoureuse. 
Dutrieux, troisième amoureuse. 



Messieurs : 
Desfossls, première haute-contre. 
Delos, deuxième haute-contre. 
Edouard Bruillon, Philippe. 
Darboville, Martin 

Eugène (Ordinaire), première basse-taille. 
Margaillan, première basse-taille. 
Hubert, deuxième basse-taille 
Perceval, Laruette. 
Linsel, Trial. 
Prudhomme, jeune Trial. 
Dupuis, coryphée. 



Opéra. 

Chanteuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Lemesle, forte première chanteuse. 



Cazot, première chanteuse à roulades 
Michelot, première Dugazon. 
Fanny Linsel, deuxième chanteuse. 
Roussellois, première duègne. 
Dutrieux, troisième amoureuse 






Chœurs. 



Quinze hommes. 



Quinze femmes. 



deuxièmes danseuses, 
troisièmes danseuses. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1819-23. 181 

Ballet. 

Danseurs. Danseuses. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Petipa, maître de ballets, premier danseur. Lesueur, première danseuse. 

Hus, second maître de ballets, mimes. Adeline, 

Desplaces, deuxième danseur. Battier, 

Antoine Ricquier, troisième dan c eur. Feltmann, 

Calais, danseur comique. Lavancour, 
Courier, mimes. 

Douze figurants. Douze figurantes. Douze enfants. 

Orchestre. 

MM. Ch. RORREMANS, maître de musique. 
Davril, sous-chef. 

6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clari- 
nettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 
1 timbalier. 

M. Brochard, ré2;i seur. 

Les pièces indigènes commençaient à apparaître. Le 15 juillet, 
<( première » de l'Heure du rendez-vous, opéra en un acte, paroles 
et musique du baron de Peellaert, sous le voile de l'anonyme. 

Le 3 janvier suivant, la Toison d'or, ou le dite de Bourgogne, 
opéra-comique en 3 actes, paroles du baron de Reiffenberg, musique 
de H. Messemaekers. 



24 avril, Eugène (Ordinaire), qui avait précédemment fait partie de la troupe, débute par le 
rôle d'OEdipe ; — du 3 mai au 6 juillet, vingt-deux représentations de Talma ; — 
14 et 18 mai, les quatre chanteurs de Vienne exécutent des morceaux sans accompagne- 
ment ; — 10 juillet, Benoni débute en qualité de premier et deuxième danseur, dans les 
Jeux d'Eglé; — du 17 juillet, onze représentations de M llc Mars, la célèbre comédienne du 
Théâtre-Français ; — 28 juillet, un chanteur nommé Bultel, passant par Bruxelles, joue le 
rôle d'Alibour dans Euphrosine, opéra de Méhul ; il paraît encore, le I er août, dans Œdipe 
à Colone (Thésée) ; cet artiste, qui tenait l'emploi des Martin, avait appartenu aux 
théâtres de Lille et d'Amsterdam ; — 21 août, 77 maestro di capella, par Darboville, Fon- 
taine et Peronnet; — 6 septembre, Darboville joue seul l'intermède bouffe italien : El 
Calzolare innamorato; — du 19 septembre, six représentations de M me Volnais, actrice 
du Théâtre-Français ; elle joue successivement : la Mère coupable (comtesse Almaviva), 
le 19 septembre; Madame de Sévigné, dans la pièce de ce nom, le 23 septembre; Tan- 
crède (Amenaïde), le 25 septembre; le Dissipateur (Julie), le 27 septembre; le Mariage 
de Figaro (Suzanne), le 30 septembre; Esther dans la tragédie de Racine, le 2 octobre; 
— 26 septembre, Rosambeau, dans Camille (Marcelin), opéra de Dalayrac, et le Rossi- 
gnol (Mathurin), opéra de Lebrun ; — du 4 octobre, quatre représentations de Saint- 
Eugène, sociétaire de la Comédie-Française; — 30 novembre, début, comme trial, de 
Prudhomme, comédien de la troupe; — 24 février, Monsieur Deschalumeaux, de Creuzé 
de Lesser et Gaveaux, est transformé en ballet par Petipa ; — 26 mars, concert des sœurs 
Corri, cantatrices à l'Opéra de Londres. 



182 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1819-23. 

Ces deux pièces ne furent jouées qu'une fois. 

La Naissance de Vénus et de V Amour : tel est le titre d'un ballet 
composé par Petipa. M lle Lesueur représentait Vénus, et le fils de 
l'auteur, âgé de 5 ans, jouait le rôle de Y Amour. 

L'une des plus belles recettes de l'année fut celle que produisit le 
spectacle du jeudi 7 mars : Léontine et Elisa Eay, après quelques 
représentations, faisaient leurs adieux au public dans Cendrillon, 
opéra de Nicolo, et le Mariage enfantin, vaudeville de Scribe. On 
atteignit le chiffre de 2,600 francs, ce qui arrivait rarement, et les 
deux charmantes actrices furent l'objet de flatteuses démonstrations. 

Depuis la domination française, il existait sur les recettes un droit 
prélevé au profit des pauvres. Il fut supprimé, le 24 août, par un 
arrêté royal décrétant cet article : 

Le droit d'indigents actuellement perçu sur toutes les représentations théâtrales et autres 
divertissements, sera considéré comme étant supprimé, aussitôt qu'il aura été remplacé par 
les impositions locales ci-dessous désignées, et, dans tous les cas, au plus tard, le 
i er avril 1822. 

C'était un allégement considérable pour les frais généraux du 
théâtre. 

Le 26 octobre, M lle Petit faisait son troisième début dans Jeanne 
d'Arc. Des sifflets violents se firent entendre, au lever du rideau. 
Un témoin a fait le récit de cette soirée : 

Mademoiselle Petit devait paraître hier soir pour sa troisième représentation, dans la tra- 
gédie de Jeanne d'Arc à Rouen. Jamais plus belle cabale n'avait été concertée. Aussitôt que 
le directeur, qui jouait un rôle dans la pièce, parut sur le théâtre, des sifflets partirent de 
tous les points de la salle ; sans s'effrayer de ce bruit aigu, il voulut, mais vainement, 
prendre la parole et faire tête à l'orage. De toute part, on criait : Plus de tragédies; des 
comédies, des opéras; un bon répertoire ; que le Grand-Théâtre ne soit point sacrifié aux 
spéculations de la salle du Parc. La plus vive agitation régnait dans la salle ; enfin, on s'est 
vu forcé de souscrire aux vœux des spectateurs : la comédie de V Avocat a été jouée en rem- 
placement de Jeanne d'Arc, Il est juste d'ajouter que ce n'est point contre mademoiselle 
Petit, cause bien innocente de ce trouble, que le mécontentement a éclaté ; en effet, cette 
actrice est tout à fait étrangère aux petites intrigues des coulisses. 

Au reste, les soirées tumultueuses n'étaient pas rares ; une repré- 
sentation de Phèdre amena les plus grands désordres ; la presse était 
hostile à la direction, et, comme toujours, les malheureux acteurs 
supportaient ces témoignages de mauvaise humeur dont ils étaient 
innocents. 

En cette année, S. Exe. Van Gobbelschroy, ministre de l'inté- 
rieur, fut chargé de présenter un projet de pension pour les corné- 



Le Théâtre de la ^Monnaie. 



1819-23 



183 



diens qui, par leur talent et leurs qualités sociales, s'en seraient 
montrés dignes, après un certain séjour au théâtre de la Monnaie, 
le chiffre de la pension étant proportionné aux appointements et aux 
années de service. Les premiers fonds de réserve devaient être 
formés par une augmentation imposée sur les prix de l'abonnement ; 
tous les ans, on donnerait des concerts et des spectacles au bénéfice 
de la caisse de retraite. La gérance des fonds était confiée à la Com- 
mission Royale chargée de les recueillir et de les faire fructifier, sous 
la direction générale du Gouvernement. 

Il faut dire que les comédiens de Bruxelles jouissaient, à juste 
titre, du plus grand crédit, et ne rappelaient en rien, dans leur vie 
privée, leurs devanciers du xvm e siècle. La presse étrangère s'occu- 
pait même d eux dans les meilleurs termes : 

Les arts y trouvent (à Bruxelles) une protection dégagée de toute prévention politique, et, 
par conséquent, plus impartiale, plus encourageante et plus glorieuse que celle qu'ils 
obtiennent dans les villes les plus renommées de l'Europe. L'art théâtral y jouit d'une consi- 
dération qui rejaillit sur les comédiens, dont la conduite privée justifie cette honorable 
exception Un acteur, et même une actrice, dont les mœurs vicieuses seraient d'un mauvais 
exemple, ne demeureraient pas longtemps parmi les comédiens (1). 



1822-23. — Ouverture, le 24 avril. 

La troupe exploita les deux théâtres, sans personnel distinct pour 
chacun d eux : 



Comédie et Tragédie. 



Acteurs 

Messieurs : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Bouchez, jeunes premiers. 

Lemoigne, deuxième amoureux. 

Bernard, premier rôle tragique. 

Folleville, père noble. 

Duval, ) ., 

> financiers. 
Dubreuil, J 

Bosselet, troisièmes rôles. 

Tiste, premier comique. 

Linsel, second comique. 

Cauvin, seconds pères. 

Chapuis, utilités 



Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles 
Charles Ricquier, premier rôle. 
Petipa, jeune première. 
Linsel, mère noble. 
Roussellois, ) 
Duval, i 

Clarice, soubrette. 
Darboville, 

DuTRIEUX, 



caractères. 



secondes amoureuses. 



(1) Les Archives de Thalie. 



184 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1819-23 



Chanteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre. 

Moreau, Elleviou. 

Delos, seconde haute-contre. 

Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan. 

Darboville, Martin. 

Eugène (Ordinaire), ) premières basses- 

Camoin, ) tailles. 

Leroux, 

Hubert, 

Perceval, Laruette. 

Linsel, Trial. 

Prudhomme, jeune Trial 

Dupuis, utilités. 



Opéra. 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Cazot, première chanteuse à roulades. 



deuxièmes basses-tailles. 



Lemesle, forte première chanteuse. 
Madinier, Dugazon. 
Fanny Linsel, seconde chanteuse. 
Roussellois, première duègne. 
Dutrieux, troisième amoureuse 



Chœurs. 



Quinze hommes. 



Quinze femmes. 



Ballet. 



Danseurs. 
Messieurs : 

Petipa, premier danseur, maître de ballets. 

Benoni, premier danseur. 

Desplaces, deuxième danseur. 

Antoine Ricquïer, ) . ., 

^ / troisièmes danseurs 

CjOURIER, ) 



Douze figurants. 



Danseuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lesueur, 

Adeline, 

Battier, deuxième danseuse. 

Feltmann, 

Lavancour, 

Douze figurantes. Douze enfants. 



> premières danseuses 



troisièmes danseuses. 



Orchestre. 



MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
Davril, sous-chef 

6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 cla- 
rinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes 
1 timbalier. 

M. Brochard, régisseur. 

Le 2 mai, première apparition de la basse-taille Hippolyte 
Duchesne dans Maître Jacques du Diable à quatre. 

A Ixelles, décéda, le 3 mai, Xélie-Marie-Thérèse Michelot, âgée de 
22 ans. Le jour de ses funérailles, qui furent fort belles, les artistes 
se cotisèrent pour lui élever un monument dans le cimetière. 

M me Paul-Loth, qui prenait son emploi, composa une pièce de 
vers, dont nous ferons grâce au lecteur. La pauvre artiste-/>oè/e (?) 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1819-23. 185 

ne se doutait guère de l'accueil qui l'attendait à ses débuts. Elle 
fut sifflée, et, à sa troisième épreuve, le public refusa même de l'en- 
tendre. 

La mort de M llc Michelot est suivie de près par celle d'Hubert, 
ancienne basse-taille ; de Gensse, premier violon de l'orchestre, pro- 
fesseur de mérite et soliste dans la musique particulière du roi ; 
d'Antoine Ricquier, danseur, et enfin d'Eugène Hus (Louis Staple- 
ton), directeur du Conservatoire de Danse. 

Le lundi 24 juin, « première » d'un nouveau ballet de Petipa : 
La Kermesse, ou la fête villageoise. 

Du 4 au 12 juillet, Lafeuillade, de l'Académie Royale de Musique 
(Paris), donne cinq représentations ; c'est la première fois que paraît 
sur la scène de Bruxelles ce chanteur, qui devait tenir tant de place 
dans l'histoire du Théâtre de la Monnaie. 

Nous voyons figurer la danseuse Lesueur dans le programme du 
« bénéfice » de Dubreuil, où elle chanta avec succès le rôle de Clara 
dans Adolphe et Clara. Cette soirée avait été organisée par la 
Société des Beaux- Arts, pour dédommager Dubreuil, qui, prenant 
sa retraite après d'innombrables services rendus au théâtre, avait vu 
la salle de la Monnaie presque déserte pour sa représentation 
d'adieu. 

Il faut signaler, en date du 25 septembre, l'arrivée de Ponchard, 
célèbre ténor de l'Opéra- Comique. Il joua quatre fois, et obtint tout 
le succès qui était dû à son aimable talent. 

C'est dans le mois d'octobre de cette année que fut inauguré 
l'éclairage au gaz de la salle. On profita des travaux à exécuter pour 
établir, au-dessus de chaque galerie, des draperies dont le but était 
d'en masquer la hauteur. 



24 avril, débuts des nouveaux sujets ; — 29 avril, M lle Patrat, jeune première, Paméla : — 
30 avril, Moreau, haute-contre, les Deux prisonniers, Jean de Paris; M me Paul-Loth, 
sifflée; — 3 mai, Duval, financier, Amolphe de l'Ecole des femmes ; cet artiste devint 
directeur à Rouen, où il mourut de chagrin par suite de pertes d'argent ; -- 9 mai, Tiste, 
premier comique, les Fourberies de Scapin ; — 12 mai, Leroux, seconde basse-taille ; — 
22 mai, Victor reparaît et joue deux fois ; — 29 mai, Juillet fils, les Deux journées et les 
Rendez-vous bourgeois, il eut un tel succès que l'administration le retint pour la saison ; 

— 30 mai, début de M Ue Madinier, dugazon ; — 27 juin, concert : Wolfram, flûtiste, 
Troplong, violoniste, Darboville, iM me Lemesle ; — en août, nouvelle arrivée de M lle Du- 
chesnois, accompagnée de M lle Dupré ; — 30 septembre, David, jeune premier de l'Odéon; 

— 22 novembre, Tausch, première clarinette de la chapelle du Roi de Prusse, exécute un 
adagio et une polonaise de sa composition, pendant un entr'acte ; — 30 décembre, 
M. Holst, harpiste ; — du 19 décembre, représentations de Talma et de M me Charton. 



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D'une scène plus vaste, aimables souveraines, 
Vous daignez de nouveau vous plaire parmi nous ; 
Telles que loin du trône, on voit parfois des reines 
Chercher Je frais gazon et danser dans les plaines, 
iSacrifiant le faste à des plaisirs plus doux. 
Mais ^drmide ou Didon, foule en vain la fougère, 
La couronne la suit, elle règne toujours; 
Comme sous le corset de la simple Laitière > 
Mille fois se trahit la mère des Amours. 

Venez donc cette fois, ù l'abri des orages, 

Entre le dais et les bocages , 
Des Beaux- Arts embellir le modeste séjour, 
Et, voyant tous les cœurs briller dans nos hommagc3, 
Oubliez un instant les ennuis de la cour. 



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Le Théâtre de la (Monnaie. — 1819-23. 187 

L'innovation surprit le public, qui fut dépaysé, et, comme tout 
progrès doit fatalement donner prise à de vertes critiques, celui-ci 
trouva des détracteurs — qui étaient loin de soupçonner, dans un 
temps relativement si proche, l'installation de la lumière électrique. 

... En entrant dans la salle, j'avoue que j'ai été frappé, ébloui même, par l'effet que produit 
cet immense foyer répandant sur tout ce qui l'entoure des flots de lumière et de chaleur. Ce 
réseau de cristal dont le lustre est maintenant entouré lui donne assez l'apparence d'un soleil 
d'opéra, et son éclat est tel qu'il est également difficile et dangereux d'y arrêter quelque tems 
les yeux. On dit que le soleil éclaire bien des sottises; au bout de quelques minutes, fat 
jugé que son Sosie ne serait pas dans les exceptions. D'abord ce lustre est beaucoup trop 
haut : il éclaire la seconde moitié de la salle et laisse dans un demi-jour les deux premiers 
rangs de loges... Un second inconvénient qui résulte de ce grand éclat du lustre, c'est de 
fatiguer les yeux de la partie des spectateurs placés en face de la scène, et même dans tout le 
haut de la salle. . Le résultat le plus fâcheux du nouveau système, c'est d'obscurcir entière- 
ment la scène, et de laisser dans l'ombre toute la partie des décorations qui doit paraître la 
plus éclairée... Au total, si le nouveau lustre présente quelques avantages et principalement 
celui de l'économie, ils ne peuvent balancer les inconvénients qui résultent de son trop grand 
éclat, de la chaleur qu'il répandra nécessairement, de son action sur les yeux des spectateurs, 
sur les poumons des chanteurs, enfin sur le jeu de la scène et celui des décorations. Le 
remède est facile à indiquer : ou diminuer le foyer de lumière dans la salle, ou, ce qui serait 
mieux encore, remettre les choses telles qu'elles étaient auparavant... (1) 

Une nouvelle pièce indigène fait son apparition (17 octobre) : Le 
Méfiant, comédie en 5 actes et en vers, de "Piste, acteur de la 
Monnaie. L'auteur joua lui-même le rôle d'un valet, et sa comédie 
eut trois représentations, — ce qui est presque un succès. 

Tiste, encouragé, fit exécuter quelques mois plus tard un opéra 
comique dont la musique était de H. Messemaekers : Les Deux pièces 
nouvelles. On donna le même jour une autre production du ter- 
roir : Marie de Bourgogne, tragédie en 5 actes et en vers, d'Edouard 
Smits, une œuvre sérieuse de la littérature dramatique, qui valut 
les plus grands éloges à son auteur. Le prince et la princesse 
d'Orange, le prince Frédéric et la princesse Marianne, assistaient à 
cette représentation, le mercredi 5 mars 1823. 

Et, pour terminer la série des pièces du crû, signalons, pour le 
15 avril, l'Intrigue de bureau, comédie en 5 actes et en vers, de 
M. Roucher, que l'on joua deux fois. 

Darboville, qui était à la Monnaie depuis 18 16, lit ses adieux au 
public, le 20 avril. Il était appelé au Théâtre Feydeau, de Paris, où 
on le considérait comme « le seul chanteur français capable de rem- 
placer le célèbre Martin ». Au moment de son départ, il circulait un 

( 1 ) L'Aristarque. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1819-23 



écrit assez singulier, qui montre à quel point Darboville laissait 
des regrets. 

Petite leçon de grammaire française a l'occasion du départ de DARBOVILLE 

VAristarque. J'en suis fâché. 

Darboville Tu en es fâché. 

M me Darboville Elle en est fâchée. 

Les abonnés et le public Nous en sommes fâchés. 

Les membres de la commission Vous en êtes fâchés 

Tous les acteurs Ils en sont fâchés. 

Enfin, Bernard, qui s'était montré pour la dernière fois le 17 avril, 
dans Valentine de Milan (rôle désir Albert), cesse ses fonctions de 
directeur-gérant, et clôture Tannée théâtrale (20 avril). 





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Direction Langle 



(1823.30) 

gJjj^uvERTURE, le lundi 21 avril. 

Le successeur de Bernard est M. Langle, qui conserve 
ï^l ses fonctions jusqu'en 1830. 
Voici la composition de sa première troupe : 



1823-24 



Comédie et Tragédie. 



Acteurs. 

Messieurs : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Bouchez, jeunes premiers. 

Lemoigne, deuxième amoureux. 

Folleville, pères noble c . 

Duval, 

Dubreuil, 

Bosselet, troisièmes rôles. 

Roussel, premier comique. 

LlNSEL, ) 

_ > seconds comiques. 

Perceval, ) 

Cauvin, seconds pères. 

Dupuis, rôles de convenance. 

Alphonse, utilités. 



financiers. 



Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles 

Charles Ricquier, premier rôle. 
Patrat, jeune première. 
Linsel, mère noble. 
Roussellois, caractères. 
Rascalon, soubrette. 
Lemoigne, deuxième amoureuse. 
Dubuisson, grandes utilités. 



190 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1823-30 



Opéra. 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Cazot, première chanteuse à roulades. 



Lemesle, forte première chanteuse. 

Madinier, Dugazon. 

Delos (Fanny Linsel), deuxième chanteuse. 



Chanteurs. 

Messieurs : 
Desfossés, première haute-contre. 
Delos, seconde haute-contre. 
Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan. 
Batiste, Martin. 

Eugène (Ordinaire), ) premières basses- Roussellois, première duègne 
Camoin, j tailles 

Leroux, deuxième basse-taille. 
Perceval, Laruette. 
Linsel, trial. 
Jannin, Colin. 
Juillet, jeune trial. 
Dupuis, utilités. 



Dubuisson, grandes utilités. 



Chœurs. 



Quinze hommes. 



Danseurs. 



Quinze femmes. 



Ballet. 



Messieurs : 

Petipa, premier danseur, maître de ballets. 

Benoni, premier danseur 

Berthotto, deuxième danseur. 

Laurençon, danseur comique. 

Calais, mimes. 

Hamel, troisième danseur. 



Danseuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lesueur, 

Adeline, 

Battier, deuxième danseuse. 

Benoni (M lle Feltmann), ) troisièmes dan- 

Lavancour, ) seuses. 



premières danseuses. 



Douze fmurants. 



Douze figurantes. 



Orchestre. 



Douze enfants. 



MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. 
Davril, sous-chef 

6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 cla- 
rinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 
1 timbalier. 

M. Monnier, régisseur. 



Pour remplacer Tiste, on engagea Verteuil, qui avait joué à la 
Monnaie en 1796, y tenant une place distinguée Son premier début 
eut lieu au milieu d'un morne silence; mais, à sa deuxième épreuve, 
le public — qui ne lui pardonnait pas son grand âge et ses infir- 
mités — le siffla sans pitié. Le malheureux artiste n'avait plus de 
dents, ce qui rendait sa prononciation difficile; il marchait avec 
peine, et paraissait trop âgé, môme pour ses rôles les plus marqués. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 191 

Etait-ce la nostalgie des planches, si commune chez les vieux 
artistes, qui l'empêchait de quitter la scène? Peut-être la misère le 
forçait-elle à chercher là le pain qu'il ne pouvait gagner ailleurs... 
Le pauvre Verteuil mourut à la Guadeloupe, âgé de 75 ans. 

Deux mois plus tard, Jausserand , ex-sociétaire de TOpéra- 
Comique — qui se trouvait dans un cas semblable — subit le même 
sort. Il jouait Joseph dans Topera de ce nom; on lui reprocha de 
ressembler plutôt à Jacob, son propre père, et on le siffla outrageu- 
sement. Il ne reparut plus. 

Roussel, premier comique, débuta, le 22 mai, dans Sganarelle du 
Festin de Pierre. Il était né à Paris en 1789. Après s'être essayé au 
Théâtre des Jeunes-Elèves, il passa à lOdéon; puis séjourna cinq 
ans à Amsterdam, d'où il partit pour Rouen. C'est dans cette der- 
nière ville qu'il reçut les propositions d'engagement pour Bruxelles. 
Il retourna ensuite à Paris (Théâtre du Panthéon), et mourut 
en 1842. 

Un artiste, venant de Saint-Pétersbourg et Varsovie, passant par 
la Belgique, se fait entendre plusieurs fois. C'était Genot, le mari 
d'Elisa Fay, petite-fille de W" Roussellois, et sœur de la célèbre 



29 avril, le violoniste Lafont exécute des morceaux de sa composition, et chante deux 
romances; — 30 avril, début de Batiste dans l'emploi de Martin, Ma Tante Aurore; — 
8 mai, Laurençon, danseur comique, débute dans le Carnaval de Venise; — 9 juin, con- 
cert de M me Deville-Quagliarini, du Théâtre Italien ; — 25 juin, premier début de Charles 
Jannin, dans les Colins; — du 3 juillet, Aniel, premier danseur du Théâtre de Bordeaux; 

— 9 juillet, début de M lle Dubuisson, grande utilité, dans Laurette, rôle de Camille ; — du 
4 août, huit représentations de Damas, premier rôle et sociétaire de la Comédie-P'rançaise; 

— 7 septembre, retour de Talma : Sylla (7 septembre), Hamlet (9 septembre), Britan- 
nicus (12 septembre), Manlius Capitolinus (15 septembre), Mahomet (18 septembre), 
Athalie (21 septembre et 1 e1 ' octobre), Falkland (28 septembre), Misanthropie et Repen- 
tir (25 septembre), Régulus (28 septembre;, Cinna (30 septembre), Nicomède (3 octobre); 

— 18 septembre, à la cinquième représentation de Talma, le jeune Artot, âgé de 8 ans, 
exécute sur le violon un concerto de la composition de Snel; — 4 et 6 novembre, le fils 
de Laporte, dernier Arlequin, qui tenait l'emploi des premiers comiques, donne deux 
représentations, dans lesquelles il joue les Originaux, de Fagan, et le Menuisier de Livo- 
nie, d'Alex Duval; il a été directeur du Théâtre de la Reine, à Londres; — du 10 novem- 
bre, Vestris fils, premier danseur, paraît huit fois; — 18 décembre, concert de M lle Mon- 
tant), première chanteuse de l'Odéon ; — 13 janvier, M" e Bertrand, harpiste de la Cour 
de France; — 14 janvier, premiers débuts d'Amélie Margery, âgée de 15 ans, lille d'un 
ancien coryphée; — 4 mars, un artiste, nommé Octave, « désirant se faire connaître », 
joue le rôle d'Alfred dans le Célibataire et l'homme marié; — 17 mars, Télémaque, 
danseur du Théâtre de la Porte Saint-Martin de Paris, paraît dans Alexis, du Déserteur; 

— 5 et 8 avril, concerts donnés par Lafont et sa femme, lesquels s'étaient déjà fait entendre 
fréquemment. 



192 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1823-30. 

Léontine Fay. Genot prêta son concours à M me Lemonnier, née 
Regnault, première chanteuse et sociétaire de l'Opéra-Comique, qui 
donnait une série de représentations. 

M me Genot (Elisa Fay) se produit ensuite dans Euphrosine, 
le Petit Chaperon Ronge et Joconde. Son premier essai ne fut pas 
heureux. La pauvre petite n'avait que dix-sept ans, et le rôle 
d'Euphrosine compte parmi les plus difficiles de l'emploi. Mais le 
Petit Chaperon fut pour elle l'occasion d'un véritable triomphe. 

On sait que la figuration avait été l'objet de vives critiques. Mais, 
à une époque aussi avancée, on pouvait espérer quelques progrès 
dans la mise en scène. Il n'en était rien, et la lettre suivante va nous 
édifier à ce sujet : 

Au rédacteur de f Aristarque. 

Monsieur, 

J'ai lu dans votre feuille que, parmi plusieurs demandes qu'on faisait pour le Théâtre royal, 
il y en avait une d'une demi-douzaine de paires de souliers rouges pour la peuplade des sau- 
vages qui paraît dans Azemia ; comme je trouve une espèce de gloire à pouvoir une fois 
contribuer ici en mon particulière rehausser l'éclat de notre théâtre, où je ne vais pas sou- 
vent, parce qu'on nous y assomme tous les dimanches avec les mêmes balais (sic), je 
m'empresse de vous annoncer par la présente qu'on pourrait se procurer les souliers en 
question chez un mien ami, qui en a beaucoup; ils sont en maroquin rouge, à talons lan- 
guettes et bordures noires; il est vrai qu'ils sont un peu fripés, car ils ont servi pour 
la cavalcade de 1770. Cela n'y fait rien, on aime l'originalité au Théâtre royal ; sans cela, on 
n'aurait pas vu paraître dans la Vestale des soldats romains en guêtres de pompiers, et l'on 
ne verrait pas encore maintenant, dans l'opéra du Barbier de Séville, la patrouille espagnole 
en costume de grenadiers de la garde royale de France. Je ne parle pas des diables 
de Psyché et l'Amour, qui s'engouffrent sur de bons matelas blancs et bleus, que l'on aper- 
çoit très distinctement aux troisièmes loges ; des matelas d'une couleur foncée nous auraient 
encore privés de ce petit agrément. 

Je vous prie de vouloir insérer ceci dans votre prochain numéro, pour la gouverne de ceux 
que la chose concerne, et d'agréer l'assurance de ma parfaite considération. 

M. 

Le 24 août, spectacle-gala en l'honneur du Roi des Pays-Bas 
et pour l'anniversaire de sa naissance : Leicester on le Château de 
Kenilworth, opéra d'Auber, et le Bazar d'Ispahan, ballet de Roger.. 

Il paraîtrait que l'enthousiasme des Bruxellois en faveur de 
Grétry ne fut pas de longue durée. Après les honneurs, la mémoire 
du maître eut à subir des affronts. Le 25 février — au moment où 
Ion allait commencer Zémire et Azor — de violents sifflets se font 
entendre ; on crie que la pièce est trop surannée, qu'on n'en veut 
plus, et l'on s'oppose à son exécution. Le désordre fut tel qu'il fallut 
baisser le rideau et rendre l'argent. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1823-30. 



193 



La clôture de l'année théâtrale eut lieu le 15 avril. M" e Patrat, 
jeune première, n'attendit pas cette date. Elle quitta subitement 
Bruxelles, le g avril, pour un voyage à Cythère, affirme la chronique 
scandaleuse... 



1824-25. Comédie et Tragédie. 

Acteurs. Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles 
Charles Ricquier, premier rôle. 



Messieurs : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Folleville, père noble. 

Bouchez, ) 

, } jeunes premiers. 

Lemoigne, ) 

Duval, financiers, manteaux. 

Bosselet, raisonneurs, troisièmes rôles. 

Stocklet, premier comique. 

Linsel, \ 

Perceval, > seconds comiques. 

Juillet, / 

Cauvin, second père, grime. 

Alphonse, troisième comique. 

Dupuis, rôles de convenance. 



Chanteurs. 
Messieurs : 

Desfossés, première haute-contre. 

Batiste, Martin. 

Letellier, Elleviou. 

Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan. 

Delos, seconde haute-contre. 



Wenzel, jeune première, ingénuité. 
Roussellois, caractères. 
Redon, mère noble. 
Rascalon, première soubrette. 
Lemoigne, seconde amoureuse. 
Margery, rôles de convenance. 
Aglaé, grandes utilités. 
Caroline Linsel, rôles d'enfants. 



Eugène (Ordinaire), 

Eugène Dessessarts, 

Perceval, Laruette. 

Juillet, jeunes Trial 

Linsel, Trial. 

Guilleman, seconde basse-taille. 

Jannin, jeunes Colins. 

Alphonse, grandes utilités. 



Quinze hommes. 



premières basses- 
tailles. 



Opéra. 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lemesle, ) 

„ / premières chanteuses. 

Cazot, ) 

Langlade, Dugazon 

Roussellois, première duègne 

Redon, mère Dugazon. 

Mayer, seconde chanteuse. 

Jolivet, Betzy. 

Henri, troisième amoureuse. 

Margery, rôles de convenance. 

Caroline Linsel, rôles d'enfants. 



Chœurs. 



Ballet. 

Danseurs. 

Messieurs : 

Petipa, premier danseur, maître de ballets. Lesueur, 
Benoni, premier danseur. Adeline, 



Quinze femmes. 

Danseuses . 
Mesdames et Mesdemoiselles 



premières danseuses. 



13 



IQ4 Le Théâtre de la (Monnaie — 1823-30. 



Poulou, second danseur. Benoni (M 1Ie Feltman), seconde danseuse. 

Hamel, troisième danseur. Battier, ) . . 

T .... T ) troisièmes danseuses. 

Laurençon, deuxième comique. Lavancour, ) 

Calais, ) 

-, > mimes. 

CjOURRIER. ) 

Bartholomin, coryphée. 

Douze figurants. Douze figurantes. Douze enfants. 

Orchestre. 

MM. CH. BORREMANS, maître de musique. 
Davril, sous-chef. 

6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes — 2 hautbois. — 2 cla- 
rinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 
1 timbalier. 

M. Monnier, régisseur. 

Ouverture, le 21 avril, par le Barbier de Séville, de Rossini. Le 
ténor Letellier, qui fut, plus tard, appelé à diriger le Théâtre de la 
Monnaie, parut pour la première fois dans Jean de Paris. 

Le 19 mai, M" c Mars retourne à Bruxelles. Pendant le cours de 
ses représentations, arrive Talma, et le public eut la bonne fortune 
d'applaudir ces deux grands artistes, dans la même pièce : L'Ecole 
des Vieillards, où ils jouèrent les rôles de Monsieur et Madame Dan- 
ville. C'est la première fois que Talma se montrait dans la comédie. 

Bourson, qui avait laissé les meilleurs souvenirs, produisit sa fille 
Pauline, dans le Vieux garçon et la Petite fille, vaudeville de 
Scribe, où il joua lui-même le rôle de Duboccage. 

La petite Bourson, jeune Bruxelloise, de huit ans et demi, marche de bien près sur les 
traces de Lèontine Fay. Elle est douée d'une intelligence extraordinaire dans un enfant de 
cet âge ; son jeu est plein de finesse, de naturel, de verve et de gaîté. Voilà une petite fille 
qui pourrait donner, sans plaisanterie, des leçons de chant et de diction à plus d'une de nos 



Stoklet, premier comique, interprète Crispin du Légataire universel (22 avril), Hector du 
Joueur (26 avril), et L'Olive du Grondeur (30 avril); — puis M Uc Mayer, deuxième chan- 
teuse, parait, le 26 avril, dans Maison à vendre (Lise), le 5 mai, dans Joconde (Mathilde), 
et le 11, dans Ma Tante Aurore (Julie) ; — M me Constant-Langlade, joue Euphrosine, de 
l'opéra de Méhul, le 27 avril, puis le 2q, le page Olivier dans Jean de Paris, et Fanchelte 
dans les Deux Jaloux; enfin, elle termine parle rôle de Margot, du Nouveau Diable à 
quatre (3 mai) ; — 28 avril, début de Poulou, second danseur, dans Alexis du Déserteur, 
ballet de d'Auberval ; — 29 avril, M llc Rose Julienne, troisième amoureuse, Jean de 
Paris; — 3 mai, rentrée d'Eugène Dessessarts et début de Guilleman, troisième basse- 
taille; — 6 mai, Elisa Wenzel, jeune première — grand succès ; — 9 mai, M me Valroi, 
mère Dugazon — chute; — 13 mai, concert de Ivan Muller, clarinette solo de la musique 
du Roi de France; — 15 mai, concert de Fischer, basse-taille de l'Académie Royale de 
Munich, et sa fille. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1823-30. 195 

actrices. Malheureusement, le grand théâtre est trop vaste pour que les espiègleries d'un 
enfant puissent y produire beaucoup d'effet. La jeune Bruxelloise a joué le rôle de Joset dans 
les Deux Petits Savoyards, et celui de Mathilde dans le Vieux Garçon et la Petite Fille. 
Cette dernière pièce est un ouvrage à tiroir où M Ue Bourson a rempli quatre rôles; et dans 
tous les quatre la petite fille a prouvé qu'elle est déjà grande comédienne. Elle a été 
couverte d'applaudissements. Au Théâtre du Parc et dans une autre saison, M Ue Bourson 
ferait plus d'une recette. 

Hier (23 juillet 1824), la petite Bourson, dans la Petite Folle et la Petite Sœur, a confirmé 
l'opinion que les journalistes avaient déjà émise sur son compte ; mais je le répète, le grand 
théâtre est trop vaste pour une si petite merveille. 

Le baron de Peellaert obtient un éclatant succès, le 30 août. Il fait 
jouer un ancien vaudeville de Bouilly et Dupaty : Agnès Sorel, 
qu'il avait transformé en opéra, et où figuraient Delos, Batiste, 
Dessessarts, Juillet, Dubois, Brems, M" e Lemesle, M me Constant, 
M me Langlade, M" e Henri. Agnès Sorel eut six représentations, 
chiffre extraordinaire, à ce moment, pour une pièce bruxelloise. 

Une autre production du terroir apparut le 13 décembre : 
Olaùs, ou la Vengeance, tragédie en cinq actes et en vers, de 
M. Edouard Smits. Les situations tragiques y étaient outrées, et la 
pièce tomba. 

Enfin, le maître de ballets, Petipa, donne deux actes, dont Snel 
avait écrit la musique : Brisac, ou la double noce (13 février). 

A la répétition générale d'un autre ballet, Jenny, un accident 
faillit coûter la vie à M 1Ie Lesueur. L'aimable ballerine tomba dans 
une trappe, et se blessa grièvement. Elle fit preuve d'une grande 
volonté, et reparut sur la scène le lendemain même. 

Les abonnés du théâtre continuaient à se plaindre et à s'acharner 
contre la direction. Entre autres choses, ils firent circuler un écrit 
pittoresque, qui devint bientôt populaire : 

Les Dix Commandements du Directeur 
1. Ton répertoire formeras 
De dix ouvrages seulement. 



M Ues Mayer et Rose Julienne n'ayant pas été agréées, furent remplacées, dans leurs emplois 
respectifs, par M Ue Henri, qui débuta, le 19 juin, dans la Maison isolée (Claire), et par 
M Ue Jolivet, qui interprêta, le 25 du même mois, le rôle de Betty du Billet de loterie; — 
du 9 juillet, trois représentations de Queriau, premier danseur du Théâtre de Lyon ; — 
7 septembre, début de M lle Lambert, deuxième chanteuse, clans Lise de Maison à vendre ; 
— du 20 juillet, deux représentations de M lle Georges et d'Eric-Bernard — elles attirent peu 
de monde ; — 30 septembre, Lafont, du Grand-Opéra de Paris, rôle d'Achille d'Iphigénie 
en Aulide; — à Lafont succède Martin, ancien sociétaire du Théâtre Feydeau, qui n'avait 
plus paru à Bruxelles depuis 1802 ; il chante, le 7 octob-e, le Petit Chaperon rouge 
(Rodolphe), et clôture une série de huit représentations, le 25 du même mois. 



196 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1823-30. 

2. Les nouveaux pourtant monteras, 
Mais les mauvais uniquement. 

3. Les vétérans tu garderas 

Et les conscrits pareillement. • 

4. En machines ne soigneras 
Que toi seul confortablement. 

5. A ton orchestre permettras 
De fausser chromaiiquement. 

6. Des conseils tu te garderas, 
Et méfieras modestement. 

7. Des sifflets ne te soucieras, 
Ni des journaux aucunement. 

8. En billets jaunes solderas 
Un seul économiquement. 

9. Tes chevaux blancs promèneras, 
Et le public également. 

10. Et sans rien faire engraisseras, 
Afin de vivre longuement. 

Les Sjx Commandements des Abonnés 

1. La C... (1) tu remplaceras, 
Et D... (2) pareillement. 

2. Haroun jamais ne donneras, 
Et le Rossignol rarement, 

3. Tes costumes rajeuniras 

Et danseuses conjointement, 

4. De l'orchestre supprimeras 
Les neuf dixièmes seulement. 

5. Quand nous huons, tu paraîtras 
Et nous salueras humblement. 

6. Faute de quoi déguerpiras, 
Dans la huitaine, lestement. (3) 

La campagne se termina par de nouvelles représentations de 
Talma. 



(1) Cazot. 

(2) Desfossés, 

(3) La Sentinelle, 1824. 



31 juillet, « spectacle hollandais » sous la direction de Majofski; — 21 octobre, début de 
Julien dans l'emploi d'Elleviou; — du 5 novembre, représentations de Derivis, première 
basse-taille de l'Opéra de Paris ; — 26 novembre, concert de Chrétien Rummel, pianiste et 
maître de chapelle du duc de Nassau; — 21 décembre, concert d'Aline Bertrand, 
harpiste; — 19 janvier, M lle Megrini, du théâtre français de Londres, la Coquette 
corrigée. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1823-30 



ï97 



1825-26. 



Comédie et Tragédie. 



Acteurs. 

Messieurs : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Folleville, père noble. 

Bouchez, fort jeune premier. 

Lemoigne, jeune premier. 

Duval, financiers. 

Bosselet, troisièmes rôles. 

Falberg, père noble. 

Stocklet, premier comique. 

Linsel, \ 

Perceval, > seconds comiques. 

Juillet, / 

Cauvin, second père. 

Alphonse, troisième amoureux. 

Dupuis, rôles de convenance. 

Duchateau, 

Brems, 

Béguin, 



Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles Ricquier, premier rôle. 

Elisa Wenzel, jeune première. 

Lemoigne, deuxième amoureuse. 

Roussellois, caractères. 

Mandelli, mère noble. 

Suzanne Ladre, première soubrette. 

Negrini, jeune soubrette. 

Margery, ) .... 

utilités. 
Aglae, 



Opéra. 



) 



Chanteurs. 



Messieurs 

Lafeuillade, 

Desfossés, 

Delos, 

Edouard, 

Fouchet, 

Jannin, 

Batiste, 

Chollet, 

Eugène (Ordinaire), 

Eugène Dessessarts, 

Perceval, 



hautes-contre. 



> baryt 



ons et concordans. 

premières basses- 
tailles. 



Juillet, 
Linsel, 
Falberg, 
Alphonse, 
Leroux, / 

Dupuis, coryphée. 



ténors, hautes-contre comi- 
ques. 

deuxièmes et troisièmes 
basses-tailles. 



Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles 

Lemesle, ) 

„ > premiers dessus. 

Cazot, ) 

Langlade, 

Delos, 

Negrini, 

Josse, 

Roussellois, première duègne 

Mandelli, seconde duègne. 

Vignon, 

Jeault, 

Aglaé, 

Margery, 



premiers et seconds dessus, 
seconds dessus. 



coryphées. 



6 basses-tailles, 
dessus. 



Chœurs. 

6 hautes-contre. — 4 tailles. — 6 premiers dessus. — 6 seconds 



!o8 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 



Ballet. 

Danseurs. Danseuses. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Petipa, maître de ballets et premier danseur. Lesueur, première danseuse et première 

Benoni, premier danseur. mime. 

Poulou, second danseur. Adeline, première danseuse. 

Stroyhaver, troisième danseur. Benoni, seconde danseuse. 

Laurençon, l danseurs comiques . 5*"™' 1N } troisièmes danseuses. 

Calais, ) n Bartholomin, 1 

Bartholomin, ) . Margery, mime. 

> mimes. 
Gouriet, ) 

Seize figurants. Seize figurantes. Huit enfants. Six élèves. 



Orchestre. 

MM. Ch. HANSSENS, maître de musique. 
Dewindt, sous-chef. 

8 premiers violons. — 8 seconds violons. — - 3 altos. — 6 violoncelles. — 3 contre- 
basses. — 2 basso7is. — 3 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 trom- 
pettes. — 1 timbalier. 

Ouverture, le 21 avril, par les Plaideurs sans procès, comédie 
d'Etienne, et les Deux fournées, opéra de Chérubin i. 

On a remarqué le nom de Ch. Hanssens à la place du chef d'or- 
chestre Borremans. Celui-ci était depuis longtemps le sujet de 
plaintes nombreuses, et les journalistes même l'attaquaient pour sa 
mollesse au pupitre et le manque d'autorité dont il faisait preuve à 
l'égard de son personnel. Enfin, le directeur céda devant l'opinion 



21 avril, début de M Ue Megrini, dans Angelina des Deux journées ; — 26 avril, Fouchet. 
Biaise et Babet ; la Fête du village voisin; — 27 avril, M lle Mandelli, Arsinoé du Misan- 
thrope; — 10 mai, M 1,e Suzanne, soubrette, Tartufe, les Rivaux d'eux-mêmes ; — 
17 mai, M llc Jamet, Lisette de la Fausse Magie ; — 30 mai, Falberg, deuxième basse-taille, 
la Caravane du Caire; — i er juin, nouveau concert de M lle Aline Bertrand, harpiste; — 
du 14 juin, six représentations d'EIisa Verneuil, de TOdéon, ancienne pensionnaire de la 
Comédie-Française; — 17 et 19 juin, la troupe hollandaise de Majofski ; — 31 août, con- 
cert vocal et instrumental : M. Charles, M me Amélie Schultz, chanteurs du Théâtre de la 
Cour à Vienne, et Jérôme Payer, maître de chapelle du Théâtre Allemand d'Amsterdam, 
inventeur d'un nouvel instrument: le Physharmonica; — 17 septembre, Philippe, du 
Vaudeville, de Paris : Monsieur Sans-Gêne et Monsieur Champagne; — le 19, la famille 
royale et le Roi de Prusse viennent voir jouer ces deux pièces; — 3 octobre, concert de 
M lle Camille Moke, pianiste, devenue la célèbre Pleyel ; — du 10 novembre, six représen- 
tations de Nourrit, de l'Opéra ; — 14 mars, M llc Suzanne, nouvellement engagée, joue dans 
le Dépit Amoureux, et part le lendemain sans souci de sa signature ; — 17 mars, Elisa 
Wenzel, malade, joue pour la dernière fois, le Vieux célibataire ; — 29 mars, Victorine 
Chaussât, Tartufe; — 4 avril, M llc Boisset, qui devait succéder à Wenzel, joue l'Fcole des 
Vieillards — chute. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 199 



publique, et s'occupa de le remplacer. Charles Borremans, né à 
Bruxelles, le 25 avril 1769, mourut dune fluxion de poitrine, le 
17 juillet 1827, après avoir passé quarante-cinq années à la Monnaie, 
soit comme acteur, soit comme chef d'orchestre. 

Son successeur venait de Gand, où il était né. Charles-Louis- 
Joseph Hanssens, connu sous le nom de Hanssens aîné, avait fait 
ses premières études musicales avec Wauthier, premier violon du 
Grand-Opéra. Il se rendit ensuite à Paris pour prendre des leçons 
avec le célèbre Berton. En 1803, il suit M" e Fleury clans une tournée; 
puis, dirige l'orchestre à Anvers et à Gand, où il fut môme direc- 
teur. Enfin, il arrive à Bruxelles. Il y mourut d'apoplexie, le 
6 mai 1852, laissant les manuscrits de plusieurs opéras. 

Le premier soin d'Hanssens fut de reconstituer l'orchestre, por- 
tant à quarante-quatre le nombre des musiciens. Il rivalisait ainsi 
avec les théâtres de Paris. 

Lafeuillade, qui figure deins le tableau de la troupe, ne se rendit 
pas à son engagement. Il fut condamné à des dommages-intérêts, 
arrêté à Paris, et enfermé à Sainte-Pélagie. Mais l'administration de 
l'Opéra-Comique l'en fit sortir le lendemain, en lui avançant une 
somme de 10,000 francs. 

Chollet, qui chantait l'emploi de baryton, débute le 4 mai clans 
le Petit Chaperon rouge. Il avait commencé par être choriste à 
l'Opéra, au Théâtre Italien et au Théâtre Feydeau. En 181 8, il s'en- 
gage dans une troupe de province, d'où il arrive à Bruxelles. Après 
son séjour à la Monnaie, il change d'emploi, et débute avec éclat à 
l'Opéra-Comique comme ténor. C'est son passage sur la première 
scène belge qui décide de sa carrière. 

Jean-Baptiste-Marie Chollet, le créateur de Zamfta, de Fra-Dia- 
volo, de Lestocq, de V Eclair, et de tant d'autres opéras fameux, vit 
encore au milieu des siens, comme il vit toujours dans le souvenir 
de ceux qui l'ont entendu. Né à Paris, le 20 mai 1798, il a atteint 
aujourd'hui sa 91 e année. 

Bruxelles eut encore une primeur : celle de Bélisaire, tragédie en 
5 actes, de Jouy, qui avait été reçue, étudiée, répétée même au 
Théâtre-Français, puis abandonnée. Talma vint la faire connaître 
au public bruxellois, le 9 mai, et son succès en décida la représenta- 
tion à Paris. 

Signalons, en passant, deux nouveaux ballets de l'infatigable 
Petipa : Le Page inconstant, 3 actes, musique de Snel (27 juin), 
Monsieur de Pourceaugnac, des mêmes auteurs (5 février). 



200 Le Théâtre de la [Monnaie. — 1823-30. 

Le 9 juillet, spectacle-gala en l'honneur de la princesse Louise 
de Prusse et du prince Frédéric des Pays-Bas, nouvellement mariés. 

... A 7 heures, la Famille royale est arrivée... La toile s'est levée aussitôt. Tous nos artistes 
de l'Opéra, sans exception, ont chanté une cantate en l'honneur des illustres époux. Les 
paroles sont d'un anonyme, et la musique est de notre chef d'orchestre, M. Hanssens. Nous ne 
dirons rien des paroles ; nous ne dirons que peu de chose de la musique. Elle nous a paru un 
peu pâle, décolorée et dénuée de cet enthousiasme qui caractérise le véritable artiste, et que 
la circonstance aurait dû faire naître dans l'âme du compositeur... Le petit divertissement qui 
a terminé le spectacle de samedi a dû faire plaisir à LL. AA. RR. Le 5 juillet, c'est le titre 
de l'ouvrage, représente leur entrée dans Bruxelles et la réception brillante qu'ils ont reçue 
des Bruxellois. C'étaient des soldats et des villageois, les uns faisant des évolutions militaires, 
les autres dansant au son des fanfares, et puis une voiture très élégante, entourée de jeunes 
amours et conduisant les illustres époux, et puis encore des danses et des évolutions, et, pour 
terminer la fête, un autre amour, s'élevant dans les airs, planant sur le théâtre, et offrant une 
couronne à l'hyménée auguste qui vient de se former sous les plus brillants et les plus heu- 
reux auspices. Il e^t inutile d'ajouter que toute cette pompe théâtrale, militaire et même vil- 
lageoise, si l'on peut s'exprimer ainsi, a excité le plus vif enthousiasme. Ce divertissement 
est de M. Petipa. La musique a fait plaisir ; elle est de MM. Snel et Hanssens jeune. 

Le prince Frédéric fit donner un spectacle gratuit, le 14 juillet, en 
matinée. La représentation, qui commença à 2 heures, comprenait : 
Le Nouveau Diable à quatre, opéra de Solié et le Cinq juillet, ballet. 

Décidément, le baron de Peellaert devenait un véritable fournis- 
seur musical pour la Monnaie. Il transforme un drame de Pixéré- 
court, le Barmécide, ou les Ruines de Babylone, dont il fait un opéra 
en 3 actes, qu'on représente le 5 juillet. Le 9 mars suivant, il donne 
encore un ouvrage lyrique, tiré cette fois d'un ancien vaudeville de 
Bouilly et Pain : Teniers, ou la noce flamande. 

L'Intrigue Italienne, nouvelle comédie de Roucher ne trouva pas 
grâce devant le public : 

C'était une tentative téméraire que de prétendre ressusciter ces canevas italiens, où la 
gaîté bouffonne des scènes épisodiques tenait lieu jadis de caractère et d'intrigue ; autre temps» 
autres mœurs, distinction qui ne devait point échapper à l'œil subtil d'un journaliste, accoutumé 
par état à flairer le bon et le mauvais. Molière, et Regnard après lui, n'ont pas dédaigné de 
puiser aux mêmes sources que l'auteur de la pièce nouvelle, mais du moins un comique franc 
et vigoureux palliait-il les écarts d'une muse licencieuse, couverte du masque effronté des 
Arlequin, Mezzetin, Scaramouche, Pierrot, et autres acteurs ultramontains de l'époque. Or, 
ce qui était à craindre est arrivé : l'Intrigue italienne n'offrant que des travestissements gro- 
tesques, une imitation maladroite et prolongée outre mesure d'une scène des Fourberies de 
Scapin, le public qui jusqu'au dernier acte avait fait assez bonne contenance, a donné un libre 
cours à sa mauvaise humeur et la comédie a fini au milieu du tapage des sifflets et des ris 
ironiques... Les acteurs ont soutenu le combat avec un dévouement digne d'une meilleure 
cause et qui prouve qu'ils n'ont point de rancune. Ce sont MM Bouchez, Duval, Lemoigne, 
Stocklet, Cauvin, Perceval et Linsel.. Les dames Wenzel et Lemoigne, toutes deux char- 
mantes sous le costume florentin, ont joué à ravir l'ingénuité (1). 

(1) Journal de Bruxelles. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1823-30. 201 

Du 9 septembre au 30 octobre, Talma donna une dizaine de repré- 
sentations, qui furent ses dernières à Bruxelles. 

Spectale-gala en l'honneur du Roi de Prusse, le 16 septembre. 
La Famille Royale y assiste. 

Jean Hennekindt, né à Bruges, le 4 mars 1793, connu sous le 
nom d'Inchindi, se fit entendre dans un concert, le 21 février (1). 
C'est lui qui créa le rôle de Max dans le Chalet, l'un des opéras- 
comiques qu'on a joués le plus souvent. Il est mort à Bruxelles, le 
23 août 1876. 

En février, grand tumulte au théâtre. M lle Lesueur, après une 
maladie de six semaines, faisait sa rentrée. Dès quelle parut, une 
bordée de sifflets vint interrompre sa danse. Elle s'arrête, interdite, 
puis, tout à coup, descend vers la rampe et dit : « Messieurs, je n'ai 
plus que deux mois à jouer, laissez-moi finir la pièce. » Les sifflets 
redoublent, mêlés de quelques bravos, cette fois. Deux jours plus 
tard, Lesueur fit insérer une lettre dans les journaux, justifiant ses 
six semaines d absence et envoyant au public des témoignages de 
son regret. Un revirement subit se produisit, et, quand la ballerine 
reparut en scène, on l'accueillit par une ovation prolongée. Elle doit 
peut-être à cet incident d avoir fait partie du personnel pour l'année 
suivante. 

La Dame Blanche, qui venait d'être créée à Paris, le 10 décem- 
bre 1825, vit le feu de la rampe, à Bruxelles, le 6 avril 1826, et ter- 
mina la campagne théâtrale. On n'avait guère perdu de temps. 



1826-27. — Ouverture, le 21 avril : Eliska, opéra en 3 actes, de 

Gretry, et l'Original, comédie en 1 acte d'Hoffmann. 

Comédie et Tragédie. 

Acteurs. Actrices. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles Ricquier, premier rôle. Charles Ricquier, premier rôle. 

Folleville, père noble. Élisa Verneuil, jeune première. 

Bouchez, fort jeune premier. Lemoigne, deuxième amoureuse. 

Lemoigne, jeune premier. Roussellois, caractères. 

Duval, financiers Daudel, mère noble. 

Bosselet, troisième rôle. Lebrun, première soubrette. 

Falberg, père noble. Schaffner, jeune soubrette. 

(1) Fétis. Bibliographie Universelle des Musiciens. 



202 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 



Stocklet, premier comique. 

Linsel, \ 

Perceval, \ seconds comiques 

Juillet, \ 

Baudot, second père. 

Alphonse, troisième amoureux. 

Dupuis, rôles de convenance. 

Duchateau, 

Brems, 

Béguin, 



Margery, 
Aglaé, 



utilités. 



Opéra. 



Chanteurs. 



Messieurs : 
Damoreau, \ 
Delos, I 

Edouard, > hautes-contre. 
Folchet, 
Jannin, 
Cassel, baryton. 

Eugène (Ordinaire), } premières basses- 
Eugène Dessessarts, j tailles. 



Il 



Perceval, 

Juillet, 

Linsel, 

Falberg, 

Alphonse, 

Leroux, 

Dupuis, coryphée 



hautes-contre comiques. 



secondes basses-tailles. 



| premiers dessus. 



Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles 

Lemesle, 

Cazot, 

Langlade, 

Lesscher-Ternaux 

Schaffner, jeune amoureuse. 

Roussellois, première duègne. 

Daudel, seconde duègne. 

Fay, 

Van Hamme, 

Aglaé, 

Margery, 



seconds dessus. 



coryphées. 



5 basses-tailles, 
dessus. 



Chœurs. 

6 hautes-contres. — 4 tailles. 



6 premiers dessus. — 6 seconds 



Ballet. 



Danseurs. 
Messieurs : 

Petipa, maître de ballets. 
Benoni, premier mime. 
Ragaine, premier danseur. 
Poulou, deuxième danseur. 
Stroyhaver, troisième danseur. 
Laurençon, 
Calais, 
Bartholomin, 

GOURIET, 



danseurs comiques. 



mimes. 



Danseuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lesueur, première danseuse et première 

mime. 
Adeline, première danseuse. 
Benoni, seconde danseuse. 
Battier, 
Bartholomin, 



troisièmes danseuses. 



Seize figurants. 



Seize figurantes. 



Huit enfants. 



Six élèves. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 203 



Orchestre. 

MM. Ch. HANSSENS aîné, maître de musique. 
Dewindt, sous-chef. 

8 premiers violons. — 8 seconds violons. — 3 altos. — 6 violoncelles. — 3 contrebasses. 

— 2 bassons. — 3 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 trompettes. — 
1 timbalier. 

M. Monnier, régisseur. 

Guillaume Cassel, né à Lyon, le 12 octobre 1 794, mort à St-Josse- 
ten-Noode lez-Bruxelles, le 9 septembre 1837, se destinait d'abord 
au barreau; mais, pour se soustraire à la conscription, il embrassa 
la carrière artistique. En sortant du Conservatoire de Paris, il alla 
en province; puis à l'Opéra-Comique, d'où il sortit à la suite de 
discussions assez vives avec Guilbert de Pixérécourt. Il fut nommé 
professeur au Conservatoire de Bruxelles, en 1833. 

Elisa Verneuil venait de la Comédie-Française. En 1830, elle 
retourne à Paris, et elle entre successivement à l'Odéon et à la 
Gaieté; nous la retrouverons à Bruxelles en 1 84 1 et 1845. 

Empressons-nous d'enregistrer deux innovations très heureuses : 

Le succès remporté par quelques productions belges avait 
encouragé les auteurs du pays ; les manuscrits arrivaient en 
grande affluence. Pour en faire le choix, on institua un Comité de 
lecture. 

Puis, sous la direction de Petipa, un Conservatoire de danse fut 
annexé au théâtre. Les cours se donnaient quatre fois par semaine 

— les parents s'engageaient à laisser paraître les enfants sur la scène, 
si besoin était ; — un concours à l'admission dans le corps de ballet 
avait lieu tous les ans. 

En juillet, éclate une affaire qui a passionné la ville et dont toute 



26 avril, M lle Lebrun, de la Comédie -Française, débute dans l'emploi des soubrettes; — 
28 avril, M Ue Schaffner, jeune amoureuse, Biaise et Babet ; — 5 mai, Cassel, baryton, 
Nouveau Seigneur du village, Zoraïme et Zulmar ; — 7 mai, M lle Verneuil, delà Comé- 
die-Française, l'Ecole des Vieillards; — 8 mai, Berthault, premier comique, Baudot, 
grimes, M me Lesscher-Ternaux; — 11 mai, Ragaine, premier danseur; — 12 mai, Damo- 
reau, première haute-contre, Joseph, les Deux prisonniers; — 13 mai, M me Daudel, mère 
noble, les Femmes savantes ; — 19 mai, concert de M lle Catherine Canzi, prima donna des 
théâtres de l'Italie; — 26 mai, concert de Sigismond Mond, violoniste, âgé de 15 ans, 
M lle Dorus, cantatrice ; — i er juin, début de M lle Marialny, Jean de Paris ; — 27 et 29 juin, 
représentations hollandaises de la troupe Majofski ; — du 12 juillet au 6 août, douze repré- 
sentations de M me Paul Montessu, première danseuse de l'Académie de musique de Paris. 
Aux trois dernières, parut son mari, danseur à l'Opéra. 



204 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1823-30 

la presse s'est occupée. On se rappelle les troubles survenus au sujet 
de M" e Lesueur. Celle-ci, dont la maladie persistait, se retira défini- 
tivement et fut remplacée parM me Benoni, le 26 juin. Quelques jours 
plus tard, il se produisit au théâtre une scène d'une extrême vio- 
lence : M me Lesscher-Ternaux, n'ayant pas eu la faveur de plaire et 
occasionnant certains désordres, une ordonnance des plus sévères fut 
publiée. Mais rien ny fit. Le s juillet, M me Lesscher-Ternaux 
paraissait dans la Pie voleuse et était accueillie, comme à l'ordi- 
naire, par des sifflets. Les agents de police veulent imposer silence, 
les siffleurs résistent; il s'ensuit une bagarre, dans laquelle la moitié 
du public est entraîné hors de la salle ; des attroupements se 
forment sur la place, la garde du poste arrive, on fait des arresta- 
tions, on transporte les blessés : une véritable émeute. Pendant 
ce temps, le même désordre régnait dans les coulisses. Deux acteurs 
se battirent le lendemain au pistolet et l'un d'eux eut plusieurs 
doigts de la main fracturés. 

M me Lesscher-Ternaux quitta Bruxelles dans les vingt-quatre 
heures. Une quinzaine de prévenus étaient mis en cause dans ce 
procès. Quatre jeunes gens, qu'on avait arrêtés, furent libérés sous 



Du 4 septembre au 5 octobre, M IIe Folleville, qui avait commencé à Bruxelles par les rôles 
d'enfants, et qui revint, comme première chanteuse du Théâtre de Lyon, donne quatorze 
soirées; elle chante les opéras suivants : le Barbier de Séville (RosineJ,4 et 19 septembre, 
l'Irato (Isabelle), 6 septembre, la Jeune femme colère (Rose), 6 septembre, le Marquis 
de Tulipano (Velbina), 8 septembre, les Deux prisonniers (Clara), 8 septembre, le Con- 
cert à la Cour (Adèle), 10 et 26 septembre, le Calife de Bagdad (Késie), 10 septembre et 
5 octobre, la Dame blanche (Anna), 13 septembre, le Billet de loterie (Adèle), 15 sep- 
tembre, le Devin de village (Colette), 15 septembre, la Neige (M llc de Wedel), 17 sep- 
tembre, la Fausse Agnès (Angélique), 21 septembre et 5 octobre, le Petit matelot (Ful- 
bert), 21 septembre, le Valet de chambre (Denise), 26 septembre et 3 octobre, le Maçon 
(Henriette), 28 septembre, le Bouffe et le tailleur (Célestine), 28 septembre et I er octobre, 
Paul et Virginie (Virginie), 3 octobre ; — 24 octobre, première apparition de M me Saint- 
Ange, Tableau parlant ; — 1" novembre, nouveau concert de Mond, M lle Folleville, 
M me Saint-Ange ; — 7 novembre, Constant, de passage, joue Delmar, dans l'Ecole des 
vieillards ; — \j novembre, premier concert d'Auguste-Charles de Bériot, qui s'intitulait 
alors violon de S. M. le Roi de France; — 16 novembre, Caroline Linsel(M me Henri Mon- 
nier) remplace M lle Schafner dans le Billet de loterie; — 14 décembre, nouveau ballet de 
Petipa, Jocko, ou le singe du Brésil; — 22 décembre, réapparition de Monrose, du 
Théâtre-Français, une seule représentation ; — 27 décembre, Brocken, élève de Drouet, 
première flûte de la chapelle du roi de Saxe, joue dans un entr'acte ; — 3 janvier, concert 
de François-René Gebauer, basson, et de sa fille Herminie ; — 22 janvier, début de 
M 1Ie Bernardin, danseuse, dans Cendrillon; audition de Major, premier prix de piano du 
Conservatoire de Paris, qui joua des variations sur YdiirAu clair de la lune; — du 15 mars, 
série de représentations de M. et M me Lagardère, premiers rôles tragiques. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1823-30. 205 

caution; mais l'éditeur du Courrier des Pays-Bas, ainsi qu'un 
M. Levae, furent moins heureux ; Levae fut condamné à un mois 
de prison et lediteur à 50 florins d'amende, tous deux aux frais. 

Des mesures rigoureuses furent prises pour l'avenir, et ainsi finit 
cette malheureuse affaire, qui avait un moment affolé le public de 
la Monnaie. 

Au chapitre nécrologique de l'année, nous avons à enregistrer 
(25 septembre) la mort de Linsel (Pierre-Claude Peguchet), à l'âge 
de 52 ans. Les artistes célébrèrent un service funèbre, sous la direc- 
tion d'Hanssens. 

Le mois suivant (19 octobre) mourait, à Paris, Talma, qui avait été 
au nombre des Comédiens ordinaires du roi Guillaume. Le personnel 
de la Monnaie porta le deuil pendant quarante jours. On plaça au 
foyer le buste du grand tragédien, œuvre payée avec le produit 
d une souscription, et un spectacle fut donné à sa mémoire, avec 
une grande scène lyrique, intitulée : Hommage à la mémoire de 
Talma, paroles de Romieu, musique de Hanssens et de Cassel, 
ballet de Petipa. 

Avant cette pièce de circonstance, on avait représenté une tragédie 
reçue à la Comédie-Française, mais interdite par la censure : 
La mort de Charles P\ 3 actes en vers, de Charles Ricquier. En voici 
la distribution : 



Charles I er M. Bouchez. 

Marie-Henriette M me Charles Ricquier. 

Le duc de Glocester la petite Bouchez. 

Cromwell MM. R*** (Charles Ricquier). 

Bernardi, ministre chrétien envoyé de Rome . Folleville. 
Fairfax, Briginthom, Falklann, membres du 

Parlement et de la Haute-Cour Falberg, Alphonse et Leroux. 



Le 9 novembre, début de M lle Dorus, dans le rôle de la Princesse 
de Navarre, de Jean de Paris. Cette artiste abordait les planches 
pour la première fois. 

M" e Julie- Aimée- Josèphe Steenkiste — dite Dorus, du nom de sa 
mère — était fille du chef d'orchestre de Valenciennes,qui lui donna 
les premières leçons. Elle se perfectionna au Conservatoire de Paris 
et se produisit d'abord dans quelques concerts. L'administration du 
Grand Théâtre de Bruxelles, dont elle avait attiré l'attention, la con- 
fia à l'acteur Cassel; six mois après, son succès fut tel qu on lui 
signa immédiatement un contrat de trois ans. En 1833, elle épousa 



20Ô 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 



M. Gras, premier violon de l'Opéra, et on sait combien est devenu 
célèbre le nom de Dorus-Gras. Née le 7 septembre 1804, ^ a respec- 
table femme est aujourd'hui la doyenne de toutes les actrices de 
France et de Navarre. 

Le 27 novembre, concert de musique italienne, singulièrement 
accueilli par le public. M" c Pagliardini, M me Iseglio, M. Franceschi 
s'y faisaient entendre. Donnons, pour terminer, le récit humoristique 
de cette soirée par le journal l Aristarque : 

Concert Italien au Grand-Théâtre. 

De mémoire de musicien, on n'a entendu un concert plus grotesque que celui qui a eu lieu 
lundi dernier (27 novembre) à la grande salle de spectacle, en présence de deux cents ama- 
teurs, alléchés par la musique de Rossini et de Cimarosa, et par des noms italiens. Et quels 
étaient les acteurs de ce concert ? Un vieux bouffe, dont la figure est calquée sur celle du 
fameux grimacier de Tivoli, à Paris; ayant usé depuis longtemps sa voix dans les rangs 
d'un théâtre de troisième ordre ; et, dans l'impossibilité où il est de se faire entendre, 
voulant à toute force se faire remarquer par ses contorsions; à cela près, ne manquant pas 
d'aplomb. 

Un ténor à la figure chaffouine et au teint cuivré, pourvu d'une de ces grosses voix 
rauques, excellentes pour crier au feu, et passant du doux au grave avec une brusquerie 
d'intonation capable de faire pouffer de rire le plus grave habitant d'Amsterdam. 

Une prima dona, à qui on aurait tenu compte d'un peu de voix, de méthode et de goût, 
s'il lui avait convenu de chanter juste, mais filant des sons faux avec une assurance imper- 
turbable. 

Une petite personne assez gentille, 

Et de quinze ou seize ans doucement tourmentée, 
possédant tout juste autant de voix qu'il en faut pour chanter dans un repas de famille : Ah! 
vous dirai-je, maman, etc. 

Et enfin, une espèce de figurante, dont la tournure, la figure et la voix sont également insi- 
gnifiantes, et qui se trouvait là comme une cinquième roue à un carrosse. 

Pour compléter le tableau de cette soirée, on peut y joindre le parterre le plus poli et le 
plus galant, applaudissant ce qui aurait mérité cent coups de sifflets, faisant taire les mur- 
mures et les ris ironiques, et rappelant, par son indulgence, ce mot si connu : il faut que 
chacun vive. 



1827-28. 



Comédie et Tragédie. 



Acteurs. 

Messieurs : 
Charles Ricquier, premier rôle. 
Folleville, pères nobles. 
Bouchez, forts jeunes premiers. 
Lemoigne, jeune premier. 
Duval, financier. 
Falberg, pères nobles. 
Berthault, premier comique. 



Actrices. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 
Charles Ricquier, premier rôle. 
Verneuil, jeune première. 
Roussellois, caractères. 
Daudel, mères nobles. 
Lebrun, soubrette. 
Lemoigne, deuxième amoureuse. 
Caroline Linsel, troisième amoureuse. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 



20' 



> deuxièmes comiques. 



Perceval, 

Juillet, 

Baudot, 

Biget, 

Alphonse, troisièmes comiques. 

Louis, 

Vautrin. 



Margery, 
Aglaé, 



rôles de convenance. 



„ I 



grimes. 



rôles de convenance. 



Chanteurs. 



Messieurs : 

Damoreau, ■ 

Delos, / hautes-contre. 

Fouchet, ' 

Cassel, barytons et concordans. 

Adolphe, 



Dessessarts, 

Perceval, 

Juillet, 

Falberg, 

Alphonse, 

Leroux, 

Louis, 

Alexandre, 



t premières basses-tailles, 
hautes-contre comiques. 

deuxièmes basses-tailles 

coryphées. 



Opéra. 

Chanteuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Lemesle, \ 

Dorus, > premiers dessus. 
Sallard, ' 

Constant-Langlade, deuxième dessus. 
Roussellois, première duègne. 
Daudel, mère Dugazon. 
Caroline Linsel, deuxième chanteuse. 
Eugénie Fay, coryphée. 
Margery, 



Vanhamme, 
Aglaé, 



rôles de convenance. 



Dix-huit hommes. 



Danseurs. 



premiers danseurs. 



Messieurs : 

Petipa, maître de ballets et premier mime 

Leblond, 

Laserre, 

Stroyhaver, deuxième danseur. 

Laurençon, ) 

_ mimes. 

Calais, ) 

Bartholomin, rôles nobles. 

Gouriet, pères. 



Chœurs. 

Dix-huit femmes. 

Ballet. 

Danseuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles 
Martin, 



;•) 



Seize figurants. 



Leroux, ( 

Leblond 

Adeline 

Batier, 

Bartholomin, 

Margery, 

Gosselin, 

Pauline, coryphée. 

Seize figurantes. Huit enfants 



premières danseuses. 



deuxièmes danseuses. 



mimes. 



Orchestre. 



MM. HANSSENS aîné, maître de musique. 
Daubigny, répétiteur. 
HANSSENS^ewne, répétiteur des chœurs. 
Quarante-quatre musiciens. 

M. Monnier, régisseur. 

L'administration des théâtres royaux était confiée, comme précédemment, au Ministre de 
l'Intérieur et au comte de Liedekerke, grand-maréchal du palais. 



208 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1823-30. 

M lle Cinti, première chanteuse de l'Opéra et du Théâtre Italien, 
ayant eu des difficultés avec l'Académie de Musique, vient donner 
quatre représentations, du 26 juillet au 3 août, et c'est pendant ce 
temps qu'elle épouse le ténor Damoreau. 

Au bout de six mois, celui-ci, — se trouvant probablement isolé, 
loin de sa nouvelle épouse, — va la rejoindre à Paris, sans souci 
de ses engagements. Le 7 avril, on annonce un changement de 
spectacle, « vu l'absence de M. Damoreau, en contravention de ses 
traités avec l'administration ». Cette fugue fut vertement critiquée. 
On en voulait au ténor du mépris qu'il montrait à l'égard du public, 
de son directeur et de ses camarades. Un journaliste voulait appren- 
dre à tout Paris que Damoreau ne faisait pas seulement « des solé- 
cismes en chant, mais encore en conduite ». La Commission 
Royale fit assigner l'artiste, et le tribunal le condamna à payer 
« 2,835 florins, par lui dus à la caisse des pensions, plus les intérêts 
de cette somme et de toutes autres qu'il pourrait devoir, avec dépens 
et dommages-intérêts ». 

Ce départ donna lieu à un autre incident, sur lequel la lettre sui- 
vante va nous éclairer entièrement : 

A Messieurs les rédacteurs de la Sentinelle. 

Messieurs, un journal a dit, et d'autres ont répété, que MM. Cassel et Dessessart avaient 
été dimanche dernier accompagner leur camarade Damoreau, partant pour Paris : qu'arrivés 
à Hall, ils s'étaient livrés à des libations bachiques telles, que, de retour à Bruxelles, ils 
n'avaient pu remplir les engagements par eux contractés de chanter au concert de la Société 
d'Apollon. 

Pleins de respect pour le public, auquel nous eussions essentiellement manqué, nous nous 



23 avril, Desroches, du Grand Théâtre de Lyon, joue Victor, dans les Comédiens ; — du 
25 avril, quatre représentations de M. et M me Lagardère; — 26 avril, débuts des dan- 
seurs M. et M mc Leblond, M Ue Leroux ; — i er mai, début d'Adolphe, première basse-taille, 
Rolando, de la Caverne; — 7 mai, Laserre, premier danseur dans la Fille mal gardée; — 
10 mai, M me Mariin, première danseuse et mime, Nina; — 21 juin, Foignet, du Théâtre de 
Gand, chante Figaro du Barbier de Séville ; — 28 juin, M me Sallard, première chanteuse, 
débute dans Montano et Stéphanie; — 5 juillet, concert des frères Bohrer ; — 7 août, 
Romainville, élève de Paulin, se fait connaître dans le Légataire Universel; — 10 août, 
M mc Delonghi-Mœser, première harpiste et directrice des concerts de Berlin; — 13 août, 
concert du pianiste Camille Petit ; — 23 août, concert du flûtiste Drouet; — 10 septembre, 
reprise de l'opéra indigène Teniers ou la Noce flamande; — 23 octobre, concert de 
M lle Caroline de Belleville, pianiste de Munich, Borini, basson ; — du 3 décembre, série de 
représentations de Derivis ; — 3 et 7 janvier, représentation de M mc Chevalier-Branchu ; 
28 février, M" c Perceval, danseuse de l'Opéra de Paris, Mazas, violoniste ; — 12 mars, 
Harndorff, chef de musique du régiment suisse n° 31, se fait entendre dans un entr'acte ; 
— 21 mars, premier début de Virginie Maufou, élève de Bouchez, les Fausses infidélités. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 209 

devons de déclarer qu'il est faux et 'rès-f >u\ q-ie nous sovons a'iés à Hall, Que moi Ca sel, 
avais prévenu les administrateur- du concert qu'ét nt. aprè- la représentation du Siège de 
Corinthe, hors d'état, non-seulement de chanter mais même de parler, ih ne comptassent 
pas sur moi. Mon indisposition était telle que je ne sortis pas de ma chambre les dimanche 
et lundi. 

Que moi, Dessessart, ai prévenu MM. les directeurs du concert, et ce depuis près de 
quinze jours, que ne chantant à aucun concert public ou particulier, je les priais de ne point 
me porter sur le programme ; que je n'ai assistée aucune répétition, et qu'il était bien con- 
venu que je ne chanterais pas. 

Je déclare que dans la journée de dimanche, je ne suis sorti de chez moi que pour me 
rendre à la loge de VEspérance, où des devoirs particuliers m'appelaient. 

Il serait indigne de nous, Messieurs, de chercher à nous disculper du vice honteux dont on 
ose nous accuser; et notre seul but, en vous priant d'insérer cette lettre dans votre journal, 
est d'informer le public que l'on nous a injustement et faussement accusés. 

Nous sommes avec la considération la plus distinguée. 

Vos très humbles serviteurs, 

Dessessart. Cassel. 
Bruxelles, le 4 avril 1828. 



Spectacle gratuit — en matinée — le 14 août, pour le Roi des 
Pays-Bas et à l'occasion de sa fête : Le Déserteur, ballet de Dauber- 
vallet, le Pensionnat de jeunes demoiselles, opéra de Devienne. 

Le 12 septembre, concert de Julius Miller, compositeur, ex-pre- 
mier ténor de l'Electeur de Hesse-Cassel et du duc de Cambridge. 
Le flûtiste Drouet et le jeune Artot lui prêtèrent leur concours. 
Alexandre- Joseph Montagney, dit Artot, page de la musique de 
Charles X, roi de France, avait vu le jour à Bruxelles, le 25 jan- 
vier 181 5 ; élève de Snel, il joua devant le Roi Guillaume I er , à l'âge 
de 6 ans et, plus tard, le Conservatoire de Paris l'admit au nombre 
de ses pensionnaires. Il devint célèbre à l'égal de ses émules : 
Bériot, Vieuxtemps, etc., et mourut à Ville-d'Avray, près Paris, le 
20 juillet 1845, au moment où il venait de recevoir l'Ordre de 
Léopold. 

Le baron de Peellaert donne un nouvel opéra le 25 septembre : 
L'Exilé, 2 actes, paroles de Ach. Dartois, Anne et de Tully. Cette 
pièce avait été jouée, l'année précédente, au Vaudeville de Paris. 

En octobre, M lles Romanine, artistes orichalciennes, nous ramènent 
les spectacles forains. 



30 mars, grand concert, par la Société d'Apollon, au bénéfice de la Caisse de retraite ; — 
9 avril, première apparition de Mimi Dupuis, célèbre danseuse de l'Opéra de Paris; — 
du 10 au 16 avril, trois représentations de Lafeuillade; — 18 avril, dernière représentation 
de Bouchez. 

H 



210 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 

Déjà, on avait eu le célèbre Mazurier, premier mime et premier dan- 
seur comique de la Porte Saint-Martin. On raconte de lui les choses 
les plus étonnantes. Il était disloqué d'une façon inimaginable, d'une 
force peu commune et d'une adresse surprenante. Mazurier, consi- 
déré comme un véritable artiste, avait le talent d'un mime plein 
d'expression, excitant tour à tour le rire et les larmes. Dans un 
petit drame, intitulé Jocko, ou le singe du Brésil, après avoir 
égayé toute la salle, cousu dans sa peau de singe, par les gambades 
et les contorsions les plus extraordinaires, il arrachait des pleurs de 
tous les yeux par le spectacle de sa mort, bien que le masque dont 
son visage était recouvert ne lui laissât que le regard et le geste pour 
exprimer ses angoisses et ses souffrances. « C'est lui qui exécuta, le 
premier, l'exercice périlleux qui consistait à sauter sur le rebord des 
loges et des galeries, en costume de singe, et à faire ainsi à quatre 
pattes le tour de la salle deux ou trois fois, aux divers étages, exci- 
tant les cris de joie , de gaieté ou de frayeur des femmes ou 
des enfants. » (1) 

Pendant neuf représentations, il parut dans Jocko et dans Polichi- 
nelle vampire, ballet qui lui donna l'occasion de danser un pas sur 
des échasses. Il se montra même dans un vaudeville à transforma- 
tions, où il jouait trois rôles. Quelques mois après, Mazurier mourait 
d'une maladie de poitrine, à peine âgé de trente ans. 

Les 12 et 14 décembre, l'affiche porte : 

Par extraordinaire. — Les Chefs guerriers et Femmes Osages, au nombre de six, assiste- 
ront à cette représentation, placés au fond de la première galerie, en face du Théâtre. 

Quelques jours plus tard, il y eut à la Monnaie une telle affluence 
qu'on dut refuser du monde. La plus célèbre cantatrice de l'époque, 
Henriette Sontag, donnait son premier concert. Elle venait de Ber- 
lin pour se rendre à Paris, où elle débuta au Théâtre Italien. 

On sait qu'elle épousa ensuite le comte de Rossi. 



1827-28. — Ouverture, le 20 avril. 

Comédie et Tragédie. 

Acteurs. Actrices. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles Ricquier, premiers rôles.- Charles Ricquier, premiers rôles. 

Jenneval, jeunes premiers. Verneuil, jeunes premières. 

(1) Pougin. Dictionnaire du Théâtre. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30, 



21 1 



Lemoigne, jeunes premiers et seconds amou- 
reux. 
Folleville, pères nobles. 
Duval, financiers. 
Bosselet, troisièmes rôles. 
Berthault, premiers comiques. 
Juillet, 
Perceval, 

Alphonse, troisièmes comiques. 
Vautrin, rôles de convenance. 



seconds comiques. 



Lemoigne, deuxième et troisième amoureuse, 
Caroline Linsel, troisième amoureuse. 
Lebrun, soubrettes. 
Roussellois, caractères. 
Daudel, mères nobles. 
Bosselet, deuxièmes caractères. 
Margery, utilités. 



Chanteurs . 



Messieurs : 
Alphonse Dapreval, 
Delos, 

FOUCHET, 

Oudinot, Philippe. 

Cassel, Martin. 

Adolphe, 

Eugène Dessessarts, 

Perceval, Trial, Laruette. 

Juillet, Trial. 

Alphonse, \ deuxièmes et troisièmes 

Leroux, ) basses-tailles. 

Arnault, coryphée. 



hautes-contre. 



basses-tailles. 



Opéra. 

Chanteuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

T > premières chanteuses. 

Lemesle, ) 

Constant-Langlade, Dugazon. 

Corinaldi, deuxième chanteuse. 

Caroline Linsel, troisième chanteuse. 

Roussellois, duègnes. 

Daudel, mères Dugazon. 

Vautrin, troisième chanteuse. 

Eugénie Fay. coryphée. 



Chœurs. 



Dix-huit hommes. 



Danseurs. 

Messieurs : 
Petipa, maître de ballets, premier mime. 

Leblond, ) . , 

T } premiers danseurs. 

Lasserre, ) 

Stroyhaver, deuxième danseur. 

Bartholomin, mime et rôles nobles. 

Girel, premier danseur comique. 

Lemonnier, deuxième danseur comique. 



Treize femmes. 



Ballet. 

Danseuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Martin, \ 

Leroux, > premières danseuses. 
Leblond, ' 

Bartholomin, ) deuxièmes et troi- 

sièmes danseuses. 

coryphées 



Seize figurants. 



Louise Lemonnier, 

Pauline Lemonnier, 

Gosselin, 

Margery, 

La petite Benoni, les amours . 

Seize figurantes. Huit enfants 



Orchestre. 

MM. Ch. HANSSENS, maître de musique. 

Daubigny, répétiteur et maître de musique pour ballets. 
C.-L. Hanssens jeune, deuxième maître de musique, répétiteur des chœurs. 
Quarante-quatre musiciens. 



M. Monnier, régisseur. 



212 Le Théâtre de la (Monnaie — 1823-30. 

Jenneval, qui figure en tète de la troupe dramatique, était appelé 
à tenir une grande place, non seulement dans l'histoire du Théâtre 
de la Monnaie, mais encore dans l'histoire de la Belgique. Il débuta, 
le 29 avril, dans les Comédiens. Jeune et d'un extérieur agréable, il 
fut tout de suite remarqué, en dépit de sa voix, dont le timbre était 
quelque peu voilé, — défaut qu'il rachetait par la chaleur et la force 
d'articulation. Louis-Alexandre-Hippolyte Dechez (chevalier), dit 
Jenneval, naquit à Lyon, en 1803. H était ^ e frère utérin de Lamar- 
che, auteur du Marchand de Venise, et avait débuté à l'Odéon. 

Deux jours après l'ouverture, Auguste Nourrit, frère du célèbre 
artiste, se produit dans Georges, de la Dame blanche. On voulait 
peut-être exiger qu'il fût digne du nom fameux qu'il portait, et on 
le siffla de telle sorte qu'il ne tenta pas une seconde épreuve. 

La Sentinelle, nouvel opéra indigène, parut le 14 mai. Dewindt, 
chef d orchestre du Théâtre d'Anvers, en avait écrit la musique sur 
le livret d'un ancien vaudeville de Dartois. En dépit d une distribu- 
tion qui comprenait les meilleurs sujets de la troupe, cet ouvrage 
n'eut que deux représentations. 

Quelques mois plus tard, Adolphe Nourrit donne une série de 
représentations et, le 14 octobre, le Siège de Corinthe met en scène 
le père et le fils. 

Nous avons à signaler un incident des plus fâcheux — à tous les 
points de vue. Six vols avaient été commis dans le théâtre. Les 
époux Leblond, qui faisaient partie du ballet, se plaignaient notam- 
ment d'avoir été victimes d'une escroquerie de 350 florins, qui avait 
eu lieu dans le foyer même. On accusa le danseur Laurençon. 
Celui-ci fut emprisonné, jugé et condamné à un an de prison ; il en 
appela: le premier arrêt fut cassé aux applaudissements de l'audi- 



23 avril, dernière représentation de Mimi Dupuis, première apparition de Becquet élève de 
Roucourt, dans le Nouveau Seigneur de village; — 25 et 28 avril, Oudinot, artiste de 
passage, Euphrosine, Jeannot et Colin, le Délire; — 30 avril et 5 mai. Lecomte, pre- 
mier ténor de l'Odéon de Paris; — 13 mai, début de M lle Gorinaldi, troisième amoureuse, 
le Billet de Loterie; — du 1 5 mai, treize représentations de M. et M me Lemonnier, 
de TOpera-Comique ; — 28 mai, début de Oudinot, définitivement engagé; — 18 mai, 
première apparition du danseur Lemonnier; — 19 juin, première d'un ballet en trois 
actes, du danseur Bartholomin, le Triomphe de Sylla ou le Siège de Préneste, musique de 
Ch. Hanssens ieune; — 9 juillet, Emeric, première haute-contre, de Th. de La Haye, 
Femand Cortez; — 7 août, reprise de la Naissance de Vénus et de l'Amour, ballet de 
Petipa ; — 12 août, Baumont, danseur de l'Opéra de Paris; — 21 août, M me Arnault, 
dugazon, Fanchette et les Deux jaloux. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 213 

toire et Laurençon remis en liberté. Mais le public n'accueillit pas 
ainsi cette décision : 

De Bruxelles, le 2g juillet 1828. — La soirée de hier a été, au Grand-Théâlre, une des 
plus orageuses qui se soient vues depuis longtemps. Au moment où, dans le ballet des Deux 
baillis, ou les vendangeurs, l'acteur Laurençon a paru sur la scène, un bruit épouvantable 
d'applaudissemens, de sifflets, de cris et de huées a commencé et s'est renouvelé chaque 
fois qu'il rentrait en scène. Le ballet a néanmoins continué; mais des rixes particulières 
s'étant élevées dans le parterre, la police a cru de son devoir de faire baisser le rideau. Un 
bruit à peu près pareil et la voix de plusieurs personnes qui demandaient Laurençon se sont 
fait encore entendre pendant un quart d'heure, enfin la salle a été évacuée lentement 
et sans désordre. Une foule nombreuse était rassemblée à l'extérieur pour connaître le 
résultat de la soirée. 

Ce n'est pas tout. Le désordre qui s'était produit dans le théâtre, 
se renouvelle au dehors. Dans l'estaminet bien connu : Au Doux, 
éclate une rixe presque sanglante dans laquelle se compromettent 
Vautrin, employé du Théâtre de Liège, un tailleur, nommé Jans- 
sens, et deux artistes de la Monnaie, Dessessarts fils et Huot. Les 
deux premiers eurent à encourir une légère condamnation. 

Laurençon quitta Bruxelles après sa triste mésaventure et fut 
remplacé par Girel, qui débuta dans les Meuniers. 

Le 30 octobre, au bénéfice de la Caisse des pensions, « première » 
de Mazaniello, ou le pêcheur napolitain, de Carafa. 

Le 12 février fait connaître la Muette de Portici, qui devait, 
Tannée suivante, donner le signal des troubles révolutionnaires. 
Elle ne fut donc pas jouée pour la première fois en 1830 — comme 



I er septembre, M me Amélie Schutz, se rendant à Londres, Barbier de Séville ; — 3 septembre, 
début du ténor Alphonse Dapreval, Jean de Paris; — du 4 septembre, quatre représen- 
tations de M me Rosier, née Aumer; — du 17 septembre, série de représentations d'Adolphe 
Nourrit; — 13 novembre, M ,Ie Maria, première danseuse, les Pages du duc de Vendôme; 

— 20 novembre, première audition de Vieuxtemps, violoniste, âgé de huit ans, dans un 
grand concert, donné par Jean Mengal jeune, premier cor du roi de France; — 25 novem- 
bre, première apparition de Sirant, premier ténor de l'Opéra-Comique ; — 10 décembre, 
M Ue Lucie Vander Biest, élève de Bosselet, Tartuffe (Dorine) ; — 18 décembre, concert 
du flûtiste Guillou ; — 23, 26 et 29 décembre, Gavaudan, ancien directeur de la Monnaie; 

— 25 décembre, concert de la Société d'Apollon ; — 8 janvier, Schmitt, père et fils, 
exécutent des variations sur le trombone; — 29 janvier, le Conscrit, ou les petits bracon- 
niers, ballet du danseur Girel, musique de Charles-Louis Hanssens (jeune); — 8 mars, 
nouveau ballet de Petipa, les Enchantemens de Polichinelle, musique de Snel et de 
C.-L. Hanssens (jeune) ; — 24 mars, Constant Langlade « se destinant au théâtre » chante 
Zulnar, dans Zoraïme et Zulnar ; — I er avril, les frères et sœurs Rainer, Ménestrels tyro- 
liens, paraissent dans un intermède, sous le costume du pays; — 7 avril, le violoniste gan- 
tois Ghys exécute un air de sa composition. 



214 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 

on le croit volontiers. En voici la distribution, qu'on pourra com- 
parer avec celle que nous donnerons lors de ces mémorables événe- 
ments : 

Mazaniello MM. Sirant. 

Alphonse Fouchet. 

Pietro Cassel. 

Borrella Dessessarts. 

Moreno Juillet. 

Lorenzo Arnault. 

Fenella M me Martin. 

Elvire M Iles Dorus. 

Selva Alphonse. 

Une dame Eugénie Fay. 

L'opéra d'Auber obtint le plus grand succès. La Famille Royale 
tout entière assistait à la représentation, ne se doutant pas des 
funérailles que préparait cette pièce à la dynastie des Nassau. 

La Muette de Portici fut jouée douze fois et clôtura la saison 
(20 avril). 

La campagne suivante s'ouvrait le lendemain. On voit que 
le théâtre ne fermait pas. Les abonnements avaient lieu par mois, à 
raison de vingt représentations. Les engagements d'artistes mention- 
naient le 20 avril, pour fin ou renouvellement. 



1829-30. Comédie et Tragédie. 

Acteurs. Actrices. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles Ricquier, premiers rôles. Charles Ricquier, premiers rôles. 

Jenneval, jeune premier. Verneuil, jeune première, 
Lemoigne, jeune premier et second amoureux. Lemoigne, seconde et troisième amoureuse. 

Folleville, père noble. Caroline Linsel, troisième amoureuse. 

Duval, financier. Lebrun, soubrette. 

Bosselet, troisième rôle. Roussellois, caractères. 

Berthault, ) . . Daudel, mère noble. 

_ > premiers comiques. 

Stocklet, ) Bosselet, second caractère. 

Juillet, \ Margery, utilités. 

Perceval, > seconds comiques. 

Alphonse, ' 

Vautrin, rôles de convenance. 

Opéra. 

Chanteurs. Chanteuses. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lafeuillade, ) .. , Dorus, ) . 

_ > premières hautes-contre. . / premières chanteuses. 

Fouchet, ) Lemesle, j 



Le Théâtre de Lx (Monnaie 1823-30 



215 



Henry Jolly, Philippe, Gavaudan. 

Cassel, Martin. 

Rey, I premières bas^es- 

Eugène Dessessarts, ) tailles. 

Perceval, 

Juillet, 

Alphonse, 

Leroux, 

Arnault, coryphée 



> Trial, Laruette. 

> deuxièmes basses-tailles. 



Constant Langlade, Dugazon. 

Corinaldi, 1 deuxièmes et troisiè- 

Caroline Linsel, J mes chanteuses. 

Roussellois, duègne. 

Daudel, mère Dugazon. 

Vautrin, troisième chanteuse. 

Eugénie Fay, coryphée. 



Chœurs. 



Dix-huit hommes. 



Danseurs. 



Treize femmes. 



Messieurs : 

Petipa,' maître de ballets, premier mime. 

Leblond, 1 

T > premiers danseurs. 

Lasserre, ) 

Stroyhaver, deuxième danseur. 

Bartholomin, mime et rôles nobles. 

Girel, premier danseur comique. 

Lemonnier, deuxième danseur comique. 



Ballet. 

Danseuses. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Martin, ) 

> premières danseuses. 



Leroux 
Bartholomin, 
Louise Lemonnier, 
Trois coryphées. 



deuxièmes danseuses. 



Orchestre. 

MM. C. HANSSENS, maître de musique. 

Daubigny, répétiteur et maître de musique pour les ballets. 

C.-L. Hanssens jeune, second maître de musique, répétiteur des chœurs. 

M. Monnier, régisseur. 

Le premier début à signaler est celui de Lafeuillade (22 avril), 
dans Georges, de la Dame blanche. 

Lafeuillade était né au Pouget, canton de Gignac, le 24 octobre 
1799. Entré au Conservatoire de Paris, en 18 19, il chanta à l'Opéra, 



29 avril, M 1,e Dorsan, élève de l'Ecole de musique bruxelloise, débute dans le rôle de Fan- 
chelte, les Deux jaloux ; — du 5 mai, série de représentations de M lle Langle, première 
chanteuse; — 11, 14 et 18 mai, Rey, basse-taille; — 14 mai, Demunck, célèbre violoniste, 
élève de Pauwels; — 20 juin, concert de Théodore Hauman, de Bruxelles, violoniste; — 

25 juin, François Baumaun. d'Ostende, i er prix de basson du Conservatoire de Paris; — 

26 juillet, les Petites Danaïdes, ballet de Petipa, musique de Snel ; — 30 juillet, Théodore, 
seconde haute-contre, « désirant se faire connaître », paraît dans le comte Roger, du 
Petit Chaperon rouge; — 1 er et 11 septembre, M lle Montano, ex-première cantatrice des 
théâtres de Paris et de Naples, Barbier de Séville, la Pie voleuse ; — 19, 22, 26 octo- 
bre, M Ue Saint-Romain, première danseuse du Théâtre Royal de Berlin, élève de Titus; — 
12 novembre, concert de Terby, violoniste, et L. Coninx, flûtiste; — 7 et ^décembre, 
11 janvier, M lle Duchesnois, Phèdre, Mérope, Jeanne d'Arc. 



2i6 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 

tout en suivant les classes de chant. Deux ans plus tard, ses études 
étant terminées, il débute à Rouen. Son succès fut tel que le mar- 
quis Lauriston, surintendant des Beaux- Arts, fit rompre son enga- 
gement, et le rappela au Grand-Opéra. Il débute ensuite à l'Opéra- 
Comique et y reste jusqu'au moment d'arriver à Bruxelles. 
Lafeuillade retourna ensuite à la salle Favart et mourut à Montpel- 
lier subitement, le 9 mai 1872 (1). 

Une troupe de chanteurs allemands occupe le théâtre, du 14 juil- 
let au 12 août, et, à la dernière représentation, on les siffle. Lune 
de leurs compatriotes, M me Schutz, cantatrice du Théâtre Italien, 
de Londres, organisa une représentation de Tancrède à leur bénéfice 
— leur abandonnant sa part de la recette. 

Un événement musical, le 11 août : M me Malibran — alors au 
Théâtre Italien, de Paris — donne son premier concert à Bruxelles. 

PROGRAMME 

Première partie. 

1. Ouverture à grand orchestre. — 2. Air et variations de kc"€enerentola, de Rossini, 
chanté par M me Malibran. — 3. Concerto pour le violon, composé par Rode et exécuté par 
M. Th. Hauman. — 4. Duo de la Semiramide, de Rossini, chanté par M me Malibran et 
M" e Dorus. 

Seconde partie. 

5. Fantaisies pour la harpe, sur des airs irlandais, composées parLabarre et exécutées par 
M 1U D'Esporien. — 6. Una voce, air du Barbier de Séville, chanté par M m * Malibran. — 
7. Fantaisies sur les motifs de Lèocadie, composées par Lafont et exécutées par M. Hau- 
man. — 8. Tyrolienne chantée par M m * Malibran. 

( 1) Le Ménestrel. 



1830. — 4 janvier, au bénéfice de M lle Lemesle, la Muette de Portici ; — 11 janvier, Jeanne 
d'Arc à Rouen, tragédie, avec le concours de M Ue Duchesnois, du Théâtre-Français 
(Jeanne d'Arc), et de M. Saint-Ernest, élève de Talma (Talbot); — 21 janvier, bénéfice 
de Lafeuillade; — 26 janvier, première représentation de le Complot de famille ou le 
temps passé, comédie en 5 actes, en vers, de Alex. Duval ; — 28 janvier, au bénéfice de 
la « Caisse des pensions », première représentation de les Petits appartements, opéra en 
1 acte, de Dupin et Varner, musique de Berton; — 11 février, première représentation de 
Alfied le grand, ballet-pantomime en 3 actes et à grand spectacle, par M. Aumer, maître 
de ballet, musique de W- Robert, comte de Gallenberg, mise en scène par Petipa; — 
13 février, au bénéfice de M. Léon, deuxième représentation de la reprise de Thérèse, 
mélodrame en 3 actes et à grand spectacle, de M. Victor ; — 16 février, au bénéfice de 
M lle Verneuil, première représentation de Henri III et sa cour, drame historique en 
5 actes et en prose, de M. Alexandre Dumas; — 20 février, au bénéfice de M. Lemoigne, 
première représentation de la Seconde année, vaudeville nouveau en un acte, de 
MM. Scribe et Mélesville; — 22 février, première représentation de le Pied de mouton, 
grand ballet-pantomime, féerie-comique en six petits actes, par Bartholomin, musique de 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1823-30. 217 

Quelques jours après, l'éminente cantatrice joue Rosine dans le 
Barbier de Séville. Voici la relation de cette soirée, à laquelle assis- 
tait toute la Famille Royale. 

De Bruxelles, le 12 août 1829. — Le concert de M me Malibran-Garcia avait attiré hier 
une affluence extraordinaire au Théâtre-Royal. Nous avons quelquefois eu le bonheur 
d'admirer des cantatrices de premier ordre, mais nous ne nous rappelons pas qu'aucune 
ait produit pareil enthousiasme. Comment aussi, à moins de l'entendre, se faire l'idée d'une 
voix qui offre l'étendue extraordinaire de plus de deux octaves et demie, ce qui donne à 
son chant, d'ailleurs guidé par un goût exquis, une variété de caractère impossible à toute 
autre cantatrice. Sans mentionner ses divers morceaux, qui ont tous également charmé nous 
ne citerons que son duo avec M llc Dorus, dans lequel notre jeune première s'est montrée la 
digne émule d'un talent supérieur; ensuite la romance à refrain tyrolien, et la chanson, en 
style de Vadé, par lesquelles elle a terminé cette agréable soirée. Analyse qui voudra toute 
la gentillesse et l'originalité de ce dernier morceau; nous nous bornons à dire qu'une triple 
salve d'applaudissements a accompagné la sortie de l'aimable cantatrice, et que, redemandée 
ensuite à grands cris, elle est venue recevoir un nouveau tribut de manifestation unanime 
d'enthousiasme... 

La Malibran (Marie-Félicité Garcia) naquit à Paris, le 24 mars 
1808. Elle parcourut avec son père — le créateur du rôle de Figaro, 
dans le Barbier, de Rossini — l'Italie, la France, l'Angleterre, et 
c'est à quinze ans qu'elle commence ses études de chant. Elle fit sa 
première apparition sur le Théâtre du Roi, à Londres ; puis, partit 
pour New-York, où elle épousa un négociant français, Malibran. 
Son mariage ne fut pas heureux; elle retourna en France, et, de 
son entrée au Théâtre-Italien, date sa grande réputation. Malibran 



Hanssens jeune, décors de Gineste et Frichot ; — 6 mars, première représentation de 
Cricri et ses mitrons, parodie en vers et en cinq tableaux de Henri III et sa Cour, par 
M. Carmouche, Jouslinde la Salle et Dupeuty (au bénéfice de Caroline Linsel) ; — 13 mars, 
au bénéfice de M. Juillet, première représentation de Bonardin dans la lune, folie en un 
acte, par M. Honoré; — 18 mars, première représentation de Guillaume Tell, grand 
opéra en 4 actes, paroles de Jouy et Bis, musique de Rossini, divertissements réglés et 
mis en scène par M. Petipa, décors peints par M. Gineste et machinés par M. Frichot, 
costumes de Decker et des dames Champion et Lacroix 

Guillaume Tell MM. Cassel. 

Arnold Mectal Lafeuillade. 

Walter Furst Dessessarts. 

Mectal, père Bouchez. 

Gésier, gouverneur des cantons de Schwitz et d'Uri. . . . Rey. 

Mathilde, princesse de la maison de Hapsbourg, destinée au 

gouvernement de la Suisse jyi mcs Dorus. 

Hedwige, femme de Guillaume Tell Lemesle. 

Jemmy, son fils Linsel. 

Ruodi, pêcheur MM. Fouchet. 

Leuthold, berger Alphonse. 



218 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1823-30. 

épouse le violoniste de Bériot et meurt à Manchester (23 septem- 
bre 1836), à la suite dune chute de cheval — à peine âgée de 28 ans, 
et en pleine gloire. Elle fut enterrée à Laeken et de Bériot lui fit 
élever un superbe mausolée. 

Les artistes étaient protégés par la Reine des Pays-Bas, qui leur 
donnait des témoignages de sa munificence. C'est ainsi que 
M Ue Dorus reçut une parure en pierres précieuses ; Hanssens, Cassel 
et Dessessarts eurent chacun une bague enrichie de diamants. 

Le 7 octobre, nous voyons encore la Muette de Portici, et pour 
une représentation de gala en l'honneur du grand duc Constantin 
de Russie ! 

Le 9, (( première » d une pièce indigène : Baron chez Molière, 
1 acte en prose, de Prosper Noyer. 

Distribution : 

Molière MM. Charles. 

Baron, neveu de Ménard, élève de Molière Jenneval. 

Ménard, propriétaire Duval. 

Armande M me Lemoigne. 

Lafleur, domestique de Molière MM. Stoklet. 

Mascarille, valet de Ménard Juillet. 

Un domestique Brems. 

Le 16 octobre, événement plus rare encore : seconde reprise de 
Teniers, on la noce flamande, Topera du baron de Peellaert. 

Puis, deux nouvelles pièces du cru : Alcibiade, grand-opéra en 
deux actes, d'Hanssens aîné (30 octobre) ; le Pied de mouton, ou les 
aventures surprenantes de dom Niaiso-Sottinez-Jobardi-Godichas de 
Nigaudinos, ballet -pantomime en six actes, de Bartholomin, 
musique de C.-L. Hanssens jeune (22 février). 

Jenneval ayant quitté furtivement Bruxelles, pour s essayer au 
Théâtre-FYançais, un journal du temps (1) parle en ces termes de 
sa fugue : 

M. Jenneval nous a quittés à la sourdine pendant la dernière quinzaine de janvier pour 
aller débuter à la Comédie-Française, et cette hardiesse a eu les plus heureux résultats. Notre 

( 1 ) Gazette Générale des Pays-Bas. 



,830. — 20 mars, au bénéfice de M me Lemoigne, première représentation de l'Espionne 
russe, épisode de 1812, vaudeville en 3 actes, par MM. Mélesville et Carmouche ; — 
29 mars, au bénéfice de M. Fouchet, première représentation de Une fête de Néron, 
tragédie en 5 actes et à spectacle par MM. A. Soumet, de l'Académie française, et 
Louise Belmontet, ornée de danses par M. Petipa, musique de M. Hanssens jeune. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1830-31. 



219 



jeune premier a joué... devant le public des dimanches et des grands ;ours de la semaine au 
Théâtre-Français, et spectateurs et journalistes se sont accordés à lui trouver de l'âme, une 
diction variée, de l'aplomb et surtout l'âge requis pour attendre son tour, ce qui \ eut dire, du 
moins on l'assure, que l'on a là-bas des vues sur lui pour 183 1 . 

Le journaliste ne prévoyait guère le rôle que cet artiste jouerait 
dans la Révolution Belge. 

Pour terminer le récit de cette campagne, mentionnons le passage, 
à la Monnaie (22 février) des sieurs Manche et Doras, alcides fran- 
çais, qui vinrent y donner leurs exercices de force et d'agilité. 

Clôture, le 20 avril. 



1830-31. — Ouverture, le 21 avril. 



Comédie et Tragédie. 



Acteurs. 



Messieurs : 
Charles Ricquier, premiers rôles. 
Jenneval, jeune premier. 
Bouchez, forts jeunes premiers. 
Lemoigne, jeune premier et second amou- 
reux. 
Folleville, père noble. 
Duval, financiers. 
Bosselet, troisième rôle. 
Arnault, premier comique. 
Juillet, \ 

Perceval, V seconds comiques. 
Alphonse, ' 
Vautrin, rôles de convenance. 



Actrices. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Charles Ricquier, premiers rôles. 
Verneuil, jeune première. 
Lemoigne, seconde et troisième amoureuse. 
Caroline Linsel, \ troisièmes amou- 
Amélie Margery, ) reuses. 

Lebrun, soubrette. 
Roussellois, caractères. 
Daudel, mère noble. 
Bosselet, second caractère. 



Chanteurs. 



premières hautes-contre 



Messieurs 

Lafeuillade, 

Fouchet, 

duvernoy, / 

Henry Jolly, Philippe, Gavaudan. 

Cassel, Martin. 

Rey, l premières basses- 

Eugène Dessessarts, \ tailles. 

Perceval, 

Juillet, 

Bouchez, deuxième et troisième basse-taille. 

Duchateau, coryphée. 



Opéra. 

Chanteuses. 
Mesdames et Mesdemoiselles : 

Dorus, } 

Lemesle, 



Trial, Laruette. 



premières chanteuses. 



Chapuis-Lemaire, 1 

Pépin, Dugazon. 

Caroline Linsel, deuxième et troisième 

chanteuse. 
Roussellois, duègne. 
Daudel, mère Dugazon. 
Vautrin, troisième chanteuse. 
Eugénie Fay, coryphée. 



220 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1830-31. 

Chœurs. 

Dix-huit hommes. Treize femmes. 

Ballet. 

Danseurs. Danseuses. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Petipa, maître de ballets, premier mime. Leroux, 



Lasserre, \ Lecomte, > premières danseuses. 

Guillemin, ? premiers danseurs. Benoni, ' 



M 

Benoni, ' Bartholomin, ) 

c 1 •< , T T 1 deuxièmes danseuses. 

bTROYHAVER, deuxième danseur. Louise Lemonnier, ) 

Bartholomin, mime, rôles nobles. Trois coryphées. 

Carelle, danseur comique. 

Lemonnier, deuxième danseur comique. 

Seize figurants. Seize figurantes. Huit enfants 

Orchestre. 

MM. C. HANSSENS, maître de musique. 

Daubigny, répétiteur et maître de musique pour les ballets 
C.-L Hanssens jeune, second maître de musique, répétiteur des chœurs. 
Quarante-quatre musiciens. 

M. Monnier, régisseur. 

24 avril, première représentation de le Bourgmestre de Sardam, vaudeville en 2 actes, par 
Mélesville, Merle et Boirie ; — I er mai, au bénéfice de M. Alphonse, première repré- 
sentation de le Bal Champêtre au cinquième étage, tableau-vaudeville en 1 acte, par 
Achille Grégoire; — 4 mai, début de M. Arnault, premier comique le Festin de Pierre; — 
10 mai, début de M Carelle, danseur comique, le Carnaval de Venise; — 12 mai, pour la 
première représentation de M. Perlet, premier comique du Théâtre de Madame, l'Homme 
de 60 ans; M. Perlet donne encore huit représentations jusqu'au 3 juin; — 13 mai, début 
de M me Pépin, première dugazon, Euphrosine; — 17 mai, première représentation de la 
Famille du baron, de Scribe et Mélesville, vaudeville en 1 acte; — 23 mai, début 
de M. Duvernoy, premier ténor, Ma Tante Aurore; — 18 juin, intermède par les trois 
Tyroliens : MM. Wilmoser, Sebster, Gender; — 19 juin, première représentation de la 
Cour d'assises, tableau-vaudeville, 1 acte, de Scribe et Varner; — 3 juillet, au bénéfice 
de M. Bartholomin, première représentation de le Vieux pensionnaire, vaudeville nou- 
veau en 1 acte, de MM. Bayard et Hippolyte Leroux; — 8 juillet, première représentation 
de les Inconsolables, comédie nouvelle, en 1 acte et en prose, de Scribe; - 10 juillet, pre- 
mière représentation de Marie Mignot, comédie historique, mêlée de couplets, en 
trois époques, par Bayard et Paul Duport ; — 15 juillet, première représentation de Fra 
Diavolo, opéra comique en 3 actes, paroles de Scribe, musique d'Auber; — 19 juillet, 
début de M. Benoni, premier danseur, la Laitière suisse ; — 31 juillet, première représen- 
tation de Zoé, ou V Amant prêté, vaudeville, 1 acte, de Scribe et Mélesville; — 2 août, 
début de M me Lecomte, première danseuse, Cendrillon ; — 5 août, première représenta- 
tion de Ma place et ma femme, comédie en 3 actes, de Bayard et Gustave de Wailly ; — 
13 août, exercices de M. Paul Mathevet, « grand alcide français, hercule des hercules de 
l'Europe, premier modèle des Académies de France, d'Allemagne, d'Italie, etc. » ; — 
20 août, première représentation de Mon Oncle le Bossu, comédie en 1 acte, en prose, par 
MM. Lafontaine, Mélesville et E. de Gaville; — 21 août, première représentation 
de Pierre, ou le couvreur, vaudeville en 4 actes et 5 tableaux, de Brazier et Carmouche. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1830-31. 2_u 

Le Roi Guillaume ne se doutait pas que la Muette de Portici 
deviendrait le signal d'une révolution d'où le trône de Belgique lui 
serait arraché. Il fit jouer cet opéra — par ordre — le 29 juin. 

Deux mois plus tard, l'affiche était ainsi composée : 



THÉÂTRE ROYAL 

LES COMÉDIENS ORDINAIRES DU ROI 

Donneront aujourd'hui Mercredi, 25 Août 1830 

Abonnement suspendu 

(billets et entrées de faveur généralement supprimés) 

LA MUETTE DE PORTICI 

Grand-Opéra en 5 actes, à grand spectacle, paroles de 
MM. Scribe et G. Delavigne; musique de M. Aubert; diver- 
tissements de M- Petipa. 

Mazaniello, pêcheur napolitain, MM. Lafeuillade. 

Alphonse, fils du comte D'Arcos, vice-roi de Naples, Fouchet. 

Pietro, l ( Cassel. 

Borrella, > compagnons de Mazaniello, / Dessessarts. 

Moreno, \ f Juillet. 

Lorenzo, confident d'Alphonse, Arnault. 

Fénella, sœur de Mazaniello, M mes Benoni. 

Elvire, fiancée d'Alphonse, Dorus. 

Selva, officier des gardes du Roi, M. Bouchez. 

Une dame de la suite d'Elvire, M me Hottmann. 

Officiers, magistrats, nobles de la cour, pages, dames napolitaines, Espagnols, 
Napolitains, pêcheurs, peuple, soldats, enfants, etc. 

DANSE : MM. Lasserre, Murât, Philodot, M mes Leroux, Bartholomin, Coulon, 

corps de ballet 

Les bureaux seront ouverts à 6 heures. 

On commencera à 7 heures. 

Demain, André et Denise, ballet; le Jeu de l'Amour et du 

Hasard, comédie, M. Doligny continuera ses débuts par le 

rôle de Pasquin. 

Vendredi, le Siège de Corinthe. 

THEATRE DU PARC 

Samedi, la première représentation de lOubli, ou la 
Chambre nuptiale, vaudeville nouveau en 1 acte ; la seconde 
représentation de Pierre, ou le couvreur; la Manie des Places : 
Zoé, vaudevilles. 



222 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1830-31 



A cause de l'effervescence qui régnait depuis quelque temps, on 
avait défendu de jouer cette pièce. Mais l'interdiction fut levée, le 24. 

La Muette attira une telle affluence, que bon nombre de specta- 
teurs, n'ayant pu pénétrer dans la salle, formaient sur la Place de 
la Monnaie des groupes où se manifestait une grande agitation. 

La pièce soulève les plus vifs enthousiasmes. Le célèbre duo : 
« Amour sacré de la patrie », chanté par Lafeuillade et Cassel, est 
bissé. Au troisième acte, quand Masaniello pousse le cri « Aux 
armes! », le public entier lui répond par un hourrah formidable. 
On ne laisse pas achever la pièce. Lafeuillade est applaudi, rappelé 
avec transport. La foule se précipite au dehors et alors se produi- 
sent les événements que l'on connaît et qui ne sont pas du domaine 
de notre histoire . . 

7 

Pour perpétuer le souvenir de cette représentation, on frappa une 

médaille, dont nous donnons la reproduction (1) : 





La médaille de la Muette de Portici. 

Le théâtre fut fermé pendant quelques semaines. 
Il se rouvrit le 12 septembre : 

De Bruxelles, le 13 septembre 18 jo — Hier, après la comédie des Inconsolables, on a 
demandé avec instance la présence de Lafeuillade, pour l'inviter à chanter quelques hymnes 
patriotiques qu'on lui désignait, notamment la Brabançonne et une autre sur un air de la 



(l) Guioth. Histoire numismatique de la Belgique. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1830-31. 223 

Muette, avec un refrain : la liberté ne t'échappera pas ! Lafeuillade s'est empressé de satis- 
faire au vœu du public, et les deux morceaux de chant ont été couverts d'applaudissemens. 
Ensuite rassemblée a vivement manifesté le désir de voir MM. les artistes du théâtre qui font 
partie de la garde bourgeoise. Lafeuillade s'est retiré un instant et a reparu accompagné 
d'une quinzaine de ces messieurs qui ont été accueillis par des salves répétées de bravos; 
enfin, sur une nouvelle demande du public, Arnault s'est avancé et a chanté l'hymne intitulé : 
le Garde bourgeois, aux acclamations générales. N'omettons pas de dire que les refrains delà 
plupart des couplets étaient répétés en chœur par l'auditoire. Deux drapeaux aux couleurs 
belges étaient attachés à la frise de l'avant-scène. Dans la bruyante évocation des morceaux 
qu'on voulait entendre, une voix ou deux ont demandé la Marseillaise, mais ce cri 
a été chuté. 

La Brabançonne, dont il est question dans ce compte-rendu, se 
rattache à notre sujet par ses auteurs : Jenneval et Van Cam- 
penhout. 

Elle fut chantée pour la première fois le 12 septembre 1830. Jen- 
neval avait recité déjà son poème dans un établissement tenu par un 
certain Cantoni, situé près le théâtre, et où se réunissaient les 
artistes. Ce fut là que Campenhout offrit d'en écrire la musique. 

François Van Campenhout — dit Campenhout — né à Bruxelles, 
le 5 février 1779, y est mort le 24 avril 1848. 

Ce millésime 1779 était une date fatidique pour Campenhout, qui affectait d'oublier son 
acte de naissance quand on avait l'indiscrétion de la lui demander. A un sien ami (Delhasse) 
qui avait révélé son âge en publiant sa biographie, le coquet vieillard, le beau d'autrefois, 
adressa une épître des plus lamentables « Quelle diable d'idée avez-vous eue là, lui dit-il, 
d'aller exhumer cette date atroce que vous venez de clouer à mon front sexagénaire } Quand 
le fossoyeur a rempli son office, et que le cadavre a reçu sur la face et sur le ventre, quatre 
à cinq pieds de terre, n, i, ni, c'est fini ; la farce est jouée. Pour lors, les dates peuvent arri - 
ver à foison ; le défunt n'a plus rien à redouter de l'impitoyable vérité. Si le vieil artiste a 
conservé jusqu'au terme de ses derniers travaux, quelques étincelles d'un talent remarquable, 
oh ! alors, c'est tout autre chose ; on dirait : c'est-il Dieu, possible 1 quoi ! le défunt avait cet 
âge là ? c'est prodigieux! Mais lui jeter au visage et de son vivant, ce terrible 1779; c'est le 
tuer moralement... Pour en finir, mon cher Delhasse, mon extrait de naissance seul a tort, 
seul, il est vieux ! et je sens que mon cerebrum est encore assez solide pour être bon à quel- 
que chose; tout n'est pas épuisé, il reste de l'huile dans la lampe; nous verrons bien, 
Apollon nous aidant. » 

Campenhout possédait une magnifique voix, qui lui valut de 
longs succès sur les plus grandes scènes. Il composa, en outre, plu- 
sieurs œuvres lyriques. 

Les spectacles se succédèrent tant bien que mal, au milieu de 
l'agitation générale, jusqu'au 19 septembre. Les troubles, qui 
avaient alors éclaté dans le pays entier, firent fermer définitivement 
le théâtre. 

Trois jours avant, il y avait eu, par ordre, une soirée au bénéfice 



224 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1830-31. 

des indigents et des ouvriers sans travail. La dernière soirée fut 
composée de : La Belle-mère et le gendre, comédie en 3 actes, 
en vers, de Samson, et la Belle au bois dormant, ballet en 4 actes, 
d'Aumer. 



Répertoire des Théâtres Royaux, de 18 18 à 1830, 

ABRÉVIATIONS. 

Amb. Ambigu-Comique. — G. Gaité. — G. O. Grand-Opéra. — Gym. Gymnase. — J. Art. Jeunes Artistes. 
— Mon. Monnaie. — Nouv. Nouveautés. — Nouv. Troub. Nouveaux Troubadours. — O. Odéon. — O. C 
Opéra-Comique. — P. Parc. — P. S- M. Porte-S'-Martin. — Th. Fr. Théâtre-Français. — Var. Variétés. — 
Vaud. Vaudeville. 

Nota. — La date qui précède la pièce est celle de la première représentation à Bruxelles; celle qui la suit est 
la date de la première à Paris. 

Comédies. 

1818. — 7 octobre, la Famille Glinet, 5 a. v. Merville (O. 18 juillet 1 8 1 8) ; — 16 novembre, 
l'Ami Clermont, 3 a. pr. Marsollier; — 25 novembre, les Marins, 1 a. pr. Bernard. 

1819. — 5 juillet, les Sentinelles, ou il n'aura pas même un baiser, 1 a. pr. M me ***; — 

16 juillet, la Fille d'honneur, 5 a. v. A. Duval (Th. Fr. 30 décembre 1818); — 21 sep- 
tembre, l'Irrésolu, 1 a v. O. Leroy (Th. Fr. 15 juillet 1819). 

1820. — 4 avril, les Voisins, 1 a. pr. Picard (O. 7 mai 1819) ; — 20 sepembre, Molière 
chez Ninon, 1 a. v. Chazet, Dubois (O. 27 avril 1820) ; — i er octobre, le Marquis de Pome- 
nars, 1 a. pr. M me S. Gay (Th. Fr. 18 décembre 1819); — 3 novembre, le Folliculaire, 
5 a. v. de La Ville de Mirmont (Th. Fr. 6 juin 1820). 

1821. — 28 décembre, les Comédiens, 5 a. v. C. Delavigne (O. 6 janvier 1820) ; — 19 jan- 
vier, V Amour et le procès, 1 a. v. Nanteuil (Th. Fr. 4 décembre 1820); — 7 avril, la 
Chaumière, ou un bienfait n'est jamais perdu, 1 a. pr. M me Jouenne; — 20 avril, le Jeune 
homme en loterie, 1 a pr. A. Duval (Gym. 17 mars 1821); — 12 juin, P. le Parrain, 1 a. 
pr. Delestre, Scribe, Mélesville (Gym. 23 avril 1821); — 17 juin, le Mari et l'amant, 1 a. 
pr. Vial (Th. Fr. 15 février 1821); — 19 août, le Voyage à Dieppe, 3 a. pr. Wafflard, 
Fulgence (O. I er mars 1821) ; — 5 septembre, l'Heureuse rencontre, 3 a. v. Planard (Th. 
Fr. I er juin 1821); — 18 octobre, Un jeu de bourse, 1 a. pr. Picard, Wafflard, Ful- 
gence (Gym. 26 juillet 1821); — 11 novembre, la Mère rivale, 3 a. v. Bonjour (Th. Fr. 

4 juillet 1821). 

1822. — 23 janvier, les Plaideurs sans procès, 3 a. v. Etienne (Th. Fr. 29 octobre 1821); — 

5 juillet, les Deux ménages, 3 a. pr. Picard, Wafflard, Fulgence (O. 31 mars 1822); — 

17 octobre, le Méfiant, 5 a. v. Tiste; — 13 novembre, les Quatre âges, 5 a. v. Merville 
(Th. Fr. 19 août 1822). 

1823. — Une intrigue de bureau, 5 a. v. Roucher; — I er mai, Un moment d'imprudence, 
3 a. pr. Wafflard, Fulgence (O. i Cr décembre 1819); — 12 mai, l'Ami du mari, a. v. 
Adenis (O. 12 mars 1822); — 17 juillet, l'Education, 5 a. v. Bonjour (Th. Fr. 10 mai 1823); 

— 19 août, le Chevalier d'industrie, 5 a. v. A. Duval (Th. Fr. 13 avril 1809); — 
19 novembre, le Mari intrigué, 3 a. v. Désaugiers (O. 1 1 novembre 1806). 

1824. — 27 janvier, l'Ecole des vieillards, 5. a. v. C Delavigne (Th. Fr. 6 décembre 1823); 

— 5 février, l'Auteur malgré lui, 3 a. v. Saint-Rémy (Th. Fr. 18 octobre 1823) ; — 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 02 



11 mars, Luxe et indigence, 5 a v. D'Epagny (O. 17 janvier 1824); — 29 septembre, 
V Adjoint et l'avoué, 2 a. pr. Romieu (O. 14 juin 1824) ; — 11 novembre, le Mari à bonnes 
fortunes, 5 a. v. Bonjour (Th. Fr. 30 septembre 1824); — 25 novembre, les Deux Anglais, 
3 a. pr. Merville (O. 3 juillet 1817). 

1825. — 23 janvier, le Tardif, 1 a. v Gensoul (Th. Fr. 8 décembre 1824); — 27 juillet, 
V Intrigue italienne, 3 a. v. Roucher ; — 12 août, le Roman, 5 a v. Delaville (Th. Fr. 
22 juin 1825); — 28 novembre, le Mort dans l'embarras, 3 a. v. De Wailly, L. Duval 
(O. 8 octobre 1825); — 20 décembre, V Auteur et V avocat, 3 a. v. P. Duport (Th. Fr. 

2 septembre 1825). 

1826. — 7 mars, la Princesse des Ursins, 3 a. pr. A Duval (Th. Fr. 25 décembre 1825); — 
26 mars, la Petite maison, 3 a pr. Mélesville (Th. Fr. 24 février 1826) ; — 11 septembre, 
l'Agiotage, 5 a. pr. Picard, Empis (Th. Fr. 25 juillet 1826 ; — 27 septembre, le Rêve du 
mari, 1 a. v. Andrieux(TH. Fr. 20 mai 1826) ; — 21 décembre, Pauline, 3 a. pr. Dumersan 
(Th. Fr. 10 juin 1826). 

1827. — 22 janvier, le Jeune mari, 3 a. pr. Mazères (Th. Fr. 7 novembre 1826) ; — 17 mai, 
V Homme habile, 5 a v. D'Epagny (O. 19 février 1827); — 19 juillet, les Trois quartiers, 

3 a. pr. Picard, Mazères (Th. Fr. 31 mai 1827); — 30 octobre, la Première affaire, 3 a. 
pr. Merville (O. 28 août 1827). 

1828. — 31 janvier, l'Important, 3 a. v Ancelot. (O. 4 décembre 1827); — 18 février, 
le Mariage d'argent, 5 a pr. Scribe (Th. Fr. 3 décembre 1827) ; — 24 mars, Chacun de 
son côté, 3 a. pr. Mazères (Th. Fr. 25 janvier 1828) ; - 25 juin, l'Enfant trouvé, 3 a. 
pr. Picard, Mazères (O. 13 décembre 1824); — 11 août, l'Intrigue et l'amour , 5 a. v. 
Delaville (Th. Fr. i er avril 1826). 

1829. — 8 janvier, la Belle-Mère et le gendre, 3 a. v. Samson (O. 20 avril 1826); — 
9 octobre, Baron chez Molière, 1 a. pr. Noyer; — 26 novembre, le Protecteur et le mari, 
3 a. v. Bonjour (Th. Fr. 5 septembre 1829). 

1830. — 26 janvier, le Complot de famille, 5 a. v. A. Duval (Th. Fr 12 mai 1829); — 
5 juillet, les Inconsolables, 1 a. pr. Scribe (Th. Fr. 8 décembre 1829); — 6 août, Ma place 
et ma femme, 3 a. pr. Bayard, De Wailly (O 30 avril 1830); — 20 août, Mon oncle le 
bossu, 1 a. pr. Lafontaine, Mélesville (O. i er décembre 1829). 



Tragédies. 

1819. — 6 août, Marius à Minturnes, 3 a. v. Arnault (Th. Fr 7 janvier 1792); — I er sep- 
tembre, Prèmislas, ou les sœurs rivales, a. v Arnault /Th. Fr (?) 18 1 9) ; — 23 décembre, 
les Vêpres siciliennes, 5 a v. C. Delavigne (O. 23 octobre 1819). 

182 1. — 19 mars, Guillaume, 5 a. v. Alvin ; — 13 mai, Clovis, 5 a. v. Viennet 
(Th. Fr. 19 octobre 1820); — 27 mai, Hector, 5 a. v. Luce de Lancival (Th. Fr. 
I er février 1809). 

1822. — 23 juillet, Régulus, 3 a v. Lucien Arnault (Th. Fr 5 juin 1822); — 21 décembre, 
Sylla, 5 a. v. Jouy (Th. Fr. 27 décembre 1821 ). 

1823. — 5 janvier, Clytemnestre, 5 a. v. Soumet (Th. Fr. 7 novembre, 1822); — 5 mars, 
Marie de Bourgogne, 5 a. v. Smits. 

1824. — 8 juillet, Richard III et Jane Shore, 5 a. v. Lemercier (Th. Fr. i er avril 1824) ; — 
13 décembre, Olaùs, ou la vengeance, 5 a. v. Smits. 

1825. — 5 mai, Germanicus, 5 a. v. Arnault (Th. Fr. 22 mars 1817) ; — 7 mai, Bèlisaire, 
5 a. v. Jouy (Th. Fr. 28 juillet 1825). 

1826. — 6 octobre, Ix Mort de Charles I er , 2 a. v. Ricquier. 

1827. — 29 mars, Pierre de Portugal, 5 a. v. Lucien Arnault (Tn. Fr. 21 octobre 1823). 
1830. — 29 mars, Une fête de Néron, 5 a. v. Soumet, Belmontet(0. 29 décembre 1829). 

15 



iô Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 



Drames et Mélodrames. 

1818. — 29 mai, le Château de Paluzzi, 3 a. pr. Mélesville, Boirie (Amb. 8 avril 1818) ; — 

2 septembre, le Duel et le baptême, 3 a. pr. Mélesville, Merle, Boirie (P. S. M. 
30 décembre 1817). 

1820. — 29 janvier, P. le Pèlerin blanc, 3 a. pr. Pixérécourt (Amb. 6 avril 1810); — 
15 avril, P. le Petit chaperon rouge, 3 a. pr. Brazier, Dupetit-Méré (P. S. M. 
28 février 1818); — 12 juillet, P. l'Homme de la Forêt-Noire, 3 a. pr. Pixérécourt (G. 
6 mars 1 8 1 9) ; — 26 août, P. le Chien de Montargis, 3 a. pr. Pixérécourt (G. 18 juin 1814); 

— 16 septembre, P. le Vampire, 3 a. pr. Carmouche, Nodier, Jouffroy (P. S. M. 
13 juin 1820). 

1821. — 3 février, P. la Vallée du torrent, 3 a. pr. Dupetit-Méré (P. S. M. 29 mai 1816); 

— 14 février, P. le Fils banni, 3 a. pr. Dupetit-Méré (Amb. 16 juin 1815) ; — 21 février, 
P. Jean Calas, 3 a. pr. Ducange (A.mb. 16 septembre 1808) ; — 24 mars, la Tête de bronze, 

3 a. pr. Hapclé (G. i er octobre 1808) ; — 26 avril, P. Vincent de Paule, 3 a. pr. Lemaire 
(G 7 octobre 1 8 1 5) ; — 22 mai, P. les Frères invisibles, 3 a. pr. Mélesville, Scribe 
(P. S. M. 10 juin 1819). — 18 octobre, P. Thérèse, 3 a pr. Ducange (Amb. 
23 novembre 1820). 

1822. — 13 février, Falkland, ou la conscience, 5 a. pr. Laya(Tn. Fr. 13 novembre 1821). 
1823. — 15 février, P. les Deux forçats, 3 a. pr. Boirie, Carmouche, Poujol (P. S. M. 

3 octobre 1823); — 20 décembre, P. Rodolphe, 1 a pr. Scribe, Mélesville (Gym. 

20 novembre 1823). 
1825. — 15 novembre, Lord Davenant, 4 a. pr. Gensoul, Vial (Th. Fr. 8 octobre 1825). 

1827. — 24 février, P. les Deux Sergens, 3 a. pr. Daubigny, Maillard (P. S. M. 
20 février 1823); — 3 mars, P. Jocko, 2 a. Gabriel. Rochefort (P. S M. 16 mars 1825); — 
8 mars, le Tasse, 5 a. pr. A. Duval (Th. Fr. 26 décembre 1826) ; — 19 mai, P. le Mendiant, 

3 a. pr. Pujol, Hubert (Amb. i er décembre 1825); — 9 juin, P. V Auberge des Adrets, 3 a. 
pr. Antier, St-Amand (Amb. 2 juillet 1823); — 6 décembre, l'Homme du monde, 5 a. pr. 
Ancelot, Saintine (O. 25 octobre 1827). 

1828. — I er mars, P. l'Enfant de l'amour, 3 a. pr. Caigniez (G. 7 juin 1816); — 12 juillet, 
P. le Caissier, 3 a. pr. Lasalle, St-Maurice (P. S. M. 30 mars 1828) ; — 4 décembre, 
Marie, 3 a. pr. M me S. Gay (Th. Fr. 9 novembre 1824). 

1829. — 19 mars, l'Espion, 3 a. pr. Ancelot, Mazères (Th. Fr. 13 décembre 1828); — 
22 août, P. Sept heures, 3 a. A. Bourgeois, Ducange (P. S M. 23 mars 1829) ; — 14 sep- 
tembre, la Bohémienne, 5 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. I er juin 1829). 

1830. - 16 février, Henri III et sa Cour, 5 a. pr. A. Dumas (Th. Fr. 10 février 1829); — 
20 février. P. le Siège du clocher, 3 a. pr. Bernos (Amb. 18 mai 1809). 

Vaudevilles. 

!8i8. — 29 mai, le Petit Corsaire, 1 a. pr. Rougemont, Merle, Brazier (Var. 9 sep- 
tembre 1812); — 2 septembre, le Pâté d'anguilles, 1 a. pr. Simon, Dartois (Var. 22 jan- 
vier 1 8 1 8) ; — 15 décembre, le Savetier et le financier, 1 a. pr. Merle, Brazier (Var. 

4 mars 1 8 1 5). 

1819. — 13 février, P. le Prêteur sur gages, 1 a. pr. Jacquelin, Rochelle (J. Art. 9 octo- 
bre 1800) ; P. la Carte à payer , 1 a. pr. Merle, Brazier (Vaud 7 mai 1818) ; — 21 février 

. le Bachelier de Salamanque, 1 a. pr. Dupin, Scribe (Var. 18 janvier 181 5); — 27 mars 
P. l'Auberge, 1 a. pr. Scribe, Delestre (Vaud. 19 mai 1812) ; P. le Duel et le déjeuner 
1 a. pr. Gouffé, Ledoux (Var. 22 septembre 1818); — 3 avril, P. le Fou de Péronne 
1 a. pr. Scribe, Dupin (Vaud 18 janvier 1819); P. M. Giraffe,*. 9 auteurs (Var. 27 décem 
bre 1806); le Naufrage pour rire, 1 a. pr. Désauçiers (Var. 12 juin 1804) ; — 25 mai 
Momus à la nouvelle salle, 1 a. pr. Bernard; — 19 juin, P. Fanchon la vielleuse, 3 a 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 227 

pr. Bouilly, Pain (Vaud. 19 mars 1803); — 14 septembre, P. Jocrisse changé de condi- 
tion, 1 a. pr. Dumersan (Var. 7 octobre 1818) ; P. le Mariage à la hussarde, 1 a. pr. 
Dartois, Lafontaine, Théaulon (Var. 7 juin 1819); — 18 septembre, P. Parchemin, 1 a. 
pr. G. Duval (Var. 25 janvier 1802); P. le Château démon oncle. 1 a. pr. Désaugiers, 
Dartois (Vaud. 15 mai 1819); — 9 octobre, les Bolivards et les Morillos, 1 a. pr. Gabriel, 
Dartois (Var. ii septembre 1819). 

320. — 5 février, P. Douvres et Calais, 2 a. pr. Théaulon, Ménissier (Var. 16 jan- 
vier 1 6 1 9) ; — 26 juin, P la Corbeille d'oranges, 1 a. pr. Lafontaine (P. S. M. 17 octo- 
bre 1 8 1 9) ; — 2 juillet, P. l'Appartement à deux maîtres, 1 a. pr. Saintine (Vaud. 2 jan- 
vier 1820); — 6 juillet, P. Marie Jobard, 6 a. v. Scribe, Dupin, Carmouche (Var. 
11 avril 1820); — 2 août, P. le Revenant, 1 a. pr. Pain, Dupin (Vaud. 25 janvier 1816); 

— 8 août, P. le Mariage de Scarron, 1 a. pr. Barré, Radet, Desfontaines (Vaud. 

8 mai 1797); — 16 août, P. les Deux pères, 2 a. pr. Dupaty (Vaud. 4 juin 1804); 

— 26 août, P. l'Ours et le Pacha, 1 a. pr. Scribe, Saintine (Var. 10 février 1820); — 

9 septembre, P. le Tournoi, 1 a. pr. Mélesville (Amb. 22 janvier 1818); — 2} septembre, 
P. VErmite de Sainte- Av elle, 1 a. pr. Théaulon, Capelle (Vaud. 3 juin 1820); — 
14 octobre, P. la Capitulation forcée, 1 a pr. Delestre (P. S. M. 7 avril 1820) ; 4 novem- 
bre, P. l'Amant somnambule, 1 a. pr. Philippe, Saint-Ange (P. S. M. 26 avril 1820); 
P. l'Intrigue impromptu, 1 a. pr. Dumersan (Var. 6 juin 1820); P. l'Automate, 1 a. 
pr. (?) 

*>2\. — 13 janvier, P. les Étrennes à contre-sens, 1 a. pr. Merle, Brazier, Lafortelle 
(P. S. M. i er janvier 1820); — P. Gracieuse et Percinet, 1 a. pr. Simonnin, Brazier 
(Nouv. Troub. 28 avril 1805) ; P. M. Tranquille, 1 a. pr. Rougemont, Merle, Brazier (P. 
S. M 25 avril 1820) ; — 20 janvier, P. le Petit pinson, 1 a. pr. Delestre, Mélesville (Var. 
20 février 1819) ; — 27 janvier, P. le Moulin de Sans-Souci, 1 a. pr. Dieulafoi (Vaud. 6 juil- 
let 1798); — 3 février, P. le Tailleur de Jean-Jacques, 1 a. pr. Rougemont, Merle, Simon- 
nin (P. S. M. 12 novembre 1819); — 10 février, P. Teniers. 1 a. pr. Bouilly, Pain (Vaud. 
18 octobre 1800); P. la Belle Allemande, 1 a. pr. Dupin, Dartois (Vaud. 2 juin 1812); — 

17 février, P. Turenne, 1 a. pr. Dartois, Fulgence (Vaud. 23 février 1815); — 2 mars, P. 
le Docteur Quinquina, 1 a. pr. Gabriel, Rozet (P. S. M. 23 septembre 1820) ; — 24 février, 
P. le Secrétaire et le cuisinier, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 18 janvier 1821); — 

10 mars, P. la Vieillesse de Piron, 1 a. pr. Bouilly, Pain (Vaud. 9 avril 1810); 

— 15 mars, P. Levez la toile, 1 a. pr. Coupart, Varez (Amb. 31 mai 1820); — i/mars, P. 
M. Duguignon, 1 a. pr. Antier, Dupetit-Méré (P. S. M. 16 janvier 1821) ; — 24 mars, P. 
le Quartier d'hiver, 1 a. pr. Désaugiers (J. Art. 2 mai 1805) ; P. Préville et Tacon.net, 
1 a. pr. Merle, Brazier (Var. 18 janvier 181 7) ; — 5 avril, P. le Colonel, 1 a. pr. Scribe, 
G. Delavigne (Gym. 29 janvier 1821); P. Frontin mari-garçon, 1 a. pr. Scribe, Mélesville 
(Vaud. 18 janvier 1821); — 26 avril, P. M s Biaise, 2 a. pr Sewrin, Ourry(VAUD. 27 novem- 
bre 1820) ; — 28 avril, P. la Femme du sous-préfet, 1 a. pr. Moreau, Sewrin (Gym. 

18 janvier 1821); — 19 mai, P. le Gastronome sans argent, 1 a. pr. Scribe, Mélesville 
(Gym. 10 mars 1821); — 26 mai, P. le Spleen, 1 a. pr. Scribe, Delestre (Vaud. 

20 mars i32o); — 2 juin, P. le Ménage de garçon, 1 a. pr. Scribe, Dupin (Gym. 
27 avril 1821); P. la Marchande de goujons, 1 a. pr. Francis, Dartois (Var. 31 mars 1821); 

— 16 juin, P. les Bonnes d'enfans, 1 a. pr. Brazier, Dumersan (Var. 7 novembre 1820) ; 

— 23 juin, P. la Servante justifiée, 1 a. pr. Carmouche, Lasalle(P. S. M. 6 février 182 1); 

— 7 juillet, P. l'Auberge du Grand Frédéric, 1 a. pr. Lafontaine. Théaulon (Var. 
6 juin 1821); — 21 juillet, P. le Témoin, 1 a. pr. Scribe, Mélesville, Saintine (Var. 

21 septembre 1820) ; — 30 juillet, les Gardes-Marine, 1 a pr. Dieulafoi, Gersin (Vaud. 
14 mars 1816) ; — 4 août, P. la Demande en grâce, 1 a. pr. Rougemont, Gabriel, Mévil 
(Vaud. 14 juin 182 1) ; — 11 août, P. Trottin, 1 a. pr. Imbert, Varner(P. S. M. 15 novem- 
bre 1820); — 21 août, P. les Folies du jour, 1 a. Théaulon, Ménissier, Martin (Vaud. 
3 octobre 1820); — 28 août, P. la Jolie parfumeuse, 1 a. pr. Lebrun-Tossa, Bonel 



228 Le Théâire de la (Monnaie. — 1818-30. 

(Var. 4 novembre 1801); — i er septembre, P. Un jour à Rome, 1 a. pr. Mazères, Renne- 
ville (Vaud. 29 mai 182 1); — 8 septembre, P. Alfred le Grand, 1 a. pr. Ledoux (Vaud. 

6 janvier 1 81 7) ; — 30 septembre, P. l'Intérieur de l'étude, 1 a. pr. Scribe (Gym. 

7 avril 182 1); P. le Comédien d'Etamp es, 1 a. pr. Moreau, Sewrin (Gym. 23 janvier 182 1); 

— 10 octobre, P. les Moissonneurs de la Beauce, 1 a. pr Francis, Brazier, Dumersan(VAR. 
i er septembre 1821) ; P. la Nina de la rue Vivienne, 1 a. Francis, Dartois, Gabriel (Vaud. 
24 juillet 1821); — 3 novembre, P. M. Grainedelin, 1 a. pr. P. de Kock (G. 7 décem- 
bre 1820) ; P. les Ermites, 1 a. pr. Rougemont, Crosnier, Desprez (P. S. M. 25 juillet 1821); 

— 26 novembre, P. le Pauvre diable, 2 a. pr. Rougemont, Dumersan (Vaud. 10 octo- 
bre 1808); — 2 décembre, P. V Amant bossu, 1 a. pr Scribe (Gym. 27 janvier 1820); P. 
le Concert d'amateurs, 1 a pr. Dubois, Brazier (Vaud. 22 octobre 1821); — 6 décem- 
bre, P. Robert le Diable, 1 a. pr Bouilly, Dumersan (Vaud. 31 décembre 1812); 

— 12 décembre, P. Pierre, Paul et Jean, 2 a. pr. Sewrin, Ourry (Vaud. 3 novem- 
bre 1821); — 20 décembre, P. le Traité de Paix, 1 a. pr. Dartois, Brisset (Vaud. 
16 août 1821); P. le Valet de ferme, 1 a. pr. Braz'er, Dumersan (Var. 18 juillet 1821). 

1822. — 5 janvier, P. le Comédien de Bruxelles, 1 a. pr. Lafortelle (Vaud. 24 novem- 
bre 1821); — 18 janvier, P. les Femmes soldats, 1 a. pr. Théaulon, Dartois (Vaud. 
9 février 1809); — 26 janvier, P. Michel et Christine, 1 a pr Scribe, Dupin (Gym. 
3 décembre 1821); P. Lundi, mardi et mercredi, 3 a. pr. Sewrin, Chaz:t (Var. 
16 juin 1806); — 2 février, P. Chacun son numéro, 1 a. pr. Boirie, Daubigny, Car- 
mouche (P. S. M. 6 décembre 182 1) ; P. Philibert marié, V. 1 a. pr Moreau, Scribe (Gym. 
26 décembre 182 1); 7 février, P. la Leçon de danse et d'équitation, 1 a. pr. Sewrin, Ger- 
sin (Var. 13 décembre 1821); — 27 février, la Petite sœur, 1 a. pr. Scribe, Mélesville 
(Gym. 6 juin 182 i); — 2 mars, P. les Deux médecins, 1 a. pr. Rougemont. Mélesville (Gym. 
23 janvier 1822) ; — 5 mars, P. le Mariage enfantin, 1 a, pr. Scribe, G. Delavigne (Gym. 
16 août 1821); — 9 mars, P. le Garde-Moulin, 9 a. pr. Moreau, Sewrin (Gym. 28 jan- 
vier 1822); — 14 mars, P. le Tribunal des femmes, 1 a. pr. Dumersan (Var. I er octo- 
bre 1814); P. les Petites pensionnaires, 1 a. pr. Brazier, Merle (Var. 2 novembre 1813); 

— 23 mars, P. le Pacha de Suresne, 1 a. pr. Etienne, Nanteuil (Gym. 23 septembre 1822); 
P. la Vivandière, 1 a. pr. Sewrin (Var. 23 avril 1813) ; — 30 mars, P. Kabri le sabotier, 
1 a. pr. Sewrin (P. S. M. 23 janvier 1822); P. Mémoires d'un colonel de hussards, 1 a. 
pr. Scribe, Mélesville (Gym. 21 février 1822) ; — 20 avril, P. M Touche-à-Tout, 1 a. pr. 
Cogey, Poney (Vaud. 8 septembre 1819); — 27 avril, P. la Chercheuse d'esprit, 1 a. pr. 
Gersin, Gabriel (Vaud. 13 mars 1822); — 30 avril, P. la Demoiselle et la dame, 

1 a. pr. Scribe, Dupin, De Courcy(GYM. 11 mars 1822); P. Rataplan, 1 a. pr. Sewrin, 
Vizentini (Vaud. 23 février 1822); 13 juillet, P. Vadeboncœur, 1 a. p. Désaugiers, Gen- 
til (Vaud. 16 avril 1822); P. la Famille normande, 1 a. pr. Mélesville, Brazier (Gym. 
9 avril 1822); — 27 juillet, P. les Ensorcelés, 1 a. pr. Dupin, Sauvage (P. S. M 8 juil- 
let 1822); P. le Matin et le soir, 1 a. Dartois, Théaulon (Var. 16 avril 1822); — 3 août, 
P. le Coq de village, \ a. pr Décour, Anne, Hubert (Vaud 22 juin 1822); — 10 août, P. 
les Nouveaux jeux de l'amour et du hasard, 1 a. pr. Scribe, G. Delavigne (Gym. 
21 juin 1822); P. les Petits acteurs,. 1 a. pr. Francis, Brazier, Dumersan (Var. 
28 mai 1822) ; — 17 août, P. le Code et l'amour, 1 a. pr. Merle, Simonnin (P. S M. 29 octo- 
bre 182 1) ; — 14 sep'embre, P. les Eaux du Mont d'Or, 1 a. pr. Scribe, De Courcy, 
Saintine (Gym. 25 juillet 1822); P. la Fille mal gardée, 1 a. pr. Francis, Brazier, Dumer- 
san (Var. 19 juin 1822); — 12 octobre, P. les Blouses, 1 a. pr. Gabriel, Dartois, 
Théaulon (Var. 9 juillet 1822); — 19 octobre, P. Amélie, 2 a. pr Sewrin (Vaud. 

2 juillet 1822); — 2 novembre, P. Un mois après la noce,i a. pr. Ménissier, Renaud 
(Vaud. 5 septembre 1822); — 23 novembre, P. les Tailleurs de Windsor, 1 a. pr. Gabriel, 
Philibert (Vaud. 8 octobre 1822); P. les Frères rivaux, 1 a. pr. Achille Dartois, Lebas, 
Benazet (Vaud. 3 août 1822). 

1823. — 18 janvier, P. Une heure à S te -Pélagie, 1 a. pr. Rougemont (Gym. 28 septem- 



Le Théâtre de la {Monnaie 1818-30. 229 

bre 1822); P. le Duel par procuration, 1 a pr. De Courcy, Rousseau (Vaud. 5 novembre 
1822) 5 — 31 janvier, P le Bon papa, 1 a. pr. Scribe (Gym. iodé -embre 1822) ; — 8 février. 
Une heure de veuvage, 1 a. pr. Théaulon (Var. 7 décembre 1822); — 15 février, P. Sans 
tambour ni trompette, 1 a. pr. Brazier, Merle, Carmouche (Var. 23 janvier 1822); — 
i fr mars, l'Actrice en voyage 1 a. pr. Cr-ron,Touret, Leblanc (Var. 3 octobre 1822); P. le 
Solitaire, 1 a. pr. Merle, Carmouche, De Courcy (Vaud. 5 septembre 182 1); P. les Epoux 
de quinze ans, 1 a. pr. P. de Ko<k (G. 16 août 1 8 2 1 1 ; — 8 mars, P. la Loge du portier, 
1 a. pr Scribe (Gym. 14 janvier 1823); les Frères de lait, 1 a. pr. Nicole, Duvert (Gym. 
8 février 1823); — 5 avril, P. Jean Bart à Versailles, 1 a. pr. Dubois, Brazier (G. 21 juin 
1821); P. l'Intérieur d'un bureau, 1 a. pr. Scribe, Imbert, Varner (Gym. 25 février 1823); 

— 12 avril, P. le Notaire, 1 a. pr. De Lurieu, Mazères, Vandières (Gym. 25 avril 1822); 

— 19 avril, P. M. Oculi, 1 a pr. Désaugiers, Gentil (Var. 29 janvier 1823); — 26 avril, 
P. Trilby, 1 a. pr. Scribe, Carmouche (Gym. 13 mars 1823); P. le Fermier d'Arcueil, 
1 a pr. Devilleneuve (Var 13 février 1823); — 3 mai, P. les Dames Martin, 1 a. pr. 
Lafontaine, Belle, Tully (Vaud. 9 décembre 1822); — 10 mai, P. les Cuisinières, 1 a. pr. 
Brazier, Dumersan (Var. 14 avril 1823); — 24 mai, P. le Menteur vèridique, 1 a. pr. 
Scribe, Mélrsville (Gym. 24 avril 1823); — 7 juin, P. le Séducteur Champenois, 1 a. pr. 
Dumersan (Var. 5 décembre 1822); P. Vlsle des noirs, 1 a. pr. Dartois, Saintine (Vaud. 
14 mars 1823); — 14 juin, P. le Panier de cerises, 1 a. pr Monper'ier (P. S. M 15 mai 
1817); — 21 juin, P. les Mauvaises têtes, 1 a. pr. Sewrin, Ourry (Vaud. 6 janvier 1823); 

— 28 juin, P. Stanislas, 1 a. pr. Scribe (Var. 6 août 1823); P. la Pension bourgeoise, 
1 a. p 1 ". Scribe, Dupin, Dumersan (Gym. 27 mai 1823); — 5 juillet, P.Nicolas Rémi, 2 a. 
pr. Sewrin (Vaud. 24 mai 1823); — 12 juillet, P. le Marin, 1 a. pr. Théaulon (Vaud. 
26 juillet 1815); P Partie et revanche, 1 a. pr. Scribe, Brazier, Francis (Gym. 16 juin 
1823); — 19 juillet, P. la Maîtresse au logis, 1 a. pr. Scribe (Gym. 9 juin 1823); — 26 juil- 
let, P. le Précepteur dans l'embarras, 1 a. pr. Mélesville (Var. 14 juillet 1823); — 9 août, 
P. l'Absence, 1 a. pr. Picard, Mazères (Gym. 18 mars 1823) ; P. l'Antichambre d'un 
médecin, 1 a. pr. Ménissier, Renaud (Gym. 12 juin 1823); — 6 septembre, P. Ninetie, 2 a. 
pr. Brazier, Carmouche (Var. 19 décembre 1822); — 13 septembre, P. l'Avare en 
goguette, 1 a. pr. Scribe, G. Delavigne (Gym. 12 juillet 1823); P. Mon ami Christophe, 
1 a. pr. Dupeuty, Devilleneuve (Gym. 4 août 1823); — 20 septembre, P. les Grisettes, 
1 a. pr. Scribe, Dupin (Gym. 8 août 1823); — ' 4 octobre, P. le Congé, 1 a. pr. Duvert 
(P. S. M. 16 juin 1823); P. la Chasse au renard, 1 a. pr. St-Hilaire (Vaud. 10 septembre 
1823); — 11 octobre, P. les Femmes de chambre, 1 a. pr. Sewrin (Vaud 21 juin 1823); 
P. le Polichinelle sans le savoir, a. pr. Francis, Dartois (Var. 21 août 1823); — 18 octo- 
bre, P. les Cancans, 1 a. pr. G. Duval, Carmouche (Var. 25 septembre 1823); P. le 
Bureau de loterie, 1 a. pr. Mazères, Romieu (Gym. 16 septembre 1823); — 8 novembre, 
P. les Amours du village, 1 a. pr. Francis, Dartois (Vaud. ii juin 1823); P. la Vérité 
dans le vin, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 10 octobre 1823); — 15 novembre, P. la 
Maison de plaisance, 1 a. pr. Antier, d'Epagny (Vaud. 8 octobre 1823); — 22 novembre, 
P. la Veuve du Malabar, 1 a pr. Scribe, Mélesville (Gym. 19 août 1822); P. la Route de 
Poissy, 1 a. pr. Francis, Dartois (Vaud. 17 janvier 1823); — 6 décembre, P. Un dernier 
jour de fortune, 1 a. pr. Dupaty, Scribe (Gym. ii novembre 1823); P* ^ e Propriétaire 
sans propriété, 1 a. pr. Imbert, Varner (P. S. M. 8 mars 1820); — 20 décembre, P. les 
Couturières, 1 a. pr. Désaugiers, Saintine (Var. ii novembre 1823); — 27 décembre, 
P. l'Atelier de peinture, 1 a. pr. Sewrin (Gym. 31 octobre 1823); P. le Conscrit, 1 a. pr. 
Merle, Simonnin (P. S. M. 20 novembre 1823). 

1824. — 3 janvier, P. M. Barbe-Bleue, 1 a. pr Dupin, Varner (Var. 27 novembre 1823); — 
10 janvier, P. les Maris sans femmes, 1 a. pr. Désaugiers, Gentil (Vaud. 26 novembre 
1823); — 17 janvier, P. l'Héritière, 1 a. pr. Scribe, G. Delavigne (Gym. 20 décembre 
1823); P. Rossini à Paris, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 29 novembre 18231 i — 2 4 ) an " 
vier, P. le Cuisinier de Buffon, 1 a. pr. Simonnin (P. S. M. 29 juillet 1823); — 30 janvier, 



230 Le Théâtre de la [Monnaie. — 1818-30. 



P. le Mort vivant, 1 a. pr. Nicole, Duvert (Vaud. 6 décembre 1823); — 7 février, P. le 
Coiffeur et le perruquier, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 15 janvier 1824); P. Pierre et 
Marie, 1 a pr. Devilleneuve, Dupeuty (Gym. 6 janvier 1824); — 21 février, P. les Mar- 
chands forains, 1 a. pr. Rochefort, Langlé (Var. I er juillet 1823); — 6 mars, P. le Fondé 
de pouvoirs, 1 a. pr. Carmouche, Scribe (Gym. 18 février 1824); — 13 mars, P. les Modistes, 
1 a. pr. Devilleneuve, Dupeuty (Vaud. 7 février 1824); — 20 mars, P. la Neige, 1 a. pr. 
Mélesville, Carmouche (Var. 26 décembre 1823); — 3 avril, P. le Vieillard et la jeune 
fille, 1 a. pr. Brazier, Carmouche (Var. 8 mars 1824); — 10 avril, P. VÉcartè, 1 a. pr. 
Scribe, Mélesville (Gym. ^novembre 1822) ; — 4 septembre, P. la Mansarde des artistes, 
1 a. pr. Scribe, Dupin (Gym. 2 avril 1824); — 11 septembre, P. le Beau-Frère, 1 a. pr. 
P. Duport, Saint-Hilaire (Gym. 15 mai 1824); — 18 septembre, P. le Dîner sur l'herbe, 
1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 2 juillet 1824); — 25 septembre, P. le Baiser au porteur, 
1 a. pr. Scribe, Gensoul, De Courcy (Gym. 9 juin 1824); — 2 octobre, P. la Famille du 
porteur d'eau, 1 a. pr. Francis, Dartois, Gabriel (Var. 19 mars 1824); — 9 octobre, 
P. Alfred, 1 a. pr. Dartois, Anne (Vaud. ii juin 1824); — 16 octobre, P. l'Imprimeur sans 
caractère, 1 a. pr. Francis, Dartois, Gabriel (Var. 18 août 1824); — 30 octobre, P. le 
Quinze, 1 a. pr. De Courcy, Langlé, Francis (Gym. 14 août 1824); — 6 novembre, P. 
VEtourdi à la diète, 1 a. pr. Decour, Robert (Amb. i er septembre 1824); — 13 novembre, 
P. le Grenier du poète, 1 a. pr. Antier, Ponet (Amb. 13 mai 1824) ; — 19 novembre, P. le 
Château de la Poularde, 1 a. pr. Scribe, Dupin (Gym. 4 octobre 1824); — 27 novembre, 
P. Pauleska, 1 a. pr. Théaulon (Amb. 5 juillet 1824); — 4 décembre, P. le Bal champêtre, 
1 a. p. Scribe, Dupin (Gym. 21 octobre 1824); — 11 décembre, P. Mes derniers vingt sous, 
1 a. pr. Théaulon, Ramond (Gym. 6 novembre 1824); — 18 décembre, P. Une visite en 
prison, 1 a. pr. Duvert, Nicole (Vaud. 23 juillet 1824); — 25 décembre, P. Pinson père 
de famille, 1 a. pr. Désaugiers, Saintine (Var. 6 novembre 1824); — 31 décembre, 
Coraly, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. . 19 novembre 1824). 
1825. — 8 janvier, P. V Insouciant, 1 a. pr. Saint-Hilaire, P. Duport (Vaud. 4 novembre 1824); 

— 15 janvier, P. la Haine d'une femme, 1 a. pr. Scribe (Gym. 17 décembre 1824); — 

29 janvier, P. le Parlementaire, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 8 novembre 1824); — 
5 février, P. Thibaut et Justine, 1 a. pr. Francis, Dartois, Gabriel (Var. 
29 novembre 1824); — ^février, P. Léonide, 3a. pr. Dupeuty, Devilleneuve (Vaud. 17 jan- 
vier 1824) ; — 26 février, P. le Juif, 2 a. pr. Désaugiers, Rousseau (P. S. M 14 mai '823) ; 

— 5 mars, P. le Retour à la ferme, 1 a. pr. Dartois, Brisset (Vaud. 4 novembre 1824); — 
12 mars, P. le Baril d'olives, 1 a. pr. Brazier, Mélesville (Var. I er février 1825); — 
19 mars, P. le Plus beau jour de la vie, 1 a. pr. Scribe, Varner (Gym. 22 février 1825); 

— 26 mars, P. la Quarantaine, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 3 février 1825); — 

— 9 avril, P. la Somnambule mariée, 1 a. pr. Théaulon (Vaud. 10 février 1825); — 
16 avril, P. Vatel, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 18 janvier 1825); — 23 avril, P. les 
Deux tailleurs, 1 a. pr. Devilleneuve, Dupeuty (Var. 17 février 1825); — 14 mai, les 
Ouvriers, 1 a. pr. Francis, Brazier, Dumersan (Var. 27 avril 1824); — 20 mai, P. M. 
Tardif, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. i er décembre 1824); — 28 mai, P. l'Avocat et 
le Médecin, 1 a. pr. La Salle, Alhoy (P. S. M. 12 octobre (824); — 5 juin, P. les Adieux 
au comptoir, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 9 roût 1824); — 11 jujn, P. la Vieille de 
seize ans, 1 a. pr. Mélesville, Carmouche (Var. 19 avril 1825); — 25 juin, P. le Charla- 
tanisme, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 10 mai 1825); — 2 juillet, P. les Inséparables, 
1 a. pr. Scribe, Dupin (Gym. 2 mai 1825); — 14 juillet, P. la Frontière, 1 a. pr. O'Sul- 
livan; — 17 juillet, P. Ketily, 1 a. pr. Duvert, P. Duport (Vaud. 28 janvier 1825); — 
23 juillet, P. les Empiriques d'autrefois, 1 a. pr. Scribe, Alexandre (Gym. 11 juin 1825); — 

30 juillet, P. la Bénéficiaire, 1 a. pr. Théaulon, Crétu (Var. 26 avril 1825); — 13 août, P. 
les Lorrains, 1 a. pr. Francis, Dartois, Gabriel (Vaud. 17 février 1825); — 20 août, P. 
l'Honme de confiance, 1 a. pr. Duvert, Bernard (Vaud. 13 juin 1825); — 27 août, le 
Tableau de Teniers, 1 a. pr Devilleneuve, Dupeuty (Gym. 7 août 1824); — 3 septembre 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 231 

P. les Femmes romantiques, 1 a. pr. Théaulon, Ramond (Gym 12 mars 1824); — 24 sep- 
tembre, P. le Champenois, 1 a. pr. Danois, Fiancis (Vaud. ii mai 1825); i er octobre, 
P. le Jour de noces, 1 a. pr. Duvert, Nicole (Vaud. 14 octobre 1824); — 10 décembre, 
P. V Amour et la guerre, 1 a. pr. Et. Arago, Varin (Vaud. 22 août 1825); P. le Sous-Chef , 
4 a. pr. Imbert (Var. 30 août 1825); — 17 décembre, P. les Cochers, 1 a. pr. Dumersan, 
Gabriel, Brazier (Var. 10 octobre 1825); — 23 décembre, P. France et Savoie, 2 a. pr. 
Dartois, Théaulon. (Var. 22 juin 1825); — 31 décembre, P. la Vieillesse de Frontin, 1 a. 
pr. Carmouche, De Courcy (Gym. 23 août 1825). 

1826. — 14 janvier, P. le Petit bossu du Gros-Caillou, 1 a pr. Brazier, Dumersan (Var. 
15 juillet 1825); P. les Premières amours, 1 a. pr. Scribe (Gym. 12 novembre 1825); — 
28 janvier, P. Une nuit de la garde nationale, 1 a. pr. Scribe, Delestre (Vaud. 4 novem- 
bre 18 1 5) ; P. les Trois sultanes, 1 a. pr. Dupuis, Sauvage (Gym. 2 décembre 1825); — 
4 février, P. le Chiffonnier, 5 a. pr. Théaulon, Crétu (Var. 3 janvier 1826) ; P. /es 
Petites Saturnales, 1 a. pr. Brazier, Carmouche, Mazères, (Gym. 16 février 1824); — 
11 février, P. le Médecin des dames, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 17 décembre 1825); 
P. le Confident, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 5 janvier 1826); — 18 février, P. la 
Demoiselle à marier, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 18 janvier 1826); P. Guillaume, 
Gautier et Garguille, 1 a. pr. Francis, Dartois (Var. 31 décembre 1822); — 4 mars, les 
Deux Cousins, 3 a. pr. Laloue, P. Duport (Vaud. 12 janvier 1825); P. Pamèla, 1 a. pr. 
Gabriel, Rougemont (Vaud. 4 février 1826); — 11 mars, P. le Landaw, 1 a. pr. Picard, 
Mazères (Gym. 31 août 1825); — i er avril P. les Manteaux, 2 a. pr. Scribe, Varner (Gym. 
20 février 1826); — 8 avril, P. les Paysans, 1 a. pr. Brazier, Dumersan (Var. 

28 février 1826); — 15 avril, P. la Belle-Mère, 1 a. pr. Scribe, Bayard (Gym. 
i cr mars 1826); — 22 avril, P. l'Appartement garni, 1 a. pr. Carmouche, Mélesville (Vaud. 
20 février 1826); — 29 avril, P. VOncle d'Amérique, 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 
14 mars 1826) ; — 6 mai, P. Joseph II, 1 a. pr. Lafontaine, Duvert (Vaud. 25 février 1826) ; 
— 20 mai, P. l'Egoïste par régime, 1 a. pr. Longchamps, Laloue (Var 8 avril 1826); — 
17 juin, la Lune de miel, 2 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 31 mars 1826); — 18 juillet, 
P. le Roman par lettres, 1 a. pr. De Courcy, Rougemont (Vaud. 6 mai 1826); 
Simple histoire, 1 a. pr. Scribe, De Courcy (Gym. 26 mai 1826); — 15 juillet, 
P. la Demoiselle de compagnie, v. 1 a. pr. Scribe, Mazères (Gym. 6 mai 1826); — 

29 juillet, P. V Anonyme, 2 a pr. Dupeuty, Devilleneuve (Vaud. 29 mai 1826); — 5 août, 
P. le Candidat, 5 a. pr. Théaulon, Francis (Var. 8 juin 1826) ; — 12 août, P. les Comptes 
de Tutelle, 1 a. pr. Merville, Bayard (Gym. 15 juin 1826); — 19 août, P. l'Ambassadeur, 
1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 10 juillet 1826); — 26 août, P. M. François, 1 a. pr. 
Francis, Théaulon (Var. 9 mai 1826) ; — 16 septembre, P. l'Auvergnate, 1 a. pr. Brazier, 
Dumersan (Vaud. 26 avril 1826) ; — 23 septembre, P. la Sourde-Muette, 1 a. pr. Saintine, 
Duvert (Vaud. 20 avril 1826); — 30 septembre, P. la Fin du mois, 1 a. pr. Mazères, 
Rougemont (Gym. 26 août 1826) ; — 7 octobre, P. les Petites biographies, 1 a. pr. Brazier, 
Dumersan (Var. 26 août 1826); — 28 octobre, P. le Bonhomme, 1 a. pr. Simonin, Car- 
mouche (Var. 15 septembre 1826); — 11 novembre, P. le Voisin, 1 a. pr. Désaugiers, 
Gersin (Vaud. 3 octobre 1826); — 18 novembre, P. le Vieillard de Virojïay, 1 a. pr. De 
Courcy, Saintine (Vaud. 20 juillet 1826); — 25 novembre, le Mariage de raison, 1 a pr. 
Scribe, Varner, (Gym. 10 octobre 1826); — 9 décembre, P. le Baron Allemand, 1 a. pr. 
Dartois, Vanderburch (Var. 12 octobre 1826); — 16 décembre, P. les Jolis soldais, 1 a. 
pr. Francis, Théaulon (Var. 4 novembre 1826). 

1827. — 6 janvier, P. la Liquidation, 1 a. pr. Antier, Ponet (Vaud. 17 novembre 1826); — 
20 janvier, P. Paris et Bruxelles, 2 a. pr. Théaulon, Crétu (Var. 4 décembre 1826) ; — 
3 février, P. Recette pour marier sa fille, 1 a. pr. Mélesville, Vandière (Var. 

27 décembre 1826); — 10 février, P. le Commis-Voyageur, 1 a pr. Montigny, (P. S. M. 

28 octobre 1826); — 17 février, P. les Deux élèves, 1 a. pr. Langlé, Rochefort (Gym. 
9 janvier 1827); — 17 mars P. le Télégraphe, 2 a. pr. Théaulon, Dormeuil (Gym. 



232 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 

16 janvier 1827); — 24 mars, P. Clara Wendel, 2 a. pr. Brazier, Dumersan (Gym. 
13 mai, 1826) ; — 5 mai, P. Tony, 2 a. Brazier, Mélesville (Var. 10 février 1827); — 2 ^ mai, 
P. la Chatte métamorphosée en femme, 1 a. pr Scribe, Mélesville (Gym. 3 mars 1827); 

— 23 juin, P. le Bon père, 1 a. pr. Dartois, Laloue (Var. 20 mars 1827); — 3° J um » P- ^ a 
Mère au bal et la fille à la maison, 2 a. pr. Théaulon (Vaud. 30 novembie 1826); — 

4 août, P. M Jovial, 1 a. pr. Théaulon, Choquart (Nouv. 5 mai 1827); — 11 août, P. 
les Elèves du Conservatoire, 1 a. pr. Scribe, Saintipe (Gym. 28 mars 1827); — i er sep- 
tembre, P. la Dette d'honneur, 2 a. pr Devilleneuve, Dupeuty (Vaud. 17 octobre 1826); 

— 29 septembre, P. la Nuit d'un joueur, 1 a. pr. Aude, Dartois (Var. 30 juillet 1827); — 
13 octobre, P. V Arbitre, 2 a. pr. Théaulon, P. Duport (Gym. 7 mai 1827) ; — 20 octobre, 
le Futur de la grand'maman, 1 a. pr. Dartois, Monnais (Nouv. 13 juin 1827); — 

27 octobre, P. Perkins Warbeck, 3 a. pr. Théaulon, Brazier (Gym. 15 mai 1827); 

— 10 novembre, P. le Mari par intérim, 1 a. pr. Fulgence, Tully (Vaud. 8 janvier 1827); 

— 24 novembre, P. le Jeune inaire, 2 a. pr. Saintine, Duvert (Gym. 21 mai 1827); — 
I er décembre, les Compagnons du devoir, 1 a. pr. Lafontaine, Vanderburch (Var. 
30 avril 1827); — 15 décembre, P. l'Ami Bontems, 1 a. pr. Théaulon, Mélesville (Nouv. 

5 octobre 1827) ; — 22 décembre, P. le Jaloux, 1 a. pr. Lamerlière, Hippolyte (Gym. 
16 octobre 1827). 

1828. — 5 janvier, P. le Diplomate, 2 a. pr. Scribe, G. Delavigne (Gym. 23 octobre 1827); 
26 janvier, P. la Marraine, 1 a. pr. Scribe, Lockroy (Gym. 27 novembre 1827); — 

2 février, P. le Mal du pays, 1 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 28 décembre 1827); — 

9 février, P. John Bull, 1 a. pr. Théaulon, Bayard (Var. 13 septembre 1827): — 

16 février, P. la Somnambule du Pont-aux~ Choux, 3 a. pr Laqueyrie, Hubert (Gym. 

10 novembre 1827); — 23 février, P. les Inconvéniens de la diligence, 6 tabl. pr. 
Théaulon (Vaud. 10 décembre 1827); — 8 mars, P. Ls Contrebandiers, 3 a. pr. G Duval, 
Rochefort (Var. 12 décembre 1827); — 15 mars, P. Une soirée à la mode, 1 a pr. Varner, 
Bayard (Gym. 17 septembre 1827); — 12 avril, le Maître de forges, 2 a. pr. Dumersan, 
Brazier (Vaud. 25 avril 1827); — 26 avril, les Dames peintres, 1 a. pr. Gabriel, Saint- 
Laurent (Var. 29 décembre 1827) ; — 3 mai, P. le Caleb de Walter Scott, 1 a. pr. 
Dartois, Planard (Nouv. 12 décembre 1827); — 10 mai, P. l'Obligeant maladroit, 1 a. 
pr. Davesne, Falberg (Amb. 28 juin 1827); — 17 mai P. les Dix francs de Jeannette, 1 a. 
pr. Dupeuty, Devilleneuve (P. S. M. 11 janvier 1828); — 31 mai, P. le Cadran-Bleu et la 
Courtille, 2 a. pr. Brazier, Gabriel (Vaud. 5 avril 1826); — 14 juin, P. le Paysan per- 
verti, 3 a. pr. Théaulon (Gym. 24 juillet 1827); — 21 juin, P. Yelva, 2 a. pr. Scribe, 
Devilleneuve (Gym 18 mars 1828); — 28 juin, P. Cartouche et Mandrin, 1 a. pr. 
Dertois, Dupin (Var. 19 avril 1827); — 19 juillet, P. le Mari de toutes les femmes, 1 a. pr. 
Monsigny (Vaud. 4 juin 1827); — 26 juillet, P. Vingt-cinq pour cent, 1 a. pr. Rougemont 
(Vaud. 13 juin 1826); — 30 août, P. le Barbier châtelain, 3 a. pr. Théaulon, Anne (Nouv. 

7 février 1828); — 20 septembre, P. M. Ducroquis, 2 a. pr. Théaulon, Choquart (Nouv. 

3 mai 1828); — 4 octobre, P. la Manie des places, 1 a. pr. Scribe, Bayard (Gym. 
19 juin 1828); — 11 octobre, P. le Chalet, 1 a. pr. Brazier, Dumersan (Var. 
25 juin 1828); — 18 octobre, P. la Reine de seize ans, 2 a. pr. Bayard (Gym. 30 jan- 
vier 1828); — 25 octobre, le Vieux mari, 2 a. pr. Scribe, Mélesville (Gym. 2 mai 1828); 

— 8 novembre, le Mariage impossible, 2 a pr. Mélesville, Carmouche (Nouv. 5 juin 1828); 

— 15 novembre, P. Midi, 2 a. pr. P. Duport, Monnais (Vaud. 2 février 1826); — 
22 novembre, P. Avant, pendant et après, esq. hist. 3 a. pr. Scribe, Rougemont (Gym. 

28 juin 1828); — 13 décembre, P. les Poletais, 2 a. pr. Saintine, Devilleneuve (Vaud. 

8 mai 1828); — 20 décembre, P. le Papier timbré, 2 a. pr. Desnoyer (Amb. 
12 octobre 1828); — 27 décembre, P. Valentine, 2 a. pr. Saint-Hilaire, Devilleneuve 
(Nouv. 2 octobre 1828). 

1829. — 3 janvier, P. la Nourrice sur lieu, 1 a. pr. Nezel, Montigny (Var. 13 octobre 1828); 

17 janvier, P. la Semaine des amours, 7 a. Dumanoir, Mallian(VAR. 27 octobre 1828); — 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1818-30. 233 

24 janvier, P. les Moralistes, 1 a pr. Scribe, Varner (Gym. 22 novembre 1828); — 
14 février, P. Malvina, 2 a. pr. Scribe (Gym. 8 décembre 182S); — 28 février, P. Jean, 

4 a. pr. Théaulon, Signol (Nouv. 10 novembre 1828); — 14 mars. l'Art de se faire aimer 
de son mari, 3 a. pr. Dupeuty (Vaud. 3 septembre 1828); — 21 mars, P. Theobald, 1 a. 
pr. Scribe, Varner (Gym. 12 février 1829) ; — 28 mars, P. la Laitière de Montfermeil, 

5 a. pr. Rougemont, Brazier (Vaud. 27 août 1827); — 4 avril, P. la Saint-Valentin, 1 a. 
pr. Duvert, P. Duport (Gym. 3 octobre 1828) ; — 9 mai, P. la Maison du rempart, 3 a. pr. 
Mélesville (Nouv. 29 novembre 1828); — 27 juin, P. le Jour des élections, 1 a. pr. 
Jouhaud, T. Sauvage; P. M me de Sainte-Agnès, 1 a. pr Scribe, Varner (Gym. 
20 février 1829) ; — 18 juillet, P. les Suites d'un Mariage de raison, 1 a. pr. Dartois, 
Lhérie (Nouv. 6 mai 1829) ; — 25 juillet, P. le Dernier jour d'un condamné, 1 a. pr. 
Dartois, Masson (Var. 15 mai 1829); — i er août, P. l'Orpheline, 1 a pr. P. Duport 
(Gym. 27 mai 1829); — 5 septembre, P. le Vieux général, 2 a. pr. Desvergers, Varin 
(Gym. 11 novembre 1828) ; — 19 septembre P. l'Incendie, ? a. pr. Bayard, P. Duport (Vaud. 
27 juin 1829); — 26 septembre, P. Jovial en prison, 2 a. pr. Théaulon, Gabriel (Nouv. 
14 juillet 1829); — 17 octobre P. la Veste et la livrée, 1 a. pr. Mélesville, Varner 
(Var. 3 avril 1829); — 7 novembre, P. la Grisette mariée, 2 a. pr. Dartois, Vanderburch 
(Var. I er juin 1829; — 14 novembre, P. Un Tableau de Famille, 1 a. pr. De Leuven 
(Vaud. 10 mars 1829); — 21 novembre, P. le Malade par circonstance, 1 a. pr. Varin, 
Desvergers (Vaud. 17 juin 1829); 28 novembre, P. M. le Marquis, 1 a Sue, De Forges 
(Gym. 17 mars 1829); — 5 décembre, le Bandit, 2 a. Tléaulon, Anne (Nouv. 12 sep- 
tembre 1829); — 20 décembre, les Actionnaires, 1 a. Scribe, Bayard (Gym. 22 octo- 
bre 1829). 

1830. — 16 janvier, P. la Fleuriste, 1 a Devilleneuve, Et. Arago (Vaud. 4 juillet 1827); — 
30 janvier, P. Louise, 2 a. Scribe, Mélesville, Bayard (Gym. 16 novembre 1829); — 
20 février, P. la Seconde armée, 1 a. Scribe, Mélesville (Gym. 12 janvier i8$o); — 

6 mars, P. Cricri et ses mitrons, 5 t. Cartouche, Dupeuty ; — 13 mars, P. Bonardin dans 
la lune, 1 a. Honoré (P. S. M. 12 février 1830); — 20 mars, l'Espionne russe, 3 a. 
Dartois, Dupeuty (Vaud. I er juin 1829); — 24 avril, P. le Bourgmestre de Saardam, 2 a. 
Mélesville, Merle (Var. 5 mars 1825); — i er mai, P. le Bal champêtre au cinquième 
étage, 1 a. Théaulon (Nouv. 23 janvier 1830); — 16 mai, la Famille du baron, 1 a. 
Scribe, Mélesville (Gym. 31 août 1829); — 19 juin, P. la Cour d'assises, 1 a. Scribe, 
Varner (Gym. 28 décembre 1829); — 3 juillet, P. le Vieux pensionnaire, 1 a. Bayard, 
Leroux (Vaud. 17 septembre 1829); — 10 juillet, P. Marie Mignot, 3 a. Bayard, 
P. Duport (Vaud. 17 octobre 1829); — 31 juillet, P. Zoé, 1 a. Scribe Mélesville (Gym. 
16 mars 1830); — 21 août, P. Pierre le couvreur, 5 t. Brazier, Carmouche, Théaulon 
(Nouv. 29 août 1829). 

Opéras. 

1 8 1 8. — 10 juillet, le Frère Philippe, 1 a. À. Duport. Dourlen (O.-C. 20 janvier 1818); — 
27 septembre, Belfort et Frontin, 2 a. Devienne; — 23 décembre, la Sérénade, 1 a. 
M me S. Gay, M me S, Gail(0.-C. 2 avril 1818). 

1819 — 27 janvier, le Petit chaperon rouge, 3a. Théaulon, Boieldieu (O.-C. 30 juin 1818); 
— 5 mars, le Charme de la voix, 1 a. Nanteuil, Berton (O.-C. 24 janvier 181 1) ; — 7 juin, 
la Fenêtre secrète, 3 a. pr. Dessessarts, Batton (O.-C. 17 septembre 1818); — n juillet, 
le Forgeron de Bassora, 2 a. pr. Sewrin, Kreubé (O.-C. 14 octobre 181 3) ; — 27 juillet, 
la Clochette, 3 a. Théaulon, Herold (O.-C. 18 octobre 1 8 1 7) ; — 12 septembre, les Tro- 
queurs, 1 a. Dartois, Herold (O.-C. 18 février 1819); — 29 octobre, l'Officier enlevé, 
1 a. pr. A. Duval, Catel (O.-C. 4 mai 1 819) ; — 14 décembre, Edmond et Caroline, 1 a. 
Marsollier, Kreubé (O.-C. 5 août 1819). 

1820. — 25 janvier, les Bayadères, 2 a. Jouy, Catel (G. -O. 8 août 1810); — 16 avril, le 



234 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1818-30. 

Jaloux du xv 8 siècle, 1 a***, Bertini ; — 20 juin, Valentin, 2 a. Sewrin, Berton (O.-C. 

10 décembre 1819) ; — 3 août, les Voitures versées, 2 a. Dupaty, Boielclieu (O.-C. 
3 janvier 1820); — 9 octobre, la Bergère châtelaine, 3 a. Planard, Auber (O.-C. 
2^ janvier 1820); — 9 novembre, l'Amant et te mari, 2 a. pr. Jouy, Roger, Fétis 
(O.-C. 8 juin 1820); — 21 décembre, la Chambre à coucher, 1 a. pr. Scribe, Guénée 
(O.-C 29 avril 1813); — 28 décembre, la Grille du parc, 1 a. Pain, Ancelot, Audibert, 
Panseron (O.-C. 9 septembre 1820). 

1821. — 24 février, Tarare, 3 a. Beaumarchais, Salieri (G.-O. 8 juin 1787); — 20 avril, 
le Premier venu, 3 a. Vial, Herold (O.-C. 28 septembre 1818); — 15 juillet, 
l'Heure du rendez-vous, 1 a de Peellaert; — 5 septembre, la Mort du Tasse, 

3 a. Cuvelier, Héliias, Garcia (G.-O. 7 février 1821); — 3 octobre, le Barbier de Séville, 

4 a. Rossini. 

1822. — 3 janvier, la Toison d'or, 3 a. Reiffenberg, Messemaekers ; — 31 janvier, l'Auteur 
mort et vivant, 1 a. Planard, Auber (O.-C. 7 juin 182 1); — 11 avril, le Mariage de Figaro, 
4 a. Notaris, Mozart (O.-C. 20 mars 1793); — 5 juin, le Philosophe en voyage, 3 a. pr. 
P. de Kock, Kreubé, Pradher (O.-C. 16 août 1821) ; — 23 juillet, Emma, 3 a. pr. Planard, 
Auber (O.-C. 8 juillet 1821) ; — 27 août, Fernand Cortex, 3 a. Esménard, Jouy, Spontini 
(G.-O. 28 novembre 1808); — 9 septembre, le Jeune oncle, 1 a. pr. Fontenille, Blangini 
(O.-C. 10 avril 1821); — 27 novembre, la Pie voleuse, a. Castil-Blaze, Rossini (O. 

2 août 1824). 

1823. — 9 janvier, le Solitaire, 3 a. Planard, Carafa (O.-C. 17 août 1822); — 5 mars, les 
Deux pièces nouvelles, 1 a. Tiste, Messemaekers ; — 15 a vi il, Valentine de Milan, 3 a. 
Bouilly, Méhul, Daussoigne (O.-C. 28 novembre 1822); — 17 juin, les Folies amoureuses, 

3 a. Castil-Blaze (O. 5 juin 1824); — 11 août, Leicester, 3 a. Scribe, MélesvilJe, Auber 
(O.-C. 25 janvier 1823); — 25 septembre, le Muletier, 1 a. P. de Kock, Herold, 
(O.-C. 12 mai 1823); — 23 décembre, Armide, 3 a. Quinault, Gluck (G.-O. 23 sep- 
tembre 1777). 

1824. — 5 février, la Neige, 4 a. Scribe, Delavigne, Auber (O.-C. 9 octobre 1823); — 
23 mars, Othello, 3 a. Castil-Blaze, Rossini (O. 25 juillet 1825); — 12 août, Agnès Sorel, 
3 a. Dupaty, de Peellaert; — 25 août, le Coq de village, 1 a Dartois, Kreubé (O.-C. 

11 septembre 1822); — 31 octobre, Concert à la Cour, 1 a. Scribe, Mélesville, 
Auber (O.-C. 3 juin 1824); — 29 décembre, la Fausse Agnès, 3 a. Castil-Blaze (O. 
7 mars 1824). 

1825. — 20 janvier, V Officier et le paysan, 1 a. Dartois, Kreubé (O.-C. 30 juillet 1824); — 
gmars, Robin des bois, 3 a. Castil-Blaze, Sauvage, Weber (O. 7 décembre 1824); — 23 mars, 
Lèocadie, 3 a. Scribe, Mélesville, Auber (O.-C. 4 novembre 1824); — 7 mai, les Deux 
Mousquetaires, 1 a. Vial, Gensoul, Berton (O.-C. 22 décembre 1824); — 5 juillet, le 
Barmécide, 3 a. Pixérécourt, de Peellaert; — 16 août, Stratonice, 1 a. Hoffmann, Méhul, 
Daussoigne (G.-O. 30 mars 1821); — 15 septembre, le Maçon, 3 a. Scribe, G. Delavigne, 
Auber (O.-C. 3 mai 1825). 

1826. — 9 mars, Teniers, ou la noce flamande, 1 a. Bouilly, Pain, de Peellaert; — 6 avril, 
la Dame blanche, 3 a. Scribe, Boieldieu (O.-C. 10 décembre 1825); — 11 septembre, la 
Vieille, 1 a. Scribe, G. Delavigne, Fétis (O.-C. 14 mars 1826); — 26 septembre, le Valet 
de chambre, 1 a. Scribe, Mélesville, Carafa (O.-C. 16 septembre 1823); — 20 octobre, 
la Forêt de Sénart, 3 a. Castil-Blaze (O. 14 janvier 1826); — 21 décembre, Marguerite 
d'Anjou, 3 a. Sauvage, Meyerbeer(0. 11 mars 1826). 

1827. — 18 janvier, Marie, 3 a. Planard, Herold (O.-C. 12 août 1826); — 22 février, M. de 
Pourceaugnac, 3 a. Castil-Blaze, (O. 8 novembre 1826); — 5 avril, Fiorella, 3 a. 
Scribe, Auber (O.-C. 7 décembre 1826); — 9 juillet, l'Artisan, 1 a. Saint-Georges, 
Simonnin, Halévy (O.-C 30 janvier 1827); — 21 août, le Siège de Corinthe, 3 a. Soumet, 
Rossini (G.-O. 9 octobre 1826); — 25 septembre, l'Exilé, 2 a. Dartois, Tully, de 
Peellaert.- 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1818-30. 235 

1828. — 24 mars, le Colporteur, 3 a. Planard, Onslow (O.-C. 22 novembre 1827); — 14 mai, 
la Sentinelle, 1 a. Dartois, Devvindt ; — 30 octobre, Mazaniello, 4 a. Moreau, Lafortelle, 
Carafa (O.-C. 27 décembre 1827). 

1829. — 12 février, la Muette de Portici, 5 a. Scribe, G. Delavigne, Auber (G. -O. 29 février 
1828); — 19 mars, le Mariage à l'anglaise, 1 a. Vial, Gensoul, Kreubé (O.-C. 4 mars 1828); 

— 8 avril, la Fiancée, 3 a Scribe, Auber, (O.-C. 10 janvier 1829); — 24 août, le Comte 
Ory, 2 a. Scribe, De'estre, Rossini (G.-O. 20 août 1828); — 30 octobre, Alcibiade, 2 a. 
Scribe, Hanssens, aîné. 

1830. — 28 janvier, les Petits appartements, 1 a. Dupin, Varner, Berton (O.-C. 
9 juillet 1827); — 18 mar6, Guillaume Tell, 4 a. Jouy, Rossini (G.-O. 3 août 1829) ; — 
15 juillet, Fra Diavolo, 3 a. Scribe, Auber (O.-C. 28 janvier 1830). 

Ballets et Divertissements, Pantomimes. 

1818. — 3 novembre, Nina, 2 a. Milon, Persuis (G.- O. 23 novembre 1813) ; — I er décembre, 
Almaviva et Rosine, 3 a. Blache (P. S. M. 19 avril 1817); — 23 décembre, les Deux 
statues, 1 a. (?). 

1819. — 21 février, la Femme innocente, malheureuse et persécutée, 3 a. Rougemont 
(O. 21 février 1811); — 15 mars, Une vengeance de l'amour, 1 a. Oudart ; — 30 mars, 
les Deux Créoles, 2 a. Hus (P. S. M. 1806); — 7 juin, les Jeux de Paris, 2 a. Hus (P. S. M. 
1817); — I er septembre, la Kermesse, 1 a. Petipa ; — 7 novembre, Fulbert et Cécile, 1 a. 

Aumer (P. S. M. 1803) ; — 13 décembre, les Noces de Gamache, 2 a Milon, Lefèvre (G.-O. 
15 décembre 1818). 

1820. — 19 mars, le Carnaval de Venise, 2 a. Milon, Persuis, Kreutzer (G.-O. 22 février 
18 16) ; — 27 juillet, le Calife généreux, 2 a. 

1821. — 3 février, P. le Retour d'un bon maître, 1 a.; — 25 mars, la Dansomanie, 2 a. 
Gardel, Méhul (G.-O. 14 juin 1800); — 17 juin, la Naissance de Vénus et de l'Amour, 
2 a. Petipa ; — 13 septembre, Muller et Lisbeth, 3 a. Blache*(P. S. M. 11 novembre 1818) ; 

— 23 décembre Clary, 3 a. Milon, Kreutzer (G.-O. 19 juin 1820). 

1822 — 24 février, M. Deschalumeaux, 3 a. Petipa; — 5 juin, les Pages du duc de Ven- 
dôme, 1 a. Aumer, Gyrowitz (G.-O. 18 octobre 1820); — 9 septembre, la Servante justi- 
fiée, 1 a Gardel, Kreutzer (G.-O. 30 septembre 1818); — 10 novembre, l'Amour et la 
Folie, 1 a. B»!ache(P. S. M. 1817). 

1823. — 19 mars, Psyché et l'Amour, 3 a. Gardel, Miller (G.-O. 14 décembre 1790); — 
21 mai, la Juute, 2 a. Hus (P. S. M. 1806); — 17 juin, Amphion, élève des Muses, 2 a. 
Dauberval ; — 17 juillet, le Bazar d'Ispahan, 1 a. Roger; — 29 août, Cendrillon, 3 a. 
Albert, Sor (G -O. 3 mars 1823) ; — 19 octobre, les Vendangeurs, 1 a. Blache (P. S. M. 
1823); — 2 5 novembre, Daphnis, 1 a. Gardel, Méhul (G.-O. 14 janvier 1803). 

1824. — 2\ février, les Amours de Vénus, 3 a.; — 24 juin, la Laitière suisse, 2 a. Blache 
(P. S. M. 1823); — août, le Volage fixé, 1 a. Duport (G.-O. 20 juillet 1806); — 
21 novembre, Télémaque, 3 a. Dauberval. 

1825. — 23 janvier, fenny, ou le mariage secret, 3 a Blache (P. S. M. 1816); — 13 février, 
Frisac, ou la double noce, 2 a.; — 25 mars, la Noce villageoise, 1 a. Blache (P. S. M. 
1823); — 27 juin, le Page inconstant, 3 a. Aumer (P. S. M. 17 juillet 1805); — 
9 juillet, le Cinq juillet, 1 a. Petipa, Snel ; — 23 octobre, le Tonnelier, 1 a. Lefèvre 
(P. S. M. 1817). 

1826. — 5 février, M. de Pourceaugnac, 2 a. Petipa, Sr.el ; — 3 avril, Zémire et Azor, 3 a. 
Deshayes, Schneithoeffer (G.-O. 20 octobre 1824); — 14 décembre, Jocko, ou le singe du 
Brésil. 

1827. — 22 février, Gulliver, 2 a. Coraly, Petipa; — 25 septembre, Astolphe et Joconde, 
2 a. Aumer, Herold(G.-0. 29 janvier 1827); — 27 décembre, la Somnambule, 3 a. Scribe, 
Aumer, Herold (G.-O. 19 septembre 1827). 



236 



Le Théâtre de la [Monnaie. 



1818-30. 



1828. — 18 février, les Petites Danaïdes, 7 tabl. Petipa ; — 27 mars, l'Amour au village, 

2 a. Blache (P. S. M. 1826); - 19 juin, le Triomphe de Sylla, 3 a Bartholomin ; — 
22 décembre, Aline, reine de Golconde, 3 a. Aumer, Berton, Monsigny G.-O. i er octobre 
1823). 

1829. — 29 janvier, le Conscrit, 1 a. Girel ; — 18 mars, les Enchantemens de Polichinelle, 

3 a. Petipa, Snel, Hanssens ; — 31 août, la Belle au bois dormant, 4 a. Aumer, Herold 
(G.-O. 27 avril 1829). 

1830 — 12 février, Alfred-le-Grand, 3 a. Aumer, Dugazon (G.-O. 18 septembre 1822); — 
22 février, le Pied de mouton, 6 a Bartholomin 





(1830-31) 




ous entrons maintenant dans une période exempte de 
privilèges, et permettant à l'art dramatique de prendre le 
plus grand essor. L'une des premières mesures du Gou- 
vernement Provisoire avait été de décréter l'absolue liberté des 
théâtres. 

Il est aisé de comprendre que les émeutes amenèrent la fermeture 
de la Monnaie et. qu'il n'y eut plus d'exploitation possible pendant 
l'effervescence populaire. Les artistes se dispersèrent. Cependant, le 
10 et le 24 octobre, eurent lieu deux représentations données avec les 
débris de la troupe, au bénéfice des blessés. Jenneval joua, dans la 
première, l'Honnête Criminel. Quelques jours après, il était tué... 

Dès le début, Jenneval avait pris une part active à la Révolution 
belge, et s'était fait inscrire, en compagnie de plusieurs artistes, sur 
les cadres de la Sûreté Publique, garde bourgeoise, chargée de 
maintenir l'ordre dans la ville. 

Le 20 septembre, on apprend que le Prince Frédéric a reçu 
l'ordre de marcher sur Bruxelles. On se prépare à une défense 
énergique et de nouvelles barricades s'élèvent. Le 23, au matin, 
l'attaque a lieu, en effet, et la ville est assiégée de tous côtés. A la 
Porte de Flandre, un régiment de hussards, qui avait franchi les 
premiers obstacles, se dispose à marcher vers la Grand Place, lors- 
qu'il est assailli par une grêle de projectiles lancés de toutes les 
habitations. « D'une de ces maisons, on leur jeta même sur la tête 



238 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1830-31. 

un poêle tout allumé, le pot-au-feu qu'on était en train de préparer, 
ainsi qu'une grande casserole contenant un ragoût bruxellois connu 
sous le nom de earbonnades flamandes. Les dolmans des hussards en 
furent complètement imprégnés, et ils eurent ainsi la satisfaction de 
se rappeler pendant quelque temps l'odeur de la cuisine bruxel- 
loise » (1) . 

Quatre jours de suite, éclata une lutte acharnée, notamment 
autour du Parc. On y remarquait un groupe de jeunes gens, et, au 
milieu d'eux, Jenneval. C'était la Compagnie des Volontaires de 
Chasteler (2). 

Enfin, les troupes sont refoulées, et, le 27, au matin, la ville est 
complètement évacuée. Jenneval composa alors sa Nouvelle Braban- 
çonne, que, le soir même, Campenhout chantait dans l'établissement 
de 1 Aigle d'Or, et qui devint définitivement le Chant National de 
la Belgique. 

Dès ce moment, Jenneval se consacra tout entier à la cause 
publique. Il dédia aux victimes de ces journées, reposant à la place 
des Martyrs, l'épitaphe suivante, et il l'attacha lui-même à la simple 
croix de bois noir qui s'y élevait alors : 

QUI DORT SOUS CE TOMBEAU, COUVERT PAR LA VICTOIRE 

DE NOBLES ATTRIBUTS DE LIMMORTALITÉ } 

DE SIMPLES CITOYENS DONT UN MOT DIT l'hISTOIRE I 

MORTS POUR LA LIBERTÉ! 

Jenneval partit ensuite, avec le comte Frédéric de Mérode et 
quelques volontaires, pour Lierre, où leur présence était réclamée. 
A peine avait-il pris le temps d'embrasser sa mère. Voici comment la 
pauvre femme raconte elle-même ce départ : 

C'était le 14 octobre au soir : Jenneval me prévint qu'il partait avec M. Frédéric (sic), 
comme lui volontaire dans les chasseurs de Chasteler. — Ce ne devait être, me dit-il, qu'une 
promenade militaire. Je fis néanmoins beaucoup de difficultés pour le laisser partir. — La 
compagnie ne marche pas, lui répondis -je, tu en as assez fait pour l'honneur et pour la 
liberté ; reste, je t'en prie II me répéta que ce n'était qu'une promenade militaire. Mérode 
L'affirmait aussi. Ce fut pour tous deux le voyage éternel (3). 

En effet, dans une attaque, le brave Jenneval fut mortellement 

(1) Ch. Vandcrsypcn. Jcnncval-Campcnhout : La Brabançonne. 

(2) Esquisses Historiques de Ict Révolution- 
(?) Etudes Poétiques de JcnneVal. 




JenkevA.) 




'V\ 




\ Van C.vjrTENiioui. 



Lu aiLi.MJi: 



LES HEROS DE LA REVOLUTION 

AU THÉÂTRE DE LA MONNAIE 



240 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1830-31. 

atteint au bas-ventre par un boulet de canon, « s'étant mis à décou- 
vert dans sa persistance à trop bien ajuster les coups de fusil » (1). 

Les restes du courageux comédien furent transportés, en grande 
pompe, à Bruxelles. A côté de Jenneval reposait le cadavre du jeune 
Niellon, sergent-major, âgé de 19 ans, neveu du commandant en 
chef de ce nom. Le cortège, accompagné par une foule recueillie, se 
dirigea vers la place des Martyrs. Après les prières du clergé, 
Dessessarts prononça quelques paroles émues, où il retraçait la vie de 
Jenneval; et l'imposante cérémonie fut terminée par des salves de 
mousqueterie. 

Un service funèbre, dont une souscription avait fait les frais, fut 
célébré le 5 novembre, en l'église Sainte-Gudule, et la mère du 
malheureux artiste obtint une pension civique de quatre cents florins 
des Pays-Bas (847 francs). 

A dater du 21 novembre 1830, la troupe du Théâtre de la Monnaie 
donne, trois ou quatre fois par semaine, des spectacles pour lesquels 
l'affiche porte : 

Les Artistes Sociétaires du Grand-Théâtre de Bruxelles 
sous la gestion de M. Bernard, 

Le répertoire — dans lequel l'opéra prit peu de place — se 
composa surtout de pièces historiques. 

Le 4 janvier 183 1, eut lieu une représentation au bénéfice de 
M me Jenneval. 

(1) Kesscls. Précis des opérations militaires. 



Premières Représentations : 

1830. — 2 décembre, Bonaparte à l'école de Brienne, souvenir de 1783, en 3 actes et 
3 tableaux, de Gabriel, Devilleneuve et Masson; — 9 décembre, Napoléon, drame histo- 
rique en 2 parties et 9 tableaux, de Dupeuty et Régnier; — le Volontaire belge, drame 
en 2 époques, de Jouhaud; Avant, pendant , après, esquisses historiques, de Scribe et 
Rougemont. 

1831 — janvier, 23, 24, 25 et 26 septembre, ballet en 6 tableaux, de Petipa et Snel ; 
— 8 février, Lambert Simmel, pièce historique en 5 actes, de Simonnin, Benjamin et Théo- 
dore ; — 12 février, la Femme innocente, malheureuse et persécutée, pantomime, de 
Rougemont; — 21 février, Mademoiselle de Lavallette, drame historique en 2 actes, de 
Barthélémy, Brunswick et Lhérie; — 3 mars, yo ans ou la vie d'un joueur, mélodrame en 
3 journées et 6 tableaux, de Victor Ducange et Goubaux ; — 24 mars, le Couvent de 
Tounington, mélodrame en 3 actes et en prose, de Victor Ducange et A. Bourgeois; — 
10 avril, la Chaste Suzanne, ballet-pantomime en 2 actes, de Blache père. — 14 juillet, 
au bénéfice de plusieurs employés, première représentation de le Rêve du Mari, comédie 
en 1 acte et en vera, d'Andrieux- 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1830-31. 241 

Nous croyons intéressant de faire connaître la nomenclature des 
décors dont l'opéra pouvait disposer à ce moment-là : 

Inventaire et Estimation des quatorze décorations du Grand-Théâtre de 
la Monnaie, appartenant à la Ville. 

ï°. — Une forêt, composée de : dix châssis pour les coulisses, cinq plafonds, un rideau 
de fond, deux arbres isolés, deux bancs et un terrain entrant dans les coulisses. 

Bois et toiles, valeur fr. 400 

Peinture 150 

Perches et tioiles 210 

Peinture 75 

Perches et toiles 96 

Peinture 30 

Un arbre manquant, l'autre estimé 40 

Deux bancs 20 

1,02 1 
2°. — Une place publique, composée de : dix châssis, neuf bandes d'air, un rideau de fond, 
trois châssis, dont deux obliques. 

Peinture, deux châssis et rideau de fond .... fr. 275 

Peinture, neuf bandes d'air et huit perches 230 

Peinture, toile rideau, bois châssis 676 

1,181 
3 . — Salon riche, composé de : huit châssis, une ferme fermée, un pantalong, deux cabinets, 
cinq plafonds, une ferme à jour et ses deux châssis en quatre. 

Châssis, cabinets, bois et toiles fr. 250 

Pantalong et plafonds, toiles 160 

410 
Fermes à renouveler, peinture sans valeur. 

4 . — Salon mauresque, composé de : huit châssis, une ferme fermée, un pantalong, cinq 
plafonds. 

Châssis et ferme bois fr. 720 

Peinture 150 

Plafonds, rideaux, toiles 200 

Peinture. 100 

Rideau 20 

1,190 
5°. — Un jardin régulier, composé de : dix châssis (couverts), cinq plafonds, un rideau de 
fond, deux bosquets avec dossier, quatre statues isolées. 

Rideaux et châssis fr. 676 

Bosquets et statues 100 

776 
Plafonds en magasin, peinture très mauvaise, sans valeur, à refaire le tout. 
6°. — Un palais grec, pour la tragédie, composé de : huit châssis, deux fermes à jour, un 
rideau de fond, six plafonds. 

Châssis et fermes à jour fr. 800 

Plafonds et rideaux 320 

Peinture du tout 200 

1,320 

16 



242 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1830-31. 

7*. — Une prison, composée de : quatre châssis ou coulisses, une ferme, trois plafonds, un 
rideau, deux bornes et un degré de trois marches. 

Châssis et fermes fr. 460 

Bornes et degrés .... . . 80 

Plafonds et rideaux 350 

Peinture du tout 60 

950 
8°. — Une chambre rustique, de quatre châssis ou coulisses, une ferme, trois plafonds, un 
pantalong. 

Châssis et fermes fr. 400 

Plafonds et pantalongs 65 

Peinture du tout 60 

5 2 5 
9°. — Une chambre simple ou Molière, de six châssis ou coulisses, une ferme, deux cabi- 
nets, un pantalong, quatre plafonds. 

Châssis, fermes et cabinets ... . . . fr. 550 

Plafonds et pantalong . . . 90 

Peinture du tout 100 

740 
10°. — Un rideau de jardin pittoresque. 

Toile, valeur fr. 96 

A repeindre, étant tout blanc. 

ii°. — Un hameau composé de : cinq châssis, dont trois obliques, un châssis de paysage, 
un pont avec dossier, un terrain, un rideau. 

Châssis, dont trois obliques . . fr. 250 

Châssis paysage 50 

Terrain 5 

Rideau toile 96 

Peinture du tout 40 

Pont avec dossier et peinture . . 115 

v 

556 

12°. — Une caverne, composée de : quatre châssis en coulisse, une ferme, trois plafonds, 
un rideau. 

Châssis et fermes fr. 350 

Plafonds et rideaux . 240 

Peinture du tout 120 

710 
i3°. — Un palais gothique, composé de : six châssis en coulis^es, une ferme, qualre pla- 
fonds, un rideau. 

Châssis et ferme . . 500 

Plafonds et rideau . . 268.80 

Peinture du tout . 160 

928.80 
14 . — Un horizon, composé de : un rideau, deux châssis d'air, trois bandes de mer, deux 
terrains. 

Toile rideau . . fr. 96 

Deux châssis d'air . . . 100 

Trois bandes de mer et deux terrains. ..... 50 

246 
Peinture à refaire. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1830-31 



243 



15 . — Un rideau d'avant-scène, un premier manteau et ses deux chutes, un second man- 
teau mobile et ses deux châssis. 

Rideau d'avant-scène, sep: perches, un enfer . . . fr. 140 

Premier manteau et ses deux chutes 110 

Deuxième manteau et deux châssis . . ... 170 

Peinture du tout 400 



820 



Dressé par l'architecte de la ville et l'expert machiniste. 




A^A A A A A A A A A^A A A A A A AA A k <JSm 




&^~y~? r~ y 



(1831-32) 




affilé succède aux artistes-sociétaires, avec une troupe 
complète d'opéra et de comédie. 



régisseurs. 



MM. LAFFILE, directeur. 
Paillières, 

MONNIER, 

Péron, caissier. 
Roelants,- bibliothécaire. 

Comédie. 



Messieurs : 
Charles Ricquier, premier rôle. 
Bouchez, pères nobles. 
Desroches, forts jeunes premiers. 
Alexandre, jeunes premiers. 
Duchampy, deuxièmes amoureux. 
Cartigny (du Théâtre -Français), financiers. 
Romain ville, premiers comiques. 
Doligny jeune, deuxièmes comiques. 
Folleville, pères nobles. 
Bosselet, raisonneurs. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles, premiers rôles. 

Caroline Pougaud, jeunes premières. 

Lebrun, soubrettes. 

Roussellois, premiers caractères. 

Daudel, mères nobles. 

Liot, ingénuités. 

Caroline Linsel, jeunes amoureuses. 

Messieurs : 
Baron, grimes. 
Alphonse, grandes utilités 



Messieurs : 
Théophile, premier ténor. 
Duchaumont, deuxième ténor. 



Opéra. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Dérancourt, première chanteuse. 
Ducasse Gerville, mères Dugazon. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1831-32. 245 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Duchampy, Colin. Alexandre, Dugazon. 

Bazin, Gavaudan. Emilie Liot, j 

Mondonville, Martin. Linsel, ) 

Prieur, basse-noble. 

Dessessarts, basse-comique. Messieurs : 

Eugène, basse en tous genres. Perceval, ) 

Bouchy, deuxième basse. Romainville, ) 

L. Dessessarts, troisième basse. Annet, Trial. 

Quatre coryphées. Dix-huit chanteurs de chœurs. Dix-huit chanteuses. 

Divertissement. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Bartholomin, chargé de la direction de la Leroux, première danseuse, 
danse. Angélique, 



jeunes Dugazon. 



Laruette. 



deuxièmes danseuses. 
Lasserrf, premier danseur. Van Esse, ) 

Hamel, deuxième danseur. Bartholomin, coryphée. 

Murât, coryphées et comiques. 

Huit figurants. Huit figurantes. Seize élèves de l'école de danse. 

Orchestre. 

MM. SNEL, chef d'orchestre. 
Meerts, violon-solo. 

Cinquante-six musiciens. 

Ouverture, le 28 août, par la Dame blanche et une comédie : 
Le Jeune mari. 

Théophile Derancourt, qui ressemblait physiquement à son 
prédécesseur Lafeuillade, fut très favorablement accueilli dans le 
rôle de Georges Brown ; les débuts de sa femme, qui s'était fait 
une réputation sous le nom de M lle Camoin, ne furent qu'une 
simple formalité. Parmi les nouveau-venus on remarqua encore 
M me Alexandre, dans le rôle de Jenny, et Prieur, dans celui de 
Gaveston. 

A cette époque, le théâtre ne jouait pas le samedi, et ses portes 
restaient fermées toute la semaine sainte. L'éclairage coûtait 
13,500 francs pour les 300 représentations de l'année, soit 1,275 ^t. 
par mois, ou 5 1 francs par soir, non compris l'éclairage à l'huile et 
les chandelles. 

Le Roi vint pour la première fois au théâtre, le 1 1 septembre; on 
y donnait la Femme juge et partie et les Voitures versées. 

La salle était comble, et l'impatience des spectateurs était extiéme. Après la comédie, le 
Roi est arrivé, accompagné de S. A. R. le Duc d'Orléans, qui se trouvait à Bruxelles seule- 
ment depuis quelques instants, et suivi d'un nombreux et brillant état-major. Depuis plusieurs 



246 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1831-32. 

heures une foule avide était serrée près de la porte latérale, par où S. M. devait entrer; à son 
arrivée les acclamations partirent de tous côtés et dans toute la longueur de la rue. Ces 
acclamations s'entendirent jusque dans la salle et y annoncèrent le Roi. Lorsqu'il parut, l'en- 
thousiasme le plus franc et le plus unanime éclata dans toutes les parties de la salle ; les 
applaudissemens et les cris paraissaient ne pas devoir prendre fin. Le Roi saluait à plusieurs 
reprises et paraissait ému de ces témoignages d'amour. Pendant l'insignifiant dialogue des 
Voitures versées il causait amicalement avec le prince héréditaire de France. Etant sorti 
pendant quelques instants de sa loge, les applaudissements recommencèrent à sa rentrée; 
enfin, lorsque la toile fut baissée et que le Roi se leva pour se retirer, les vivais aussi bruyans 
qu'à son arrivée se firent entendre, et furent bientôt continués par la foule du dehors qui 
l'attendait et qui l'accompagna des mêmes acclamations. 

La toilette des dames qui assistaient à cette représentation contribuait à rendre cette 
réunion des plus brillantes. On remarquait aux premières plusieurs étrangers de distinction. 
Le général Belliard se trouvait dans une loge avec plusieurs officiers supérieurs français. 

Malgré la sympathie que le public lui avait témoignée à son 
arrivée, L affilé ne put soutenir longtemps lexploitation, et fut obligé 
d'y renoncer, le 19 novembre. 

C'est Cartigny, acteur de la troupe, qui lui succède. Il convoque 
les artistes, leur expose la situation, et leur propose, soit les trois 
quarts de leurs appointements, soit la moitié, et le reste au prorata ; 
la première de ces combinaisons est acceptée. 

Charles-Claude Cartigny était né à Dieppe en 1782. Avant de venir au monde, il avait 
perdu son père, qui fut trouvé assassiné. A quinze ans, il perdit aussi sa mère, tristes com- 
mencements pour un futur acteur comique. Il fut successivement apprenti bijoutier et 
horloger, manœuvre, saute-ruisseau dans une étude. S'étant engagé comme soldat, il entra 
dans les chevau-légers du roi de Westphalie (Jérôme Bonaparte), et parvint au grade de sous- 
lieutenant. Son corps fut employé dans cette guerre d'Espagne, grand crime et grande faute 
en même temps. 



1831. — 31 août, début de Romainville, premier comique, la Fête du village voisin; — 
I er septembre, début de Desroches, le Nouveau seigneur de village; — 2 septembre, 
début de M lle Pougaud, jeune première, la Fille d'honneur ; — 7 septembre, début de 
M me Ducasse-Gerville, la Vestale; — 9 septembre, début de Bazin, Joconde; — 26 sep- 
tembre, concert de Graziani, « primo buffo » du Théâtre Royal Italien de Paris ; — 4 octobre, 
première représentation de la Fiancée, opéra-comique en 3 actes, de Scribe, musique 
d'Auber; — 15 octobre, première représentation de la Perle des maris, comédie-vaude- 
ville en ï acte, de Bayard, Dumanoir et Mallian; — 25 octobre, première représentation 
de Dominique, comédie en 3 actes, de d'Epagny et Dupin; — 22 novembre, première 
représentation de Antony, drame en 5 actes, d'Alexandre Dumas; — 12 décembre, spec- 
tacle extraordinaire à l'occasion du séjour à Bruxelles d'Alexandre, ex-artiste du Gymnase, 
les Ruses de Nicolas; — 15 décembre, première représentation de les Deux nuits, opéra- 
comique en 3 actes, de Bouilly et Scribe, musique de Boieldieu ; — 20 décembre, première 
représentation de le Paquebot, pièce en 1 acte, en prose, d'Alexandre; — 21 décembre, 
première représentation de Une journée d'élection, comédie en 3 actes, en vers, de 
Delaville de Mirmont; — 25 décembre, au bénéfice des pauvres, Mazaniello, drame histo- 
rique en 4 actes, de Moreau et Lafortelle, musique de Carafe. 



Le Théâtre de la fMonnaie. — 1831-32. 247 

Un jour, le jeune officier fut envoyé avec un détachement dans les environs de Burgos, 
pour arrêter un curé de village, et non seulement pour l'arrêter, mais encore pour le pendre 
immédiatement et sans forme de procès. Sinistre commission! Cartigny part, néanmoins; il 
arrive au village, il entre au presbytère. Là, il se trouve en présence d'un prêtre dont 
l'extérieur ne révélait pas le moins du monde un émule du fameux Mérino. Cartigny sentit 
que, décidément, le métier de bourreau ne lui convenait pas. Au lieu d'exécuter l'ordre 
barbare, il jeta dans l'oreille du prêtre un charitable avis, qui ne fut pas perdu : malgré un 
embonpoint respectable, le pauvre prêtre releva sa soutane, escalada la haie de son jardin 
et gagna les montagnes voisines, où il n'était pas facile de le rattraper. De retour près de 
son général, et assez embarrassé de sa bonne action, Cartigny balbutia d'abord, puis il 
avoua tout franchement les faits. Le général, heureusement, ne prit pas mal la chose. Au 
lieu d'envoyer l'officier trop humain devant un conseil de guerre, il lui conseilla seulement 
de changer d'état, l'obéissance passive n'admettant pas de pareils scrupules. Cartigny, en 
effet, donna sa démission, et revint en France. 

Il avait déjà joué la comédie en amateur, dans les courts loisirs du cantonnement; il 
essaya d'abord en province, et débuta au Théâtre-Français, le 28 mai 181 1, par les rôles 
d'Hector du Joueur, et de Labranche dans Crispin rival de son maître. Reçu pour l'emploi 
des comiques, il y montra surtout de la franchise, du naturel et de la rondeur. Cartigny prit 
sa retraite en 183 1. Depuis, il donna des représentations dans les départements; il admi- 
nistra, quatre ans, les théâtres royaux de Bruxelles, et joua pendant huit ans, à Londres, au 
théâtre de St-James. 

Enfin, l'heure du repos ayant sonné, il vint s'établir à Versailles, puis dans une habitation 
aux portes de Paris; c'est là qu'il est mort. 

Cartigny avait fait lui-même son éducation : il parlait bien l'espagnol, l'italien, l'anglais 
et l'allemand; ses manières étaient cordiales et polies. Il laissa des regrets, comme artiste 
et comme homme privé. 



1832. — 5 janvier, première représentation de le Philtre, grand opéra en 2 actes, de Scribe, 
musique d'Auber ; — 10 janvier, spectacle, par ordre, au bénéfice de M me Derancourt, 
le Philtre; — 21 janvier, prenvère représentation, de II y a seize ans, drame en 3 actes, 
de Victor Ducange; — 29 janvier, la salle éclairée en bougies, reprise du Comte Ory; — 
21 février, grand concert vocal et instrumental, donné par la « Société d'Apollon », 
honoré de la présence de Sa Majesté; — 24 février, première représentation de Joscelin 
et Guillemette, comédie en 1 acte, du Théâtre Français, par d'Epagny; — i er mars, 
par ordre, la Muette Je Portici; — 5 mars, première représentation de la Dame du Lac, 
opéra héroïque en 4 actes, de d'Epagny et Rousseau, musique de Rossini ; — 10 mars, pour 
la représentation de KHschnig, premier mime comique des Théâtres Royaux de Cobourg 
et Drury-Lane, à Londres, Une fête foraine ; — 12 mars, représentation de KHschnig, 
mime du Théâtre de Londres; — 13 mars, première représentation de l'Homme au masque 
de fer, drame en 5 actes et 7 tableaux, de Arnould et Fournier ; — 18 mars, au bénéfice 
des pauvres, troisième représentation de V Homme au masque de fer; — 24 mars, grand 
concert vocal et instrumental, donné par M me Malibran, honoré de la présence de 
Sa Majesté ; — 28 mars, au bénéfice de Klischnig, le Carnaval de Venise; — 30 mars, 
première représentation de la Lampe merveilleuse, ballet de Ch.-L. Hanssens jeune; — 
5 avril, représentation de Ponchard, la Dame Blanche; — 10 avril, bénéfice de 
M. et M me Derancourt, première représentation de Zampa, opéra-comique de Mélesville, 
musique d'HéroId; — 14 avril, par ordre, la Lampe merveilleuse; — 17 avril, bénéfice 
de Bazin, Romainville, Armet et M lle Daudel, Zampa; — 18 avril, pour la clôture de 
l'année théâtrale, la Muette de Portici. 



248 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1831-32. 



Le 12 décembre, 



A L'OCCASION DU SÉJOUR A BRUXELLES DE 

M. ALEXANDRE 

Ex-artiste du Gymnase et inventeur d'un genre de représentation scénique 

qu'il a créé en Angleterre. 



Antony, le drame d'Alexandre Dumas, était précédé dune pièce 
en un acte : Les Ruses de Nicolas, où Alexandre jouait six rôles 
différents, et tenait la scène à lui tout seul. Ce spectacle eut trois 
représentations consécutives; à la quatrième, Alexandre parut dans 
une autre de ses productions : 

Le Paquebot, 
ou le Coche d'Auxerre. 
Seul pour sept ! 

Comme l'indique le titre, Alexandre jouait sept rôles. 

La nouvelle année est inaugurée par la « première » de : Le 
Philtre, opéra d'Auber. La deuxième en fut donnée par ordre; 
l'affiche portait : 

LA SALLE SERA ECLAIREE EN BOUGIES. 

Les soirées ne se passaient pas toujours d'une façon calme, et 
quelques artistes eurent parfois à se plaindre du public. 

De préférence, celui-ci malmenait assez durement une certaine 
actrice, et la sifflait sans pitié. A l'une de ces soirées, un officier 
français, qui se trouvait au parterre, indigné de la cruauté avec 
laquelle ses voisins traitaient la malheureuse cantatrice, se lève et 
fait appel à la charité des spectateurs : « De quoi te mèles-tu ? » lui 
riposte un jeune homme. Cette apostrophe était à peine lancée, que 
son auteur en recevait la réponse sous la forme de cinq doigts, 
vigoureusement appliqués sur la joue; il s'ensuivit une véritable 
mêlée, qui ne dura pais moins d'une demi-heure. Einalement, les 
deux champions allèrent vicier la querelle sur le terrain. Au premier 
coup d épée, le jeune homme fut étendu roide mort. L'adversaire 
se précipita sur son cadavre, en pleurant; mais il était trop tard... 



Le Théâtre de la [Monnaie. — 1831-32. 



249 



Cet officier était un brave et digne soldat, qui ne se consola jamais, 
dit-on, d'avoir provoqué une altercation dont les conséquences 
devaient être aussi graves. 

L'année théâtrale clôtura, le 18 avril, par la Muette de Portici. 

Le Conseil de Régence décida que « la concession gratuite 
accordée au sieur Cartigny, de l'usage des deux salles de spectacle, 
ainsi que de la partie du mobilier rficeux appartenant à la ville pour 
une année, à courir du 21 avril 1832 au 20 avril 1833, serait étendue 
aux deux années subséquentes ». 





(1832-33) 



MM. CARTIGNY, directeur. 

Desrociies, régisseur général. 
Monnier, premier régisseur. 
Pallier, inspecteur général. 

Comédies, Tragédies, Drames et Vaudevilles (1). 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles, premiers rôles en tous genres. Charles, premiers rôles en tous genres. 

Desroches, jeunes premiers rôles. Pougaud, jeunes premières, grande coquette 

Emile, jeune premier et deuxième amoureux. Linsel, ) deuxièmes et troisièmes 

Duchampy, deuxième et troisième amoureux Chevalier, j amoureuses, ingénues. 

Folleville, I pères nobles et de conve- Victorine, j troisièmes amoureuses, in- 



Bouchez, ) nance. 

Bosselet, troisièmes rôles et raisonneurs. 

Lechevallier, financiers, grimes et manteaux. 

Henri, premier comique. 

Perceval, deuxième comique, grimes. 

Dolicny, seconds comiques. 

Dessessarts, financiers, paysans. 

Baron, seconds pères, financiers, paysans. 

Alphonse, grande utilité. 



Mélanie, ) génuités. 

Lebrun, soubrette. 

Roussellois, premier caractère. 

Daudel., deuxième caractère, mère noble. 

Jules Grivet, 

Ternaux, 



rôles de convenance. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Chollet, premier ténor. 

Léon Chapelle, deuxième ténor. 

Duchampy, troisième ténor, les Collins. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Preval, première chanteuse, forte Dugazon. 
Derancourt, première chanteuse en tous 
genres. 



(1) Nous croyons devoir prévenir le lecteur que les tableaux de troupes sont reproduits tels qu'ils ont 
paru à l'époque, et que nous respectons les appellations et l'orthographe. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1832-33. 251 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Mondonville, baryton, les Martins, Lays, Depoix, deuxième Dugazon. 

Soliés. Linsel, , ., 

..,-,, / deuxièmes et troisièmes 

Adrien, première basse chantante, basse- Chevalier. ' _ 

• ce ,- \ Dugazons. 

boutte. \ ictorine, ' 

Eugène, première basse-noble, et autres. Roussellois, première duègne. 

Dessessarts, première basse comique. Daudel, deuxième duègne. 

Alphonse, troisième basse. Jules Grivet, deuxième duègne et mère noble. 

Perceval, Laruette. Ternaux, coryphée. 

Frédéric, Trial. 

Orchestre. 

MM. SNEL, premier chef d'orchestre. 
Warot, deuxième chef d'orchestre. 

L'année théâtrale débute de façon bruyante. Le public, que le 
départ de certains artistes et le maintien de certains autres avait 
indisposé, réclamait les titulaires de plusieurs emplois qui n étaient 
pas tenus. Le plus souvent, des cris et des sifflets interrompaient 
le spectacle. On voulait que Cartigny fournît des explications, et on 
l'appelait en scène. Desroches, que ses fonctions de régisseur 
obligeaient à venir essuyer la tempête, se présentait; on ne le 
laissait pas parler, et il se retirait, reconduit par les huées : « Carti- 
gny ! Cartigny! ». Mais le prudent directeur n'avait garde de se 
montrer. 

Le bourgmestre prend un arrêté nouveau (7 mai), dont la sévérité 
accroît encore la colère générale. Trois jours plus tard, les sifflets 
couvrent la voix de Desroches, pendant une scène. Celui-ci apos- 
trophe le public, ce qui contribue — naturellement — à augmenter 
le désordre. On dresse procès-verbal contre Desroches, et la repré- 
sentation s'achève comme elle avait commencé 

Enfin, un groupe de jeunes gens annoncent ouvertement qu'ils 
iront « casser les vitres » chez Cartigny, La police, prévenue à 
temps, empêcha la réalisation d'un tel projet. Mais on dut fermer le 
théâtre pendant quinze jours. 

Cependant, quelques soirées avaient été marquées par un calme 
relatif, notamment celles qu'on avait données avec le concours de 
Ponchard. L'excellent artiste fut l'objet d'ovations enthousiastes, 
et il joua tout son répertoire. L'affiche porte, le 15 mai : Pour la 
dernière représentation de M. Ponchard : « Zémire et Azor » ; puis, 
le 17 : « Le Maçon »; pour faciliter les débuts, M. Ponchard rem- 
plira le rôle de Roger ; enfin, le 20 : pour la clôture définitive, et 



252 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1832-33. 

5,7ns remise, des représentations de M. Ponchard : « Mazaniello ou 
le Pêcheur napolitain ». 

Dès ce moment, les troubles se renouvelèrent ; Cartigny était déci- 
dément très impopulaire. Des scènes graves se produisirent : 
procès, duels, bagarres, arrestations, etc. Et comme, à côté de chaque 
événement fâcheux, on rencontre presque toujours la note comique, 
nous voyons clans la nomenclature des victimes de ces désordres, un 
spectateur condamné, pour être monté sur les banquettes avec des 
« souliers à clous », et un coiffeur, nommé Lyon, à qui fut infligée 
une amende, parce qu il avait gardé son chapeau sur la tête pen- 
dant le spectacle, « attendu qu'il ignorait moins que tout autre les 
usages, sa clientèle étant composée spécialement d'acteurs ». Il est 
étonnant qu'on n'ait pas ajouté que, par profession, le sieur Lyon 
devait être habitué à voir les gens tête nue. 

Voici comment le Journal des Comédiens rend compte d'une 
représentation tumultueuse : 

Vous savez tous, amis lecteurs, que la soirée du 21 mai dernier (soirée orageuse, s'il en 
fut jamais!) fit naître un procès, et un famet x procès encore... Ces infâmes Bouzingots 
s'étaient permis de monter sir les banquettes du Théâtre royal de Bruxelles, de siffler, 
d'appeler le régisseur, et de dire des choses qui..., des choses que..., enfin, des choses 
affreuses!... ces infâmes Bouzingots qui se rendent coupables du double crime d'y voir trop 
clair et de vouloir faire ouvrir les yeux à ceux qui n'y voient pas, ces infâmes Bouzingots, 
dis-je, ont comparu mercredi devant la chambre de police correctionnelle, accusés d'avoir 
interrompu le spectacle. 



1832. — 3 mai, représentation de Ponchard de l'Opéra-Comique, le Petit Chaperon rouge ; 

— 12 mai, début de Bernard-Léon, première représentation de Rabelais, vaudeville en 
1 acte, de Leuven et Charles de Livry; — 22 mai, artistes anglais du Théâtre Italien de 
Paris; — 20 juin, concert des frères Eichhorn ; — 26 juin, représentation de Philippe, du 
Palais Royal de Paris; — 12 juillet, première représentation de V Amitié des femmes , 
comédie en 1 acte, en vers, par J.-B.-P. Lafitte ; — 14 juillet, première représentation de 
le Sénateur, vaudeville en 1 acte, de Philippe Dumanoir et Eug. Laurey ; — 26 juillet, 
première représentation de /760, ou Une matinée d'un grand seigneur, comédie en 1 acte, 
en vers, d'Alexandre Longpré ; — 2 août, par ordre, première représentation de 
la Marquise de Brinvilliers, drame lyrique en 3 actes, de Scribe et Castil Blaze, musique 
d'Auber, Batton, Blangini, Boieldieu, Carafa, Cherubini, Herold, Paër et Rossini ; — 
13 août, au bénéfice des pauvres, les Voitures versées; — 14 août, première représentation 
de r Abbaye aux bois, histoire contemporaine en 3 actes, 6 tableaux, de Pixérécourt et Henri 
Martin; — 15 août, représentation de M lle Dorus, le Barbier de Séville ; — 19 août, par 
ordre, la Muette de Porlici ; — 23 août, au bénéfice de M. 11 * Dorus, le Philtre; — 14 sep- 
tembre, première représentation de le Diable à Séville, opéra-comique en 1 acte, de Gavé 
et Dittmcr, musique de Gomis ; — 16 septembre, début de M llc Zéline, Robin des bois; 

— 3 octobre, début de M ,le Schaffner, Robin des bois; — 4 octobre, première représen- 
tation de la Tour de Nesle, drame en 5 actes et 9 tableaux, d'Alexandre Dumas et 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1832-33. 253 



Le même journal publiait l'extrait suivant : 

Nouveaux proverbes dramatiques avec variantes : 

LOCUTIONS ANCIENNES. LOCUTIONS NOUVELLES. 

Je m'en moque comme de Colin Tampon. Je m'en moque comme du public. 

Aimez-vous la muscade, on en a mis Aimez-vous les belles promesses, on en a 

partout. mis partout. 

Cela pousse comme des champignons. Cela pousse comme des Dugazon. 

Les bons comptes font les bons amis. Les bons traitements font les bonnes troupes. 

Il veut nous faire prendre des vessies pour II veut nous faire prendre une première 

des lanternes. chanteuse pour une Dugazon. 

Ils sont unis comme chien et chat. Ils sont unis comme le parterre et un directeur. 

Qui compte sans son hôte compte deux fois. Qui compte sans le public compte deux fois. 

Comme on fait son lit on se couche. Comme on fait sa troupe on fait des recettes 

N'est pas marchand qui toujours gagne. N'est pas bon directeur qui toujours gagne 

Lacritique est aisée, mais (sî'c) l'art est difficile. Renvoyer est aisé, remplacer est difficile. 

Samedi 21 juillet, par ordre, première représentation (reprise) de : 

GUILLAUME TELL 

Grand opéra de MM. Jouy et H. Bis. Musique de Rossini 

Réunis en 3 actes par les auteurs. 

La salle éclairée en bougies. 



Gaillardet; — 16 octobre, représentation de M Ue Ambroisine, danseuse ; — 23 octobre, 
première représentation, le Morceau d'ensemble, opéra-comique en 1 acte, de Courcy, 
Carmouche, musique d'Adam; — 20 novembre, représentation de M me Garcia-Vestris ; — 
25 décembre, première représentation de l'Enchanteresse, ballet pantomime en 3 actes, 
de Bartholomin, musique d'Ilanssens jeune ; — 31 décembre, première représentation de 
le Barbier du roi d'Aragon, drame en 3 actes, en prose, par Fontan et Dupeuty. 
1833 — 2 janvier, par ordre, le Conteur, comédie en 3 actes, en prose, de Picard ; — 
10 janvier, première représentation de la Maison inhabitée, ballet comédie en 3 actes, de 
Vestris, musique de Rossini, Pacini, Mercadante, H jm-sens (Pastiche) ; — 19 janvier, 
première représentation de le Dernier chapitre, vaudeville en 1 acte, de Mélesville, 
Dumanoir et Mallian ; — 23 janvier, au bénéfice de M lle Linsel, première représentation de 
la Ferme de Bondy, épisode de l'empire en 4 actes, de Gabriel, De Villeneuve et Masson; 

— 28 janvier, représentation de M lle Verneuil, de l'Odéon; — 7 février, première repré- 
sentation de le Dieu et la Bayadère, grand opéra en 2 a:tes, de Scribe, musique d'Auber ; 

— 12 février, par ordre, le Dieu et la Bayadère ; — 16 février, première représentation de 
Voltaire à Francfort, vaudeville en 1 acte, de Ourry et Brazier ; première représentation 
de Un monomane, vaudeville en 1 acte, de Scribe et Paul Duport ; — 18 février, au 
bénéfice des pauvres, le Dieu et la Bayadère; — 23 février, première représentation de 
Quoniam, vaudeville en 2 actes, de Jadin et F. Laurey ; — 24 février, spectacle demandé, 
première représentation de le Mannequin de Bergame, opéra en 1 acte, de Planard et Paul 
Duport, musique de Fétis ; — 2 mars, première représentation de Grillo, vaudeville en 
2 actes, de Léon Halévy, de Leuven et Jaime ; — 4 mars, première représentation de 



254 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1832-33 



2 août, par ordre : 

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS 

Drame lyrique en 3 actes. Paroles de MM. Scribe et Castil-Blaze 

Musique de 
MM. Auber, Batton, Blangini, Boieldieu, Carafa, Cherubini, Herold, Paèr, Rossini. 

Voici un exemple de collaboration rare, surtout parmi les musi- 
ciens. « Un fait semblable est à signaler dans les annales de la 
musique. Il a trait à un opéra révolutionnaire : Le Congrès des Rois, 
représenté au Théâtre Favart, en 1794, et dont la musique était 
écrite par douze compositeurs. » (1) 

Le 15 août, M lle Dorus, premier sujet de l'Académie royale de 
musique de Paris, commence une série de représentations. 

Perceval mourut, le 3 août, à l'âge de 62 ans. La veille, pendant le 
premier acte de la Marquise de Brinv illier s, il se sentit indisposé et 
voulut rentrer chez lui: il fut soigné pour le choléra, alors qu il 
n'avait qu'une simple indigestion : le traitement le tua. 

Le baron de Peellaert avait décidément plus de chance que ses 
confrères bruxellois. Le jeudi 30 août, on reprend son opéra : 
Teniers, ou la noce flamande. C'est un fait si rare pour les pièces 
indigènes, qu il y a, croyons-nous, intérêt à le signaler. 

Le 24 septembre, par ordre, la Famille improvisée, d'Henri Mon- 
nier, où l'auteur interprète lui-même cinq rôles, parmi lesquels son 
immortel Prud homme. 

(1) A. Pougin. Dictionnaire du Théâtre. 



le Mariage impossible, opéra en 2 actes, de Melesville et Carmouche, musique de Grisar ; 
u mars, spectacle gala, par ordre, la Fiancée; — 13 mars, au bénéfice de Bernard-Léon, 
Un duel sous le cardinal Richelieu ; — 30 mars, première représentation de les Malheurs 
d'un amant heureux, vaudeville en 2 actes, de Scribe ; — 3 avril, au bénéfice de Lasserre, 
les Malheurs d'un amant heureux ; — 7 avril, grand concert vocal et instrumental, donné 
parla société d'Apollon, honoré de la présence de Leurs Majestés ; — 15 avril, première 
représentation de le Pré-aux-Clercs, opéra-comique en 3 actes, de Planard, musique 
d'Herold. 

Mergy, jeune gentilhomme béarnais .... MM. Chollet. 



Comminge, jeune courtisan .... 

Cantarelli, italien 

Girot, hôtelier du Pré-aux-Clercs 
Marguerite, reine de Navarre . 
Isabelle, jeune comtesse béarnaise 
Nicette, fiancée de Girot , 

1833. — 20 avril, pour la clôture de Tannée théâtrale, première représentation de le Suisse 
de l'hôtel, vaudeville en 1 acte, de Scribe et Rougemont. 



Paul. 
Juillet. 
Dessessarts. 
M mes Foignet. 
Prévost. 
Tomeoni. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1832-33. ?5S 

En novembre, nouvelle apparition de Napoléon, ou Schœnbrunn 
et Sainte Hélène. Le rôle de Napoléon était tenu par Gobert, qui 
l'avait créé à Paris. Celui-ci s'était entouré de tous les renseigne- 
ments possibles au sujet de son héros, et il avait apporté tant de 
soins dans Fart de se grimer que la ressemblance avec le « grand 
homme » était, paraît-il, frappante : « Ceux qui n'ont pas connu 
Bonaparte » — s'écriait, dans son enthousiasme, le rédacteur de 
l'Echo — « n'ont qu'à se rendre à la Monnaie, et ils pourront dire : 
Je 1 ai vu, je le connais. » Cette reprise fut marquée par un petit 
accident survenu à la « première ». Dessessarts manquait parfois 
de mémoire, et voici le dialogue que le public ébahi put entendre : 

•Le Duc. 
Un jeune homme voulait parler à Votre Majesté. 

Napoléon. 
Un Français ? 

Le Duc. 
Oui, Sire il est Allemand. 

Voilà ce que répondit le Duc. On juge de l'effet produit! Pauvre 
Duc ! Pauvre Dessessarts ! 

Le lendemain, commençait une série de représentations de 
M me Garcia- Vestris, première chanteuse du Théâtre Italien de Paris, 
des Théâtres Impériaux et Royaux de Milan et Turin, pensionnaire du 
Roi d'Espagne. 

Le 12 janvier 1833, l'affiche est ainsi conçue : 

« Vu la saison rigoureuse et l'impossibilité de chauffer convenable- 
ment la salle du Parc, V administration croit faire une chose agréable 
au public, en transportant sur le Grand-Théâtre, et pendant les froids 
seulement, les représentations de Vaudevilles et Variétés qui se donnent 
chaque samedi au Parc. 

» MM. les abonnés auront le droit de conserver leurs loges jusqu'à 
10 heures du matin du jour de la représentation. Les prix restent les 
mêmes qu'au Parc. » 

Quelques jours après, Hérold mourait, en pleine jeunesse et en 
plein succès. Le jeudi 24, après la représentation de Zampa. une 
urne, recouverte d'un crêpe, est placée sur le théâtre, où défilent 
tous les artistes. Chollet, — le créateur de Zampa, — qu'une étroite 
amitié liait au compositeur, vient dire quelques vers, avec une 
émotion sincère, partagée par le public. 



256 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1832-33 

Relatons, en passant, la première de ; Le Mannequin de Bergame, 
musique de Fétis (24 février). 

En mars, on reprend le Dîner de Madelon « pour les débuts de 
M" e Clémentine Lechevalier, qui n'a jamais paru sur aucune scène », 
disait l'affiche. Or, on découvrit que M"° Lechevalier jouait depuis 
longtemps en province, et on la jugea fort médiocre. Un critique du 
temps lui conseilla de travailler, de suivre les bons modèles, et lui 
prédit qu elle ferait un jour... une habile modiste ou une couturière 
expérimentée. 

Grisar se révèle à ses compatriotes en leur donnant la primeur 
d'un opéra-comique en 2 actes : Le Mariage impossible, livret de 
Mélesville et Carmouche. Le début du jeune compositeur fut un 
coup de maître. Le public demanda Grisar, qui fut traîné sur la scène 
par M" e Prévost et par Chollet. 

Le 14 mars, spectacle gala en présence de LL. MM. le Roi et la 
Reine des Belges, la Reine des Français, la Princesse Marie et le 
Duc d'Orléans. 

Cinq jours avant la clôture, première représentation de : Le Pré- 
aux-Clercs, attendue depuis longtemps, et sans cesse ajournée pour 
des raisons diverses. Ce fut un grand succès. 

Mouvement du répertoire. 

Années 1826 à 1827 — Oavrages nouveaux : Opéras 7, comédies ou tragédies 5, vau- 
devilles 3, ballels 2 Total 17 — Remises : grands opéras 2, opéras 14, comédies ou tragé- 
d : es 13, vaudevilles 25, ballets 2. Total 56. 

Année 1828 à 1829. — Ouvrages nouveaux : Grands opéras 2, opéras 2, comédies 5, 
vaudevilles 18, ballets 4. Total 31. — Remises : Grand opéra 1, opéras 16, comédies 5, 
vaudevilles 18, ballets 4. Total 44. 

Années 1829 à 1830. — Ouvrages nouveaux : Grands opéras 3, opéra I, comédies ou 
drames 6, vaudevilles 23, ballets 3. Total 36. — Il n'a pas été tenu note des remises pour 
cette année. 

Années 1832 à 1833 — Oavrages nouveaux : Grand opéra 1, opéras 6, drames et 
comédies 8, vaudevilles 40, ballets 3. Total 58 — Remises : grand opéra 1, opéras 15. 
drames et comédies 17, vaudevilles 16, ballets 5. Total 54. 





(1833-34) 



MM. CARTIGNY, directeur 

Pallière, inspecteur général. 
Monnier, premier régisseur. 
Péron, caissier. 
Desroches, premier contrôleur. 
Narcisse, deuxième contrôleur. 

Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Charles, premiers rôles en tous genres. 
Matis, forts jeunes premiers et premiers 

rôles. 
Paul, premiers rôles, caractères et rôles de 

genres. 
Velsch, jeunes premiers. 
Lati-Olivier, i jeunes premiers, seconds 
Lemoigne, ) au besoin. 

Dorbe, premiers rôles, rôles de genre et de 

convenance. 
Duchampy, amoureux. 
Eugène, troisièmes amoureux, seconds au 

besoin. 
FolleviLle, ) pères nobles, rôles de con- 
Ferdinand, f venance. 

Bosselet, troisièmes rôles et raisonneurs. 
Roussel, financiers, grimes et manteaux. 
Baron, seconds pères, financiers, grimes, etc. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Charles, premiers rôles en tous genres et 

des mères nobles. 
Wentzel, jeunes premières en tous genres, 

jeunes premiers rôles. 
Matis, jeunes premières, fortes ingénuités. 
Lemoigne, jeunes premières, jeunes premiers 

rôles. 
Linsel, \ 

Thuillier, ( amoureuses et ingé- 

Louise Monnier, L nuités. 

VlCTORINE, / 

Lehrun, premières soubrettes. 
Lucie, secondes soubrettes et rôles de con- 
venance. 
Roussellois, caractères. 
Daldel, caractères et des mères nobles. 
Desrociies, ) seconds caractères et se- 
Bosselet, ) conds rôles. 



17 



-y 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1833-34, 



Messieurs : Messieurs : 

Dessessarts, paysans, financiers, etc. Alphonse, seconds et troisièmes comiques. 

Romainville, premiers comiques en tous Lavjllette, grandes utilités en tous genres. 

genres. Gahriel, grimes et comiques en tous genres. 

Victor, seconds et premiers comiques. Brems, ) 

Juillet, paysans, caricatures, seconds co- De Decker, j 

miques. 



accessoires. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles 



Chollet, Martin, Lays, Solié et rôles créés 
à Paris. 

Sirant, premiers ténors en tous genres. 

Théodore, jeunes premiers ténors, Elle- 
viou, etc. 

Paul, Philippe, Gavaudan. 

Duciiampy, ténors et Colins. 

Adrien Potet, première basse en tous genres. 

Payen, première basse et basse chantante. 

Dessessarts, première basse comique, etc. 

Lavillette, seconde basse comique. 

Alphonse, troisième basse, seconde au be- 
soin. 

Juillet, Laruette, Juillet, etc. 

Victor, trial. 

Deux coryphées hautes-contre. 
Deux coryphées. 



premières Dugazon. 



Prévost, premières chanteuses en tous gen- 
res et fortes Dugazon. 

Foignet, fortes premières chanteuses et 
mères Dugazon. 

Toméoni, jeunes premières chanteuses à rou- 
lades. 

Alexandre, 

Thuillier, 

Linsel, secondes Dugazon. 

Vjctorine, troisièmes Dugazon, secondes au 
besoin. 

Roussellois, premières duègnes. 

Daudel, i secondes duègnes et mères 

Desroches, ) Dugazon. 

Deux coryphées basses-tailles. 
Quarante choristes. 



)MIN, ) 



Ballet. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
maîtres de ballets et Ambroisine, première danseuse noble et 



Messieurs : 

Petipa, 

Bartholomin, ) roies-mimes. 

Bretin, premier danseur en tous genres. 
Théodore, premier danseur demi-caractère. 
Girel, premier danseur comique. 
Hamel, deuxième danseur, premier au besoin. 
Murât, troisième danseur et comique au 
besoin. 



demi-caractère gracieux. 

Rosalie Guet, première danseuse demi- 
caractère. 

Benoni, seconde danseuse et première mime. 

Hullin, seconde danseuse et première demi- 
caractère. 

Bertin, troisième danseuse et seconde au 
besoin. 

Bartholomin, rôles mimes. 
Corps de ballet. 

MM. Gineste, premier peintre-décorateur. 
Toubeau, machiniste. 

Orchestre. 



deuxièmes chefs d'orchestre. 



MM. SNEL, premier chef d'ochestre. 

\\ AROT, 
Camus, 

Doihgny, chef d'orchestre dirigeant les ballets. 
Cinquante-deux musiciens. 



l'abonnement, et l'autre moitié, 
le 20 Janvier [ S J4- 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1833-34. 259 

PRIX DES ABONNEMENS. 

ABONNEMENT A L ANNÉE. 

Francs C. , ,, , 

pour 1 année et par place, paya- 
Premières loges et Secondes de face .... 360 - » / bIeSi , e prcm i er tiers, en prenant 

Secondes loges de côté et rez-de-chaussée . . -318 - » \ l'abonnement ; le second tiers, le 

Troisièmes loges 228 - » \ 20 Août 18??, et le dernier tiers, 

., , ,■ • , 1 , . . 1 „ „ le 20 Décembre suivant. 

Abonnement individuel, a toutes places . . . 372 » J 

ABONNEMENT DRIVER. 

Francs C. \ . ' 

1 par place et pour 6 mois, du 

Premières loges et Secondes de face. ... 228 - » I 3 iOctobrei8?? au2oAvrili8?4, 

Secondes loges de côté et rez-de-chaussée . . 203 - » > payables , moitié, en prenant 

Troisièmes loges 152 - » \ 

Abonnement individuel, à toutes places . . . 237 - » / 

ABONNEMENT D ÉTRANGERS. 

Francs C. \ 

Premières loges et Secondes de face .... 44 - » l 

Secondes loges de côté et rez-de-chaussée 40 - » > par place et par mois. 

Troisièmes loges 32 - » 

Abonnement individuel, à toutes places ... 44 - » 

Abonnement militaire, au Parquet seulement, francs 17 - » par mois. 

Ouverture, le 21 avril, par la première représentation de Lucrèce 
Borgia, drame de Victor Hugo. 

Le 4 mai, apparition dune parodie de Lucrèce Borgia, intitulée 
« Tigresse Mort-aax-Rats, ou poison et contre-poison », médecine 
en quatre doses et en vers, par MM. Dupuis et Jules. Alphonse d'Esté 



1833. — 21 avril, ouverture de l'année théâtrale; — 22 avril, première représentation de 
Lucrèce Borgia, drame en 3 actes et 5 parties, de Victor Hugo; — 11 mai, première 
représentation de Santeul, vaudeville en 1 acte, de Brazier, de Villeneuve et 
Charles de Livry ; — 18 mai, première représentation de Toujours, ou l'avenir d'un fils, 
vaudeville en 2 actes, de Scribe et Varner ; première représentation de le Matelot, 
vaudeville en 1 acte, de Sauvage et G. de Lurieu ; — 22 mai, première représentation de 
Hamlet, tragédie en 5 actes, de Shakespeare, représentée par des artistes anglais, du 
Théâtre-Royal Italien à Paris ; — 23 mai, début de Chevalier, ténor, la Dame blanche; — 
24 mai, Othello, de Shakespeare, pour les représentations des artistes anglais; — 25 mai, 
première représentation de la Prima donna, ou la sœur de lait, vaudeville en 1 acte, de 
Achille Dartois et de St-Georges; — i er juin, première représentation de Saint-Denis, ou 
une insurrection de demoiselles, chronique de 1828, en 3 actes, mêlée de couplets, par 
Julien de Mallian et Philippe Dumanoir; — 20 juin, concert donné par les frères Eichhorn ; 
— 22 juin, première représentation de Madame d'Egmont, ou Sont-elles deux? vaudeville 
en 3 actes, de MM. Ancelot et Alexis Decomberousse ; — 28 juin, première représenta- 
tion de Un dimanche à Pontoise, ballet-comédie en 1 acte, de Bartholomin et 
Ch.-L. Hanssens jeune ; — 13 juillet, première représentation de le Gardien, vaudeville en 
2 actes, imité du roman d'Indiana, par Scribe et Bayard; — 16 juillet, première représen- 



2Ô0 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1833-34. 

avait quitté la toque pour le bonnet de coton, la cotte d'armes pour 
la robe de chambre, 1 epée pour... 1 instrument cher à Molière. Le 
duc, époux de Tigresse, était apothicaire, et — naturellement — 
jaloux comme un tigre. Qui ne devinerait que, dans une pièce aussi 
pharmaceutique, les scènes d empoisonnement étaient des plus 
fréquentes? Les auteurs avaient voulu rééditer le calembour de 
Victor Hugo sur l'inscription de Borgia, dont un personnage, d'un 
coup de poignard, lait sauter l'initiale. Ici, on avait donné pour titre 
à l'enseigne de l'apothicaire : Au grand Salomon,... et c'était, non 
plus le commencement, mais les trois dernières lettres du nom 
propre qu'un acteur venait détacher... 

Le 22 et le 24 mai, c. les Artistes Anglais du Théâtre Italien de 
Paris » paraissent dans deux tragédies : Hamlel et Othello, avec le 
concours d'Archer, du Théâtre-Royal de Drury-Lane. Les comé- 
diens anglais du théâtre italien de la capitale française, devant un 
public belge, offraient un caractère particulièrement... cosmopolite ! 

La construction de nouveaux théâtres dans Bruxelles occupait 
alors tous les amateurs. Un projet, non exécuté d'ailleurs, avait été 
déposé, touchant lédification d'un Théâtre Secondaire National. 

Au mois de septembre, arrive Déjazet. La charmante comédienne 
attire la foule, et dédommage un peu la caisse directoriale des pertes 



tation de la Violette, opéra en 3 actes, de Planard, musique de Carafa ; — 20 juillet, 
première représentation de la Consigne, vaudeville en 1 acte, de Ancelot et Decombe- 
rousse; — 24 juillet, première représentation de le Fils du laboureur, à-propos mêlé de 
couplets, à l'occasion de la naissance de S. A. R. le prince héréditaire de Belgique; — 
3 août, première représentation de le Singe et V Adjoint, folie-vaudeville en 1 acte, de 
Ouvert et Henri de Tully ; — 4 août, représentation de Potier, du Théâtre des Variétés 
de Paris; — 5 août, première représentation de les Enfants d'Edouard, tragédie, par 
Casimir Dclavignc ; — septembre, pour les représentations de M Ilc Déjazet; le 7, Vert- 
vert; le 12, la Fille de Dominique; le 14, première représentation de le Tailleur 
et la fée; le 18, première représentation de le Fils de l'homme, drame en 1 acte, de 
Paul de Lussan ; le 21, première représentation de Sophie Arnould, vaudeville en 3 actes, 
de A. de Leuven et Dumanoir; le 24, le Mariage impossible ; — 10 septembre, spectacle 
gala, le Pré-aux-Clercs ; — 11 septembre, première représentation de VEscroc du grand 
monde, comédie en 3 actes, de Ancelot ; — 26 septembre, spectacle gala, le Mariage 
impossible; — 10 octobre, première représentation de Robert le Diable, grand opéra en 
5 actes, de Scribe et Dclavigne, musique de Meyerbcer; 

Robert MM. Sirant. 

Bertram Potet. 

Raimbaut . . Théodore. 

Isabelle M mes Lavry. 

Alice Prévost. 

Helena Ambroibine. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1833-34. 261 

que lui avaient fait subir les changements de spectacles et les 
« relâches » survenus à la suite cl indispositions nombreuses et 
même de certains tiraillements dans la discipline intérieure du 
personnel. 

D'après un usage établi, les abonnés et les habitués, lorsqu'ils 
voulaient adresser une communication aux artistes ou une demande 
au directeur, lançaient sur la scène de petits billets, dont il était 
publiquement donné lecture ; presque toujours le vœu général 
recevait satisfaction. Mais, comme il en était résulté quelques abus, 
l'autorité avait supprimé cette licence. Or, le 23 septembre, pendant 
la Fille de Dominique, un pli est jeté sur le théâtre; selon la coutume, 
lecture en est aussitôt réclamée : le régisseur accourt, puis il 
annonce que les règlements lui interdisent de- « déférer à ce désir », 
et se retire au milieu d'un silence inattendu. Mais les foules sont 
comme les orages : une accalmie passagère nempêche pas la foudre 
d'éclater. Vers la fin de la soirée, les cris retentissent de plus belle : 
l'acteur Victor apparaît : il est tout ému! — il cherche, dans son 
trouble, à expliquer que la lettre est personnelle, qu'elle n'a aucun 
rapport avec l'art, et qu'elle est destinée à... Un tumulte effroyable 
couvre ces paroles : les chaises, enlevées des loges, volent par-dessus 
la rampe; le commissaire de police intervient : vains efforts! Bref, 
devant un tel vacarme, les susdits « règlements » sont enfreints, et, 
pour la seconde fois, la silhouette du régisseur se profile, trem- 
blante, par delà le troisième plan. « Chut! chut! silence! » 



1833. — 21 octobre, première représentation de Pateline, ou Sait-on qui gouverne? comédie 
en 2 actes, de Melesville et Carmouche ; — 30 octobre, réprésentation de M Ue Perceval, 
danseuse de l'académie de musique de Paris ; — 6 novembre, première représentation de 
Richard d'Arlingion, drame en 3 actes, de Alexandre Dumas, Beudin et Goubaux; — 
11 novembre, première représentation de le Roi de Prusse et le comédien, comédie en 
1 acte, de Brunswick; — 4 décembre, représentation de Lafont, « premier ténor » de 
l'Opéra, la Muette de Portici; — 20 décembre, première représentation de Ludovic, 
opéra-comique en 2 actes, de Saint-Georges, musique d'Herold et Halévy ; — 
25 décembre, grand concert, vocal et instrumental, donné au bénéfice des artistes indigents. 

1834. — 4 janvier, première représentation de les Tirelaines ou Paris en 1667, comédie en 
3 actes, de P. Dumanoir et Mallian ; — 11 janvier, première représentation de Sardana- 
pale, drame en 5 actes, en vers, imité de lord Byron, par Louis Alvin; — 14 janvier, 
représentation de M Ue Varin, « danseuse » de l'Opéra; — 18 janvier, représentation de 
Lepeintre aîné, du Théâtre du Palais-Royal ; — 25 janvier, au bénéfice de M me Lemoigne, 
première représentation de la Camargo ou l'Opéra en 1750, comédie en 4 actes, mêlée de 
chant, par MM. Dupeuty et Fontan ; — 27 janvier, spectacle extraordinaire, première 
représentation de Ch. Rappo, Grande Académie, hercule-athlétique ; — 5 février, au 
bénéfice de Baron, première représentation de le Cheval de Grammont, comédie- 



262 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1833-34. 

vocifère-t-on ; et l'infortuné fonctionnaire, descendant vers le 
trou du souffleur, se décide à balbutier la teneur du fameux 
billet. Devinez : — C'étaient des couplets galants à l'adresse de 
Déjazet !... 

Le 10 octobre de cette année — soirée mémorable! — Robert le 
Diable consacre à Bruxelles la réputation de Meyerbeer. La presse 
contemporaine fut unanime à décerner des éloges aux artistes, 
notamment à Sirant et à Potet, aux chœurs, à l'orchestre, et 
déclare que la mise en scène surpassait en richesse tout ce qu on 
avait vu jusqu'à ce jour, « voire même les merveilles du Siège de 
Corinthe et de la Muette de Portiez » (!). Dès huit heures du matin, 
on s'écrasait aux bureaux. La salle fut envahie, prise d'assaut en 
moins de quelques minutes. Robert le Diable, joué trente-deux fois 
dans cette même saison, ne quitta plus le répertoire. 

Depuis longtemps, le Théâtre de la Monnaie était privé de repré- 
sentations acrobatiques; mais, le 29 janvier 1834, l'affiche porte un 
spectacle extraordinaire pour la première séance de Ch. Rappo 
(grande académie herculo-athlétique) ! 

Le baron de Peellaert travaillait à la musique d'un Faust, que, 
Tannée précédente, on avait donné au Théâtre des Nouveautés, de 
Paris, sur le scénario de Théaulon. Après Robert le Diable, on 
s'aperçut de quelques similitudes entre les deux opéras. (Cependant 
Faust était antérieur à l'œuvre de Meyerbeer.) Certaines modifi- 
cations furent apportées à la pièce, et la « première » en eut lieu, le 
19 février, au bénéfice de Sirant. 



vaudeville en 3 actes, par Gustave Vaez ; — 9 janvier, spectacle demandé, Robert le 
Diable: — 19 janvier, au bénéfice de Sirant, première représentation de Faust, drame 
lyrique en 3 actes, de Théaulon, musique de Peellaert ; — 22 janvier, au bénéfice de 
Bernard-Léon, première représentation de le Sauveur, comédie en 3 actes, mêlée de 
couplets, par MM. Léon Halévy et Lhérie; — i er mars, au bénéfice de M lle Ambroisine, 
première représentation de An gèle, drame en 5 actes et en prose, d'Alex. Dumas; — 
10 mars, représentation de Camprubi, Font, M me Dubinon, M Ue Serrai, danseurs espa- 
gnols; — 15 mars, premier concert de Paganini ; — 24 mars, première représentation de 
Tancrède, opéra comique en 3 actes, d'Ed. d'Anglemont, musique de Rossini, avec le 
concours de M me Sainville-Gai, en représentation ; — 29 mars, représentation de le Favori, 
ou la Cour de Catherine II, comédie en 3 actes, mêlée de couplets, par Arcelot ; — 
12 avril, au bénéfice de Matis, première représentation de Michel Perrin, vaudeville en 
2 actes, par Mélesville; — 17 avril, au bénéfice de M. Lavry, Robert le Diable; — 
19 avril, première représentation de Une Jille d'Eve, vaudeville en 1 acte, par Dumanoir 
et Camille Lafargue ; — 20 avril, pour la clôture de l'année théâtrale, représentation de 
Robert le Diable ; — 27 avril, représentation de M" c Jenny Vertpré, du Théâtre du Gymnase 
de Paris. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1833-34, 



263 



Faust, célèbre savant MM. Chollet. - 

Conrad, vieux militaire Dessessarts. 

Christophe Wagner, domestique de Faust Juillet. 

Méphistophélès, esprit infernal A. Potet. 

Marguerite, fille de Conrad M mes Prévost. 

Mina, amie de Marguerite Duchampy. 

Démons sous la forme de jeunes seigneurs et de châtelaines. 

Du compte-rendu publié par le Courrier Belge nous extrayons le 
passage suivant : 

Méphistophélès-Potet paraît s'être beaucoup occupé de son costume. A ses agréments 
naturels, il a ajouté un nez en carton, de forme colossale, une paire de cornes de chèvre du 
Thibet, une perruque d'étoupe couleur sang de bœuf, des moustaches rousses, une impériale 
rousse, des sourcils roux et des ailes de chauve-souris. Il est charmant — charmant, s'entend, 
pour un diable classique, car le diable qu'il nous a montré est un démon de la Tentation, dans 
les costumes duquel l'opéra s'est élevé à la hauteur des idées nouvelles. Il est fâcheux 
qu'Adrien Potet n'ait guère compris son rôle, il le joue trop lourdement. Qu'il songe donc 
que Méphistophélès est le plus spirituel des démons; Méphistophélès, c'est Crispin descendu 
aux enfers, c'est Figaro passé au service de Lucifer. 

Tiens! tiens!... voilà ce qu'écrivait la critique en 1834... Quantum 
mut a tas! 

Le 15 mars, premier concert de Paganini. Le célèbre violoniste, 
avant d'affronter le public, se fit entendre chez M. Fétis. Il jouait 
dans l'intimité, comme sur la scène avec cette même exaltation, 
avec son regard sombre, sa chevelure flottante, ses doigts crochus, 
sa maigreur et ses déhanchements, qui font songer au personnage 
fantastique conçu par Hoffmann : le docteur Miracle. Paganini 
donna trois concerts pour lesquels la salle était éclairée « en bougies » . 

Relâche, le dimanche 6 avril. Ce fut une journée de désordre et de 
pillage. Une liste, signée par des personnages importants, avait cir- 
culé pour le rachat des chevaux du prince d'Orange. Les parti- 
sans de la révolution de Septembre assiègent les hôtels des signa- 
taires, et en ravagent quelques-uns de fond en comble. La troupe 
avait l'ordre de ne pas intervenir, et les ministres conjurèrent le Roi 
de se montrer au milieu de la populace en rumeur... Le pillage ne 
cessa qu'à la nuit tombante. 

Clôture, le 20 avril, par Robert le Diable. 








1834-35) 



MM. CARTIGNY, directeur. 
Péron, caissier. 
Van Hove, inspecteur. 
Monnier, premier régisseur. 



Comédie, Tragédie, 

Messieurs : 

Delacroix, forts premiers rôles en tous 

genres. 
Matis, jeunes premiers et jeunes premiers 

rôles. 
Paul, premiers rôles, caractères et rôles de 

genres. 
Lemoigne, jeunes premiers , seconds au 

besoin, etc. 
Borsat, jeunes premiers et forts, seconds 

amoureux. 
Delmary, jeunes premiers, seconds et t - oi- 

sièmes amoureux. 
Duchampy, seconds et troisièmes amoureux. 
Folleville, 
Bouchez, 
Bapticte, 

Bosselet, troisièmes rôles et raisonneurs. 
Charles, financiers, grimes et manteaux. 
Baron, seconds pères, financiers, grimes, clc. 
Dessessarts, paysans, financiers, etc. 
RoxMainville, premiers comiques en tous 

genres. 
Gabriel, premiers comiques. 
Vu kir. premiers et seconds comiques. 



pères nobles, rôles de 
convenance, etc. 



Drame et Vaudeville. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Baptiste , forts premiers rôles en tous 

genres. 
Douglas, jeunes premières, jeunes premiers 

rôles. 
Matis, jeunes premières, fortes ingénuités, 

rôles travestis. 
Lemoigne, jeunes premières et secondes 

amoureuses. 
Duchampy, amoureuses et ingénuités. 
Borsat, troisièmes amoureuses. 
Lebrun, premières soubrettes. 
Tilly, secondes soubrettes. 
Roussellois, premiers caractères. 
Daudel, caractères et des mères nobles. 
Desroches, ) seconds caractères et se- 
Bosselet, ) conds rôles. 

Messieurs : 

Juillet, paysans, caricatures, seconds co- 
miques. 

Alphonse, seconds et troisièmes comiques, 
grandes utilités. 

Ferdinand, rôles de convenance, grandes 
utilités. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1834-35 



265 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
PouiLLEY, premières chanteuses à roulades. 
Fremont, fortes premières chanteuses et 

fortes Dugazon. 
Bouchez, mères Dugazon. 
Duciiampy, premières Dugazon, Philis, etc. 



Messieurs : 
Sirant, premiers ténors en tous genres 
Thianni, jeunes premiers ténors, Elleviou 
Marquilly, seconds ténors. 
Duchampy, troisièmes et seconds ténors. 
Paul, Philippe, Gavaudan. 



Tilly, baryton, Martin, Lays, Dabadie, Morin Leurun, Dugazon et fortes secondes 

Chollet. chanteuses. 

Serda, première basse-taille en tous genres. Borsat, secondes et troisièmes Dugazon. 

Germain, deuxième première basse-ta'lle en Roussellois, premières duègnes. 



tous genres. 
Dessessarts, première basse-taille. 
Baptiste, première basse-taille, secondes au 

besoin. 
Alphonse, troisième basse-taille. 
Juillet, Laruette, Juillet, etc. 



Daudel, 
Desroches, 

Messieurs 

Belnie, ) 
Victor, ) 



l secondes duègnes et mères 
) Dugazon. 



Trial, Féréol, etc. 



Coryphées, hautes-contre, basses-tailles, et quarante-cinq choristes. 



xMessieurs : 
Petipa, } maîtres de ballets et 

Bartholomin, ) rôles-mimes. 

Bretin. premier danseur en tous genres. 
Théodore, premier danseur demi-caractère. 
Hamel, deuxième danseur. 



Ballet. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Ambroisine, première danseuse noble et 



demi-caractère gracieux. 

Clara, première danseuse, mime noble et 
demi-caractère. 

Perceval, première danseuse noble et pre- 
miers rôles mimes. 

Bertin, seconde danseuse, troisième au besoin. 



Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
Warot, deuxième chef d'orchestre. 

Lyon, deuxième chef d'orchestre, répétiteur des chœurs. 
Bosselet, répétiteur des chœurs. 
Degreef, chef d'orchestre dirigeant les ballets. 

Soixante musiciens. 



La saison théâtrale commençait d'ordinaire le lendemain de la 
fermeture de la campagne précédente, généralement le 21 avril. 
Cette fois-ci, l'ouverture n'a lieu que le 6 mai. Les représenta- 
tions de vaudevilles avaient continué au théâtre des Variétés (Parc). 

Dès la rentrée, une cabale est organisée contre le chef d'orchestre 
Hanssens, à cause de ses « opinions politiques ». Les tapageurs 
continuant leur jeu, quelques jours après, Hanssens monte au 
pupitre, donne un ordre à ses musiciens, et conduit l'exécution de 
la Brabançonne, aux applaudissements de la salle entière; dès lors 
les hostilités cessent, 



2Ô6 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1834-35. 

Le 12 juillet, « le bourgmestre et les échevins font connaître au 
public que la concession du Grand-Théâtre, ainsi que celle des 
Variétés, expirera le 21 avril 1835 )K 

Léontine Fay reparaît sur la scène de la Monnaie, cette fois en 
compagnie de son mari, M. Volnys, dans Léonide, où jouaient 
aussi M mes Roussellois et Genot, la grand'mère et ses petites-filles. 

Les calembours étaient décidément en grande faveur, à cette 
époque. Parmi ceux qui circulèrent dans le public, nous relevons le 
suivant : « Léontine Fay recette »! ! ! On fait ce qu'on peut. 

Auguste Jouhaud, rédacteur-gérant-imprimeur du Robert le 
Diable, consacre à la charmante artiste Thommage que voici : 

LÉONTINE FAY 

PASSANT PAR TOUS LES AGES 

PREMIÈRE PÉRIODE DU TALENT. 

Elle a dix ans, 
Notre gentille Léontine! 

Elle a dix ans! 
Quels yeux! quelle grâce enfantine! 

Que de talens, 
Qui grandiront avec le temps! 

Elle a dix ans. 

SECONDE PÉRIODE. 

Elle a quinze ans, 
Notre charmante Léontine! 
Elle a quinze ans. 
Vers la perfection comme elle s'achemine 
Admirateur des arts et des talens, 
Attends, attends... 
Elle n'a que quinze ans! 

TROISIÈME PÉRIODE. 

Elle a vingt ans, 
Notre charmante Léontine! 
Comme à dix ans, 
Voilà bien ses traits ravissans ! 
A nous charmer quand le ciel la destine, 
Applaudissons, couronnons Léontine! 
Quels doux accens ! 
Ils nous chatouillent l'âme et ravivent nos sens! 
Elle a vingt ans!! 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1834-35. 267 

QUATRIÈME PÉRIODE. 

Dans quarante ans 
Notre charmante Léontine, 
Que sera-t-elle ?.. où seront ses talens ? 
Puisqu'hélas vient un temps 
Où le talent décline. 
— Non!!.. Tel ne sera pas le sort de Léontine 
— Mais tous les douze mois on prend 

Un an, 
Que deviendra donc alors Léontine? 

Notre charmante Léontine ? — 
— Ce qu'elle deviendra ?.. Voyez sa GRAND'MAMANM! 

AUG. J. 

Les commissaires de police se montrent parfois quelque peu facé- 
tieux, et nous ne résistons pas au désir de publier le rapport fait 
par l'un d'eux à l'issue de la représentation du Barbier de Séville, 
où s'était fait entendre M me Saintville-Gai : 



La prima donna, qui est bien âgée de vingt-cinq à cinquante ans, a été sifflée. Il est vrai 
que son âge mûr contrastait singulièrement avec le rôle de pupille qu'elle remplissait dans 
le Barbier. Malgré toutes les ressources de l'art qu'elle avait déployé, il était impossible de 
se faire passer pour mineure... 

Enregistrons le concert de M" e Annette Lebrun, « élève de Ros- 
sini et fille de Lebrun, auteur du Rossignol », et celui de M lle Ber- 
trand, harpiste, ainsi que l'hommage rendu à la mémoire de 
Boieldieu, mort le 8 octobre; à la fin de la représentation, le buste 
du maître était couronné. 



1834. — 6 mai, pour l'ouverture, le Barbier de Séville, opéra-comique; — 10 mai, à la 
demande générale et pour la représentation de M me Jenny-Vertpré, la Reine de seize ans, 
vaudeville en 2 actes, de Bayard ; — 31 mai, première représentation de Richelieu à 
quatre-vingts ans, vaudeville en 1 acte, de Ancelot et Louis Lurine; — 18 juin, pre- 
mière représentation de Une Passion secrète, comédie en 3 actes, en prose, par E. Scribe; 

— 27 juin, première représentation de Teresa, drame en 5 actes, en prose, par A. Dumas; 

— 10 juillet, représentation de M me Volnys, première représentation de Léontine, ou la 
vengeance d'une femme, drame en 3 actes, mêlé de couplets, par Ancelot; — 12 juillet, 
première représentation de Madame Dubarry, comédie en 3 actes, mêlée de couplets, par 
Ancelot ; — 23 juillet, spectacle demandé, la Muette de Portici ; — 28 juillet, première 
représentation de Louis XI, tragédie en 5 actes, en vers, de Casimir Delavigne ; — 
30 juillet, concert de M lle Annette Lebrun ; — i er août, première représentation de Une 
aventure sous Charles IX, comédie en 3 actes, par Soulié et Badon ; — 7 août, pre- 
mière représentation de la Passion secrète, comédie en 3 actes, de Scribe ; — 11 août, 
début de M lle Minoret, le Barbier de Séville ; — 19 août, première représentation de le 
Serment ou les faux monnayeurs, grand opéra en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber; 



2Ô8 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1834-35. 

Dans une lettre adressée au bourgmestre, Cartigny se plaint de 
la présence de femmes publiques aux premières et aux deuxièmes 
loges. Il dit que cet état de choses est préjudiciable à ses intérêts, 
que les familles vont s'éloigner, et que le discrédit sera jeté sur son 
théâtre, si Ion n'évite pas le retour de semblables abus. Nous igno- 
rons en quelle forme les mesures nécessaires furent prises, ni 
même si elles le furent ; il est à présumer que la réclamation de Car- 
tigny fut connue, et que ces dames, froissées clans leur amour- 
propre, désertèrent la Monnaie, d'un commun accord. 

Depuis longtemps le défilé des voitures, à la sortie du spec- 
tacle, donnait lieu à des scènes de désordre. Plusieurs arrêtés 
interdisaient le stationnement aux abords des portes du théâtre, et 
les cochers qui attendaient leurs maîtres étaient obligés de circuler. 
Plusieurs conflits se produisirent, qui ne manquaient pas de piquant. 
Un soir, le cocher de M. Van Volxem fut mis en fourrière, pour 

avoir traité un sergent de ville de « voleur, c , homme de rien », 

d'après les termes du rapport. Mais M. Van Volxem, qui tient à son 
domestique, écrit une lettre pour le défendre : « Mon cocher, » dit- 
il, « homme paisible, marchait vers la rue de l'Ecuyer, et ne station- 
nait pas, lorsqu'un agent est venu lui dire : Fiacre, retirez-vous de 
là. Vous savez que fiacre est l'injure la plus mortelle pour les 
cochers de maître... » 

Le lecteur 1 ignorait peut-être; il est bon qu'il en soit instruit. 

Le 19 mars 1835, un commencement d'incendie jette la panique 
dans le public. Un décor s'était enflammé, et les conséquences les 
plus graves étaient à craindre, lorsque les acteurs Bouchez et Victor 



— 26 août, représentation de M me Saintville-Gai, le Barbier de Séville ; — 28 août, pre- 
mière représentation de Bertrand et Raton, ou l'art de conspirer, comédie en 5 actes, 
en prose, de Scribe; 20 septembre, première représentation de le Commis et la grisette, 
vaudeville en 1 acte, de MM. Paul de Kock et Ch. Labié; — 22 septembre, première 
représentation de Prêtez-moi cinq francs, drame en 3 actes, de Albert et F. Labrousse ; 
4 octobre, première représentation de Faublas, comédie en 5 actes, mêlée de chant, par 
Dupeuty, Lhérie ; — 8 octobre, représentation de Bernard Léon, aîné, du théâtre du 
Gymnase, de Paris; — 13 octobre, concert de M lle Bertrand, harpiste; — 14 octobre, 
première représentation de Jacqueline de Bavière, drameen 5 actes, de Prosper Noyer ; — 
20 octobre, première représentation de le Noble et Vartisan, ou le père Leluc, vaude- 
ville en 1 acte, de Théodore Anne et René Perin ; — 28 octobre, première représentation 
de Lestocq, on V intrigué et Vamour, opéra-comique en 4 actes, de Scribe, musique 
d Wuber; — 8 novembre, première représentation de Un secret de famille, drame en 
4 actes, mêlé de chant, de Ancelot et Comberousse ; — 26 novembre, au bénéfice de 
Sirant, Marguerite d'Anjou; — 29 novembre, première représentation de Lionel, ou Mon 
avenir, comédie-vaudeville en 2 actes, de de Villeneuve et Ch. de Livry ; — 8 décembre, 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1834-35. 269 

qui étaient en scène, faisant preuve cl une étonnante présence d'es- 
prit et d'un admirable sang-froid, rassurent le public et éteignent 
— eux-mêmes — le décor en flammes ! 

Bouchez ne conserva pas longtemps la sympathie que ce trait lui 
avait acquise dans le public. Il lut le héros d'une équipée regret- 
table ; à la suite d une discussion qu'il eut avec Duchampy, et que 
couronna une scène de pugilat, il blessa grièvement son adversaire. 
Le scandale fut grand dans la ville, qui s'occupa longuement de 
cette malheureuse affaire. 

Parmi les billets qu'on persistait à lancer sur la scène, en dépit 
de Tinterdiction qui s'appliquait à leur lecture, les comédiens 
recueillirent celui-ci : 

La majeure partie des jeunes gens de Bruxelles demandent la représentation de la Tour 
de Nesle, pièce reconnue lubrique par M. de T. L. et compagnie ; 2 Chai les III ou l'Inqui- 
sition. Nous aimons à croire que M. Cartigny s empressera de satisfaire à cette demande. 



- première représentation de Une visite à Bedlam, pièce en 1 acte, de Scribe ; — 19 décem- 
bre, première représentation de le Chalet, opéra-comique en 1 acte, de Scribe et Méles- 
ville, musique d'Adam. 

Max, soldat suisse MM. Serda. 

Daniel, jeune fermier Marquii.lv. 

Bettly, sœur de Max M me Duchampy. 

1834. — 27 décembre, première représentation de Baudrand et Gralon, ou le pâtissier 
diplomate. 

1835. — 10 janvier, première représentation de Vingt ans plus tard, vaudeville en 1 acte, 
de Bayard et Laurencin ; — 16 janvier, concert de François Scholk, cor solo autrichien ; 
— 17 janvier, première représentation de Judith et Holopherne, vaudeville en 2 actes, de 
Théaulon, Nezel et Overnay ; — 24 janvier, première représentation de la Lectrice, ou 
une folie de jeune homme, comédie-vaudeville en 2 actes, de Bayard ; — 30 janvier, pre- 
mière représentation de Latude ou Trente-cinq ans de captivité, drame historique, de 

1 Pixérécourt et A. Bourgeois, musique de Piccini ; — 4 février, début de Hébert, Jean de 
Paris, opéra en 2 actes, de Saint-Just, musique de Boieldieu; — 7 février, première 
représentation de la France pittoresque, ou la reine des vendanges, tableau-vaudevlile en 
1 acte, de Théaulon et Desmares ; — 14 février, première représentation de la Vieille fille, 
comédie-vaudeville en 1 acte, de Bayard et Chabot de Bouin ; — 19 février, première 
représentation de Gustave, ou le bal masqué, grand opéra en 5 actes, paroles de Scribe, 
musique d'Auber ; — 28 février, au bénéfice de Juillet, première représentation de 
Ferdinand Alvarez de Tolède, drame historique en 3 actes, de Félix Bogaerts ; — 7 mars, 
représentation de M lle Jenny Colon, la Prima donna ; — 20 mars, représentation de 
Alexandre, du théâtre du Gymnase de Paris ; — 26 mars, première représentation de 
la Modiste et le Lord, comédie anecdotique, mêlée de chant, en 2 actes, par Deslandes et 
Didier; — 30 mars, au bénéfice de M lle Bouchez, la Modiste et le Lord ; — 6 avril, au 
bénéfice de M me Duchampy, première représentation de Frèlillon, vaudeville en 5 actes, 
de Bayard et Comberousse; — 11 avril, spectacle extraordinaire au bénéfice de Serda, 
première représentation de Elle est folle, comédie en 2 actes, mêlée de chants, de Méles- 
ville ; — 18 avril, au bénéfice de MM. les contrôleurs des théâtres royaux, le Mannequin de 
Bergame, opéra-bouffe en 1 acte, de Eugène de Planard et Paul Duport, musique de Fétis. 



270 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1834-35. 

Les rapports de police signalent encore quelques incidents. Au 
cinquième acte de Tartuffe, à ce vers : 

NOUS VIVONS SOUS UN PRINCE ENNEMI DE LA FRAUDE, 

les applaudissements éclatent de tous côtés. On crie « bis », faction 
est interrompue, et l'artiste répète la phrase, au milieu de l'en- 
thousiasme général. 

Le surlendemain, à ce même passage de la pièce, une partie du 
public répond aux applaudissements par les cris de : « A bas la 
calotte ! » 

A la sortie du théâtre, se formaient des rassemblements. Dans les 
cafés voisins, notamment aux « Mille Colonnes », on insultait le 
pouvoir. La représentation de Richard d'Arlinglon, qui contenait 
<( des scènes et passages prêtant à des applications qu'il importait 
d'éviter dans de semblables circonstances », fut interdite par ordre. 
La pièce devait passer le 14 avril, et on fit annoncer qu'elle avait été 
remise par indisposition constatée de IYl me Daudel. 

Clôture, le 20 avril. 





(1835-36) 



Messieurs 
Cambon, ) 



MM. BERNARD, directeur. 

Lecuyer, administrateur-comptable. 
Vanhove, inspecteur. 
Monnier, premier régisseur. 

Messieurs : 



peintres-décorateurs. 



Philastre, j 
Desroches, premier contrôleur. 
Narcisse Dreulette, deuxième contrôleur 
chargé du recouvrement de l'abonnement. 
Lavjgne, sous-régisseur. 
Ch. Dedecker, régisseur du vaudeville. 

Vingt-deux machinistes 



Gouy, premier commis et receveur. 
Toubeau, machiniste en chef. 
Dedecker, costumier. 
Laurent, magasinier des accessoires. 



Madame : 
Lacroix, magasinière. 
Six garçons de théâtre. Dix habilleuses. 

Quatre illuminaristes. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Matis, ) premiers rôles et forts jeu- 

Delacroix, ) nés premiers. 

Paul, premiers rôles, caractères et rôles de 
genre. 

Lemoigne, jeunes premiers et seconds au 
besoin. 

Gaston, jeunes premiers et seconds. 

Cave, troisièmes amoureux et seconds. 

Folleville, pères nobles et rôles de conve- 
nance. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Baptiste, premiers rôles en tous genres et 

mères nobles. 
Dematthy, jeunes premiers rôles et fortes 

jeunes premières. 
Lemoigne, jeunes premières, jeunes premiers 

rôles. 
Matis, jeunes premières, ingénuités. 
Moissard, troisièmes amoureuses. 
Lebrun, premières soubrettes. 
Roussellois, caractères. 



Le Théâtre de la ïMotmaie, 



1835-56. 



Messieurs : 
Bouchez, pères nobles et des financiers. 
Baptiste, grands raisonneurs et pères nobles. 
Ferdinand, seconds pères. 
Baron, seconds pères, financiers et grimes. 
Bosselet, troisièmes rôles. 
Dessessarts, paysans, financiers. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Daudel, caractères et des mères nobles. 
Desroches, ) seconds caractères et seconds 
Bosselet, ) rôles. 

Messieurs : 
Juillet, seconds paysans et comiques. 



Romainville, premiers comiques en tous Victor, seconds comiques et caricatures, 
genres. Alphonse, seconds et troisièmes comiques. 

Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Sirant, premiers ténors en tous genres. 

Canaple, Martin, Lays et Chollet. 

Paul, Philippe Gavaudan. 

Marqltlly, seconds ténors, premiers au 

besoin. 
Auguste Cave, ténors et Colins. 
Renaud, premières basses en tous genres. 
Germain, premières basses comiques. 
Margaillan, des premières basses, les Soliés, 

des barytons. 
Baptiste, secondes basses des premières. 
Dessessarts, secondes basses. 
Alphonse, troisièmes des secondes basses. 
Juillet, Laruette, Juillet et Trial. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Lavry, premières chanteuses en tous genres 
et à roulades. 

Bouchez, fortes chanteuses, mères Dugazon. 

Stoltz, secondes chanteuses et premières au 
besoin. 

Miller, premières Dugazon. 

Moissard, secondes Dugazon. 

Roussellois, premières duègnes. 

Daudel, secondes duègnes, des mères Duga- 
zon. 

Desroches, secondes duègnes. 

Monsieur 
Victor, Trial. 



Messieurs : 

Degreef, maître de ballets. 
Bartholomin, rôles mimes. 
Guillemin, premier danseur noble, mime, 
Page, premier danseur, demi-caractère. 



Ballet. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Ambroisine, première danseuse en tous 



cenres. 



Page, première danseuse, demi-caractère. 
Bénoni, deuxième danseuse, rôles mimes. 



Eckner, premier danseur comique grotesque, Lili-Simon, deuxièmes rôles mimes. 

deuxièmes comiques grimes. Bertin, troisième danseuse. 

Hamel, deuxième danseur. 



Orchestre. 



MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
Warot, 
Bosselet, 



deuxièmes chefs d'orchestre. 



C est Bernard qui succède à Cartigny. Un grand nombre de 
soumissions avaient été adressées au bourgmestre. 

1. MM. Campenhout, auteur de la Brabançonne. 

2. Gabriel, acteur et régisseur de province. 

3. Chollet, qui, engagé à l'Opéra-Comique, relira sa demande^ 

4. Solomé, directeur du Théâtre de Rouen. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1835-36. 273 

5. MM. Duval, directeur breveté (!) du Théâtre de Toulouse 

6. Faure, acteur et régisseur au Théâtre-Français. 

7. Monnier, qu'on a vu régisseur à la Monnaie. 

8. Meville et Olivet, le premier attaché au Ministère de l'Intérieur (Paris). 

9. Carmouche, auteur dramatique 

10. Cartigny, qui soumissionnait pour se succéder à lui-même. 

1 1 . Bessiennes, qui avait joué à Bruxelles pendant la révolution. 

12. Ventris, agent général de correspondance pour les théâtres. 

Ouverture, le 5 mai, par Robert le Diable. 

Les premiers mois de cette campagne sont marqués par des repré- 
sentations de Ponchard, « premier sujet du Théâtre Royal de 
l'Opéra-Comique et professeur au Conservatoire », qui commença 
par la Dame Blanche. Le célèbre artiste ne disposait plus des 
moyens vocaux de jadis, mais son immense talent lui valut les 
mêmes succès que pendant sa brillante jeunesse. 

En même temps que Ponchard, son camarade de l'Opéra- 
Comique, Féréol se fait entendre dans plusieurs ouvrages, mais ne 
réussit pas à conquérir le public, qui lui préféra Juillet. 

Après l'Italienne à Alger, de Rossini, on donne la première 
représentation de la Juive, d Halévy, dont le retentissement fut égal 



1835. — 7 mai, pour les débuts de Gellas, Renaud et M Ue Etienne, la Dame Blanche; — 
8 mai, début de M lle Demathy, « jeune premier rôle », Valérie; — 19 mai, début de 
Canaple, Zatnpa ; — 20 mai, représentation de David, du Théâtre-Français; — 23 mai, 
première représentation de les Gants jaunes, vaudeville en 1 acte, de Bayard; — 
6 juin, première représentation de Anacharsis, ou la Tante Rose, vaudeville en 1 acte; — 
12 juin, première représentation de Chatterton, drame en 3 actes, d'Alfred de Vigny ; 
— 13 juin, première représentation de Etre aimé ou mourir, vaudeville en 1 acte, par 
Scribe et Dumanoir; — 20 juin, première représentation de la Croix a"or, vaudeville en 
2 actes, par Rougemont et Dupeuty; — 24 juin, concert de Th. Hauman, violoniste; — 
27 juin, première représentation de Scènes de la vie privée, vaudeville en 1 acte, par 
G. Vaez; — 4 juillet, première représentation de Une chaumière et son cœur, vaudeville 
en 2 actes, de Scribe et Alphonse ; — 6 juillet, représentation de M me Dorus-Gras, le Pré- 
aux-clercs; — 7 juillet, représentation de M me Thénard, de l'Opéra-Comique; — 10 juillet, 
bénéfice de M me Dorus-Gras, Guillaume Tell; — 18 juillet, représentation de Arnal, 
« premier comique » du Vaudeville de Paris, les Femmes d'emprunt ; — 20 juillet, pre- 
mière représentation de Un premier amour, vaudeville en 3 actes, de Bayard et Vander- 
burch; — 25 juillet, première représentation de le Fort-VEvêque, vaudeville-anecdotique, 
en 2 actes, de Rochefort et Cogniard ; — 27 juillet, représentation de Jacques Van Artevelde, 
drame en 3 actes et 7 tableaux, par Victor Joly ; — 29 juillet, première représentation de 
les Cabinets particuliers, folie-vaudeville en 1 acte, par Xavier Saintine et Duvert ; — 
14 août, représentation de M me Albert, du Vaudeville de Paris, A/ me Dubarry ; — 
22 août, première représentation de le Génie de la Clyde, vaudeville en 2 actes, de 
Carmouche et Charles; — 29 août, première représentation de Georgette, vaudeville 
en 1 acte, de Varin, Desvergers et Laurencin ; — 4 septembre, représentation de 
M me Dorval, Antony ; — 5 septembre, première représentation de Ma femme et mon 

18 



274 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1835-36. 

à celui de Robert le Diable. Les bureaux de location sont envahis 
par une foule six fois supérieure à celle que pouvait contenir le 
théâtre ;Sirant, Renaud, M lie Lavry portés en triomphe, et M Ue Stoltz 
se révèle dans le rôle de Rachel. A la chute du rideau, les artistes 
sont rappelés trois fois, ce qui, à ce moment-là, était beaucoup 
moins fréquent que de nos jours. 

Le 8 février, représentation de la troupe du Gymnase Castelli, 
qui comprenait quarante acteurs, entre six et douze ans. Les jeunes 
comédiens jouèrent trois fois. Cette troupe nomade faisait florès, 
tant par le choix tout particulier de son répertoire que par la grâce 
et l'intelligence de ses petits interprètes. Les directeurs de province, 
jaloux de cette concurrence, rédigèrent un mémoire sur « les abus 
des troupes sans autorisation », et un paragraphe visait ostensible- 
ment l'entreprise Castelli. 

Le 1 4 février : 

PREMIER GRAND BAL MASQUÉ ET NON MASQUÉ 

avec deux orchestres. 
Prix d'entrée : Cavalier, 5 francs. Dame, 4 francs. 



parapluie, vaudeville en 1 acte, de Desvergers, Varin et Laurencin; — 9 septembre, pre- 
mière représentation de Angelo, de Victor Hugo; — 12 septembre, première représenta- 
tion de On ne passe pas, vaudeville en 1 acte, de Villeneuve et Masson ; — 18 septembre, 
première représentation de Clotilde, drame en 5 actes, de Frédéric Soulié et A. Bossange; 

— 28 septembre, au bénéfice de M me Dorval, première représentation de Jeanne Vauber- 
nie.r, comédie en 3 actes, par de Rougemont, Lafitte et Lagrange ; — i er octobre, exercices 
de Blanche, jument dressée, par Laurent Franconi ; — 6 octobre, première représentation 
de l'Italienne à Alger, opéra bouffe en 3 actes, de Castil-Blaze, musique de Rossini; — 
10 octobre, première représentation de Cornaro, tyran pas doux, parodie de Dupeuty et 
Ouvert; — 17 octobre, première représentation de Mathilde ou la Jalousie, vaudeville en 
3 actes, de Bayard et Laurencin; — 24 octobre, première représentation de Changement 
d'uniforme, vaudeville en 1 acte, de Dennery ; — 26 octobre, représentation de Féréol, 
de TOpéra-Comique ; — 7 novembre, première représentation de Roger ou le Curé de 
Champ-Aubert, drame-vaudeville en 2 actes, de Dartois et Maillan; — 12 novembre, 
représentation de M me Albert, du Théâtre du Vaudeville de Paris; — 19 novembre, 
première représentation de les Grèves, ballet-pantomime en 2 actes, de Blache et Sonnet; 

— 30 novembre, représentation de Ponchard, la Dame Blanche; — i er décembre, au 
bénéfice de Delacroix Guillaume Tell ;— 10 décembre, représentation de Kinderhands, 
du Théâtre San-Carlo de Naples ; — 23 décembre, première représentation de la Juive, 
grand opéra de Scribe, musique d'Halévy. 

Elêazar MM. Sirant. 

Brogni ... Renaud. 

Lèopold Marçuilly 

Ruggiero Germain. 

Eudoxie M mes Lavry. 

Rachel Stoltz. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1835-36. 275 

A deux heures du matin, on procéda au tirage d'une grande tom- 
bola composée de 25 lots heureux et 25 lots malheureux [VA) . 

De tout temps, les attributions de régisseur furent délicates et en 
butte à toutes les antipathies. Monnier n'échappa point à la loi 
commune ; dès qu'il apparaissait sur la scène, pour la moindre 
annonce, il était piteusement reconduit par des huées. La presse 
même le prenait volontiers à partie. Nous trouvons dans un opus- 
cule, signé Delaloy, un chapitre intitulé : 

M. Monnier 
ou le choriste du Grand-Théâtre en Paradis. 

Le héros de ce récit se présente, après de nombreuses péripéties, 
devant le bon Dieu et saint Pierre. 

Que demandez-vous, mortel? — La récompense du juste, Seigneur — Qu'étiez-vous sur 
terre ? — Choriste. — A quel théâtre apparteniez-vous ? — Au Grand Théâtre Royal de 
Bruxelles. — Quel était votre Régisseur? — M. Monnier — Laissez-le passer, saint Pierre, 
le malheureux a assez souffert. 

Vendredi 25 mars, nouvelle apparition de séances acrobatiques. 

Jeux atlastiques des six Bédouins 
de la tribu de Soatqa, venus du désert de Sahara, par Alger. 

Les braves Bédouins donnèrent quatre représentations à la 
Monnaie et une cinquième au Théâtre du Parc. 



1835. — 30 décembre, première représentation de Charles VII chez ses grands Vassaux, 
drame en 5 actes, d'Alex. Dumas. 

1836. — 6 janvier, par ordre ; la Juive; — 31 janvier, représentation de Klisching, mime 
des théâtres de Londres ; — 8 février, représentation du Gymnase Castelli, composé de 
40 acteurs de 6 à 12 ans; — 10 février, première représentation de la Grande duchesse, 
comédie-vaudeville en 1 acte, de Villeneuve et Masson ; — 17 février, première repré- 
sentation de Riquet à la houppe, vaudeville-féerie en 3 tableaux de Sewrin et Brazier; — 
3 mars, concert de Joseph Artot, violoniste; — 10 mars, première représentation de Bonaparte 
à l'école de Brienne, vaudeville en 2 actes, de Villeneuve et Masson ; — 22 mars, première 
représentation de Siméon ou les Zengaris, drame en 5 actes, de Prosper Noyer; — 
24 mars, au bénéfice de M rae Roussellois, la Juive ; — du 25 mars, Jeux atlastiques des six 
Bédouins; — 27 mars, au bénéfice de Bartholomin, Zampa; — 5 avril, le Coup de 
pistolet, opéra comique en 1 acte, de Peellaert ; — 6 avril, première représentation de le 
Facteur ou la Justice des hommes, drame en 5 actes, de Ch. Desnoyer, Boulé et Potier; 
— 7 avril, au bénéfice de M me Dabadie, Fernand Cortez ; — 14 avril, grand concert 
vocal et instrumental, donné par C.-A. de Bériot et M me Malibran ; — 19 avril, première 
représentation de M. et M me Galochard, vaudeville en 1 acte, de Xavier Saintine, Duvert 
et Lauzanne ; — 24 avril, séance de magie, par de Linski et Opte. 



276 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1835-36. 



M. et M me de Bériot se font entendre dans un grand concert, le 
14 avril. Cinq mois après, M me de Bériot (Maria-Félicité Garcia) 
mourait à Manchester. 

Vers la fin de la saison, le baron de Peellaert donna une nouvelle 
production : Le Coup de pistolet, opéra comique en 1 acte, d'après 
un vaudeville de Leuven et de Livry, représenté à la Gaîté. Canaple 
y jouait le principal rôle. Mais, cette fois, la chance avait tourné. 
Le coup de pistolet rata, et on ne s'avisa pas de charger l'arme 
une seconde fois... 

Clôture, le 29 avril, par la 2<\ mt représentation de la Juive. 




A A- A A A . A A A . A A A . A -q^S E 




&g&^ V V ?~~ Y 



TT^ 



(1836-37) 



MM. BERNARD, directeur. 

Lescuyer, administrateur caissier. 
Vanhove, inspecteur. 
Monnier, régisseur. 
Philastre, peintre-décorateur. 

Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Matis, premiers rôles. 

Paul, premiers rôles de convenance. 

Lemoigne, dans la comédie, le drame et la 
tragédie, les rôles à son physique et genre 
de talent. 

Gaston, jeunes premiers amoureux. 

Delmary, troisième amoureux, des seconds. 

Bouchez, pères nobles et financiers. 

Folleville, pères nobles et rôles de conve- 
nance. 

Baptiste, grands raisonneurs et pères nobles. 

Bosselet, troisièmes rôles. 

Baron, financiers et grimes. 

Ferdinand, seconds pères 

Talier, premiers comiques. 

Juillet, seconds comiques et paysans. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Baptiste, premiers rôles en tous genres. 
Lemoigne, jeunes premières, jeunes premiers 

rôles. 
Matis, jeunes premières, ingénuités. 
Henriette Bouchez, troisièmes amoureuses. 
Lebrun, premières soubrettes. 
Roussellois, caractères. 
Daudel, mères nobles et caractères. 
Desroches, ) seconds caractères et seconds 
Bosselet, ) rôles. 

Messieurs : 

Victor, seconds comiques et caricatures. 

Alphonse, seconds et troisièmes comiques. 

Feltmann, ) 

_ accessoires. 

Dedecker, ) 



2 7 i 



Le Théâtre de la (Monnaie — 1836-37, 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Teisseire, premier ténor de grand opéra, et 
premier au besoin dans Topera comique. 

Théodore, premier ténor de l'opéra comique, 
et premier de grand opéra, au besoin. 

Compan, Martin et Chollet revenant à cet 
emploi, des barytons de grand opéra. 

Renaud, première basse-taille. 

Margaillan, baryton de grand opéra, et pre- 
mière basse-taille. 

Paul, Philippe et Gavaudan. 

Germain, premières basses comiques. 

Marquilly, seconds ténors premiers au 
besoin. 

Baptiste, secondes basses, des premières 

Edmond, troisièmes ténors et Colins. 

Juillet, Laruette, Juillet et Trial. 

Victor, Trial. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Bertault, première chanteuse en tous genres 

et à roulades. 
Stoltz, fortes premières chanteuses, fal- 

con, etc 
Bultel, secondes chanteuses, et les premières 

qui lui seront demandées. 
Moinet, mères Dugazon. 
Joly, premières Dugazon. 
Roussellois, premières duègnes. 
Daudel, \ secondes duègnes, des mères 

Desroches, j Dugazon. 



Messieurs : 
Alphonse, troisièmes basses, des secondes. 
Adrien, ténor coryphée. 
Ludovic, basse coryphée. 



Quarante-cinq choristes. 



Ballet. 



Messieurs : 

Aniel, maître de ballets et premiers rôles 
mimes. 

Guillemin, premier danseur noble, mime. 

Page, premier danseur, demi-caractère. 

Carelle, premier danseur comique. 

Eckner, grotesque, deuxième danseur co- 
mique, grimes. 

Bolsaguet, deuxième danseur. 

Seize figurants danseurs. Seize figurantes 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Varin, première danseuse. 
Page, première danseuse, demi-caractère. 
Benoni deuxième danseuse, rôles mimes 
Caroline Chantre, troisième danseuse, des 

secondes. 
Nique, deuxièmes rôles mimes et rôles à 

baguette. 

Murât, / . . 

coryphées. 
Gabrielle, ' 

danseuses. Seize élèves de l'école de danse. 



Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre 

Warot, / 1 1 t ., 1. 

r, seconds chefs d orchestre. 

Bosselet, j 

Degreef, maître de ballets et de l'école de danse. 
Cinquante-deux musiciens. 



Ouverture, le 8 mai. 

Pendant les vacances, le Théâtre du Parc n'avait pas chômé, et la 
scène de la Monnaie avait été occupée trois fois par de Linski et 
Opre, artistes en « magie égyptienne ». En juin, retour de Nourrit, 
qui chante Robert, Gustave, la Muette, Guillaume Tell, la Dame 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1836-37. 279 

Blanche, la Juive et... le Bouffe et le Tailleur. Dans ce dernier ouvrage, 
où il jouait Cavatini, le rôle de Célestine était tenu par la première 
chanteuse de grand opéra, M n,e Stoltz. Nourrit avait remarqué les 
qualités dramatiques de la cantatrice. Il l'encouragea, l'aida de ses 
conseils, et lui promit de la faire débuter à l'Opéra. On sait qu'il ne 
tarda pas à tenir sa parole. 

Après Nourrit, signalons les représentations de Thénard, pre- 
mier sujet de l'Opéra-Comique (juillet), et de Déjazet (août). 

Mais Bernard ne s'enrichissait pas à la tête de l'exploitation. 
Déjà les artistes se plaignaient de retards dans le payement, et le 
Conseil communal s'était ému de la situation directoriale. Enfin, 
le 30 novembre, après le Mariage de Figaro, Bernard est déclaré en 
faillite, et le théâtre est fermé. 

Deux jours plus tard, les spectacles reprennent leur cours, et 
l'affiche porte ce titre : Les artistes réunis, qu'elle conserve jus- 
qu'au 11 janvier 1837. A partir de ce moment, la gestion, con- 
stituée sur de nouvelles bases, est confiée, par acte passé devant 
notaire depuis le 13 décembre 1836, à une société anonyme, au capital 
de 200,000 francs, divisé en 200 actions de 1,000 francs. 

Président, M. Nillis, propriétaire; trésorier, M. Piron, proprié- 
taire; administrateurs, MM. Mosselman, licencié en droit ; Dequan- 
ter (Norbert-Adrien), propriétaire; Engels (Louis), négociant. 



1836. — 2 juin, première représentation de Don Juan d'Autriche, comédie en 5 actes, par 
Casimir Delavigne ; — 3 juin, représentation d'Ad. Nourrit, Guillaume Tell ; - 7 juillet, 
représentation de M me Thénard, le Pré-aux-clercs ; — du 12 juillet, représentations de 
Arnal, du théâtre du Vaudeville de Paris ; — 22 juillet, première représentation de la Mar- 
quise, opéra comique en 1 acte, de Saint-Georges et Leuven, musique d'Adam ; — 
25 juillet, première représentation de Fleurette, pantomime historique en 2 actes, de 
Aniel, musique d'Hanssens jeune ; — du 30 juillet, représentations de M lle Déjazet, du 
théâtre du Palais-Royal ; — 5 août, première représentation de la Sentinelle perdue, 
opéra-comique en 1 acte, de Saint-Georges, musique de Rifaut ; — 23 août (M Uc Déja- 
zet), première représentation de les Chansons de Désaugiers, vaudeville en 5 actes, 
par Théaulon et F. de Courcy ; — 24 août, première représentation de les Deux Reines, 
opéra comique en 1 acte, de Soulié et Arnould, musique de Monpou ; — 14 sep- 
tembre, première représentation de Lord Novart, comédie en 5 actes, par Empis ; — 
21 septembre, première représentation de Obéron, pantomime en 3 actes, par Aniel et 
Hyp. Sonnet ; — 5 octobre, première représentation de l'Eclair, opéra comique en 3 actes, 
de Planard et de Saint-Georges, musique d'Halévy ; — 10 octobre, première représenta- 
tion de la Duchesse de la Vaubalière, drame en 5 actes, par De Rougemont ; — 
31 octobre, première représentation de le Mari de circonstance, opéra en 1 acte, de Pla- 
nard, musique de Plantade; — 31 octobre, représentation de Camprubi, Font, M mes Dubi- 
non et Larral, danseurs espagnols; — 13 décembre, au bénéfice de M lle Varin, la Juive; 
— 17 décembre, représentation de M. et M me Nolyg, chanteurs styriens ; — 22 décembre, 




* 



POUR 




rCrploitattan &*# ^fytâtTi* ïkjnuur îre la Capitale, 

woruàÙLee Aar t/vc£e faute tievan/ te £r&okua<e &b<mM?u>c, te 43 Ç^eccfn/re *&$6 + 
ef dancUormee fetr iSVrrete &bouat de* 24 duwqnf. 



FRANCS. 





ttutttira 



^£ed douMboned (JbcvmùrwJr&âeiùK) de éa b/ociete Aoiw c&a^Uot/cUio?i, 
ded œ/ieafoej <Srfa>u£iua> de atJ^sJi^Â^ cer/^um/ atte ~~^%6c??eS&&f0r> 



ed/ fercSirtetawe de o^fcàon de uz, uerce Vo, ïuvmero ^tf&s^f^^ 
Aour taaueue où ■recotincu/de / n/ auotr -reput/cù dc-mme 



de tjï/wdœ ^T<Micd. 



SJZà 




&ruœefds. & /ff&nu-U^ï/j? 




eitiait îirs Statut!?. 



Ait. .4 Le capilol de U Snciétd rit de deux cent mille francs divisé» en de 
CC»U actions de mille franc» chacune— Ce capital clc — Ultérieurement, 
du contentement dci Actionnait*» de lu série B.dont il ml parle art. 7, il pom 
ivcllc» actions dc cette «cric, jusqu'à uonturreoec do ce 



mille franc*. 

Ait. 7 Lefortions aont divisée» en de 

I. ecapii.il dcsacUàos de la aenc A , n 

intérêt; il demi par le droit dc l'octioi 

quatre au», au grand thcilrr, a partir du 

aept. Celle entrer est pour toutes places 

oll qu'au 1 abonnemeots suspendus 



Bile 



1 louées , tant e 



personnelle pendant 
li! huit cent tronlc- 

I oLyunitncnti cou- 



Ast 8 Les Actionnaires de la «crie A auront droit o une pin. 
ou dan» une toge, moyennant ui* supplément do soixante francs par an , et sans 
diminution «■ l'année était commencée. 

Cinq actions donnent droit à une loge dc quntro , et dix actions à une loge 
de huit personnel, pendant quatre ans , et pour toutes représentations sans ri- 
ception. 

Ait. 9. Les actions dp U série B jouissent d'un lolérêt annuel dc cinq pour 
cent, ctnonscrvcatdrnitaie restitution du capital 

Ait. 10. Les ectioos de Tune ou de l'autre série, pourront être transférées rn 
tous temps , moyennant no droit do transfert de Ironie franes par action , pour 
celles de Va série A , et de di 1 francs par action , pour celles dc la sério C. 

Ce trauafi/i s'opérera par 1a signature du cédant et dc l'acquéreur sur la 



toueho do l'action , et por la signature d'un Administrateur et du Trésorier sur 
l'action même 

Ait. II. Les Actionnaire» de ÏSine et de l'outre série, 00 «ont passible» que do 
la perte du montont de leurs actions 

Ait 21 Tous les ans, dans la première, quinsaïoedo mois de mai , il y a uoe 
assemblée de tous le» Actionnaire j l'Administration fixe le jour de l'assemblée 
et convoque les Actionnaires huit jours d'avance ti par lettre* closes. 

lions cette assemblée, l'Admio slral.on présente a messieurs les Actionnaire! , 
lescomplc» de so gestion, cl In. foil rapport de tout ce qui intéresse la Société 

Asr 23 Choque Actionnaire a autsot de voit qu'il possède d'action» de l'une 
ou de l'autre série. Il peut voter par procuration , même aous leing-pnvd d'Ac- 
tionnaires absents 

Air 24 Huit moi» ovant l'expiration de la quatrième année théAtralc, In 
quelle commence toujours le tlngl et un avril , il pourra élre cmi» de nouvelles 
oction» de la série A pour les quatre année» suivante* et oui miîmcs conditions 

Le» anciens Actionnaire» auront la préférence dans celle émission 

Aar 25. A l'espiraliondecellequatriémeonnèe, les bénéfices s'il » m n, seront 
liquides comme suit. Les actions dc la série A clam éteintes en capital, tout 
l'actif qui dépassera le montant des actions de le série B sera portage entre tous 
le» Actionnaires indistinctement 

Ast 20. A respiration de la Sofltétu, les bénéfices seront reparti» de la ma- 
nière déterminée par l'art, ci -dessus. En cas dc pertes, clld seront supportée* 
pur le» Actionnaires de la série D. 



IMPRtMF.ME DB J- DfcLPOSSf. 




£AâÀ£SI rsOT 



UTH B£ U. MSirfOSiS 



282 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1836-37. 

Bals masqués, les 5, 7 et 12 février. 

Nourrit, qui avait terminé ses engagements à l'Opéra, retourne à 
Bruxelles, en avril, et y demeure jusqu'à la fin de la saison. C'est à 
ce moment que Duprez, retour d'Italie, débute à Paris dans Guil- 
laume Tell, et produit cet effet énorme, inattendu, foudroyant, qui 
devait causer tant de bouleversements... 

Nourrit était enchanté, disait-il, du triomphe de son successeur, 
mais il eût été facile de lire sur son visage toute l'amertume de ce 
grand artiste, fatigué par la fièvre et le tracas de la vie de théâtre. 
Il voulait quitter la scène et se mettre à la tête d'une affaire com- 
merciale dans quelque ville du Midi, où il eût fini ses jours. 

Par quelle fatalité fut-il entraîné à Naples? A la suite de quels 
événements fâcheux lui vint-il à lidée de remplacer en Italie celui 
qui lui avait succédé en FVance? Pourquoi le public ne sut-il pas 
reconnaître toute l'immensité de son talent ? 

La légende veut que Nourrit n'ait pu supporter son échec. D'au- 
cuns prétendent qu'il fut victime d'un accès de fièvre chaude, déter- 
miné par une cruelle maladie de foie dont il souffrait depuis long- 
temps. Le malheureux artiste se précipita d'un troisième étage sur 
le pavé, où il se fracassa le crâne. Ainsi périt celui qui fut une si 
grande gloire lyrique, la plus grande peut-être... 

Clôture de la saison 1836- 183 7, le 20 avril, par la Juive, pour 
les adieux et au bénéfice de Nourrit. 

Voici un aperçu des appointements attribués aux principaux 
artistes pendant cette campagne : 

MM. Raguenot 18,000 francs. 

Thiî:nard 18,000 — 

Soyer 6,500 — 



concert de Singelée, violoniste, et Franck, clarinettiste ; — 31 décembre, représentation 
de Schlegel, M mes Babette Schlegel et Léonard Bachler, chanteurs tyroliens. 
1837. — 9 janvier, au bénéfice de Matis, première représentation de Marie, ou Trois époques, 
comédie en 3 actes, en prose, de M me Ancelot ; — 19 janvier, concert de Pantaleoni, 
chanteur italien ; — 24 janvier, représentation de M me Dupont, de l'Opéra ; — I er février, 
représentation de M me Finck-Lahr, du Théâtre-Italien, de Paris ; — 15 février, au bénéfice 
de Carelle, première représentation de Léon, drame en 5 actes, en prose, de Rougemont ; 
— 7 mars, première représentation de le Cheval de bronze, opéra-féerie en 3 actes, paroles 
de Scribe, musique d'Auber ; — 10 mars, concert de Feitlinger, chanteur allemand; — 
13 mars, concert de Gusikow, avec un instrument en paille et en bois ; — 14 mars, au 
bénéfice de M. et M me Page, le Cheval de bronze ; — 30 mars, concert de M mc Manelli, 
chanteuse italienne ; — 3 avril, au bénéfice de M me Stoltz, première représentation de la 
Camaraderie, comédie en 5 actes et prose, de Scribe ; — 5 avril, représentation de 
Ad. Nourrit, de l'Opéra. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1836-37. 



283 



MM. Paul . . . 

Canaple . 

Renaud . 

Margaillan . 

Baptiste . 

Juillet . 

Victor 
M mes Casimir . . 

Jawureck. 

Bultel 

Génot. 

SOYER . 

Elisa Letur. 

SCHNETZ . 
ROUSSELLOIS. 



7,000 francs. 
13,600 
17,000 
8.400 

4,800 — 

6,000 — 

4 800 — 

27.000 — 

18 000 — 

16,000 — 

9,100 — 

3,500 - 

2,400 — 

5,400 — 

3,000 — 




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(i837-3 & ) 



MM. Vanhove, inspecteur. 
Monnier, régisseur. 
Philastre, peintre-décorateur 
Desrociies, contrôleur. 
Toubeau, chef machiniste. 



Comédie, Drame, Tragédie et Vaudeville. 



Messieurs : 

Adolphe Bouchet, premier rôle. 

Robert Kemp, jeune premier rôle, fort jeune 
premier. 

Tony, jeune premier. 

Lemoigne, rôles à son physique et genre de 
talent. 

Baptiste, grands raisonneurs, pères nobles. 

Folleville, pères nobles et rôles de conve- 
nance. 

Tournier, deuxième et troisième amoureux. 

Rousset, financiers. 

Baron, financiers et grimes. 

Bosselet, troisièmes rôles. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Baptiste, premiers rôles en tous genres 
Fresson, jeune première, jeune premier rôle. 
Tiiénard, ingénuités, jeune première. 
Élisa Letur, amoureuses. 
Lebrun, première soubrette. 
Caussin, duègnes et caractères. 
Daudel, mère noble et caractères. 
Roussellois, caractères. 
Bosselet, seconds caractères et seconds rôles. 

Messieurs : 
Atrux, troisièmes rôles. 
Victor, seconds comiques et caricatures. 



Messieurs 
Raguenot, ) 
Canaple, ) 



premiers lénors. 



Opéra, Opéra comique. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Casimir, première chanteuse. 
Jawureck, forte première chanteuse. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1 837-38. 



285 



Philippe et Gavauclan. 



Messieurs : 
Thénard, premier ténor léger. 
Soyer, second ténor. 
Cossas, troisième haute-contre. 
Paul, 
cornelis, 
Renaud, première basse-taille. 
Margaillan, baryton de grand opéra et pre- 
mière basse-taille. 
Germain, première basse comique 
Baptiste, deuxième basse des premières. 
Alphonse, troisième basse des secondes. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Bultel, seconde chanteuse des premières. 

Genot, première Dugazon. 

Soyer, des Dugazon. 

Elisa Letur, troisième Dugazon. 

Schnuetz, mère Dugazon. 

Roussellois, première duègne. 

Caussin, duègne et caractères. 

Messieurs : 

Juillet, Laruette, Juillet, Trial. 
Victor, Trial. 



Ballet. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Saint-Rourain, première danseuse. 
Atrux, forte deuxième danseuse. 
Page, première danseuse, demi-caractère. 
Nique, deuxièmes rôles mimes et rôles à 
baguettes. 



Messieurs : 
Guillemin, premier danseur, rôle mime 
Page, premier danseur, demi-caractère. 
Carelle, premier danseur comique. 
Bolsaguet, deuxième danseur. 
Hamel, troisième danseur. 
Stroyhaver, coryphée, troisième danseur. 
Rouquet, coryphée, troisième danseur co- 
mique. 



Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
Bosselet, second chef d'orchestre. 
Degreef, maître de ballet et de l'école de danse. 

Ouverture, le mercredi 10 mai, par les Voitures versées et le 
Concert à la Cour. 

La salle a subi quelques modifications : « L'intérieur des loges 
est repeint à neuf; les peintures sont nettoyées et les murs des corri- 
dors, revêtus d'une nouvelle couche de détrempe. On n'a plus la 
crainte de souiller ses vêtements en se rendant au spectacle ». Un 
certain nombre de stalles étaient établies entre l'orchestre et le 
parquet ; un lustre plus grand et mieux éclairé remplaçait l'ancien. 

La nouvelle administration ayant légèrement augmenté le prix des 
places, cette mesure donna lieu aux réclamations les plus violentes, 
et faillit amener les plus graves désordres. 

Le début le plus intéressant est toujours celui de la première 
chanteuse. M me Casimir, qui venait de l'Opéra-Comique, sut con- 
tenter les plus difficiles. Elle n'était plus « demoiselle ni belle, » 
mais elle avait tant de grâce, — sa voix sonore, étendue et souple, 
recelait tant de charme, que le public fut conquis du premier coup. 



286 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1837-38. 

M me Genot débuta dans le Chalet. C'était la petite Elisa Fay que 
les abonnés se rappelaient avoir applaudie, — quinze années aupara- 
vant, — alors qu elle jouait les rôles d'enfants. Sa sœur Léontine 
était au Théâtre-Français. 

Le 22 mai : Première de le Postillon de Lonjumeau : 

Chapelou MM. Thénard. 

Biju Renaud. 

Madeleine M me Bultel. 

Dumas, un jeune ténor, qu'on n'avait guère épargné pendant la 
période des épreuves, s'avisa de chanter Guillaume Tell. Il fut 
déplorablement malmené, et une partie des spectateurs l'attendirent 
à la sortie, avec des intentions tellement hostiles, qu'il fut obligé de 
se dérober par une autre porte. 

Une représentation importante, une grande première, se pré- 
parait. Depuis quelque temps, on était absorbé par les répétitions ; 
Lemoigne avait passé onze jours à Paris; le répertoire souffrait 
de ce travail, qui s était effectué à huis clos, et pendant lequel la 
presse s'était vu interdire l'entrée du théâtre. 



1837. — 22 mai, première représentation de le Postillon de Lonjumeau opéra comique en 
3 actes, de Leuven et Brunswick, musique d'Adam ; — 28 juin, première représentation 
de les Intrigues espagnoles, ballet-pantomime en 2 actes, par Léon; — n juillet, concert 
de Ole Bull, violoniste norvégien; — 27 juillet, première représentation de l'Ambassa- 
drice, opéra comique en 3 actes, par Scribe et Saint-Georges, musique d'Auber; — 
24 août, première représentation de Julie, comédie en 5 actes et en prose, par Empis ; — 
28 août, première représentation de le Dilettante d'Avignon, opéra comique en 1 acte, de 
Hoffmann, musique d'Halévy ; — 18 septembre, première représentation de le Portefeuille, 
ou Deux familles, drame en 5 actes, de Anicet Bourgeois et Dennery; — 22 septembre, 
première représentation de les Droits de la femme, comédie en 1 acte et vers, de Théod. 
Muret; — 28 septembre, première représentation de Rodolphe ou Frère et sœur, drame en 

5 actes, de Scribe et Mélesville ; — 12 octobre, première représentation de le Riche et le 
pauvre, drame en 5 actes et 6 tableaux, par Emile Souvestre ; — 17 octobre, première 
représentation de l'Arbre de Belzébuth, ballet-féerie-pantomime en 2 actes, de Léon; — 

6 novembre, première représentation de Claire, ou la préférence d'une mère; — 
14 novembre, première représentation de le Chef-d'œuvre inconnu, drame en 1 acte en 
prose, par Charles Lafont ; — 15 novembre, première représentation de les Huguenots, 
grand opéra en 5 actes, de E. Scribe, musique de Meyerbeer; — 30 novembre, première 
représentation de Rita l'espagnole, drame en 4 actes, par C. Desnoyer, Boulé et Chabot; 
— 21 décembre, première représentation de II signor Barilli, opéra comique en 1 acte, 
paroles de Gustave Vaez, musique de Zerezo. 

1838. — i er janvier, au bénéfice de M lle Jawureck, première représentation de Cosimo, 
opéra bouffe en 2 actes, de Saint-Hilaire et Paul Duport, musique de Prévost; — 5 jan- 
vier, concert de A. de Bériot et de M Ue Pauline Garcia; — 8 février, au bénéfice de 
M me Casimir, première représentation de le Luthier de Vienne, opéra comique en 1 acte, 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1837-38. 287 

Enfin, le 15 novembre, l'affiche portait : 

PREMIÈRE REPRÉSENTATION DE 

LES HUGUENOTS 

Raoul MM. Raguenot. 

St-Bris ... Margaillan. 

Nevers Canaple. 

Marcel Renaud. 

Valentine . ... M mes Jawureck. 

Marguerite Bultel. 

Urbain Genot. 

Le public resta froid jusqu'au 4™ acte, et l'accueil qu'il fit au 
chef-d'œuvre de Meyerbeer ne laissait guère prévoir les succès 
futurs de cette partition. 

Le lendemain, le plus autorisé critique écrivait : 

Nous croyons que cet opéra, placé très haut à Paris, ne ouira jamais d'une fortune pareille 
à celle de Robert le Diable Au lieu de s'abandonner à la verve de ses inspirations, 
M. Meyerbeer s'est préoccupé de cette idée qu'il devait faire oublier aux spectateurs la 
faiblesse de son poème (!) par les détails précieux de sa musique. 

La recette de la « première » s'éleva à 4,600 francs, déduction 
faite du prix des loges et autres places réservées aux actionnaires. 

Le 5 janvier, Bériot reparaît en public pour la première fois 
depuis la mort tant regrettée de M me Malibran, sa femme. Dans ce 
concert, M" e Pauline Garcia (devenue M me Louis Viardot) se fit 
entendre devant une salle comble. 

Cependant les nouveaux administrateurs s'aperçoivent du danger 
qu offre lexploitation du théâtre, grâce au chiffre toujours croissant 
des frais et à la concurrence redoutable du « Cirque Royal de 



de Saint-Georges et de Leuven, musique de Hypolite Monpou ; — 13 février, au bénéfice 
de M me Thénard, première représentation de la Marquise de Senneterre, comédie en 
3 actes, de Mélesville et Duveyrier; première représentation de les Deux mariages, ballet 
en 1 acte, de Léon ; — 6 mars, au bénéfice de Roussel, première représentation de le 
Testament, grand opéra bouffe en 1 acte, d'après le Légataire universel, de Regnard» 
musique d'Ermel (une seule représentation); — 29 mars, première représentation de 
Anne de Boulen, opéra en 3 actes, musique de Donizetti ; — 3 avril, au bénéfice de Bou- 
chet, première représentation de Hernani, drame en^5 actes et vers, par Victor Hugo ; — 
5 avril, par ordre, première représentation de Une comédie en iSjj ', comédie en 4 actes et 
en vers, de Mahauden; — 18 avril, au bénéfice de Hanssens, première représentation de le 
Domino noir, opéra comique en } actes, de Scribe, musique d'Auber. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. ■■ — 1837-38. 



M. Loisset », installé depuis quelques mois à Bruxelles. Ils 
acquièrent la triste certitude que le fonds social est dépassé, ils 
annoncent leur retraite et clôturent, le 20 avril, par le Domino noir, 
au bénéfice de M. et M me Baptiste. 

Lemoigne est nommé directeur-gérant (21 avril); il entre en 
fonctions dès la saison d'été. 





(1838-39) 



MM. LEMOIGNE, directeur-gérant. 
Vanhove, inspecteur. 
Monnier, premier régisseur. 
Dedecker, deuxième régisseur. 

Comédie, Drame, Tragédie et Vaudeville. 



Messieurs : 

Adolphe Bouchet, premiers rôles en tous 
genres. 

Alfred Harmant, jeunes premiers, forts 
jeunes premiers, jeunes premiers rôles au 
besoin. 

Robert, des jeunes premiers et jeunes pre- 
miers rôles. 

Paul, des premiers rôles. 

Delmary, seconds et troisièmes amoureux, 
jeunes premiers au besoin. 

Alerme, troisièmes amoureux et seconds. 

Baptiste, pères nobles, seconds premiers 
rôles. 

Cossard, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Baron, financiers, grimes, paysans, manteaux, 
des pères. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Bosselet, troisièmes rôles raisonneurs, rôles 
de convenance. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Baptiste, forts premiers rôles, grands pre- 
miers rôles en tous genres. 

Lemoigne, forts jeunes premières et jeunes 

premiers rôles. 

Thénard, ) . . ... 

~ > jeunes premières, ingénuités. 

Cossard, ) 

Schnetz, seconds premiers rôles, premiers 

rôles. 
Elisa Letur, jeunes amoureuses. 
Henriette Bouchez, secondes amoureuses. 
Thénard mère, caractères, rôles à paniers et 

grimes. 
Daudel, duègnes, caractères, mères nobles. 
Lebrun, premières soubrettes. 

Messieurs : 
Duprez, premiers comiques. 
Victor, seconds comiques. 
Folleville, pères nobles, rôles de conve- 
nance. 



13 



2Q0 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1838-39, 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Albert Dommange, premiers décors en tous 

genres. 
Audran, premiers ténors gracieux, Elleviou, 

Ponchard, Chollet, amoureux. 
Canaple, baryton, Martin, Solié et Chollet 

revenant aux dits emplois. 
Soyer, deuxièmes ténors, forts deuxièmes 

ténors, premiers au besoin. 
Alerme, troisièmes ténors, Colins. 
Paul, Philippe, Gavaudan et rôles annexés. 
Renaud, premières basses-tailles chantantes. 
Poppé, secondes premières basses-tailles. 
Baptiste, fortes secondes basses-tailles, des 

premiers comiques et autres. 
Genevoise, secondes basses-tailles. 
Dessonville, Juillet, Laruette, Vizentini, etc. 

Quarante-huit chor 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Jawureck, ) ., 

„ 1 premières chanteuses. 

Casimir, ) 

Biltel, fortes secondes chanteuses, fortes 
Dugazon, premières chanteuses en tous 
genres. 

Sciinetz, mère Dugazon, forte Dugazon. 

• Génot, première Dugazon. 

Elisa Letur, seconde et troisième Dugazon. 

Thénard mère, Gonthier, Desbrosses, Le- 
mesle, Boulanger marqués, rôles à paniers, 
caricatures et grimes. 

Desrociies, premières duègnes, fortes se- 
condes, des mères Dugazon. 

Monsieur 
Victor, Trial et Féréol. 

istes et coryphées. 



Ballet. 



Messieurs : 

Albert, maître des ballets. 
Guillemin, premier danseur sérieux et pre- 
mier rôle mime. 
James, | premiers danseurs demi- 

Saint-Léon, ) caractère. 

Lerouge, ) . 

\ seconds et troisièmes. 
Hamel, ) 

Hippolyte Philippe, premier danseur comi- 
que. 
Rouquet, second danseur comique. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Varin, premières danseuses. 
Montassu, première danseuse demi-caractère. 
Gautier, fortes secondes danseuses, pre- 
mières au besoin. 
Péroline, troisième danseuse. 
Nique, premier rôle mime, à baguette. 

Monsieur 
Stroyiiaver, troisième danseur et cory- 
phées. 



Orchestre. 

MM. HANSSENS, chef d'orchestre du grand théâtre. 
Bosselet, second chef, répétiteur. 
Daussy, chef d'orchestre de vaudeville, répétiteur. 
Degreei, chef d'orchestre pour le ballet. 

Soixante musiciens. 

La nouvelle direction tenait à ce que nul intervalle, — iùt-il de 
quelques jours seulement, — ne séparât la clôture de la réouver- 
ture. Elle comptait réparer ainsi, avant le départ de la « bonne 
société », les pertes fâcheuses de la saison précédente. Mais la 
maladie soudaine de Thénard dérangea ces calculs, et la campagne 
commença avec des spectacles assez irrégulièrement composés. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1838-39. 291 

Thénard mourut, après un mois de souffrances cruelles (8 mai 1838), 
et fut remplacé par Audran, alors âgé de vingt et un ans, et qui 
débuta avec éclat dans la Dame blanche. 

Dès les premières soirées, les récriminations des abonnés, au sujet 
de l'augmentation du prix des places, recommencent. Voici ce 
qu'écrit le feuilletoniste de 1 Indépendant : 



L'abonné vient de donner une nouvelle preuve de son grand esprit de domination en 
s'adressant au directeur de nos théâtres royaux pour le sommer de faire connaître ses inten- 
tions relativement aux représentations d'artistes étrangers, le menaçant de toute sa rigueur 
dans le cas où il tiendrait bon pour la négative. Il trouve, l'abonné, qu'on ne lui donne point 
assez pour son argent ; les premiers sujets à vingt-cinq et trente mille francs d'appointements 
rassemblés dans le seul but de lui plaire ne sont point encore ce qui convient à un juge aussi 
éclairé qu'il a la prétention de l'être. Il lui faut Nourrit, Duprez, M me Damoreau pour la 
petite somme qu'il verse chaque mois à la caisse du théâtre. Que le directeur se ruine à ce 
beau jeu, ce n'est point son affaire. Si on lui dit qu'en assurant une forte prime à l'artiste 
étranger ou en partageant avec lui la recette totale, l'entrepreneur n'a plus pour chaque 
soirée qu'une somme inférieure à celle de ses recettes habituelles et que le théâtre est 
ensuite abandonné pendant une longue suite de représentations, il répondra : Qu'importe! 
Il n'y a point à raisonner avec l'abonné. Il s'informe s'il n'entendra pas la troupe allemande 
qui donne en ce moment des représentations au Théâtre de Liège. Il est vrai que, pour payer 
toute une troupe d'opéra, le directeur devrait faire l'abandon du produit brut de ses recettes, 
sinon ajouter quelque chose de sa poche, mais que cette considération est de peu de valeur, 
et comme il serait récompensé de ses sacrifices par le plaisir de contenter ses chers abonnés, 
qui le siffleraient à la première occasion ! 

Pour l'anniversaire des Journées de Septembre, exécution d une 
cantate de B.-C. Fauconier. Solistes : M Ile Jawureck, MM. Albert, 
Canaple, Renaud. 



1838 — 5 août, première représentation de le Bourgeois de Gand, drame en 5 actes, en 
prose, par Hippolyte Romand; — 10 août, première représentation de le Pirate, opéra en 
3 actes, d'Edouard Duprez, musique de Bellini ; — 14 août, Céphire, ballet en 1 acte, de 
Hullin ; — 23 août, première représentation de Louise de Lignerolles, drame en 5 actes en 
prose, de Prosper Dinaux et Legouvé ; — 8 septembre, première représentation de les 
Scènes contemporaines, scènes d'imitations, parLhérie; — 20 septembre, première repré- 
sentation de Louis de Bedford, drame en 3 actes et 5 tableaux, par Victor Joly ; — 
I er octobre, première représentation de les Indépendants, comédie en 3 actes, par Eugène 
Scribe; — 6 novembre, première représentation de Faute de s'entendre, comédie en 1 acte 
et en prose, de Charles Duveyrier ; — 14 novembre, première représentation de Louis de 
Maie, grand opéra en 4 actes, de Vanderbelen, musique de de Peellaert; — 19 novembre, 
par ordre, Robert le Diable ; — 27 novembre, concert instrumental donné par Vieuxtemps; 
— 29 novembre, première représentation de le Ménestrel, comédie en 5 actes, par Camille 
Bernay ; — 25 décembre, au bénéfice de M. et M me Baptiste, première représentation de le 
Perruquier de la Régence, opéra comique en 3 actes, de Planard et Duport, musique de 
Amb. Thomas. 



2Q2 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1 8 38- 39. 

En novembre, M" c Jawureck fut victime d'une petite vengeance : 
chaque fois que des applaudissements se faisaient entendre à son 
adresse, on pouvait aussi percevoir le bruit d'un chut — d'un seul 
chut — ■ mais d'un chut opiniâtre. On s'informa, et on apprit que 
l'auteur de cette méchanceté était un Anglais, amoureux fou de 
la chanteuse, et repoussé par elle, — beau cavalier cependant, 
vingt-deux ans, et nanti d'une fortune de cinq à six millions. 
Peste! M lle Jawureck était difficile, et sa vertu aurait pu devenir 
légendaire... 

Le 25 novembre, la représentation, qui avait commencé de façon 
fort calme, se termine par un scandale épouvantable. Alerme, sifflé 
à la fin d un air des Voitures versées, quitte brusquement la scène. 
Un moment après, il rentre, et fait au public des excuses qu'on 
accepte très bien. Mais il ajoute : « Je vais vous dire qui me siffle. 
C'est un monsieur à qui j'ai donné des soufflets! » et il désigne, en 
effet, son ennemi, au balcon. Il est inutile d'insister sur l'effet pro- 
duit par cette boutade, et le tumulte qu'elle causa. 

Deux jours après, concert de Vieuxtemps. Le jeune talent du 
célèbre artiste ne pouvait alors être comparé ni à celui de Bériot ni 
à celui de Paganini, quoiqu'on retrouvât dans son jeu la science de 
l'un et la verve de l'autre, avec des sons plus purs, plus moelleux. 
A la fin du second morceau qu'exécuta le prodigieux virtuose, une 
couronne tombe à ses pieds. Audran vient la poser sur la tête de 
Vieuxtemps, et lire des vers qui y étaient attachés. La salle entière 
s'associe à cette ovation. 



1839. — 7 janvier, première représentation de Ruy blets, drame en 5 actes, de Victor Hugo ; 
— 10 janvier, expérience de langue musicale, par Sudrc et M lle Victorine ; — 29 janvier, 
icance de physique, par M. Anguinet et sa fille ; — 3 février, les Dayadères ; — 10 février, 
première représentation de le Corsaire, ballet-pantomime en 3 actes et 6 tableaux, de Albert, 
musique de Bochsa ; — 11 février, au bénéfice de M me Casimir, première représentation 
de la Figurante ou l'amour et la danse, opéra comique en 5 actes, paroles de Scribe et 
Dupin, musique de Clapisson ; — 6 mars, première représentation de Otello ou le more de 
Venise, grand opéra, de J. Lecomte et Bosselet, musique de Rossini ; — 16 mars, pre- 
mière représentation de le Dîner de Monseigneur, vaudeville en 1 acte, de Mélesville ; — 
23 mars, au bénéfice de Baptiste, première représentation de l'Enfant du faubourg-, drame 
en 3 actes, mêlé de couplets, par Deslandes et Didier; — 25 mars, première représentation 
de Une journée à Naples, ballet en 1 acte, de Albert et Costa; — i er avril, première 
représentation de le Brasseur de Preston, opéra comique en j actes, de Leuven et 
Brunswick, mui-ique d'Adam ; — 6 avril, au bénéfice de M. Robert, première représenta- 
tion de Un ange, ou le diable dans la maison, comédie en 3 actes, mêlée de chant, par 
A. -Th. Van Hecke (une seule représentation). 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 18^8-39. 293 



Voici encore un spectacle bizarre 



THEATRE ROYAL 



Aujourd'hui Jeudi 10 Janvier 1839 

16 e Abonnement courant 

M. SUDRE 

INVENTEUR DE 

La Langue Musicale Universelle 

Approuvé par l'Institut Royal de France, ainsi que par les ministres de la Guerre, 

de la Marine et de l'Instruction Publique, 

pour la communication des idées, soit de Près, soit à Distance, 

ASSISTÉ DE SON ELEVE 

M LLE VICTORINE HUGO 

Premier prix de Déclamation Lyrique du Conservatoire de Paris 

DONNERA UNE SÉANCE 

Dans laquelle il fera connaître toutes les applications de sa méthode praticable par : 

Le Son, 
La Parole, 
Le Signe, 
Le Toucher 
Et l'Ecriture. 

jyjiie Victorine HUGO chantera deux Romances nouvelles, 

PRÉCÉDÉ DE : 

LÉON 

Drame en 5 actes et en prose, par M. De Rougemont. 

Artistes : Mrs. Ad. Bouchet, Harmant, Baptiste, Alerme, Victor, Bosselet, Folleville, 
Leroy, Mailly. Mesd. Baptiste, Thènard, 



Entre autres exercices, M. Sudre se livrait à une expérience qui 
consistait en ceci : placé au milieu du parterre, il se faisait dicter 
des phrases qu'il transmettait à son élève en les traduisant sur le 
violon. Questions de mathématiques, vers, allusions politiques. 



294 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1838-39. 

M" e Hugo répondait chaque fois, sans se tromper ni, même, hésiter. 
Ce n'était pas seulement à la langue française que Sudre appliquait 
sa méthode, mais tout aussi bien à l'espagnol, l'italien, l'arabe, et 
chaque consonance trouvait un son correspondant dans la langue 
musicale. 

Le Conseil communal, informé que « des personnes se permettent 
d'allumer leurs pipes ou cigares, de jeter à terre, sans avoir soin de 
les éteindre, les papiers ou autres objets qui leur ont servi à les allu- 
mer..., considérant que cet usage est de nature à incommoder les 
spectateurs, et qu'il présente des dangers d'incendie », défend de fumer 
dans les théâtres et leurs dépendances (21 janvier 1839). 

L'arrêté n'eut guère d'influence sur les enragés fumeurs; il fallut 
le réimprimer par deux fois, dans la même année. 

Cette campagne théâtrale vit la retraite de M me Roussellois, qui 
faisait ses adieux au public après vingt-trois ans de service. La 
représentation, donnée à son bénéfice (31 mai 1838), comprenait: 
Anne de Boulen, le 2 mc acte des Voitures versées, et le Gamin de Paris, 
où M me Roussellois jouait le rôle de la grand'mère, M me Meunier. 

Au chapitre nécrologique il faut inscrire, avec le nom de Thénard, 
celui de Virginie Daudel, morte le 5 décembre. 

Clôture, le 20 avril : Othello et l Ambassadrice. 





(1839-40) 



MM. LEMOIGNE, directeur-gérant. 
Vanhove, directeur de matériel. 
Monnier, régisseur. 

Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Ad. Bouchet, premiers rôles en tous genres. 

Fannolliet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Paul, des premiers rôles. 

Luguet, des jeunes premiers, des jeunes 
premiers rôles, forts seconds, jeunes troi- 
sièmes rôles au besoin. 

Cu'olelly, seconds amoureux, des premiers, 
des jeunes troisièmes rôles. 

D F.L.Mary, troisièmes amoureux, des seconds. 

Fleury, des troisièmes amoureux. 

Baptiste, pères nobles, seconds premiers 
rôles, grands raisonneurs, grands troisiè- 
mes rôles. 

Michaux, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Dupez, premiers comiques. 

Victor, seconds comiques. 

Chauvaux, des seconds et premiers comiques. 

Grafetot, seconds et troisièmes comiques. 

Bouchez, rôle de convenance, financiers au 
besoin. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Baptiste, premiers rôles forts, grands pre- 
miers rôles. 

Lemoigne, fortes jeunes premières, jeunes 
premiers rôles. 

Weiss, jeunes premières, ingénuités. 

Sciinetz, mères nobles, seconds premiers 
rôles, premiers rôles au besoin. 

Fanny Lemaire, des jeunes premières, ingé- 
nuités. 

Elisa Letur, jeunes amoureuses. 

H. Bouchez, troisièmes amoureuses, secondes 
et premières au besoin. 

Verteuil, duègnes, caractères, mères nobles. 

Desroches, secondes duègnes, rôles de con- 
venance. 

Lebrun, premières soubrettes. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
Bosselet, troisièmes rôles marqués, des 

pères. 
Folleville, pères nobles, rôles de conve- 
nance. 



296 



Le Théâtre de la ^Monnaie. 



1839 40. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 
Ab. Dommange, premier ténor. 
Janssenne, premiers ténors gracieux, Elle- 

viou, Ponchard, Chollet amoureux. 
Canaple, baryton, Martin, Solié et Chollet 

revenant aux dits emplois. 
Soyer, deuxièmes ténors, forts seconds et 

premiers au besoin. 
Cifolelly, troisièmes ténors, Colins, seconds, 

des Philippe. 
Paul, Philippe, Gavaudan, rôles annexés. 
Renaud, premières basses-tailles chantâmes. 
Varin, secondes basses nobles et comiques. 
Baptiste, secondes, premières comiques et 

autres. 
Genevoise, secondes basses et troisièmes. 
Chauvaux, Laruette, Juillet, Lesage, Dorain- 

ville, Vizentini, Ricquier, Féréol. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Casimir, ) 

T > premières chanteuses. 

Jawureck, ) ' 

Bultel, fortes secondes chanteuses, fortes 
Dugazon, premières en tous genres. 

Schnetz, mères Dugazon, fortes Dugazon, 
premières chanteuses au besoin 

Génot, premières Dugazon, jeunes premiè- 
res chanteuses au besoin. 

Elisa Letur, secondes et troisièmes Duga- 
zon. 

Verteuil, Gauthier, Desbros>es. Lemesle, 
Boulanger. 

Desroches, secondes duègnes. 

Monsieur 
Victor, Trial, Féréol. 



Ballet 



Messieurs : 

Albert, maître de ballet. 

Guillemin, premier danseur, premiers rôles 
mimes. 

Saint-Léon, ) premiers danseurs, demi- 

Massot, S caractère. 

Hamel, second et troisième danseur. 

Hippolyte Philippe, premier danseur comi- 
que. 

Stroyhaver, troisième danseur et coryphée. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Herminie Elssler, première danseuse. 

Julia de Varennes, première danseuse, demi- 
caractère et noble au besoin. 

Mélanje Duval, première danseuse, demi- 
caractère. 

Benoni, ) . . 

_ \ secondes danseuses. 

Caroline Sauton, ) 

Mique, troisième danseuse, coryphée. 

Mique mère, premier rôle mime à bagu°tte. 



Orchestre. 

MM. SNEL, chef d'orchestre. 

Camus, deuxième chef répétiteur. 
Seigne, troisième chef répétiteur. 
de Greef, chef d'orchestre pour le ballet. 

Soixante musiciens. 



Dans les premières semaines de la nouvelle saison le théâtre fut 
déserté d'une façon générale. Apparent rari nantes in gurgite vasto. 
Les spectateurs n'étaient pourtant pas retenus à la campagne : cet 
été fut exceptionnellement pluvieux. Il n'existait peut-être pas dans 
toute l'Europe, à ce moment-là, une scène placée dans des condi- 
tions de succès plus favorables, et, si quelques riches habitants 
avaient émigré, ils étaient remplacés par un nombre supérieur 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1839-40. 297 

d'étrangers, qui affluaient à cette époque de Tannée. On ne pouvait, 
non plus, invoquer l'insuffisance des débutants; pour juger des 
artistes, il faut les entendre, — et la salle était vide. Mais rien n'est 
plus capricieux que la vogue, rien n'est plus inexplicable, et bien 
des directeurs pâlissent en face de ce problème insoluble. 

Du reste, à quelques exceptions près, la troupe était la même. Il 
n'y avait presque, comme éléments nouveaux, parmi les emplois 
importants, que Janssenne pour l'opéra, Michaux et M" c Weiss pour 
la comédie. 

Chose étrange, M me Jawureck, qu'on avait applaudie avec enthou- 
siasme, Tannée précédente, fut outrageusement sifflée, à sa rentrée. 

Le jeune premier, Luguet, qui débuta avec succès, devait ensuite 
appartenir à plusieurs théâtres de Paris, et demeurer longuement à 



1839. — 6 mai, ouverture, reprise de le Brasseur de Preston, fantaisie concertante sur les 
mélodies de Guido et Ginèvrct; — 7 mai, reprises d'Othello, opéra, et le Mari et V amant, 
comédie; — 8 mai, Zampa, premier début de Ch. Ricquier, Laruette, dans le rôle de 
Daniel; — 11 mai, première représentation de Dieu vous bénisse, comédie-vaudeville en 

1 acte, d'Ancelot et Paul Duport ; reprise de la Comtesse du tonneau, vaudeville en 

2 actes; Bruno le fleur, vaudeville en 2 actes; — 12 mai, premier début d'Albert, fort 
ténor, M lle Jawureck, première chanteuse falcon, M me Bultel, première chanteuse légère; 
rentrée de Renaud, Soyer, Canaple ; reprise de la Juive; — 13 mai, rentrée de Saint- 
Léon, maître de ballet, M me Benoni, première danseuse, divertissement; reprise de les 
Comédiens, comédie en 5 actes de C. Delavigne ; — 14 mai, premier début de M me Place, 
première Dugazon, de M me Prague, mère noble ; reprise de le Chalet, le Bouffe et le 
Tailleur, opéras comiques en 1 acte; le Mari à bonnes fortunes, comédie en 5 actes; — 

16 mai, reprise de le Mariage extravagant, comédie en 5 actes; un divertissement; — 

17 mai, reprise de Mazaniello, opéra de Carafa ; le Dépit amoureux, comédie ; — 18 mai, 
première représentation de le Grand papa Guêrin, comédie-vaudeville en 2 actes, de 
Laurencin et De Cey ; reprise de la Fiancée du Fleuve; — 20 mai, reprise de V Italienne à 
Alger, opéra en 3 actes; — 21 mai, premier début de Michaux, financier; Luguet, jeune 
premier; reprise de l'École des vieillards, comédie en 5 actes, en vers, de C. Delavigne; 
— 22 mai, reprise de les Huguenots ; — 24 mai, premier début de Jolly, seconde basse 
des premières; reprise de le Barbier; — 25 mai, première représentation de Pascal et 
Chambord, comédie en 2 actjes, de A. Bourgeois et E. Brisebarre ; — 26 mai, par ordre : 
les Huguenots ; — 27 mai, premier début de M me Verteuil, duègne, le Jeune mari, 
comédie en 3 actes, de Mazères; — 29 mai, M œe Place, deuxième chanteuse, résilie ; 
M lle Elisa la remplace ; reprise de le Cheval de bronze, opéra en 3 actes; — 30 mai, pre- 
mier début de Janssenne, premier ténor léger; Ricquier, trial, ayant résilié, Victor joue le 
rôle de Dickson ; reprise de la Dame blanche ; — 31 mai, premier début de M me Lemaire, 
ingénue; reprise de le Tyran domestique, comédie en 5 actes; les Voitures versées, 
opéra comique en 2 actes; — I er juin, première représentation de le Ramoneur, drame- 
vaudeville en 2 actes, par Théaulon, Gabriel et Deforges ; — 3 juin, reprise de la Fiancée, 
opéra comique; — du 5 au 30 juin, série de représentations de Achard, premier comique du 
Palais-Royal: V Aumônier du régiment, Bruno le fileur, Pascal et Chambord, le Commis 
et la grisette, Farinelli ou le bouffe du roi, la Tirelire ou la Caisse d'épargne, l'Enfant 



298 Le Théâtre de la [Monnaie. — 1839-40. 

Saint-Pétersbourg. Il est mort en septembre 1888. Son fils, Maurice 
Luguet, a tenu le même emploi au théâtre du Parc, sous la direction 
Candeilh, puis est parti lui-même pour la Russie. 

Si les recettes étaient inférieures à celles des derniers exercices, 
les appointements des artistes ne subissaient pas cette marche des- 
cendante, et, au contraire, les frais généraux augmentaient chaque 
jour. 

MM. Albert Dommange 25,000 francs. 

Janssenne 20,000 — 

Soyer 9,000 — 

Paul 5,000 — 

Canaple 15,000 — 

Renaud 17,000 — - 

Varin 4,800 — 

Baptiste 4,800 — 

Chauyaux 4,200 — 



du faubourg, la Maîtresse de langues, Balochard ou Samedi, Dimanche et Lundi, Stra- 
della ; — 9 juin, reprise de Anne de Boulen, opéra ; — 10 juin, reprise de Fra Diavolo, 
opéra comique; les Femmes savantes, comédie; — 11 juin, reprise de Robert le Diable, 
opéra; — 20 juin, reprise de la Pie voleuse, opéra; le Nouveau seigneur du village; — 
21 juin, reprise de le Postillon de Lonjumeau, opéra comique; — 24 juin, reprise de la 
Dame blanche, opéra comique ; — 26 juin, première représentation de la Somnambule, 
opéra comique en 3 actes, de Bellini. 

Thérèse jy^mes Schnetz. 

Agathe Casimir. 

Lise Bultel. 

Le Comte MM. Renaud. 

Maurice Albert. 

Alexis Genevoise. 

1839. — 27 juin, reprise de Zampa, opéra comique ; — 31 juin, reprise de l'Ambassadrice, 
opéra comique ; — i er juillet, première représentation de Mademoiselle de Belle-Isle, 
drame en 5 actes, en prose, par Alexandre Dumas; — 2 juillet, reprise de Don Juan 
d'Autriche, comédie ; — 5 juillet, reprise de le Corsaire, ballet; le Prè-aux-clercs, opéra 
comique : — 9 juillet, reprise de Robin des Dois, opéra ; — 11 juillet, première représen- 
tation de le Jugement dernier, scène sacrée, paroles de Burat-de-Gurgy, musique de 
Yogel ; — 15 juillet, première représentation de Diane de Chivry, drame en 5 actes, par 
Frédéric Soulié ; — du 16 au 28 juillet, série de représentations de Lepeintre, aîné, pre- 
mier sujet du vaudeville : Mat/lias l'invalide, Une affaire d'honneur, Michel Perrin, le 
Mariage à la hussarde ou l'Arbre à sonnettes, les Vieux péchés, Monsieur Botte ou la 
Fille de l'émigré, f'ne affaire d'honneur, Monsieur Crépu ou la Liste des notables. Une 
affaire d'honneur, Voltaire en Russie, ou l'auberge du Grand Frédéric ; — 26 juillet, 
reprise de Anne de Boulen, opéra ; — 29 juillet, première représentation de les Camarades 
d'un ministre, comédie en 1 acte, en vers, par Emile Vander Burch ; — 30 juillet, première 
représentation de Vingt-six ans, comédie en 2 actes, par Dartois de Bournoville ; — 
7 août, première représentation de l'Eau merveilleuse, opéra de Sauvage, musique de 
Grisar; — 14 août, reprise de le Comité de bienfaisance, comédie; — 18 août, reprise de 
le Domino noir ; — 26 août, première représentation de la Vénitienne ou le bravo, drame 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1839-40. 299 

MM. Victor 4,200 francs. 

ClFOLELLY 4, 200 

Genevoise 2,000 — 

' M mes Casimir . . 24,000 — 

Jawureck. 18,000 — 

Bultel 16,000 — 

Genot. . ■ 9,100 — 

Elisa Letur 2,400 — 

SCHNETZ 5,400 — 

Verteuil 3,900 — 

En 1831, quand Laffilé se retira, après quelques mois de gestion, 
il laissait une troupe organisée, à laquelle il ne manquait qu'un 
chef intelligent. Cartigny fut celui-là. 11 arriva dans une époque de 
crise générale, et sut ramener la foule au théâtre. Grâce à son acti- 
vité, et, aussi, grâce au talent de Chollet et de M lle Prévost, les deux 
premières années amenèrent de brillants résultats. Mais il commit la 
faute de laisser partir ces deux artistes, et, à la fin de la troisième 
année, le passif atteignait déjà quelques milliers de francs. 



en 5 actes, par Anicet Bourgeois ; — 29 août, première représentation de Un vaudevil- 
liste, comédie en 1 acte, par Sauvage et Maurice Saint-Aguet ; — 5 septembre, première 
représentation de Lucie de Lammermoor, opéra en 4 actes, d'A. Royer et G. Vaez, 
musique de Donizetti. 

Lucie M me Jawureck. 

Asthon MM. Canaple. 

Edgard Albert. 

Arthur Cifolelly. 

Gilbert Jacquet. 

Raimond Baptiste. 

1839. — 12 septembre, reprise de Guillaume Tell; — 13 septembre, première représenta- 
tion de le Fils de la folle, drame, de Frédéric Soulié ; — 14 octobre, première représen- 
tation de Arsène ou la Baguette magique, ballet, d'Albert, musique de Sor et Singelée; — 
23 octobre, première représentation de Deux jeunes femmes, drame, de Saint-Hilaire ; — 
29 octobre, première représentation de l'Ange dans le monde et le diable à la maison, 
comédie en 3 actes, de De Gourcy et Dupeuty : — du 28 octobre au 7 novembre, série de 
représentations de la Donna Dolorès Serai et du Senor Camprubi, premiers danseurs du 
Théâtre de Madrid, Une journée à Naples, ballet; — 4 novembre, première représentation 
de le Naufrage de la Méduse, opéra, de Cogniard frères, musique de Flotow et Pilati ; — 
12 novembre, première représentation de Paul Jones, drame, par Alexandre Dumas ; — 
22 novembre, première représentation de Miss Kelly, ou la lettre et l'engagement, comédie 
de P. Duport et Monnais ; — 26 novembre, représentation de M. Veztcr Sandor et de sa 
troupe de musiciens Egyptiens; — I er décembre, troupe de singes de Schreyer; — 
2 décembre, reprise de la Critique de l'école des femmes, comédie ; VKcole des femmes, 
comédie; — 12 décembre, reprise de V Ambassadrice, opéra comique ; M me Treillet 
Nathan, de l'Académie de musique de Paris; — 13 décembre, première représentation de 
la Course au clocher, comédie, de F. Arvers ; — 23 décembre, reprise de Sganarellc, 
comédie; — 25 décembre, au bénéfice de Bouchet; première représentarion de les Treize, 
opéra comique en 3 actes, paroles de Scribe, musique d'Halévy ; le Proscrit, drame en 



300 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1839-40. 

A la retraite de Cartîgny, Bernard entre en fonctions avec une 
troupe nouvelle, qu'il avait eu le loisir de recruter, car il avait été 
nommé à la direction depuis plusieurs mois. Cependant, il est forcé 
de se retirer après un an et demi, vers la fin de 1836. Aussitôt une 
société se constitue et réunit un ensemble qui aurait pu donner des 
résultats satisfaisants. Mais les membres de cette association, vic- 
times d'attaques malveillantes, abandonnèrent la partie, et furent 
remplacés à leur tour par des administrateurs nouveaux. Ceux-ci 
ne s'entendent pas; des tiraillements surviennent qui amènent, aidés 
par l'indifférence et la désertion du public, les résultats les plus 
tristes. 

L'administration tombe, après avoir coûté à la Liste Civile et à la 



5 actes, par Frédéric Soulié et Timothée Dehay ; — 30 décembre, grand concert vocal 
donné par 40 Chanteurs Montagnards. 
1840. — 3 janvier, reprise de les Précieuses ridicules, le Médecin malgré lui, comédies ; — 

21 janvier, première représentation de Un cas de conscience, comédie de Ch. Lafont ; — 

22 janvier, rentrée de M me Casimir; reprise de le Dieu et la Bayadère ; — 25 janvier, 
concert de M Ue Sabine Heinefeter du Théâtre de Vienne; — 27 janvier, reprise de la 
Sylphide, ballet ; — 4 février, premier début ce M lle Chapuis, première chanteuse légère, 
la Juive ; — 5 février, reprise de Georges Dandin ; — 16 février, par ordre ; le Pré-aux- 
clercs ; Lucie de Lammermoor (4 me acte) ; — 18 février, reprise de le Malade imaginaire, 
comédie en 3 actes; — 19 février, au bénéfice de Renaud; première représentation de les 
Puritains, opéra en 3 actes, d'Etienne Monnier, musique de Bellini (traduction); — 
9 mars, reprise de la Femme jalouse, comédie en 5 actes, de Desforges; — du 10 au 
19 mars, série de représentations de M me Albert, premier sujet du Théâtre de la Renais- 
sance, Arthur ou 16 ans après, Georgette, M me Dubarry, l'Ami Grandet, le Caleb de 
Walter Scott, Diane de Chivry, V Ange gardien, la Poupée ou l'écolier en bonne fortune, 
M me Grégoire ou le Cabaret de la Pomme de Pin; — 13 mars, par ordre, représentation 
de M me Albert, l'Ami Grandet, comédie en 3 actes ; — 22 mars, les artistes réunis, la 
Juive ; — 31 mars, par ordre ; les artistes réunis, Robert le Diable; — 6 avril, première 
représentation de le Château de Keinilworth, ballet, d'Albert, musique de C. Hanssens 
jeune ; — 7 avril, reprise de la Famille du fumiste, vaudeville en 2 actes; — 14 avril, les 
artistes réunis, Régine ou Deux nuits, opéra; Don Juan ou le festin de Pierre, comédie 
en 5 actes ; — 21 avril, au bénéfice de M mc Casimir, première représentation de la Reine 
d'un jour, opéra comique en 3 actes, paroles de Scribe et Saint-Georges, musique d'A. 
Adam; — 20 avril, clôture, Lucie de Lammermoor, le Chevalier de St-Georges ; — 
21 avril, la Reine d'un jour, opéra comique; — 22 avril, au bénéfice de M. et M me Bap- 
tiste, première représentation de la Grand'Mère ou les trois amours, comédie de Scribe ; 
— du 21 avril au i er juin, représentations de la Comédie Italienne, directeur Pietro Nigri, 
répertoire; Gemma di Vergy, Norma, Il Furioso, Roberto Devereux, Lucia di Lammer- 
moor, Elisire d'Amore; — 20 mai, représentation de Dur-Laborde, du Théâtre de la 
Renaissance de Paris; — 30 mai, concert de M lle Thémar, pianiste; — 8 juin, Gymnase 
enfantin, directeur Bidance; — 18 juin, Odry, du Théâtre des Variétés de Paris; — 
5 juillet, M. et M me Taigny, du Théâtre du Vaudeville de Paris ; — 20 juillet, Taldoni et 
M me Tosi, artistes italiens ; — 8 août, Frans Eskens, chanteur tyrolien ; M me Chambéry, du 
Théâtre de la Renaissance de Pari?. 



Le Fhéàtre de la {Monnaie. — 1839-40 301 

Ville 242,000 francs en onze mois. Elle tombe, avec 6,000 francs en 
caisse et un passif: de 63,000 francs. Elle tombe, sans avoir pu rem- 
plir ses engagements envers la troupe pendant les mois de mars et 
d'avril, quoique ayant reçu par anticipation le montant des abonne- 
ments jusqu'au 21 avril. Elle avait dévoré, en 1840, prés du tiers 
(35,000 fr.) de la subvention royale de 1841. 

Pour couvrir le déficit, le Conseil Communal vote une avance 
extraordinaire de 63,000 francs. Ees artistes se constituent en société, 
et jouent jusqu'à la fin de Tannée théâtrale qui fut terminée officiel- 
lement le 22 avril par un concert d'adieux. 

Le lendemain, représentation au bénéfice de M rae Bultel. La 
troupe se dispersa, mais les artistes qui n'avaient pas quitté 
Bruxelles exploitèrent le Théâtre du Parc à partir du 2 mai, et don- 
nèrent deux représentations à la Monnaie, conjointement avec une 
Compagnie Italienne, dirigée par Pietro Nigri, et composée comme 
suit : 

Primi tenori assoluti .... Benedetto Galliani, Felice Ricci, Gumirato. 

Primo baritono assolnto . . . Ricardo del Vivo. 

Primo basso, buffo assoluto . . Pietro Nigri. 

Primo basso Gaetano Donatelli. 

Secondo basso Evasio Bocca. 

Prima donna assoluta .... Luigia Mathei. 

Prima donna Theresa Bocca. 

Seconda donna Rosa Lagomartjno. 

Eelice Ricci tenait, en même temps que l'emploi de ténor, celui 
de chef d'orchestre, deux fonctions qui paraissent cependant diffi- 
ciles à concilier. Il resta à Bruxelles, et s'y établit comme professeur 
de musique. 

La Compagnie Italienne clôtura ses représentations le i er juin, et 
le théâtre resta ouvert, jusqu'en août, aux artistes de passage. 





(1840-41) 



I 

jUJLLEMIN, k 

Van Caneghem, / 



administrateurs. 



MM. Hanssens, 
Janssenne, 
Gi 
V. 

Solomé, régisseur général. 
Monnier, régisseur. 
De Decker, deuxième régisseur. 
Desroches, premier contrôleur 
Arthur, premier comptable et contrôleur. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Delacroix, premiers rôles en tous genres, 

Fanolliet, jeunes premiers, forts jeunes pre- 
miers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Paul, des premiers rôles. 

Li guet, des jeunes premiers, des jeunes 
premiers rôles, forts seconds, jeunes troi- 
sièmes rôles au besoin. 

Berger, jeunes premiers amoureux en tous 
genres. 

Cîi 01. Eli. y, seconds amoureux, des premiers, 
des jeunes troisièmes rôles. 

Valmore, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués. 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. 

Michaux, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Dolignv, premiers rôles jeunes, tous pre- 
miers rôles y tenant, coquettes, Mars et 
fortes jeunes premières. 

Grave, jeunes premières, ingénuités. 

Berger, jeunes premières amoureuses, des 
ingénuités. 

C. Foubert, jeunes amoureuses, secondes 
soubrettes. 

II. Bouchez, secondes amoureuses et pre- 
mières au besoin. 

TimsAUT, mères nobles, duègnes, caricatures, 
des premiers rôles marqués. 

Uesroches, ) secondes duègnes, rôles de 

Dorval, ) convenance. 

Lebrun, premières soubrettes. 



Le Théâtre de la ^Monnaie. 



1840-41 



303 



Messieurs : 
Duprez, premiers comiques. 

Juillet, \ . . 

,. ! seconds comiques et des 

\ ICTOR, > 

\ premiers. 

Grafetot, ' 



Messieurs : 

Richemant, rôles de convenance^ 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Laborde, premiers ténors. 

. \ premiers ténors gracieux, 

JANSSENNE, I _,,. - , . ~, , 

s Elleviou, Ponchard, Chol- 

Teissere, \ , 

1 Jet, amoureux. 

Canaple, baryton, Martin, Solic et Collet. 

Soyer, seconds ténors, forts seconds et pre- 
miers au besoin. 

Cifolelly, troisièmes ténors, des seconds 
au besoin, des Philippe (jeunes), Moreau- 
Sainti. 

Paul, Philippe, Gavaudan, rôles annexés. 

Boullard, premières basses-tailles chan- 
tantes. 

Lartique, premières basses comiques. 

Saint-Ernest, secondes basses, premières 
au besoin. 

Genevoise, secondes basses. 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Jenny Colon-Leplus, première chanteuse à 

roulades. 
Treillet-Nathan, premières chanteuses. 
Bultel, fortes secondes chanteuses, fortes 

Du gazon. 
Guichard, première en tous genres. 
Lovie, premières Dugazon, jeunes premières 

chanteuses au besoin. 
C. Foubert, troisièmes Dugazon et secondes 

au besoin. 
Thibaut, mères Dugazon, duègnes, 
Di£sroches, secondes duègnes. 

Messieurs : 

Mathieu, troisièmes basses et coryphées. 
Juillet, Laruette, Trial, etc. 
Victor, Trial, Féréol, etc. 

choristes. 



Danses, Divertissements et Agréments de pièces. 



Messieurs 



Guillemin, premier danseur noble et chargé 

de régler les danses. 
G. Martin, premier danseur demi-caractère. 
Hamel, troisième danseur coryphée. 



Mesdemoiselles : 
H. Ellsler, première danseuse noble. 
H. Montassu, première danseuse demi-carac- 
tère. 
A. Gautier, seconde danseuse. 



Messieurs et Dames du corps de ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 

C. Bosselet, second chef d'orchestre et premier du vaudeville. 
C. Camus, second chef d'orchestre répétiteur des chœurs. 
Degreef, chef répétiteur de la danse. 
Lion, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 



Avant leur entrée en fonctions, les concessionnaires des Théâ- 



304 Le Théâtre de la (Monnaie. — 18.(0-41. 

très Royaux de Bruxelles adressent aux abonnés la circulaire 
suivante : 

Messieurs, 

En vous adressant, avec le prospectus d'abonnement pour Tannée théâtrale 1840 a 1841, le 
tableau de la troupe que nous avons engagée pour les divers genres, Comédie, Opéra, Vau- 
deville et Ballet-divertissement, nous avons l'honneur de vous exposer que ce n'est qu'après 
une fermeture de plus de trois mois et en l'absence de toute administration théâtrale qui était 
sur le point d'être confiée à une troupe étrangère, que nous nous sommes décidés à deman- 
der le privilège pour l'exploitation des théâtres de Bruxelles, non dans le but d'une spécula- 
tion d'intérêt, mais clans celui de conserver sur notre scène le répertoire français, qui en tout 
temps a fait les délices du public bruxellois. Nous ne nous sommes point dissimulé toutes les 
difficultés qui devaient nécessairement se rencontrer pour la formation d'une troupe pres- 
qu'entièrement neuve, surtout à une époque aussi avancée de l'année, où peu d'artistes se 
trouvaient encore libres d'engagements, et ce n'est qu'à notre grande activité et aux sacrifices 
que nous nous sommes imposés, que nous avons pu réunir une troupe complète dont nous 
vous offrons le talent, pleins de confiance que vous daignerez nous tenir compte de toutes les 
difficultés, et prendre en considération que le rejet d'un sujet entraverait singulièrement le 
répertoire qu'il nous importe de varier, outre qu'un remplacement convenable serait impos- 
sible, puisque nous avons engagé tous les meilleurs sujets qui se trouvaient encore dispo- 
nibles. Si donc, parmi leur nombre, il s'en trouve qui contre toute attente n'obtiendraient pas 
votre suffrage, nous osons implorer votre indulgence, nous engageant à vous tenir compte à 
notre tour des observations que vous voudriez bien nous communiquer sur tel ou tel sujet qui 
n'aurait pas obtenu toute votre approbation, pour le remplacer d'une manière convenable, si 
le privilège nous était continué l'année prochaine. 

Il nous importe aussi d'appeler votre attention sur les difficultés qui se rencontrent relati- 
vement aux débuts; pour les faciliter, plusieurs artistes ont bien voulu consentir à une com- 



1840. — i er septembre, ouverture. Premiers débuts de M me Treillet, première chanteuse, de 
Laborde, premier ténor ; rentrées de Canaple, baryton ; Guillemin, danseur; de M lles Elssler 
et Montassu, danseuses; reprise de Guillaume Tell; 2 septembre, premiers débuts de 
Boullard, première basse ; de M lle Lovie, première Dugazon ; rentrée de Soyer; premiers 
débuts de Valmore, père noble et premier rôle marqué ; de M me Doligny, jeune premier 
rôle ; de M mc Dorval, mère noble ; le Chalet, opéra comique ; l'Ecole des Vieillards, 
comédie ; — 3 septembre, reprise de Catherine, ou la Croix d'or, vaudeville ; Trop heu- 
reux, les Premières amours, vaudeville en 1 acte; — 4 septembre, premier début de 
M me Guichard, forte seconde chanteuse et de Saint-Ernest, deuxième basse ; reprise de le 
Postillon de Lonjumeau, opéra comique; — 7 septembre, première représentation de 
Japhet, ou la recherche d'un père, comédie en 2 actes, par E. Scribe et E. Vanderburch ; 

— 9 septembre, premier début de Delacroy, premier rôle ; Antony, drame ; — 11 sep- 
tembre, reprise de la Juive ; — du 14 au 30 septembre, série de représentations de 
M me Colon-Leplus, premier sujet du théâtre de l'Opcra-Comique, le Domino noir, l'Am- 
bassadrice, la Reine d'un jour, Robert le Diable, le Chalet, le Prè-aux-clercs, le Planteur; 

— 15 septembre, premier début de M lle Grave, jeune ingénue ; reprise de les Deux frères, 
ou la réconciliation, comédie ; — 18 septembre, reprise de le Prè-aux-clercs, opéra 
comique ; — 19 septembre, reprise de Toujours, ou Vavenir d'un fils, comédie en 2 actes, 
Arthur, ou Seize ans après, drame-vaudeville en 2 actes ; — 20 septembre, reprise de la 
Jeune femme colère, comcjie en 1 acte ; — 21 septembre, reprise de l'Abbé de l'Epèe, 
comédie en 5 actes, le Nouveau seigneur du village ; — 22 septembre, reprise de Valérie, 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1840-41. 305 

plaisance, celle de paraître pour la première fois devant un public dans un rôle qui n'est pas 
celui de leur choix pour subir leurs épreuves. Nous réclamons en leur faveur toute votre 
indulgence en attendant leurs débuts et nous espérons que vous voudrez bien leur savoir gré 
de leur bon vouloir sans lequel tout début deviendrait impossible. 

Vous remarquerez, Messieurs, que sur le tableau de la troupe le nom de la première chan- 
teuse à roulades ne se trouve pas rempli ; afin de pouvoir ouvrir le théâtre au i cr septembre 
prochain, de varier autant que possible le répertoire et de faciliter les débuts, nous avons été 
assez heureux de pouvoir traiter avec M me Leplus-Colon qui a bien voulu consentir à venir en 
représentation pendant un mois. 

Si nous parvenons à obtenir votre suffrage, notre tâche deviendra moins lourde, et votre 
encouragement redoublera nos efforts pour varier vos plaisirs. 

Agréez, etc. 

Ch. Hanssens, 

Ch. GuiLLEMIN, 

Janssenne, 
Van Caneghem. 

Les soumissionnaires à la direction de la Monnaie avaient été 
nombreux. Nous trouvons onze signatures : 

Motte, amateur ; — Paul, artiste du théâtre Royal ; — Rey ; — Cartigny, ancien direc- 
teur ; — Muschardt, receveur des douanes ; — Roux ; — Waermond ; — Monnier, régis- 
seur de la Monnaie ; — Negri ; — Pradiiek et Lemonnier ; — Gustave de Landi* direc- 
teur de l'Opéra Italien, à Amsterdam. 

Les nouveaux concessionnaires firent la réouverture du théâtre, le 
i er septembre. La salle était complètement restaurée : 

Ce n'est plus, dit l'Annuaire dramatique, ce bouge enfumé que l'on connaissait, où l'on 
avait presque honte de se présenter en toilette ; c'est, au contraire, une salle élégante où les 



comédie en 2 actes; — 25 septembre, reprise de le Corsaire, ballet: — 28 septembre, 
reprise de les Intimes, vaudeville; — 29 septembre, reprise de la Chanoinesse, vaude- 
ville ; — 30 septembre, premier début de Berger, jeune premier, reprise de Tartuffe, 
comédie ; — I er octobre, reprise de la Fille d'un voleur, vaudeville ; — 2 octobre, reprise de 
Bertrand et Raton, ou l'art de conspirer, comédie en 5 actes; — 4 octobre, reprise de Une 
journée à Naples, divertissement; — 5 octobre, reprise de Fra Diavolo, opéra comique ; — 
6 octobre, reprise de la Journée aux éventails, comédie en 2 actes; — 9 septembre, reprise 
de Robert le Diable; — 12 septembre, reprise de le Brasseur de Preston; — 15 septembre, 
reprise de Madelon Friquet, comédie-vaudeville; — 21 octobre, reprise de Lucie de Lam- 
mermoor ; — 22 octobre, première représentation de la Calomnie, comédie de Scribe ; — 
27 octobre, reprise de le Médecin malgré lui, comédie; — 28 octobre, reprise de Aînée 
et cadette, comédie; — 2 novembre, reprise de Mazaniello, opéra; — 3 novembre, 
première représentation de le Planteur, opéra comique en 2 actes de H. Monpou ; — 
5 novembre, reprise de la Fiancée, opéra comique ; — 8 novembre, reprise de le Bouffe 
et le tailleur, opéra comique; — 10 novembre, reprise de la Dame blanche, opéra 
comique; — 17 novembre, première représentation de te Hochet d'une coquette, comédie 
en 1 acte, de Léon Laya; — 18 novembre, reprise de /es Rivaux d'eux-mêmes, comédie: 
— 20 novembre, reprise de le Philtre, opéra ; — 23 novembre, reprise de te Chevalier 
du guet, comédie; — 24 novembre, reprise de les Huguenots, opéra; — 29 novembre, 

•20 



306 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1840-41. 

toilettes recherchées et splendides seront de rigueur. Le fond de la salle est azur, relevé par 
de l'or jeté à profusion sur la coupole, sur les appuis des loges, sur les colonnettes qui 
séparent ces dernières. Les cariatides de l'avant-scène ont été dorées des pieds à la tête. Les 
peintures et les ornements des divers genres qui décorent le fond et le devant des loges ont 
un aspect très agréable. On a supprimé les hideuses draperies qui couronnaient les pre- 
mières ; ces loges, non plus que celles des autres rangs, ne sont plus le siège de ténèbres 
visibles ; grâce à huit girandoles, placées de distance en distance aux colonnettes des pre- 
mières, on y voit clair, et les toilettes des dames peuvent s'épanouir au grand jour d'un gaz 
ardent. L'immense manteau d'Arlequin qui masquait une partie de la scène a été heureuse- 
ment ccourté sur toutes les tailles, on a reculé en même temps les coulisses, de sorte que la 
scène présente bien plus de développement et que les acteurs ont autour d'eux de l'air et de 
l'espace. Le rideau a imité avec bonheur le genre et le goût des arabesques de Pompéia ; 
c'est peut être ce qu'il y a de mieux dans toute la décoration. 

M. Mathieu, premier prix du Conservatoire de Bruxelles, débute 
dans le rôle de Max, du Chalet , et dans celui de Marcel, des Hugue- 
nots. « Ce jeune homme, qui est Belge, a l'acquit d'un vieil artiste, 
et il a obtenu du succès, » dit une gazette de f époque. Mathieu est 
le père de 1 heureux auteur de Richilde. 

Jusqu'ici, le programme détaillé des représentations se trouvait 
imprimé sur de « petites affiches » que vendaient les employés à 
l'intérieur du théâtre. La saison actuelle vit se créer le journal de la 
direction : le Vert-Vert, dirigé par T. -H. Randon. Cette feuille 
publiait les spectacles de la semaine, avec la distribution des pièces, 



reprise de le Dieu et la Bayadère, opéra; — 7 décembre, reprise de Zampa, opéra comi- 
que; Ambroise, ou Voilà ma journée, opéra comique ; — 8 décembre, reprise de Cécily, 
ou le Lion amoureux, vaudeville, de Scribe; — 14 décembre, reprise de le Pacte de 
famine, ou la Prise de la Bastille, drame en 5 actes; — 15 décembre, première repré- 
sentation de Piquillo, opéra comique, d'Alexandre Dumas, musique de Monpou ; — 
20 décembre, reprise de l'Orage, ou Un tête-à-tête, comédie ; — 21 décembre, reprise de 
Estelle, ou le père et la fille, comédie; — 24 décembre, reprise de V Opéra Comique, 
opéra; — 28 décembre, reprise de le Sonneur de Saint-Paul, drame; — 30 décembre, 
reprise de Robin des bois, opéra. 
1841. — i cr janvier, reprise de la Muette de Portici, opéra; — 11 janvier, reprise de 
Juliette, ou la folle de Toulon, drame ; — 13 janvier, première représentation de la Fille 
du Cid, tragédie de Casimir Delavigne ; reprise de Une passion, vaudeville ; — 21 jan- 
vier, première représentation de le Verre d'eau, ou les effets et les causes, comédie de 
Scribe ; reprise de le Duel et le déjeuner, ou les comédiens joués, comédie ; — 26 janvier 
reprise de Un tour de grand seigneur, comédie; reprise de les Intimes, vaudeville ; — 
I er février, bénéfice de Janssenne; reprise de la Prima donna, ou la sœur de lait, vaude- 
ville d'Achille Dartois et de Saint-Georges; — 5 février, reprise de Quitte ou double, 
comédie ; — 10 février, bénéfice de M mc Treillet-Nathan, reprise de Anne de Boulen ; — 
14 février, exercices du chien Emile (!) ; — 17 février, reprise de Cécily, ou le Lion amou- 
reux, comédie ; — 18 février, grande fête de nuit ; — 8 mars, reprise de Moiroud et Com- 
pagnie, vaudeville; — 9 mars, reprise de V Abbé galant, comédie; — 10 mars, spectacle 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1840-41. 307 

et contenait, en outre, le compte-rendu des soirées précédentes. 
C'était, en quelque sorte, le précurseur de V Eventail de 1888. 

Le i er février, bénéfice de retraite de Janssenne, artiste et membre 
de l'administration théâtrale. Louis Janssenne, né à Paris le 
13 mars 1809, avait commencé par « manier le rabot de menuisier ». 
Entré à l'école de Choron, en 1828, il professait lui-même le chant, 
deux ans après. Ce ne fut qu'en 1834 qu'il se décida à aborder le 
théâtre. Il débute brillamment à l'Opéra-Comique, où il demeure 
trois années, et ne quitte cette scène que pour venir à Bruxelles. La 
voix avait certaines défectuosités que rachetaient une science et un 
goût peu communs. Janssenne s'adonnait à la composition, et on lui 
doit une foule de romances qui faisaient les délices des salons bruxel- 
lois. En quittant la Monnaie, il demeura à Bruxelles pour y ensei- 
gner l'art vocal. 

Quelques appointements : 

MM. Wimphen 19,000 francs. 

Janssenne 20,000 — 

Legagneur 5>4°° — 

Lecourt 4,200 — 

Paul Hébert 5,000 — 

Canaple 15,000 — 

Bouchez . 15,000 — 

Baptiste 4,800 — 

Defrancq 1,800 — 



extraordinaire ; la salle éclairée en bougies ; bénéfice de Solomé, régisseur général, pre- 
mière représentation de la Chaste Suzanne, opéra, musique de Monpou; — 16 mars, 
reprise de le Tailleur de la cité, vaudeville ; — du 19 au 22 mars, série de représenta- 
tions de M me Dorval, premier sujet du Théâtre-Français; reprise de Antony, drame, le 
Proscrit, la Marraine ; — 19 mars, concert de Liszt, pianiste ; — 24 mars, Levasseur, de 
l'Académie de musique de Paris ; — 25 mars, reprise de Louisette ou la chanteuse des 
rues, comédie ; — 29 mars, représentation extraordinaire avec M me Dorval, du Théâtre- 
Français, Clotilde, drame en 5 actes ; — 30 mars, reprise de la Grâce de Dieu, drame ; — 
12 avril, première représentation de Lazare le Pâtre, drame de Bouchardy ; — 14 avril, 
rentrée de Laborde ; bénéfice de Solomé, régisseur général, la Chaste Suzanne, opéra ; 
— 19 avril, représentation de Anthiome, ténor léger, reprise de la Reine d^un jour, opéra 
comique; — 21 janvier, reprise de les Premières amours, vaudeville ; — 27 avril, reprise 
de Un monsieur et une dame, vaudeville; — 28 avril, bénéfice de M me Jenny Colon, 
reprise de le Barbier de Séville, opéra comique ; — 30 avril, clôture. 

Premières représentations (opéras). 

1840. — 3 novembre, le Planteur, opéra comique en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, 
musique de H. Monpou ; — 15 décembre, Piquillo, opéra comique en 3 actes, d'Alexandre 
Dumas et Gérard de Nerval, musique de Monpou. 

1841. — 14 avril, ta Chaste Suzanne, opéra en 4 actes, de Carmouche et Frédéric de Courcy, 
musique de Monpou. 



308 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1840-41. 



MM. Victor 4,200 francs. 

Léon 4,500 — 

Genevoisk 4,800 — 

M mcs CUNDELL l8,000 

Klotz 15,000 — 

Saint- Charles 8,400 — 

Amédée Hortoz 3,600 — 

Scjinetz 5H 00 — 

Verteuil 3>9O0 — 

Voici maintenant un tableau des recettes pour la campagne théâ- 
trale 184; 0-41 : 

/ Location fr. 81,632 » 

Bureau de . . . ^ A la porte 235,591 90 

\ Supplément 5,418 40 

(A l'année 67,801 25 

Abonnement < 

( Au mois 2I »794 45 

^ ... ( Jetons retenus 121 83 

Extraordinaires \ . , . ' 

{ Amendes 996 88 

,, , . , ( Roval 29,000 » 

Subsides ...-'{.,.., ' 

( Municipal 7>7°7 20 

Divers 6,698 84 

Bals . ' 23,159 » 

Total . . . 479,981 75 

Vers les premiers jours de 1841, Paul Dutreih demande au Con- 
seil communal que la troupe de la Monnaie soit constituée en société 
(les appointements au prorata) et s'offre — naturellement — comme 
gérant de l'affaire. Ce projet fut unanimement repoussé. 

D'ordinaire, le théâtre réservait, chaque année, pour l'anniver- 
saire de la mort de Molière, une grande représentation, avec tout 
l'apparat que comportait le souvenir du grand auteur. Mais, cette 
fois, ce spectacle fut l'objet des plus violentes critiques. On s'était 
contenté, en effet, de faire lire par Delacroix une pièce de vers due 
a la plume de M. Truffaut, et l'intermède eut lieu entre un opéra 
et un vaudeville, « qui n étaient pas de limmortel auteur de Tar- 
tuffe », ajoute avec indignation V Annuaire dramatique. Parbleu! 

L'affiche du 25 février portait Anne de Boiden, opéra, et les 
Premières amours, vaudeville. En entrant en scène, M me Treillet- 
Nathan annonce elle-même qu'elle est indisposée et hors d'état de 
jouer. Le régisseur Monnier arrive à son tour et déclare que cette 
indisposition est simulée, et qu'il en a la preuve clans l'attestation 
de quatre médecins. M me Treillet persiste, la représentation devient 
impossible, et on est obligé de rendre l'argent. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1 840-41 



309 



Cependant, trois jours après, le différend survenu entre l'artiste 
et l'administration étant aplani, M me Treillet reparaît dans la même 
pièce, sans que le public semble lui avoir gardé rancune de sa 
capricieuse fantaisie. 

Signalons un concert donné par Liszt (13 mars), où le talent du 
prestigieux pianiste excite un vif enthousiasme. Le même jour, Hen- 
riette Bouchez quitte furtivement Bruxelles, au mépris de ses enga- 
gements. 

Puis, Levasseur, de l'Opéra, joue dans Robert le Diable et les 
Huguenots, et ne parvient pas à produire leffet qu'on attendait de 
lui, ses moyens vocaux se trouvant très affaiblis par l'âge et par une 
longue carrière. 

Enfin, M me Dorval, de la Comédie-Française, donne quelques 
représentations. Le jour de ses adieux, l'excellente comédienne joue 
le Proscrit, drame, et la Muette de Portici, où elle mime le rôle 
muet de Fenella, généralement confié à une danseuse. 

Le 15 avril, le Conseil Communal vote une augmentation de sub- 
side de 12,000 francs. 

Clôture de l'année théâtrale par les Huguenots. 




^À^A. J, A A A A A A A ■ A A A A A A A A A A o^M 




g^ç^-f— <? «?— «p 9 ? ? ? ?~- "?— 7~ ? ? 7~? ?— ?" ? 7 ? T 5 ^)^ 



(184I-42) 



Administrateurs. 



MM. Hanssens, 
Paul, 
Guillemin, 
Van Caneghem, 
Solomé, régisseur-général. 
Monnier, régisseur. 
Desroches, premier contrôleur. 
Arthur, premier comptable et contrôleur. 
N. Dreulette, contrôleur chargé du recouvrement de l'abonnement. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Delacroix, premiers rôles en tous genres. 

Gaston, jeunes premiers, forts jeunes pre- 
miers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Paul, des premiers rôles et rôles marqués. 

Monval, des jeunes premiers, des jeunes pre- 
miers rôles, forts seconds, jeunes troisiè- 
mes au besoin. 

Prague, seconds amoureux, des premiers au 
besoin. 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. 

Micheau, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Stanislas, grande utilité, rôles de conve- 
nances et troisièmes rôles au besoin. 

Duprez, premiers comiques. 



Mesdames et Mesdemoiselles •• 

Doligny, premiers rôles jeunes, tous pre- 
miers rôles y tenant, coquettes, Mars, et 
fortes jeunes premières. 

Grave, jeunes premières, ingénuités. 

Clara Stéphany, jeunes premières, amou- 
reuses. 

Justine Stéphany, secondes amoureuses, des 
premières au besoin. 

Capelly Decourty, secondes et troisièmes 
amoureuses. 

Thibault, mères nobles, duègnes, caricatures, 
des premiers rôles marqués. 

Desrociies, secondes duègnes, rôles de con- 
venance. 

Lemrun, premières soubrettes. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1841-42. 



311 



Messieurs : 
Victor, ) seconds comiques et des 

Grafetot, j premiers. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 

besoin. 
Duchateau, utilités. 



Messieurs : 

Philippe Victor, 

Leroy, 

Marguerite, 

Tournillon, 

Mailly, 



utilités. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



premiers ténors. 



Messieurs : 

Laborde, 

duffeyte, 

Chollet, premiers ténors gracieux, Elleviou, 
Ponchard, rôles créés par lui. 

Canaple, baryton Martin. 

Soyer, seconds ténors, forts seconds et pre- 
miers au besoin. 

Paul, Philippe, Gavaudan, rôles annexés. 

Constant, troisièmes ténors, des seconds au 
besoin. 

Hermann-Léon , premières basses-tailles 
chantantes. 

Bellecour, premières basses comiques. 

Mathieu, secondes basses, premières au 
besoin. 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

S. Colon-Leplus, première chanteuse à rou- 
lades. 

Julian, première chanteuse. 

Guichard, première Dugazon chantante et 
deuxième chanteuse. 

Lovie, jeune Dugazon, jeunes premières 
chanteuses au besoin. 

Thibault, mères Dugazon, duègnes. 

Messieurs : 
D'Hooghe, troisièmes basses et coryphées. 
Feitlinger, coryphée ténor. 
Victor, Trial, Féréol, etc. 



choristes. 



Ballet. 



Messieurs : 

Petipa, maître de ballet. 
Pichter, régisseur. 
Guillemin, premier danseur noble. 
Page, premier danseur demi-caractère. 
Gontier, deuxième et troisième danseur. 
Hippolyte, troisième danseur coryphée, 
Philippe, premier danseur comique. 
Duchateau, deuxième danseur comique, 
rôles mimes. 

Messieurs et dames du corps 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Varin, première danseuse noble. 

Page, première danseuse demi-caractère. 

Anastasie-Gautier, seconde danseuse. 

Delestré, troisième danseuse. 

Gabrielle, \ 

Tonine Montassu, > Coryphées. 

Duruisselle, i 



du ballet. — Quatre quadrilles. 



Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
C. Bosselet, second chef d'orchestre. 
Soixante musiciens. 



Le prix des places est légèrement augmenté, ainsi que 1 explique 



312 Le Théâtre de la (Monnaie — 1841-42. 

la direction dans le petit « boniment » annuel adressé aux abonnés 
avant la réouverture du théâtre : 

PRIX DES ABONNEMENTS. 

ABONNEMENT A l'aNNEE, COMPOSEE DE 12 MOIS. 

FR. C. \ 

Loges d'avant-scène au rez-de-chaussée, Premières loges, i p Qur i> annL ; e et par 

Balcons, Stalles et Secondes de face 400 - » I place, payable par sivic- 

Secondes de côté et Rez-de-chaussée 318 - » l me, du jour de l'ouverture 

Troisièmes loges 228 -., ^ du théâtre. 

Abonnement personnel et individuel 372 - » / 

Moyennant un supplément de soixante francs, l'abonné pourra aller à toutes places 
non-retenues. 

ABONNEMENT D III VER, COMPOSÉ DE 7 MOIS. 

Loges d'avant-scène au rez-de-chaussée, Premières loges \ Par place, et pour 7 

Balcons, Stalles et Secondes de faces 330 - » j mois ' P ayable par ticrs; 

, f le premier tiers en pre- 

Secondes de côte et Rez-de-chaussee 275 - » ) nam ,> abonncment , les 

Troisièmes loges 180 - » \ deux autres de deux en 

Abonnement personnel et individuel 300 - » / deux mois. 

ABONNEMENT AU MOIS. 

Loges d'avant-scène au rez de-chaussée, Premières loges, \ 

Balcons, Stalles et Secondes de face 55 - » 1 

Secondes loges de côté et rez-de chaussée 45 - » f Par place et par mois, 

Troisièmes loges 35 - » ï payable par anticipation. 

Abonnement individuel, à toutes places ' 55 - » \ 

Abonnement militaire, au Parquet seul 20 - » / Par mois. 

Nota. MM. les abonnés pourront, s'ils le désirent, conserver la jouissance de leurs loges 
et places, pour tous les jours d'abonnements suspendus, moyennant le paiement d'un tiers en 
sus des prix stipulés au présent Tarif, en se conformant à ce qui est dit à l'article 6, ci-dessus. 



1841. — 2 mai, ouverture; reprise de la Muette de Portici; — du 5 mai au 22 juin, série de 
représentations de la troupe italienne, Semiramide, la Cenerentola, la Sonnambula, 
Lu ci a di Lammermoor ; — to mai, premiers débuts de M Uc Julian, première chanteuse, et de 
Ilermann-Léon, première basse, Robert le Diable; — 11 mai, premier début de Anthiome, 
premier ténor léger, V Eclair, opéra comique ; — 14 mai, premiers débuts de Bellecour, 
première basse comique, Lecerf, trial, la Dame blanche; — 18 mai, reprise de Era 
Diavolo, opéra comique; — 25 mai, premiers débuis de Gaston et de M mc Stéphane, le 
Jeune mari, comédie ; — du 3 au 1 3 juin, série de représentations de Duprez, premier ténor 
de l'Opéra, la Juive, Guillaume Tell, les Huguenots, Lucie de Lammermoor ; — 5 juin, 
reprise de les Premières armes de Richelieu , comédie; — 17 juin, première représentation 
de Marguerite, comédie ; — 24 juin, début de Guyot, premier ténor léger (en remplacement 
de Anthiome), reprise de le Postillon de Lonjumeau ; — 9 juillet, première représentation 
de la Eille du régiment, opéra, de Bavard, Saint-Georges, musique de Donizetti. 

Tonio MM. Soyer. 

Sulpice Bellecour. 

Marie M mes Gutchard. 

Marquise de Berkenfield Thibault. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1841-42. 313 

PRIX DES PLACES : 

PAR CARTE EN LOCATION 

Premières, Balcons et Stalles fr. 5 » 6 » 

Secondes de face, Galeries et Avant-scènes de Rez-de-chaussée. 4 » 4 75 

Secondes de côté, Parquet et Loges de Rez-de-chaussée . 3 5° 4 M 

Troisièmes 2I 5 2 45 

Parquet militaire 2 » » » 

Parterre 1 60 » » 

Quatrièmes loges 1 25 « » 

Paradis . » 60 » » 

Id. militaire ; » 45 » » 

La campagne est inaugurée par la Muette de Portici. 

Immédiatement après, une Compagnie Italienne, sous la direction 
de MM. Riccio et Luppi, vient donner quinze représentations, qui 
sont peu suivies : 

Artistes : Rafaele Mirate et Carlo Magliano, primi tenori; Philippo Morelli, primo betsso 
barytone ; Eugenio Oliviero, primo basso ; Giuseppe Ruggiero, primo basso buffo ; Antonio 
Bruni et Luigi Grimaldi, secondi tenori; Francesco Destefanis, basso buffo et secondo basso. 

M mts Rosina Picco, prima donna; Jeanne Bianchi, contralto ; Emmanuella Rugiero, altra 
prima donna ; Giuseppina Grimaldi et Clara Nordetti, seconde donne. 

Félix Riccio, chef d'orchestre. 

Puis, Duprez, de l'Opéra, joue la Juive, Lucie de Lammermoor, 
Guillaume Tell. Le grand tragédien lyrique n'est guère épargné par 
la presse, et un journaliste le trouve « au-dessous de sa réputation, 
quoique doué des plus belles facultés musicales ». 11 attire cepen- 



1 84 1 . — 19 juillet, reprise de l'Eau merveilleuse, opéra; — 23 juillet, reprise de la Pie 
voleuse, opéra ; — 26 juillet, première représentation de Un mariage sous Louis XV, 
comédie d'A. Dumas; — 13 août, première représentation de la Favorite, opéra, d'Alph. 
Royer, G. Vaez, musique de Donizetti. 

Fernand MM. Laborde. 

Alphonse Canaple. 

Balthazar Hermann-Léon. 

Léonore M me Julian. 

1841. — du 16 août au 14 septembre, série de représentations de Chollet et de M ,le Prévost, 
de TOpéra-Comique ; — 20 juillet, première représentation de les Travestissements, 
opéra comique en 1 acte, de Deslandes, musique de Grisar; — 24 août, représentation 
de M lle Verneuil, du Théâtre Français; — 30 août, bénéfice de Desses^arts, b:^e comi- 
que; — du 2 au 19 septembre, série de représentations de Firmin, de la Comédie-Fran- 
çaise, la Calomnie, le Jeune mari, Un mariage sous Louis AT, l'Ecole des vieillards, le 
Misanthrope ; — 3 septembre, reprise de la Perruche, opéra comique, de Clapisson : 
— 17 septembre, première représentation de la Tarentule, ballet, de Scribe et Coralli, 
musique de Gide; — 21 septembre, représentation de M lle Drouart, du Théâtre de la 
Renaissance de Paris; — i« r octobre, M 11 ' Odile Alphonse, de Gand, commence une série 



314 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1841-42. 

dant la foule, malgré une « augmentation extraordinaire » du prix 
des places. 

Juillet — Facteur — fait sa rentrée, le 6 septembre, après une 
longue maladie, à laquelle il succombe, deux mois plus tard , 
(16 novembre). 

Les exercices acrobatiques reparaissent, le 11 octobre, en l'hon- 
neur de M. Carter, célèbre dompteur d'animaux. On joue six fois le 
Lion du Désert. Ajoutons bien vite que la curiosité, éveillée par la 
nouveauté du spectacle, se ralentit bientôt « pour ne faire place 
qu'au dégoût ou à l'indifférence ». 

Dans sa séance du 27 novembre, le Conseil Communal renouvelle 
pour trois ans la concession des théâtres aux entrepreneurs actuels, 
sans changements importants dans les clauses et conditions du privi- 
lège. Ainsi, le subside de la Ville reste fixé à 36,000 francs par an, 
dont 12,000 ne devaient être payés que le jour où expirerait la 
concession. 

Cet arrêté fut généralement ratifié par le public et par la presse : 

Tous les amateurs de spectacle se félicitent de la décision de nos magistrats, car c'est 
incontestablement aux efforts, aux sacrifices de tous genres et à l'activité de l'administrai ion 
actuelle de nos théâtres que Bruxelles doit le retour des habitudes aux jeux scéniques. Jugée 
par des étrangers, arlistes ou autres, elle a été reconnue et proclamée comme ayant approché 
le plus près de la perfection que l'on rencontrait naguère sur les premiers théâtres de Paris. 
En surmontant des obstacles pour ainsi dire incessans, elle s'est montrée aussi intelligente 
que dévouée à sa mission vis-à-vis du public ; elle n'a pas plus marchandé avec ses artistes 
en titre qu'avec les nécessités momentanées ou les occasions de faire au delà de ce qu'elle 
avait promis. 



de représentations ; — io octobre, reprise de la Chaste Suzanne, opéra; — H octobre, 
exercices du dompteur Carter; — 24 octobre, représentation de M llc de Roissy, de l'Aca- 
démie de musique de Paris; — 31 octobre, rentrées de Chollet et de M mc Prévost, le 
Postillon de Lonjnmeau ; — i Cr novembre, reprise de Anne de Boulen, opéra; 
5 novembre, reprise de le Valet de chambre, opéra comique, la Fiancée, opéra comique ; 
— 8 novembre, reprise de Zampa, opéra comique ; — 25 novembre, au bénéfice de 
Hermann-Léon, première représentation de les Diamants de la Couronne, opéra en 3 actes, 
de Scribe, Saint-Georges, musique d'Auber. 

Don Henrique MM. Soyer. 

Rebolledo Victor. 

Catarina M me Guichard. 

1841. — 9 décembre, reprise de Jean de Paris, opéra comique, de Boicldieu ; reprise de la 
Comtesse du Tonneau, vaudeville; — 21 décembre, au bénéfice de Chollet, première 
représentation de le Guitarrero, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Halévy. 
1842.— 6 janvier, au bénéfice de M œc Guichard, reprise de Richard Cœur-de-Lion ; — 
13 janvier, première représentation de Une chaîne, comédie en 5 actes, de Scribe ; — du 
18 janvier, série de représentations de Kelm, premier comique du Gymnase, première 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1841-42. 315 

Le 29 décembre, l'affiche, entourée d'un cadre noir, ne portait que 
ce mot : Relâche. C'était le jour des funérailles de Al mc Bultel- 
Van Caneghem. Le service fut célébré à Schaerbeek. Laborde et 
Canaple s'y firent entendre, et plusieurs discours furent prononcés 
au cimetière. 

M mc Bultel qui avait honorablement débuté à la Monnaie, le 9 mai 
1836, et que la faveur du public n'abandonna jamais pendant son 
premier séjour à Bruxelles, était partie pour Nantes, lorsque la 
troupe de Lemoigne se dispersa. Elle était revenue, au commence- 
ment de la campagne 1841-42. Une inexplicable cabale fut organisée 
contre elle, et la malheureuse femme fut accueillie de la manière la 
plus outrageante. Frappée dans ce qu'elle avait de plus cher — sa 
réputation d'artiste — elle s'alita, luttant vainement contre l'humi- 
liation qui dévorait son âme ardente, et succomba à « une maladie 
de langueur » (26 décembre 1841). 

Janvier, février et mars : Fêtes de nuit. 

En février, retour de la troupe du Gymnase Castelli, et, 
le 1 1 du même mois, grande cérémonie pour l'anniversaire de la 
naissance de Grétry : Richard Cœur-de-Lion et le 2 me acte de la 
Caravane. 

A la fin du spectacle, tous les artistes viennent — sous les 
costumes des divers personnages conçus par Grétry — saluer, avec 
des branches de laurier, la statue du plus fécond, du plus vrai, du 
plus naïf des compositeurs belges anciens. 



représentation de le Peintre et le colleur ou Rossignol, comédie; — 25 janvier, reprise de 
la Jeunesse du roi Henri, drame; — 30 janvier, représentation de M me Hébert, première 
chanteuse du Théâtre de Gand, les Huguenots ; — I er février, au bénéfice de M lle Prévost, 
Lucrèce Borgia, opéra ; reprise de le Malade imaginaire ; — du 2 au 10 février, représen- 
tations données par le Gymnase Castelli, composé de 28 petits enfants ; les Bayadères aux 
bords du Gange, ballet; l'Enfance de Louis XII, vaudeville; Thêobald ou le retour de 
Russie, vaudeville; Cendrillon, ballet; Margot, En pénitence, Albertine, Zoé, vaudevilles; 

— 1 1 février, représentation en l'honneur de Grétry, Richard Cœur-de-Lion ; — 22 février f 
reprise de les Fées de Paris, vaudeville, de Bayard; — du 10 mars, série de représenta- 
tions de M me Duflot-Maillard, première chanteuse, la Favorite, Norma, Lucrèce Borgia; 

— 18 mars, au bénéfice de Canaple, Norma ; — 22 mars, au bénéfice de M lle Varin, pre- 
mière danseuse, Giselle ; — 29 mars, reprise de Jarvis, l'honnête homme, drame; — 
30 mars, au bénéfice de M llc Julian, la Vestale ; — 2 avril, représentation de Philippe, du 
Théâtre du Vaudeville de Paris ; — 7 avril, au bénéfice de M mc Page, danseuse, Giselle ; 

— du 13 avril, série de représentations de M me Rabut, premier rôle de la Comédie-Fran- 
çaise, M lle de Belle-Isle ; — 28 avril, au bénéfice de Solomé, régisseur général, Moïse, 
opéra; — 30 avril, clôture, Moïse. 




> FAC-SIMILE D'AFFICHE 
(Dimension de l'original : 0,60 cent. X 0,43 cent. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — [841-42, 

RECETTES DE L'ANNÉE 

/ Location fr. 

Bureau de. . . I A la porte 

\ Supplément 

(A Tannée 

Abonnement < 

( Au mois 

_ ... ( Jetons retenus 

Extraordinaires { . . 

[ Amendes 

c , . , ( Royal 

Subsides ... < ..... 

( Municipal 

Divers 

Bals 

Total . . . fr. 

Clôture, le 30 avril. 



317 



103,934 25 

347,016 05 

7,649 30 

98,226 44 

42,443 16 

783 69 
57,000 » 
23,650 34 
14,625 61 
24,904 » 

720,232 84 






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(1842-43) 



administrateurs. 



MM. Hanssens, 

Paul Philippon, 

GuiLLEMIN, 

Van Caneghem, / 
Solomé, régisseur-général. 
Monnier, régisseur. 
Dedecker, second régisseur. 
Pichler, régisseur des ballets. 
Vandevivier, régisseur des chœurs. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Delafosse, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Deslys, seconds rôles, jeunes premiers au 
besoin. 

Constant, seconds et troisièmes amoureux 
au besoin. 

Auguste, pères nobles, premiers rôles mar- 
ques. 

Micheau, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin* 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Rabut, premiers rôles jeunes, tous premiers 

rôles y tenant, coquettes, Mars et fortes 

jeunes premières. 
Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 

mères nobles. 
Crecy, jeunes premières, ingénuités. 
SoLiÉ, secondes amoureuses et ingénuités. 
Millet, secondes et troisièmes amoureuses. 
Solié mère, mères nobles, des premiers rôles 

marqués. 
Thibault, duègnes et caractères. 
Lebrun, premières soubrettes. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1842-43. 



3 I( ; 



Messieurs : Messieurs 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. Duchateau, 

Stanislas, troisièmes rôles, utilités. Leroy, 

Duprez, premiers comiques. Marguerite, 

Victor, i seconds comiques et des Mailly, 

Bernonville, i premiers. 



utilités. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Laborde, premier ténor. 

Altairac, premiers ténors gracieux, des 

premiers et forts seconds ténors dans les 

grands-opéras. 
Alizard, baryton. 

Soyer, seconds ténors, Philippe et Gavaudan. 
Constant, troisièmes ténors, des seconds au 

besoin. 
Hermann-Léon, premières basses- tailles 

chantantes. 
Bellecour, premières basses comiques. 
Vial, secondes basses, premières au besoin. 
D'Hooghe, troisièmes basses et coryphées. 
Feitlinger, coryphée ténor. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Casimir, première chanteuse à roulades. 
C. Heïnefetter, première chanteuse. 
Guiciiard, première Dugazon chantante, 

deuxième chanteuse et jeunes premières 

chanteuses au besoin. 
Lovie, jeunes premières Dugazon. 
Millet, troisièmes Dugazon et secondes au 

besoin. 
Thibault, mères Dugazon, duègnes. 
Solié mère, secondes duègnes. 

Messieurs : 
Millet, coryphée ténor. 
Bernonville, trial, Féréol. 



Ballet. 



Messieurs : 

Petipa, maître de ballets. 
Guillemin, premier danseur noble. 
Page, premier danseur demi-caractère. 
Gontier, deuxième et troisième danseur. 
Hamel, troisième danseur coryphée. 
Duchateau, comiques, rôles mimes. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Guillemin-Varin, première danseuse noble. 

Page, première danseuse, demi-caractère. 

Barville, seconde danseuse. 

Delestre, troisième danseuse. 

Gabrielle, J 

Ton. Montassu, > coryphées. 

Duruiselle, 1 



Messieurs et dames du corps de ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
C. Bosselet, second chef d'orchestre. 
Abel, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. 
De Greef, chef répétiteur de la danse. 
Lion, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 



La saison débute encore par des représentations italiennes; mais, 
comme l'année précédente, ces spectacles sont peu suivis. 



320 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1842-43. 

Cette fois, rimpresario est Landi; le chef d'orchestre, Pedrotti. 

Principaux artistes : MM. Ramos, Delvivo, Scapini, Stevan, Lanner. 

M mes Ramos, Rumini. 
Répertoire : Norma, I Puritani, Il Giuramento. 

Sept représentations. 

La campagne théâtrale 1842-43 est féconde en représentations 
extraordinaires. Un grand nombre d'artistes connus se font entendre 
à Bruxelles. 

C'est d'abord Baroilhet, le baryton de l'Opéra, qui chante la 
Favorite et Guillaume Tell. 

Dejazet passe tout le mois de Juin à Bruxelles, et interprète, au 
Théâtre du Parc et à la Monnaie, les meilleurs rôles de son répertoire. 

Puis, c'est Bouffé, du Gymnase Dramatique de Paris qui, en 
juillet et en août, attire la foule aux. deux Théâtres. « Bouffé », dit 
V Annuaire Dramatique, « est le seul artiste aujourd'hui qui fasse 
pleurer les hommes ». 

Duprez reparaît dans la Favorite. 

M lle Rachel, pendant douze représentations, qui lui rapportent 
30,000 francs, excite le plus vif enthousiasme. Ses trois premières 
recettes s'élèvent jusqu à 24,000 francs. 



1842. — i er mai, ouverture; reprise de le Valet de chambre, le Maître de chapelle, opéras 
comiques ; — 2 mai, reprise de Moïse, opéra ; — 3 mai, dernière représentation de Chollet 
et de M lle Prévost, V Eclair, la Perruche, opéras comiques ; — du 4 mai au i er juin, série 
de représentations de la troupe italienne, Norma, les Puritains, Il Giuramento ; — 
10 mai, premiers débuts de Delafosse et Auguste, reprise de le Festin de Pierre, comédie 
en 5 actes; — 17 mai, premier début de M 1U Solié, le Tyran domestique, comédie en 
5 actes ; — 24 mai, rentrée de M me Casimir, premiers débuts de M" e Kuntz, première 
chanteuse, de Altairac, premier ténor léger, rentrée de Laborde, fort ténor, Hermann- 
Lcon, première basse; reprise de Robert le Diable; — du 7 au 12 juin, série de repré- 
sentations de Baroilhet, premier baryton de l'Académie de musique, la Favorite, 
Guillaume Tell, la Reine de Chypre; — du 14 au 21 juin, série de représentations de 
M llc Déjazet, les Premières armes de Richelieu, Mademoiselle d'Angeville, Vert-Vert; 
— 20 juin, reprise de le Domino noir, opéra comique ; — 22 juin, début de Vial, 
basse taille, les Huguenots; — 29 juin, première représentation de le Diable à l'école, 
opéra comique en 1 acte, de Scribe, musique d'E. Boulanger; reprise de l'Abbé de 
l'Epèe, comédie en 5 actes; — 4 juillet, reprise de Brueys et Palaprat, comédie; — 
7 juillet, première représentation d'Oscar, comédie en 3 actes, de Scribe; — du 13 juillet 
au 4 août, série de représentations de Bouffé, premier comique, le Gamin de Paris, 
Pauvre Jacques, les Enfants de troupe, le Père de la débutante, le Père Turlulutu, la 
Fille de l'Avare, les Merluchons, l'Oncle Baptiste, César ou le chien du château, 
Michel Perrin, le Muet d'Ingouville, V Abbé galant, le Bouffon du prince; — 15 juillet, 
au bénéfice d'Ed. Duprez, avec le concours de Duprez, premier ténor de l'Opéra, la 
Favorite; — du 22 juillet, série de représentations de M ,le Rachel, les Horaces, Andro- 
maque, Bajazet. Marie Stuart, Phèdre, Adrienne Lecouvreur, Ariane, Polyeucte, Tan- 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1842-43. 321 

Levassor revient, en août. 

Frédérick-Lemaître, qu'on ne connaissait pas encore en Belgique, 
produit une très grande impression dans Kean, Ruy Blas, l'Auberge 
des Adrets, etc. 

M" c Catinka Heinefetter chante la Juive, Robert le Diable, et reste 
définitivement attachée à la troupe. 

Enfin, paraissent dans divers spectacles : M me Damoreau-Cinti, de 
TOpéra-Comique, — Ligier, du Théâtre-Français, — M ,le Nau, 
de l'Opéra, — Achard, du Palais-Royal, — M me Treillet-Nathan, de 
l'Opéra, — M" e Mequillet, de l'Opéra, — Inchindi, de l'Opéra- 
Comique, etc. 

Signalons encore l'arrivée de danseurs grotesques, MM. Deulin, 
Dailey, Anderson et Staffort, des Théâtres Drury-Lane et Saint- 
James (Londres). 

Les « premières » furent nombreuses. 

Il faut enregistrer, pour la musique seulement, cinq ouvrages : le 
Duc d'Olonne, la Double échelle, Bélisaire, le Code noir, le Roi 
d'Yvelot. 

xMais l'année théâtrale fut également fertile en réclamations et 
en procès. 



crède, Cinna; — 2 août, premier début de M me Crécy, le Secret du ménage, l'Ecole des 
femmes, comédie; — 7 août, reprise de Anne de Boulen, opéra, Giselle, ballet; — du 
23 au 30 août, série de représentations de Levasseur, Un bas-bleu, les Trois dimanches, 
la Meunière de Marly, Endymion, la Sœur de Jocrisse, Tire la ficelle, ma femme ; — 
31 août, première représentation de Robert d'Evreux, opéra en 3 actes, traduit par 
E. Monnier, musique de Donizetti; — 4 septembre, reprise de Lucrèce Borgia, opéra ; — 
6 septembre, reprise de Don Juan d'Autriche, comédie en 5 actes; — du 12 septembre 
au 10 octobre, série de représentations de Frédérick-Lemaître, Kean, ou Désordre et 
génie, Ruy Blas, Trente ans, ou la vie d'un joueur, Richard d'Arlington, V Auberge des 
Adrets, Othello, Robert-Macaire ; — du 22 septembre, série de représentations de 
M Ue Heinefetter, premier sujet de l'Académie de musique, la Juive, Robert le Diable, les 
Huguenots, la Muette de Poriici; — 27 septembre 1842, représentation de Hurteaux, 
baryton, Guillaume Tell; — 10 octobre, au bénéfice des pauvres, Robert Macaire, la 
Tour de Nesle (6 me tableau), avec le concours et pour les adieux de Frédérick-Lemaître; 
— 13 octobre, reprise de l'Ecole des vieillards, comédie en 5 actes; — du 16 octobre 
au 29 novembre, série de représentations de Inchindi, première basse-chantante, Guillaume 
Tell, Robert le Diable, le Chalet; — 19 octobre, première représentation du Duc 
d'Olonne, opéra comique en 3 actes, de Scribe et Saintine, musique d'Auber; — 
25 octobre, rentrée de Hermann-Léon, la Juive; — du 27 octobre au 10 novembre, série 
de représentations de Deulin, Steffard, Dailey et Anderson, danseurs grotesques des 
Théâtres Royaux de Drury-Lane et Saint-James, à Londres; — 3 novembre, le Barigel, 
opéra en 1 acte, de Oppelt et de Peellaert ; — 7 novembre, première représentation de 
Un voyage à Pantoise, comédie en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez; — 15 novembre, 
reprise de les Diamants de la couronne, opéra comique ; — 17 novembre, rentrée de 

21 



322 Le Théâtre de la Monnaie. — 1842-43. 



Le 2 novembre, les abonnés et habitués écrivent au bourgmestre 
pour se plaindre des administrateurs, et lui soumettent une liste des 
griefs qu'ils reprochaient à ceux-ci : 

i° Monotonie insupportable, et limite beaucoup trop restreinte du répertoire. 
2 Empiétement de plusieurs artistes sur des rôles pour lesquels ils sont trop faibles et ne 
se sont pas présentés lors de leur engagement et de leurs débuts. 
3 Absence de plusieurs artistes. 

4° Composition incomplète de la troupe, et réduction de l'orchestre. 
5 Nullité de la mise en scène. 
6° Scènes tumultueuses aux débuts, et menaces contre les abonnés. 

L'Annuaire Dramatique nous fournit la relation du premier 
procès intenté aux directeurs : 

Après avoir fait ses deux premiers débuts au milieu d'une vive opposition, M lle Montassu, 
deuxième danseuse, se décide à tenter une troisième épreuve, le 26 mai, dans le divertisse- 
ment de la Favorite. Des sifflets acharnés, mêlés à des applaudissements bien nourris, 
accueillent cette artiste, dès son entrée en scène : bientôt une véritable lutte s'engage dans 
la salle, qui se transforme pendant quelques instants en une arène de pugilats : force horions 
se distribuent de part et d'autre; les colloques les plus étranges s'établissent; enfin la police 
intervient, on expulse quelques siffleurs récalcitrants, et l'ordre se rétablit. 

M. Monnier, le régisseur, vient consulter le public sur l'admission ou le rejet de la 
danseuse, sans qu'il lui soit possible de proclamer le résultat au milieu des oui et des non qui 
se croisent dans la salle. 



M me Dufflot-Maillard, Anne de Boulen, opéra; — 19 novembre, Bernard, Léon jeune, du 
Gymnase de Paris; — du 21 novembre, série de représentations de Alizard, premier sujet 
de l'Académie de musique de Paris, Guillaume Tell, la Favorite, Lucie de Lammermoor, 
les Huguenots (Saint-Bris), la Juive, Robert le Diable, Moïse, Bèlisaire (création à 
Bruxelles) ; — 23 novembre, au bénéfice de Delafosse, première représentation de Mathilde, 
drame en 5 actes, de Félix Pyat et Eugène Sue; reprise de le Comte Ory, opéra; — du 
24 novembre au 30 décembre, série de représentations de M me Cinti-Damoreau, V Ambas- 
sadrice, le Domino noir, les Diamants de la Couronne ; — du 28 novembre au 6 décembre, 
série de représentations de Ligier, premier rôle du Théâtre-Français, Louis XI, Hamlet, 
les Enfants d'Edouard, Manlius, le Tartufe ; — 29 novembre, concert de Joseph Artot; 

— du 7 décembre, série de représentations de M lle Nau, première chanteuse légère de 
l'Opéra, Lucie de Lammermoor, les Huguenots ; — 11 décembre, reprise de les Pages du 
duc de Vendôme, ballet en 1 acte ; — 12 décembre, reprise de la Fille du régiment, 
opéra comique; — 15 décembre, première représentation de la Double échelle, opéra 
comique, de Planard, musique d'A. Thomas ; reprise de les Fausses confidences, comédie; 

— 25 décembre, le Songe du comte d'Egmont, scène lyrique, d'Ed. Duprez et de G. Duprez. 
1843. — 13 janvier, au bénéfice de Laborde, premier ténor, première représentation de Bili- 

saire, opéra en 4 actes, d'il. Lucas, musique de Donizetti (traduction); au bénéfice de 
M. et M me Page, Bèlisaire; — 26 janvier, reprise de le Mariage de Figaro, ou la folle jour- 
née, comédie en 5 actes ; — du 30 janvier au 8 février, M mc Cinti-Damoreau, V Ambassadrice, 
le Barbier de Séville, le Bouffe et le tailleur, le Domino noir ; — 8 février, au bénéfice de 
M me Cinti-Damoreau, le Barbier de Séville, le Bouffe et le Tailleur; — 15 février, au 
bénéfice de M me Casimir, première représentation de le Code noir, opéra comique en 
3 actes, de Scribe, musique de Clapisson ; reprise de le Capitaine Charlotte, vaudeville 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1842-43. 323 



Le lendemain, l'administration fait distribuer aux abonnés et habitués l'avis suivant : 
« D'après l'opposition qui s'est manifestée aux trois débuts de M 1Ie Montassu, l'administration 
a considéré cette artiste comme tombée. En conséquence, elle a fait toutes les tentatives 
possibles pour la déterminer à résilier son engagement. Jusqu'ici M lle Montassu s'y est 
refusée : l'administration croit devoir en prévenir MM. les abonnés et habitués du théâtre, 
afin d'éviter tous reproches et le retour de désordres de la nature de ceux qu'elle déplore. » 

M lle Montassu, qui ne se considère pas comme tombée, demande l'exécution de son contrat 
devant le Tribunal de Commerce; mais celui-ci, à son audience du 21 juin, déclare la dan- 
seuse non recevable en sa demande, et la condamne aux dépens. 

Canaple, profitant d'un congé, avait débuté à l'Académie Royale 
de Musique, et y avait contracté un engagement. Il retourna ensuite à 
Bruxelles. Le directeur de l'Opéra l'ayant fait mander, Canaple 
part pour Paris, après avoir payé le dédit stipulé de 7,200 francs à 
l'administration de la Monnaie. Mais celle-ci refuse un tel arrange- 
ment et porte l'affaire devant les tribunaux, qui donnent gain de 
cause à l'artiste fugitif. 

M lle Kunth, première chanteuse, après d'heureux débuts, avait 
rencontré une assez forte opposition dans le public. L'administration 
lui fit signifier qu'en présence de « cet état de choses » elle suspen- 
dait ses appointements. Un procès s'engage, mais, avant l'issue de 
l'affaire, un arrangement intervient, et M Ue Kunth reçoit une partie 
du dédit convenu. 



en 2 actes; — 22 février, première fête de nuit ; — 23 février, au bénéfice de M me Varin, 
première représentation de Une révolution pour rire, comédie en 3 actes, de Louis 
Labarre ; Moïse, 2 me et 3 me acies ; — 2 mars, au bénéfice de Hermann-Léon, reprise de 
les Puritains, opéra; première représentation de Marco Bomba, ballet; — 4 mars, au 
bénéfice de Desroches, contrôleur, première représentation de M Ue de Bois-Robert et de le 
Sire de Baudricourt, ou le chevalier de Malte, vaudeville en 2 actes, de N. Fournier ; — 
18 mars, au bénéfice de Monnier, régisseur, première représentation de le Menuet de la 
Reine, vaudeville en 2 actes; reprise de Madeleine, drame en 5 actes; — 20 mars, 
reprise de Un chef-d'œuvre inconnu, drame en 1 acte, concert de Delabarre, premier 
hautbois de l'Opéra; Clapisson, accompagnateur; — 22 mars, au bénéfice des victimes de 
la Guadeloupe, les Puritains ; — 24 mars, au bénéfice de M me Guichard, Moïse ; — du 
28 mars, série de représentations de M me Treillet-Nathan, les Huguenots, Lucie de Lam- 
mermoor, Robert le Diable; — du 27 mars, série de représentations d'Achard, du Palais- 
Royal, la Famille du fumiste, Indiana et Charlemagne, Farinelli ou le bouffon du roi, 
V Amour en commandite, Trianon, Pascal et Chambord, Bruno lefileur, le Roi d'Yvetot. 
— 5 avril, au bénéfice d'Altairac, la Juive; — 10 avril, au bénéfice d'Achard, première 
représentation de le Roi d'Yvetot, opéra comique en 3 actes, de Leuven et Brunswick, 
musique d'A. Adam; — 13 avril, représentation de M Ue Méquillet, premier sujet de l'Aca- 
démie de musique, les Huguenots ; — 20 avril, au bénéfice de Solomé, régisseur, première 
représentation de le Diable amoureux, ballet-féerie en 3 actes, de St-Georges, Mazilier, 
musique de Benoist et Reber ; — 25 avril, au bénéfice de Petipa, maître de ballet, le 
Diable amoureux, ballet, V Ambassadrice ; — du 26 au 29 avril, série de représentations 
de M Ue Méquillet, première chanteuse de l'Académie de musique, les Huguenots, la 
Juive; — 30 avril, clôture, le Diable amoureux, ballet, Anne de Boulen, 2 derniers actes. 



324 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1842-43. 



Hermann-Léon plaide contre ses directeurs pour obtenir le rôle 
de Bélisaire — dans l'opéra de ce nom — qui fut créé par Alizard. 
Le Tribunal de Commerce le déboute de sa demande, « attendu 
que les directeurs étaient parfaitement dans leur droit en confiant à 
M. Alizard, tenant l'emploi de baryton, le rôle de Bélisaire; d'autant 
plus que M. Hermann-Léon n'avait pu se charger du rôle en ques- 
tion par suite de maladie ». L'indisposition d' Hermann-Léon 
devait certainement peser sur la décision du tribunal. Cependant, 
puisqu'elle l'avait empêché de se charger du rôle, il est assez claire- 
ment indiqué que ce rôle lui avait été distribué, et qu'il était de son 
emploi. De plus, Bélisaire est noté comme première basse, et Ali- 
zard figure sur le tableau de troupe en qualité de baryton, quoiqu'en 
réalité ce fût une basse, et une basse célèbre. Il eût fallu, pourtant, 
s'entendre un peu... 

Voici un état comparatif des troupes engagées au Théâtre de la 
xMonnaie pendant les dix années qui viennent de s'écouler. On 
pourra y faire cette invraisemblable constatation que, loin d'être plus 
nombreux en 1843 que dix ans plus tôt, le personnel est réduit de 
plus d'un tiers. 



DIRECTEURS 


NOMBRE DE SUJETS ENGAGÉS 


NOMBRE TOTAL 


OPÉRA 


COMÉDIE 


VAUDEVILLE 


BALLET 


DE 
SUJETS ENGAGÉS 


Cartigny . 


. 1833-34 


24 


35 


25 


13 


6l 


Cartigny . 


1834 


22 


33 


26 


I I 


57 


Bernard 


1835 


22 


27 


22 


12 


5 1 


Bernard 


1836 


23 


2 4 


22 


n 


5 2 


Nillis et C ic 


1837 


22 


3 1 


26 


12 


55 


Xillis el O 


1838 


20 


27 


24 


l 3 


5 2 


Société anon 


1839 


20 


26 


24 


n 


50 


II. P. G. C. 


1840 


19 


22 


23 


6 


43 


II. P. G. C. 


1841 


l8 


20 


»9 


10 


43 


II. P. G. C. . 


1842-43 


*5 


'9 


l8 


10 


39 



La clôture de l'année théâtrale eut lieu le 30 avril. Les recettes 
totales s'étaient élevées au chiffre de fr. 720,598.34. 




(1843-44) 



MM. Hanssens, ] 

Paul Philippon, / administrateurs. 

Van Caneghem, ] 

Solomé, régisseur général. 

Monnier, régisseur. 

Dedecker, second régisseur. 

Pichler, régisseur des ballets. 

Vandeviver, régisseur des chœurs. 

Desroches, premier contrôleur. 

N. Dreulette, contrôleur chargé du recouvrement de l'abonnement. 

Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Davelouis, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Prot, seconds rôles, jeunes premiers au 
besoin. 

Jules Baldy, seconds et troisièmes amou- 
reux au besoin. 

Varlet, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Rabut, premiers rôles jeunes, tous premiers 

rôles y tenant, coquettes, Mars et fortes 

jeunes premières. 
Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 

mères nobles. 
Géranville, jeunes premières ingénuités. 
Germain, secondes amoureuses et ingénuités. 
Millet, secondes et troisièmes amoureuses. 
Thibault, mères nobles, des premiers rôles 

marqués, duègnes et caractères. 
Lebrun, ) 



Varlet, j 



premières soubrettes. 



326 



Le Théâtre de la ^Monnaie — 1843-44, 



Messieurs : Messieurs 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. Duchateau, 

Stanislas, troisièmes rôles, utilités. Leroy, 

Duprez, premiers comiques. Mailly, 

Victor, ) seconds comiques et des pre- Tournillon, 
Bertin, 1 miers. 



utilités. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Laborde, premier ténor. 

Couderc, premiers ténors dans Topera 

comique, des premiers et forts seconds 

ténors dans les grands opéras. 
Alizard, premières basses-tailles chantantes 

et des rôles de baryton bas. 
Zelger, premières basses-tailles en tous 

genres. 
Soyer, seconds ténors, Philippe, Gavaudan. 

et des ténors comiques. 
Bellecour, secondes basses, premières au 

besoin. 
D'Hoogiie, troisièmes basses et coryphées. 
Millet, coryphée ténor. 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Laborde-Villiomi, première chanteuse à rou- 
lades. 

Julien, première chanteuse. 

Jacoby, deux'ème chanteuse en tous genres, 
des premières au besoin. 

Guichard, première Dugazon chantante et 
rôles travestis. 

Germain, secondes et jeunes Dugazon. 

Millet, troisième Dugazon et rôles de con- 
venance. 

Thibault, mère Dugazon, duègnes. 

Augustine, coryphée et rôles de convenance. 

Messieurs : 
Victor, 
Bertin, 

choristes. 



ténors comiques, 



1843. — 1<îr ma ^« débuts de Rey et de M me Varlet, Tartufe, comédie ; le Chalet ; — 3 mai, 
concert de Sivori ; — 5 mai, reprise de la Fiancée, opéra comique, premiers débuts de 
Révial, premier ténor léger; de M me Léon, mère Duga2on ; Lesbros, baryton du théâtre de 
Gand, pour faciliter ces débuts, remplit le rôle du comte Saldorf ; — 7 mai, reprise de 
Lucie de Lammermoor ; — 8 mai, rentrée de M lle Rabut, Verdellet, Auguste ; débuts de 
Rey, Varlet; M me Varlet. — Ballet. Rentrées de M mes Varin, Page, Elisa; M. Page; 
débuts de M lle Santi, Millot. Reprise de les Jeux de V Amour et du hasard, comédie ; le 
Diable amoureux, ballet ; — 14 mai, reprise de la Juive ; — 18 mai, débuts de 
M me Laborde-Villiomi, Jacoby et de Zelger, Robert le Diable ; — 19 mai, reprise de la 
Dame blanche, opéra comique, le Malade imaginaire, comédie ; — 29 mai, reprise de les 
Diamants de la Couronne, opéra comique ; — 30 mai, les Huguenots, opéra ; — du 31 mai 
au 26 juin, série de représentations de M Ue Fanny Elssler, première danseuse de l'Acaiémie 
de musique, la Sylphide, la Laitière suisse, la Tarentule, Giselle, Jaleo Seres, la Gipsy, 
le Dieu et la Bayadère; — 13 juin, premier début de Davelouis, premier rôle, engagé en 
remplacement de Rey, Mademoiselle de Belle-Isle, comédie ; — 20 juin, reprise de Un 
mariage sous Louis XV, comédie ; — du 28 juin, série de représentations de la troupe du 
théâtre de Drury-Lane, à Londres, le Barbier de Sèville, Arlequin chasseur, pantomime ; 
— 6 juillet, spectacle extraordinaire, avec le concours de M Ue Fanny Elssler, au bénéfice 
du corps de ballet, Giselle, ballet ; — 9 juillet, reprise de Moïse, opéra ; — du 1 1 au 
30 juillet, série de représentations de M. et M mc Taigny, les Mémoires du diable, Un 
Pont Neuf, Vouloir c'est pouvoir, En pénitence, Trop heureux, le Cadet de Gascogne, 
la Somnambule ; — 15 juillet, reprise de les Projets de mariage, comédie ; — 16 juillet, 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1843-44. 327 



Ballet. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Petipa, maître de ballet. Varin-Guillkmin, première danseuse noble. 

Guillemin, premier danseur noble. Page, première danseuse, demi-caractère. 

Page, premier danseur demi-caractère. Chevalier, seconde danseuse. 

Jules, deuxième et troisième danseur. Elisa, troisième danseuse. 

Hamel, troisième danseur coryphée. Hubert, \ 

Duchateau, comiques, rôles mimes. Ton, f 

., } coryphées. 

Montassu, i 

DURUISELLE, / 

Messieurs et Dames du corps du ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
C. Bosselet, second chef d'orchestre. 
D'Haussy, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. 
De Greef, chef répétiteur de la danse. 
Lion, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 



reprise de la Fille du régiment, opéra comique ; — 23 juillet, Bélisaire, opéra ; — 
26 juillet, début de Couderc, premier ténor léger, reprise de les Diamants de la Cou- 
ronne; — 27 juillet, bénéfice de M me Taigny, reprise de la Somnambule, Vouloir c'est 
pouvoir, vaudevilles ; — 28 juillet, début de M lle Germain, reprise de le Domino noir, 
opéra comique; — du 31 juillet au 26 août, série de représentations de Bouffé, premier 
sujet du théâtre du Gymnase à Paris, le Gamin de Paris, le Père Turlutu, la Vendetta, 
Michel Perrin, Clément ou la femme d'un artiste, la Fille de l'avare, les Enfants de 
troupe, Pauvre Jacques, Jacquart, Mon oncle Baptiste, Garrick, l'Abbé galant; — 
1 er août, reprise de l'Ambassadrice, opéra comique; — 4 août, bénéfice d'Alizard, pre- 
mière représentation de Don Pasquale, opéra bouffe de Alph. Royer et G. Vaez, musique 
de Donizetti. 

Le Docteur MM. Alizard. 

Don Pasquale Zelger. 

Octave Laborde. 

Louise . . . , M me Villiomi-Laborde. 

1843. — 9 août, reprise de les Fausses confidences, comédie; — 13 août, Astolphe et 
Joconde ou les Coureurs d'aventures, ballet; — du 18 au 27 août, série de représentations 
de Poultier, premier ténor de l'Opéra, Guillaume Tell, la Muette de Portici, la Juive, 
la Favorite; — 24 août, au bénéfice de Bouffé, Garrick, les Enfants de troupe, vau- 
deville ; — 28 août, première représentation de la Jeunesse de Charles-Quint, opéra 
comique en 2 actes, de Mélesville et Ch. Duveyrier, de Montfort ; — 29 août, première 
représentation de la Part du diable, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Au- 
ber : 

Rafaël MM. Couderc. 

Ferdinand VI Zelger. 

Casilda M mee Guichard. 

Carlo Villiomi-Laborde. 



328 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1843-44, 

Ouverture, le 4 mai. 

Le lendemain, concert de Sivori, « violoniste italien, élève de 
Paganini ». 

Les artistes en représentation, pendant cette campagne théâtrale, 
sont : M. et M me Taigny, Bouffé, Poultier, premier ténor de l'Opéra, 
Lafont, Lhérie, des Variétés, M Ue Elssler, Fanny Cerrito. Les « pre- 
mières » comprennent onze ouvrages musicaux : Don Pasquale, la 
Jeunesse de Charles-Quint, la Part du diable, les Deux voleurs, les 
Martyrs, le Puits d'amour, Linda de Chamouny, Frère et mari, 
Mademoiselle de Mérange, le Furieux de l'île Saint -Dominique , le 
Moine. 

Le début le plus intéressant fut celui de Couderc, début labo- 
rieux, car le grand artiste fut reçu d'abord avec une sorte de 
défiance, et ne parvint que plus tard à conquérir l'entière faveur du 
public. 



1843. — 31 août, reprise de Anne de Boulen, opéra; — 7 septembre, reprise de les Fausses 
infidélités, comédie; — du 11 au 28 septembre, série de représentations de Lafont, Jean, le 
Chevalier de St-Georges, Catherine et Austerlitz, ou la Croix d'or, André, le Chevalier 
du guet, le Mariage au tambour, Halifax, les Deux Mathias; — 29 septembre, pre- 
mière représentation de la Part du diable, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique 
d'Auber; — 28 septembre, au bénéfice de Lafont, première représentation de Halifax, 
drame-vaudeville en 3 actes, d'A. Dumas et Dennery, les Deux Mathias, vaudeville en 
1 acte; — I er octobre, reprise de Robin des Bois, opéra-féerie en 3 actes; — 7 octobre, 
Lhérie; — 16 octobre, première représentation de le Bourgeois grand seigneur, comédie 
en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez; — 19 octobre, exercices de Richard, acrobate; — 
22 octobre, reprise de la Chaste Suzanne, opéra en 4 actes ; — 23 octobre, rentrée de 
M llc Lebrun, le Dépit amoureux, comédie en 2 actes ; — 26 octobre, reprise de le Che- 
val de bronze, opéra comique en 3 actes; — 30 octobre, au bénéfice de M lle Rabut, pre- 
mière représentation de les Demoiselles de Saint-Cyr, comédie en 5 actes, d'A. Dumas ; 
première représentation de les Deux voleurs, opéra comique en 1 acte, de Leuven et 
Brunswick, musique de N. Girard ; reprise de la Fille mal gardée, ballet en 2 actes; 
— i4novembre, reprise de le Maria bonnes fortunes, comédie; — du iônovembre, sériede 
représentations de M lle Augusta, première danseuse, la Sylphide, le Diable amoureux ; — 
18 novembre, reprise de le Légataire universel, comédie ; — 27 novembre, spectacle de 
gala, la Part du diable, opéra comique, les Fausses infidélités, comédie; — 30 novembre 
reprise de la Suite d'un bal masqué; — 7 décembre, au bénéfice d'Alizard, première 
représentation des Martyrs, opéra en 4 actes, de Scribe, musique de Donizetti : 

Polyeucte , MM. Laborde. 

Félix Alizard. 

Sévère Couderc. 

Pauline M me Villiomi-Lakorde. 

1843. — 8 décembre, Philippe, prestidigitateur ; — 10 décembre, Deulin, Dailey, Anderson et 
Staffort, danseurs grotesques anglais; — 14 décembre, par ordre, les Diamants de la 
couronne; — 19 décembre, reprise de la Fausse Agnès, comédie; — 20 décembre, au béné- 
fice de Petipa, maître de ballet, les Martyrs, opéra; la Belle au bois dormant, 2 me tableau 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1843-44 329 



Toutes ces représentations furent entremêlées de quelques séances 
acrobatiques. 

Fanny Elssler termina son engagement en dansant au bénéfice des 
Aveugles et Incurables. « Nourrit, Malibran, Rubini, Persiani, 
Duprez, Rachel, ont pu recueillir des succès éclatants à Bruxelles, 
obtenir des ovations extraordinaires; mais dépasser les triomphes 
remportés par Fanny Elssler, cela est littéralement impossible^! » 
Cette soirée avait attiré une foule considérable. La salle, éclairée 
aux bougies, offrait un coup d'oeil magnifique. Une députation de 
vieillards bénéficiaires est présentée, après le spectacle, à Elssler, 
qui, émue jusqu'aux larmes, et ne trouvant rien à dire, embrasse le 
président de la société et, successivement, tous les pensionnaires. A 
la sortie, la voiture de la danseuse, « une modeste vigilante », 



du3 me acte; — 21 décembre, représentation extraordinaire de Philippe, prestidigitateur 
physicien; — 28 décembre, au bénéfice de M me Page, première représentation de le Puits 
d'amour, opéra comique en 3 actes de Scribe et Leuven, musique de Balfe. 
1844. — Au bénéfice de Zelger, première basse, première représentation de Linda de 
Chamouny, opéra de H. Lucas, musique de Donizetti (traduction) : 

Linda ]y[mes Laborde. 

Jacquot, orphelin savoyard Guichard. 

Antoine, père de Linda MM. Alizard. 

Le vicomte de Serval Laborde. 

Le curé de Chamouny Zelger. 

Le marquis de Bois-Fleury Bellecour. 

1844. — I er février, reprise de les Plaideurs, comédie; — 25 février, au bénéfice de Solomé, 
régisseur général, première représentation de les Mystères de Paris, roman en 5 parties 
et iï tableaux, de Goubaux et Eugène Sue; — 26 février, au bénéfice de Couderc, pre- 
mière représentation de Frère et mari, opéra comique en 1 acte, de Humbert et Polak, 
musique de Clapisson, et de Mademoiselle de Mérange, opéra comique en 1 acte, de 
Leuven et Brunswick, musique de H. Potier ; reprise de la Part du Diable, opéra comique 
en 3 actes; — 28 février, première représentation de André Chènier, drame en 3 actes, en 
vers, d'E. Wacken ; concert de Sivori, avec le concours de M raes Laborde et Julien ; reprise 
de la Marquise de Carabas, vaudeville en 1 acte; — 5 mars, reprise de V Homme blasé, 
Une passion, vaudevilles; — 11 mars, premier début de M 1Ie Bouchez (jeune première), 
le Malade imaginaire ; reprise de le Dieu et la Bayadère ; — 14 mars, au bénéfice de 
M me Laborde, première représentation de le Furieux, opéra en 3 actes, de Donizetti, 
traduit par Oppelt et Riccio; — 17 mars, bal paré et masqué; — 25 mars, au bénéfice 
de M me Guichard, les Mystères de Paris, drame; — 29 mars, reprise de Norma ; — du 
i er au 16 avril, série de représentations de M 1Ie Cerrito, première danseuse, la Sylphide, 
l'Élève de V amour, la Somnambule, la Lithuanienne, la Gitana, Giselle; — 13 avril, au 
bénéfice de Verdellet, première représentation de Lucrèce, tragédie, de Ponsard; le Moine, 
opéra en 1 acte, de G. Oppelt, musique de Willent-Bordogni ; le Major Cravàchon, 
vaudeville en 1 acte; la Gitana, dansée par M lle Ceritto; — 20 avril, au bénéfice de 
M me Guillemin, les Mystères de Paris; — 25 avril, rentrée d 1 Alizard, Moïse; — 30 avril, 
clôture, Guillaume Tell. 



330 Le Théâtre de la [Monnaie. — 1843-44. 

disent les chroniques, est traînée par des jeunes gens, aux cris de : 
« Vive Elssler ! », jusqu'à son hôtel, où une sérénade lui est donnée 
par la Réunion lyrique. Tudieu ! Quel enthousiasme ! 

La représentation du 26 juin ne put être achevée. La troupe du 
Théâtre-Royal de Drury-Lane, venait de Paris pour jouer une seule 
fois Arlequin chasseur, pantomime que l'on taxa d' « ignoble » et 
qui souleva la colère du public. 

Le 1 5 janvier, anniversaire de la naissance de Molière, un monu- 
ment est inauguré à Paris, dans la rue de Richelieu, à la mémoire 
de l'immortel génie. Le même jour, le Théâtre de la Monnaie affiche 
le Malade imaginaire, suivi de la cérémonie. Le buste de Molière 
est couronné, et un discours de Varlet est lu par Davelouis. 

Les 23 et 24 janvier, relâche. Le roi offrait un bal aux Sociétés 
la Grande Harmonie et la Philharmonie. 

M me Laborde, s'étant fait entendre chez M. de L..., en dépit des 
clauses de son engagement qui lui interdisaient l'entrée des salons, 
se voit infliger une amende, dont la somme atteignait la moitié de 
ses appointements mensuels. 

Les recettes de l'année furent de fr. 716,596.91. A ce moment-là, 
le répertoire du théâtre était ainsi composé : 

18 grands opéras ; — 18 opéras comiques ; — 11 comédies en 5 actes; — 10 comédies en 
3 et 2 actes ; — 13 comédies en 1 acte ; — 1 tragédie ; — 53 vaudevilles ; — 14 ballets. 




?-*> 




(1844-45) 



MM. Hanssens, 

Paul Philippon, 
Van Caneghem, / 
Solomé, régisseur général. 
Monnier, régisseur. 
Dedecker, second régisseur. 
Pichler, régisseur des ballets. 



administrateurs. 



Comédie, Tragédie, Drame, Vaudeville. 



Messieurs : 

Davelouis, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers au besoin. 

Léon, seconds rôles, jeunes premiers au 
besoin. 

Jules Baldy, seconds et troisièmes anvureux 
au besoin. 

A. Génies, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués. 

Varlet, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. 

Stanislas, troisièmes rôles, utilités. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Rabut, premiers rôles jeunes, tous premiers 

rôles y tenant, coquettes, Mars et fortes 

jeunes premières. 
Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 

mères nobles. 
Marie Bouchet, ) jeunes premières, in- 
Thuillier, S génuités. 

Caroline Bouchez, secondes amoureuses et 

ingénuités. 
Millet, secondes et troisièmes amoureuses. 
Bouzigues, mères nobles, des premiers rôles 

marqués. 

Luguet, duègnes et caractères. 

Lejsrun, ) ., . 

__ > premières soubrettes. 

Varlet, ; 



332 



Le Théâtre de la ^Monnaie, — 1844-45 



Messieurs : 
Duprez, premiers comiques. 
Victor, ) seconds comiques et des pre- 
Lemaire, j miers. 



Messieurs 

DuCHATEAU, 

Leroy, 

Mailly, 

tournellon, 



utilités. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Ladorde, premier ténor. 

Couderc, premiers ténors dans l'opéra 

comique. 
Bonnamy, des premiers et forts seconds 

ténors dans l'opéra comique et les seconds 

ténors dans les grands opéras. 
Laurent, barytons et Martins. 
Zelger, ) premières basses-tailles en 



Fernando, 



tous genres. 



Soyer, seconds ténors, Philippe, Gavaudan 

et des ténors comiques. 

Bellecour, premières basses comiques. 

Pouget, secondes et troisièmes basses. 

Victor, ) 

. J- ténors comiques. 

Lemaire, j 

Millet, coryphée ténor. 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Laborde-Villiomi, premières chanteuses à 
roulades. 

Julien, premières chanteuses. 

Rouvroy, premières chanteuses et fortes 
secondes en tous genres. 

Guichar», premières Dugazon. 

Caroline Bouchez, secondes et jeunes Duga- 
zon. 

Millet, troisièmes Dugazon et rôles de 
convenances. 

Bouzigues, mères Dugazon et jeunes duè- 
gnes. 

Luguet, duègnes et caricatures. 

Augustine, coryphée et rôles de conve- 
nance. 



choristes. 



Ballet. 



Messieurs : 

Appiani, maître de ballet. 
Hilariot, premier danseur noble. 
Page, premier danseur demi-caractère. 
Honoré, deuxième et troisième danseur. 
Hamel, troisième danseur coryphée. 
Duchateau, comiques, rôles mimes. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Augusta, première danseuse noble. 
Page, première danseuse demi-caractère. 
Honoré, seconde danseuse. 
Fanny Voisin, -\ 



Ton. Montassu, > 
duruisselle, ' 



coryphées, 



Messieurs et Dames du corps de ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
C. Bosselet, second chef d'orchestre. 
d'Haussy, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. 
Degreef, chef répétiteur de la danse. 
Lion, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 

La direction entre maintenant dans sa cinquième année. 
Constater cet âge, pour une entreprise aussi difficile que celle de 
la Monnaie, c'est faire son éloge. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1844-45. 333 

Les directeurs précédents avaient succombé malgré la jouissance 
d'une subvention, que ceux-ci ont trouvée considérablement dimi- 
nuée à leur avènement. 

L'existence dune administration théâtrale avait semblé un pro- 
blème insoluble ; aujourd'hui les craintes étaient dissipées, on espé- 
rait en l'avenir, et la confiance renaissait. 

Les premiers mois de la saison, qui s'ouvre le 2 mai, sont défrayés 
par les représentations de Ravel, premier comique du Palais-Royal, 
parcelles d'Arnal, du Vaudeville, et de M Ue Rachel. 

Puis, arrivent successivement : M mea Doche et Stoltz, Frédérick- 
Lemaître, les danseuses Bertin, Smyrnoff, Taglioni, Fanny Elssler, 
le danseur Petipa, un ballet sous la direction de M" e Weiss, Vieux- 
temps et les demoiselles Milanollo qui se font entendre dans diffé- 
rents concerts. 

Du 25 juillet au 11 août, représentations d'une troupe allemande 
sous la direction de M. Remie : 

Artistes : MM. Bibermofer, Stritt, Herrmans, Seyler, Reiciiel, Wilke, Netz, Koch, 
Fruhling, Heinrich, Schneider, Friedrich, Hagen, Liebel, Wolkengauer, Klein, Gkbhardt, 



1S44. — ier ma i> ouverture; reprise de les Diamants de la Couronne , et de le Chalet; — 
3 mai, reprise de Mademoiselle de Delle-Isle, comédie ; la Marquise de Carabas, vaude- 
ville ; — 5 mai, reprise de les Martyrs, opéra; — 7 mai, premier début de Bonnamy, 
fort ténor, et Dunant, première basse, la Juive ; — 9 mai, reprise de Norma, opéra ; l'Ecole 
des maris, comédie; — 14 mai, premier début de Laurent Quillevéré, baryton, la Favo- 
rite; — 15 mai, premier début de M lle Rouvroy, première chanteuse, l'Ambassadrice, 
opéra comique; — 20 mai, premier début de M me Luguet, duègne, les Fausses infidélités, 
comédie; — 21 mai, reprise de Tartuffe, comédie; Norma, opéra; — 22 mai, premier 
début de M lle Caroline Bouchez, les Diamants de la Couronne, opéra comique ; le Roman 
d'une heure, comédie; — 24 mai, débuts de M lle Thuillier, M mes Bouzigues et Luguet, 
MM. Léon et Lemaire, l'Ecole des maris, le Legs, comédies ; — du 28 mai, série de 
représentations de M 1Ie Bertin, première danseuse ; reprise de l'Ecole des femmes, comé- 
die ; — 5 juin, première représentation de les Pilules du Diable, féerie en 3 actes et 
15 tableaux, de F. Laloue, A. Bourgeois et Constant; — 6 juin, par ordre, le Domino 
noir ; — 9 juin, reprise de le Barbier de Séville, opéra comique; — du 11 juin, série de 
représentations de M me Doche, Trop heureux, l'Homme blasé; — 13 juin, début de Génies, 
les Enfants d'Edouard, tragédie ; — 19 juin, reprise de le Prè-aux-Clercs, opéra comique, 
et de Valérie, comédie; — 27 juin, reprise de la Muette de Portici, opéra en 5 actes; — 
28 juin, reprise de le Cheval de bronze, et de le Malade imaginaire ; — 3 juillet, reprise de 
le Concert à la cour, opéra comique en 1 acte; — 5 juillet, reprise de Anne de Boulen, 
opéra ; — du 8 au 23 juillet, série de représentations de M 1,e Rachel, Phèdre, Marie 
Stuart, Andromaque, Catherine II; — du 9 juillet, série de représentations de Ravel, 
premier comique du Palais-Royal, le Tourlourou, les Secondes noces, le Vicomte de 
Lètorière, la Rue de la Lune, les Fausses infidélités; — 10 juillet, reprise de la Part du 
Diable; — 21 juillet, reprise de la Pie voleuse; — du 23 au 28 juillet, série de représen- 
tations d'Arnal, premier comique du Vaudeville de Paris, l'Homme blasé, Théophile, 



334 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1844-45. 

Meinhardt. M mes Pircher, Kreutzer, Fischer, Schunch, Limback, Ziemlich, Holzinger, 
Wettlaufer. 

MM. Conradin Kreutzer et Ganz, chefs d'orchestre. 

Répertoire : Das Nachllager von Grenada (26 juillet et 11 août), Die Zauberfloete 
(30 juillet et 11 août), Freischùtz (i er , 3 et 7 août), Fidelio (5 et 7 août), Die Hochzeit von 
Figaro (7 août), Don Juan (9 et n août). 

Le séjour de la troupe allemande à Bruxelles marquera dans le souvenir de tous ceux qui 
attachent quelque prix aux belles productions de l'école des Mozart, des Beethoven, des 
Weber, etc. Les artistes de la troupe de M. Remie, sans en excepter même ceux des chœurs, 
accusent pour la plupart une pratique approfondie de la musique de leur nation : quelque 
compliquées que puissent en être parfois les combinaisons harmoniques, ils apportent dans 
l'attaque des intonations, dans l'entrée des diverses parties, une sûreté, une aisance qui 
dénotent que chez eux la musique n'est qu'un langage rythmé qui leur est presque aussi 
familier que leur idiome maternel ; en d'autres termes, on comprend, en les entendant, qu'ils 
sont nés musiciens. 

Aux Allemands succède une troupe de clowns américains : 
William Cottrell, dit Risley, et ses deux fils, Henri, et John, sur- 
nommé le petit Mercure. 

Au sujet de la Taglioni (M rae la comtesse Gilbert des Voisins) et 
de Fanny Elssler, les chroniques déclarent ne plus trouver de termes 



Mina, Passé minuit; — du 26 juillet au 14 août, série de représentations d'une troupe 
allemande, Une nuit à Grenade, ta Flûte enchantée, Freischùtz, Fidélio, Don Juan; 

— du 29 juillet au 26 août, série de représentations de Risley (américain) et ses fils, le 
Songe d'une nuit d'été; — 9 août, reprise de Don Juan ; — 16 août, première représen- 
tation de Mademoiselle Rose, comédie en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez ; — 17 août, 
reprise de VOuvrier, drame; Georges et Thérèse, drame; — 20 août, au bénéfice de 
Risley, le Songe d'une nuit d'été, ballet ; — 21 août, première représentation de la Reine 
de Chypre, opéra en 5 actes, de Saint-Georges, musique d'Halévy. 

Lusignan MM. Laurent. 

Gérard Laborde. 

Mocenigo Couderc. 

Catarina M lle Julian. 

1844. — Du 27 au 31 août, série de représentations de M lle Smyrnoff, première danseuse du 
Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg, première représentation de Don César de Bazan, 
drame en 5 actes, de Dumanoir et Dennery ; — 4 septembre, reprise de le Cheval de 
bronze, opéra comique; — 12 septembre, première représentation de Cagliostro, opéra 
comique 3 actes, de Scribe et Saint-Georges, musique d'Adam ; — du 20 septembre au 
2 octobre, série de représentations de M Ile Taglioni, première danseuse de l'Académie 
Royale de Paris, la Sylphide, le Dieu et la Bayadère, le Diable amoureux; — 28 sep- 
tembre, première représentation de le Panier fleuri, opéra comique en 1 acte, de Leuven 
et Brunswick, musique d'Amb. Thomas ; première représentation de l'Esclave deCamoèns, 
opéra comique en 1 acte, de Saint-Georges, musique de Flotow; — 29 septembre, reprise 
de les Huguenots ; — du 7 au 18 octobre, série de représentations de M lle Fanny Elssler, 
Giselle, le Délire d'un Peintre, la Laitière suisse, la Paysanne grande dame, Cendrillon ; 

— 20 octobre, spectacle extraordinaire au bénéfice de Solomé, régisseur; reprise de 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1844-45. 33 5 

pour peindre leur enthousiasme à l'égard de ces deux fameuses 
ballerines. « Taglioni, c'est l'air. Elssler, c'est la terre combinée avec 
le feu ! )> 

Le 17 décembre, concert de Vieuxtemps; au milieu de la soirée, 
l'orchestre attaque tout d'un coup l'ouverture de la Vestale, 
quoique ce morceau ne fût pas porté sur le programme. Au même 
instant, quelques spectateurs reconnaissent, dans une loge, Spon- 
tini, qui était arrivé à Bruxelles dans la journée. Ce fut le signal 
d'une ovation improvisée, et le grand artiste dut s'incliner à 
plusieurs reprises devant la salle « debout et frémissante ». 

Le produit de la dernière représentation de M me Stoltz fut consacré 
à fonder un lit perpétuel pour l'hospice des Aveugles et Incurables. 

Dix ouvrages musicaux voient le jour pendant la saison. 
Quelques-uns restèrent au répertoire : La Reine de Chypre, la 
Sirène, le Désert, Guido et Ginevra. 

Nous trouvons aux Archives communales une supplique, adressée 
au bourgmestre et aux échevins ; elle renseignera le lecteur sur le 
sort de deux, artistes, dont l'importance avait été considérable pour 



Cendrillon, ballet-féerie en 3 actes, avec le concours de M Ue Fanny Elssler ; — 27 octobre, 
par ordre, la Reine de Chypre; — 29 octobre, au bénéfice de Davelouis, reprise de la 
Vestale, opéra ; première représentation de V Héritière, ou Un coup de partie, comédie en 
5 actes, d'Empis; — 4 novembre, concert donné par les demoiselles Milanollo ; — 
18 novembre, au bénéfice de Couderc, première représentation de la Sirène, opéra 
comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber. 

Marco Tempesta MM. Couderc. 

Capitaine Scipion Soyer. 

Duc de Sopoli Victor. 

Bolbaya Bellecour. 

Zerhna M me Laborde. 

1844. — 19 novembre, reprise de la Fille du régiment, opéra comique; — 4 décembre, 
au bénéfice de M me Guichard, première représentation de le Juif Errant, drame en 
5 actes, de Merville et Mallian ; — du 10 au 13 décembre, représentations de Lucien 
Petipa, premier danseur de l'Académie Royale, Giselle, la Peré, la Sylphide; — 17 décem- 
bre, grand concert de Henri Vieuxtemps, violoniste, avec le concours de M mes Julien, 
Laborde et Guichard, premières chanteuses du Théâtre de la Monnaie; — du 20 décem- 
bre 1844 au i er janvier 1845, représentations de M m8 Weiss, maîtresse de ballet de Vienne, 
et de sa troupe composée de 36 élèves danseuses; — 23 décembre, première représenta- 
tion de Sarah, opéra comique en 2 actes, de Mélesville, musique de Grisar. 

1845. - I er janvier, clôture définitive des représentations des élèves de M me Weiss ; li Sirène, 
opéra comique ; — 6 janvier, première représentation de la Dame de Saint-Tropez, drame 
en 5 actes, d'A. Bourgeois et Dennery; — 7 janvier, première représentation de Marie de 
Rohan, opéra en 3 actes, de Lockroy et Badon, musique de Dcmizetti (traduction), et de 
Polichinelle, opéra comique en 1 acte, de Scribe et Duveyrier, musique de Montfort ; — 



336 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1844-45. 

le Théâtre de Bruxelles. Cette lettre donne, en même temps, quel- 
ques détails sur les pensions de retraite : 

Messieurs, 

Deux anciens artistes dramatiques septuagénaires, le sieur Eugène Dessessarts et la dame 
Roussellois, viennent, avec autant de respect que de confiance, solliciter votre intérêt et 
votre justice, et mettre sous vos yeux la position critique où les circonstances politiques 
et l'indifférence les ont placés. Depuis près d'un demi-siècle, depuis l'année 1800, 
domiciliés à Bruxelles et attachés à ses théâtres, ils ont consacré leurs plus belles années et 
leurs faibles talents aux plaisirs d'un public dont ils eurent toujours l'honneur d'obtenir les 
suffrages et l'estime. Aujourd'hui, Messieurs, accablés par l'âge et les infirmités qui le 
suivent, oubliés des anciens, et inconnus aux modernes habitués des théâtres, ils n'ont en 
perspective que l'indigence, qui déjà même les atteint. Cependant, Messieurs, peut-être 
auraient-ils quelques droits à votre bienveillance et votre sollicitude, soit comme protecteurs 
des arts, soit comme magistrats. 

Sous le gouvernement précédent, lorsque les théâtres de Bruxelles étaient sous l'admi- 
nistration immédiate du feu roi Guillaume I er , les artistes admis à la retraite, soit en vertu de 
l'âge, infirmités au autres causes imprévues, obtenaient de la munificence royale une pension 
viagère proportionnée aux années de service, et dont le minimum était de 1 ,000 à 1 ,200 francs. 
Les engagements des artistes portaient même cette clause textuelle : « qu'ils étaient tenus de 
se conformer aux règlements établis ou à établir, pour les pensions de retraite. » A la vérité, ces 
règlements n'ont pas été tout à fait mis en exécution, mais les pensions n'en existaient pas 
moins; la preuve en est dans celles dont jouissaient notamment feu MM. Dubreuil, Borre- 



9 janvier, au bénéfice de M lle Rabut, première représentation de Marie de Rohan, opéra en 
3 actes, de Lockroy, Badon, musique de Donizetti ; première représentation de Polichi- 
nelle, opéra comique en 1 acte, de Scribe et C. Duveyrier, musique de Montfort ; pre- 
mière représentation de le Mariage raisonnable, comédie d'Ancelot ; Auriol, clown du 
Théâtre du Cirque de Paris; — 14 janvier, reprise de la Jeunesse de Charles-Quint, 
opéra-comique en 2 ac!es; — 17 janvier, par ordre, la Reine de Chypre, M me Stoltz, de 
l'Académie de musique; — 21 janvier, au bénéfice de Page, première représentation de 
les Farfadets, ballet en 3 actes, de Cogniard frères, musique de Pilati ; — 23 janvier, 
premier grand bal paré; — 29 janvier, au bénéfice de Génies, première représentation de 
le Bouquet de bal, comédie en 1 acte, de Charles Desnoyer; reprise de Moïse, opéra ; — 
I er février, au bénéfice de Desroches, contrôleur, première représentation de M lle de 
Cérigny, vaudeville en 1 acte, de Bayard et Regnault; Fargeau le nourrisseur, vaudeville 
en 2 actes, de Dumanoir efcDennery; la Reine de Chypre, 4 mc et 5 me actes ; — 11 février, 
représentation extraordinaire, première audition de le Désert, ode-6ymphonie, poème 
d'Auguste Colin, musique de F. David; — du 12 au 20 février, représentations de 
M™ e Stoltz, premier sujet de l'Académie de musique de Paris, la Favorite, la Reine de 
Chypre; — 20 février, au bénéfice de M me Stoltz, la Favorite, 3 me et 4 me actes, la Reine 
de Chypre, le Désert; — 26 février, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra 
comique; les Plaideurs, comédie; — 6 mars, reprise de Robert le Diable, opéra; 
12 mars, reprise de le Petit Chaperon rouge, opéra comique en 3 actes; — 18 mars, 
première représentation de Monsieur Dubois, ou la nouvelle noblesse, comédie en 3 actes, 
de Henri Delmotte ; — 19 mars, concert de Vieuxtemps ; — du 24 mars au 8 avril, 10 repré- 
sentations de Frédérick-Lemaître, premier rôle du Théâtre de la Porte Saint-Martin, la 
Dame de Saint-Tropez, Ruy Blas, Don César de Bazan, V Auberge des Adrets, les 
Mystères de Paris, Robert Macaire; — 14 avril, spectacle extraordinaire au bénéfice de 



Le Théâtre de la (Monnaie. — [844-45. 337 

maris, Desfossés et autres. C'était donc pour les artistes qui étaient attachés aux théâtres 
de Bruxelles un espoir pour leur avenir, et un motif puissant de stimuler leur zèle. 

Pour subvenir aux frais qu'exigeaient ces récompenses, on avait établi une caisse, dite des 
pensions, tout à fait particulière et indépendante de celle des théâtres, le roi Guillaume 
n'y avait mis aucuns fonds, elle était alimentée par le produit de deux représentations 
extraordinaires données annuellement, et pour lesquelles Messieurs les abonnés étaient con- 
traints, par clause de leur bail, de payer la location de leurs loges. Il est de notoriété et aisé 
de se convaincre que ces représentations avaient, dans peu d'années, produit une somme de 
près de 40,000 francs, qui de fait n'appartenait pas aux administrations des théâtres, mais 
aux abonnés, et qu'avec raison et justice on pouvait considérer comme l'hypothèque des 
pensions des artistes. Il n'a jamais été question, dans la liquidation avec les délégués du roi 
Guillaume, de ce fond de caisse, dont personne ne pouvait disposer, pas même Sa Majesté ou 
ses agents; les abonnés seuls avaient le droit de réclamation, ainsi que les artistes qui avaient 
coopéré aux représentations données à cet effet. Il y a donc eu abus, si l'on a disposé de ces 
fonds. Il est notoire qu'en 1830 il y avait encore en caisse une somme de 15 à 20,000 francs; 
la preuve en est évidente, puisqu'à une époque où un jugement arbitral fut rendu en faveur 
des artistes alors réclamants, on fit à plusieurs d'entre eux une retenue des sommes qui 
leur avaient été avancées sur cette caisse d'épargne. 

A différentes fois, quelques artistes ayants-droit et morts depuis adressèrent des réclama- 
tions respectueuses au feu roi Guillaume, mais aucune réponse ne leur a été faite. Aujourd'hui, 
messieurs, les soussignés restent seuls vivants, et ces débris malheureux des compagnies 
dramatiques qui se sont succédé depuis près de cinquante ans aux théâtres de Bruxelles, 
sont privés après de longs et loyaux services, des premiers moyens d'existence. Il ne sont 
pas, messieurs, des parias pour Bruxelles, ou de nombreuses années les ont naturalisés, et 



M me Page, première représentation de Guido et Ginevra, opéra en 4 actes, de Scribe, 
musique d'Halévy ; — 25 avril, reprise de te Maçon, opéra comique ; — 26 avril, repré- 
sentation de retraite et bénéfice de Victor, Guillaume Tell; reprise de le Bénéficiaire, 
vaudeville; — 30 avril, clôture; au bénéfice de M. et M me Laborde, Guido et Ginevra. 
i er acte ; la Favorite, 4 me acte, intermède musical. 

Saison d'été : 
1845. — i er mai, ouverture; reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique en 
3 actes ; le Mari à la campagne, comédie en 3 actes; — 2 mai, reprise de la Reine de 
Chypre, opéra en 5 actes, paroles de M. de Saint-Georges, musique d'Halévy ; — 4 mai, 
reprise de le Domino noir, opéra comique en 3 actes; — 5 mai, premier début de 
Tisserant, premier ténor d'opéra comique, reprise de le Postillon de Lonjumeau, opéra 
comique, et de le Legs, comédie; — 6 mai, premier début de M me Fina rd, première dan- 
seuse noble, reprise de la Sylphide, et de V Ambassadrice; — 7 mai, reprise de la Justice 
de Dieu, drame à spectacle en 5 actes; l'Héritière, vaudeville en 1 acte; — 8 mai, reprise 
de le Pré-aux-Clercs, opéra comique; le Dépit amoureux, comédie; — 12 mai, reprise de 
Guido et Ginevra; opéra en 4 actes; — 13 mai, premier début de Léon Landeau, 
deuxième amoureux, reprise de le Mari à la campagne, comédie en 3 actes; — 14 mai, 
reprise de Robert le Diable, opéra en 5 actes; — 16 mai, reprise de Guillaume Tell, 
opéra en 4 actes ; — 18 mai, reprise de les Huguenots, opéra en 5 actes ; — 20 mai, reprise 
de Don César de Bazan, drame en 5 actes, premier début de M"- 6 Luguet-Quillevéré, 
jeune première; — 21 mai, début de M Ue Charton, première chanteuse, les Diamants de 
la Couronne, opéra comique; — 23 mai, première représentation de la Fin d'un Roué, 
comédie en 1 acte, d'Edouard Rombcrg ; — 28 mai, reprise de les Enfants d'Edouard, 
tragédie en 3 actes; la Dame blanche, opéra comique, 2 premiers actes; — 30 mai, 
fermeture du Théâtre de la Monna : e, pour « réparations et embellissements ». 

•Il 



338 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1844-45 



les dignes magistrats de cette cité, si noble, si généreuse et si hospitalière, ne verront pas 
sans doute deux vieillards, victimes des circonstances, aller réclamer un asile dans des mai- 
sons de charité. Ils n'ont pas vécu dans un temps ou l'on paye les artistes au poids de l'or, et 
les économies qu'ils ont pu faire ont été absorbées par dix ou douze ans d'existence sans 
emplois ou secours. 

L'administration actuelle des théâtres jouit, grâce à votre munificence, d'un mobilier et 
magasin considérables, acquis en partie, permettez-nous celte vérité, par le concours de 
leurs faibles talents. Elle reçoit d'ailleurs d'autres subventions, tandis que des pauvres 
artistes, accablés par les ans et confiants dans les conditions de leurs engagements, restent 
dans l'oubli et clans la misère, mot bien cruel à prononcer, et pourtant, si vrail l'entendez- 
vous, messieurs, sans émotion ? 

Daignerez-vous, messieurs, nous permettre de vous faire observer qu'en rétablissant ce 
qui existait avant 1830, non seulement vous pourrie/ assurer aux suppliants une espèce 
d existence, telle modique qu'elle puisse être, mais encore établir un mode de pension pour 
les artistes encore en exercice, mais que l'âge forcera bientôt à la retraite. Ce moyen de 
récompense et d'encouragement ne serait onéreux pour personne, et deviendrait un attrait 
pour les artistes de mérite qui s'empresseraient d'accourir aux théâtres de Bruxelles. 

Nous aimons à penser, messieurs, que vous voudrez bien jeter sur nous un regard de 
commisération, nous croyons la mériter par nos services antécédents et une règle de conduite 
sans reproches, dont nous ne nous sommes jamais écartés. 

Nous sommes avec le plus profond respect, messieurs, vos très humbles administrés, 

(Signé) Makie Roussellois, E. Dessessarts. 
18 février 1845. 

ÉTAT FINANCIER DE LA CAMPAGNE 1844-45. 

Recettes fr. 697,434 03 

Du i« mai 1844 J Dépenses 725,986 71 

au 30 mars 1845 



Pertes .... fr. 28,552 68 
Pertes : par mois, fr. 2,595 70. — par jour, fr. 86 52. 

Ce résultat est dû, en grande partie, à la concurrence du Cirque 
Fernando, établi depuis peu à Bruxelles, et dont se plaignait la 
direction, demandant en vain qu'on infligeât quelques charges à ce 
cirque, qui jouissait de certains privilèges. 





'ms? 



(1845-46) 



administrateurs. 



MM. Hanssens, ) 

Van Caneghem, ) 
Paul Philippon, régisseur général. 
Monnier, régisseur des ballets. 
Vandevjvier, régisseur des chœurs. 
Arthur d'Hôtel, contrôleur en chef. 

Dreulette, ) contrôleurs chargés du recouvrement de l'abon- 
Blum. 1 nement. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Davelouis, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Léon, seconds rôles, jeunes premiers au 
besoin. 

Jules Baldy, second et troisième amoureux 
au besoin. 

A. Génies, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués. 

Baron, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Laparte, troisièmes rôles. 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. 

Stanislas, troisièmes rôles, des utilités. 

Duprez, premiers comiques. 

Assenac, seconds comiques et des premiers. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Rabut, premiers rôles jeunes, tous premiers 

rôles y tenant, coquettes, Mars et fortes 

jeunes premières. 
Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 

mères nobles. 
Laurent, jeunes premières et des jeunes 

premiers n>les. 
Thuillier, jeunes premières, ingénuités. 
Henry Leroux, secondes amoureuses et 

ingénuités. 
Maria, troisièmes amoureuses. 
Biacabe, mères nobles. 
Lugùet, duègnes et caractères. 
Hélène Bazire, mères nobles et duègnes. 
Varlet, soubrettes. 
Millet, rôles de convenance. 

Monsieur 
Lemaire, seconds comiques et des premiers. 



340 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1845-46. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Laborde, premier ténor. 

Couderc, premiers ténors dans l'opéra comi- 
que. 

Tisserand, des premiers et forts seconds 
ténors dans l'opéra comique, et les seconds 
ténors dans les grands opéras. 

Laurent, barytons et Martins. 

Zelger, premières basses-tailles en tous 
genres. 

Soyer, seconds ténors, Philippe, Gavaudan 
et des ténors comiques. 

Bellecour, premières basses comiques. 

Duprez, ) 

r \ ténors comiques. 

Le.maire, ) 

Descombes, coryphée ténor. 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Laborde, premières chanteuses à roulades. 
Julien, premières chanteuses. 
Ciiarton, premières chanteuses et furies 

secondes en tous genres. 
Guichard, premières Dugazon. 
H. Leroux, secondes et jeunes Dugazon 
Biacabe, mères Dugazon. 
Luguet, duègnes et caricatures 
H. Bazire, secondes duègnes et caricatures. 
Millet, troisièmes Dugazon et rôles de 

convenance. 
Augustine, coryphée et rôles de convenance 

Messieurs : 
Millet, coryphée ténor 
Eue. Cannis, coryphée basse, 
choristes. 



Ballet. 



Messieurs : 
Appiani, maître de ballet. 
Page, premier danseur demi-caractère. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Rousset, première danseuse noble. 
Page, première danseuse, demi- caractère. 



1845. — 3 août, réouverture; reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes; — 5 août, 
reprise de la Favorite, opéra; — 6 août, reprise de V Ambassadrice, opéra comique; — 
8 août, premier début de Baron, financier, Laporte, 3 me rôle ; reprise de Marco Bomba, 
ballet ; Tartuffe, ou V Imposteur, comédie ; — 10 août, reprise de Moïse, opéra en 4 actes; 

— 12 août, reprise de Norma, opéra en 3 actes; — 14 août, premier début de Tourillon, 
laruette, M Ue Henri Leroux, 2 mc Dugazon; reprise de le Cheval de Bronze, Giselle; — 
18 août, reprise de la Paît du Diable, opéra comique; — 20 août, Bardou, premier 
comique du Théâtre du Vaudeville de Paris, Rabelais, ou le curé de Meudon, vaudeville; 
Manche à Manche, vaudeville ; les Petites misères de la vie humaine, vaudeville en 1 acte; 

— 22 août, reprise de le Petit Chaperon rouge, opéra féerie en 3 actes ; — 25 août, 
reprise de les Mémoires du Diable, drame vaudeville en 3 actes; la Gazette des Tribu- 
naux, comédie vaudeville en 1 acte; Deux filles à marier, vaudeville ; — 20 août, reprise 
de la Sirène, opéra comique; Giselle, ballet; — 27 août, reprise de Robin des liais, 
opéra ; — 29 août, premier début de M me Bouquet- Petit, première danseuse, reprise de la 
Sylphide, ballet en 2 actes; Polichinelle, opéra comique en 1 acte; Brueys et Palaprat, 
comédie; — 31 août, reprise de Lucie de Lammermoor, opéra; — i cr septembre, reprise 
de Louise de Lignerolles, drame en 5 actes; — 4 septembre, Hoffmann, du Théâtre des 
Variétés de Paris; — 10 septembre, reprise de Une chaîne, comédie en 5 actes; — 
12 septembre, premier début de Dupiez, laruette, reprise de le Maçon, opéra comique; 

— 15 septembre, reprise de le Barbiei de Séville, opéra comique; — 17 septembre, 
André Hnil'mann, premier comique des Variétés, reprise de les Trois dimanches, comédie- 
vaudeville; Christophe, ou le cuisinier dramatique , vaudeville en 1 acte; — 19 septembre, 
reprise de f '/ 1 Diavolo, opéra comique; î2 septembre, reprise de Bruno le fileur, 
vaude\i!le; Une séparation, ou le divorce, Dans la loge, vaudevilles; — 25 septembre, 
premier début de M Uc Caroline Kounet, première danseuse; — 26 septembre, représenta- 



Le Théâtre de Li tMonnaie 



1845-46. 



341 



Messieurs : 
Honoré, deuxième et troisième danseur. 
Jean Hamel, troisième danseur coryphée 
Duchateau, comique, rôles mimes. 
Hamel, 
k.oekelberg, 



rôles mimes. 



deuxièmes danseuses. 

) , 

/ coryphées. 



Mesdames et Mesdemoiselles 
Leblond, 

1 lONOKÉ, 

Ton. Montassu, 
duruisselle, 
Adolpiiine, 
Angelina, / 

Messieurs et Dames du corps de ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 

C Bosselet, second chef d'orchestre et premier du vaudeville. 
d'Haussy, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. 
de Greef, chef répétiteur de la danse. 
Van Volxem, répétiteur des chœurs. 



La nouvelle année théâtrale est inaugurée, le i cr mai. Tout 
s'arrange bien, et, après les heureuses campagnes des administra- 
teurs, on était en droit de fonder de grandes espérances sur le sort 
du théâtre, lorsque les circonstances vinrent changer la face des 
événements. 



tion de Martin, la Favorite, opéra en 4 actes ; — 2 octobre, première représentation de 
Charles VI, opéra en 5 actes, paroles de Casimir et Germain Delavigne, musique de 
F. Halévy. 

Charles VI MM. Laurent-Quillevéré. 

Le Dauphin Laborde. 

Le duc de Bedfort Soyer. 

Raymond Zelger. 

Gontrand Tisserant. 

Marcel Bellecourt. 

L'Homme de la furet de Mans . . Millet. 

Un étudiant Merchie. 

Ludger Martin. 

Jean-sans-peur Cannis. 

Clisson A. Hally. 

Lionel Millet, 

Dunois Descambos. 

Isabelle de Bavière M mes Villiomi-Laborde. 

Odette Julien... 

Lancaslre Mkry-Duruissel. 

1845. — ] 3 octobre, reprise de Joconde, ou les Coureurs d'aventures, opéra comique en 
3 actes; — 17 octobre, reprise de le Panier fleuri, opéra comique en 1 acte; — 
21 octobre, reprise de les Farfadets, ballet-féerie en 2 actes;— 22 octobre, première 
représentation de le Gendre d'un Millionnaire, comédie en 5 actes, de Léonce et Moleri ; 
— 24 octobre, reprise de les Premières amours, vaudeville en 1 acte; — 26 octobre, 
reprise de le Brasseur de Preston, opéra comique; — 31 octobre, reprise de la Famille 



342 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1845-46. 

Le 30 mai, la Monnaie est fermée, pour cause de « réparations et 
embellissements ». 

La troupe part pour Londres, le 2 mai, donne à Covent-Garden 
les principales pièces de son répertoire, puis, le 2 juillet, passe au 
Théâtre Drury-Lane où elle reste jusqu'à la fin du même mois, 
époque de son retour à Bruxelles. 

Le succès de nos artistes avait été immense, mais, au point de 
vue financier, cette excursion fut ruineuse, et nous en verrons bientôt 
les conséquences. 

Le 3 août, le Théâtre Royal, complètement restauré, rouvre ses 
portes, et inaugure la nouvelle salle par l'ouvrage capital de la saison 
précédente, la Reine de Chypre : 

La salle a conservé son aspect : trois rangs de loges s'élèvent encore au-dessus des 
galeries et du balcon. La coupole, dessinée en losanges ou tableaux, qui, chacun, renferment 
un sujet et une allégorie, est peinte avec une extrême élégance, la voûte semble découpée à 
jour sur le ciel. Le fond de la salle est d'un rouge vif, et les galeries, les loges, avec leurs 
colonnes sveltes et élancées, sont peintes en blanc, et ressortent avec éclat sur cette tenture 
sombre, mais fort riche ; tous les ornements, simples et dessinés avec goût, sont or sur blanc. 
Le rideau neuf est du meilleur effet, et représente des draperies rouges, frangées d'or et 
retombant à larges plis. 



Renneville, drame-vaudeville en 3 actes; — 6 novembre, reprise de la Double échelle, 
opéra comique en 1 acte; — 14 novembre, première représentation de Van Dyck, opéra 
comique en 3 actes, paroles de Delmotte, musique de Willent-Bordogny ; — 20 novembre, 
au bénéfice de M me Page, première danseuse, Charles VI, opéra; — 30 novembre, repré- 
sentation de Martin, les Huguenots, opéra; — 2 décembre, reprise de Teniers, ou la noce 
flamande, opéra comique en 1 acte, de Bouilly et Pain, musique de Peellaert; — 
17 décembre, première représentation de h Proscrit, ou le Corsaire de Venise, opéra en 
4 actes, poème de Escudier frères, musique de Verdi, adaptée sur celle d'Emani, du 
même maître; reprise de le Nouveau Seigneur du village, opéra comique; — 
20 décembre, au bénéfice de M me Laborde, première représentation de Zanetta, ou jouer 
avec le feu, opéra comique en 3 actes, paroles de Scribe et Saint-Georges, musique 
d'Auber; reprise de le Rossignol, opéra en 1 acte, paroles d'Etienne, musique de Lebrun; 
— 22 décembre, spectacle extraordinaire, sous le patronage de LL. MM. le Roi et la Reine 
des Français et LL. MM. le Roi et la Reine des Belges : Les douze indiens, O-Zib-Be-Was, 
de l'Amérique du Nord, exécutant des exercices et danses; — 23 décembre, M. Brindeau 
du Théâtre-Français ; — 26 décembre, première représentation de le Diable à quatre, 
ballet-pantomime en 2 actes, par de Leuven et Mazilier, musique d'A. Adam. 
1846. — Du 6 au 14 janvier, 3 représentations de M me Anna Thillon, première chanteuse du 
Théâtre de l'Opéra-Comique de Paris, les Diamants de la Couronne, le Barbier de 
Séville, Lucie de Lammermoor ; — 16 janvier, première représentation de l'Empereur 
Frédéric, ou le parricide, drame historique en 5 actes, par A. Génie; première représenta- 
tion de Actèon, opéra comique en 1 acte, de Scribe, musique d'Auber; — 18 janvier, 
reprise de Lucrèce Borgia, opéra en 4 actes; — 19 janvier, au bénéfice de J.-B. Hacck, 
machiniste en chef des Théâtres Royaux, première représentation (à la Monnaie) de les 
Mousquetaires, drame en 5 actes, par A. Dumas et A. Maquet ; — 28 janvier, reprise de 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1845-46. 343 

Le lustre a été entièrement remis à neuf; les nouvelles girandoles sont d'une grande 
élégance ; enfin l'éclairage a reçu de notables améliorations. La loge du roi, et la grande 
loge d'avant-scène, qui lui fait face, ont gagné beaucoup en richesse et en légèreté. Les 
quatre cariatides ont été redorées. Tout le mobilier de la salle, bancs, stalles, cuirs, velours 
et tapisseries, a été renouvelé, et, à vrai dire, cette dépense est la partie la plus importante 
des frais. L'orchestre a été considérablement agrandi, ainsi que l'espace qui sépare les ran- 
gées des stalles et des galeries; de sorte que le public pourra y circuler beaucoup plus à 
l'aise. Les stalles sont recouvertes d'un maroquin pourpre qui fera mieux ressortir encore la 
blancheur éclatante des galeries et des colonnades, et les riches toilettes des dames. Les bancs 
du parterre sont tout neufs et en crin. Il va sans dire que les corridors, les galeries ont clé 
repeints, et sont d'une propreté irréprochable. 

Le grand foyer du public a aussi reçu une transformation complète; là, tout est fleurs, 
arabesques d'or, et guirlandes fraîches et aériennes ; M. Tasson a répandu sur les murailles 
et le plafond les plus riantes couleurs de sa palette d'artiste. Le parquet est ciré à neuf, et. à 
chaque extrémité, une vaste cheminée en marbre blanc, surmontée d'une glace immense qui 
reflétera les mille lumières de lustres nouveaux et de girandoles nombreuses, remplace la 
décoration mesquine, qui, l'année dernière, avait sou'evé de si justes critiques. De ce côté, 
du moins, le résultat obtenu est incontestable, et ne peut manquer de réunir les suffrages de 
tous les habitués du Théâtre Royal. 

Des dispositions toutes récentes ont ouvert et créé deux portes et deux issues nouvelles, 
sous le grand escalier, de chaque côté du Théâtre Royal, l'une pour le parterre, les troisièmes 
galeries et les quatrièmes; l'autre pour les premières places. Les voitures seules et les 
abonnés auront maintenant accès par la colonnade de devant. Le contrôle a été reculé au 
fond du péristyle, devant l'espèce de niche où se trouvait autrefois la statue de Talma. Cette 
statue est placée maintenant dans une voûte creusée dans la niche même. Le public, après 
avoir passé devant le contrôle, est dirigé sur les petits escaliers du fond. 

En définitive, la salle du Théâtre Royal est aujourd'hui tout à fait brillante et confortable. 



André Chénier, drame en 3 actes et en vers, d'Edouard Wacken ; — 29 janvier, première 
grande fête de nuit; — 12 février, première représentation de le Fidèle Berger, opéra 
comique en 3 actes, de Scribe et Saint-Georges, musique d'Adam ; — 13 février, première 
représentation de la Danse involontaire, ballet-burlesque en 1 acte, d'Appiani ; — 
24 février, reprise de les Rendez-vous bourgeois, opéra comique; — du 6 au 10 mars, 
4 représentations de M lle Araldi, premier rôle tragique du Théâtre-Français; — 27 mars, 
rentrée de Couderc, la Part du Diable, opéra comique en 3 actes; — 2 avril, au bénéfice 
d'Arthur Dhôtel, contrôleur, première représentation de Lady Henriette, ou la servante 
de Greenwich, balletqDantomime en 3 actes, par de Saint-Georges et Mazilier, musique 
de Flotow, Burymùllcr et Deldevez; — 15 avril, au bénéfice de M me Guichard, première 
représentation de les Mousquetaires de la Reine, opéra comique en 2 actes, paroles de 
de Saint-Georges, musique d'Halévy. 

Olivier d'Entragues MM. Couderc. 

Hector de Biron Soyer. 

Le capitaine Roland . Zelger. 

Norbonne Baldy. 

Rohan Millet. 

Athenaïs de Solange M mes Laborde. 

Berthe de Simiane Guichard. 

La Grande Maîtresse Biacabe. 

1846. — 22 avril, reprise de le Château de ma nièce, comédie en 1 acte, en prose, par 
M me Ancelot; — 30 avril, clôture, les Mousquetaires de la Reine. 



344 L e Théâtre de la {Monnaie. — 1845-46. 

Ses décorations intérieures sont riches et de fort bon goût ; elles font honneur au pinceau de 
MM. Sechan et Dep!échen(de Paris), qui ont tiré le meilleur parti possible du crédit modeste 
qui freur était ouvert et qu'ils ne pouvaient dépasser. 

M" e Lebrun, qui se retirait après dix-sept ans de service au 
Théâtre de la Monnaie, donne sa soirée d'adieux, le 2 décembre. 
On citait cette artiste comme un modèle de ponctualité : « Depuis 
dix-sept ans, elle n'a pas manqué une répétition. Pendant dix- 
sept ans, jamais ni caprice, ni ambition, ni avidité ne lui a donné 
l'idée de nous quitter. » M" c Lebrun était l'un des rares exemples 
d'un type qui s'en va. Elle conservait religieusement les traditions, 
comprenait Molière, et le faisait comprendre : « Elle sait dire, j'écris 
dire et non déclamer; elle sait plus, elle sait écouter, ce qui devient 
chaque jour plus rare. » 

La place de libraire du théâtre, « avec emplacement sur le palier 
des premières loges », avait été occupée jusqu'ici par M. Gambier. 
Le concessionnaire étant mort, en mars 1845, il fut remplacé par 
Lelong, l'éditeur de la rue des Pierres, qui s'installa au commence- 
ment de la saison 1845-46. 

La soirée du 22 décembre donna lieu au tapage le plus épouvan- 
table. L'affiche avait annoncé l'exhibition de douze Indiens : 
« O-Zib-Be-Was, de l'Amérique du Nord ». Le public, indigné 
d'un tel spectacle sur la scène de la Monnaie, en empêcha la 
continuation. 

Sept opéras ou opéras comiques sont représentés pendant la cam- 
pagne théâtrale. 

Il faut citer Charles VI et les Mousquetaires de la Reine, dont le 
succès fut considérable. 

Parmi les artistes en représentations, il n"y a à relever que les 
noms de Bardou, du Vaudeville, — Brindeau, du Théâtre-Fran- 
çais, — Anna Thillon, de l'Opéra-Comique. 

Clôture, le 30 avril. 
















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(1846-47) 



administrateurs. 



MM. Hanssens, 

Van Caneghem, 

Valmore, ' 

Paul Philippon, ) ,. , , 

\ directeurs de la scène. 



Valmore, j 

Monnier, régisseur. 

Dedecker, second régisseur. 

Duchateau, régisseur des ballets. 

Vandevivier, régisseur des chœurs. 

Arthur d'Hôtel, contrôleur en chef. 

Blum, contrôleur chargé du recouvrement de l'abonnement. 



Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Robert, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Léon, seconds rôles, jeunes premiers au 
besoin. 

Jules Baldy, seconds et troisièmes amoureux 
au besoin. 

Quélus, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués. 

Baron, financiers, grimes, paysans, man- 
teaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Allié, troisièmes rôles. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Restout, premiers rôles jeunes, tous pre- 
miers rôles y tenant, coquettes, Mars et 
fortes jeunes premières. 

Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 
mères nobles. 

Boudeville, jeunes premières et des jeunes 
premiers rôles. 

Tuillifr, jeunes premières, ingénuités. 

Irma, secondes amoureuses et ingénuités. 

Louise, troisièmes amoureuses. 

Biacabe, mères nobles. 

Luguet, duègnes et caractères. 

Perreymont, soubrettes. 

Millet, rôles de convenance. 



346 



Le Théâtre de la tMonnaie. — 1846-47, 



Messieurs : Messieurs 

Bosselet, troisièmes rôles, des pères. Duchateau, 

Stanislas, troisièmes rôles, utilités. Leroy, 

Duprez, premiers comiques. Mailly, 

Michel, | seconds comiques et des prc- Tournillon, 
Lemaire, j miers. 



utilités 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs 
Ladorde, J 



premiers ténors. 



Mathieu, 

Couderc, premiers ténors dans l'opéra 
comique. 

Boulo, des premiers et forts seconds ténors 
dans l'opéra comique et les seconds ténors 
dans les grands opéras. 

Massol, barytons et Martin. 

Zelger, premières basses-tailles en tous gen- 
res. 

Soyer, seconds ténors, Philippe, Gavaudan 
et des ténors comiques. 

Barielle, premières basses comiques. 

Michel, ) 

T i ténors comiques. 

Lemaire, ) ^ 

Quarante 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Ladorde, premières chanteuses à roulades. 
Julien, premières chanteuses. 
Ciiarton, premières chanteuses et fortes 

secondes en tous genres. 
Guichard, premières Dugazon. 
Irma, secondes et jeunes Dugazon. 
Biacare, mères Dugazon. 
Luguet, duègnes et caricatures. 
H. Bazire, secondes duègnes et caricatures. 
Millet, troisièmes Dugazon et rôles de 

convenance. 
Augustine, coryphée ef rôles de convenance. 

Messieurs : 
Millet, coryphée ténor. 
Eugène Cannis, coryphée basse. 

choristes. 



1846. — i er mai, ouverture, reprise de Norma et de le Maître de chapelle; — 3 mai, 
reprise de Charles VI; — 4 mai, reprise de les Mousquetaires de la Reine; Un mari qui se 
dérange; — 5 mai, premiers débuts de Mural, deuxième danseur, et de M lle Prévost, 
deuxième danseuse ; — 7 mai, premier début de Barielle, première bas=e chantante, les 
Huguenots; — 11 mai, reprise de le Chalet, opéra comique; la Danse involontaire, 
ballet; le Diplomate, comédie-vaudeville; — 14 mai. premiers débuts de Boulo, premier 
ténor dans l'opéra comique, et de M Ue Colina Moulinier, première danseuse, reprise de le 
Philtre, opéra; Giselle, ballet; — 17 mai, reprise de la Part du Diable, opéra comique; 
— 18 mai, reprise de la Juive; — 19 mai, reprise de le Postillon de Lotijumeau, opéra 
comique; la Sylphide, ballet; — 20 mai, reprise de les Diamants de la Couronne ; — ■ 
22 mai, reprise de V Ambassadrice, opéra comique; Vllcriliàre, comédie; — 25 mai, 
premier début de Michel, laruetle, le Domino noir, le Panier fleuri ; — 26 mai, reprise de 
Guillaume Tell, opéra; — 27 mai, reprise de la Danse involontaire, ballet; — 29 mai, 
reprise de la Favorite, opéra; — r r juin, Robert Houdin, prestidigitateur; — 2 juin, 
concert vocal et instrumental, donné par M m " Anna Bishop, première cantatrice des théâtres 
d'Italie; — j juin, reprise de le Rossignol, opéra; — 5 juin, prenver début de M lle Irma, 
deuxième Dugazon, reprise de le Cheval de Bronze et de Action : — 9 juin, reprise de la 
Ruine de Chypre, opéra; — 10 juin, reprise de le Fidèle Berger; — 12 juin, reprise de la 
Fille du régiment ; — 22 juin, reprise de la Dame blanche; — 25 juin, Sawyers, Wildon, 
Cox et Kent, clochistes chinois; — 30 juin, au bénéfice de Couderc, représentation de Massol, 
premier sujet de l'Académie de musique de Paris, Lucie de I.ammermoor, Charles VI ; 
première représentation de le lion garçon, opéra comique en 1 acte, d'A. Bourgeois et 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1846-47. 347 

Ballet. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Appiani, maître de ballets. Rousset, première danseuse noble. 

Page, premier danseur demi-caractère. Page, première danseuse demi-caractère. 

Murât, deuxième et troisième danseur. Leblond, ) 

, „ . • •. , 1 . _ , secondes danseuses. 

Jean Hamel, troisième danseur coryphée. Prévost, ) 

Duchateau, comiques, rôles mimes. Ton. Montassu, \ 

Hamel, ) .. . Duruisselle, , , 

rôles mimes. » } coryphées. 

Koekelberg, ) Adolpiiine, i Jr 

Angélina, j 

Messieurs et Dames du corps de ballet. 
Quatre quadrilles. 

Orchestre. 

MM. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 
C. Bosselet, second chef d'orchestre. 
d'Haussy, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. 
de Greef, chef répétiteur de la danse. 
Van Volxem, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 

Valmore se joint à Hanssens aîné et à Van Caneghem ; puis, le 



Lockroy, musique d'Eugène Prévost ; — du i er au 24 juillet, représentations de M me Naptal- 
Arnault, premier rôle du Théâtre de l'Odéon ; premier début de Brésil, premier rôle en 
tous genres ; reprise de le Misanthrope, comédie en 5 actes; Valérie, comédie en 3 actes; 
— du 8 juillet au 6 août, représentations de la troupe d'opéra allemand, le Freischiïtz, les 
Noces de Figaro, Don Juan, la Flûte enchantée, Fidelio, Catarina Cornaro, Obèron; — 
13 juillet, reprise de Rny Blas, drame: — 18 juillet, Lafont, du Théâtre des Variétés de 
Paris; — 51 juillet, reprise de la Sylphide, ballet en 2 actes; — i er août, reprise de Un 
mariage soîts l'Empire, vaudeville en 2 actes; le Gamin de Paris, vaudeville; — 3 août, 
représentation extraordinaire, donnée par Alfred Ormonde et Min Waverley, du Théâtre 
Royal de Covent-Garden, de Londres, Macbeth, Roméo et Juliette ; — 19 août, rentrée de 
la troupe d'opéra, premier début de M lle Restout, premier rôle, l'Ecole des vieillards, 
comédie en 5 actes; le Philtre, opéra en 2 actes; — 20 août, reprise d'André, vaudeville 
en 2 actes ; — 21 août, reprise de Une chaîne, comédie en 5 actes, de Scribe ; — 22 août, 
reprise de la Vieille fille; — du 24 août, représentation de Chollet, premier sujet du 
Théâtre Royal de l'Opéra-Comique ; reprise de Zampa, Richard Cœur- de- Lion ; — 
26 août, reprise de le Roi d'Yvetot, opéra comique en 3 actes; — 31 août, premier début 
de Quélus, père noble, reprise de l'Abbé de Vèpèe, comédie en 5 actes, de Bouilly ; — 
3 septembre, exercices de M. Canrield, hercule ; — 7 septembre, série de représentations 
de Raguenot, premier ténor, Guillaume Tell, la Favorite; — 17 septembre, représenta- 
tion de M me Volnys, premier rôle du Théâtre-Français, Mathilde, ou la jalousie, la 
Chanoinesse ; — 22 septembre, début de Robert, premier rôle en tous genres, .V lle de Belle- 
Isle; — du 23 septembre, série de représentations de Mathieu, premier ténor, Lucie de 
Lammermoor , la Favorite, la Reine de Chypre, Guillaume Tell; — du 6 octobre, série 
de représentations de Marié, premier ténor, la Juive, Robert le Diable, les Huguenots ; — 



348 Le Théâtre de la [Monnaie — 1846-47. 

théâtre rouvre ses portes, le I er mai; la situation financière était 

celle-ci : 

1844-45. — Pertes fr. 44,306 60 

1845-46. — Pertes 40,650 33 

fr. 84,956 93 

1843-44. — Bénéfices . fr. 23,077 95 

I er mai 1846. — Pertes, . . . fr" 61,878 98 " 

Les deux premiers mois d'exploitation amenèrent, seuls, un nou- 
veau déficit de 30,000 francs. 

Il y a peu de changements dans les principaux emplois. 

L'opinion n'était pas unanime sur les avantages de cette inamovi- 
bilité du personnel, mais le public se montre bienveillant pour les 
artistes dont l'engagement est renouvelé, et les rentrées s effectuent 
sous des auspices favorables. 

Barielle, qui remplaçait Bellecour, fut acclamé, et nous le verrons 
occuper une place importante au Théâtre Royal. 

Le public se souciait peu des débuts. Sa curiosité était plutôt 
attirée par la composition de la salle que par celle de la scène. Un 
débat assez sérieux était survenu au sujet de certaines places, et, 
notamment, d une loge d'avant-scène dont « les jeunes lions » 



11 octobre, rentrée de Laborde, première représentation de le Lac des fées, grand opéra 
en 5 actes et 7 tableaux, de Scribe et Mélesville, musique d'Auber ; — 7 novembre, au 
bénéfice de Ch. de Dedecker, régisseur, les Motisquetaires ; — 10 novembre, première repré- 
sentation de le Trompette de M. le Prince, opéra comique en 1 acte, de Mélesville, 
musique de F. Bazin; — 11 novembre, au bénéfice de M" e Charton, le Lac de fées ; — 
2 décembre, première représentation de la Closerie des Genêts, drame en 5 actes et 
8 tableaux, de F. Soulié ; — 11 décembre, représentation de Levasseur, le Philtre ; — 

12 décembre, au bénéfice de Quélus, première représentation de le Serment de Wallace, 
drame en 3 actes et en vers, d'Edouard Wacken; — du 14 décembre, série de représenta- 
tions de M lle Fargueil, Clarisse Harlowe, Gentil Bernard, la Gardeuse de dindons; — 

22 décembre, au bénéfice de M me Page, première représentation de la Esmeralda, ballet 
en 2 actes et 6 tableaux, par Perrot, musique de Gugny ; première représentation de le 
Caquet du couvent, opéra comique en 2 actes, de Planard, de Leuven et H. Potier; — 

23 décembre, première représentation de Othello, grand opéra en 3 actes et en vers, par 
Gustave Vaez et Alphonse Royer, musique de Kossini (traduction); — 29 décembre, 
première représentation de Agnès de Méranie, tragédie nouvelle en 5 actes, de Ponsard. 

1847. — 20 janvier, première représentation de Mina, ou le ménage à trois, opéra comique 
en 3 actes, de Planard, musique d'Amb. Thomas; — du 31 janvier, M Uc Lucile Grahn, 
danseuse du Théâtre Italien de Londres; — I er février, la Part du Diable, opéra comique; 
— 9 janvier, au bénéfice de Zelgcr, première représentation de Henriette d'Entragues, 
ou Un pacte sous Philippe III (Il Guiramento), opéra en 5 actes, de Mercadante, paroles 
françaises de G. Oppelt (traduction); — 14 janvier, Bal paré et masqué; — i Cr mars, 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1846-47. 340 



prétendaient déposséder « les lions d'âge mur ». Mais ceux-ci tinrent 
bon, et ne voulurent pas se désister au profit de leurs cadets. 

En outre, la direction avait essayé d'augmenter le prix des abon- 
nements, qu'elle trouvait — à juste titre — peu élevé, en raison des 
frais dont la marche était toujours terriblement ascendante. La plu- 
part des abonnés renoncent alors à leurs places, et, comme llans- 
sens n'avait pas dans sa caisse l'argent de son prédécesseur Molin, 
qui, on s'en souvient, avait joué un tour assez adroit aux habitués 
du théâtre, il lui fut impossible d'atteindre le même but. Ce qui est, 
cependant, assez particulier, c'est que toute l'aristocratie des « pre- 
mières loges » avait renoncé au plaisir du spectacle, à cause d'une 
augmentation de cent francs par an! 

Et, pendant ce temps, le caissier se croisait les bras, les recettes 
étant si faibles que son emploi n'était plus qu'une sinécure. 

De plus, les indispositions se multiplièrent. 11 n'y eut pas, en 
quelque sorte, un jour par semaine où l'on donnât le spectacle 
annoncé. Laborde était affligé d'une maladie persistante, et l'on 
songea à le remplacer par Raguenot, puis par Marié, dont les repré- 
sentations ne brillèrent pas d'un éclat exceptionnel. 

La première danseuse avait échoué dans ses débuts : on ne parvint 
à la remplacer qu'à la fin de Tannée. 

Dans la comédie, nouvelles calamités : ÎM" C Restout fut retenue 



première représentations de Catarina, ou la fille du bandit, ballet en 2 actes ; — 7 mars, 
reprise de Lady Henriette, ballet ; — 9 mars, reprise de la Citerne d'Albi, drame; le 
Panier fleuri, opéra comique; la Chercheuse d'esprit, vaudeville; — 16 mars, au béné- 
fice d'Arthur Dhôtel, contrôleur en chef, première représentation de l'Ame en peines 
opéra fantastique en 2 actes, de Saint-Georges, musique de Flotow ; — 18 mars, au béné- 
fice de M me Guichard, première représentation de Ne touchez pas à la Reine, opéra 
comique en 3 actes, de Scribe et G. Vaez, musique de X. Boisselot ; — 22 mars, bénéfice 
de M lle Lucile Gratin, première danseuse ; — 25 mars, concert de Vieuxtemps, violo- 
niste ; — 9 avril, première représentation de M ,le Dolorès et de M. Camprubi, danseurs 
espagnols; — 7 avril, au bénéfice de Laborde, les Huguenots, 2 me et 4 me actes; le Rossi- 
gnol, opéra en 1 acte; la Favorite, 4 me acte; — 9 avril, première représentation de la 
Xacarilla, opéra en 1 acte, de Scribe, musique de Martiani; Echec et mat, comédie ; — 
17 avril, Bardou jeune, du Théâtre du Vaudeville de Paris; — 19 avril, au bénéfice de 
jyime Page, reprise de le Diable amoureux, ballet; — 25 avril, début de M Ue Valton, 
contralto, Charles VI ; — 30 avril, clôture ; la Juive, Mathieu dans le rôle d'Eléazar. 

saison d'été 
1847. — 2 mai, reprise de les Mousquetaires de la Reine, opéra comique ; la Estneralda, 
ballet; — 3 mai, au bénéfice de M Ue Rousset, première danseuse, le Diable à quatre, 
2 me acte . — I2 ma j^ au bénéfice du « petit personnel », Ne touchez pas à la Reine, opéra 
comique en 3 actes. 



350 Le Théâtre de la (Monnaie. — i S46--J7 . 

en Italie par un rhume qui dura trois mois, pendant lesquels il fut 
difficile de jouer le répertoire: puis, lorsqu'elle eut débuté, il fallut 
bien se rendre à la triste certitude que la nouvelle pensionnaire 
n'arriverait pas à conquérir les bonnes grâces du public. 

Et la Monnaie voyait se dresser dans Bruxelles de fâcheuses con- 
currences. Sans compter le Théâtre du Vaudeville, dont les specta- 
teurs n'apprenaient guère le chemin, il y avait le Cirque, le Cirque 
fatidique, dont la vogue était si redoutable. 

Enfin, les bals masqués, qui étaient d'un produit considérable, tant 
qu ils constituaient, pour ainsi dire, le monopole du Théâtre Royal, 
perdirent fatalement â l'innovation de ceux des Nouveautés et du 
Cirque. 

A toutes les causes accidentelles des embarras qu'éprouvait la 
direction s'ajoutait la rareté momentanée de bons ouvrages fournis 
par les théâtres de Paris. 

En Avril, M. Hanssens déclare qu'il se trouve dans l'impossibilité 
de payer le mois d'appointements. Les artistes, d'un mouvement 
spontané, signent une déclaration par laquelle ils font l'abandon de 
ce mois, qui leur sera payé par douzièmes, à partir du 31 mai. 

L'Administration communale met le théâtre en adjudication. 

La clôture a lieu, le 30 avril, par la Juive. 

Les artistes vont occuper leurs loisirs en province. La première 
ville exploitée est Charleroi, où l'on commence avec Ne touchez pas 
à la Reine. 








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(1847-48) 



MM. Auguste NOURRIT, directeur. 
Solomé, régisseur général. 
Monnier, régisseur du Grand-Théâtre. 
Collet, régisseur du Théâtre du Parc. 
Quélus, régisseur de la comédie et du drame. 
Duchai eau, régisseur des ballets. 
Arthur d'Hôtel, contrôleur en chef. 

Comédie, Tragédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Alexandre, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Léon, ) deuxièmes amoureux et 

Emile Dakmy, f premiers au besoin. 

Rey, seconds et troisièmes amoureux. 

Quélus, pères nobles, premiers rôles mar- 
qués 

Alexis Louis, financiers, grimes paysans, 
manteaux. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Laporte, troisièmes rôles et grands raison- 
neurs. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Martelleur, premiers rôles jeunes et fortes 

jeunes premières. 
Doligny, seconds premiers rôles, jeunes 

mères nobles. 
Thuillier, jeunes premières ingénuités. 
Dés. Mayer, jeunes premières amoureuses. 
Irma, secondes amoureuses, 
Laure, 
Amélie, 
Panien, mères nobles. 
Luguet, duègnes et caractères. 
Hesse, deuxièmes duègnes et premières au 

besoin. 
Minne deuxièmes et troisièmes duègnes. 



troisièmes amoureuses. 



352 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1847-48. 



Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

B. Di cors, ) troisièmes rôles, rôles de Maria Lopez, soubrettes. 
Stanislas, S convenance et despèi es. Millet, deuxièmes soubrettes et rôles de 
Duprez, premiers comiques convenance. 

Michel, ) seconds comiques et des pre- Denise, utilités, 
miers. Messieurs : 

Mailly, ) 

Tournillon, ; 



;, ! 



Lemaire 

duchateau, 

Leroy, 



| util 



ités. 



utilités. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Laborde, premiers ténors dans le grand Laborde, premières chanteuses à roulades. 

opéra. Bouvard, premières chanteuses, Falcons, etc. 

Couderc, premiers ténors dans l'opéra co- Prévost (1), jeunes premières chanteuses et 

mique. secondes dans le grand opéra. 

Dufresne, premiers ténors dans l'opéra De Keyser, secondes chanteuses dans le 

comique et des jeunes premiers et seconds grand opéra et opéra comique, et des Fal- 

ténors dans le grand opéra. cons au besoin. 

Julien, ténor léger d'opéra comique, des Guichard, premières Dugazon. 

Moker, et les seconds premiers ténors dans Irma, secondes Dugazon. 

le grand opéra. Panien, mères Dugazon 

Massol, barytons. Luguet, duègnes et caricatures. 

Albertini, barytons, Martins et basse chan- Hesse, deuxièmes duègnes et caricatures. 

tante. Amélie, ) . , 

rr 1 ^ l coryphées. 

Zelger, premières basses en tous genres. Denise, ) 

Henri Alix, premières basses comiques, des Quarante choristes. 

secondes dans le grand opéra. 
Soyer, seconds ténors, Philippe, Gavaudan 

et des ténors comiques. 

Michel, ) 

T > ténors comiques. 

Lemaire, J 



Messieurs : 

Jouart, troisièmes ténors coryphées. 
B. Ducors, deuxièmes et troisièmes basses 
coryphées. 



Messieurs : 

Barrez, maître de ballet. 

Page, premier danseur. 

Adrien, danseur de caracîère et mime, se 

cond maître de ballet. 
Murai-, second danseur. 
Duchateau, comiques, rôles mimes. 
Hamel, ) 

koukelberg, j 



Ballet. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 
A. Dubignon, première danseuse noble. 
Lucie, seconde première danseuse. 
Page, première danseuse demi-caractère. 
Leblond, ) 
Léontine, ) 

DUBRU1SSEL, j 



rôles mimes. 



Angelina, 



secondes danseuses, 
coryphées et rôles mimes. 



Orchestre. 
MM. C.-L. HANSSENS, premier chef d'orchestre. 

Bosselet, second chef d'orchestre, premier maître de chant. 

De Greee, deuxième sous-chef d'orchestre, second maître de chant. 

Van Volxem, répétiteur des chœurs. 

Soixante musiciens. 

(1) En attendant l'arrivée de la personne engagée pour cet emploi, M" Prévost, première chanteuse du 
Grand-Théâire de Nantes, a consenti à s'engager avec l'administration jusqu'au 5 août prochain. 



Le Théâtre de la {Monnaie. — 1847-48. 353 



Ouverture, le 17 juin, par la Favorite. 

Dans leur compte-rendu des premières représentations, les jour- 
naux déplorent amèrement la décadence de l'art : 

Les débuts qui viennent d'avoir lieu au Théâtre-Royal ont inspiré de tristes réflexions à 
ceux qui conservent quelque goût pour l'art dramatique 

Nous n'osons pas dire qu'il ne se présentera plus d'artistes capables de jouer la comédie. 
Mais, s'il en surgit par hasard, ce ne seront que de brillantes exceptions. 

On a vu ce que pensaient les critiques, vers le commencement du 
siècle ; on lira ce qui fut écrit, plus tard, et ce qu'on dit encore de 
nos jours sur le même sujet. Et le lecteur tâchera de se former une 
opinion sur cette décadence, au moyen des raisonnements les plus 
ingénieux... 

Parmi les artistes en représentations, il convient de signaler 
Roger qui, dès le premier soir, dans la Sirène, fut triomphalement 
accueilli. Pour ses adieux, le grand chanteur donna un spectacle 
coupé, où s intercalait le 3 me acte de la Reine de Chypre. Massol y 
parut sous deux costumes et dans deux rôles différents : Mocenigo 
et Lusignan. 

En juillet a lieu la réouverture du Théâtre Saint-Hubert, sous le 
nom de Théâtre de l'Opéra-Comique, titre indiquant suffisamment 
le genre de pièces qu'on y jouait. La Monnaie n'ouvre plus ses 



1847. — 17 juin, ouverture; rentrée de Laborde, Massol, Zelger, Page, Murât, M mes Page 
et Leblond, premier début de M lle Bouvard, première chanteuse ; reprise de la Favorite ,* 

— 25 juin, reprise de la Reine de Chypre; — 2 juillet, reprise de l'Ecole des vieillards, 
comédie en 5 actes ; Giselle, ballet; — 4 juillet, reprise de Charles VI, opéra en 5 actes ; 

— 5 juillet, représentations d'adieux de M me Doche, le Dépit amoureux, comédie, Un 
Monsieur et une dame, Un changement de main, l'Image; — du g au 31 juillet, série de 
représentations de Roger, premier ténor de l'Opéra-Comique de Paris, la Sirène, la Part 
du Diable, Lucie de Lammermoor, la Favorite, la Dame blanche; — 10 juillet, Neuville, 
du Théâtre des Variétés de Paris ; — 12 juillet, début de Alexandre, premier rôle, Belle 
duchesse, ou Echec et mat, comédie ; — 14 juillet, début de M me Keyser, première chan- 
teuse légère d'opéra, la Juive; — 21 juillet, début de Dufresne, premier ténor, la Dame 
blanche; — 22 juillet, représentation de M me Dorval, premier sujet du Théâtre-Français; 
// était une fois un roi et une reine, ou la Main droite et la main gauche, drame en 
5 actes, de Léon Gozlan ; — 23 juillet, au bénéfice des pauvres, avec le concours de Roger, 
de l'Opéra-Comique, Lucie de Lammermoor; — 25 juillet, Tisserant, du Théâtre du 
Gymnase de Paris ; — 31 juillet, au bénéfice de Roger, de TOpéra-Comique, la Sirène; 

— du I er au 22 août, représentation de M lle Julienne, première chanteuse, Robert le Diable, 
la Juive, les Huguenots, Charles VI, la Favorite; — 3 août, première représentation de 
la Jolie fille de Gand, ballet, de de Saint-Georges, Albert, musique d'Adam; — du 6 au 
21 août, série de représentations de M me Hillen, première chanteuse du Théâtre de la 
Haye, les Diamants de la Couronne, Lucie de Lammermoor, la Part du Diable; — 
12 août, représentation de M me Eichfeld, première chanteuse du Théâtre de Gand, les 

23 



354 L e Théâtre de la tMonnaie. — 1847-48. 

portes que trois ou quatre fois par semaine. On avait cru diminuer 
ainsi les frais. Mais, loin d'être plus fructueuses en devenant plus 
rares, les représentations se trouvent de jour en jour moins 
productives. 

Du reste, le nombre des théâtres de Bruxelles n'était pas en rap- 
port avec celui de ses habitants; l'exigence du public commençait, 
en outre, à se faire cruellement sentir, et la situation financière s'ag- 
gravait. Des demandes, des réclamations de toute nature arrivaient 
à lHôtel-de-Ville. Enfin, le 4 novembre, la démission de Nourrit est 
acceptée. 

Les artistes jouent en société, à partir du i cr décembre, sous la 
conduite de commissaires, représentant chaque genre, c'est-à-dire 
que l'opéra, le ballet, la comédie, le vaudeville avaient nommé leur 
délégué respectif. 

On parvient à engager Carlo, un jeune ténor avec qui Nourrit 
était entré en pourparlers au moment de son départ. Duprez, lun 
des commissaires de la nouvelle société, se rend à Lyon, dont le 
théâtre était en déconfiture, espérant en ramener Boulo, Barielle et 
M mc Hillen, pendant que quelques artistes quittent Bruxelles : 
d'abord Albertini et Soyer; puis M. et M mc Laborde, qui vont à 



Huguenots; — 13 août, débuts de Bernard ei de M me Dekeyser, reprise de le Maçon; — 
31 août, début de Lac, la Juive; — i er septembre, reprise de le Domino noir ; — 6 sep- 
tembre, représentation de M Ile Plunkett, première danseuse de l'Opéra, la Jolie fille de 
Gand; — 9 septembre, premier début de M me Larche, jeune première, Une chaîne, 
comédie; — to septembre, rentrée de M ]le Bouvard, première chanteuse Stoltz, 
Charles VI; — 13 septembre, reprise de le Postillon de Lonjumeau, opéra comique; — 

15 septembre, première représentation de le Chevalier de Maison-Rouge, drame en 
5 actes, d'A. Dumas; — 16 septembre, premiers débuts d'Albertini de M me3 Larché et 
Corres, le Barbier de Séville ; — 20 septembre, reprise de le Prè-aux-Clercs, opéra 
comique; — i er octobre, reprise de le Misanthrope, comédie;— 4 octobre, premiers 
débuts de M Ilc Delille et de Verner, les Diamants de la Couronne ; — 5 octobre, premier 
début de M Ue Julienne, première chanteuse falcon, la Juive; — 19 octobre, première 
représentation de Robert Bruce, opéra en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez, musique 
empruntée à différentes partitions de Rossini ; — 25 octobre, reprise de le Mari à la cam- 
pagne, comédie ; — du 27 octobre, série de représentations de M lle Carlotta Grisi, première 
danseuse de l'Académie royale de musique ; reprise de le Diable à quatre, la Jolie fille de 
Gand ; — I er novembre, concert de Georges Fabricius, violon solo de S. A. R. le prince 
de Schauenbourg-Lippe; — 4 novembre, reprise de Ne touchez pas à la Reine, opéra 
comique ; — 7 novembre, reprise de Don Pasquale, opéra bouffe ; — du 9 au 24 novembre, 
nouvelle série de représentations de M lle Grisi, première danseuse de l'Opéra, le Diable à 
quatre, la Ksmeralda, Giselle, Terpsichore sur terre, la Péri; — 10 novembre, les Mous- 
quetaires de la Reine; — 13 novembre, par ordre, Giselle, Don Pasquale ; — 

16 novembre, spectacle extraordinaire au bénéfice des pauvres, avec le concours de 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1847-48. 355 

Liège, M me Guichard et Couderc, à Gand. L'emploi de prima-donna 
échoit à M me Julien, dont les appointements sont de 21,000 francs 
par an, tandis que tous les artistes touchent des sommes variant 
selon les recettes et le prorata de leurs anciens émoluments, à 
l'exception des chiffres ne dépassant pas 500 francs par mois, qui 
sont payés intégralement. 

Le théâtre voit alors le public revenir pendant quelques jours; 
mais celui-ci ne tarde pas à déserter encore. En janvier, on ne 
réalise que 18,000 francs, tandis que les Galeries Saint-Hubert, 
qui avaient repris la comédie et le vaudeville, produisent 
21,000 francs. 

Voici le relevé des désastreuses recettes dans le commencement de 
la campagne : 

Mai 8,526 francs 

Juin 9.585 » 

Juillet 19,91 3 » (Duprez) 

Août 17,417 » 

Septembre I 3>3°5 » 

Octobre I2 .2i5 » 

Novembre 9,o 2 4 » 

Décembre 



M lle Grisi, le Diable à quatre, 1 er acte, la Jolie fille de Gand, kermesse, la Esmeralda, 
2 me acte, la Favorite, 2 me acte, Lucie de Lammermoor , 4 me acte, ouverture de Zampa ; — 
18 novembre, grand concert donné par Félicien David, Christophe Colomb, ou la décou- 
verte du nouveau monde, ode-symphonique en 4 parties, paroles de Méry, Ch. Chenbet 
et Sylvain Saint-Etienne, musique de Félicien David, orchestre et chant, 200 exécutants ; 

— 21 novembre, première représentation de Terpsichore sur terre, ballet-fantastique en 
1 acte, M lle Grisi remplit le rôle de Terpsichore; — 22 novembre, premier début de 
M me Jamin, première soubrette, le Tartuffe, comédie; — 26 novembre, reprise de 
V Ambassadrice, opéra comique ; — 29 novembre, rentrée de M lle Dubignon, Une chaîne, 
comédie, le Diable à quatre; — 3 décembre, reprise de M Ue de Belle-Isle, comédie ; 

— 7 décembre, représentation de M mc Cinti-Damoreau, premier sujet de TOpéra-Comique, 
V Ambassadrice, le Bouffe et le tailleur ; — 10 décembre, premier début de Carlo, jeune 
premier ténor, le Chalet; — 14 décembre, rentrée de M lle Julien, Norma ; — ^décembre, 
première représentation de Un caprice, comédie en 1 acte, d'Alfred de Musset; — 
22 décembre, les Paysans: — 25 décembre, reprise de le Comte Ory, opéra; — 
29 décembre, reprise de Annette et Lubin ; — 31 décembre, reprise de Charles VI. 

1848. — 1 er janvier, reprise de la Dernière conquête, comédie ; — du 3 au 28 janvier, série 
de représentations de Flavio, premier ténor, Robert le Diable, la Muette de Portici Lucie 
de Lammermoor ; — 5 janvier, représentation de Candron, première basse comique, la 
Dame blanche ; — du 8 au 20 janvier, représentation de la Troupe Hongroise, composée 
de 26 chanteurs et danseurs; — 12 janvier, première représentation de / ne leçon de 
VAmour, ballet en 1 acte, de M. Adrien; — du 18 janvier, représentations de M" e Elian, 
Robert le Diable f Lucie de Lammermoor ; — 7 février, première représentation de les 



356 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1847-48. 

Les soumissionnaires à la direction du théâtre se présentent ; ce 
sont : 

Willent-Bordogni ; — Moreâu-Sainti, de l'Opéra-Comique ; — Duprez, propriétaire; — 
Fleury, directeur des Théâtres de Lyon ; — Challet, directeur des Théâtres de Bordeaux, 
qui consentait à rompre son contrat avec Bordeaux et à perdre son cautionnement ; — Louis 
Surine ; — Cn. Hanssens. 

Ce dernier, dans sa demande, donne les raisons pour lesquelles, 
selon lui, deux directeurs ont été contraints de déposer leur bilan en 
moins de six mois. Il trouve la cause fatale de ces faillites succes- 
sives dans la liberté illimitée des théâtres, concurrences déplorables 
pour le Théâtre-Royal. 

Enfin, après bien des hésitations, le privilège des Théâtres de la 
Monnaie et du Parc est accordé à Edouard Duprez (23 avril 1848). 

Celui-ci arrive, est accueilli comme un sauveur et accompagné de 
la sympathie générale. 

Mais il débute par deux procès, l'un avec Massol, l'autre avec 
Flavio, et toute son activité ne réussit pas à ramener l'argent dans 
la caisse directoriale. Il achève, tant bien que mal, la saison, et se 
retire après quelques mois à peine d'un règne pénible et tourmenté. 

Pour donner une idée du désordre qui régna pendant cette 
malheureuse campagne, il suffira de citer le « relâche » du 7 avril, 
dû à la défection des machinistes, à qui il revenait un mois de salaire, 
et qui, refusant le service, quittèrent le théâtre après avoir fermé les 
robinets et en avoir emporté les clefs. 



Aristocraties, comédie en 5 actes, en vers, d'Etienne Arago ; au bénéfice de M Iles Alexan- 
drine Leblond et Léontine Pougaud; — 19 février, bal paré ; — 20 février, rentrée de 
Laurent, Charles VI, opéra; — 21 février, première représentation de le PuJJ, comédie en 
5 actes, de Scribe ; — 25 février, reprise de la Lettre de change, opéra ; — 5 mars, repré- 
sentation de Henri Roi, premier ténor, la Juive ; — 9 mars, première représentation d'un 
ballet-féerie joué par les enfants du Conservatoire de danse; — 10 mars, réprésentation de 
Bourdais, premier ténor léger, la Part du Diable; — n mars, première représentation 
de Arlequin et Pierrot, ballet, par Adrien, musique de Bosselet; — 23 mars, au bénéfice 
de Salomé, régisseur général, première représentation de Monte-Cristo, drame en 5 actes, 
d'Alex. Dumas ; — 5 avril, première représentation de Don Sébastien, roi de Portugal, 
opéra en 5 actes, de Scribe, musique de Donizetti ; — 25 avril, reprise de Richard 
Cœur de Lion, opéra; — 30 avril, clôture, Don Sébastien; — 2 mai, représenta- 
tion de la Compagnie Italienne, directrice M me Carmen de Monténégro ; — 3 mai, au 
bénéfice d'Arthur d'Hôtel, contrôleur en chef, reprise de Pierre It Rouge, vaudeville en 
3 actes, Intermède musical, dans lequel se font entendre Albert, Flavio, Bourdais, 
Laurant, Zelger et M lle Julien, Une fille terrible, vaudeville; — 5 mai, représentation 
italienne, sous la direction de M rao Monténégro, première cantatrice, le 4"" acte de Ernant, 
précédé de Norvia. 



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(1848.49) 



MM. MASSOL, directeur. 

Paul, directeur de la scène. 

Solomé, régisseur général, chargé de la mise en scène. 

Monnier, régisseur parlant au public. 

Collet, régisseur du théâtre du Parc. 

Alexandre Steps, régisseur du ballet. 

Damade, régisseur des chœurs. 

Millet, inspecteur. 



Comédie, Tragédie, 

Messieurs : 

Alexandre, premiers rôles en tous genres. 

Verdellet, jeunes premiers, forts jeunes 
premiers, jeunes premiers rôles au besoin. 

Léon, deuxièmes amoureux et premiers au 
besoin. 

Rey, seconds et troisièmes amoureux. 

Baron, financiers, grimes, paysans. 

Bouchez, rôles de convenance, financiers au 
besoin. 

Laporte, troisièmes rôles, grands raison- 
neurs et des pères. 

Bernard, rôles de convenance et des pères. 

Goffin, premiers comiques. 

Lemaire, deuxièmes comiques et des pre- 
miers. 

Minne, jeunes comiques. 

Pascal, troisièmes comiques et deuxièmes 
au besoin. 



Drame et Vaudeville. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Doligny, premiers rôles, jeunes mères nobles. 

Chollet, premiers rôles jeunes. 

Dalloca, jeunes premières, ingénuités. 

Paulin, premières amoureuses et deuxièmes 
travesties. 

Marchand, deuxièmes amoureuses. 

Adolphine, troisièmes amoureuses, deuxiè- 
mes au besoin. 

Lavigne, troisièmes amoureuses. 

D. Mayer, premières soubrettes. 

Millet, deuxièmes soubrettes, premières au 
besoin et rôles grivois. 

Lemesle, duègnes et caractères. 

Minne, deuxièmes duègnes et premières au 
besoin. 

Amélie, rôles de convenance. 

D. MURAT, \ 

Bernard, \ utilités. 
Jouart, / 






35« 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1848-49, 



Opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Bauciie, forts premiers ténors dans le grand 

opéra, 
Garras, forts premiers ténors dans l'opéra 

comique et des premiers et seconds ténors 

dans le grand opéra. 
Legrand, premiers ténors légers en tous 

genres. 
Massol, barytons. 

Planque, première basse en tous genres. 
Vialet, deuxièmes et premières basses au 

besoin et des barytons. 
Borsary, premières basses comiques, des 

secondes dans le grand opéra. 
Girardot, seconds ténors, Philippe, Gavau- 

dan. 

Soyer, ) . 

> ténors comiques. 
Lemaire, ; 

Goffin, Laruette. 

Jouart, ) troisièmes ténors, grands cory- 

Millet, j phées. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Potier, premières chanteuses à roulades. 
Julien, premières chanteuses, Falcons, etc. 
Arga, premières chanteuses et fortes secon- 
des en tousgenres. 

Marchand, ) 

r , \ premières Dusrazon. 

Ghollet, ) s 

E. Marchand, secondes Dugazon. 

Panien, mères Dugazon. 

Lemesle, duègnes et mères Dugazon. 

Minne, deuxièmes duègnes et caricatures. 

Joséphine, 

Damade, 

Quarante choristes. 



coryphées. 



Messieurs : 



Cannis, 
Bernard, 
Damade, ) 
Aly, S 



troisièmes basses coryphées. 



utilités. 



1848. — 8 mai, ouverture, premier début de M. Bettini, premier ténor de l'Académie Royale 
de Paris, rentrée de M. Boulo, premier ténor léger, Robert le Diable ; — duc mai, série 
de représentations de Montdidier, le Mari qui se dérange, Estelle ou le père et la /Me, 
Un changement demain, vaudevilles; — 11 mai, premier début de M me Hillen et de 
M. Borsary, rentrée de M lles Dubignon et Lucile, le Barbier de Séville, Terpsichore sur 
terre, ballet en 1 acte; — 12 mai, début de M lle Marchand, première dugazon, le Postil- 
lon de Lonjumeau; — 14 mai, reprise de Lucie de Lammermoor ; — 15 mai, reprise de 
la Favorite; — 16 mai, premier début d'Eugène Luguet, jeune premier, et de M me Paulin, 
deuxième amoureuse; reprise de le Jeune mari, comédie en 3 actes; — 18 mai, reprise de 
les Diamants de la Couronne, opéra comique ; — 19 mai, reprise de le Maître de cha- 
pelle, le Chalet et Oscar, ou le mari qui trompe sa femme, comédie ; — 21 mai, reprise de 
Ne touchez pas à la Reine; — 22 mai, premier début de Laurent, premier rôle ; premier 
début de M lle Marchand, deuxième Dugazon ; premier début de Lecourt, deuxième ténor ; 
premier début de M Ue Lodini; rentrée de Verdelet; reprise de Clotilde, drame en 5 actes; 
la Lettre de change, opéra comique ; — 25 mai, l'Abbé de l'Epée, drame ; — 28 mai, début 
de Buguet, deuxième première basse, les Mousquetaires de la Reine; — 29 mai, première 
représentation de les Dryades, ballet; — 30 mai, première représentation de le Vieux de 
la Montagne, drame ; — 31 mai, première représentation de Gibby la Cornemuse, opéra 
comique de Leuven et Brunswick, musique de Clapisson; — 6 juin, premier début 
de Duprat, premier ténor ; la Reine de Chypre; — 9 juin, reprise de le Philtre, opéra ; 
le Vieux de la Montagne, drame ; — du 13 juin, représentations de M lle Rachel ; Britanni- 
cus, Athalie ; — du 20 juin, représentations de Duprez, premier ténor de l'Opéra; la 
Juive, les Huguenots, la Reine de Chypre, etc.; — 21 juin, reprise de la Marquise de 
Senneterre, comédie; les Deux pommades, vaudeville ; — 27 juin, reprise de le Domino 
noir, opéra comique; début de M lle Bourlard, élève du Conservatoire de Bruxelles; reprise 
de Darando ou les grandes passions ; — 29 juin, reprise de hlorace et Caroline, vaude- 
ville en 2 actes ; — 5 juillet, le Dieu et la Bayadère, opéra en 2 actes; intermède musical ; 



Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1848-49. 359 

Ballet. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Adrien, maître de ballet, et rôles mimes. Dubignon, première danseuse. 

Desplaces, premier danseur en tous genres. Gayot, deuxième première danseuse. 

Murât, deuxième danseur, premier au besoin. L. Pougaud, seconde danseuse. 

Alexandre, ) . Lavigne, troisième danseuse coryphée. 

_ i deuxièmes comiques. ~ 

Pascal. ' Duruissel, ) , . ., 

} coryphées, rôles mimes. 
Hamel, ) 1 • I onine, ) 

.. > rôles mimes. 

Koukelberg, ) 

Orchestre. 

MM. Cn. HANSSENS aîné, premier chef d'orchestre. 
Bosselet, second chef d'orchestre. 

d'Haussy, deuxième sous-chef d'orchestre, répétiteur des chœurs. 
Degreek, deuxième sous-chef d'orchestre, répétiteur de la danse. 
Van Volxem, répétiteur des chœurs. 
Bernier, répétiteur de vaudeville. 
Fétis, pianiste. 



Mattau et son nouvel instrument le Mattauphone; — 15 juillet, première représentation de 
Jérusalem, opéra en 4 actes, d'A. Royer et G. Vaez, musique de Verdi, « adaptée sur celle 
d7 Lombardi, du même maître. » 

Hélène M me Jllian Van Gelder. 

Gaston MM. Duprez. 

Roger Zelger. 

Comte de Toulouse Buguet. 

Le Légat du Pape Borsary. 

Un écuyer Girardot. 

1848. — 27 juillet, reprise de la Sirène, opéra comique ; — 30 juillet, par ordre, Jérusalem ; 
— 31 juillet, reprise de Gibby la Cornemuse, opéra comique en 3 actes; Une chaise 
pour deux, vaudeville en 1 acte; — 3 août, premier début de Desplaces, premier danseur; 
la Péri, ballet en 2 actes ; reprise de la Part du diable, opéra comique en 3 actes ; — 
6 août, reprise de VAme en peine, opéra ; — 7 août, clôture des représentations de Duprez 
et de M me Julian ; Jérusalem ; — 9 août, bénéfice de Boulo ; première représentation 
d'Haydée, opéra comique en 3 actes. 

Haydèe M mes Hillen. 

Rafaëla Marchand. 

Loredan MM. Boulo. 

Andréa Laurent. 

Malipieri. . Zelger. 

1848. — 9 août, première représentation des Espiègleries du village, ballet; représentation 
de la Samaritaine, vaudeville; — 10 août, reprise de Clotilde, drame en 5 actes; // ne 
faut jurer de rien, comédie en 3 actes; — 14 août, premier début de Chenets, premier 
ténor, de M me Arga, première chanteuse, la Favorite; — 17 août, première représen- 
tation de la Duchesse de Marsan, drame en 5 actes ; — 23 août, reprise de la Mar- 
quise de Senneterre, comédie; — 29 août, reprise de la Juive; — 30 août, première 
représentation de le Chandelier, comédie d'A. de Musset ; reprise de le CoLier du Roi, 
drame; — 3 septembre, dernier spectacle avant la fermeture momentanée. 
Du 5 au 19 septembre. — Fermeture momentanée. 
1848. — 19 septembre, les Artistes Réunis en Société : reprise de le Chalet, opéra 



360 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1848-49. 

Le Conseil Communal nomme Massol à la direction du théâtre, 
pour une période de trois années. Celui-ci travaille, sans succès, à 
constituer une troupe. Au bout de dix jours, comme il n'a pas 
rempli les conditions du privilège, il se trouve déchu de ses droits, 
et les artistes, réunis en société, obtiennent. du bourgmestre l'autori- 
sation d'exploiter les Théâtres Royaux. 

Leur premier spectacle fut la Favorite, donnée, le 19 septembre, 
avec le concours de M me Devriès, du ténor Duprat, et de la basse-taille 
Pèrilié. Mais ces représentations, offertes avec des éléments peu 
homogènes, mécontentent le public, malgré la présence du baryton 
Baroilhet. En outre, une compagnie de bouffes italiens s'installe 
au Théâtre des Galeries Saint- Hubert. La troupe concurrente com- 



comique ; le Diable à quatre, ballet; — 20 septembre, premier début de M me de Vries, 
première chanteuse, Duprat, premier ténor, Prillié, basse-taille, la Favorite ; — 22 sep- 
tembre, reprise de Guillaume Tell; — 24 septembre, reprise de Robert le Diable ; — du 
29 septembre au 8 octobre, série de représentation de Baroilhet, premier sujet de l'Opéra, 
Charles VI, la Favorite, la Reine de Chypre; — I er octobre, reprise de la Muette 
de Portici, opéra ; — 3 octobre, reprise de Haydèe, opéra comique ; — 5 octobre, 
reprise de la Sirène, opéra comique; — 8 octobre, reprise de la Reine de Chypre, 
opéra; — 9 octobre, concert donné par M me Alboni, avec le concours de M me Devriès, 
cantatrice, et Franck, première clarinette solo de la Monnaie; — 10 octobre, clôture 
des représentations des artistes réunis en société avec le concours de M me Alboni. — 
RÉOUVERTURE, 16 octobre, le Maître de Chapelle, opéra comique, le Chevalier du 
Guet, la Permission de dix heures, vaudeville, la Sylphide, 2 me acte ; — 17 octobre, 
reprise de la Dame blanche, opéra comique ; — 19 octobre, premier début de Garras, la 
Sirène; — 22 octobre, reprise de la Reine de Chypre; — 24 octobre, représentation 
extraordinaire donnée par M Ile Alboni, le Barbier de Sèville, i er acte; Dettly, grande 
scène; la Dame blanche, i* r acte, premier début de M 1!e Chollet, Dugazon; Terpsichore sur 
terre, ballet; — 27 octobre, premier début de Garcy, premier ténor; de Violette, basse, 
la Part du Diable ; — 28 octobre, représentation extraordinaire de M lle Alboni, 1. air de 
la Cenerentola, 2. Brindisi de Lucrèce Borgia, par PAlboni ; ouverture de Freischùtz, 
la Muette, 2 me et 3 me actes, Terpsichore sur terre ; — du 29 octobre au 19 novembre, 
série de représentations de Bauche, premier ténor; la Juive, la Favorite, Guillaume Tell, 
Lucie de Lammermoor ; — 31 octobre, premier début de M me Potier, « première chanteuse 
à roulades, » les Diamants de la Couronne ; — 6 novembre, reprise de le Valet de Chambre, 
opéra comique, les Dryades, ballet, le Serpent de la Paroisse, la Fille obéissante, vaude- 
villes ; — 9 novembre, reprise de le Brasseur de Preston, opéra comique ; 10 novembre, 
reprise de Robert le Diable; — 19 novembre, reprise de les Huguenots ; — 20 novembre, 
reprise de Madame de Tencin, drame en 4 actes ; — 23 novembre, les Mousquetaires de la 
Reine ; — 29 novembre, première représentation de Nabuchodonosor, opéra en 4 actes de 
F. Gravrand et Jules Guilliaume, musique de Verdi (traduction de l'opéra italien Nabuc); — 
du 7 décembre 1848 au 15 février 1849, série de représentations de Flavio, premier ténor, 
Robert le Diable, la Muette de Portici, Jérusalem, Fia Diavolo, Don Sébastien ; — 
8 février, premier début de M rae George; reprise de la Fête du village voisin, opéra 
comique; — 10 février, par ordre, Nabuchodonosor; — 13 décembre, première re pré- 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1848-49. 361 

prenait, parmi ses premiers sujets : MM. Calzolari, ténor, Zucconi, 
basse, Fiorio, bouffe, M me Biscotini, contralto, M mc Mengeo, prima 
donna. 

Le Conseil Communal réintègre Massol dans ses droits, et la véri- 
table ouverture de la campagne théâtrale a lieu le 1 5 octobre, par 
un concert, avec le concours de la cantatrice Alboni. 

Le 29 novembre, première représentation de Nabuchodonosor , 
opéra de Verdi. Au commencement de la saison, on avait eu Gibby 
la Cornemuse, de Clapisson, Jérusalem, de Verdi, Haydée, d'Auber. 
En ajoutant le Val d' Andorre, d'Halévy, donné le 13 mars, nous en 
aurons fini avec la nomenclature des « premières » doperas pendant 
la campagne 1848- 1849. 



sentation de les Sept Péchés capitaux, drame en 7 actes; — du 14 au 22 décembre, 
Anthiome, ténor léger, Haydée, Ne touchez pas à la Reine, le Postillon de Lonjumeau, la 
Fiancée, Fra Diavolo, la Dame blanche; 29 décembre, première représentation de 
Anneessens ou le Martyr de la Patrie, drame en 5 actes de G. Vaez. 
1849. — 8 janvier, reprise de la Fiancée, opéra comique en 3 actes ; — 13 janvier, fête de 
nuit ; — 14 janvier, reprise de Norma ; — 22 janvier, début de Jules et de sa troupe ; pre- 
mière représentation de les Divinités aériennes, ballet en 1 acte, reprise de le Barbier de 
Séville; — 28 janvier, premier début de St-Denis, baryton, la Favorite ; — 2 février, reprise 
de le Philtre; — 5 février, rentrée de M Ue Rousset, première danseuse, Robert le Diable; 
— 1 1 février, reprise de Don Sébastien, roi de Portugal, opéra en 5 actes; — 15 février, 
reprise de Lucie de Lammermoor, début de Numa, premier ténor; — du 19 février, 
représentation de Marquilly, premier ténor, la Muette de Portici ; — 20 février, reprise de 
le Dieu et la Bayadère, opéra en 2 actes; — 22 février, au bénéfice de Hanssens, chef 
d'orchestre, Guillame Tell, Selva dans le rôle d'Arnold, Charles IV, 2 me acte; — 27 février, 
reprise de l'Enfant trouvé, comédie en 3 actes ; — 9 mars, au bénéfice de M lle Marchand, 
Jérusalem, opéra; — 14 mars, première représentation de le Val d'Andorre, opéra 
comique en 3 actes, paroles de St-Georges, musique d'Halévy; — 14 mars, grand concert 
donné par M me Persiani, avec le concours de Hermann, violoniste, Mecati, baryton, Carlo 
Michèle, ténor ; — 18 mars, par ordre, le Val d'Andorre ; - du 28 février, série de représen- 
tations de Octave, premier ténor, et de Boucher, première basse, reprise de les Huguenots, 
Charles IV ; — 29 mars, au bénéfice de M Ue Rousset et de Adrien, première représenta- 
tion de Catarina ou la Fille du Bandit, ballet en 2 actes; — i cr avril, reprise de 
Charles VI ; — 5 avril, au bénéfice de Prilié, première basse, et de Bosse'et, deuxième 
chef d'orchestre, les Huguenots; — 12 avril, reprise de les Joyaux de la Reine, drame, 
Catarina, ballet; — 13 avril, au bénéfice .de M me Arga et de M lle Pauline Marchand, le 
Val d'Andorre; — 15 avril, par ordre, le Val d'Andorre; — 16 avril, reprise de le Diable 
à quatre, ballet, la Vengeance italienne ou les Français à Florence, comédie-vaudeville 
en 2 actes, la Chasse aux vautours, vaudeville; — 18 avril, au bénéfice de M Ues Pougaud 
et Cayot, le Val d'Andorre; — 20 avril, au bénéfice de Anthiome, première représentation 
de Gilles Ravisseur, de Grisar ; — 21 avril au bénéfice de Lemaire, première représen- 
tation de les Viveurs de la maisàn d'or, comédie, avee le concours de Vernier, premier 
comique du Vaudeville; — 30 avril, clôture, le Maître de Chapelle, Norma, 1" acte, 
Ne touchez pas à la Reine, 2 m « acte, Charles VI, 2 me acte, Gilles Ravisseur. 



362 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1848-49. 

Celte année fit une consommation effroyable de ténors. Il n'en 
défila pas moins de dix-neuf. Leur séjour n'était pas de longue 
durée : à peine arrivés, l'accueil du public les forçait de repartir. 
C'était au point que le concierge, — facétieux, mais charitable 
fonctionnaire, — chargé de leur trouver un logement, conseillait aux 
nouveau-venus de rester quelques jours à l'hôtel, et de ne pas débou- 
cler leurs malles avant d'avoir essuyé le feu de la -rampe. 



RAPPORT DU THÉÂTRE ROYAL DE LA MONNAY 
Deux femmes paraissant suspectes sont entrées au théâtre avec un billet de faveur 
et ont pris place au parquet. M. Awoton, médecin de I er régiment de chasseurs à 
pied, en garnison à Bruxelles, s'étant plaint de la présence de ces femmes qu'il disait 
être des prostituées, je les ai invitées à sortir et de prendre place au 3 mes loges, ce 
qu'elles ont fait immédiatement. 

Bruxelles, le 18 décembre 1848. 

{Signé) Jansen. 



Massol écrit au bourgmestre que, ne pouvant concilier les fonc- 
tions de directeur avec son emploi d'artiste, il donne sa démission, et 
désigne, pour lui succéder, Hanssens, chef d orchestre, et Alexandre 
Gaudron, premier rôle. Le Conseil Communal accepte ce désiste- 
ment, et autorise l'exploitation du théâtre, par les successeurs, jus- 
qu'au 30 avril, jour de la fermeture. 





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(1849-50) 



MM. A. QUÉLUS, directeur. 

A. Vizentini, régisseur général. 

Adolphe, régisseur de Saint-Hubert et du Parc. 

Bardou, 

Vincent, 

Bourgeois, troisième régisseur, 

Damade, régisseur des chœurs. 

Rouquet, régisseur du ballet. 



seconds régisseurs. 



Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Octave, fort premier ténor. 

Martin, fort premier ténor double. 

Montaubry, premier ténor léger en tous 
genres. 

Diguet, baryton. 

Brémont, première basse en tous genres. 

Vialette, deuxième basse et première au 
besoin. 

Lavillier, basse comique et troisième basse. 

Verlé, second ténor en tous genres. 

Marquilly, Philippe, Moreau-Sainti, deu- 
xième ténor au besoin. 

Froment, trial. 

Leroy, Laruette. 

Jouard, troisième ténor, grand coryphée. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Caroline Prévost, première chanteuse à 

roulades. 
Julien, première chanteuse, Falcon, Stoltz, 

etc. 
Cornélis, seconde chanteuse, doublant les 

deux premières. 
Julie Dorval, première Dugazon. 
***, deuxième Dugazon. 
Mancini, mère Dugazon, duègnes chantante?. 
Luguet, duègnes, caricatures. 
Minne, deuxième duègne. 
Froment, grande coryphée. 
Denise Murât, 
Damade, 
Joséphine Murât, utilités. 



coryphées 



3 6 4 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1849-50. 



Ballet. 



Messieurs : 

Desplaces, maître de ballet et premier dan- 
seur en tous genres. 
Murât, deuxième danseur en tous genres. 
Bolzaguet, deuxième et troisième danseur. 
Rouquet, danseur comique. 
Pascal, deuxième comique. 
Hamel, 



Koi'KELBERG, ) 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Anita Dubignon, première danseuse en tous 
genres. 

Ferdinand, première danseuse double. 

Léontine Pougaud, deuxième première dan- 
seuse. 

Sainti, deuxième danseuse. 

Placide, ) . ., , , , 

_ ! troisièmes danseuses coryphées. 

Lavigne, ) 

Dubruissel, rôles mimes. 
Trente-deux figurants et figurantes danseuses. 

École de danse. 



rôles mimes. 



M. Rouquet, professeur. 
Trente élèves. 

Orchestre. 



MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef. 
Bosselet, deuxième chef. 
Camus, ) 

Van Volxem, ) 
Fétis, pianiste. 

De Greef, chef d'orchestre du ballet. 
Soixante musiciens. 



répétiteurs. 



Comédie, Drame et Vaudeville. 



Messieurs : 

Tony, premiers rôles en tous genres. 

Quélus, grands premiers rôles, pères nobles, 

et Ferville. 

Nerould, jeune premier rôle. 

Jolly, jeune premier. 

Chambéry, deuxième amoureux. 

Rey, deuxième et troisième amoureux. 

Roland, financier, manteaux. 

Stoltz, troisième rôle, raisonneur. 

Babdou, troisième rôle. 

Bouchez, rôles grimes, et paysans. 

Bernard, rôles de convenance. 

Vernier, ) 

premiers comiques. 
Arthur, ) 

Leroy, comique grime. 

Désiré, ) . 

., deuxièmes comiques. 

M INNE, ) 

Pascal, troisième comique, deuxième au 
besoin. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Doligny, grand premier rôle. 
Léonie Darmont, premier rôle jeune. 
Corès, jeune première, ingénuité. 



*** 



, première amoureuse. 



Blanchard, deuxième amoureuse. 

Marty, jeune coquette et deuxièmes rôles. 

Irma, soubrette, Déjazet, etc. 

Froment, deuxième soubrette. 

Luguet, première duègne. 

Poncelet, mère noble. 

Minne, seconde duègne. 

Desroches, troisième duègne, deuxième au 

besoin. 
Henri, } 
Lavigne, ) 
Arthur, 
Sophie, J., 
Joséphine Murât, 
Pâquerette, utilités. 



troisièmes amoureuses. 



rôles de convenance. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1849-50, 



i& 



Messieurs : 

Bergeronneau, \ 

Damade, ! 

Leroy, ' 

Lambert, l 
Mailly, 
Hubert, 



utilités. 



Mesdames et Mesdemoiselles 
Claire, j 

Damade, l utilités. 

Etc. ; 

Monsieur 
Haly, utilités. 



Orchestre de Vaudeville. 

MM. Singelée, chef d'orchestre. 
Raimbault, deuxième chef. 

Dix-huit musiciens. 

Artistes en représentations. 

M ,le Méquillet (sur la demande de M. Meyerbeer, pour créer le rôle de Fidès dans le 

Prophète). 
M Ue Lucile Grahn (tout le mois d'octobre). 

C'est Grognier, dît Quélus, qui est maintenant directeur des 
Théâtres Royaux de la Monnaie, du Parc et des Galeries, pour un 
terme de trois ans. 

Le Conseil Communal avait laissé à la nouvelle administration la 
latitude de fermer le théâtre pendant les quatre mois d'été. 

Justement émus de cette décision qui les lésait dans leurs plus 



1849. — 3° août. Ouverture, première représentation de Gastibelza, drame lyrique en 
3 actes, de Dennery et Cormon, musique de Maillart; — 5 septembre, débuts et rentrées, 
le Chalet, opéra comique, Giselle, ballet ; — 7 septembre, reprise de Robert le Diable ; — 
11 septembre, première représentation de le Caïd, opéra bouffe en 2 actes, de Sauvage* 
musique d'A. Thomas ; — 13 septembre, débuts, Lucie de Lammermoor ; — 15 septembre, 
première représentation de la Biche au bois, féerie; — 18 septembre, début de Brémond, 
Robert le Diable; — 19 septembre, reprise de les Mousquetaires de la Reine, opéra 
comique, la Ciguë, comédie ; — 20 septembre, première représentation de la Vieillesse de 
Richelieu, comédie; — 21 septembre, début de Diguet, baryton, Guillaume Tell, repré- 
sentation de M lle Lucile Grahn, danseuse ; — 23 septembre, reprise de la Reine de Chypre; 

— 25 septembre, M lle Albani, cantatrice, M lle Anaïs, du Théâtre-Français de Paris, 
Hoffmann, du Théâtre du Vaudeville de Paris; — 30 septembre, reprise de la Juive : — 
2 octobre, reprise de les Diamants de la Couronne ; — du 3 octobre, série de représenta- 
tions de M lle Lucile Grahn, première danseuse, Catarina, ou la fille du bandit, Giselle, 
la Esmeralda, la Jolie Jille de Gand, la Gypsy ; — 5 octobre, premier début de 
M me Mamini, duègne, de Malivert, deuxième ténor, le Domino noir ; — 6 octorre, début 
de Martin, premier ténor double, la Favorite ; — 9 octobre, début de Dreyton, première 
basse, Robert le Diable ; — 10 octobre, reprise de la Marquise de Senneterre, comédie; 

— 11 octobre, reprise de la Muette de Portici ; — 14 octobre, reprise de les Huguenots ; 
<— 21 octobre, au bénéfice des pauvres (M lle Lucile Grahn, première danseuse), Giselle, 



366 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1849-50. 

proches intérêts, les commerçants du quartier adressèrent une péti- 
tion au Conseil. Nous en extrayons le passage suivant : 

Les subsides annuels étaient, il y a un an : 

Du Roi fr. 48,000 

De la Ville 36,000 

Total . . fr. 84,000 
Tandis qu'aujourd'hui, les subsides on été élevés comme suit : 

Le Roi au lieu de 48,000 donne fr. 67,000 

Et la Ville porte sa subvention à 48,000 

De plus, elle paye le service des pompiers . . . 2,500 

Elle fait abandon du droit des pauvres .... 20,000 

Ce qui donne un total de fr. 137,500 

En outre, le directeur de la Monnaie est affranchi des droits d'auteurs, et dispensé de payer 
le loyer de la salle, ce qui fait, en chiffres ronds, une subvention de 327,000 francs qui est 
assez élevée pour affronter la baisse des recettes pendant l'été. 

Malgré tous ces avantages et une fermeture préalable de quatre 
mois, en dépit dune salle fraîchement restaurée, dont l'inauguration 
se fit par une œuvre nouvelle : Gastibel^a, de Maillart, la direction 
ne put se maintenir longtemps. 

Les débuts furent très orageux. Des troubles intimes ne tardèrent 
pas à jeter le désordre dans l'intérieur du théâtre. Quelques artistes, 
hostiles à leur directeur et suivis de nombreux adeptes, affichèrent 
ostensiblement la plus mauvaise volonté, et empêchèrent plusieurs 
spectacles. 



2 me acte, Esmeralda, I er acte, Catarinct, dernier tableau, le Barbier de Séville, I er et 
2 me actes, la Favorite, 4 me acte; — 25 octobre, représentation de M 1Ie Alboni, au bénéfice 
de M me Luguet, la Favorite; — 26 octobre, le Docteur noir, drame en 7 actes; — 

27 octobre, au bénéfice de M lle Lucile Grahn, première danseuse, la Jolie fille de Gand, 
Esmeralda, les Mousquetaires de la Reine, le Barbier de Séville, i er acte ; — 5 novembre» 
début de Depassio, première basse, la Juive; — 6 novembre, première représentation de 
l'Amitié des femmes, comédie en 3 actes ; reprise de le Diable à quatre; — 7 novembre» 
série de représentations de M me Charton-Demeure, première chanteuse, Haydce ; — 
13 novembre, première représentation de le Toréador, opéra bouffe en 3 actes, de Sauvage, 
musique d'A. Adam. 

Coraline M llc Prévost. 

Tracolin MM. Montaubry. 

Don Belflor Violette. 

1849. — 21 novembre, série de représentations de M roe Flora-Fabri, première danseuse du 
Théâtre de Londres, le Diable à quatre; — 22 novembre, par ordre, le Toréador; — 

28 novembre, reprise de le Lac des fées, opéra en 5 actes ; représentation de Bardou aîné ; 
— 30 novembre, M me Charton-Demeure, de l'Académie de Musique de Paris ; — 
5 décembre, reprise de Paquita, ballet; — 12 décembre, reprise de le Dieu et la 
Bayadère; — 16 décembre, représentation extraordinaire au bénéfice de M me Flora-Fabri, 
le Dieu et la Bayadère, Paquita, I er acte, la Favorite, 4 mc acte, la Dame blanche, i er acte; 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1849-50. 367 



Voici le petit imprimé qui fut distribué, un soir, à tous les specta- 
teurs, au moment où ils entraient dans la salle : 



SUPPLEMENT 

AU JOURNAL LARTISTE 

du 2j octobre i8^<). 



L'Administration des Théâtres Royaux a l'honneur de prévenir le public que, 
par suite de la persistance de l'indisposition vocale qui, depuis un mois, met 
M lle Julie DORVAL, première Dugazon, dans l'impossibilité de chanter, la marche 
du répertoire se trouvant entravée, elle vient, sur la demande de M lle Julie DORVAL, 
d'accorder à cette artiste la résiliation de son engagement. 

Par tous les moyens qui seront en son pouvoir, l'Administration s'engage, vis-à- 
vis du public, à faire tout ce qui dépendra d'elle pour remplacer M ,le Julie 
DORVAL dans le plus bref délai possible. 

En attendant, comme il était urgent de ne pas entraver la représentation de ce 
soir au bénéfice de M lle Lucile Grahn, l'administration a fait appel au concours de 
M me Reyna, qui, par complaisance seulement, et sans aucune prétention aux 
premières Dugazon, a bien voulu se charger du rôle de Berthe dans les 
Mousquetaires de la Reine. 

Dans l'espoir que le public voudra bien tenir compte à M me Reyna de sa com- 
plaisance, la direction termine en déclarant positivement que M me Reyna 
n'est engagée que comme seconde Dugazon, et que ce n'est que comme telle 
que cette artiste terminera prochainement ses débuis. 



— 18 décembre, première représentation de Madeleine, opéra comique en 1 acte, de Scribe 
et G. Vaez ; — 19 décembre, première représentation de Un conseil d'ami, comédie en 
1 acte; — 21 décembre, reprise de Jérusalem; — 30 décembre, adieux de M 11 - Flora- 
Fabri, première danseuse, Paquita, ballet, Lucie de Lammermoor, 4 me acte, les Hugue- 
nots, 4 me acte. 
1850. — i er janvier, début de M me Lespinasse, les Mousquetaires de la Reine ; — n janvier, 
reprise de Terpsichore sur terre, ballet, Ne touchez pas à la Reine, opéra comique; 
pendant les entr'actes A. Rancheraye, violoniste de 9 ans et demi, exécute des morceaux de 
deBériot; — 12 janvier, fête de nuit; — 16 janvier, reprise de le Comte Hermann, drame 



368 Le Théâtre de la (Monnaie, — 1849-50. 

Le 5 janvier, grande fête artistique sous le patronage de l'Admi- 
nistration Communale, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine, 
des Princes, accompagnés des personnages de la Cour, des 
ministres, etc. La salle, transformée et richement décorée, fut appelée 
Palais des mille et une nuits! 

Mais, quelques jours plus tard, Quélus abandonne la direction, 
et un appel aux soumissionnaires n'amène aucun résultat, tellement 
le théâtre était discrédité en province et à l'étranger par ses désastres 
successifs ! 

Trois artistes de La Haye : Chaunier, Obin et Regnault, se 
décident cependant à demander la direction de la xMonnaie, mais ils 
ne peuvent s'entendre, et renoncent à l'affaire. Le Conseil Communal 
était sur le point d'y renoncer à son tour, lorsque se présentent 
MM. Hanssens, Ricard et Balathier, sous la raison sociale : 
Balathier et C ,e , et cette proposition in extremis est acceptée. 

Nous trouvons aux archives un long dossier imprimé à l'adresse 



en 5 actes; — 17 janvier, reprise de la Fille du régiment; — 18 janvier, représentation 
extraordinaire, avec le concours de M me Rita-Faventi, cantatrice; — 21 janvier, 
reprise de Gilles Ravisseur, opéra comique en 1 acte; — du 23 au 27 janvier, représenta- 
tion de Baroilhet, premier sujet de l'Opéra, la Reine de Chypre, la Favorite, 2 me et 
3 me actes, Charles VI, 3 me acte, le Barbier de Séville, chanté en italien; — 30 janvier, 
reprise de les Monténégrins; — 2 février, Grande Fête de Nuit ; — 4 février, reprise de 
la Juive; — 5 février, au bénéfice de Desplaces, les Monténégrins, Paquita, ballet; — 
7 février, reprise de le Lac des fées, opéra; — 15 février, reprise de la Sirène, opéra 
comique; — 18 février, M Ue Thuillier du Théâtre du Vaudeville de Paris; — 19 février, 
reprise de la Jolie fille de Gand, ballet; — 24 février, adieux de M me Flora-Fabri, 
première danseuse, Robert le Diable, 3 me acte; — 8 mars, reprise de Don Sébastien, 
opéra; — 15 mars, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique; — 19 mars, 
au bénéfice de Montaubry, premier ténor, le Val d'Andorre, opéra comique ; — du 21 mars, 
série de représentations de Chollet, premier sujet de l'Opéra-Comique, — 26 mars, grand 
concert, Stabat Mater, de Rossini ; — 4 avril, au bénéfice de M me V e Dessessarts, Stabat 
Mater, de Rossini; Guillaume Tell, 2 me acte; le Débutant, comédie, avec le concours de 
Laferrière ; — 7 avril, Laferrière et M lle Lacressonnière, du Théâtre de la Gaîté de Paris; 
— 9 avril, concert donné par Apollinaire de Kontski ; — 12 avril, au bénéfice de 
M lle Prévost, première chanteuse ; — 19 avril, première représentation de le Moulin des 
Tilleuls, opéra comique en 1 acte, de Mallian et Cormon, musique de Maillart; — 
24 avril, au bénéfice de Vialette, Nabuchodonosor, Gilles Ravisseur ; — 30 avril, clôture, 
au bénéfice de la crèche, Norma, I er acte ; la Juive, 2 me acte; le Barbier de Séville, i er et 
2 me actes; la Péri, Paquita, ballets. 

Saison d'été. 
1 850. — 9 mai, premier début de M me Widmann, contralto, de Bouché, première basse; 
rentrée de M lle Léontine Pougaud et de Murât; premier début de M lle Cuvalié, troi- 
sième danseuse et de Topoff, danseur; reprise de Sentir amis, opéra en 4 actes; — 
12 mai, premier début de M lle Pollin, première danseuse ; rentrée de Desplaces, maître de 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1849-50. 369 

du Roi, et signé : Van den Boogaerde, et classé dans un carton, 
sur lequel on peut lire une note, de la main même de M. de Brouc- 
kère : « Ce document mérite d'être tiré de la poussière de l'oubli, et 
conservé comme un modèle d'ineptie. » 

M. Van den Boogaerde, caissier pendant plusieurs années à la 
Monnaie, tâche de prouver au Roi que le théâtre rapporte à la ville 
plus d'un million par an. 

Il établit, à l'appui de son affirmation, des chiffres nombreux, 
parmi lesquels un tableau comparatif des dépenses effectuées 
annuellement par toutes les classes de la société. Dans ce tableau, 
de haute fantaisie, la noblesse figure pour une somme de 
fr. 304,971.69, tandis que les ouvriers n'atteignent que le chiffre de 
fr. 2,904.30. 

Le sieur Van den Boogaerde et ses 69 centimes de la noblesse, 
méritent, en effet, de passer à la postérité. Il est évident qu il faut 
être le plus étonnant des statisticiens, pour avoir, après des 
recherches inouïes, accouché de ces fameux 69 centimes. Mais cet 



ballet; première représentation de la Vivandière et le Postillon, ballet; — 15 mai, 
premiers débuts de M mes Cabel, première chanteuse légère, de Livry, première Dugazon, 
Abel, premier ténor léger, Gaffré, deuxième ténor; reprise de les Mousquetaires de la 
Reine; — 16 mai, reprise de les Jeux de l'amour, comédie; débuts de la troupe de 
comédie; — 17 mai, premier début de Martin, baryton, la Favorite; — 18 mai, reprise 
de la Sirène; — 22 mai, reprise de Charles VI ; — 23 mai, reprise de le Verre d'eau, 
comédie; — 29 mai, reprise de la Femme de quarante ans ; — i er juin, reprise de les 
Huguenots ; — 4 juin, représentation de M lle Marra, première chanteuse, Lucie de 
Lammermoor ; — 6 juin, première représentation de la Nymphe des eaux, ballet ; la Dame 
blanche ; — 7 juin, début de M me Duprat ; reprise de les Enfants d'Edouard ; • — 10 juin, 
reprise de le Prè-aux-Clercs ; — 20 juin, première représentation de la Fée aux roses, 
opéra-féerie en 3 actes, de Scribe et Saint- Georges, musique d'Halévy; — 21 juin, 
première représentation de Un ménage parisien, comédie en 5 actes; — 25 juin, débuts 
de comédie et d'opéra, les Deux frères, comédie ; — 27 juin, débuts, première représen- 
tation de Horace et Lydie ; reprise de Tartuffe; — 30 juin, clôture d'été, la Fée aux roses, 
opéra comique; — 2 juillet, « par extraordinaire», la Fée aux roses, opéra comique; 
— 5 et 7 juillet, même spectacle; — 11 juillet, le Dépit amoureux, comédie; les Diamants 
de la Couronne, opéra comique; — 14 juillet, représentation donnée par Ed. Galland, 
premier rôle du Théâtre du Cirque de Paris ; Murât, pièce militaire ; — du 17 juillet au 
9 août, série de représentations de M me Laborde, première chanteuse de l'Opéra, Lucie de 
Lammermoor, le Barbier de Séville, les Huguenots, les Diamants de la Couronne, la 
Fille du régiment, le Rossignol, le Prè-aux-Clercs, Norma ; — 9 août, au bénéfice des 
choristes de la Monnaie, avec le concours de M me Laborde 5—13 août, première repré- 
sentation de lesPorcherons, opéra comique en 3 actes, de Sauvage et de Durieu, musique 
d'Albert Grisar; — 30 août, représentation extraordinaire au bénéfice des Inondés, avec le 
concours de M lle Denain de la Comédie-Française, Il faut qu'une porte soit ouverte ou 
fermée, proverbe de Musset ; les Porcherons, opéra comique. 



370 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1849-^0. 

incompris termine son travail, dont l'idée mérite peut-être plus 
d égards, en demandant « un projet de loi et la nomination dune 
commission de gens compétents appartenant au pays, et dont le but 
serait de sauvegarder les intérêts du théâtre en Belgique. Tous les 
arts seraient représentés dans cette commission. » Ineptie? eh! 
eh!... Chi lo sa? 

Un incident, qui aurait pu entraîner les conséquences les plus 
graves, se produisit à la soirée du 16 avril. Un ivrogne s était 
placé aux quatrièmes, en compagnie d'un litre de genièvre. Il en 
avait déjà vidé la moitié, lorsque lidée le prit de jeter le flacon 
sur la scène. Le projectile effleura la joue de M lle Lacombe, et vint 
se briser aux pieds de la chanteuse, dont il est facile de concevoir 
l'émotion. On expulsa ce fidèle servant d T Euterpe et de Bacchus, et 
le spectacle, interrompu pendant quelques minutes, put continuer... 

Cette campagne théâtrale vit défiler Alboni, Baroilhet, Chollet, 
M mes Charton-Demeur, Laferrière, M 11 " Lacressonnière, et Lucie 
Grahn, danseuse, etc., etc. 

Elle fit connaître à Bruxelles : Les Monténégrins, de Limnander; 
le Caïd, d'A. Thomas (créé aux Galeries); Gastibelza, de Maillart; 
le Toréador, cf Adam ; et, pendant la saison d'été, la Fée aux roses, 
d Halévy ; les Porcherons, de Grisar. 

La comédie est maintenant sacrifiée. La première scène de 
Bruxelles, qui avait marché de pair avec la Comédie-Française, 
commençait déjà à négliger le genre qui lui valut ses plus beaux 
succès, et qu'elle devait bientôt abandonner, pour laisser la place aux 
seuls ouvrages musicaux. 








(1850-51) 



MM. Ch.-L. HANSSENS, directeur. 
A. Vizentini, régisseur général, 
Hanssens, chef cTorchestre. 



Opéra, Opéra comique et Traductions. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Octave, fort premier ténor. Cabel, première soprano, premières chan- 

Barbot, premier ténor d'opéra comique. teuses légères. 

Aujac, seconds ténors en tous genres, pre- Lacombe, première forte chanteuse soprano. 



miers au besoin. 
Girardot, Trial. 
Martin, baryton, grand opéra. 
Arthur d'Hôtel, 

Bouché, première basse de grand opéra. 
Vialette, première basse d'opéra comique. 
Prilleux, basse comique, Laruette. 
Froment, deuxième ténor comique. 
Borsary, basse comique. 



Wideman, première forte chanteuse con- 
tralto. 
Lacombe, première chanteuse légère d'opéra. 
Nilho, première chanteuse légère double. 
Beauchéne, première Dugazon. 
Livry, deuxième Dugazon. 
Muller, jeune mère Dugazon. 



Messieurs : 
Doligny, grand premier rôle. 
Verdellet, premiers rôles en tous genres 
Hadingue, jeune premier rôle. 
Tony, premier rôle de comédie. 
Karl, premier comique. 
Bouchez, rôles grimes et paysans. 
Rey, amoureux. 

Stoltz, troisièmes rôles, raisonneur. 
Pascal, troisième comique. 



Comédie, Drame et Vaudeville. 

Mesdames et Mesdemoiselles : 

Carès, jeunes premières ingénuités. 

E. Lafont, premières ingénuités et pre- 
mières amoureuses. 

Marty, jeune coquette et deuxièmes rôles. 

Desplaces, soubrettes, Déjazet. 

Lavigne, troisièmes amoureuses, secondes 
soubrettes. 

Luguet, duègnes et caractères. 



37 2 Te Théâtre de la (Monnaie. — 1850-51. 

Ballet. 

Monsieur Mesdames et Mesdemoiselles : 

Desplaces, maître de ballet, premier danseur Polin, première danseuse. 

en tous genres. Cavallié, deuxième danseuse. 

Bariquet, deuxième danseur. Léontine Pougaud, deuxième première dan- 

Topoff, troisième danseur. seuse. 
Murât, deuxième danseur en tous genres. 

Artistes en représentation. 

M œes Laborde, Masson, Petipa (pour créer le rôle de Fidès dans le Prophète). 

Balathier et C ie , telle est, nous l'avons dit, la « raison sociale » 
sous laquelle la direction des Théâtres de la Monnaie et du Parc 
lait l'ouverture de l'Opéra, le I er mai, par Sémiramide. 

Un incident assez original marque la période des débuts. Le 
10 mai, on commençait par Tartuffe, qui devait servir d'épreuve à 
six sujets importants. Le premier rôle, Tony, débutait par le 
personnage même de Tartuffe, qui, nul ne lignore, ne paraît qu'au 
3 me acte. A peine Tony a-t-il risqué un pas sur la scène, avant 
même qu'il ait remué les lèvres, un coup de sifflet se fait entendre. 
L'artiste ne s'attendait pas à une telle réception ; il esquisse un geste 
qui semble dire qu'il n'insiste pas, et se retire. Chose étrange ! Le 
public ne bronche pas, on croit que Tony va revenir, il n'en est 
rien; même indifférence; la toile se baisse, le public bronche de 
moins en moins, vingt minutes s'écoulent, pas un murmure dans la 
salle. La toile se lève : Monnier vient annoncer que Tony refuse 
obstinément de reparaître, que l'administration va sévir contre 



1850. — 2 septembre, ouverture; — 6 septembre, première représentation de le Prophète, 
opéra en 5 actes, de Scribe, musique de Meyerbeer. 

Fidès M mto WilemaN. 

licrthe Petipa. 

Jean de Leyde MM. Octave. 

Zacharie Bouché. 

Oberthal Vialette. 

Jouets Martin. 

1850. — 29 octobre, première représentation de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique 
en 3 actes, de Rotier et de Leuven, musique d'A. Thomas. 

Shakespeare MM. Barbot. 

J-'alstaJ]' Vialette. 

Latimer Aujac 

Elisabeth M me Cabel. 

1850. — 13 décembre, première représentation d'Attila, opéra en 4 actes, de Danglas, 
musique de Verdi (traduction) — 20 décembre, première représentation de Giralda, 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1850-51. 373 



l'artiste récalcitrant, mais qu'elle demande la permission du ne pas 
achever Tartuffe et de passer tout de suite au ballet qui doit termi- 
ner la soirée. Un silence glacial, le rideau retombe lentement. Et la 
représentation continue sans un murmure... 

Mais, le lendemain, Tony se ravisa, consentit à débuter clans 
M n ° de Belle-Isle, et... fut admis. 

Le premier ténor, Aujac, qui avait choisi pour sa troisième 
épreuve, la Dame blanche, essuya des marques assez vives de mécon- 
tentement. Le directeur se vit dans l'obligation de résilier son 
contrat. Aujac ne se découragea pas : il fît de nouveaux débuts 
comme second ténor, et nous allons le voir tenir cet emploi, avec 
succès, pendant de longues années. Le premier ténor qui lui succéda 
fut Anthiome. 

En Juillet, M me Laborde, profitant du congé forcé que lui offre la 
fermeture de 1 Opéra, vient donner une série de représentations 
triomphales. 

A partir du mois d'août, une troupe italienne s'installe au 
Théâtre du Cirque. 

Direction : Bocca et Quélus. 

MM. Lucchesi, Morelli, Zucconi, G. Mazzi, G. Mora, Carlo Salani, Fiorio. 
M mes Medori, Aldini, Biscottini, Fiorio. 

La Monnaie voit l'apparition de Edmond Galland et de sa troupe. 
Pendant le séjour de ces artistes, les spectacles lyriques ont lieu au 
Théâtre des Galeries. 



opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Adam ; — 13 novembre, Griselidis, ballet 
en 3 actes ; — 29 décembre, la Jolie Bretonne, ballet en 2 actes. 
185 1. — i Pr janvier, Giralda, opéra comique; — 4 janvier, première fête de nuit; — 
13 janvier, reprise de le Val d'Andorre, opéra comique en 3 acles ; — 19 janvier, reprise 
de Moïse, opéra; — 28 janvier, reprise de les Monténégrins, opéra comique ; — 2 février, 
reprise de Jérusalem, opéra ; — 14 février, reprise de les Mousquetaires de la Reine, 
opéra comique ; — 20 février, reprise de Sèmirawis, opéra ; — 28 février, première repré- 
sentation de Stradella opéra en 5 actes, d'E. Deschamps et E. Pacini, musique de Nieder- 
meyer; — 7 mars, au bénéfice de M me Cabel, première représentation de la Chanteuse 
voilée, opéra comique en 1 acte, de Scribe et Leuven, musique de Victor Massé; — 12 mars, 
reprise de les Forges de Vulcain, ballet ; — 18 mars, reprise de la Queue du chien d'Âlci- 
biade, comédie en 1 acte; — 19 mars, reprise de Gilles Ravisseur, opéra comique en 
1 acte; — 20 mars, première représenta'ion de Azélia, ballet en 1 acte; — 4 avril, 
première représentation de VEnfant prodigue, opéra en 5 actes, de Scribe, musique 
d'Auber; — 22 avril, au bénéfice de M. Monnier, la Favorite, les Huguenots, 4 me acte : — 
25 avril, bénéfice de M. Arthur d'Hôtel, première représentation de Bonsoir, monsieur 



374 Le Théâtre de la tMonnaie. — 1850-51. 

En septembre, première représentation de le Prophète, opéra de 
Meyerbeer, sur lequel on comptait beaucoup. 

Les principaux rôles étaient tenus par M mcs Wideman et Petipa, 
Octave, Vialette, Bouché et Martin. 



Ainsi que nous l'avions prévu dans notre article du 29 août dernier, le Prophète est tombé, 
dès sa première représentation, qui a eu lieu vendredi 6 septembre courant. 

Cet opéra n'a pas pu même être apprécié par les amateurs, à cause de l'insuffisance des 
artistes qui l'ont interprété, et qui n'étaient à la hauteur de leurs rôles, ni comme acteurs, ni 
comme moyens, ni sous le rapport de la méthode et de la science. 

Tous les principaux morceaux de chant sont passés inaperçus, ou bien l'exécution en a été 
désapprouvée parle public. 

Parmi ceux qui ont le plus excité le mécontentement, nous devons mentionner le fameux 
duo entre Fidès et Berthe, le grand air de Fidès, la cavatine de Berthe, la scène et le trio 
bouffe pour ténor, baryton et basse, ainsi que la romance à deux voix, chantée par Fidès et 
Berthe. Ces morceaux ont causé une si pénible impression, qu'il n'est pas permis de croire 
que ce soient les mêmes que ceux dont le succès a été si éclatant à Paris et à Londres. 

En revanche, et comme compensation aux mutilations qu'on a fait subir à l'opéra, et aux 
modifications de tons qui ont été introduites dans différentes parties, nous avons eu une 
espèce d'ouverture, arrangée par un profane qui n'a pas craint de substituer ses propres 
inspirations à celles du grand compositeur. 

Cette ouverture n'a d'ailleurs aucune analogie avec la musique de iMeyerbeer. 

{Belgique Musicale.) 

Mais voici bien le scandale le plus surprenant, le plus inattendu 
qu'on puisse imaginer. Les directeurs ayant à se plaindre de la 
critique, notamment au sujet de la première représentation de le 
Prophète, font afficher dans toute la ville, le 9 septembre 1850, la 



Pantalon, opéra comique en 1 acte, de Lockroy et Morvan, musique d'A. Grisar ; reprise 
de le Caïd, la Juive, 4 me acte ; — 26 avril, représentation extraordinaire avec M lle Medori, 
premier sujet de la Compagnie Italienne; — 28 avril, bénéfice de M. Hanssens, Bonsoir, 
monsieur Pantalon, opéra comique en 1 acte ; intermède musical ; symphonie de Beetho- 
ven avec piano, orchestre et chœur ; — 29 avril, adieux de M me Medori, scène de Norma; 
rondeau de la Cenerentola ; Tolacca de Jérusalem ; la Chanteuse voilée, opéra comique; 

— 30 avril, clôture, l'Enfant prodigue, i cr et 2 me actes ; Bonsoir, monsieur Pantalon, 
Opéra comique en 1 acte; Azélia, ballet; le Caïd, 2 mc acte. 

Saison d'été. 
1851. — /\ mai, reprise de la Favorite, opéra; le Caïd, opéra comique; — 7 mai, rentrée 
de M me Cabel, première chanteuse légère d'opéra comique, M me Luguet, Dugazon, 
Barbot, premier ténor d'opéra comique, Aujac, deuxième ténor; premier début de Mangin, 
première basse d'opéra comique (en remplacement de Vialette) ; reprise de les Mousque- 
taires de la Reine, opéra comique ; rentrée de M lle Cavallié et de Boriquetet Topoff, dans 
le ballet; Marco-Bomba, ballet ; — 8 mai, reprise de Haydée, opéra comique en 3 actes ; 

— 10 mai, débuts et rentrées, la Dame blanche, i er acte: Haydée; — du 1 1 mai, série de 
représentations de M" c Masson, premier sujet de l'Opéra, la Favorite; — 12 mai, rentrée 



Le Théâtre de la Monnaie. — 1850-51. 375 

proclamation suivante, qui accompagna l'annonce du spectacle 
jusqu'au 26 du même mois : 

La direction des Théâtres Royaux a l'honneur de porter à la connaissance du public que, 
malgré son désir de remplir ses devoirs administratifs, ne pouvant parvenir à conjurer 
l'opposition systématique de certains organes de la presse, elle ne s'en référera désormais 
qu'à la conscience publique pour ses actes, et redoublera d'efforts pour maintenir les théâtres 
royaux au rang qu'ils doivent occuper. 

La direction, à la date du 6 septembre courant, a retiré : 

i° A M. Perrot (Indépendance), quinze entrées dont il jouissait chaque jour aux théâtres 

royaux, valeur annuelle fr. 9,000 

2° A M. Deschamps (Manneken), 2 entrées 1,200 

3 A M. Deleutre (Observateur), 8 entrées 4,800 

4° A M. Hauman (Politique), 5 entrées 3,000 

Total pour les quatre journaux 18,000 

La direction ose espérer que l'opinion publique saura se fixer sur le motif et la valeur 
réelle des attaques incessantes de ces messieurs. 

On juge de l'effet produit dans le public par ce singulier 
placard. Jamais scandale n'eut autant de retentissement que cette 
« affaire des affiches ». M. Perrot, suivi par ses collègues, intenta 
à la direction du théâtre un procès qui fournit nombre de séances, 
où plaidèrent une multitude d'avocats, et où, finalement, les deman- 
deurs furent déboutés. Les journaux affectèrent, pendant quelques 
mois, de garder un dédaigneux silence sur la Monnaie, tandis qu'ils 
tenaient régulièrement les lecteurs au courant de ce qui se passait 
dans les théâtres rivaux. Puis, comme le temps est un grand gué- 
risseur, les haines s'apaisèrent, et tout rentra dans Tordre... 



de M rae Doligny, premier rôle, premier début de M me Léon Péchoux, forte jeune première, 
de Hadingue, jeune premier rôle, Verdelet, premier rôle en tous genres; reprise de 
M llc de Belle-Isle, comédie en 5 actes; — 14 mai, débuts; reprise de le Jeune mari, 
comédie en 3 actes ; le Postillon de Lonjumeau, opéra comique ; — 15 mai, rentrée de 
Martin, barylon, Zelger, première basse, avec le concours de M lle Masson, première 
chanteuse de l'Opéra de Paris; reprise de Charles VI; représentation de Frederick 
Lemaîire ; — 17 mai, reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes; — 18 mai, reprise 
dtle Polichinelle, oçéraen 1 acte; la Chanteuse voilée; — 20 mai, reprise de le Val d'Andorre, 
opéra comique en 3 actes ; — 21 mai, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique 
en 3 actes; — 23 mai, reprise de le Prophète, opéra en 5 actes; — 26 mai, reprise de 
Giselle, ballet ; — 27 mai, reprise de les Percherons, opéra comique ; — 28 mai, au béné- 
fice de M lle Masson, le Prophète; — 2 juin, reprise de les Diamants de la Couronne, 
opéra comique en 3 actes; — 4 juin, premier début de Chaunier, premier ténor, la Reine 
de Chypre ; — 5 juin, reprise de Giralda, opéra comique en 3 actes; — 10 juin, premier 
début de M mc Sainton, première chanteuse, la Favorite; — 12 juin, reprise de la Sylphide, 
ballet ; — 16 juin, première représentation de la Dame de Pique, opéra comique en 3 actes, 
de Scribe, musique d'Halévy ; — 27 juin, clôture de la saison d'été, le Prophète. 



376 Le Théâtre de la '[Monnaie. — 1850-51. 

C'est alors qu'une seconde troupe italienne s'installe au Théâtre 
des Galeries Saint-Hubert, qui relevait de la même direction que 
la Monnaie. MM. Balathier et C ie , qui voulaient faire concurrence 
aux Italiens du Cirque, jouaient un jeu dangereux. 

Trois théâtres musicaux dans une ville comme Bruxelles, c'était 
trop, et les spectateurs demeuraient bouche bée devant les affiches 
qui annonçaient pour le même jour : 

Théâtre du Cirque : Lucrezia Borgia; 

— de la Monnaie : Haydée ; 

— des Galeries : Ernani. 

Ce dernier fut la victime : il ferma après quelques représentations. 

Avec le Prophète, la Monnaie donna pendant la campagne 
d hiver et la saison estivale : Le Songe d'une nuit d'été, d'A. Tho- 
mas; Attila, de Verdi; Giralda, d'Adam; Stradella, de Nieder- 
meyer; la Chanteuse voilée, de Massé; l'Enfant prodigue, d Auber ; 
Bonsoir, monsieur Pantalon, de Grisar. 





( I85I-5») 



MM. Ch. HANSSENS, directeur. 

Aug. Vizentini, régisseur général. 
Ch.-L. Hanssens, premier chef d'orchestre. 
de Merckx, caissier-comptable. 
Monnier, régisseur. 

Grand opéra, Opéra comique et Traductions. 



Messieurs : 

Chaunier, premiers ténors, grand opéra et 

traductions. 
Barbot, premiers ténors, opéra comique. 
Aujac, seconds ténors en tous genres et pre- 
mier au besoin. 
Martin, barytons, des Martin et des Chollet. 
Zelger, premières basses en tous genres. 
Maugin, premières basses d'opéra comique, 

premières basses de grand opéra au besoin 

et fortes secondes basses. 
Borsary, basses comiques et des secondes 

basses en tous genres, doublant au besoin 

la basse d'opéra comique. 
Girardot, Philippe, ténors comiques au 

besoin, quelquefois seconds ténors. 
PRiLLEux,Laruette, Vizentini, basses tabliers. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Cabel, première soprano, premières chan- 
teuses légères. 

Rey-Sainton, fortes chanteuses en tous 
genres, Stoltz, Viardot. 

Christophe Pillot, première soprano, chan- 
teuses légères doubles. 

Leclère-Laumont, soprano, première Duga- 
zon. 

Hemberg, soprano, secondes Dugazon. 

Prévost-Colon, soprano marqué, mères 
Dugazon. 

Luguet, duègnes, caractères et rôles à cari- 
catures. 

Denise Murât, quatrième soprano, grandes 
coryphées. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1851-52 



Comédie moderne et Drame. 



seconds amoureux. 



Messieurs : 

Verdellet, premiers rôles en tous genres. 
Hadingue, forts jeunes premiers et jeunes 

premiers rôles. 
Prietz, seconds amoureux et premiers au 

besoin. 
Armand, 
Nehr, 

Prilleux, premiers comiques marqués. 
Poirier, } jeunes premiers comiques 

Vonlatum, ) Régnier. 

Jourdain, pères nobles, grands raisonneurs, 

grands troisièmes rôles. 
Baron, financiers, grimes. 
Bouchez, des financiers, et des grimes. 
Barbier, troisièmes rôles, et rôles de genres. 
Pascal, rôles en tous genres. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Léon Péchoux, jeunes premiers rôles, fortes 
jeunes premières. 

Ernestine Lakont, premières ingénuités et 
premières amoureuses. 

Aglaé Cèbe, jeunes amoureuses et des ingé- 
nuités. 

Derval, des secondes et troisièmes amou- 
reuses. 

Doligny, mères nobles et des coquettes. 

Marty, des seconds rôles et des coquettes. 

Desplaces, jeunes soubrettes 

Lavigne, secondes soubrettes. 

Luguet, premières duègnes, caractères. 

Castel, secondes duègnes, caractères. 



Ballet. 

Messieuis : Mesdemoiselles: 

Desplaces, maître de ballet, premier danseur. Marie Petit, première danseuse en tous 
Dieul, second danseur et premier au besoin. genres. 

Topoff, troisième danseur. Nehr, première danseuse demi-caractère. 

Cavallié, forte seconde danseuse. 



185 1. — i er septembre. Ouverture, premier début de Belval, basse-taille; reprise de les 
Huguenots ; — 2 septembre, reprise de la Jolie fille de Gand, ballet, et de le Chalet, opéra 
comique; — 4 septembre, reprise de Jérusalem, opéra en 5 actes; — du 5 septembre, 
série de représentations de M ,les Petra Caméra, Adela Guerrero, Antonio Ruez, premiers 
sujets, secondés par 20 danseurs et danseuses espagnols, la Feria de Sevitta, tableau 
andalou; Curra la Gaditana, la Dama Valenciana, Ferezano, Polo del Contrabandista ; 

— 8 septembre, reprise de le Bouffe et le tailleur, opéra comique ; — 9 septembre, 
premier début de M lle Wilhem, Dugazon, les Mousquetaires de la Reine ; — 1 1 septembre, 
reprise de la Sirène, opéra comique; — 15 septembre, première représentation de 
Bataille de Dames, comédie en 3 actes, de Scribe et Legouvé ; le Diable à quatre, ballet ; 

— 16 septembre, premier début de M llc Chambard, première chanteuse à roulades, Robert 
le Diable; — 18 septembre, reprise de Guillaume Tell; — 19 septembre, au bénéfice de 
Ruiz, maître de ballet espagnol, le Barbier de Séville, I er acte, Fin du roman; — 
21 septembre, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique; — 23 septembre, 
reprise de le Prophète; — 27 septembre, représentation extraordinaire donnée par Bres- 
sant et Levassor, au bénéfice des danseurs espagnols, Brutus lâche César, Bressant ; 
A/ me Bertrand et M ne Raton, Levassor; intermède de chant par Barbot, Mangin 
M mes Cabel et Chambard, danse espagnole; — 30 septembre, reprise de le Maçon, opéra 
comique en 3 actes; — I er octobre, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra 
comique en 3 actes; Terpsichore sur terre; — 3 octobre, reprise de Haydée; — 9 octobre, 
reprise de le Postillon et la Vivandière, ballet; — du 10 octobre, série de représentations 
de M 11 * Caroline Duprez, première cantatrice des Théâtres Italiens de Paris et de Londres, 



Le Théâtre de la Monnaie. — 1851-52. 379 



Dès le début de la saison, à la suite d'un désaccord survenu entre 
M. Hanssens et M lle Cabel, celle-ci déclare qu'elle ne peut plus 
chanter, et se prétend malade. On affiche : « Changement de spectacle 
par suite du refus de service de M" e Cabel. » Grande colère de la 
cantatrice, procès, envoi réciproque de certificats, émanant de divers 
docteurs en médecine, au nombre de six, dont une moitié affirmait 
que M" e Cabel était en état de chanter, tandis que l'autre moitié 
soutenait le contraire. L'éternelle fable du médecin « Tant pis » et 
du médecin « Tant mieux ». O La Fontaine !! Le public se passionne 
pour ce débat, en somme peu important. Le directeur écrit aux 
journaux, pour leur faire connaître la vérité. Sa pensionnaire imite 
cet exemple, pour rétablir les faits. Mais, comme, dans cette corres- 
pondance, chacun avait malmené les docteurs de la partie adverse, 
les six médecins écrivent à leur tour pour expliquer la situation, ce 
qui, naturellement, contribue àTembrouiller encore. Enfin, comme 
toutes les querelles entre artistes et directeurs, ce différend ne tarda 
pas à être réglé. Mais le plus piquant de cet incident, c'est que les 
trois docteurs de la cantatrice ne s'entendaient pas eux-mêmes sur 
le genre d'affection dont elle était atteinte ! O Molière ! ! 

En septembre, les représentations d'opéra alternent avec l'exhi- 
bition d'un ballet espagnol. Arrivent ensuite : Dressant et Levasseur, 



la Somnambule, Lucie de Lammermoor, la Fille du régiment, V 'Abîme de la Maladetta, 
Othello, le Barbier de Séville ; — 15 octobre, reprise de la Juive ; — 26 octobre, première 
représentation de Zerline, ou la corbeille d'oranges, opéra en 3 actes, de Scribe, musique 
d'Auber; — 4 novembre, premier début de Carman, baryton, la Favorite; — 6 novembre, 
début de M me Carman, Dugazon, la Dame blanche ; — 16 novembre, reprise de Giral.Lt ; 
— 19 novembre, première représentation de V Abîme de la Maladetta, drame lyrique en 
3 actes, de G. Duprez ; — 28 novembre, reprise de Scaramouche, opéra en 3 actes ; Un 
caprice, comédie en 1 acte; — 4 décembre, reprise de les Porcherons, opéra en 3 actes; 
la Esmeralda, ballet en 2 actes; — 9 décembre, reprise de Robert le Diable; — 
10 décembre, représentation extraordinaire au bénéfice de Vizentini, régisseur général, 
avec le concours de Duprez, de M lle Duprez et des artistes des Théâtres Royaux, Othello, 
3 me acte; reprise de le Panier fleuri, opéra comique en 1 acte ; première représentation de 
Un bal sous Louis XV, ballet en 1 acte ; — 16 décembre, au bénéfice de M lle C. Duprez, 
le Barbier de Séville, 2 me acte; la Fille du régiment, 2 me acte, concert vocal et instru- 
mental; — 22 décembre, au bénéfice des crèches; représentation extraordinaire avec le 
concours de Frederick Lemaître et de M lle Clarisse Miroy, la Dame de St-Tropez, drame 
en 5 actes; Polichinelle, opéra en 1 acte ; Don César de Bazan, i er acte; Un divertisse- 
ment; — 24 décembre, première représentation de Mosqnita la sorcière, opéra comique 
en 3 actes, de Scribe et G. Vaez, musique de Boisselot. 
1852. — 3 janvier, Grande Fête de Nuit ; — 8 janvier, première représentation de le Démon 
de la nuit, opéra en 2 actes, paroles de Bayard, musique de Rosenhain ; — 11 janvier, 
reprise de Adolphe et Clara, opéra en 1 acte; — 12 janvier, première de M lle Uranie 



? ' ' — — 

380 Le Théâtre de la (Monnaie — 1851-52. 

Duprez et sa fille Caroline, Frédérick-Lemaître et Clarisse Miro}^, 
Alboni, etc., et, pendant la saison d'été, Mélingue, et Rachel, 
accompagnée d'un groupe d'artistes de la Comédie Française. 

Parmi les huit opéras nouveaux qui voient le jour pendant cette 
campagne, il faut citer : l'Abîme de la Maladetta, musique de 
G. Duprez (Caroline Duprez jouait le rôle principal). Raymond. 
d'A. Thomas; la Comédie à la ville, de Gevaert ; Casilda, musique 
de S. A. Monseigneur le Duc régnant de Saxe-Cobourg-Gotha. 

APPOINTEMENTS D'ARTISTES. 

MM. Barbot, premier ténor léger 16,000 francs. 

Aujac, second ténor léger 7,200 — 

Martin, baryton 10,000 — 

Zelger, première basse 10,000 — 

Borsary, basse comique 3,400 — 

Prilleux, Laruette 5,000 — 

Girardot, trial 4,200 — 

Desplaces, premier danseur 5,000 — 

Topoff, troisième danseur 1,000 — 

Hadingue, jeune premier 3,000 — 

Armand, second amoureux 1,800 — 

Nehr, idem. 1,800 — 

Jourdain, père noble 2,400 — 

A reporter .... 70,800 francs. 



Cambier, première chanteuse, la Favorite; — 14 janvier, représentation extraordinaire 
de Frédérick-Lemaître et M lle Clarisse Miroy, Paillasse; — 23 janvier, au bénéfice de 
Desplaces, le Siège de Corinthe, opéra ; — 26 janvier, grand concert donné par Emile 
Prudent, pianiste ; — 4 février, première représentation de Raymond, ou le secret de la 
Reine, opéra en 3 actes, de Leuven et Rosier, musique d'Ambroise Thomas; — du 
5 février, série de représentations de M me Dufflot-Maillard, première chanteuse, la Favo- 
rite; — 6 février, au bénéfice de M me Cabel, Raymond, ou h secret de la Reine, Adolphe 
et Clara, Un bal sous Louis XV ; — 10 février, représentation (demandée) de Frcdérick- 
Lemaître, Robert Macaire, drame en 6 actes ; la Tour de Nesle, acte de la prison ; — 
17 février, première représentation de la Comédie à la ville, opéra en 1 acte, paroles de 
Prilleux, musique de Gevaert, au bénéfice de Prilleux ; reprise de Don Quichotte, ou les 
noces de Gamache, ballet ; Un caprice, comédie; — du 19 février, première représenta- 
tion de M™ Bernonville, première chanteuse, le Prophète; — 20 février, reprise de 
Polichinelle, opéra en 1 acte; Esmeralda, ballet; — 26 février, début de M me Barbot, le 
Démon de la nuit, opéra; Guillaume Tell, 2 me acte; — I er mars, au bénéfice de 
M Ue Froment, reprise de la Poissarde, ou les Halles en 1804 ; — du 5 mars, série de 
représentations de M llc Julienne, premier sujet de l'Opéra, Jérusalem ; — 17 mars, 
reprise de les Monténégrins, opéra en 3 actes ; — du 23 mars, série de représentations de 
M lle A. Lebrun de Montréal, le Prophète; — 30 mars, reprise de la Sirène, opéra en 
3 actes; — 31 mars, au bénéfice d'Aujac, Lucie de Lammermoor, opéra; — 5 avril, 
reprise de le Barbier de Séville, opéra en 3 actes; — 11 avril, spectacle extraordinaire 
avec le concours de la senora Pépita Oliva, première danseuse du Théâtre de la Princesse, 



Le Théâtre de la (Monnaie 



1-^2 



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Report . . . 70,800 francs. 

MM. Poirier, premier comique 4,000 

Baron, Financier 2 600 

Bouchez, rôles grimes _>, |oo — 

Pascal, utilités 1.400 — 

Vizentini, régisseur général 6,000 — 

M mes Cabel, première chanteuse 20,000 

Issaurat, première chanteuse en double. . . . 9,600 — 

Rey-Sainton, forte chanteuse 15,000 — 

Prévost-Colon, mère Dugazon 3,000 — 

Hemberg, seconde Dugazon 2,800 — 

Cavallié, seconde danseuse 1,900 — 

Nehr, première danseuse 3 400 — 

M. Désiré, jeune comique 2,400 — 

Ci : 145,300 francs. 

Le troisième début de Belval devait avoir lieu dans le i cr acte 
de la Juive, et dans la Favorite. Il s'effectuait à la double satisfac- 
tion du public et de l'artiste, quand un incident, survenu à 
M me Rey-Sainton, mit fin subitement au spectacle. A peine cette 
artiste a-t-elle chanté quelques mesures de son rôle, que la mémoire 
lui fait défaut ; la voix subit une altération sensible ; bref, M me Rey- 
Sainton tombe dans les bras de son partenaire, en proie à une crise 
nerveuse qui ne cesse... que le lendemain. On dut rendre l'argent. 



à Madrid, Don Quichotte, ballet en 2 actes; les Monténégrins, opéra comique ; — 14 avril, 
première représentation de Casilda, opéra en 4 actes, paroles françaises de G. Oppelt, 
musique de S. A. Mgr le Duc régnant de Saxe-Gobourg-Gotha ; — 25 avril, au bénéfice 
d'Arthur d'Hôtel, contrôleur; reprise de les Visitandines, opéra comique en 2 actes: 
première représentation de la Poupée de Nuremberg, opéra comique en 1 acte, de Leuven 
et A. de Beauplan, musique d'A. Adam ; — 26 avril, représentation de M ,le Alboni, le 
Prophète; — 27 avril, au bénéfice de Barbot, premier ténor; reprise de Joseph; — 
30 avril, représentation d'adieu de M lle Alboni et clôture, le Barbier de Séville, la Fille 
du régiment; — 2 mai, représentation au bénéfice de Monnier, régisseur, Joseph, opéra 
en 3 actes; la Poupée de Nuremberg, opéra comique en 1 acte. 

Saison d'été. 
1852. — 9 mai, ouverture, reprise de le Duel aux mauviettes, vaudeville en 1 acte; Lazare 
le Pâtre, drame en 5 acte; — du 12 mai, débuts de Damsier, premier amoureux, Mous- 
seron, deuxième comique, Vernier, premier comique, Petit-Delamarre, père noble, 
Lemaire et Villette, M Ue Cèbe, première ingénuité, M mes Maynant, Angèle et Delahay ; 
rentrées de M mes Doligny, Kim-Goy, Froment, Lavigne et Mime ; Yerdellet, Hadingue, 
Pavie, Nehr, Prilleux, Prosper, Baron, Désiré, Jourdain ; reprise de M Ue de la Seiglière, 
comédie en 4 actes; Un cheveu pour deux têtes et le Protégé, vaudevilles; — 13 mai, 
reprise de Brutus lâche César, la Pension alimentaire, Croque-Poule, Indiana et 
Charlemagne, vaudevilles; — 14 mai, reprise de M [lc de Belle-Isle, comédie en 5 actes; 
Qui se ressemble se gêne; — 16 mai, première représentation de le Porte-drapeau 
d'Austerlitz, drame nouveau; première représentation de Cinq gaillards, dont deux 



3 82 Le Théâtre de la (Monnaie. — 1851-52. 

Meyerbeer, assistant, le 23 octobre, à la représentation du Pro- 
phète, est l'objet d'une ovation enthousiaste. 

Les soirées italiennes avaient repris leur cours au Théâtre du 
Cirque, opposant une concurrence redoutable à la Monnaie. Les 
recettes subissaient le contre-coup de ce terrible voisinage. En 
voici un spécimen : 

2 janvier, le Bouffe et le Tailleur; Guillaume Tell fr. 447 80 

8 » le Chalet; première représentation de le Démon de la nuit . 452 — 

14 » Paillasse, avec Frédérick-Lemaitre 905 25 

15 » la Juive 542 78 

16 » le Bouffe et le Tailleur; le Songe d'une nuit d'été .... 296 50 
21 » première représentation de le Siège de Corinthe (reprise) . 700 50 

4 février, première représentation de Raymond 576 — 

5 » la Favorite 267 50 

4 mars, Un bal sous Louis XV; les Mousquetaires de la Reine . . 293 50 

Bals masqués. 

Samedi 3 janvier fr. 995 — 

Samedi 17 » ^304 50 

Samedi 31 » 794 50 

Dimanche-gras 22 février 1,266 50 

Mardi-gras 24 » 2,890 50 

Dimanche 29 » grand carnaval 4,134 50 



11,385 50 
Frais des 6 bals . 7,200 — 



Reste . fr. 4,185 50 



gaillardes, vaudeville en 1 acte; — 21 mai, reprise de Gabrielle, comédie; — 23 mai, 
première représentation de Un mari trop aimé, vaudeville en 1 acte ; — 26 mai, première 
représentation de Une rivière dans le dos, vaudeville en 1 acte; Un caprice, comédie ; — 
30 mai, première représentation de Benvenuto Cellini, drame en 5 actes ; — 8 juin, 
premier début de Fayolle, Un mari charmant, vaudeville; — 10 juin, première repré- 
sentation de Déménagé d'hier, vaudeville en 1 acte; — 15 juin, début de Lassouche ; 
reprise de J'ai marié ma fille, vaudeville; le Jeune mari, comédie en 3 acîes; — du 16 
au 27 juin, série de représentations de M lle Rachel, Bajazet, Phèdre, le Misanthrope ; 
Diane, drame; Virginie; Adrienne Lecouvreur ; Andromaque, Horace et Lydie, avec le 
concours des artistes de la Comédie-Française et de la Porte Si-Martin; — 17 juin, 
reprise de la Poissarde, ou les Halles en 1804, drame en 5 actes; — 28 juin, première 
représentation de Urbain Grandier, drame en 5 actes, d'Alex. Dumas et Maquet; — 
8 juillet, première représentation de les Suites d'un premier lit, vaudeville ; — 11 juillet, 
première représentation de les Nuits de la Seine, drame en 5 actes, par Marc Fournier ; 
— du 15 au 27 juillet, série de représentations de Mélingue, premier rôle du Théâtre de 
la Porte St-Martin, Denvenuto-Cellini, Lazare le Pâtre, la Tour de Nesle, les Nuits de 
la Seine, Salvator Rosa, drames ; — 21 juillet, première représentation de Un soufflet 
n'est jamais perdu, vaudeville; — 9 août, première représentation de Poste restante et 
York, nom d'un chien, vaudevilles en 1 acte; — 11 août, première représentation de 
Jusqu'à minuit, vaudeville; — 17 août, première représentation de Midi à quatorze 
heures, vaudeville; — 19 août, première représentation de Un homme de cinquante ans, 
vaudeville en 1 acte ; — 29 août, Clôture. 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1851-52. 383 

Une lettre, dont suit la teneur, est envoyée, de l'Hôtel de Ville, 
à M. Hanssens, le 24 janvier 1852 : 

Monsieur, 

Nous croyons devoir vous adresser des observations sur la manière dont vient d'être 
monté, au Théâtre de la Monnaie, un des principaux ouvrages du répertoire lyrique : le 
Siège de Corinthe. 

Au 2 me acte, la toile qui représentait l'intérieur de Corinthe a été remplacée par une 
vue d'une ville turque ou arabe. Dans l'acte suivant, les environs de Corinthe sont figurés 
par un paysage de fantaisie, orné de constructions qui n'ont rien de grec. 

En présence des dispositions du contrat que vous avez signé, en présence des sacrifices 
que !a liste civile et l'administration municipale s'imposent pour maintenir les théâtres royaux 
à un rang élevé, on ne devait pas s'attendre à rencontrer dans la suite, en scène, des invrai- 
semblances et des négligences de cette espèce, surtout dans un ouvrage aussi important et 
représenté autrefois avec tant de soin. 

Mais ce n est pas la seule observation qu'Hanssens reçut à ce sujet : 
L Indépendance écrit : 

Au second acte de Joseph, la toile de fond offre la perspective d'une cité mahométane aux 
mosquées, minarets, etc. ; mais ce qu'il y a de plus fort que cela, c'e^t la tente de Jacob, laquelle 
est ornée d'armoiries au dehors et d'une tapisserie fleurdelysée au dedans. Il faut avouer 
que, si le public va chercher au théâtre des leçons d'histoire, et tel est, en effet, le but sérieux 
de tout ce qui compose l'ensemble de l'art dramatique, il se trouvera parfaitement renseigné 
par une semblable mise en scène. On n'imaginerait pas, sans l'avoir vu, ce qui se commet 
chaque soir d'anachronismes au Théâtre Royal de Bruxelles. C'est la perfection du genre; 
mais à cette perfection de Terreur, nous préférons un peu de vulgaire exactitude, et nous 
croyons que beaucoup de spectateurs seront de notre avis. 

Nous trouvons dans le feuilleton du même journal la description 
de Bruxelles en 1852, tant au point de vue de l'aspect intérieur que 
sous le rapport dramatique : 

Que de changements à Bruxelles depuis un quart de siècle — ne remontons pas au delà — 
non-seulement dans la physionomie de la ville, mais encore et surtout dans les habitudes de 
sa population! Le Bruxellois qui, par un miracle renouvelé de la Belle au bois dormant, se 
réveillerait après un sommeil de vingt-cinq ans, et qui contemplerait sa vieille cité braban- 
çonne, telle que l'ont rajeunie, ornée, parée les hommes de la génération actuelle, ce 
Bruxellois croirait rêver encore. Ce qui l'étonnerait le plus, ce ne serait pas de voir les 
équipages et les voitures publiques sillonner les rues où croissait l'herbe jadis, les magasins lut- 
ter de luxe et d'élégance avec ceux de Paris et de Londres, les boulevards animes par de nom- 
breux promeneurs, les trottoirs dallés facilitant la circulation des promeneurs, une somptueuse 
galerie substituée à la sombre ruelle Saint-Hubert : ce serait l'abondance des lieux ouverts à la 
distraction publique et la possibilité, aujourd'hui constatée, de leur existence au sein de la 
capitale. 

Si vos souvenirs remontent à l'époque où nous supposons que notre Bruxellois s'est 
endormi, vous vous rappelez qu'alors un seul théâtre suffisait de reste aux besoins des 
habitants de la première ville du pays. Dans la semaine, les loges seules étaient occupées 
par un public aristocratique. Quant aux places secondaires, elles étaient ordinairement vides. 



384 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1851-52. 



Nous n'en voulons pour preuve que les désastres inévitables subis par les entrepreneurs. 
Les bourgeois du temps ne se permettaient le spectacle que le dimanche. Les jours 
consacrés au travail, des négociants se fussent bien gardés de paraître dans un théâtre. 
On eût conclu de leur présence, ou qu'ils n'accordaient point à leurs affaires l'attention 
nécessaire, ou que celles-ci étaient trop peu importantes pour nécessiter de leur part une 
surveillance quotidienne. 

Il n'y avait donc qu'un seul théâtre ouvert: celui delà Monnaie. Comme on n'y représentait 
que les genres nobles, et qu'il eût été injuste de ne pas donner satisfaction aux amis de la 
littérature légère, un jour par semaine était consacré au vaudeville qui se jouait dans la salle 
du Parc ; mais, Bruxelles ne pouvant pas fournir des spectateurs à deux théâtres à la fois, on 
fermait le samedi celui qui était destiné au grand opéra et à la comédie. 

Ne nous occupons pas du Théâtre des Nouveautés, que sa position extra-centrale met en 
dehors de la question : quand on ouvrit le Vaudeville, tout le monde s'écria qu'il ne vivrait 
pas, et que, s'il échappait à un naufrage presque certain, il le devrait uniquement à la combi- 
naison qui en avait fait un café-spectacle. Les glaces, les sorbets, le brûlant Moka, voire 
même la boisson nationale tirée du houblon, devaient seuls prolonger son agonie. Cependant 
les rafraîchissements disparurent, le spectacle seul resta, et sa prospérité résolut un problème 
considéré comme insoluble. 

Quelque temps après, le théâtre Saint-Hubert fut inauguré. Oh! pour le coup, c'en était 
trop. Nouvelle assurance donnée de l'impossibilité de son maintien, nouvelle prophétie 
d'une clôture prochaine. Pourtant le Théâtre Saint-Hubert a vécu, il vit, il vivra en dépit de 
ceux qui ont prononcé d'avance son oraison funèbre. 

Et de deux. Quand nous serons à trois..., nous ne ferons pas de croix. 

Le troisième théâtre, ouvert en concurrence avec les spectacles royaux, fut le Cirque. Il n'y 
avait guère d'apparence que celui-ci fût permanent. Les représentations équestres, dans une 
salle close, ne peuvent guère tenir qu'en une saison, qu'en celte saison d'hiver si prolongée, 
hélas ! sous notre ciel brumeux ; mais cette saison est précisément celle sur laquelle les autres 
entreprises dramatiques comptent pour réparer leurs pertes de l'été. Plusieurs troupes 
vinrent successivement et firent d'assez bonnes affaires, sans que celles des spectacles établis 
en souffrissent. Il paraît même que le succès, obtenu, l'automne dernier, par le spéculateur 
qui avait improvisé un hippodrome à la porte de Laeken, a fait concevoir le projet de doter 
Bruxelles d'un cirque permanent qui tiendrait ses séances d'hiver au lieu habituel, et, l'été, 
dans une arène disposée d'une façon confortable. 

Ce n'était pas assez de tous ces théâtres, où Ton parle, où l'on chante, où l'on danse, où 
l'on chevauche, il fallait encore que de nouveaux établissements vinssent solliciter l'attention 
du public de Bruxelles et surtout son argent. Les cafés chantants surgirent. Le premier 
prospéra; les concurrences pouvaient-elles se faire attendre > Il y en eut bientôt une bonne 
demi-douzaine. Avant peu chaque quartier aura le sien. 

Le Bruxellois, que nous tirons tout à coup de sa léthargie, se demandera si la tète a tourné 
à ses concitoyens, et quel événement a pu les faire sortir ainsi de leurs tranquilles habitudes 
d'autrefois. Cet événement, c'est l'introduction de la vapeur comme moyen de communica- 
tion. Depuis la création des chemins de fer, la population nomade s'est largement accrue ; le 
nombre des étrangers qui entrent chaque jour dans la capitale a décuplé, c'est un fait que 
les ennemis du rail-way national sont eux-mêmes obligés de reconnaître. Or, c'est là une 
clientèle toute naturelle pour nos spectacles. En second lieu, les habitants de la province 
viennent bien plus souvent nous visiter. Ils n'attendent pas l'occasion solennelle de la 
kermesse pour faire ce qui n'est plus un voyage, mais une promenade. Un de nos théâtres 
annonce-t-il un spectacle attrayant, la première représentation d'une pièce en vogue à Paris 
ou l'apparition d'un artiste renommé, il arrive infailliblement des villes voisines, et grâce au 
chemin de fer toutes celles du pays se touchent, des amateurs qui assistent au spectacle 
en question, et reportent le lendemain dans leur localité des impressions dramatiques toutes 
fraîches. 







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386 Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1851-52. 

Le 3 mars, le Roi fait annoncer « qu'il donnera, comme par le 
)) passé, 50,000 francs sur la Liste Civile; mais qu'il ne fera plus 
» comme les années précédentes, où cette somme avait été 
)) augmentée à cause de circonstances particulières. » 

En 1850, il avait donné 67,000 francs. 

Hanssens ne peut pas payer le mois de mars. Les artistes con- 
sentent à renoncer aux poursuites, à la condition que les bénéfices 
du mois d'avril leur soient distribués. Ils nomment trois commis- 
saires pour défendre leurs intérêts. 

Enfin, le 10 avril, Hanssens donne sa démission, et propose 
Letellier pour lui succéder. Le Conseil Communal accepte, et 
Letellier passe un contrat avec Hanssens, qui lui cède le théâtre, et 
demeure son chef d'orchestre pour la durée de sa direction, à raison 
de 500 francs par mois. 

La saison d été comprend la période du 9 mai au 29 août. 
Pendant que Rachel et Mélingue jouaient à la Monnaie, Déjazet 
attirait la foule au Théâtre du Parc. 

Ci-contre le fac-similé d'une lettre autographe de la célèbre comé- 
dienne. Nous avons retrouvé l'original dans les papiers que 
M. Letellier fils a mis obligeamment à notre disposition. 




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(1852-53) 



MM. Théodore LETELLIER, directeur. 

Augustin Vizentini, directeur de la scène. 
de Merckx, caissier-comptable. 
Monnier, régisseur. 
Dax\iade, sous-régisseur. 



Grand opéra et Traductions. 



Messieurs : 

Mirapelli, premier ténor. 

Barbot, premier ténor demi-caractère. 

Aujac, second ténor. 

Carman, baryton. 

Balanque, première basse. 

Maugin, première basse, et forte seconde. 

Borsary, seconde basse. 

Canis, troisième basse, et coryphée. 

Emile, troisième ténor, et coryphée. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Barbot, première soprano, première chan- 
teuse légère. 

Steiner-Beaucé, forte chanteuse, Stoltz, 
Viardot. 

Cambier, forte chanteuse, Falcon, et au besoin 
Stoltz. 

D. Murât, \ 

Damade, > coryphées. 

Bromet, ' 



Opéra comique. 



Messieurs : 

Barbot, premier ténor. 

Aujac, second ténor, et des premiers. 

Carman, baryton, Martin. 

Mangin, première basse. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Lemaire, première chanteuse légère. 
Carman, première Dugazon. 
Willème, seconde première Dugazon. 
Mulljcr, mère Dugazon. 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1852-53 



Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles 

Borsary, basse comique, et première au Foignet, première duègne. 

besoin. D. Murât, \ 

Girardot, lénor comique, Philippe, au besoin Damade, > coryphées. 

quelques seconds ténors. Bromet, i 

Prilleux, Laruette, Vizentini, Ricquier, 

basses, tabliers. Monsieur : 

Canis, troisième basse. Emile, troisième ténor. 



Comédie moderne, Drame et Vaudeville sérieux. 



Messieurs : 

Verdellet, premiers rôles en tous genres. 

Hadingue, forts jeunes premiers, et jeunes 
premiers rôles. 

Sicard, premiers amoureux, et forts seconds. 

Pavie, seconds amoureux, et rôles de genre. 

Villette, seconds amoureux. 

Prilleux, premiers comiques marqués. 

Vernier, premiers comiques en tous genres. 

Prosper, premiers rôles marqués, pères 
nobles, et grands raisonneurs. 

Petit-Delamarre, des pères nobles, des troi- 
sièmes rôles et rôles de grande convenance. 

Baron, financiers, grimes 

Désiré, jeune premier comique. 

Lemaire, des comiques, et des grimes. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 

Toscan, premiers rôles. 

Baptiste, jeunes premiers rôles, fortes jeunes 
premières. 

Corès, premières ingénuités, et jeunes pre- 
mières. 

L. Magnaut, jeunes amoureuses, et des ingé- 
nuités. 

Doligny, mères nobles, et grandes coquettes. 

Fayollé, des seconds rôles, et des coquettes. 

Castelli, seconde coquette, et seconde amou- 
reuse. 

Kim-Goy, premières soubrettes. 

Froment, seconde soubrette, paysanne. 

Lemaire, troisièmes amoureuses, et rôles de 
convenance. 



1852. — i er septembre, Ouverture, la Favorite; — 2 septembre, reprise de Joseph; le 
Bouffe et le Tailleur ; — du 3 au 27 septembre, série de représentations de M me Ugalde, 
première chanteuse de l'Opéra-Comique, le Caïd; Adolphe et Clara; le Songe d'une nuit 
d'été ; l'Ambassadrice ; le Toréador; la Fille du régiment; Galathée ; — 7 septembre, 
reprise de Polichinelle f opéra en 1 acte ; Lucie de Lammermoor, opéra en 4 actes ; — 
10 septembre, début de M lle Cambier, forte chanteuse, Balanqué, première basse, Mira- 
pelli, premier ténor, la Juive; — 16 septembre, reprise de les Huguenots ; — 21 septem- 
bre, reprise de Charles VI ; — 22 septembre, première représentation de Galathée, opéra 
comique en 2 actes, de J. Barbier et Carré, musique de Victor Massé (M me Ugalde, 
MM. Aujac et Girardot) ; — 28 septembre, Sefiora Pépita Oliva, danseuse du Théâtre 
de Madrid ; — 29 septembre, au bénéfice de M me Ugalde, Galathée, et le Toréador, 
(i er acte); — 30 septembre, reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes; — i Cr octo- 
bre, reprise de Gabrielle, comédie; — 4 octobre, concert de Sivori, violoniste; — du 
5 au 20 octobre, série de représentations de Hermann-Léon, première basse chantante de 
TOpéra-Comique, les Monténégrins ; Robert le Diable; les Mousquetaires de la Reine ; 
le Caïd ; le Songe d'une nuit d'été ; — 7 octobre, début de M lle Numa, première chanteuse 
légère, les Mousquetaires de la Reine; — 12 octobre, première représentation de la 
Chambre rouge, drame en 5 actes, de Théodore Anne; — 13 octobre, reprise de M Ue de 
Belle Isle, comédie ; — 14 octobre, début de Wielhoff et de M lle Caroline Théleur, 
deuxièmes danseurs; reprise de la Péri; — 19 octobre, reprise de Guillaume Tell; — 
21 octobre, reprise de la Juive ; — 5 novembre, première représentation de la Perle du 
Brésil, opéra en 3 actes, de Gabriel et Saint-Etienne, musique de Félicien David ; — 



Le Théâtre de la (Monnaie. 



1852-53. 



389 



Messieurs : 
Lassouche, second comique. 
Garnier, troisièmes rôles, et rôles en tous Minne, secondes duègnes 
genres. 



Mesdames et Mesdemoiselles : 
Foignet, premières duègnes en tous genres. 



Ballet. 

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles : 

Desplaces, maître de ballet, premier dan- Marie Duriez, première danseuse en tous 
seur. genres. 

Caroline Tholeur, seconde première dan- 



Zinck, second danseur, et premier au besoin, 
Topoff, troisième danseur. 
Rouquet, danseur comique, rôles mimes. 
Hamel, \ 

rôles mimes. 



seuse. 



k.oekelberg, 

Delcorde, 

Dewine, 

François, 



Marie Cavalié, seconde danseuse, première 

au besoin. 
Esther Théleur, ) 



' Evelina Bertin, ) 

troisièmes danseurs, et cory- Maria, troisième danseuse. 



secondes danseuses. 



phées. 



Maria Gosset, ) 
Fanny, ) 



coryphées. 



Montassu, rôles mimes. 

Corps de ballet. 
Trente figurants et figurantes. 

École de danse. 

M. Rouquet, professeur. 
Seize élèves. 



9 novembre, reprise de Norma ; — 16 novembre, première représentation de Marie Simon, 
drame en 5 actes, d'Alboize et Saint-Yves; — 18 novembre, reprise de la Muette de 
Portici ; — ■ 20 novembre, spectacle extraordinaire, Roger, premier ténor de l'Opéra, 
M lle Masson, première chanteuse du même théâtre, au bénéfice de Vizentini, directeur de 
la scène; première représentation reprise de le Prophète; — 23 novembre, reprise de 
Giralda, opéra comique en 3 actes; — du 26 novembre au 17 décembre, série de repré- 
sentations de Mocker, premier sujet de l'Opéra-Comique ; les Porcherons ; le Val 
d'Andorre ; Gilles Ravisseur ; le Maçon ; le Déserteur ; — I er décembre, premier début de 
M me Méquillet, forte chanteuse, le Prophète; — 14 décembre, premier début de M lle Anna 
Lemaire, première chanteuse légère, le Songe d'une nuit d'été ; — 15 décembre, spectacle 
gala à l'occasion de la fête anniversaire du Roi, Norma, 2 me et 3 rae actes ; le Déserteur, 
2 me acte; la Juive, 4 me acte; — 17 décembre, représentation d'adieux de Mocker, 
premier sujet de l'Opéra-Comique, le Toréador ; — 31 décembre, reprise de le Sonneur 
de Saint-Paul, drame. 
1853. — Du 4 janvier au 30 mars, série de représentations de la Compagnie Italienne, Don 
Pasquale, la Somnambule, Il Matrimonio Segreto, Il Barbiere di Siviglia, la Cenerentola, 
Lucia di Lammermoor, Lucrezia Borgia, Otello ; premiers sujets : Armandi, Brignoli, 
Galvani, M ,les Viola, Cémine, M me Fodor; — 9 janvier, représentation extraordinaire par 
l'Opéra Français et l'Opéra Italien, avec le concours de Luigi Elena, violoniste italien. Don 
Pasquale, opéra en 2 actes; le Toréador, opéra en 2 actes; le Panier fleuri, opéra en 
1 acte; — 10 janvier, au bénéfice de Desplaces, première représentation de le Paradis du 
Diable, ballet-féerie ; — 12 janvier, au bénéfice de Hanssens, Giralda, opéra comique; le 



390 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1852-53. 

Orchestre. 

MM. Ch.-L. HANS SENS, premier chef. 
Bosselet, second chef. 
Degreef, conduisant le ballet. 
Muyens, accompagnateur, et organiste. 

Artistes en représentation. 

En septembre, M me Ugalde, première chanteuse du Théâtre de l'Opéra-Comique. 
En octobre, Hermann-Léon, première basse du Théâtre de l'Opéra-Comique. 
En novembre, Mocker, premier sujet du Théâtre de l'Opéra-Comique. 

Nous voici à la première campagne de M. Letellier, qui devait 
demeurer de longues années à la tête du Théâtre Royal. Le nouveau 
directeur inaugura son règne par une saison qui ne brilla pas d'un 
éclat exceptionnel. Pour excuser ces ténèbres, on peut arguer que 
M. Letellier trouvait son théâtre en plein désordre, et que, après 
tous les désastres auxquels nous venons d'assister, l'entreprise inspi- 
rait peu de confiance au public. 

Cependant l'année 1852-53 vit apparaître Galathée, de Massé; 
la Perle du Brésil, de F. David ; Si j'étais Roi, d'A. Adam ; 
Madelon, de Bazin; la Poupée de Nuremberg, d'Adam; Marco 
Sftada, d'Auber ; le Carillonneur de Bruges, de Grisar. Plusieurs 
de ces ouvrages demeurèrent longtemps au répertoire. Il y eut, en 



Paradis du Diable; — 14 janvier, reprise de Grandeur et décadence de M. Joseph 
Prudhomme, comédie en 5 actes; — 15 janvier, Grande Fête de Nuit; — 17 janvier, 
première représentation de Si fêtais Roi, opéra comique en 3 actes, de Dennery et Brésil, 
musique d'Ad. Adam. 

Nèméa , M me Barbot. 

Zephoris MM. Barbot. 

Kadoor Mangin. 

Le Roi Carman. 

Zizel Aujac. 

1853. — 2 4 J anv i er 5 reprise de Casilda, opéra en 4 actes; — 31 janvier, au bénéfice de 
Mirapelli, fort ténor, le Prophète; — I er février, reprise de le Puff, comédie en 5 actes ; — 
7 février, première représentation de Madelon, opéra en 2 actes, de Sauvage, musique de 
Bazin; — 8 février, Grande Fête de Nuit; — 25 février, Paul Jones, drame en 5 actes, 
d'Alexandre Dumas; — 27 février, Ernani, opéra en 5 actes; — du i er mars, série de 
représentations de M me Laborde, première chanteuse de l'Opéra, Lucie de Lammermoor; 
— 8 mars, reprise de la Comtesse de Leicester, comédie en 5 actes; — 9 mars, au béné- 
fice de Barbot; première représentation de le Carillonneur de Bruges, opéra comique en 
3 actes, de Saint- Georges, musique de Grisar; — 16 mars, reprise de la Fille du régi- 
ment, Un bal sous Louis XV ; — 20 mars, spectacle extraordinaire, la Fille du régiment, 
Si j'étais Roi; — 23 mars, au bénéfice de Girardot, le Carillonneur de Bruges, Guil- 
laume Tell, 4 me acte; le Paradis du Diable, I er acte; — 30 mars, représentation 



Le Théâtre de la (Monnaie. — 1852-^3. 391 

outre, nombre de représentations intéressantes, notamment celles 
données avec le concours de M me Ugalde, de M. Hermann-Léon, de 
M. Mocker et de M me Laborde. 

M me Ugalde, qui avait commencé par le Caïd, produisit quelques 
bonnes recettes ; mais, après le départ de la charmante cantatrice, 
le caissier devenait fort inquiet, tellement inquiet, que la fermeture 
du théâtre allait être annoncée, lorsqu'une combinaison se produi- 
sit : La troupe française de la Monnaie « fusionna » avec une 
Compagnie Italienne, que Bocca venait de ramener en Belgique. 
Cet imprésario, qui, pendant trois années, avait fait connaître à 
Bruxelles des artistes de premier ordre, ranima la confiance, et la 
sympathie qui s'attachait à son nom fit bien augurer de la nouvelle 
tentative. Malheureusement, l'opéra italien ne s'acclimatait guère à 
Bruxelles : les résultats furent, cette fois encore, négatifs, et l'opéra 
comique français termina victorieusement la saison, alternant avec 
des représentations d'artistes parisiens. 

Le Conseil Communal vote, en avril, 200,000 francs pour la 
restauration de la salle, plus un crédit de 10,000 francs pour le 
renouvellement des décors. Le subside, qui avait été jusqu'ici de 
24,000 francs, s'élève graduellement jusqu'à 48,000 francs. 

Marco Spada fournit quelques soirées assez brillantes, et termine 
une campagne où le directeur avait résolu un problème, dont la 



extraordinaire au bénéfice de Barbot, premier ténor d'opéra comique; première représen- 
tation de la Diplomatie du ménage, comédie en 1 acte; reprise du Comte Ory, opéra en 

2 actes, scène de la descente d'Orphée aux enfers, Silène et Daphr.é, ballet en 1 acte ; — 
du I er au 18 avril, série de représentations de M lle Masson, contralto, Charles VI ; la 
Favorite ; le Prophète ; la Reine de Chypre: — 9 avril, spectacle-gala, la Fille du régi- 
ment; le Paradis du Diable ; — du 23 avril au 2 mai, série de représentations de Saint- 
Léon et de M Uc Plunkett, premiers sujets de l'Opéra, le Violon du Diable ; le Lutin de 
la Vallée, ballets; — 3 mai, les Lundis de Madame, comédie en 1 acte; — 8 mai, repré- 
sentation de M me Laborde, premier sujet de l'Opéra, les Diamants de la Couronne ; — 
11 mai, au bénéfice de Baron, le Bonhomme Jadis, comédie en 1 acte; la Femme de 
quarante ans, comédie-vaudeville en 3 actes; les Malheurs d'un amant heureux, 
comédie-vaudeville en 2 actes; Silène et Daphné, ballet en 1 acte ; — 15 mai, reprise de 
le Dieu et la Bayadère, opéra en 2 actes; — 23 mai, au bénéfice de M lle Lemaire, 
première représentation de Marco Spada, opéra en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber; 
Silène et Daphné , ballet; — 24 mai, spectacle extraordinaire, Saint-Léon et M lle Plunkett 
de passage à Bruxelles donnent une seule représentation de le Violon du Diable, ballet; on 
commence par Galathée, opéra comique en 2 actes ; — 25 mai, au bénéfice de Haeck, 
Marco Spada, opéra en 3 actes ; — 27 mai, au bénéfice d'Aujac, Marco Spada, opéra en 

3 actes; — 30 mai, au bénéfice de Monnier, Jérusalem, 3 me acte ; le Songe d'une nuit 
d'été, 3 me acte ; Galathée, opéra comique ; les Grecs, ballet ; — 31 mai, clôture, Lucie de 
Lammermevr, le Paradis du Diable. 



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Le Théâtre de la ^Monnaie. — 1852-53 



solution paraissait impossible : celui de se maintenir sans l'appui 
du grand opéra, car ce genre, qui était lélément essentiel du réper- 
toire, n'y avait participé qu à titre d exception. Cependant, le jour 
de la clôture (30 mai), on donnait la Muette de Portici. Il est vrai 
que ce vaillant opéra ne comporte qu'une prima-donna... muette!... 




1853-54) 



MM. Théodore LETELLIER, directeur. 

Augustin Vizentini, directeur de la scène. 

Monnier, régisseur. 

Alfred Bry, régisseur inspecteur